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Histoire, économie & société

2007/3 (26e année)

  • Pages : 178
  • ISBN : 9782200923389
  • DOI : 10.3917/hes.073.0087
  • Éditeur : Armand Colin
  • Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr



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Je prêterai attention non seulement à l’activité de bibliophile de la famille des grands seigneurs de Hradec, représentés surtout par Adam II, mais aussi à d’autres amateurs de livres liés à la Bohême du Sud de la fin du XVIe siècle et de la première moitié du suivant. Jusqu’au début du XVIIe siècle, le développement politique, économique et culturel de la Bohême du Sud fut inséparable de deux grandes familles aristocratiques apparentées qui avaient pour armoiries une rose à cinq pétales, les Rosenberg (Rožmberk) et les Hradec [1]   À propos de la maison de Rosenberg et celle de grands... [1] . Depuis le Moyen Âge leurs membres étaient au nombre des plus puissants grands seigneurs féodaux, occupaient les fonctions administratives clés dans le pays et ils avaient un rôle politique de premier plan. Leurs domaines formèrent les centres économiques, politiques et culturels importants de la Bohême du Sud et comptaient à l’échelle du pays.

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Au seuil des temps modernes, l’essor économique de la maison de Hradec commença avec Henri IV de Hradec (1463-1507), intendant royal et grand burgrave de Prague. Son fils, Adam I (1494-1531), grand chancelier royal, qui appuya la politique des Habsbourg et aida Ferdinand I à monter sur le trône de Bohême, était déjà au nombre des plus grands seigneurs du pays, à côté des familles de Rosenberg et Pernstein. Ses deux fils – Jáchym (1526-1565) et Zachariáš (1527-1589) –, au service de l’empereur, devinrent, à leur tour, des représentants typiques de l’aristocratie de la Renaissance, grâce à leurs brillantes carrières et à leurs magnifiques résidences.

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Avec Adam II (1549-1596), fils de Jáchym, la maison de la Rose d’or à cinq pétales connut son apogée économique et culturel. La mort de ce personnage essentiel de la fin du XVIe siècle marqua une rupture pour les domaines de Bohême du Sud et de Moravie gouvernés par les seigneurs de Hradec. Le règne de son fils unique Jáchym Oldřich (1579-1604), avec qui la famille de Hradec s’éteignit en ligne masculine, ne représente que l’épilogue de l’histoire d’une des puissantes maisons du Royaume tchèque [2]   À propos de la riche littérature traitant la maison... [2] .

Les Rosenberg et leur bibliothèque

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Les Rosenberg et les grands seigneurs de Hradec ont possédé des résidences somptueuses de style Renaissance. Conscients de leur grande naissance et de l’histoire très ancienne de sa maison, ayant reçu une formation classique, très souvent dans des universités prestigieuses à l’étranger, complétée par le Grand Tour à travers l’Europe (Italie, France, Espagne, Angleterre et Pays-Bas), ils voulaient imiter le mode de vie de la cour impériale et des résidences aristocratiques [3]   Voir la littérature sur les résidences de l’aristocratie... [3] .

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Les membres des deux maisons firent partie des généreux mécènes de l’enseignement (notamment pour les collèges jésuites), de la culture, de l’art, des sciences, du théâtre, et aussi de la littérature et d’édition des livres. Ils invitèrent chez eux des intellectuels et artistes européens, poètes, écrivains etc., ils collectionnèrent des tableaux, des objets d’art et des livres, et créèrent des cabinets de curiosités – « Kunstkammer » aristocratiques et aussi des collections des livres – pour eux-mêmes et leur famille. Quelques-uns le firent parce que c’était la mode en ce temps, les autres étant poussés par le désir de savoir ou de se distraire et saisis par une vraie passion de collectionner [4]   Sur le goût des collections la famille de Rosenberg... [4] .

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À la charnière du XVIe et du XVIIe siècle, la bibliothèque de la famille de Rosenberg attira à juste titre l’intérêt et l’admiration de toute l’Europe intellectuelle et cette renommée mondiale finit par causer son destin mouvementé et tragique. L’histoire des riches collections des Rosenberg étant bien connue, je me contenterai de la rappeler très brièvement. Leurs collections de livres prirent leur essor dans la seconde moitié du XVIe siècle, à partir d’une bibliothèque familiale plus ancienne, grâce aux deux derniers membres de la famille – Guillaume de Rosenberg (1535-1592) et Pierre Vok de Rosenberg (1539-1611) [5]   À propos des collections de livres de grands seigneurs... [5] .

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On ignore le nombre des livres ayant appartenu à Guillaume ; en 1591 il donna ses collections au Collège jésuite de Český Krumlov et, à la fin du XVIIIe siècle, après l’abolition de la Compagnie, une partie fut envoyée à Prague, dans la Bibliothèque publique et universitaire. Pierre Vok, influencé par son frère aîné, passionné par les questions littéraires, scientifiques, politiques et religieuses, se mit à collectionner des livres depuis les années 1570. Sa bibliothèque personnelle, thématiquement très riche, fut installée tout d’abord au château de Bechyně (243 livres) [6]   Voir A. Stejskal et L. Pouzar, Renesanční Bechyně.... [6] , puis dans sa résidence de Český Krumlov, plus tard au château de Třeboň (depuis 1602, et même à partir de 1606 dans un bâtiment indépendant). Avec ses 11 000 livres, elle fut une des plus grandes collections d’Europe. Elle fut bien organisée, dirigée, accrue et cataloguée par l’historien Václav Břežan (ca 1550-ca 1618), « praefectus bibliothecae » et « bibliothecarius et studiosus antiquitatis ». Beaucoup de ses livres ont été conservés et leurs reliures de luxe sont ornées par des super-ex-libris héraldiques et allégoriques d’une grande valeur artistique (gravures en cuivre réalisées d’après les dessins de Gil Sadeler, maître illustre) [7]   À propos des super-ex-libris et des ex-libris de la... [7] . Mais les deux Rosenberg, notamment Pierre Vok, ne devinrent pas collectionneurs seulement pour des raisons de prestige social, ils furent aussi de grands amateurs des livres et d’infatigables lecteurs.

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Après la mort de Pierre Vok, en 1611, les biens des Rosenberg passèrent en héritage à la famille de Švamberk qui laissa la bibliothèque au château de Třeboň, malgré le désir de Vok qui eût voulu la donner au collège évangélique de Rosenberg fondé d’après son testament de 1610 à Soběslav. Après la bataille de la Montagne Blanche en 1620 et la défaite des états tchèques, la bibliothèque avec les autres biens de Švamberk fut confisquée par l’empereur Ferdinand II (1619-1637), qui se l’appropria. En 1647, elle fut déménagée à Prague au Château et à la fin de la Guerre de Trente Ans (en 1648), devint une partie du butin des armées suédoises. Les collections sont aujourd’hui en partie perdues, ou dispersées en Suède, en partie conservées en exemplaires isolés, Mais grâce à Václav Břežan et à son catalogue en 4 volumes emporté à Stockholm par les Suédois, le contenu de la bibliothèque est connu. Ce catalogue manuscrit représente une bonne source pour les études sur l’histoire du livre et de la lecture en Europe centrale à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècles, ainsi que pour la bibliographie rétrospective de la littérature, notamment de la production de Bohême et d’Allemagne. Les chercheurs de la Bibliothèque de l’Académie des sciences à Prague, qui ont à leur disposition les photocopies de ce catalogue et qui font de vastes recherches non seulement dans les bibliothèques du pays, mais aussi dans celles de l’étranger, en premier lieu en Suède, en ont préparé une édition et l’ont ainsi rendu accessible au public [8]   Voir Veselá, Knihy na dvoře Rožmberků, op. cit., p.... [8] .

Les livres possédés par les seigneurs de Hradec

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S’il est possible de reconstruire les collections des Rosenberg, il n’en va pas de même pour celles des Hradec. D’abord, nous manquons d’informations sur leur naissance, leur histoire et leurs caractéristiques, ensuite il n’y a pas de notes de provenance, d’ex-libris individuels conservés dans les livres, ni de reliures bibliophiles ornées d’armoiries de la maison. Les collections des seigneurs de Hradec étaient certainement moins importantes – et sans doute aussi dépourvues de catalogue [9]   Sur la bibliothèque de grands seigneurs de Hradec... [9] .

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Pour ce qui est de Zachariáš de Hradec, nous ne disposons que d’un inventaire des livres placés dans son château de Telč et enregistrés dans son testament de 1589, ainsi que de quelques informations concrètes sur les achats des livres réalisés par Adam II trouvées dans les documents d’archives [10]   Les comptes pour l’achat des livres de 1570-1596 :... [10] .

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L’inventaire primitif très bref de la bibliothèque privée de Zachariáš fait en 1598, avant sa mort, fut publié et analysé, il y a presque 80 ans, par l’archiviste et historien de la ville de Jindřichův Hradec, František Teplý, et par l’historien Zdeněk Kalista [11]   Sur l’inventaire de Zachariáš de Hradec – voir F.... [11] . Il nous donne une idée des lectures de Zachariáš, et nous apprend que la bibliothèque compte 68 volumes. Parmi les textes de caractère économique et administratif il y a p. ex. des traités de droit, d’histoire, des mémoires, un recueil de cantiques, deux tablatures, une postille (du prêtre Tomáš Bavorovský). Ce fut déjà Lifka qui constata que le nombre des livres était relativement petit et qui souligna l’absence de la littérature de divertissement de la Renaissance. La seule exception est le numéro 16 – « Knížka malá v červené kůži : Symbola heroica N. Candii Paradini Belliocensis » (Petit livre en reliure rouge : Symbola heroica N. Candii Paradini Belliocensis). C’est une information très importante qui confirme le goût passionné de l’aristocratie tchèque (des seigneurs de Hradec y compris) pour la littérature emblématique, très à la mode à l’époque de la Renaissance et du premier Baroque, et son goût pour les décorations symboliques et allégoriques inspirées de ce genre littéraire. Il s’agit des Devises heroïques et emblèmes de Claude Paradin (ca 1510-1590), chanoine de la cathédrale à Beaujeu, publiées pour la première fois en 1551 à Lyon et répandues dans toute l’Europe grâce à de nombreuses traductions latines, éditées surtout en Anvers [12]   Le livre emblématique de Claude Paradin « Devises... [12] .

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Pour ce qui est des ouvrages conservés ayant appartenu aux seigneurs de Hradec, plusieurs (manuscrits, incunables et livres du XVIe siècle) parvinrent à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle dans la bibliothèque du collège jésuite de Jindřichův Hradec. [13]   À propos de la biblitohèque jésuite de Jindřichův... [13] Il s’agit de dons d’Adam II de Hradec, fondateur du collège en 1596. Sur les pages de titre des livres, on peut lire « Ex liberalitate de Illustrissimi Domini Fundatoris », parfois sans datation, mais très souvent daté de l’an 1599 (les livres furent inscrits dans le catalogue jésuite avec un petit retard), et de dons plus tardifs de Catherine de Monfort, veuve d’Adam ou de Marie Maximilienne de Hohenzollern (+1649), épouse de Jáchym Oldřich, ou encore des donations effectuées par la fille d’Adam, Lucie Otilie de Hradec (1582-1633), mariée avec Guillaume de Slavata de Chlumec et Košumberk (1572- 1652). Ces provenances sont confirmées par les archives et par une note brève de donation écrite au plus tard en 1604. L’ex-libris jésuite figure dans les livres provenant de la bibliothèque personnelle d’Adam de Hradec et de celle de sa famille [14]   Malheureusement, les titres cités par J. Schaller,... [14] .

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Suffirait-il, pour reconstituer les fonds des seigneurs de Hradec, de mettre à part tous les livres avec les ex-libris Fundatoris ? La réalité s’avère plus compliquée, car il est très difficile de distinguer les donations des seigneurs de Hradec des achats réalisés ensuite par les jésuites. Et le développement ultérieur est encore plus embrouillé. Après l’abolition de la Société, la bibliothèque des jésuites de Jindřichův Hradec arriva au fonds du Clementinum [15]   Une monographie sur l’histoire du Collège et l’Académie... [15] , mais pas en totalité, une partie des livres étant dispersée au profit d’autres institutions. [16]   Après la suppression du collège jésuite de Jindřichův... [16] L’origine des livres reste très souvent inconnue, car il y a peu de traces concrètes attestant qu’ils furent possédés par les seigneurs de Hradec – notes de lecture marginales, ou ex-libris et super-ex-libris individuels.

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Parmi les fonds de la Bibliothèque nationale de la République tchèque à Prague se trouvent six manuscrits avec l’ex-libris jésuite de 1603 : deux en allemand et quatre en tchèque, parmi lesquels se distingue le manuscrit XVII C 28, codex comprenant Les Vies des Saints Pères ermites et la Vie de Ste Elisabeth, fille d’André, roi de Hongrie qui avait appartenu à Henri IV de Hradec, arrière-grand père d’Adam II de Hradec [17]   Pour ce qui est de ces six manuscrits, on ne sait... [17] .

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Pour ce qui est des incunables (25 titres en 22 volumes), on a trouvé 9 œuvres en 9 volumes de la bibliothèque du fondateur Adam, avec l’ex-libris de 1599 ou sans date, et 13 volumes (16 ouvrages) avec un ex-libris plus tardif (1602-1604). Parmi les incunables notons la Biblia latina éditée par Fust et Schoeffer à Mayence en 1462 – dite Bible latine de 48 lignes [18]   Bible en 42 lignes de 1462 : Bibliothèque nationale... [18] – et le premier imprimé hongrois, une chronique enluminée – la Chronica Hungarorum de 1473 de Johannes de Thuroczy (Ján z Turca, János Thuróczy) [19]   Chronica Hungarorum de 1473. Bibliothèque nationale... [19] .

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Les éditions du XVIe siècle sont plus nombreuses – 52 volumes (91 titres) de livres ayant appartenu, preuve à l’appui, au fondateur, 55 volumes (65 titres) de livres portant l’ex-libris daté de 1603 et 23 volumes (26 titres) avec celui de 1604 (parmi lesquels il y a un livre en français – Les Offices et le livre d’amitié de Ciceron – publié à Genève en 1589 provient de la bibliothèque personnelle de Jáchym Oldřich de Hradec). Il y a encore 28 volumes (32 titres) avec un ex-libris de 1600 ou de 1602. Au total, ce sont 158 volumes (214 titres) datant du XVIe siècle.

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Cela nous donne d’autres questions : les seigneurs de Hradec furent-ils de vrais amateurs des livres et d’authentiques lecteurs ? Furent-ils des collectionneurs ayant manifesté avec faste leur prestige social ? Probablement non, le manque de reliures de bibliophile confirmant cette hypothèse. Grâce aux études détaillées, consacrées à la vie privée et sociale des seigneurs de Hradec, à l’architecture de leurs résidences, à leurs intérêts culturels et leur mécénat littéraire [20]   À propos du mécénat des seigneurs aux armoiries portant... [20] , nous avons beaucoup d’informations sur le personnage d’Adam II, sur ses activités politiques et sociales, sur ses contacts avec les savants et les imprimeurs de son époque, sur le service du monarque et l’éducation à la cour de Vienne (un de ses précepteurs fut un humaniste belge Petrus a Rotis [21]   Sur cet humaniste belge qui vécut à la cour de l’empereur... [21] , ayant résidé à la cour impériale de Ferdinand I et Maxmilien II), sur son Grand Tour aux Pays-Bas, en France, en Italie et en Espagne, réalisé dans les années 1560. Nous sommes bien informés sur son horizon intellectuel, sa religion, son caractère et sa vie intime, aussi sur son goût pour tout ce qui était à la mode, volontiers luxueux (on connaît par exemple sa garde-robe due aux tailleurs de la cour impériale, tel le Bourguignon Nicolas Laneret. Nous connaissons les achats des derniers seigneurs de Hradec – Zachariáš, Jáchym et Adam II de Hradec – : œuvres d’art, objets d’or et d’argent, tableaux. Nous sommes bien informés sur l’aménagement et la décoration de leurs chambres dans les châteaux à Telč et à Jindřichův Hradec), etc. [22]   Voir la note 4 (Hrdlička, Literární mecenát, op. cit.,... [22]

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Mais qu’en est-il de leur bibliothèque ? Nous ne savons que peu de choses sur leur goût pour les voyages, sur leur mécénat, leurs distractions (peu d’imprimés des « belles lettres », de récits de voyage par exemple). La production en langue italienne, espagnole et française est absente, en comparaison avec les autres aristocrates bibliophiles contemporains. Les marques de vraie lecture sont rares. Parmi les éditions du XVIe siècle, nous pouvons trouver les classiques – Aristote, César, Cicéron, Platon, Plutarque, Polybe, Hippocrate, la littérature religieuse, même les traités polémiques d’époque, des ouvrages de médecine (ce qui n’avait rien étonnant puisqu’Adam était malade), quelques œuvres d’histoire, de droit et de géographie (par exemple les traités de Francisco Alvares en allemand), un livre de mathématiques en français (Jacques Besson, Théâtre des instrumens mathématiques et mechaniques, Lyon 1578). Pour ce qui est de la poésie, les Tristia d’Ovide et l’œuvre poétique de Hans Sachs en allemand représentant une exception. Parmi les œuvres de la littérature espagnole, on citera la version française de l’œuvre la plus célèbre d’Antonio de Guevarra L’horloge des princes, une édition parisienne de 1565. Il est bien intéressant et logique de trouver aussi parmi les livres d’Adam un ouvrage édité à Vienne en 1583 [23]   De aerariis, roticis per totam aliquam provinciam,... [23] et écrit par son précepteur privé Adam Petrus a Rotis qui entretenait des relations amicales avec l’aristocratie et les milieux intellectuels tchèques. En ce qui concerne les langues, ce sont le latin et l’allemand qui prédominent. Il y a aussi des classiques en grec, exceptionnellement des textes en français, italien (avec deux éditions de Torquato Tasso, La Jerusalem liberée, entrées dans la bibliothèque des jésuites, après la mort de Jáchym Oldřich) et en tchèque (l’herbier illustré du médecin tchèque Jan Černý, membre de l’Union des Frères moraves – Kniha lekarska kteraz slove herbarz aneb zelinarz… de 1517) [24]   Jan Černý (ca 1456-1530), appelé aussi Johannes Niger... [24] .

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Tout porte aussi à croire, que les donations aux jésuites de Jindřichův Hradec ne représentent qu’une partie du fonds de la bibliothèque de la maison. Si l’on refuse l’idée de sa totale disparition, le reste devrait être passé avec l’héritage de tout le bien de famille aux mains de Lucie Otilie, fille d’Adam et de Catherine, et il aurait partagé le destin des collections des familles Slavata et Černín – dispersion, vente et peut-être inclusion dans un nouvel ensemble de livres. Les traces pourraient en théorie nous conduire aux collections des Lobkowicz, plus précisement à celles de la branche de Mělník et Hořovice, ainsi qu’à la Bibliothèque praguoise de Lobkowicz. Mais, dans les riches collections de Lobkowicz, on n’a pas encore trouvé de livre provenant de la famille de Hradec.

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À l’avenir, la reconstitution du reste des collections des seigneurs de Hradec et l’établissement du catalogue réel (à partir des exemplaires conservés et identifiés) et aussi celui imaginaire (dressé d’après l’inventaire et les mentions d’archives des ouvrages) sont possibles, au moins pour la bibliothèque personnelle du fondateur du collège jésuite de Jindřichův Hradec – Adam II. Les recherches dans le fonds de livres conservé doivent être complétées par les recherches d’archives (informations sur les achats des livres dans les années 1595 et 1596, donations financières aux jésuites pour les achats des livres etc.). L’étude du mécénat littéraire et éditorial des derniers seigneurs de la Rose d’or de cinq pétales nous semble utile elle aussi, même si on n’a retrouvé aucun des livres donnés de la fondation du collège de Jindřichův Hradec.

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En revanche, les premières recherches d’identification relatives à la bibliothèque de Hradec ont été couronnées de succès. Parmi les livres conservés, nous avons découvert un précieux vestige de la bibliothèque personnelle de l’aristocrate d’origine silésienne Jiří Mehl ze Střelic (1515-1598), conseiller de l’empereur Ferdinand I, vice-chancelier royal, protestant, membre de l’Union des Frères moraves et qui appartenait aussi à la cour d’Adam de Hradec [25]   À propos de Jiří Mehl ze Střelic, voir F. L. Rieger,... [25] . Le nombre des livres identifiés appartenant à Mehl (48) ne représente qu’une petite partie de sa bibliothèque dont les ouvrages ont, à une exception près, des reliures dorées et ornées par son super-ex-libris héraldique – les armoiries de Mehl étant un cygne avec les ailes déployées et une flèche au bec [26]   À propos des reliures tchèques de la Renaissance exécutées... [26] – et sont datés de l’année de 1578. La découverte de 17 œuvres en 11 volumes, effectuée à la Bibliothèque Nationale de Prague, enrichit le nombre des livres de Mehl déjà connus (21 titres). La bibliothèque de Mehl ne s’est pas conservée comme un tout jusqu’à nos jours, les livres ayant été malheureusement dispersés : une partie arriva dans la bibliothèque des seigneurs de Hradec, l’autre dans celles de Hofmann (et ultérieurement de Dietrichstein à Mikulov [27]   Il est certain qu’une partie des collections de Jiří... [27] ) après la vente des biens à Ferdinand Hofmann de Grünbühel et de Strechau (1540-1607), [28]   Sur la biographie et les goûts de bibliophile de Ferdinand... [28] humaniste protestant, ami de Mehl. La résidence principale de Mehl, était le château Renaissance de Grabstein près de Liberec dans le Nord de la Bohême, il avait aussi une maison à Prague. L’intérêt de la bibliothèque de Mehl tient non seulement en à son contenu, la littérature polémique religieuse d’époque y étant prédominante, mais aussi aux envois et aux dédicaces de ses amis non catholiques [29]   Mehl, docteur en droit à l’Université de Bologne en... [29] . Il est notamment confirmé par la présence d’un livre de médecine, dû à l’auteur italien Giovanni Battista Monti (1498- 1551) et publié à Venice en 1558. Il est conservé dans une reliure de bibliophile de la Renaissance qui diffère de celles des autres livres de Mehl, sans ses armoires, avec l’indication explicite de Mehl [30]   À l’appui de l’hypothèse séduisante d’un cadeau fait... [30] . L’exemplaire de cet ouvrage, d’après l’envoi autographe manuscrit en vers latins, représente probablement un cadeau du médecin personnel des empereurs Ferdinand I, Maximilien II et Rodolphe II, l’humaniste Johannes Crato von Crafftheim (1519-1585), ami de Luther. L’identification des livres de Mehl ainsi que leur simple présence dans la bibliothèque d’Adam, catholique (mais tiède), aident à mettre en évidence les contacts d’Adam avec les intellectuels non catholiques [31]   Sur la position d’Adam II, seigneur de Hradec, et... [31] .

La bibliothèque Eggenberg

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Tandis que les collections des derniers grands seigneurs de la Rose à cinq pétales – Rosenberg et seigneurs de Hradec – ne furent pas conservées dans leurs résidences aristocratiques de Český Krumlov et de Jindřichův Hradec et se trouvèrent dispersées, le fait qu’aujourd’hui le château de Český Krumlov abrite les collections de familles nobles d’origine étrangère dont les membres n’y résidèrent que moins d’un siècle – 1628 à 1719 –, peut sembler quelque peu paradoxale. C’est pourquoi il est nécessaire de donner quelques renseignements sur la bibliothèque Eggenberg, notamment sur celle de son fondateur Johann Ulrich von Eggenberg (1568-1634).

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Une grande partie des collections de cette famille styrienne est restée en l’état après 1719, date de la mort de Marie Ernestine, veuve de Johann Christian von Eggenberg, alors que les livres de la branche styrienne au château de Graz ont été dispersés ou ont disparu. La bibliothèque des Eggenberg forme maintenant le noyau le plus ancien et le plus précieux des ensembles de livres conservés dans les bibliothèques des châteaux de la Bohême du Sud [32]   De la littérature sur la famille d’Eggenberg, voir... [32] .

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Les Eggenberg s’installèrent définitivement en Bohême dans la seconde moitié du XVIIe siècle, précisement en 1655, lorsque Johann Christian von Eggenberg (1641-1710) fit le choix de Český Krumlov pour sa résidence principale en Bohême et que son frère Johann Seyfried reçut la partie styrienne du domaine de la maison avec le château de Graz. Mais c’est Johann Ulrich, déjà évoqué, qui reçut la seigneurie de Český Krumlov – en 1628, comme une récompense pour sa fidélité à Ferdinand de Styrie, le futur empereur Ferdinand II. Eggenberg visitait Český Krumlov de temps en temps, mais sa résidence principale resta Graz où il fit édifier un magnifique château Renaissance, dont l’architecture fut inspirée par l’Escorial, le palais des rois d’Espagne. C’était aussi à Graz qu’il installa ses collections de livres. Plus tard, après la mort de son fils Johann Anton (1610-1649), celles-ci furent divisées entre les deux fils de ce dernier, Johann Christian et Johann Seyfried von Eggengberg (1644-1713).

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Mme Jitka Radimská traitant des importantes activités culturelles et de la bibliophilie des derniers Eggenberg de Český Krumlov, surtout celles de Marie Ernestine von Eggenberg (1649-1719) [33]   Mme Jitka Radimská s’occupe du traitement et de l’analyse... [33] , je me bornerai à comparer les goûts et les lectures de Johann Ulrich, en plus de ceux d’Adam II de Hradec. Johann Ulrich est bien connu comme un grand diplomate et un politicien ambitieux, un guerrier, le favori de Ferdinand II qu’il servit jusqu’au moment de se retirer après l’assassinat de son ami, Albrecht de Wallenstein.

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Et pourtant, on sait moins qu’il fut aussi un grand collectionneur, et un bibliophile qui, pendant ses voyages à travers l’Europe – son Grand Tour et aussi ses missions diplomatiques –, achetait des livres, très souvent dès leur parution et y inscrivait son nom, sa devise et le date et le lieu d’achat, notations enrichies par les initiales de sa femme Sidonie-Marie, née de Thannhausen (1577-1614). À côté des livres en allemand et en latin, il acheta beaucoup d’autres en italien et en espagnol (l’Espagne, par sa culture et sa littérature, lui était évidemment familière). Dans sa bibliothèque personnelle prédominent les écrits de divertissement – poésie, nouvelles, comédies –, l’instruction et la science étant peu représentées. Bien entendu, il collectionna des livres pour les lire, pour se distraire ou pour s’amuser. Si nous ne connaissons pas encore tous ses goûts de lecteur, car nous n’avons catalogué avec précision qu’une partie seulement de sa bibliothèque – tous les livres en espagnol et une petite partie de ceux en italien (56 au total) [34]   À propos des éditions en espagnol de la bibliothèque... [34] –, nous pouvons, dès à présent, constater quelques faits intéressants.

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Il apparaît que ses études humanistes en Allemagne protestante à Tübingen (centre des études philosophiques et scientifiques), son Grand Tour aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne, le climat culturel régnant à Graz de la fin du XVIe siècle, ses propres préoccupations culturelles et artistiques (il est auteur du projet du bâtiment du château d’Eggenberg, près de Graz), enfin son activité de bibliophile et son goût pour la lecture, sont la clé principale pour comprendre ce personnage original et complexe.

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Ses collections des livres sont nées du désir de lire, de l’envie de se distraire et de la recherche des émotions – soit ce qui fait la puissance de la littérature « des belles lettres ». La faible présence des livres religieux attire l’attention – nous n’en avons trouvé qu’un seul parmi les livres espagnols, un bestseller de l’époque qui se trouvait aussi dans la collection de María Manrique de Lara y Mendoza (1538-1608), épouse de Vratislav de Pernstein et lectrice des livres espagnoles. Il s’agit de l’œuvre du franciscain Juan Dueñas l’Espejo de consolación des tristes, achetée en Espagne à Saragosse en 1595, à l’époque de la conversion d’Eggenberg au catholicisme [35]   C’est un exemplaire incomplet de l’édition publiée... [35] .

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Ses collections portent la marque de leur possesseur, celle de sa vie intime et de son amour pour sa femme. Les notes dans ses livres et ses ex-libris sont un bon témoignage de sa vie sentimentale de jeune homme puis d’époux amoureux. Amour éternel, amour plus fort que la mort : tout est exprimé par la manière différente d’inscrire le monogramme de sa femme, avant et après la mort de celle-ci, d’abord par les phrases tendres – « Ricordanza. Amor con tua licenza », puis, après 1614, par celles pleines d’amour et de douleur à la fois – « Du lebst in mir, ich stirb in dir – Tu vivi in me, Io muoro in te » ou « Nec morte solvetur » (Ni la mort nous sépare), devise gravée sur la médaille représentant un couple immortel et sur l’anneau, symbole d’amour éternel, six ans après la mort de Sidonie-Marie. Enfin la devise personnelle d’Eggenberg, se trouve non seulement dans ses livres, mais aussi dans la salle du château de Graz et sur la médaille d’Eggenberg de 1631 « Homines sumus » [36]   Voir J. Kašparová, « Silnější než smrt », op. cit.,... [36] .

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Le catalogage des collections des Eggenberg n’en est qu’à sa première phase et il reste à étudier et analyser les éditions en allemand, en latin et en italien, en espérant que la connaissance complète des activités bibliophiles des Eggenberg permettra de présenter le portrait de ceux-ci [37]   Voir le projet scientifique du Département de langues... [37] .

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« Homines sumus » : une telle devise nous oriente dans nos recherches vers le passé, pour y découvrir les destins de gens, tels Adam II de Hradec, typique de l’aristocratie du XVIe siècle, et plus tard Johann Ulrich d’Eggenberg, bon exemple de seigneurs d’après 1620, dont nous sommes peut-être bien plus proches qu’on ne pourrait le croire.

Notes

[1]

À propos de la maison de Rosenberg et celle de grands seigneurs de Hradec, voir par exemple A. Míka, Osud slavného domu - Rozkvět a pád rožmberského dominia (Le destin d’une célèbre maison. Épanouissement et chute du domaine des Rožmberk), České Budějovice, 1970 ; J. Pánek (éd.), Václav Březan. Životy posledních Rožmberků, 2 vol., Prague, 1985, ainsi que du même auteur Poslední Rožmberkové – velmoži české renesance (Les derniers Rožmberk – Des grands seigneurs de la Renaissance tchèque), Prague, 1989 ; Poslední Rožmberk.

Životní příběh Petra Voka, Prague, 1996. Vilém z Rožmberka. Politik míru, Prague, 1998 ; V. Bůžek (éd.), Život na dvoře a v rezidenčních městech posledních Rožmberků (La vie à la cour et dans les villes de résidence des derniers Rožmberk), Opera historica (Editio Universitatis Bohemiae Meridionalis), 3, České Budějovice, 1993. V. Bůžek, J. Hrdlička et alii, Dvory velmožů s erbem růže. Všední a sváteční dny posledních Rožmberků a pánů z Hradce (Les cours des seigneurs à la rose. Jours ordinaires et jours de fête chez les derniers Rožmberk et les seigneurs de Hradec), Prague, 1997 ; V. Bůžek, J. Hrdlička, P. Král, Zd. Vybíral, Věk urozených. Šlechta v českých zemích na prahu novověku (Le temps des nobles. La noblesse dans les pays tchèques au seuil des temps modernes), Prague, 2002 ; V. Bůžek (éd.), Zlatý věk Českokrumlovska 1550-1620. Katalog výstavy, Český Krumlov, 2002.

[2]

À propos de la riche littérature traitant la maison de la Rose d’or à cinq pétales voir les ouvrages cités dans la note 1, ensuite par exemple F. Teplý, Dějiny Jindřichova Hradce (Histoire de Jindřichův Hradec), Část všeobecná, T I. sv. 2. Dějiny za vlády pánů z Hradce linie Telecké (1453-1604), Jindřichův Hradec, 1927 (sur le règne d’Adam II voir chap. « Hradec za vlády Adama II. z Hradce (1565-1596) », p. 314-409) ; V. Ledvinka, Úvěr a zadlužení feudálního velkostatku v předbělohorských Čechách (Finanční hospodaření pánů z Hradce 1560-1596). (Crédit et endettement du grand domaine dans la Bohême d’avant la Montagne Blanche – La gestion des seigneurs de Hradec 1560-1596) Prague, 1985, « Dům pánů z Hradce pod Stupni příspěvek k poznání geneze a funkcí renesančního šlechtického paláce v Praze », Folia Historica Bohemica, 10, 1986, p. 269-316, et surtout un recueil des communications du séminaire scientifique organisé en 1996 à Jindřichův Hradec à l’occasion du 400e anniversaire de la mort d’Adam II, grand seigneur de Hradec – Voir V. Bůžek (éd.), Poslední páni z Hradce (Les derniers seigneurs de Hradec), Opera historica, 6, Editio Universitatis Bohemiae Meridionalis, 1998 ; České Budějovice, 1998 (notamment Ledvinka, « Václav. Adam II. z Hradce a poslední páni z Hradce v ekonomice, kultuře a politice 16. století », p. 7-32. J. Hrdlička, « Poslední páni z Hradce v pramenech a literatuře », p. 33-62 ; J. Pánek, « Česká a moravská aristokracie v době Adama II. z Hradce », p. 77-90. V. Ledvinka, « Adam II. z Hradce a jeho dvůr », p. 127-144 ; V. Bůžek, J. Hrdlička, « Rodinný život posledních pánů z Hradce ve světle jejich korespondence », p. 145-271 ; J. Kubeš, « Rodinné vztahy pánů z Hradce a Rožmberků v předbělohorském období », p. 273-218 ; P. Král, « Pohřby posledních pánů z Hradce », p. 401-512 ; P. Mat’a, « Zrození tradice (Slavatovské vyústění rožmberského a hradeckého odkazu) », p. 513-522).

[3]

Voir la littérature sur les résidences de l’aristocratie du pays, par exemple J. Pánek, « Život na šlechtickém sídle v předbělohorské době », Acta Universitatis Purkynianae. Studia historica 1, Ústí nad Labem, 1992, p. 9-27 ; P. Vorel, « Dvory aristokratů v renesančních Čechách », dans Život na dvoře a v rezidenčních městech posledních Rožmberků, op. cit., p. 137-151 ; V. Bůžek et P. Král (éd.), Aristokratické rezidence a dvory v raném novověku. Opera historica, 7 (Editio Universitatis Bohemiae Meridionalis), České Budějovice, 1999. – À propos des résidences des seigneurs de Hradec, voir par exemple V. Ledvinka, « Rezidence a dvůr Zachariáše z Hradce v Telči (1550-1589) », dans Život na dvoře a v rezidenčních městech posledních Rožmberků, op. cit., p. 199-213 ; J. Hrdlička, « Adam II. z Hradce a jeho dvůr », dans Poslední páni z Hradce, op. cit., p. 127-144. J. Müller, « Pozdně renesanční rezidence pánů z Hradce », dans Poslední páni, op. cit., p. 91-102. Sur le mode de la vie de l’aristocratie des Pays tchèques des temps modernes, il existe aussi une riche littérature – soit sur la vie quotidienne, soit sur les fêtes – voir V. Bůžek et P. Král (éd.), Slavnosti a zábavy na dvorech a v rezidenčních městech raného novověku. Opera historica (Editio Universitatis Bohemiae Meridionalis), 8, České Budějovice, 2000. Voir aussi le colloque scientifique « La noblesse vue par elle-même aux Temps Modernes » organisé par l’Institut d’Histoire de la Faculté des Lettres de l’Université de Bohême du Sud et le Centre d’Histoire de l’Europe centrale Université Paris IV-Sorbonne en octobre de 2006 au château de Rožmberk consacré aux diverses manifestations de la mentalité aristocratique en Europe centrale et en France et dont les actes sont à paraître dans le n˚ 12 des Opera historica.

[4]

Sur le goût des collections la famille de Rosenberg voir J. Pánek, Poslední Rožmberkové, op. cit., p. 195-196, 248-273, 296-305 ; J. Krčálová, « Palác pánů z Rožmberka », Umění, 18, 1970, p. 469-485. Sur celui de grands seigneurs de Hradec voir par exemple J. Novák, J. Zámek jindřichohradecký. Jindřichův Hradec, 1905, p. 117-118 ; J. Krčálová, Jindřichův Hradec. Státní zámek a památky v okolí, Prague, 1959, p. 15-18. J. Hrdlička, « Nově objevený inventář renesančních interiérů zámku v Telči z roku 1589 », Jihočeský sborník historický, 63, 1995, p. 178-184. et Literární mecenát, op. cit., p. 351-352 etc.

[5]

À propos des collections de livres de grands seigneurs de Rosenberg et leurs goûts de lecture, voir L. Veselá, « Rožmberská knihovna a její katalog (k možnostem využití rukopisných historických katalogů jako prameny) », dans J. Radimská (éd.), K výzkumu zámeckých, církevních a mĕstanských knihoven. « Čtenář a jeho knihovna », Opera romanica, 4, České Budějovice, 2003, p. 109-118 ; ibid., Knihy na dvoře Rožmberků, Praha, 2005 (notamment p. 16-21 et p. 37-87). Voir aussi les travaux de J. Pánek cités dans les notes nr.1. et 4., par exemple J. Pánek, « Václav Březan a jeho dílo », dans Václav Březan. Životy posledních Rožmberků, Díl 2., p. 664-665 ; ibid., Poslední Rožmberkové, c.d., p. 195-196, 248-273, 296-305, et, Poslední Rožmberk, c.d., p. 140-155, et aussi par exemple J. Salaba, « Zakladatel slavné české knihovny », Časopis Rodopisné společnosti v Praze, 16, 1944, p. 78-80, et « Několik poznámek k vývoji a osudům rožmberské knihovny », Časopis českých knihovníků, 23, 1944, p. 78-80 ; E. Schieche, « Die Rosenbergische Bibliothek vor und nach Juli 1648 », Stifter-Jahrbuch, 5, 1957, p. 102-140 ; M. Jedličková, « Rožmberská knihovna a katalog Václava Václava Březana », dans Knihovna. Vědecko-teoretický sborník, Prague, 1962, p. 187-214 ; I. Hlaváček, « Z českých knihoven na počátku 17. století (K vnitřní struktuře rožmberské knihovny) », dans Vědecké informace ČSAV.

Metodický zpravodaj pro knihovny a útvary vědeckých informací, supplément 1, 1970, p. 80-103. P. Kneidl, « Libri poetici et rhytmici rožmberské knihovny », Studie o rukopisech, 14, 1975, p. 111-123 ; J. Martínek, « K oddílu Libri poetici et rhytmici v Březanově katalogu rožmberských knih », dans Strahovská knihovna, vol. 11. Prague, 1976, p. 219-220. V. Bok, « Zur Vertretung der deutschsprachigen Literatur in der Bibliothek der Herren von Rosenberg », Studien zum Humanismus in den böhmischen Ländern, Ergänzungsheft, 1991, p. 49-55, ibid., « Poznámky k životu a dílu Theobalda Höcka z Zweibrückenu », dans Život na dvoře a v rezidenčních městech posledních Rožmberků, op. cit., p. 233-242 ; J. Hejnic, « K literárním a bibliofilským zájmům dvou posledních Rožmberků », dans Život na dvoře a v rezidenčních městech posledních Rožmberků, op. cit., p. 223-231.

[6]

Voir A. Stejskal et L. Pouzar, Renesanční Bechyně. Urbs felix, Catalogue d’exposition, Bechyně, 1998 (à propos de la bibliothèque et de la bibliophilie, surtout p. 57-61). La bibliothèque de la famille la plus ancienne, celle de Vilém de Rožmberk, fut conservée à Český Krumlov, l’autre, plus tardive, fondée par Petr Vok à Bechyně (voir son inventaire datant de 1573 qui compte 243 livres et est conservée encore aujourd’hui aux archives de Třeboň ; il y a aussi des notes d’achats des livres réalisés par Petr Vok dans la période des anneés de 1590-1602 et celle des années de 1602-1611). Les deux parties des bibliothèques furent unies dans un ensemble en 1592, tout d’abord placé au château de Český Krumlov, plus tard démenagé à Třeboň. Pendant la Guerre de Trente Ans les collections familiales (avec le catalogue de Březan qui se trouve aujourd’hui dans la Bibliothèque Royale de Stockholm) furent emportées par les armées suédoises.

[7]

À propos des super-ex-libris et des ex-libris de la famille de Rosenberg voir par exemple I. G. Collijn, Det Rosenbergska biblioteket och dess exlibris, Stockholm, 1907 ; Rožmberská knihovna s vyobrazeními ex librisů a 18 barevnými reprodukcemi super ex librisů, Prague, 1913 ; Rožmberská knihovna, Praha, 1913 ; Nové příspěvky k dějinám rožmberské knihovny, Prague, 1926 ; P. Hamanova, Z dějin knižní vazby, Prague, 1959, p. 119-123 et B. Lifka, Exlibris a supralibros v českých korunních zemích v letech 1000 až 1900, Prague, 1982, p. 75-6, 82-83 (avec la bibliographie). Voir aussi J. Hejnic, « Rožmberská exlibris v plzeňských knihovnách », dans Strahovská knihovna, vol.14-15, Prague, 1979-1980, p. 103-110 ; ibid., « Ein rosenbergisches Exlibris in der Schloßbibliothek von Lysice », Listy filologické, 114, 1991, p. 195-196, etc.

[8]

Voir Veselá, Knihy na dvoře Rožmberků, op. cit., p. 11-15.

[9]

Sur la bibliothèque de grands seigneurs de Hradec voir Lifka, Bohumír. Staré knihovny hradeckého zámku. In Jindřichův Hradec. Státní zámek a památky v okolí, op. cit., p. 32-35 ; Hrdlička, Literární mecenát posledních pánů z Hradce, op. cit., p. 350-35. L’origine de la bibliothèque du Collège des jésuites à Jindřichův Hradec reste étroitement liée à la personne d’Adam II, grand seigneur de Hradec, et à sa femme Kateřina de Hradec de Montfort. Adam II fut pas qu’un fondateur du Collège, mais aussi un mécène et fondateur de la bibliothèque jésuite en plus de ses achats de livres à l’étranger (voir J. Voborský, « Ve znaku zlaté růže », Vlast, časopis pro poučení a zábavu, 1910-1911, 27, p. 682) dans les années 1595-1596, il donna aux jésuites une partie de sa bibliothèque personnelle d’une grande valeur (voir J. Schaller, Topographie des Königreichs Böhmen, Th. 14, Taborer Kreis. Prague et Vienne, 1790, p. 113 – « 17416 Thalers »). Les jésuites marquèrent ces exemplaires d’un ex-libris « Collegii Novodomensis Societatis Jesu ex libris Ill [ustri] ss [im] i D [omini] Fund [atoris] Catalogo inscriptus 1599 » éventuellement d’une variante de cet exlibris. Dans les années 1602 à 1604 la bibliothèque jésuite obtint les autres livres du fonds de la biblitohèque de famille – par la donation Kateřina de Hradec, veuve d’Adam et par celle de Marie Maximilienne de Hohenzollern, veuve de Jáchym Oldřich de Hradec. Le fait que les livres provenant de la bibliothèque de famille de Hradec soient dispersés dans les fonds des autres institutions auxquelles ils furent donnés, quelquefois du vivant de leur possesseur, est montré par exemple par la présence d’un exemplaire appartenu autrefois à Menhart Lev de Hradec (ca 1553/1555-1579), fils de Zachariáš de Hradec. C’est une traduction allemande de l’oeuvre de Titus Livius de 1568 conservée aujourd’hui dans la bibliothèque du château de Boskovice (reliure avec un super-ex-libris initial « MLVN 1570 ») – voir Lifka, Exlibris, op. cit., p. 91.

[10]

Les comptes pour l’achat des livres de 1570-1596 : voir Lifka, Staré knihovny, op. cit., p. 32.

[11]

Sur l’inventaire de Zachariáš de Hradec – voir F. Teplý, « Telecké inventáře », Časopis Společnosti přátel starožitností, 35, 1927, p. 171-176, et Zd. Kalista, « Tři staré šlechtické libráře ». Časopis Společnosti přátel starožitostí, 36, 1928, p. 145-161. Voir aussi Hrdlička, Literární mecenát, op. cit., p. 350-351.

[12]

Le livre emblématique de Claude Paradin « Devises heroiques et emblèmes », paru en français pour la première fois à Lyon en 1551, fut très apprécié et lu aussi en latin (traduction sous le titre « Symbola heroica ») jusqu’au millieu du XVIIe siècle : voir J.-M. Chatelain, Livres d’emblèmes et de devises. Une anthologie (1531-1735). Klincksieck, 1993, p. 107.

[13]

À propos de la biblitohèque jésuite de Jindřichův Hradec voir F. Teplý, Dějiny města Jindřichova Hradce. Díl 2/ 2. Část kulturní. Jindřichův Hradec, 1932, p. 157-8. Zd. Tobolka, « Knihovna jesuitské koleje v Jindřichově Hradci », dans Národní a universitní knihovna v Praze. Její vznik a vývoj, počátky knihovny až do roku 177, F. Horák (éd.), Prague, 1959, p. 79-81 ; E. Měřínská, Staré tisky jezuitské koleje v Jindřichově Hradci dochované v Národní knihovně ČR. Příspěvek k rekonstrukci knihovny jezuitské koleje v Jindřichově Hradci. Praha, 2004 (thèse de diplôme ; directeur J. Kašparová) et « Knihovna jezuitské koleje v Jindřichově Hradci », dans Vlastivědný sborník Dačicka, Jindřichohradecka a Třeboňska, 16, 2004. Jindřichův Hradec, 2004, p. 11-17. La thèse de diplôme de Měřínská – même si elle n’est pas toujours appuyée sur des faits précis – représente néanmoins (à coté du travail de Tobolka) une contribution importante à l’histoire de la bibliothèque des jésuites de Jindřichův Hradec. Elle est un essai pour rassembler tous les documents nécessaires à des recherches ultérieures. Elle comprend une liste des cotes des livres indentifiés et le catalogue succinct des livres conservés dans la Bibliothèque Nationale (11 manuscrits, 59 incunables et 432 livres anciens). Ce catalogue, malgré ses plusieurs graves imprécisions et des défauts de contenu et de forme, reste le point de départ pour tout travail ultérieur relatif aux collections de l’ancien collège jésuite de Jindřichův Hradec et à celles de la famille de Hradec. Ma contribution, fondée sur les faits nouveaux du travail de Měřínská, développe cette question. Je continue mes recherches (actuellement dans la Bibliothèque du Couvent du Strahov et la Bibliothèque du Pays Morave de Brno) pour identifier les autres livres, et mieux analyser les collections déjà reconstruites.

[14]

Malheureusement, les titres cités par J. Schaller, référant aux sources jésuites (voir Schaller, Topographia, op. cit., p. 113) ne furent pas identifiés. Les livres mentionnés par l’inventaire de Zachariáš (voir la note nr.11, nr.12), les titres allégués par les livres de compte d’Adam (voir Lifka, Staré knihovny, op. cit., p. 32) ainsi que les exemplaires des oeuvres financiées par les membres de la maison de Hradec (voir Hrdlička, Literární mecenát, op. cit., p. 352-369), dans le fonds de la Bibliothèque Nationale de la République Tchèque, ils ne furent pas identifiés, non plus.

[15]

Une monographie sur l’histoire du Collège et l’Académie jésuites de Jindřichův Hradec est en cours de préparation par Miroslav Novotný qui s’occuppe de l’activité des ordres ecclésiastiques dans les Pays tchèques à l’époque moderne (dans le cadre du projet scientifique du Centre historique de la Faculté des lettres de l’Université de la Bohême du Sud de České Budějovice « Společnost českých zemí v raném novověku – struktury, individua, vztahy, instituce moci »). Novotný prépare aussi l’édition de la chronique manuscrite du Collège des années 1593-1749 (Historia Collegii Novodomensis Societatis Iesu). À ce sujet voir aussi M. Novotný, « Jindřichohradecká kolej Tovaryšstva Ježíšova v letech 1594-1618 », dans Poslední páni z Hradce, op. cit., p. 371-385.

[16]

Après la suppression du collège jésuite de Jindřichův Hradec, les collections de la bibliothèque jésuite furent dispersées. La plupart des livres entrèrent dans le fonds de la Bibliothèque Publique et Universitaire (Bibliothèque Nationale de la République Tchèque d’aujourd’hui), mais de nombreux livres parvinrent aussi à la Bibliothèque du Couvent des Prémontrés de Strahov de Prague ou bien restèrent à Jindřichův Hradec – dans la bibliothèque des professeurs du lycée de la ville, héritier de l’Académie jésuite. Des ouvrages dispersés furent trouvés dans la Bibliothèque du Pays Morave à Brno et aussi dans les autres bibliothèques de la Bohême et de Moravie. La copie du catalogue de bibliothèque jésuite, dressé après l’abolition du Collège ( « Catalogus librorum bibliothecae Novo-Domensis », Národní archiv Praha, fond Exjesuitica, cote EJ : M.46), date de 1774. Il peut servir à la reconstitution virtuelle de la bibliothèque jésuite de Jindřichův Hradec, même à celle des collections des seigneurs de Hradec.

[17]

Pour ce qui est de ces six manuscrits, on ne sait pas s’il s’agit de la donation personnelle d’Adam II, ou bien d’une autre effectuée par sa famille.

[18]

Bible en 42 lignes de 1462 : Bibliothèque nationale de la République tchèque, cote 39 B 27.

[19]

Chronica Hungarorum de 1473. Bibliothèque nationale de la République tchèque, cote 39 D 14.

[20]

À propos du mécénat des seigneurs aux armoiries portant une rose à cinq pétales, voir p. ex. F. Mareš, « Rožmberská kapela », Časopis Českého musea, 68, 1894, p. 209-236 ; ibid., « Německý básník Theobald Höck ve službách Rožmberských Luboš », Věstník České akademie, 13, 1904, p. 147-163, 247-263 ; J. Pánek, « Renesanční velmož a utváření hudební kultury šlechtického dvora (K hudebnímu mecenátu Viléma z Rožmberka) », Hudební věda, 26, 1989, p. 4-17 ; « Dva typy českého šlechtického mecenátu v době Rudolfa II », Folia Historica Bohemica, 13, 1990, p. 159-186 ; Poslední Rožmberkové, op. cit., p. 195-196, 248-273, 296- 305 ; « Rožmberkové jako regionální a středoevropský fenomén. Aristokracie mezi politikou a mecenátem », dans Kultury na hranici, Vienne, 1995, p. 209-213 ; Poslední Rožmberk, op. cit., p. 140-155 ; Vilém z Rožmberka, op. cit., p. 246-274. J. Hejnic, « K literárním a bibliofilským zájmům dvou posledních Rožmberků », dans Život na dvoře a v rezidenčních městech posledních Rožmberků, op. cit., p. 223-231 ; V. Bůžek, « Zahraniční trhy a kultura šlechtických dvorů v předbělohorských českých zemích », Český časopis historický, 89, 1991, p. 692-713 ; V. Bůžek, M. Novotný, « Mecenáši ». Dans Dvory velmožů s erbem růže, op. cit., p. 150- 160. J. Hrdlička, « Literární mecenát posledních pánů z Hradce », dans Poslední páni z Hradce, op. cit., p. 349-370. V. Bůžek, « Mezi Prahou, Českým Krumlovem a Jindřichovým Hradcem (K prolínání mecenátu v rudolfínské době) », dans Českokrumlovsko v proměnách staletí 1250-1850, Český Krumlov, 1999, p. 19-36 etc.

[21]

Sur cet humaniste belge qui vécut à la cour de l’empereur Ferdinand à Vienne, précepteur d’Adam II, voir J. Hrdlička, « Provoz vídeňského domu Jáchyma z Hradce », dans Poslední pánové, op. cit., p. 111 ; Bůžek, Hrdlička, Rodinný život posledních pánů, op. cit., p. 158 ; J. Hejnic et J. Martínek, Rukovět’ humanistického básnictví v Čechách a na Moravě, t. IV, Prague, 1976, p. 371.

[22]

Voir la note 4 (Hrdlička, Literární mecenát, op. cit., p. 351-352). Voir aussi P. Preiss, « Cykly českých panovníků na státních zámcích. Příspěvek k ikonografii českých knížat a králů », Zprávy památkové péče, 17, 1957, p. 65-77. V. Ledvinka, « Rezidence a dvůr Zachariáše z Hradce v Telči (1550-1589) », dans Život na dvoře, op. cit., p. 203-204 ; M. Mžyková, « Sgrafitová architektonická výzdoba tzv. klenotnice zámku v Telči ». Zprávy památkové péče, 56, 1996, p. 145-153 ; K. Křížová, « Nález signatury Balthasara Jenicha v Telči », Zprávy památkové péče, 57, 1997, p. 125-127.

[23]

De aerariis, roticis per totam aliquam provinciam, ubi mutuum pro foenore creditum, et foenus ex mutuo credito natum, exercetur… A Petro des Roues alias à Rotis, Belga Cortraceno… , Wiennae Austriae : excudebat Stephanus Creuzer, 1583, Bibliothèque Nationale de la République Tchèque, cote 25 C 135. Avec l’ex-libris des jésuites de Jindřichův Hradec daté 1603 à la page de titre.

[24]

Jan Černý (ca 1456-1530), appelé aussi Johannes Niger de Praga. Son herbier, écrit et illustré d’une manière instructive, appuyé sur de riches expériences de son auteur, fut publié en collaboration avec Mikuláš Klaudyan (+ ca 1522), médecin, typographe et cartographe, ami de l’auteur, à Nuremberg, chez Hieronym Höltzel. Il représente les plus ancien herbier en langue tchèque, très recherché par les lecteurs.

[25]

À propos de Jiří Mehl ze Střelic, voir F. L. Rieger, Slovník naučný, vol. 5, Prague, 1866, p. 213 ; B. Lifka, « Vazby a supralibros v českých, moravských a slezských zámeckých knihovnách », dans Historická knižní vazba, Liberec, 1962, p. 38-39 ; J. Štovíček, « Baltazar i dr. Jerzy Mehlowie ze Strzelic. Przyczynek do dziejów patricijatu wrocławskiego w XVI. Wieku », Ślaşki kwartalnik historyczny Sobótka, 23, 1968, p. 387- 406 ; ibid. « Renesanční bibliofil dr. Jiří Mehl ze Střelic », Fontes Nissae. Prameny Nisy, VI, Liberec, 2005, p. 6-23. À propos de ses intérêts de bibliophiles et de sa bibliothèque, voir Lifka, Exlibris, op. cit., p. 91 et p. 99, note nr.171 ; P. Hamanová et B. Nuska, Knižní vazba sedmi století z fondů Strahovské knihovny, Praha, 1966, p. 14, 25, 39, nr. 54 et Štovíček, Renesanční bibliofil, op. cit., p. 9-12, p. 17-20 (avec la liste de 18 livres de Mehl identifiés par l’auteur). Voir aussi J. Kašparová, Po stopách knihovny Jiřího Mehla ze Střelic (Sur les traces de la bibliothèque de Jiři Mehl de Střelic, sous presse).

[26]

À propos des reliures tchèques de la Renaissance exécutées pour Jiří Mehl, voir Hamanová, Z dějin knižní vazby, op. cit., p. 123-124 ; Lifka, Exlibris, op. cit. p. 91 ; Lifka, Vazby se supralibros, op. cit., p. 38-39 et Hamanová et Nuska, Knižní vazba, op. cit., p. 14, 25, 39, nr. 54. Voir aussi Štovíček, Renesanční bibliofil, op. cit., p. 12-16, p. 22-23 (ill.). La littérature attribue l’exécution de ces reliures au prestigieux relieur pragois Pavel Gutsch, originaire de Wrocław (monogramme « PG »).

[27]

Il est certain qu’une partie des collections de Jiří Mehl, vendue ou donnée aux grands seigneurs de Hradec (Adam II), partagea le sort de la bibliothèque de la maison, tandis que l’autre, achetée par Ferdinand Hoffmann, entra dans ses riches collections (voir « Cathalogus Bibliothecae Georgii Mehl a Stroliz » mentionné dans le catalogue de la bibliothèque de Hoffmann, Lifka, Exlibris, op. cit., p. 91).

[28]

Sur la biographie et les goûts de bibliophile de Ferdinand Hoffmann de Grünbühel, ainsi que sur le sort mouvementé de ses collections, voir K. J. Obrátil, « Exlibris moravských knihoven », Vitrinka, 9, 1932, p. 107-110 ; Lifka, Exlibris, op. cit., p. 75 et p. 78, nr.156 ; Lifka, Vazby se supralibros, op. cit., p. 37-38. Voir aussi Luboš Antonín, « Dietrichsteinská knihovna na zámku Mikulov. » (La bibliothèque Dietrichstein ax château de Mikulov), dans Příspěvky k dějinám zámecké knihovny Mikulov. Sborník Národního muzea, řada C, vol. 39-40, 1994/1995, nr. 1-4, p. 4-8, et P. Mašek et Zd. Wiendlová, « Soupis knih z knihovny Ferdinanda Hoffmanna z Grünbühelu ve fondu zámecké knihovny Mikulov » (La liste des livres de la bibliothèque de Ferdinand Hoffmann de Grünbühel dans le fonds de la bibliothèque du château de Mikulov), dans Příspěvky k dějinám zámecké knihovny Mikulov, op. cit., p. 78-110.

[29]

Mehl, docteur en droit à l’Université de Bologne en 1545 (une fois achevées ses études universitaires à Ingolstadt dans les années 1536-1540), avait beaucoup de contacts avec les humanistes d’époque. Parmi ses amis, on peut compter, par exemple, le réformateur Caspar Peucer (1525-1602), gendre de Melanchthon, l’humaniste Joachim Camerarius, père (1534-1598) ou l’astronome et mathématicien Bartholomäus Scultetus de Görlitz (1540-1614) qui lui dédièrent quelques-uns de leurs traités. Voir Štovíček, Renesanční bibliofil, op. cit., p. 9 et p. 16 et Kašparová, Po stopách knihovny Jiřího Mehla ze Střelic, op. cit. (sous presse).

[30]

À l’appui de l’hypothèse séduisante d’un cadeau fait à Mehl, on peut évoquer la dédicace manuscrite et la reliure bibliophile, tout à fait différente des autres, identifiée par Eva Měřínská – voir E. Měrínská, « Staré tisky jezuitské koleje v Jindřichově Hradci », op. cit., dans la note nr. 13. Sur le plat inférieur du livre relié en cuir il y a une dédicace– « FERDINANDI PRIMI CESARIS AUGUSTI P. P. CONSILIARIO ET REG. BOH. PROCANCELARIO D : GEORGIO MEHL ».

[31]

Sur la position d’Adam II, seigneur de Hradec, et ses contacts avec le monde protestant voir Ledvinka, « Adam II. z Hradce a poslední páni », op. cit., p. 21-22, et Bůžek, Hrdlička, Král et Vybíral, Věk uroz ených, op. cit., p. 149-150. À propos des relations des seigneurs de Hradec avec les anabaptistes à leur service et de ce qu’elles peuvent nous apprendre sur la tolérance réligieuse dans les domaines de la maison de Hradec jusqu’à la première moitié du XVIIe siècle, voir aussi M. Kovář, « Novokřtěnci na dominiu pánů z Hradce », dans Poslední páni, op. cit., p. 394-398.

[32]

De la littérature sur la famille d’Eggenberg, voir au moins Státní ústřední archiv v Třeboni. Průvodce po archivních fondech, vol. 2, Prague, 1958, p. 26-30, vol. 3, Prague, 1959, p. 19-20 ; B. Ruck et F. Kryza-Gersch, Schloss Eggenberg. Ein Führer durch die Sammlung. Graz, 1984 (avec la bibliographie).

[33]

Mme Jitka Radimská s’occupe du traitement et de l’analyse des livres en français conservés dans les collections d’Eggenberg et est l’auteur de nombreux articles sur ce thème.

[34]

À propos des éditions en espagnol de la bibliothèque de famille d’Eggenberg, voir J. Kašparová, « Hispanika ve fondu zámecé knihovny v Českém Krumlově », Výběr (Časopis pro historii a vlastivědu jižních Čech), 138, 2001, nr.4, p. 334-343, et aussi « Silnější než smrt. K rukopisným exlibris Jana Oldřicha z Eggenbergu v románských tiscích eggenberské sbírky zámecké knihovny v Českém Krumlově », dans J. Radimská (éd.), K výzkumu zámeckých, měšt’anských a církevních knihoven. « Vita morsque et librorum historia ». Pour une étude des bibliothèques aristocratiques, bourgeoises et conventuelles. « Vita morsque et librorum historia ». Zur Erforschung der Schloss-, Bürger- und Kirchenbibliotheken « Vita morsque et librorum historia », Opera romanica (Editio Universitatis Bohemiae Meridionalis), 9, České Budějovice, 2006, p. 433-454.

[35]

C’est un exemplaire incomplet de l’édition publiée à Anvers dans les années de 1556-1576 : voir J. Kašparová, Soupis jazykově španělských a portugalských tisků Roudnické lobkowiczké knihovny 1501-1800. Dodatky. Registro de los impresos españoles y portugueses 1501-1800 de la Biblioteca Lobkowiczense de Roudnice. Suplementos, Prague, 1999, p. 38-39, n.19. Sur la collection hispanique de María Manrique de Lara y Mendoza, J. Kašparová, Španělské tisky Maríe Manrique de Lara y Mendoza dochované v Roudnické lobkowiczké knihovně. Spanish-Printed Books of María Manrique de Lara y Mendoza Preserved in the Roudnice Lobkowicz Library, Prague, 1995 (catalogue d’exposition).

[36]

Voir J. Kašparová, « Silnější než smrt », op. cit., p. 435, 443-449, 451-452.

[37]

Voir le projet scientifique du Département de langues et littératures romanes de la Faculté pédagogique de l’Université de la Bohême du Sud – « Eggenberská knižní sbírka a její čtenáři » ( « Les collections de la famille d’Eggenberg et leurs lecteurs ») – GA ČR 405/05/2421 – 2005-2007.

Résumé

Français

Adam II de Hradec (1549-1596) appartenait à une des branches de la famille des Rožmberk dont plusieurs membres rassemblèrent un grand nombre de livres dans leurs châteaux de Jindřichův Hradec et de Telč. Il reste difficile de reconstituer ce que fut vraiment la bibliothèque d’Adam II, qui ne semble pas avoir été un collectionneur de livres, tout en ayant des contacts avec les savants et les imprimeurs de son temps. La disparition des Rožmberk ne signifia pas la fin des grandes bibliothèques en Bohême du Sud, puisque les Eggenberg installés en 1655 à Český Krumlov suivirent leur exemple.

English

Adam II of Hradec (1549-1596) belonged to one the Rožmberk family’s branches. Many of its members collected too a great number of books in their castles of Telč and Jindřichův Hradec. But it’s still difficult to piece together what was really Adam’s II library. He did’nt seem to have been a real book collector, even though he knew many scholars and printers. The extinction of the Rožmberks did’nt signify the end of the large South Bohemian libraries, seeing that the Eggenberg established in Český Krumlov from 1655 onwards followed their example.

Plan de l'article

  1. Les Rosenberg et leur bibliothèque
  2. Les livres possédés par les seigneurs de Hradec
  3. La bibliothèque Eggenberg

Pour citer cet article

KAŠPAROVÁ Jaroslava, « Le goût pour les livres dans la noblesse tchèque de la seconde moitié du XVIe siècle. Adam II de Hradec, collectionneur et bibliophile ? », Histoire, économie & société 3/ 2007 (26e année), p. 87-99
URL : www.cairn.info/revue-histoire-economie-et-societe-2007-3-page-87.htm.
DOI : 10.3917/hes.073.0087

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