Accueil Revues Revue Numéro Article

Histoire & Sociétés Rurales

2003/1 (Vol. 19)


ALERTES EMAIL - REVUE Histoire & Sociétés Rurales

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 121 - 131 Article suivant
1

« Après que les Siciliens, suite à la chute des Carthaginois, eurent prospéré en tous points durant soixante ans, la Guerre Servile éclata [1][1] Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, 34/35,... ». L’introduction du récit de Diodore sur les guerres des esclaves siciliens est bien connue. Mais ces soixante années de prospérité sont souvent regardées comme problématiques : pour beaucoup, le déclenchement des guerres serviles démontre qu’il s’agissait d’une fausse prospérité, que les véritables conséquences de la domination romaine furent simplement longues à apparaître.

Un cercle vicieux

2

Lors d’une récente enquête sur l’étude de l’immigration romano-italique en Sicile républicaine, A. Pinzone observa que ces études se sont enfermées dans un cercle vicieux [2][2] Pinzone, 1990, p. 390.. Toute interprétation reste biaisée par des preuves restreintes et orientées par des considérations externes. Les éléments employés en premier lieu consistent en un petit nombre d’inscriptions problématiques (c’est-à-dire Illrp, 320= cil, 12, 612, maintenant perdue), et les textes encore plus problématiques de Tite-Live, Diodore de Sicile et Cicéron (In Verrem). Ces textes littéraires sont apparemment contradictoires [3][3] Verbrugghe, 1972 ; Mazza, 1981.. Les tentatives faites pour réconcilier ces textes ne sont pas seulement influencées par l’opinion qu’on peut avoir sur un des auteurs, mais aussi par ce qu’on croit au sujet du niveau d’intervention et de présence de Rome, du développement juridique à travers le temps, et de sujets plus délicats tels l’esclavage et les latifundia. Le témoignage épigraphique et un minimum de matériel archéologique sont donc employés en conséquence [4][4] Coarelli, 1981.. Mais le facteur chance a été mis en évidence par A. Fraschetti qui observa que nous connaissons autant de noms de chevaliers en Sicile républicaina que dans toutes les autres provinces réunies et que presque tous sont connus uniquement par les Verrines[5][5] Fraschetti, 1981, p. 64 ; Nicolet, 1966 et 1974..

Briser le cercle vicieux

3

Pour sortir de ce cercle vicieux, j’ai commencé par un ensemble d’informations qui provenaient d’une étude en cours d’épigraphie sicilienne. Le cœur de ce projet est une banque de données de toutes les inscriptions sur pierre, dans toutes les langues, et datant du viie siècle avant J.-C. au viie siècle après. Bien que cette base ne soit pas encore complète, elle est suffisamment avancée pour permettre d’utiles analyses quantitatives. Une telle étude soulève manifestement quelques problèmes, par exemple celui de la concentration des inscriptions sur pierre. Mais elle est aussi conçue pour confronter beaucoup des problèmes entourant l’usage de l’épigraphie, par exemple comment interpréter certaines caractéristiques linguistiques dans ce qui est essentiellement un comportement culturel. Mais nous ne pourrons en discuter ici [6][6] Cependant, voir Prag, 2002..

4

Les données présentées répartissent toutes les inscriptions sicilienne sur pierre, sans tenir compte de leur langue, en grandes catégories : dédicaces, constructions, inscriptions publiques, funéraires, honorifiques et « autres ». Ces divisions sont nécessairement arbitraires, avec parfois des limites floues, mais elles sont adaptées à cette analyse. La figure 1 présente cette division par type pour toutes les inscriptions pour lesquelles ce tri est possible, du viie siècle avant au viie siècle après J.-C.

5

La figure 2 réitère cette division pour le sous-ensemble de ces inscriptions pour lesquelles une date a été donnée. Il est clair d’après cette figure que ce sous-ensemble d’inscriptions datées n’est pas discriminant par rapport à l’ensemble présenté dans la figure 1.

Figure 1 - Classement des inscriptions lapidaires (VIIe siècle avant - VIIe siècle après J.-C.) 1472 inscriptions sur un total de 1617Figure 1
Figure 2 - Classement des inscriptions lapidaires datées (VIIe siècle avant - VIIe siècle après J.-C.) 806 inscriptions sur un total de 1472Figure 2
6

Finalement, la figure 3 présente le sous-ensemble des inscriptions datées de la période républicaine (iiie-ier siècle avant J.-C.).

Figure 3 - Classement des inscriptions lapidaires datées (IIIe siècle avant - Ier siècle après J.-C.). 120 inscriptions sur un total de 806Figure 3

Un nombre croissant d’inscriptions durant la période républicaine

7

Cette analyse est nécessairement un peu « émoussée ». Mais la remarque que je voudrais faire devrait être évidente. Les inscriptions funéraires dominent l’épigraphie sicilienne – avec plus des deux tiers des occurrences. Ceci n’est guère surprenant et se retrouverait dans des études similaires pour la plupart des régions et périodes du monde antique – et beaucoup du monde moderne. Cependant, durant la période républicaine en Sicile, l’épigraphie funéraire chute de deux tiers à moins d’un sixième des inscriptions. Le nombre d’inscriptions publiques et honorifiques, les dédicaces, d’un autre côté, augmentent de façon significative. Deux remarques additionnelles doivent être faites. Premièrement, la grande majorité de ces inscriptions sont en grec : sur 120 du sous-ensemble de la figure 3, seulement 30 sont en latin, punique ou osque. Deuxièmement, la fréquence des inscriptions au cours du temps augmente durant cette période, à partir d’un point proche de zéro au iv e siècle avant J.-C. (figure 4 : la même lacune apparaît dans le corpus des defixiones de Sicile, ce qui suggère qu’il ne s’agit pas d’une tendance propre aux inscriptions sur pierre [7][7] Lopez Jimeno, 1991.. Il est à noter que les échantillons donnés par les figures 2 et 4 ne sont pas identiques, mais le recouvrement est presque complet).

Figure 4 - Nombre d’inscriptions lapidaires datées en Sicile par siècle (VIIe siècle avant J.-C.-VIIe siècle après)Figure 4
8

Je ne suggère pas qu’il est nécessaire de faire un rapprochement entre l’augmentation du nombre d’inscriptions et la prospérité contemporaine de l’île à cette période. C’est une erreur ancienne [8][8] Mac Mullen, 1982.. Mais la grande vivacité de la pratique de l’épigraphie est néanmoins suggestive (considérons la rapidité du don par la boulè de Syracuse d’une copie en bronze de leur dernier décret à Cicéron et à son cousin [9][9] 2, Verr., 4, 145.). Au contraire, cette tendance devrait nous encourager à nous démarquer d’un point de vue romain et à nous focaliser sur une pratique locale plutôt que sur des éléments immigrants romano-italiques relativement peu attestés.

La Sicile : domaine d’une culture épigraphique hellénistique

9

L’idée que la Sicile devait être le domaine d’une culture épigraphique hellénistique typique est bien évidemment sans surprises. Cicéron montre Sthenius de Thermes adressant une pétition au sénat romain pour la défense des droits de taxe siciliens [10][10] Ibid., 3, 18-19.. L’épigraphie montre d’autres Siciliens accomplissant des rôles similaires (par exemple, ig, 14 952 : Demetrios de Syracuse assistant les habitants d’Agrigente ; seg, 37 757). C’est le genre de comportement évergétique familial durant cette période [11][11] Pour euergasia, voir ig 14 353; ig, 14 359; Manni Piraino,.... Il est tentant de lier la tendance montrée par la figure 4 plus directement à la domination romaine, et de suggérer une importance croissante des chefs locaux civiques à la fois en relation avec les magistrats romains locaux et avec Rome elle-même.

10

En effet, la Sicile allait se révéler un terrain fertile pour l’exploration du chevauchement entre la pratique évergétique et le mécanisme de la clientela[12][12] Ferrary, 1997 ; Tanner, 2000.. Les Romains font occasionnellement l’objet de ces inscriptions, la plupart vers la fin de cette période [13][13] ig, 14 356 ; 367 ; 435 ; cil, 12, 612.. À l’occasion ils apparaissent indirectement dans des inscriptions concernant les Siciliens [14][14] ae 1973, 265 ; ig 14 282, voir Entella B1 in Ampolo,.... Mais ce sont les identités civiques locales et les individus qui émergent le plus clairement de l’épigraphie de cette période.

Les identités civiques locales

11

L’importance des ces identités locales a récemment été soulignée pour l’Orient [15][15] Jones, 2001.. Cela ne semble pas moins important ici en Occident. Les identités civiques locales sont partout, que ce soit en relation avec les autres communautés [16][16] Sur les célèbres décrets d’Entella, voir maintenant..., ou avec Rome [17][17] Ae, 1990, 437., ou bien en tant que partie d’une identité individuelle [18][18] Ig, 14, 282.. Les institutions civiques locales sont fréquemment attestées, et il y a des preuves évidentes d’activité financière civique plus régulière, en dehors de la pratique évergétique [19][19]  Cordano, 1999 ; Migeotte, 1997, p. 193-194. Ces éléments....

12

La prédominance de figures emblématiques dans les communautés locales, les principes civitatum du témoignage de Cicéron, a été soulignée auparavant, en rapport avec les sources littéraires [20][20] Rizzo, 1980.. À la lumière des schémas épigraphiques illustrés, je souhaite conclure en rapprochant plusieurs observations récentes afin de suggérer une modification du portrait érigé par un modèle récent et influent pour la Sicile républicaine [21][21] Gabba, 1986..

L’intervention de Rome en Sicile

13

Emilio Gabba a souligné le degré de l’intervention romaine initiale en Sicile, et la manière dont cela lie l’économie sicilienne à celle de l’Italie romaine. Le déclin urbain et le déterminisme économique occupaient une position centrale dans le paysage républicain [22][22] Gabba, 1986, p. 72-75.. L’épigraphie fut peu évoquée pour justifier cette image [23][23] Ibid., p. 80.. La réorientation du système de taxation fut fondamentale, système qui désormais concentrait la production sur le grain et en prélevait 10 % sur l’île chaque année. Cet accent sur un modèle de centre-périphérie et la nouvelle dynamique de production quittant l’île est potentiellement déroutant. De même, Claude Nicolet a souligné qu’il en allait différemment pour le système sicilien, du fait de la lex Hieronica : la taxe n’était pas seulement prélevée en nature mais rendue aux Romains en nature [24][24] Nicolet, 1994.. Quoi qu’il en soit, ainsi que l’a récemment souligné Dominic Rathbone, l’autre différence fondamentale était que la perception s’effectuait localement par contrat : il en résultait que ceux qui profitaient des contrats d’impôts étaient des locaux [25][25] Rathbone, 2001.. C’est un modèle que P. Ørsted a suggéré pour la région du Danube durant le Haut Empire [26][26] Ørsted, 1997., mais qui n’a pas été considéré, selon moi, en relation avec la Sicile républicaine. Explorons-le.

La perception des impôts

14

On a fréquemment remarqué que n’importe qui, Romain [27][27] Verr, 3, 148., Sicilien [28][28] Ibid., 3, 77., même un esclave public [29][29] Ibid., 3, 86. pouvait réclamer les dîmes devant le prêteur de Syracuse [30][30]  Carcopino, 1914, p. 84-86 ; Nicolet, 1994, p. 217. Il est également reconnu que les publicani romains ne pouvaient faire de même – bien que, comme Jérôme Carcopino le montre, il s’agisse davantage de déduction que de certitude [31][31] Carcopino, 1914, p. 89-107.. Ce qui est moins fréquemment envisagé est le mécanisme réel par lequel un decumanus tirait son profit (probablement parce que la plupart présume que l’exemple de la province d’Asie procure la réponse – mais, précisément, selon les raisons mises en avant par Nicolet, cela ne s’applique pas ici [32][32] Nicolet, 1994.. Rome voulait le grain, pas la garantie de monnaie originelle plaidée par le decumanus). Jérôme Carcopino était perplexe [33][33] Carcopino, 1914, p. 41-43.. V. M. Scramuzza, en détail, et Nicolet, moins clairement, offrent tous deux la solution la plus vraisemblable : le decumanus demandait un montant égal à moins de 10 % de la récolte [34][34] Scramuzza, 1937, p. 256-259 ; Nicolet, 1994, p. 21.... Il était requis seulement pour délivrer le montant du grain égal à son offre envers les autorités. Le grain excédentaire, entre sa demande et la dîme réelle qu’il avait le droit de prélever chez le fermier, constituait son bénéfice.

15

Mais l’hypothèse de Scramuzza qu’une demande typique constituait 9 % de la récolte, donnant au decumanus 1 % du produit brut et ainsi environ 10 % de profit, a peu de cohérence, à moins que le decumanus n’ait reçu réellement son offre monétaire originelle du prêteur quand il délivrait le grain – de cela nous n’avons aucune preuve. D’un autre côté, A. H. M. Jones a remarqué un taux de profit généralement plus élevé – environ 120 % – quand il rassemblait les chiffres tirés des Verrines[35][35] Jones, 1974a, p. 120 et note 35.. Cette interprétation trouve un appui dans le lien apparent entre les niveaux d’extorsion et la taille des demandes : tandis que le niveau des demandes augmente (avec la bénédiction de Verrès), le niveau de profit chute (de 200 à 15% dans le cas de Herbita : Cicéron, 2, Verr., 3, 75-76), et le niveau d’extorsion croît ; les fermiers peuvent être reçus pour demander leur propre dîme afin de protéger leurs intérêts, ce qui par conséquent pousse les marges de profit vers le bas et encourage davantage d’extorsion. L’hypothèse de Rathbone est que si les decumani sont locaux, alors l’établissement des prix est probable en soi. Traditionnellement, la lex Hieronica protégeait le fermier efficacement contre le decumanus prélevant plus que la dîme [36][36] 2, Verr., 3, 20..

16

Par conséquent, il était dans l’intérêt de chacun, à l’exception des autorités romaines, que les demandes restent les plus basses possibles ; cependant y voir un acte de résistance silencieuse envers la loi romaine reste sujet à caution. La sous-évaluation augmentait à la fois le profit potentiel du decumanus et réduisait l’éventualité que ce dernier tente de tirer davantage qu’une dîme du fermier. Nous avons un excellent parallèle à cette pratique à Athènes dans la collusion décrite par Andocydes [37][37] De Myst., 133.. Cicéron atteste d’une corruption locale d’un genre légèrement différent quand le prélèvement est laissé aux mains des autorités locales [38][38] Ad Att., 6, 2, 5 ; Jones, 1974b, p. 153-154 et 164,.... De telles pratiques suggèrent une raison possible à la décision de transférer les dîmes du vin, de l’huile et des fruges minutae vers le système sympronien en 75 avant J.-C. – et Cicéron lui-même nous dit que le changement aurait apporté un plus grand revenu à Rome [39][39] 2, Verr., 3, 18-19 ; Ørsted, 1985, p. 166.. Comme Rathbone l’a observé, les actions initiales de Vérrès apparaissent moins « mauvaises » quand elles sont vues sous ce jour. Rome a dû recevoir considérablement moins de grains que ce que l’on peut penser. La défense de Verrès comme quoi il vendit les dîmes pour un prix élevé devient alors plus compréhensible [40][40] 2, Verr., 3, 40.. Mais nous ne devrions pas aller trop loin dans cette direction. La conséquence de la vente des dîmes à un prix fort est que les marges de profit chutent. Mais si le gouverneur est complice, comme le prétend Cicéron, alors il devient possible pour le decumanus de tirer plus de profit que la dîme seule [41][41] Jones, 1974b, p. 164..

17

*

18

En d’autres termes, la logique du système sicilien des contributions suggère que, sauf s’ils sont confrontés à un Verrès, les Siciliens étaient censés pouvoir tirer un profit. Les individus susceptibles de procéder ainsi appartiennent à l’élite locale. Un travail récent suggère que l’image traditionnelle du déclin urbain de la Sicile est hors de propos [42][42] Wilson, 2000.. Et quelques chercheurs on récemment attiré l’attention sur le rôle potentiel de la statuaire dans l’activité civique sicilienne de la période républicaine [43][43]  Ibid., p. 154-157 ; Lomas, 2000, p. 167 ; Tanner,.... À la lumière des schémas épigraphiques étudiés tout d’abord, il semblerait qu’il faille réévaluer la vie civique municipale et les activités des élites locales dans la Sicile républicaine.


Bibliographie

  • Ampolo, Carmine, (éd.), Da un’antica Città di Sicilia. I decreti di Entella e Nakone, Pisa, 2001.
  • Bonacasa, N., « Per una revisione della cultura figurativa ellenistica in Sicilia », in Barra Bagnasco, M.,. de Miro, Ernesto, Pinzone, A., (éd.), Magna Grecia e Sicilia. Stato degli studi e prospettive di ricerca, Pelorias 4, Florence–Messina, 1990, p. 259-73.
  • Calderone, Salvatore, « Un nuovo frammento di ig xiv 352 », Kokalos, 7, 1961, p. 124-36.
  • Carcopino, Jérôme, La Loi de Hiéron et les Romains, Paris, 1914.
  • Coarelli, Filippo, « La Sicilia tra la fine della guerra annibalica e Cicerone », in Giardina Andrea, Schiavone, Aldo, (éd.), Società romana e produzione schiavistica, t. 1. L’italia: insediamenti e forme economiche, Rome-Bari, 1981, p. 1-18.
  • Cordano, Federica, « Le istituzioni delle città greche di Sicilia nelle fonti epigrafiche », Gulletta, M.I., (éd.), Sicilia epigraphica, vol. 1, asnp ser.iv, quad. 1, Pisa, 1999, p. 149-58.
  • Ferrary,, Jean-Louis, « De l’évergétisme hellénistique à l’évergétisme romain », in Christol, Michel, Masson, Olivier, (éd.), Actes du xe Congrès International d’Épigraphie Grecque et Latine, Paris, 1997, p. 199-226.
  • Fraschetti, Augusto, « Per una prospografia dello sfruttamento: romani e italici in Sicilia (212-44 a.c.) », in Giardina, Andrea, Schiavone, Aldo, (éd.), Società romana e produzione schiavistica, t. 1, L’Italia: insediamenti e forme economiche, 1981, Rome-Bari, p. 51-77.
  • Gabba, Emilio, « La Sicilia romana », in Crawford, Michael H., (éd.), L’Impero romano e le strutture economiche e sociali delle province, Biblioteca di Athenaeum, 4, Como, 1986, p. 71-85.
  • Jones, A. H. M., « Ancient empires and the economy : Rome », in Brunt, Peter A., (éd.), The Roman Economy. Studies in ancient economic and administrative history, Oxford, 1974, p. 114-139 [réimpression de Third International Conference of Economic History, 1965 (Mouton, 1970), p. 81-104] (=1974a) ;
  • —, « Taxation in Antiquity », ibid., p. 151-85 (annoté et révisé par P. A. Brunt) (= 1974b).
  • Jones, C. P., « Memories of the Roman Republic in the Greek East », in Salomies, O., (éd.), The Greek East in the Roman context. Proceedings of a colloquium organised by the Finnish Institute at Athens, May 21 and 22, 1999, Helsinki, 2001, p. 11-18.
  • Lomas, Kathryn, « Between Greece and Italy: an external perspective on culture in Roman Sicily », in Smith, C., Serrati, J., (éd.), Sicily from Aeneas to Augustus, Edinburgh, 2000, p. 161-173.
  • Lopez Jimeno, M. A., Las Tabellae defixionis de la Sicilia griega, Amsterdam, 1991.
  • MacMullen, R., « The epigraphic habit in the Roman Empire », AJPh, 103, 1982, p. 233-246.
  • Manni Piraino, Maria Teresa, « Due iscrizioni inedite di Marsala », Kokalos 9, 1963, p. 157-62 ;
  • —, Iscrizioni greche lapidarie del Museo di Palermo, Sikelika 6, Palermo, 1973.
  • Mazza, M., « Terra e lavoratori nella Sicilia tardorepubblicana », in Giardina, Andrea, Schiavone, Aldo (éd.), Società romana e produzione schiavistica, t. 1. L’italia: insediamenti e forme economiche, Rome-Bari, 1981, p. 19-49.
  • Migeotte, L., Les Souscriptions publiques dans les cités grecques, Geneva-Quebec, 1992 ;
  • —, « L’évergétisme des citoyens aux périodes classique et hellénistique », in Christol, Michel, Masson, Olivier, (éd.), Actes du xe Congrès International d’Épigraphie Grecque et Latine, Paris, 1997, p. 183-98.
  • Nicolet, Claude, L’Ordre équestre. L’époque républicaine (312-43 av. J.-C.), t. 1, Définitions juridiques et structures sociales, Paris, 1966 ;
  • —, L’Ordre équestre. L’époque républicaine (312-43 av. J.-C.), t. 2, Prosopographie des chevaliers Romains, Paris, 1974 ;
  • —, « Dîmes de Sicile, d’Asie et d’ailleurs », in Le ravitaillement en blé de Rome et des centres urbains des débuts de la Republique jusqu’au Haut Empire, actes du colloque international de Naples, 1991, Naples-Rome, 1994, p. 215-229 [réédité in Nicolet, Claude, Censeurs et publicains. Économie et fiscalité dans la Rome antique, Paris, 2000, p. 277-93].
  • Ørsted, P., Roman imperial economy and romanization, Copenhagen, 1985 ;
  • —, « Locatio publicorum and the economy of provincial elites », in Kotula, T., Ladomirski, A., (éd.), Les Élites provinciales sous le haut-empire romain, Antiquitas 22, Warsaw, 1997, p. 139-149.
  • Pinzone, A., « L’immigrazione e i suoi riflessi nella storia economica e sociale della Sicilia del ii sec. a.C. », in Barra Bagnasco, M., de Miro, Ernesto, Pinzone, A., (éd.), Magna Grecia e Sicilia. Stato degli studi e prospettive di ricerca, Pelorias 4, Florence–Messina, 1990, p. 381-402.
  • Prag, Jonathan R. W., « Epigraphy by numbers: Latin and the epigraphic culture in Sicily », Cooley, A.E., (éd.), Becoming Roman, writing Latin, jra Supplementary volume, 2002, p. 15-32.
  • Prestianni Giallombardo, A. M., (éd.), Colloquio alesino. Atti del colloquio tenutosi il 7 maggio 1995 in S. Maria delle Pallate, Tusa, Catania, 1998 ;
  • —, « Le tabulae halaesinae. Alcune aspetti grafici e linguistici », in Gulleta, M.I., (éd.), Sicilia epigraphica, vol. 2, asnp, ser.iv, quad. 2, Pisa, 1999, p. 449-463.
  • Pugliese Caratelli, Giovanni, « Silloge delle epigrafi acrensi? », in Bernabò Brea, Luigi, Akrai, Catania, 1956, p. 151-181.
  • Rathbone, D. W., « Sicily: from Hellenistic to Roman taxation », communication à Sicily and Italy in the age of the Roman Republic. A one day colloquium on cultural change and directions of study, London, 9 November 2001 (non publiée).
  • Rizzo, F. P, « Principes civitatis nelle Verrine: realtà civica e idealità ciceroniana », Ciceroniana iv. Atti del iv colloquium tullianum (Palermo, 28 settembre – 2 ottobre 1979), Rome, 1980, p. 211-221.
  • Scramuzza, V. M., « Roman », in Frank, Tenney, (éd.), An Economic survey of ancient Rome, Baltimore, 1937, p. 225-377.
  • Tanner, J., « Portraits, power, and patronage in the late Roman Republic », jrs , 90, 2000, p. 18-50.
  • Verbrugghe, G. P., « Sicily 210-79 B.C. : Livy, Cicero and Diodorus », tapa, 103, 1972, p. 535-559.
  • Wilson, R. J. A., « Ciceronian Sicily: an archaeological perspective », in Smith, C., Serrati, J., (éd.), Sicily from Aeneas to Augustus, Edinburgh, 2000, p. 134-160.

Notes

[*]

Department of History, University College London, Gower Street, London, WC1E 6BT, United Kingdom.

[1]

Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, 34/35, 2, 1.

[2]

Pinzone, 1990, p. 390.

[3]

Verbrugghe, 1972 ; Mazza, 1981.

[4]

Coarelli, 1981.

[5]

Fraschetti, 1981, p. 64 ; Nicolet, 1966 et 1974.

[6]

Cependant, voir Prag, 2002.

[7]

Lopez Jimeno, 1991.

[8]

Mac Mullen, 1982.

[9]

2, Verr., 4, 145.

[10]

Ibid., 3, 18-19.

[11]

Pour euergasia, voir ig 14 353; ig, 14 359; Manni Piraino, 1963, p. 159-162.

[12]

Ferrary, 1997 ; Tanner, 2000.

[13]

ig, 14 356 ; 367 ; 435 ; cil, 12, 612.

[14]

ae 1973, 265 ; ig 14 282, voir Entella B1 in Ampolo, 2001= seg 30 1120.

[15]

Jones, 2001.

[16]

Sur les célèbres décrets d’Entella, voir maintenant Ampolo, 2001.

[17]

Ae, 1990, 437.

[18]

Ig, 14, 282.

[19]

Cordano, 1999 ; Migeotte, 1997, p. 193-194. Ces éléments incluent les témoignages de Tauromenion (ig, 14 422-30; Migeotte, 1992, p. 277-282), l’inscription cadastrale de Halaesa (ig, 14 352 ; Calderone, 1961 ; Prestinianni Giallombardo, 1998 et 1999), et la liste cadastrale d’Akrai (ig, 14 217 ; Pugliese Carratelli, 1956, n° 2).

[20]

Rizzo, 1980.

[21]

Gabba, 1986.

[22]

Gabba, 1986, p. 72-75.

[23]

Ibid., p. 80.

[24]

Nicolet, 1994.

[25]

Rathbone, 2001.

[26]

Ørsted, 1997.

[27]

Verr, 3, 148.

[28]

Ibid., 3, 77.

[29]

Ibid., 3, 86.

[30]

Carcopino, 1914, p. 84-86 ; Nicolet, 1994, p. 217.

[31]

Carcopino, 1914, p. 89-107.

[32]

Nicolet, 1994.

[33]

Carcopino, 1914, p. 41-43.

[34]

Scramuzza, 1937, p. 256-259 ; Nicolet, 1994, p. 217.

[35]

Jones, 1974a, p. 120 et note 35.

[36]

2, Verr., 3, 20.

[37]

De Myst., 133.

[38]

Ad Att., 6, 2, 5 ; Jones, 1974b, p. 153-154 et 164, note 71.

[39]

2, Verr., 3, 18-19 ; Ørsted, 1985, p. 166.

[40]

2, Verr., 3, 40.

[41]

Jones, 1974b, p. 164.

[42]

Wilson, 2000.

[43]

Ibid., p. 154-157 ; Lomas, 2000, p. 167 ; Tanner, 2000, p. 32-33 et 48 ; Jones, 2001 ; Bonacasa, 1990.

Résumé

Français

L’étude de la Sicile sous la République romaine débouche sur un cercle vicieux, car des témoignages en nombre limité et une optique romaine amènent à dresser un tableau négatif de la province. Cependant d’autres regards sont possibles. Une enquête sur la culture épigraphique de l’île révèle l’importance des élites locales et de l’identité civique. À la lumière d’autres études récentes, on peut suggérer une Sicile où les élites locales prospèrent et facilitent la négociation au point de mener une existence heureuse sous l’autorité de Rome.

Mots-clés

  • domination romaine
  • épigraphie latine
  • perception des impôts
  • Sicile républicaine

English

Study of Republican Sicily is frequently trapped in a vicious circle, caused by limited evidence and a Romanocentric perspective. The picture of the island under Roman rule is usually negative. New perspectives are possible. A survey of Sicilian epigraphic practice highlights patterns in the Republican period which suggest the importance of local élites and civic identity. Reconsideration of the taxation system points in the same direction. Combined with other recent studies, this suggests a picture of Republican Sicily in which local élites flourish, enabling communities to negotiate successful existence under Roman rule.

Keywords

  • Latin epigraphy
  • republican Sicily
  • roman rule
  • tax collection

Plan de l'article

  1. Un cercle vicieux
    1. Briser le cercle vicieux
    2. Un nombre croissant d’inscriptions durant la période républicaine
    3. La Sicile : domaine d’une culture épigraphique hellénistique
    4. Les identités civiques locales
    5. L’intervention de Rome en Sicile
    6. La perception des impôts

Pour citer cet article

Prag Jonathan, « Nouveau regard sur les élites locales de la Sicile républicaine », Histoire & Sociétés Rurales 1/2003 (Vol. 19) , p. 121-131
URL : www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2003-1-page-121.htm.


Article précédent Pages 121 - 131 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback