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Histoire & Sociétés Rurales

2003/1 (Vol. 19)


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La Migration des animaux : connaissances zoologiques et exploitations anthropologiques selon les espèces, les lieux et les époques. Journée d’étude organisée par le Groupe de contact interuniversitaire sur l’histoire des connaissances zoologiques et des relations entre l’homme et l’animal, Liège, 22 mars 2003

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Après avoir proposé, ces dernières années, aux auditeurs des journées qu’elle organise régulièrement au début du printemps à l’Institut de Zoologie de l’Université de Liège, un regard sur la réapparition ou la réintroduction, en Europe, des espèces disparues de leur milieu d’origine (1998), sur l’inhumation et la sépulture des animaux (1999 et 2000), sur les sources de l’histoire des connaissances zoologiques (2001) et s’être intéressé, l’an dernier, au loup, à la chouette et au crapaud vus sous la double perspective de l’histoire et des sciences naturelles, Liliane Bodson avait choisi de consacrer la quinzième journée d’étude du groupe de contact qu’elle anime avec bienveillance et fermeté au thème de « la migration des animaux, connaissances zoologiques et exploitations anthropologiques selon les espèces, les lieux et les époques ».

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C’est à l’un des conseillers scientifiques du film Le Peuple migrateur, Guy Jarry, du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, qu’il revint d’ouvrir la journée. Captivant, son propos consacré aux « Migrations d’oiseaux : histoire, état des connaissances, méthodes d’investigation, perspectives à moyen et long termes » débuta par une réflexion sur le concept général de la migration – entendue ici comme un voyage aller-retour entre zones de reproduction et zones d’hivernage, selon un cycle en règle générale annuel – et se poursuivit par un regard sur l’histoire : si les déplacements saisonniers de certaines espèces d’oiseaux ont, de tout temps, intrigué les observateurs et retenu leur attention – des auteurs anciens comme Homère, Aristote, Pline l’Ancien les évoquent – il fallut attendre la fin du xviiie siècle pour que l’on admette, à la suite des observations des voyageurs naturalistes, le principe, jusque là contesté (au xvie siècle, le savant suédois Olaus Magnus développait encore la thèse de la retraite hivernale des hirondelles), des migrations lointaines. Guy Jarry présenta alors la technique qui allait s’imposer progressivement pour suivre les déplacements des oiseaux : celle du baguage, mise au point à la fin du xix e siècle par le danois H. C. Mortensen. Elle s’accompagnera, en Europe, de la création de centres nationaux de baguage (ils sont loin d’ignorer les difficultés financières) réunis depuis 1963 dans une structure européenne : Euring (European Union for Bird Ringing). À côté de cette technique éprouvée, le recours, encore limité, aux systèmes satellitaires permet de cerner plus finement les déplacements : grâce à la balise Argos, on a suivi le voyage d’une cigogne noire de la Tchéquie au Sénégal, effectué à un rythme quotidien variant de 150 à 350 km, avec une pointe à 476 km. Mais en dépit des progrès accomplis, bien des inconnues demeurent, comme l’a ensuite montré l’intervenant : on localise encore très difficilement les zones d’hivernage en Afrique sub-saharienne par exemple, quand on ne les ignore pas totalement, ce qui pose problème pour des espèces mondialement menacées, comme le faucon crécerelle ou l’ortolan. La dernière partie de la communication porta sur les modalités de la migration : époques de départ, circonstances du voyage (de jour/de nuit), durée du vol (certaines espèces peuvent voler 50 h. d’affilée), choix des itinéraires, de l’altitude (jusqu’à 10 km parfois), distances parcourues (un albatros hurleur peut franchir 900 km d’une traite), préparation physiologique, stratégies de traversée (celle de la Méditerranée ou du Sahara, par exemple, qui se fait en ligne droite ou selon des cheminements complexes), tout cela sous-entend d’extraordinaires facultés d’adaptation, que les biologistes ont partiellement découvertes, en s’intéressant à l’équipement neuro-sensoriel des oiseaux ; mais, et ce fut l’objet de la conclusion, maintes interrogations demeurent, sur lesquelles devraient pouvoir se pencher, par le biais d’actions ciblées, des équipes mobiles sous réserve qu’elles puissent être dotées de moyens technologiques pour l’heure encore extrêmement coûteux et que leur études ne soient pas contrariées par des obstacles dressés par desgroupes de pression hostiles.

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Il revint alors aux communications suivantes d’éclairer, sous des angles divers, les migrations des oiseaux et d’autres espèces animales. Ainsi Jacques Voisenet (Lycée Saliège, Toulouse) s’est intéressé aux « Migrations animales chez les encyclopédistes, d’Isidore de Séville à Jean Corbéchon ». Après avoir rappelé que les Anciens n’ignoraient pas, à côté de celles des oiseaux, les migrations des animaux aquatiques (Aristote signale ainsi les déplacements des thons dans le Pont), il constate que les encyclopédistes du Moyen Âge les ont totalement négligées pour ne garder du corpus documentaire antique que les migrations relatives aux oiseaux : oies, cigognes, grues, cailles occupent la part belle dans leurs compilations, qui n’innovent d’ailleurs guère, reprenant par exemple l’organisation militaire du déplacement des grues qu’avait somme toute déjà évoqué Pline. À leurs yeux cependant, les phénomènes migratoires – cycle des voyages, ordre dans lequel ils s’opèrent, routes suivies – tiennent non pas à des motifs climatiques ou biologiques mais à une raison d’ordre supérieur : passage d’un lieu vers un autre, la migration n’est en réalité rien moins qu’un modèle proposé par Dieu aux hommes, qui peuvent ainsi, s’ils se conforment à ce qui s’apparente à une conduite, s’approcher de lui et connaître son amour éternel. Ces encyclopédistes donnent ainsi le primat à l’interprétation morale et spirituelle d’un phénomène naturel.

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Cette perception symbolique de la migration, on la retrouve également de nos jours, comme l’a montré Laurence Denooz (Université de Nancy 2-Université Libre de Bruxelles) dans un propos consacré à « La migration des grives chez Tawfiq al-Hakim : une fable philosophique ». Dramaturge égyptien (1898-1987), Tawfiq al-Hakim est l’auteur d’un conte philosophique publié en 1952, Fann al-adab (L’Art littéraire), qu’il écrivit à la suite d’un repas au cours duquel on lui servit des grives. Selon lui, cet oiseau migrateur n’ignore pas que « ses quartiers d’hiver » ne sont autres que « les ventres des hommes » : et pourtant, insouciant et aveugle, il migre, acceptant son destin tragique. Partant de ce constat, Tawfiq al-Hakim pose alors la question du déterminisme et se demande si l’être humain est en réalité responsable ou non de ses actes. En réalité, pour l’auteur, l’homme est comme la grive : il ne dispose pas d’une liberté absolue, car celle-ci est restreinte par une volonté supérieure à laquelle il ne peut se soustraire, sauf à rompre l’équilibre de l’univers et à précipiter sa propre fin.

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Si elle susceptible d’une interprétation morale, donc philosophique, la migration correspond aussi à un temps de passage, ainsi que l’a alors montré Marianne Mesnil (Université Libre de Bruxelles) dans « Les jours empruntés de mars et le retour des oiseaux migrateurs : une période charnière du calendrier rural des Balkans ». En Bulgarie, en Grèce du Nord et en Roumanie une tradition ancienne, toujours en usage, illustrée par des légendes diverses et accompagnée de rites variés, qualifie ainsi de « jours de mars » ou de « jours de la Vieille de mars » une période comprise entre le 1er et le 9 mars : elle correspond en fait à l’instabilité climatique constatée début mars, qui voit s’affronter la fin de l’hiver (sous la forme des giboulées, qui correspondent aux sautes d’humeur de la vieille femme symbolisant la saison qui s’achève) et l’annonce proche du printemps (avec le retour des oiseaux migrateurs) ; mars, en effet, n’hésite pas à emprunter des jours à son voisin février pour ramener un temps hivernal, avant d’être vaincu par la nouvelle saison incarnée par l’installation de la cigogne et de l’hirondelle. Assurant ainsi la transition entre les saisons ces oiseaux sont honorés, le 9 mars, par une fête – celle des ancêtres en Roumanie, celle des bébés en Bulgarie (car la cigogne revient du pays des nouveaux-nés) – et des offrandes diverses telles que le martsichor (il s’agit de fils rouges et blancs torsadés auxquels on suspend une breloque ou une pièce d’argent) qui préserveront les jeunes enfants des maladies comme la varicelle ou la variole et garantiront des temps heureux pour le printemps et l’été à venir.

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Deux autres espèces migratrices ont été évoquées, les poissons et les papillons. La communication de Marie-Christine Marinval (Université de Paris x) – qui, en raison de l’absence de son auteur, a été lue – portait sur le « Bilan des connaissances sur l’histoire des relations sociétés/poissons migrateurs durant l’Holocène, en France, à partir des données archéozoologiques » : en l’état actuel des connaissances et en dépit des difficultés de l’étude, on retiendra que l’arrivée, dans le bassin ligérien, de nouvelles espèces comme le saumon, l’esturgeon, l’alose ou l’anguille s’est vraisemblablement effectuée à l’occasion du réchauffement climatique amorcé à la fin de l’époque tardiglaciaire. Vincent Fagniart (Université Libre de Bruxelles) a exposé, dans un propos consacré aux « papillons migrateurs dans la peinture flamande des xvie et xvii e siècles », les résultats d’une minutieuse enquête menée sur 118 tableaux sur lesquels figure un total de 298 papillons adultes (dont 214 identifiés) : après avoir reconnu les espèces reproduites et les avoir confrontées avec les données de l’entomologie (si certains papillons sont peints avec un réalisme saisissant, comme le machaon ou le sphinx à tête de mort, d’autres révèlent une imagination artistique remarquable), il a tenté de cerner les sources d’inspiration des peintres en comparant notamment les papillons représentés à ceux recensés dans les aires géographiques parcourues par les artistes : en dehors de cas exceptionnels, comme le monarque, le lien est assez net. Par ailleurs, la présence remarquée, à 41 reprises, de Vanessa atalanta (le vulcain) a conduit Vincent Fagniart à s’interroger sur les raisons de la surreprésentation de ce papillon migrateur : aucune réponse satisfaisante ne peut cependant, pour l’heure, être apportée.

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Pourquoi telle société a ou n’a pas domestiqué certains animaux présents sur le territoire qu’elle occupait ? Pourquoi telle société a ou n’a pas intégré des animaux nouvellement venus ? Telles ont été, à travers l’exemple des chiens en Nouvelle-Calédonie et en Tasmanie, les questions abordées par Jacqueline Millier, de l’Université de Neuchâtel (« Des sociétés qui adoptent et qui s’adaptent. Migrations, domestications, retour à l’état sauvage et re-domestication des animaux par des sociétés qui choisissent de les intégrer ou de les rejeter »). En réalité, l’adoption ou le rejet n’est que le reflet du rapport qu’entretient une société avec l’animal et du statut qu’elle lui donne, chaque société disposant en effet de son propre système domesticatoire.

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Quant à Georges Métailié (Muséum national d’histoire naturelle de Paris), il a analysé un corpus documentaire chinois relatif aux changements censés affecter certains animaux (« Transformation ou migration ? Les mutations animales en Chine ancienne ») : depuis l’Antiquité, un certain nombre de textes fait en effet allusion à des transformations censées affecter, à un moment donné de l’année, les animaux : ainsi l’épervier se transformerait en coucou et le hamster en caille ; fantastique superstition pour les Occidentaux lorsqu’ils les découvrent au xix e siècle [1][1] Aux transformations d’animaux, on ajoutera celles,..., phénomène banal pour les Chinois, chez qui la notion de transformation est une donnée de civilisation fondamentale, qui n’a dès lors pas à susciter de commentaire. Ces transformations peuvent en réalité s’analyser et se comprendre comme la perception d’un phénomène migratoire marqué par des mouvements croisés d’animaux. Par contre, certaines mutations demeurent difficiles à interpréter, comme celle qui transforme l’hirondelle en bivalve.

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Diversité des thèmes abordés, haute qualité scientifique des communications : l’intérêt de la journée ne s’est jamais démenti et l’historien du monde rural lira avec plaisir les actes dont la publication est, comme à l’accoutumée, prévue pour le printemps prochain.

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Pierre Jaillette

Colloque international « Nouveaux servages » de l’Europe médiane et septentrionale (xiiie-xvie siècles), Göttingen, 6-8 février 2003

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En 1999 une table ronde de l’École Française de Rome avait permis, sous l’égide de Monique Bourin (université Paris-i) et Paul Freedman (université de Yale), de faire le point sur « la servitude dans les pays de la Méditerranée occidentale chrétienne » au Moyen Âge central (voir l’édition des actes dans les Mélanges de l’École Française de Rome : Moyen Âge, 112, 2000-2, p. 633-1085). Les mêmes responsables scientifiques, auxquels s’est adjoint Ludolf Kuchenbuch (université de Hagen), ont entrepris complémentairement d’éclairer les « Nouveaux servages » de l’Europe médiane et septentrionale du xiiie au xvi e siècle[2][2] Un complément chronologique vient de paraître : Klußmann,... en rassemblant 25 spécialistes lors d’un colloque organisé par Pierre Monnet (Mission Historique Française en Allemagne de Göttingen) en collaboration avec Julien Demade (mhfa), avec le soutien du Max-Planck-Institut für Geschichte et de la Fritz-Thyssen-Stiftung.

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En effet, comme l’ont rappelé dans leur introduction Monique Bourin et Paul Freedman, si la table ronde de Rome se justifiait par la vivacité, depuis une vingtaine d’années, de l’historiographie méditerranéenne sur ces questions (ainsi que sur celle de l’esclavage [3][3] Vivacité dont témoignent de nombreuses publications :...), notamment autour de Pierre Bonnassie ou Paul Freedman, elle ne pouvait pas, par contraste, ne pas faire sentir le peu d’intérêt pour ces problématiques dans l’historiographie récente des régions plus septentrionales – alors même que, paradoxalement, c’était à partir d’elles qu’avaient été développées les thèses classiques sur la nature et la chronologie du servage (Paul Vinogradoff, Marc Bloch). Néanmoins, ce désintérêt connaissait une notable exception, l’Allemagne, qui n’a cessé, et ce de façon accrue et renouvelée avec Peter Blickle et ses élèves, de porter son attention sur les formes passées de la dépendance personnelle. Toutefois, la richesse de ces recherches restait à peu près ignorée des chercheurs latins et anglo-saxons ; l’ignorance étant encore plus grande pour les historiographies des contrées plus orientales.

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D’où l’idée de la présente conférence, dont les buts étaient multiples : rassembler les éléments d’une historiographie éparse pour le nord-ouest afin d’y relancer les recherches, faire connaître en dehors de leur domaine les recherches sur l’Europe germanique et orientale et, à travers ce double objectif assurer les bases d’une comparaison entre nord et sud de l’Europe, et par là faire se rencontrer des historiographies qui, pour s’être développées simultanément à partir des années 1970, l’avaient fait isolément. Comme il était hors de question de réaliser un simple pendant de la réunion romaine (ce qui aurait été ignorer les spécificités des historiographies qu’il s’agissait de prendre en compte), les centres d’intérêt ont été partiellement déplacés, la translation chronologique (du Moyen Âge central à la fin du Moyen Âge) entraînant une translation thématique (le problème de la relation entre esclavage et servitude, lié à la question de la « mutation féodale », laissant place à celui du rapport entre premier et second servage, lié à l’idée d’une « réaction féodale » provoquée par la crise de la fin du Moyen Âge et/ou la genèse de l’État moderne). Dans le cadre de cette problématique, la méthode choisie par les organisateurs était comparative, visant à faire ressortir, entre les régions, la variation de l’importance et de la chronologie du, ou plutôt des servages – méthode particulièrement pertinente s’agissant d’un ensemble géographique au sein duquel, à la fin de la période considérée, l’on s’accorde généralement à opposer un Ouest presque sans serfs (Angleterre, Bassin parisien), un Centre au servage largement généralisé mais ayant surtout valeur de sujétion symbolique [4][4] Idée qui a parfois été fortement contestée : voir l’influent... (de la Champagne à la Franconie), et un Est où les structures économiques se réorganisent autour de la sujétion des hommes (du Schleswig-Holstein à la Pologne).

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Avant, toutefois, que les participants ne s’engagent dans une peregrinatio qui allait les mener d’Ouest en Est, Michel Parisse (université Paris-i), afin de replacer leurs interrogations dans une perspective temporelle plus longue, et de poser une méthode (sémantique) que beaucoup reprendront, livrait les résultats d’une enquête effectuée sur l’ensemble des 5 000 chartes conservées pour la France en original avant 1121 (corpus informatisé par l’artem de Nancy – dont on espère vivement qu’il sera bientôt, comme prévu, accessible à tous les chercheurs). Il lui était ainsi possible de démontrer quantitativement que les mancipia disparaissaient au cours du xe siècle au profit des servi et ancillae, eux-mêmes supplantés à la fin du xie siècle par les homines proprii et homines de capite, mais surtout par les simples rustici ; si donc ce que des historiens toujours plus nombreux désignent aujourd’hui comme l’esclavage carolingien a été remplacé par le servage (la question restant pendante de savoir si ces changements lexicaux sont à interpréter comme le reflet d’une « mutation féodale » ou comme l’effet d’un changement du rapport entre « les sources » et « la réalité »), ce servage a lui-même un siècle et demi plus tard cédé la place à une société où dominaient les tenanciers libres. C’est d’une société de ce type que relevait, selon l’historiographie traditionnelle (Léopold Delisle, Lucien Musset), la Normandie, libre de serfs au plus tard au xi e siècle ; à l’inverse de cette image tirée d’une lecture des textes souvent volontairement biaisée (parce que cherchant à exalter une liberté comme constitutive de l’identité normande), Denise Angers (université de Montréal), s’appuyant sur les terriers, a pu montrer la persistance de charges considérées dans d’autres régions comme serviles (formariage et mainmorte), ainsi que de corvées (d’ailleurs parfois appelées dans les sources servages) privant les tenanciers du libre emploi de leur temps. C’est dans le même esprit, réaliste et non pas nominaliste, qu’Heide Wunder (université de Kassel) – pour opérer dans l’espace et le temps un saut dont le colloque se gardait bien –, dans son étude de cas d’un village hessois du xviiie siècle, pouvait démontrer que, si les terriers affirmaient explicitement que les habitants n’étaient pas serfs, ni non plus mainmortables, concrètement la lourdeur des corvées qui pesaient sur eux (et qui fut renforcée dans les années 1760) faisait dépendre l’organisation de leur temps et leur activité productive des exigences de leur seigneur ; ou comment, dans une région et une époque où le servage est réputé résiduel, l’on peut trouver, pour peu que l’on regarde précisément, des formes qui, pour n’y être pas identiques, n’en sont pas moins étonnamment proches de celles de la Gutsherrschaft d’outre-Elbe.

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Denise Angers n’en reconnaissait pas moins que les charges serviles étaient limitées et dans leur poids, et dans leur extension au sein de la population. La comparaison menée par Christopher Dyer (Université de Leicester) avec une Angleterre où le servage est réputé avoir été introduit par les conquérants normands et s’y être progressivement généralisé (finissant par déclencher le soulèvement de 1381), aurait dû n’en rendre que plus surprenante la relative « liberté » normande, mais Christopher Dyer, se distanciant de l’historiographie classique, permettait de comprendre que le paradoxe n’était qu’apparent. En effet, les lourdes corvées qui seront l’une des principales caractéristiques du villeinage des manoirs du xiiie siècle étaient déjà fort répandues dans les royaumes anglo-saxons et, si paradoxe il y a, il est plutôt à rechercher dans le fait que, jusqu’au début du xiii e siècle, les tenanciers non-libres ne seront pas distingués lexicalement des autres – ce qui forme un contraste particulièrement vif avec l’ampleur de la théorisation juridique subséquente de l’opposition entre paysans libres et non libres. Christopher Dyer considère donc ce discours nouveau comme reflétant moins une transformation économique (le développement des réserves seigneuriales, et des corvées par lesquelles elles sont mises en valeur) que l’affirmation, à partir des Plantagenêts, d’une monarchie qui avait besoin de distinguer, pour les soumettre à sa juridiction directe, les paysans libres (relevant de la common law) des serfs (relevant de la customary law des manorial courts) – monarchie qui avait, donc, besoin d’inventer ces deux catégories et leur différence tranchée. La concurrence entre la royauté et les seigneurs aboutit ainsi à un compromis durable, ne faisant relever directement des seigneurs qu’une minorité, mais substantielle, de non-libres (on voit donc que Christopher Dyer, dans le débat sur l’importance démographique relative des serfs, se rattache aux hypothèses de Masschaele et Smith, et non à celles de Bennett ou Hatcher). La Peste Noire, avec ses conséquences sur la disponibilité de force de travail, fit temporairement pencher la balance en faveur de seigneurs auxquels la royauté prêta main-forte dans leur tentative de renforcement du servage, tentative qui visait à mieux contrôler la main-d’œuvre (Statute of Laborers de 1349) ; mais l’ampleur de la résistance paysanne, culminant dans le soulèvement de 1381, amène la royauté à changer d’attitude – d’où la disparition progressive, au cours du xve siècle, du villeinage.

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Si le paradoxe qu’est l’écart entre Normandie et Angleterre relève donc de l’erreur historiographique, c’est par contre la correction d’une autre erreur qui est seule à même de rendre perceptible l’écart entre la Normandie de Denise Angers et le Bassin Parisien étudié par Ghislain Brunel (Archives Nationales, Paris) – correction d’autant plus essentielle que l’on se trouve, avec les terres capétiennes, dans une région phare de l’historiographie du servage. On considère en effet, depuis Marc Bloch [5][5] Rois et serfs : un chapitre d’histoire capétienne,..., qui avait travaillé sur les seuls serfs royaux et uniquement jusqu’au début du xive siècle, que les nombreux affranchissements collectifs (royaux) du milieu du xiiie siècle y avaient rendu le servage résiduel – par opposition aux régions immédiatement orientales (Champagne, Verdunois) [6][6] Patault, Anne-Marie, Hommes et femmes de corps en Champagne..., où au contraire il se renforçait après 1300. L’analyse d’un document exceptionnel (un registre du début du xv e siècle regroupant l’ensemble des [800 !] actes relatifs aux serfs du chapitre cathédral de Laon) permet au contraire à Ghislain Brunel de montrer la persistance d’homines de corpore qui ne font l’objet que d’affranchissements individuels (et, majoritairement, uniquement pour leur permettre l’entrée en cléricature), et dont la condition provoque de vifs conflits allant jusqu’à la révolte de toute une région dans les années 1330. Si le centre du domaine capétien est donc le lieu d’un servage ancien et persistant, les possessions, aux marges de l’Empire, des moines jurassiens de Saint-Claude, étudiées par Vincent Corriol (université Paris-i), ne voient apparaître de charges serviles (mainmorte et taille) qu’au début du xive siècle, et ce n’est qu’à la fin du xve siècle qu’elles se cristallisent en un statut personnel, celui des hommes mainmortables – qui ne deviendront serfs que lorsque dans la seconde moitié du xviiie Voltaire prendra à cœur de dénoncer, à leur exemple, les abus féodaux et ecclésiastiques !

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La chronologie qui apparaît ainsi sur les marges francophones de l’Empire, profondément différente donc de l’évolution des régions plus occidentales, se retrouve, à peu près, dans les quatre études portant sur la Haute-Allemagne. Celles-ci sont introduites par la synthèse historiographique de Tom Scott (Université de Liverpool) portant sur la région classiquement considérée comme caractéristique du servage de la fin du Moyen Âge, le sud-ouest, synthèse qui est tout autant une introduction remarquablement informée aux débats qui ont agité les historiens allemands ces dernières décennies [7][7] Et représente en cela la mise à jour du « Serfdom in..., qu’une prise de position engagée dans ces débats, que ce soit au sujet du lien entre servage du Moyen Âge central et Leibeigenschaft tardo-médiévale (lien qu’il affirme, contre Hannah Rabe [8][8]  Das Problem Leibeigenschaft : eine Untersuchung über..., mais qui selon lui s’opère non avec les homines proprii, comme le veut Rolf Köhn [9][9] « Wahrnehmung und Bezeichnung von Leibeigenschaft in..., mais avec les censuales, ainsi que l’a récemment proposé Christian Keitel [10][10] Herrschaft über Land und Leute : Leibherrschaft und...), ou des caractéristiques du servage, qu’il refuse de voir dans les limitations apportées à la liberté du mariage et des déplacements puisque celles-ci peuvent aussi bien peser sur les sujets (Untertanen).

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Enfin, il rejette les interprétations monocausales du servage, qu’elles soient économiques (théorie du lien entre renouveau du servage à la fin du Moyen Âge et crise agraire consécutive à la Peste Noire : Peter Blickle [11][11] « Agrarkrise und Leibeigenschaft im spätmittelalterlichen...) ou politiques (théorie du lien entre le servage et la construction des États territoriaux ; puisque, comme il le fait remarquer, le servage persiste jusqu’à la fin du xviiie siècle, soit bien après l’achèvement, dans la seconde moitié du xvi e siècle, de cette construction). Les interventions de Sigrid Schmitt (Université de Mayence) et Kurt Andermann (Generallandesarchiv Karlsruhe), qui portaient sur deux régions appartenant à l’ensemble géographique brossé par Tom Scott, se complétaient remarquablement puisque, portant leur attention sur deux aspects différents, elles permettaient, par leur jonction, de reconstituer l’ensemble de la logique de l’utilisation, dans le cadre d’une politique territoriale, de la Leibeigenschaft. En effet, si les petits margraves de Bade étudiés par Kurt Andermann, dans leur utilisation défensive (face aux princes voisins, plus puissants) de la Leibeigenschaft, en firent le moyen de l’unification du statut des personnes résidant dans le margraviat (les Leibeigene finissant par correspondre aux Untertanen, et le lien personnel par se territorialiser), au contraire les comtes palatins de Sigrid Schmitt transformèrent la Leibeigenschaft en outil offensif pour essayer d’étendre leur territoire en disséminant en son extérieur des personnes relevant d’eux pour leur corps ; dans ce cas donc la dépendance personnelle restait bien distincte de la dépendance liée à l’appartenance à un espace politique, mais la contradiction entre les deux exposés apparut dans la discussion comme n’étant qu’apparente, puisqu’à l’intérieur des limites de leur territoire les Palatins firent de la Leibeigenschaft une utilisation exactement similaire à celle des margraves.

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Si Sigrid Schmitt et Kurt Andermann avaient concentré leur attention sur la Leibeigenschaft, phénomène qui, comme ils l’avaient souligné, n’était pas antérieur à la seconde moitié du xv e siècle, c’est, pour la région orientale limitrophe qu’est la Franconie, à l’Eigenschaft qui la précède que se sont intéressés Julien Demade (mhfa) et Joseph Morsel (Université Paris-i). Rejetant la classique lecture substantialiste de cette catégorie du discours social des dominants que sont les Eigenleute, ils ont proposé d’y voir l’expression non d’une relation entre dominants et dominés (lecture qui implique que l’on suppose aux Eigenleute un statut distinct et absolu) mais entre dominants, qui par cette notion articulent un ordre de priorité entre les différentes prétentions qu’ils ont sur les mêmes hommes ; ils ont ainsi montré comment une telle analyse permettait de rendre compte du paradoxe qu’est l’absence, dans l’est de la Franconie, de toute mention d’Eigenleute, alors même qu’elles sont extraordinairement nombreuses dans l’ouest de la Franconie – cette différence ne renvoyant donc pas à des régions contrastées de forte présence et d’absence totale du « servage », mais à des modes d’articulation différents du groupe dominant.

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Werner Rösener (Université de Giessen) pour le sud-ouest de l’Allemagne et Heinz Dopsch (Université de Salzbourg) pour les Alpes orientales s’intéressèrent pour leur part à une thématique classique depuis Günther Franz : le lien entre révoltes paysannes et servage – Peter Blickle ayant été jusqu’à affirmer que la géographie de la Guerre des Paysans recouvrait pour l’essentiel celle du servage. Dans cette ligne d’argumentation, Werner Rösener rappelait que l’explosion de 1525 (et la diffusion parallèle des « Douze Articles » des revendications paysannes, dont le troisième rejetait totalement la Leibeigenschaft) avait été précédée non seulement de révoltes, mais aussi d’une multitude de conflits et résistances moins spectaculaires, et qui tous étaient sinon centrés sur, du moins comprenaient parmi leurs motivations le rejet du servage. Heinz Dopsch montrait des phénomènes identiques, la nouveauté de sa communication consistant en l’affirmation de la généralité et de l’ancienneté du servage dans l’espace alpin (déjà repérable dans les libri traditionum) – classiquement considéré comme une région de liberté paysanne (puisque région de colonisation).

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Succédant à cet important ensemble d’exposés sur la Haute-Allemagne, Michael Gelting et Jeppe Netterstrøm portaient eux leur attention sur le Danemark, région charnière entre les parties nordique, occidentale et orientale de l’Europe (rappelons qu’à l’époque moderne c’est dès le Schleswig-Holstein – qui relevait de la couronne danoise – que commençait le domaine de la Gutsherrschaft). Michael Gelting, s’appuyant sur les récentes révisions d’Helge Paludan [12][12] Familia og familie : to europæiske kulturelementers..., réfutait et l’idée d’une paysannerie danoise intégralement libre jusque dans la première moitié du xiii e siècle, et l’origine fiscale de sa mise en dépendance subséquente (l’augmentation du prélèvement royal ayant poussé les paysans dans les bras d’une noblesse capable de leur assurer l’immunité fiscale), pour affirmer que c’étaient les transformations de la procédure judiciaire (liées à la réception du droit canon – plus précisément des décisions de Latran iv), soit le remplacement de l’ordalie et des cojureurs par le jury, qui avaient amené les paysans à s’auto-soumettre à des seigneurs capables de peser sur les jurys. Jeppe Netterstrøm a ensuite montré comment ce servage dont Michael Gelting avait retracé les origines s’était inégalement développé dans les différentes régions du royaume danois, le contraste devenant particulièrement fort, à partir du début du xvie siècle, entre Jutland et Sjaelland ; et comment le développement du servage renvoyait à une transformation des modes de contrôle par les dominants de la société rurale, puisqu’il remplaçait la protection dont le besoin était antérieurement créé par l’ampleur des faides, qui justement disparaissent à la fin du xve siècle en Sjaelland.

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Suivait alors un ensemble de communications relatives aux régions orientales. Si Krzysztof Kowaleski (Université de Varsovie) s’intéressait, pour la Bohême des xive-xve siècles, à un groupe spécifique, celui des servitores, sorte de très petits ministériaux assurant les tâches quotidiennes de la gestion seigneuriale (groupe qui, comme le fit remarquer Heide Wunder, était caractéristique de l’ensemble des régions orientales), Marian Dygo (Université de Varsovie) et Janos Bak (Central European University, Budapest), qui étudiaient le servage paysan, aboutirent à un identique refus de la notion de « second servage » pour leurs régions, Marian Dygo montrant pour la Pologne l’importance, dans la genèse de cette dépendance personnelle qui caractérisera l’époque moderne, de la réception au xv e siècle du droit romain (d’autant plus intéressante qu’elle se limitait à ce seul point du statut des dépendants). Janos Bak traçait pour la Hongrie un tableau d’une remarquable clarté, montrant un pays passant directement, dans le cadre de la reconstruction postérieure à l’invasion mongole de 1241, de l’esclavage antérieur à la liberté des tenanciers (sur le modèle des hospites de la colonisation germanique) sans passer par le stade intermédiaire du servage – situation qui durera jusqu’à la fin du xve siècle, période où les tensions internes à la noblesse (les grands seigneurs cherchant à attirer les tenanciers des petits nobles, ceux-ci se défendant par des restrictions apportées à la liberté de mouvement) aboutirent à un renforcement des contraintes pesant sur les tenanciers, et finalement à la révolte de 1514. Si la réaction seigneuriale consécutive à cette explosion sociale culmina dans la formulation du principe de « servitude éternelle » des paysans, en fait la menace turque et l’état de guerre permanent qu’elle entraînait en empêchèrent l’application pleine et entière, et la Hongrie du xviie siècle ne connut ainsi qu’une Gutsherrschaft mitigée où les corvées étaient limitées à un jour par semaine.

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Il revenait à Ludolf Kuchenbuch de dégager les conclusions de trois jours de discussions intenses. Soucieux de permettre aux travaux futurs sur la dépendance personnelle de se dégager de concepts idéologiques hérités des xviiie-xix e siècles (servage, Leibeigenschaft), il proposa (avec une inventivité sémantique non dépourvue d’ironie) une « hominologie » permettant d’étudier comment une domination à l’origine centrée sur le contrôle du processus agricole annuel et de ses productions, s’était accrue d’un prélèvement portant sur le cycle de vie (formariage, meilleur catel, etc.) ; cette « hominologie » étant basée symboliquement sur une « organologie » (homines de capite, mainmorte, etc.). Finalement, il suggérait de regrouper « hominologie » et « organologie » sous le concept de « servilité », qui avait le mérite de ne pas impliquer d’héritage historiographico-idéologique ; ou plutôt, puisqu’il importe d’étudier des processus et de faire justice à la variété des situations et des chronologies, de parler en termes de Servilisierungsprozess, pour reprendre en le détournant le concept forgé par Norbert Elias.

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Julien Demade

Notes

[1]

Aux transformations d’animaux, on ajoutera celles, très présentes dans la littérature chinoise, de fantômes et d’hommes changés, de nuit, en animaux; à ce sujet, on se reportera à l’ouvrage d’H.A. Giles, Strange stories from a China studio, New York, 1925 (1ère éd. : Londres, 1880).

[2]

Un complément chronologique vient de paraître : Klußmann, Jan, (dir)., Leibeigenschaft : bäuerliche Unfreiheit in der frühen Neuzeit, 2003.

[3]

Vivacité dont témoignent de nombreuses publications : celle des actes de la table ronde de Nanterre (1997) sur « Esclavages et servages de la fin de l’Antiquité au monde moderne » (Henri Bresc, dir.) dans les Mélanges de l’Ecole Française de Rome : Moyen Âge, 112, 2000-2, p. 494-631 ; celle des actes de la rencontre de València (Antoni Furió, dir.), à paraître dans le numéro de 2004 de la Revista d’Història Medieval ; enfin Bourin Monique, Chareille Pascal, dir., Genèse médiévale de l’anthroponymie moderne, t. v, Intégration et exclusion sociale : lectures anthroponymiques. Serfs et dépendants au Moyen Âge, 2 vol., Tours, Publications de l’Université de Tours, 2002.

[4]

Idée qui a parfois été fortement contestée : voir l’influent article de Trossbach Werner, « Südwestdeutsche Leibeigenschaft in der Frühen Neuzeit – eine Bagatelle ? », Geschichte und Gesellschaft, 7, 1981, p. 69-90.

[5]

Rois et serfs : un chapitre d’histoire capétienne, 1920.

[6]

Patault, Anne-Marie, Hommes et femmes de corps en Champagne méridionale à la fin du Moyen Âge, 1978 ; Girardot, Alain, Le Droit et la terre : le Verdunois à la fin du Moyen Âge, 1992.

[7]

Et représente en cela la mise à jour du « Serfdom in later medieval and early modern Germany » d’Heide Wunder (in Aston, T.H., (dir.), Social Relations and Ideas. Essays in Honour of R.H. Hilton, 1983, p. 249-272).

[8]

Das Problem Leibeigenschaft : eine Untersuchung über die Anfänge einer Ideologisierung und des verfassungsrechtlichen Wandels von Freiheit und Eigentum im deutschen Bauernkrieg, 1977. Les critiques de Tom Scott ne portent pas sur l’importante constatation faite par Hannah Rabe (l’apparition massive, à la fin du xve siècle, du terme Leibeigenschaft), mais sur l’interprétation qu’elle en donne (la Leibeigenschaft comme concept dénonciateur développé par les paysans de façon nouvelle, donc sans liens avec la Hörigkeit du Moyen Âge central). Pour Tom Scott comme pour Peter Blickle (et la plupart des historiens allemands), la chose existe avant le mot.

[9]

« Wahrnehmung und Bezeichnung von Leibeigenschaft in Mittel- und Westeuropa vor dem 14. Jahrhundert », in Miethke, Jürgen, Schreiner, Klaus, (dir.), Sozialer Wandel im Mittelalter, 1994, p. 301-334.

[10]

Herrschaft über Land und Leute : Leibherrschaft und Territorialisierung in Württemberg (1246-1593), 2000.

[11]

« Agrarkrise und Leibeigenschaft im spätmittelalterlichen deutschen Südwesten », in Kellenbenz, Hermann, (dir.), Agrarisches Nebengewerbe und Formen der Reagrarisierung im Spätmittelalter und im 19./20. Jahrhundert, 1975, p. 39-55.

[12]

Familia og familie : to europæiske kulturelementers møde i højmiddelalderens Danmark, 1995.

Plan de l'article

  1. La Migration des animaux : connaissances zoologiques et exploitations anthropologiques selon les espèces, les lieux et les époques. Journée d’étude organisée par le Groupe de contact interuniversitaire sur l’histoire des connaissances zoologiques et des relations entre l’homme et l’animal, Liège, 22 mars 2003
  2. Colloque international « Nouveaux servages » de l’Europe médiane et septentrionale (xiiie-xvie siècles), Göttingen, 6-8 février 2003

Pour citer cet article

« Colloques et Journées d'études », Histoire & Sociétés Rurales 1/2003 (Vol. 19) , p. 351-360
URL : www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2003-1-page-351.htm.


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