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Histoire & Sociétés Rurales

2003/1 (Vol. 19)


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Columelle, De l’Agriculture, traduction Saboureux de la Bonnetterie, revue par M. Nisard, Firmin Didot, 1864, Paris, réédition Errance, 2002, 336 p., 33 €

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Les éditions Errance ont choisi de rééditer les douze livres de l’ouvrage de Columelle, De l’Agriculture, suivi Des Arbres, dans une traduction de Saboureux de la Bonnetterie, revue sous la responsabilité de Nisard, présentée sans notes ni commentaires (329 p.). Une courte introduction et une notice sur Columelle précèdent le texte (3 p.).

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Columelle (Lucius Iunius Moderatus Columella), notable romain d’origine gaditaine, rédige De l’Agriculture, vers 60-65 après J.-C. Dans la préface, il explique que son but est d’encourager les propriétaires italiens à s’occuper de leurs domaines, négligés en raison de la dégradation des mœurs antiques et de rumeurs qui prétendent que la terre est épuisée. Le livre i traite de l’utilité de l’économie rurale et des conditions pour réussir : visites fréquentes et minutieuses du maître, choix de l’intendant et des esclaves, respect de règles morales. Le livre ii s’intéresse à la céréaliculture et aux soins à apporter aux prairies. Les livres iii, iv et une partie du livre v sont consacrés à la vigne. Signalons le chapitre 3 du livre iii, qui envisage des calculs de rentabilité : Columelle y insiste sur les profits possibles et, chiffres à l’appui, tente de convaincre les plus réticents. Dans le livre v, il mentionne les méthodes pour mesurer les terres et respecter les distances entre les plants. Il évoque ensuite plusieurs vignes de province, les arbres à associer aux vignes, tel l’orme, fort apprécié pour la nourriture des bovins ; il termine avec la plantation et l’entretien d’autres arbres, parmi lesquels la première place revient à l’olivier, dont il distingue une dizaine de variétés. Les plus réputées pour la qualité de l’huile sont celles que produisent la Sabine et la Bétique. Les livres vi et vii étudient les diverses races de bestiaux, bovins, chevaux, brebis, chèvres et porcs. Les chapitres s’organisent de la façon identique : description des races, avantages et inconvénients en fonction des terrains disponibles ou de leur utilité pour le propriétaire, soins à leur prodiguer en cas de maladie. Un chapitre recommande particulièrement l’âne d’Arcadie : rustique, résistant, apte à labourer des terres légères, à tirer des charrettes, il peut, en outre, tourner la meule et moudre le blé. Dans le livre viii, dévolu au petit bétail, volailles, gibiers, Columelle justifie les conseils dispensés par les bénéfices que les producteurs peuvent tirer de ces élevages. Engraisser des pigeons, des colombes dans des volières, des tourterelles ou des poules de Numidie (pintades), des oies, des canards ou des paons n’exige qu’un espace restreint et la riche clientèle romaine achète fort cher des produits mis à la mode par l’aristocratie. Toutefois, c’est avec réticence que Columelle mentionne la pisciculture dans les viviers ou les étangs, car, précisément, ces productions de luxe ne correspondent pas à l’idéal du vieux romain. Hormis le premier chapitre sur le gibier, le livre ix est consacré à l’apiculture. Le livre x, qui décrit les jardins potagers, présente la particularité, dont la traduction ne peut rendre compte, d’avoir été rédigé en hexamètres, en hommage à Virgile, « le divin poète », dont Columelle se veut le continuateur. Les références mythologiques servent de toile de fond à la culture des légumes et des plantes condimentaires. Dans le livre xi, Columelle revient sur les qualités que le maître doit exiger de son intendant (uilicus), des soins qu’il faut accorder aux esclaves, avant de dresser un calendrier précis des travaux à effectuer d’abord pour les champs, puis pour le potager. Le choix et les fonctions de l’intendante font l’objet du livre xii, dont le début est largement inspiré de Xénophon. Choisie par le maître pour être la compagne du uilicus, chaste, ordonnée, elle contribue par ses qualités à la bonne marche de l’exploitation ; elle garde soigneusement les provisions, surveille le personnel. Comme pour l’intendant, un calendrier des travaux est établi. S’ajoute à ces douze livres, un petit ouvrage sur l’arboriculture, qui n’est qu’une partie de l’œuvre initiale dont le reste est perdu, et qui a été incorporé très tôt à l’ensemble.

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De l’Agriculture est avant tout un plaidoyer pour inciter les grands propriétaires italiens à s’intéresser davantage à leurs terres en montrant, preuves à l’appui, que toute exploitation bien gérée est rentable. Pour cela, Columelle se réfère avant tout à la tradition agronomique latine : Caton l’Ancien, Varron, avec lesquels il est possible de comparer, mais aussi Iulius Graecinus ou Tremellius Scrofa, dont les œuvres ont disparu. Il voue une grande admiration à Virgile, qu’il cite fréquemment. Il connaît bien les Grecs, Démocrite, Aristote, mais surtout Xénophon dont l’Économique, rédigé vers 400-380 avant J.-C., lui inspire le passage sur le partage des tâches et le rôle de l’intendante. Il mentionne aussi le Carthaginois Magon, dont la réputation fut telle à Rome que, après la destruction de Carthage en 146 avant J.-C., son œuvre fut traduite en latin. Cependant, s’il s’entoure de la garantie des Anciens, il ne s’agit pas de les imiter servilement. Il discute de la valeur de leurs écrits, rectifie ce qui lui semble erroné, apporte des précisions ou des corrections qui tiennent compte des réalités géographiques, régionales, provinciales. Il stigmatise l’attitude de bon nombre de propriétaires, dont il condamne vigoureusement l’absentéisme, car il y voit la cause principale du déclin de l’économie rurale italienne. Si ces aristocrates, obligés de séjourner fréquemment à Rome pour honorer leurs obligations politiques et maintenir leur statut social, inspectaient régulièrement leurs domaines, ils seraient assurés de profits substantiels. La deuxième critique porte sur l’avidité de certains d’entre eux, qui leur fait désirer de forts rendements immédiats, qui épuisent rapidement les terres, au détriment d’une exploitation modérée, qui rapporte des profits à long terme. Enfin, comme ils ne possèdent pas les connaissances nécessaires, ils ne peuvent décider efficacement de la manière de conduire les cultures, d’élever le bétail, de contrôler le travail des esclaves.

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Si le destinataire privilégié de Columelle est le grand propriétaire, ce qui traduit très probablement, une évolution des structures agraires de l’Italie du i er siècle après J.-C., il faut noter toutefois que le livre x semble destiné à des exploitants plus modestes. Dans tous les cas, les deux principes qui doivent guider l’exploitant sont la ratio – raisonnement, rationalité de la démarche, raison(s) –, et l’experimentum, expérience et expérimentation personnelle. Quand il donne un conseil, il a vérifié le bien-fondé du procédé, de la démarche suivie, de la qualité recherchée, soit personnellement soit par l’intermédiaire d’une personne digne de confiance, son oncle notamment. La traduction présentée ne permet pas toujours de prendre la pleine mesure de ces deux termes explicités ailleurs par J.-C. Dumont. Un des intérêts majeurs de l’ouvrage de Columelle tient au fait que certains historiens y ont vu la description d’une agriculture de type « pré-capitaliste », préoccupée d’investissements, de rentabilité. Il constitue ainsi un des maillons d’un débat sur la modernité – ou non – de l’économie romaine et sur les conceptions économiques des Romains.

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Il faut souligner le caractère méritoire de l’initiative qui rend accessible à tous une œuvre difficile, technique et peu étudiée jusqu’à ces dernières années. Les seuls regrets que nous exprimerons tiennent en peu de mots. D’une part, la traduction, ancienne, laisse en latin divers termes techniques, ainsi, par exemple, un jugerum équivaut à un arpent d’environ 25 ares et un spado est un rejeton stérile. Cela obligera le lecteur non latiniste à recourir au dictionnaire ou à une autre traduction. À défaut, un petit glossaire aurait avantageusement complété le texte. Dans le même ordre d’idée, cette version peut entretenir quelques confusions, ainsi le terme uilicus est-il traduit par métayer ou par intendant, terme qu’il faut préférer, car plus adapté à ce que nous connaissons des structures agraires de l’Italie antique. Enfin, le texte ne comporte aucune note ou commentaire, d’où l’intérêt de se reporter, lorsque c’est possible, aux notes et commentaires remarquables des quelques livres parus récemment dans la Collection des Universités de France en édition bilingue. En conclusion, il faut redire néanmoins tout l’aspect positif de cette initiative qui met à la portée de chacun une œuvre riche, complexe, qui connaît depuis quelques années un regain d’intérêt.

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Claude Briand-Ponsart

Olivier Guyotjeannin (dir.), Cartulaire blanc de Saint-Denis, Paris, École nationale des chartes, 2003 <http:// www. enc. sorbonne. fr/ cartulaireblanc/ index. php>, non paginé, accès libre

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En dépit des appels répétés des uns ou des autres en faveur de l’édition de sources, les publications récentes de cartulaires demeurent peu nombreuses. Il est vrai qu’il s’agit d’entreprises de longue haleine, surtout lorsque ces cartulaires sont d’un volume et d’un intérêt exceptionnels comme c’est le cas de ce Cartulaire blanc de Saint-Denis, principal cartulaire de l’abbaye réalisé dans le dernier tiers du xiiie siècle. Nul besoin en effet de rappeler ici la puissance de cette abbaye et l’importance de son patrimoine dont le noyau central s’étendait de Chartres à la vallée de l’Aisne et de la Normandie à la Champagne.

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Le choix fait par les éditeurs d’un support numérique peut surprendre car il est exceptionnel de trouver sur le web des volumes de sources de cette taille. La quasi-totalité des cartulaires disponibles en ligne ne sont en fait que des rééditions, le plus souvent au format pdf, d’ouvrages anciens. Presque toutes proviennent du serveur Gallica de la bnf. La publication sur le web d’un cartulaire inédit est donc déjà en elle-même un événement puisqu’il constitue une première.

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Le Cartulaire blanc de Saint-Denis compte environ 2 600 actes, transcrits vers 1270-1300, dont une cinquantaine ont d’ores et déjà été mis en ligne. Cette publication est précédée d’une introduction générale qui présente l’histoire du chartrier de l’abbaye de Saint-Denis ainsi que les principes d’édition, à la fois scientifiques et techniques. Elle comprend une table des chapitres, une table chronologique, un index des noms propres et une liste des documents annexes qui complètent ce cartulaire : extraits du cadastre napoléonien, plans d’Intendance, cartes de localisations, textes complémentaires, photos de monuments.

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L’édition de ce cartulaire est conçue comme un travail à long terme conduit chapitre après chapitre par les étudiants de l’École nationale des chartes dans le cadre des cours de diplomatique médiévale. C’est la raison pour laquelle un seul chapitre est actuellement disponible, celui de Tremblay-en-France. Un deuxième chapitre, celui de Rueil-Malmaison, est annoncé pour le courant de l’année 2003. Il est donc encore impossible d’avoir une vision générale du recueil et de sa richesse, l’ensemble publié ne représentant que 2 % du total de l’ouvrage. C’est ici, incontestablement, que se trouve la principale faiblesse de cette entreprise : les éditions d’actes devant se faire « au rythme d’une cinquantaine par an », il va falloir attendre un demi siècle pour disposer d’une publication complète des 2 600 actes du grand cartulaire de Saint-Denis !

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Le chapitre de Tremblay compte à lui seul 54 actes. Tous ne concernent pas le patrimoine direct de l’abbaye puisqu’on trouve parmi eux le règlement d’une querelle entre laïcs à propos d’un cens ; l’acte de fondation d’une chapellenie dans l’église de Villepinte ainsi que quelques textes anciens remis à l’abbé lors d’une acquisition destinés à documenter les droits des anciens propriétaires. L’édition des actes de ce chapitre est accompagnée d’une présentation de l’histoire des possessions de Tremblay-en-France et Villepinte depuis le ixe siècle. Des rapprochements effectués avec les Gesta Sugerii abbatis de Suger permettent également d’évoquer la « structuration de l’habitat et du finage de Tremblay », même si l’étude en question s’attache davantage à restituer l’organisation spatiale du finage aux xiie-xiiie que sa structuration à proprement parler.

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On ne peut bien sûr que regretter la lenteur de cette publication, d’autant que l’on ignore ce que sera l’édition numérique dans dix ans. Or, il s’avère justement que la conception informatique du site apparaît déjà ancienne. Le choix du format html, par exemple, est intéressant parce qu’il permet des tris et des interrogations directement à partir des moteurs de recherche ou de la commande « Ctrl + F » (encore que cette procédure soit rendue délicate par le fait que chaque acte correspond à une page web différente), mais il ne permet pas de disposer d’une qualité graphique à la hauteur de l’entreprise. Du coup, les impressions sur papier ne peuvent guère constituer que d’éphémères documents de travail. La mise en ligne d’une version parallèle, au format pdf par exemple, aurait pu facilement remédier à cet inconvénient. De même l’absence de pagination et surtout d’instructions claires destinées à préciser comment les lecteurs doivent citer cette édition en référence risquent de gêner les utilisateurs. Il est donc un peu dommage de devoir constater que cette entreprise ambitieuse et novatrice, d’un haut niveau scientifique, est desservie par une réalisation technique un peu frileuse.

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Christophe Maneuvrier

John W. Baldwin, Le Livre de terres et de revenus de Pierre du Thillay, fondateur de l’hôtel-Dieu de Gonesse, bailli de Caen de 1205 à 1224. Ses terres en Île-de-France et en Basse-Normandie, Paris, Société Parisienne d’Histoire et d’Archéologie Normande, Cahiers Léopold Delisle, t. li, fasc 1-2, 2002, 95 p., 13 € (à commander aux Archives départementales de la Manche, 103 rue du Maréchal Juin, 50 000 Saint-Lô)

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La publication des inventaires de revenus fonciers normands continue et on ne peut que s’en réjouir. Le petit volume que publie ici John W. Baldwin, grand spécialiste de Philippe-Auguste et de son entourage, n’est certes pas comparable au célèbre Livre des jurés de l’abbaye Saint-Ouen de Rouen, édité l’an dernier par Henri Dubois et son équipe. Son intérêt est ailleurs et réside d’abord dans le fait que son commanditaire est un personnage bien connu de l’entourage du roi.

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En 1200, Pierre du Thillay est signalé comme prévôt de Paris. Après un court passage dans la région orléanaise, il est nommé bailli de Caen où il reste en place au moins jusqu’en 1224. Quelques années plus tard, en 1208, il effectue une première donation à l’hôtel-Dieu de Gonesse, situé près de sa maison familiale du Thillay, au nord de Paris. C’est dans les archives de cet hôpital qu’est encore aujourd’hui conservé ce magnifique volume, peu connu des historiens normands bien qu’en partie édité par Léopold Delisle dès 1859.

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L’autre intérêt du document vient du fait qu’il constitue, à ce jour, le plus ancien livre de rentes connu émanant d’une autorité laïque pour la France du Nord. L’enquête, menée avec une grande rigueur par John Baldwin, a montré qu’il fut réalisé vers 1218-1220 pour enregistrer les richesses terriennes de Pierre du Thillay en Île-de-France et en Normandie où il reçut des biens importants des mains de Philippe-Auguste. Probablement inspiré par des modèles normands, comme l’attestent des rapprochements effectués par John Baldwin avec les censiers de la Trinité de Caen et du Mont-Saint-Michel, cet ouvrage fut probablement commandé par Pierre du Thillay afin de préparer sa succession à une époque où il fut également chargé d’entreprendre pour le roi une vaste enquête sur les fiefs de son bailliage.

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L’édition du document est impeccable. L’index des noms de lieux est, en particulier d’une précision remarquable, les localités les plus infimes ayant été identifiées de manière très convaincante. Outre le texte original du Livre de terres et de revenus, l’édition prend en compte les divers ajouts plus tardifs qui comprennent plusieurs compléments en français – le texte primitif étant lui en latin – ainsi qu’une dizaine d’actes concernant la famille de Pierre du Thillay transcrits à la fin de l’inventaire. Ce petit recueil ne saurait être négligé puisqu’il s’apparente à une sorte de minuscule cartulaire familial inséré à la suite de l’inventaire, nous montrant du même coup l’importance du document au sein des archives de la famille de Pierre du Thillay.

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Il s’agit donc en définitive d’une publication utile qui permet d’abord de connaître l’étendue et la nature des biens d’un bailli royal mais aussi de saisir la réalité matérielle de ses possessions. Elle apporte de plus des éléments non négligeables sur la façon dont s’est effectuée la diffusion de ces inventaires de revenus fonciers dans les milieux laïques, proches du pouvoir royal. C’est donc un bel hommage des Cahiers Léopold Delisle au grand archiviste qui, dès 1859, avait révélé au public l’intérêt de ce document.

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Christophe Maneuvrier

Georges Besnier (†) et Claudine Bougard, Inventaire des archives communales d’Arras antérieures à 1790, Arras, Commission départementale d’histoire et d’archéologie du Pas-de-Calais, 2002, 511 p + 1 cd-rom, 30 € ; Georges Besnier (†), Claudine Bougard, Alexis Lavoine (†) et Gaston Tison (†), Inventaire des archives hospitalières d’Arras antérieures à l’an V, Arras, Commission départementale d’histoire et d’archéologie du Pas-de-Calais, 2002, 276 p + 1 cd-rom, 20 €

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La publication attendue de l’inventaire des archives communales et hospitalières d’Arras marque l’aboutissement d’un travail de longue haleine, sans cesse interrompu et repris depuis le milieu du xix e siècle. Il a fallu la patience de plusieurs générations d’archivistes pour dépouiller ces quelque 130 m linéaires de documents divers et en donner un inventaire analytique d’une extraordinaire minutie. Car si Claudine Bougard regrette dans l’avant-propos le manque d’homogénéité de l’ensemble, certaines liasses n’étant inventoriées que sommairement, elle oublie de souligner par modestie que la plupart ont été ouvertes, lues, analysées. La qualité de la publication est à la hauteur des efforts engagés.

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Même si la publication de ces inventaires intéresse au premier chef les chercheurs en histoire urbaine, les ruralistes auraient pourtant tort de négliger les richesses des fonds de la capitale artésienne. Dans la France préindustrielle, villes et campagnes ne sont pas à penser en termes antagonistes mais complémentaires et c’est particulièrement le cas d’Arras, qui, sise au cœur d’une riche région agricole, tire ses revenus, ses subsistances et une partie de ses activités des campagnes qui l’environnent. Si la richesse de la ville venait à l’origine de ses activités textiles – draps et tapisseries de haute lice, les fameux arrazi qui ont fait sa prospérité et sa renommée au xive siècle –, le déclin généralisé des villes drapantes du Nord de l’Europe à partir du xve et du xvi e siècle a profondément modifié la donne au point que les revenus de la ville ont essentiellement reposé par la suite sur la commercialisation des produits agricoles, particulièrement des céréales. Les grains de tout l’Artois aboutissaient sur la Grand’Place d’Arras, stockés dans les caves et les boves (galeries souterraines constituées par les anciennes carrières de craie qui parcourent le sous-sol de la ville sur plusieurs niveaux), sous les maisons surmontées de pignons à enroulement dont les façades décorées de motifs champêtres – gerbes de blé et cornes d’abondance – rappellent encore aujourd’hui la vocation première. De là, ils étaient réexportés en France, mais surtout vers le nord de l’Europe (Brabant, Flandres, Hainaut), région d’échange privilégiée en partie à cause de l’écoulement du réseau hydrographique, la Scarpe qui coule à Arras se jetant en effet dans l’Escaut. À la veille de la Révolution, le marché d’Arras était « un des plus considérables du royaume ». De cette vocation agricole et commerciale témoignent les archives communales. La série hh (Foires et marchés) conserve des séries de mercuriales quasi complètes pour la période qui s’étend du milieu du xvie siècle à la Révolution. Les séries cc (Comptes) et dd (Travaux entrepris par la commune) permettent de se rendre compte des efforts permanents de l’échevinage pour faciliter le commerce. Dès le début du xviie siècle, des travaux de canalisation systématique de la Scarpe sont entrepris. Le port du Rivage est lui aussi l’objet de toute l’attention des autorités.

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Plus que dans les archives communales, c’est dans les archives hospitalières que se dévoilent les liens multiples que la ville entretient avec son plat pays. Si l’on ne pourra malheureusement jamais retracer avec précision la puissance économique de l’abbaye Saint-Vaast, la totalité des 3 000 articles de ses archives ayant brûlé en juillet 1915, celle plus modeste des 14 établissements hospitaliers que comptait Arras à la veille de la Révolution (deux hôpitaux civils et une dizaine de fondations privées de petite taille) est bien visible dans les 28 m linéaires d’archives qui ont étés préservés par l’incendie qui en détruisit plus de la moitié en 1921. La seule Bourse commune des pauvres se trouvait ainsi à la tête de 486 ha à la veille de la Révolution. Plus généralement, la multitude des registres de prélèvements de dîmes, les dénombrements, les titres de propriétés, les rentes constituées, les registres de comptes et les inventaires des biens et des revenus des établissements établis pour certaines institutions dès le xviiie siècle sont les signes visibles de cette appropriation des terres rurales par la ville. Cette appropriation est aussi particulièrement évidente à la lecture de l’index des localités dans lesquelles les établissements hospitaliers avaient des biens sous l’Ancien Régime. On peut regretter au passage l’absence d’une carte permettant de les situer facilement. À souligner aussi pour l’historien ruraliste, la présence de quelques plans de fermes, dont un de 1696, répertoriés dans un index des plans et l’existence de petits fonds d’archives concernant des maladreries et hôpitaux ruraux, treize d’entre eux ayant été réunis à l’Hôpital Saint-Jean de la ville par lettres patentes en 1698.

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Ces deux inventaires sont donc de remarquables instruments de travail. Les renvois bibliographiques nombreux, l’histoire des fonds, de leur constitution et des péripéties de leur conservation, les analyses très détaillées qui souvent permettent de connaître au moins la teneur générale de documents aujourd’hui disparus, les tables des plans et documents iconographiques, la typographie et la mise en pages claire et agréable contribuent à en faire des ouvrages intéressants et faciles à parcourir. Chacun des deux inventaires est en plus accompagné d’un cédérom qui, loin d’être cantonné au simple rang de gadget comme c’est malheureusement assez souvent le cas, reproduit les inventaires sommaires très partiels imprimés mais non diffusés avant 1914 avec possibilité de recherche plein texte ou les inventaires analytiques déjà publiés sur les fonds répertoriés. Ces deux cd-rom sont la parfaite illustration de ce qu’une utilisation intelligente des nouvelles technologies peut apporter au chercheur : tout est fait pour que le chercheur se meuve avec facilité au sein de cette masse énorme de documents. Le tout pour un prix relativement modique…

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Sans cacher le caractère austère que peut avoir la lecture de ce type d’ouvrage (qu’on parcourt d’ailleurs plus qu’on ne le lit exhaustivement), on peut pour conclure souligner le plaisir qu’on peut avoir à se perdre quelques temps dans ces listes de cotes qui bien plus qu’un relevé fastidieux de numéros et de titres sont une incitation à la rêverie et à la réflexion. Derrière ces cotes et sous la poussière qui parfois recouvre les documents, c’est bien la vie d’une cité et de sa région pendant plus de six siècles qui sommeille.

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Olivier Jandot

Claude Royer, (dir.), Le Guide du patrimoine rural en France, Tournai, La Renaissance du Livre, 2002, 418 p.

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C’est en 1988 que les éditions de La Manufacture lançaient un Guide du patrimoine rural, réalisé sous la direction de Sylviane Cousin, Claude Royer et François Sigaut et publié avec le concours de la Direction des Musées de France. Dans la préface, Jean Cuisenier, alors conservateur en chef du Musée des Arts et Traditions Populaires, proposait, après avoir avancé une définition originale de l’agriculture (« l’ensemble des activités qui sont reconnues comme agricoles aujourd’hui par trois instances : les pouvoirs publics, les organisations professionnelles et les acteurs eux-mêmes des activités ainsi nommées », p. 11), une réflexion sur les paradoxes de la relation qu’entretiennent les Français avec le monde des campagnes ; cette relation est, on le sait, ambivalente, comme en témoignent d’une part le succès, non démenti jusqu’à ce jour, d’une manifestation annuelle comme le Salon de l’Agriculture, d’autre part la méfiance face à des pratiques agricoles jugées destructrices de l’environnement et à des productions considérées comme de moins en moins naturelles. De même, Jean Cuisenier rappelait l’évolution de la perception, sans nul doute empreinte de nostalgie, que les Français se font du paysan : libre autrefois, cet homme paisible qui marchait au pas de ses bœufs n’est plus maintenant qu’un instrument aux mains de la technostructure agro-alimentaire. C’est peut-être cet état de choses qui explique l’attrait exercé par les musées d’agriculture, conforté par le succès de librairie du guide qui, rapidement réédité en 1991, présentait, grâce à un recensement effectué par la jeune Association Française des Musées d’Agriculture, 410 musées et collections d’agriculture.

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Créée en 1982 sous forme d’une association à but non lucratif regroupant personnes physiques et morales s’intéressant tant à l’agriculture et aux activités qui lui sont traditionnellement rattachées (telles l’élevage et la pêche) qu’au monde rural au sens large, l’afma s’est donnée une mission spécifique : « l’étude, la préservation et la mise en valeur du patrimoine rural sous tous ses aspects, qu’il s’agisse de machines agricoles, de paysages, d’outils anciens, de bâtiments… »

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Particulièrement dynamique, l’Association, qui publie régulièrement une lettre d’information, a notamment multiplié les manifestations scientifiques – sur des thèmes aussi variés que ceux du machinisme agricole, des bières et alcools, de la traction animale (coorganisée avec la Société d’Ethnozootechnique et la Bergerie Nationale, la dernière rencontre sur cette question s’est tenue en février 2002) –, réalisé des expositions itinérantes à destination d’un large public – telle celle consacrée aux labours – et participé à la réédition d’ouvrages fondamentaux mais épuisés depuis longtemps comme ceux d’André-Georges Haudricourt et Mariel Jean-Brunhes Delamarre consacré à L’Homme et la charrue à travers le monde et de Mariel Jean-Brunhes Delamarre relatif à La Vie agricole et pastorale dans le monde.

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Héritier d’une longue tradition qui remonte aux cabinets de curiosités nés dans un xviii e siècle dont on ne dira jamais assez la richesse scientifique et qui aboutit par exemple à la création en 1937 du Musée National des Arts et Traditions Populaires (dont les collections relatives à la viti-viniculture sont délocalisées au musée départemental de l’abbaye de Saint-Riquier dans la Somme), le monde des musées d’agriculture offre deux traits spécifiques. C’est, d’une part, un monde polymorphe : en effet, en l’absence – assez étonnante en France – d’un grand musée de l’Agriculture (comparable par exemple à celui, remarquable par sa disposition et les éléments qui le composent, de Skansen, fondé en 1891 à Stockholm par Artur Hazelius et dont on dit parfois qu’il montre la Suède dans une coquille de noix) et en dépit de la présence, dans des établissements aussi divers que le Conservatoire des Arts et Métiers ou la Bergerie Nationale, de collections d’agriculture, le patrimoine rural est dispersé en une multitude de musées gérés par des particuliers, des associations ou soutenus par les collectivités locales ou territoriales. En outre, les ambitions et les objectifs de ces établissements sont variés : ils vont de la modeste présentation, sous forme d’expositions permanentes, d’outils artisanaux préservés de la destruction ou de la simple évocation des activités spécifiques d’un terroir à l’exposition de plusieurs dizaines de machines et à la mise en scène, parfois sous forme de maquettes, de l’histoire de l’agriculture et des techniques rurales depuis les origines, sans que soit négligée toute une palette d’activités proposées au travers d’ateliers consacrés à telle ou telle culture (en dehors des abeilles et des chevaux, voire de la volaille, l’élevage n’occupe, pour l’heure encore, qu’une place secondaire dans la muséographie) ; de plus, certains s’efforcent de mettre à la disposition des chercheurs des documents de toute nature, propres à mener des enquêtes rurales.

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C’est, d’autre part, un monde mouvant : les musées existants évoluent ; ils s’efforcent de substituer à la simple juxtaposition initiale peu rigoureuse des objets une organisation cohérente et réfléchie, ils tentent de mettre en valeur les collections, se consolident et s’agrandissent ou, au contraire, végètent et finissent par disparaître, minés par l’absence de dynamisme ou confrontés à la fragilité de leurs ressources financières : alors, quand elles ne sont pas perdues, les collections sont dispersées ; d’autres musées, au contraire, soutenus par des volontés fortes, associatives ou publiques, se créent.

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Travaillant de concert avec le département d’agriculture du mntap, l’afma s’est efforcée de poursuivre l’inventaire qu’elle avait naguère entrepris. Tâche lourde et ingrate que l’on sait gré aux auteurs d’avoir mené à bien : elle consiste en effet à garder des contacts, à tenir à jour des fichiers d’adresses et de renseignements pratiques, à relancer les responsables, à être à l’affût des créations d’établissements, à connaître de leurs disparitions. Résultat de cette inlassable activité qui est, il faut le rappeler, entièrement bénévole : la troisième édition du Guide du patrimoine rural en France, publié en 2002 par les soins de la maison d’édition tournaisienne La Renaissance du Livre.

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Réalisé sous la direction de Claude Royer, aidé par quatre collaborateurs (Georges Carantino, Jean-François Charnier, Édouard De Laubrie et Éric Dutocq), ce livre recense cette fois 620 musées et collections d’agriculture. Le format est pratique (14,5 x 22 cm), la présentation de qualité : une scène de battage à l’ancienne en première de couverture, un texte imprimé sur papier couché, de nombreuses illustrations ; ce sont là des éléments de bon augure.

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Fort de 418 pages, ce guide s’ouvre par un sommaire qui n’est autre qu’un index, région par région, des localités disposant d’un musée rural. De façon assez étrange – peut-être parce que la numérotation effective des pages ne commence qu’à la vingt-huitième –, ce sommaire omet de signaler la préface de Jean Cuisenier (préface qui n’est autre que celle rédigée pour la première édition), la présentation de l’afma, l’introduction de l’ouvrage et l’opération « Patrimoine rural » menée par le Ministère de l’Agriculture. En outre, alors que l’annexe de l’édition 1991 présentait une bibliographie commentée de plusieurs dizaines de titres, structurée en deux rubriques, celle de 2002 se limite à la mention complémentaire de trois références de musées. Souhaitons qu’une édition ultérieure comble cette lacune regrettable.

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Une photographie couleur présentant, sur une double page, un élément caractéristique du paysage rural ouvre chacun des 22 chapitres du guide (un par région administrative) et invite à la découverte : l’œil ne peut en effet rester insensible à la beauté des vues et à la poésie qui s’en dégage, de la futaie de l’Aquitaine à la lande bretonne, de la silhouette des saules dans les prairies légèrement embrumées du Nord-Pas-de-Calais au champ de lavande de la région Provence Alpes Côte-d’Azur ; sur la droite, un signet rappelle d’une part la localisation de la région sur une carte de France, de l’autre les noms de la région et des départements qui la composent. Suit une présentation plus ou moins développée (de 4 à 7 pages) de la région. Y sont d’abord rappelés les contraintes géo-climatiques, les héritages historiques et les caractères économiques généraux ; sont ensuite examinées les composantes du paysage rural, comme la structure agraire et les systèmes de culture ; sont enfin mentionnées les démarches entreprises et les actions menées pour assurer la préservation et la gestion du patrimoine rural et sa mise en valeur. Aussi intéressantes soient-elles, ces introductions régionales, qui reprennent en grande partie le texte de la précédente édition, auraient pu faire l’objet d’une réactualisation plus soignée qu’elle ne l’a été : utiliser les tableaux régionaux de l’insee aurait permis de substituer à des données déjà anciennes des chiffres plus récents : peut-on prétendre évoquer les évolutions régionales de l’agriculture française en s’appuyant sur des statistiques remontant, pour les plus récentes, au milieu des années 1980 ? Peut-on vraiment laisser croire au lecteur que le nombre des vaches de Franche-Comté a progressé de 22 % en 25 ans sans indiquer, dans cette nouvelle édition, que cette statistique (utilisée lors de la précédente édition) concerne les années 1955-1980 ? Quel crédit accorder à l’information, lue dans les pages consacrées à la Bretagne, selon laquelle « la bio-industrie confère par exemple à la banlieue de Saint-Brieuc une renommée internationale due au zoopôle édifié près d’une station de pathologie porcine près de laquelle 400 chercheurs opéreront dans les prochaines années » alors qu’elle était formulée de façon identique dans l’édition précédente ? Tout cela est un peu décevant. De même aurait-on pu tirer parti de la réédition pour alléger le texte d’une emphase littéraire dont la nature incantatoire apporte peu au propos : à qui fera-t-on croire que la région Nord-Pas-de-Calais est « riche d’un passé agricole, toujours à la pointe du progrès, allié à la vigueur de son industrie et du commerce de ses brillantes cités » ?

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Sont enfin présentés – et c’est là, bien sûr, l’élément clef du guide – les musées, classés par ordre alphabétique des communes concernées, qu’une carte de la région permet aisément de localiser, lorsqu’elle est exempte d’erreurs, ce qui n’est pas toujours le cas (ainsi Montgaillard, p. 44, ne se situe pas dans les Landes mais en Ariège ; de même, Monflanquin, p. 262 ne se trouve pas en Midi-Pyrénées mais en Aquitaine, dans le Lot-et-Garonne ; en outre, le département des Hautes-Pyrénées ne figure pas sur la carte de la p. 252).

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Soigneusement illustrée, la notice consacrée à chaque établissement s’organise en deux parties : l’une apporte des informations pratiques (adresses postale et électronique, téléphone, fax, noms des responsables, horaires d’ouverture), l’autre détaille en quelques lignes sobres et précises, la nature des collections rassemblées – elles sont éclairées, tout au long de l’ouvrage, par 156 illustrations couleur – et signale, lorsqu’il est remarquable, le cadre dans lequel elles sont présentées : ainsi peut-on se représenter aisément l’établissement décrit.

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Au terme la présentation de ce guide, on se permettra d’émettre quelques regrets : l’absence d’un véritable index thématique, qui permettrait de tracer facilement un itinéraire de voyage à travers le pays ; la disparition des bibliographies qui accompagnaient les introductions régionales dans les éditions précédentes ainsi que celle des brefs aperçus insérés au fil des pages et qui éclairaient le lecteur sur une caractéristique de la région, qu’ils relèvent de figures régionales (Charles Beauquier en Franche-Comté), de l’élevage (le baudet du Poitou), du paysage (la Venise Verte) ou des institutions (l’écomusée d’Alsace). De même, deux cartes de France en vis-à-vis auraient été les bienvenues : en y faisant apparaître les établissements existant en 1991 et en 2002, elles révèleraient des densités, des évolutions et des dynamiques régionales ou de leur absence (le Conservatoire régional de machines et pratiques agricoles de Droyes en Haute-Marne et l’antenne des Mileli du Musée des Arts et Traditions Populaires d’Ajaccio en Corse du Sud, présents en 1991, ne figurent plus sur la carte de 2001, laissant ces deux départements sans collections accessibles au public).

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Ces réserves émises – elles témoignent de l’intérêt porté à l’examen de l’ouvrage –, il faut néanmoins affirmer avec force que le ruraliste dispose ici, outre d’un outil de travail de premier ordre, d’un guide comme on aime en avoir, aisé à manipuler, fourmillant d’informations, qu’il se doit de glisser dans sa poche dès qu’il quitte son cabinet de travail.

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Pierre Jaillette

Plan de l'article

  1. Columelle, De l’Agriculture, traduction Saboureux de la Bonnetterie, revue par M. Nisard, Firmin Didot, 1864, Paris, réédition Errance, 2002, 336 p., 33 €
  2. Olivier Guyotjeannin (dir.), Cartulaire blanc de Saint-Denis, Paris, École nationale des chartes, 2003 <http:// www. enc. sorbonne. fr/ cartulaireblanc/ index. php>, non paginé, accès libre
  3. John W. Baldwin, Le Livre de terres et de revenus de Pierre du Thillay, fondateur de l’hôtel-Dieu de Gonesse, bailli de Caen de 1205 à 1224. Ses terres en Île-de-France et en Basse-Normandie, Paris, Société Parisienne d’Histoire et d’Archéologie Normande, Cahiers Léopold Delisle, t. li, fasc 1-2, 2002, 95 p., 13 € (à commander aux Archives départementales de la Manche, 103 rue du Maréchal Juin, 50 000 Saint-Lô)
  4. Georges Besnier (†) et Claudine Bougard, Inventaire des archives communales d’Arras antérieures à 1790, Arras, Commission départementale d’histoire et d’archéologie du Pas-de-Calais, 2002, 511 p + 1 cd-rom, 30 € ; Georges Besnier (†), Claudine Bougard, Alexis Lavoine (†) et Gaston Tison (†), Inventaire des archives hospitalières d’Arras antérieures à l’an V, Arras, Commission départementale d’histoire et d’archéologie du Pas-de-Calais, 2002, 276 p + 1 cd-rom, 20 €
  5. Claude Royer, (dir.), Le Guide du patrimoine rural en France, Tournai, La Renaissance du Livre, 2002, 418 p.

Pour citer cet article

« Instruments de Travail », Histoire & Sociétés Rurales, 1/2003 (Vol. 19), p. 342-351.

URL : http://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2003-1-page-342.htm


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