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Histoire & Sociétés Rurales

2003/1 (Vol. 19)


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Les recherches archéologiques qui ont été menées ces quinze dernières années à San Giustino, en Ombrie, à l’endroit de l’emplacement supposé de la villa de Pline le Jeune in Tuscis, ont permis de reconstituer les principales phases d’évolution de cet habitat rural [1][1] Braconi et Uroz Sàez, 1998..

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La villa, toujours en cours de fouilles par une équipe italo-espagnole (Pérouse-Alicante), a été bâtie sur un domaine datant des iiie et iie siècles avant J.-C., caractérisé par la présence d’un lieu de culte, d’un atelier de céramique et d’autres édifices difficiles à identifier, probablement destinés au commerce, et donnant sur une vaste place pavée.

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Les nombreux cachets de terres cuites retrouvés permettent de dater et de distinguer les principales phases de développement de la villa à partir de Marcus Granius Marcellus dont l’activité de bâtisseur est avérée pour la période entre l’an 2 avant J.-C. et l’an 14 du siècle suivant [2][2] À propos de ces cachets, voir Uroz Sàez, 1999 a.. La propriété est passée ensuite aux Pline et enfin à l’Empereur.

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Pour le sujet qui nous occupe, il suffira de rappeler que l’œuvre de profonde transformation de l’ensemble a été voulue par Pline le Jeune. Elle s’est traduite, entre autres, par la construction, probablement une reconstruction, d’un petit sanctuaire et d’un portique disposés sur le devant de la villa. Selon notre hypothèse, ce temple orné d’arcades, édifié devant l’antique Villa de Granius, n’est autre que le temple de Cérès évoqué par Pline dans sa lettre à l’architecte Mustius (figure 1)[3][3] Braconi et Uroz Sàez, 2001..

Figure 1 - Plan de la villa de Pline le Jeune à San GiustinaFigure 1
Source : Braconi et Uroz Saez, 2001

Marcus Granius Marcellus…

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Marcus Granius Marcellus, proconsul de Bithynie en 14-15, ne peut être considéré exactement comme un membre de l’élite locale, mais nous partirons de l’hypothèse que sa propriété de l’ager Tiferinus a pu appartenir à son ancêtre Marcus Granius, probablement son père, duumvir quinquennal de la colonie de Spello. Ce Marcus Granius est connu grâce à l’inscription cil, xi, 5264 retrouvée dans un sacellum du grand sanctuaire de la Villa Fidelia, où l’on reconnaît l’important centre religieux des Ombriens, lié au centre religieux étrusque analogue de Volsinii [4][4] Coarelli, 2002 ; Sisani, sans date..

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Le texte épigraphique de Spello mentionne les duumvirs Marcus Granius et Sextus Lollius comme ayant dédié une statue à Vénus [5][5] Cil , xi, 5264 : m. granius sex. lollius. ii. vir./.... On ignore si l’inscription était sur mosaïque [6][6] En réalité on l’a retrouvée avec le pavement de mosaïque... ou sur marbre [7][7] Vermiglioni, 1833, p. 363-364, affirme qu’il s’agissait.... On sait qu’elle a été transportée à Pérouse avant 1606. Elle a aujourd’hui été perdue mais le cil propose une variante dans la tradition manuscrite selon laquelle les noms des duumvirs portaient également l’indication des patronymes M. Granius M. F. et Sex. Lollius Sex. F. On peut établir une datation de l’inscription sur la base d’éléments archéologiques en la reliant au monument dont elle faisait partie, à savoir le petit sanctuaire contenant la statue du culte de Vénus, objet de la dédicace. De récentes études à propos du sanctuaire de Spello proposent d’en faire remonter la phase monumentale à l’époque du triumvirat, en concomitance avec la fondation de la colonie et l’édification des murs de la ville [8][8] Manconi, Camerieri, et Cruciani, 1996.. Nous manquons de données plus sûres pour une datation précise de la colonie. Lawrence Keppie avançait la date de 41 avant J.-C. en s’appuyant sur l’expropriation dont fut victime sur ses terres d’Assise le père de Properce. Cet événement aurait justement eu lieu à l’occasion de la création de la colonie de Spello, toute proche, tout de suite après le bellum perusinum, précisément en 41 avant J.-C. [9][9] Keppie, 1983, p. 177-179 ; Gabba, 1986 ; Ciotti, 1...

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L’étude de la répartition des centuries de la « vallée ombrienne » a démontré que le territoire d’Assise était effectivement occupé en partie par la colonie de Spello [10][10] Manconi, Camerieri, et Cruciani, 1996, p. 415.. La même étude très pointue a démontré que des territoires soustraits à des municipes non limitrophes furent attribués à la nouvelle colonie. Il s’agit d’Arna, au nord, et de quelques centuries situées près des sources du Clitumne au sud [11][11] Ibid., p. 411-412, 417 et suiv.. Les importantes interventions d’aménagement urbanistique de Spello et du proche sanctuaire « ethnique » des Ombriens s’inscrivent donc dans le cadre plus général de la réorganisation du territoire qui a suivi la guerre de Pérouse (figure 2)[12][12] Sur ce point, voir l’étude récente de Coarelli, 2001,...

Figure 2 - Les centuries de la Vallée ombrienneFigure 2
Source : Manconi, 1998b
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Il est par conséquent fort probable que Granius et Lollius, qui sont clairement intervenus dans cette phase d’aménagement général de la cité, du sanctuaire et du territoire, aient été parmi les premiers, voire les premiers duumvirs de la nouvelle colonie ombrienne [13][13] Coarelli aussi estime qu’ils ont été parmi les premiers.... Cette dernière, rappelons-le, fut conçue dès l’origine pour occuper un rôle central dans la géographie politique et administrative de la région. Elle a conservé ce rôle au moins jusqu’à l’époque constantinienne, comme le prouve le célèbre rescrit rappelé précédemment [14][14] Sur le rôle de Spello en Ombrie : ibid., p. 43 ; Sisani,....

… et sa famille

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La présence des Granii à Spello a laissé des traces évidentes également dans les toponymes : « une terre à Gragnano » est évoquée en 1183 près de Foligno, l’antique Fulginiae[15][15] Manconi, Camerieri, et Cruciani, 1996, p. 406, n. 102.....

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Dans des zones soumises à des assignations coloniales, on peut supposer que les toponymes ruraux dont on est sûr conservent habituellement le nom du premier attributaire du domaine (figure 1)[16][16] À propos de la pratique d’assignation des lots : Moatti,.... Nous pouvons raisonnablement en déduire qu’à l’époque de la fondation de colonies à Spello et de la rédaction de la forma relative, il y eut un Granius qui reçut le fundus qui prit son nom. Il semble peu probable qu’il soit étranger au Marcus Granius qui occupa la charge de duumvir quinquennal. Il est très vraisemblable qu’il s’agisse de la même personne ou, du moins, d’un membre de sa famille.

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Comme nous l’avons déjà indiqué, l’analyse des restes des centuries a démontré qu’une partie des terres du municipe d’Arna ont été attribuées à Spello, malgré l’éloignement des deux territoires, exactement comme dans le cas des Sources du Clitumne. Pour Arna, on en avait déjà la preuve par la découverte sur son territoire de cippes portant l’écrit fin(es) col(oniae) Hispell(atium)[17][17] Cil, xi, 5291.. Dans le second cas, Pline le Jeune nous apprend qu’Auguste avait soustrait les Sources du Clitumne et le relatif sanctuaire à Spoletium, l’assignant à la colonie de Spello [18][18] Plin., Epist. viii, 8..

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Cet intéressant ensemble documentaire nous permet aujourd’hui d’illustrer à la perfection ces fines adtributi dont parle Hygin le Gromatique et de saisir la raison précise du choix d’Hispellum comme exemple paradigmatique [19][19] Ig. Grom., De lim. Const., i, 178-179 l.. Ajoutons, à propos du sujet qui nous occupe, que l’on peut considérer l’inscription cil, xi, 1937 comme une conséquence de ces fines adtributi. L’inscription en question évoque un certain Versenius Granianus, de la tribu Lemonia (la tribu de Spello), duumvir de Spello et patron du municipe d’Arna, honoré à Arna par son frère Caius Versennius Aper. Il s’agit de toute évidence d’un Granius entré dans la famille des Versenii, de probable origine locale. Nous ne pouvons malheureusement pas dater l’inscription. Un diplôme militaire rappelle un Versennius Aper qui a combattu sur le Limes au milieu du iie siècle [20][20] Cil, iii, p. 882, n° 40.. Il pourrait s’agir du même personnage que celui de notre inscription, ou d’un de ses ancêtres ou descendants. La présence des Granii sur le territoire d’Arna qui, nous l’avons vu, était au moins en partie attribué à la colonie de Spello, nous semble confirmer le lien étroit entre cette gens et les territoires distribués par les triumvirs.

En remontant le Tibre

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Remontons la Vallée du Tibre jusqu’au territoire de la villa de Pline d’où nous sommes partis. Dans cette vaste plaine qui s’étend au nord de Tifernum Tiberinum, on peut reconnaître l’ager Tiferinus du Liber Coloniarum où nous trouvons des informations à propos d’assignations de terres, à une époque indéterminée mais antérieure au règne de Tibère [21][21]  Lib. Col. 224, 1-5 l. : Ager Tiferinus in centuriis.... Nous pensons que l’appellation ager Tiferinus se réfère précisément au territoire de Tifernum Tiberinum, pas seulement à cause du nom, ce qui ne serait pas en soi un indice suffisant, mais surtout en rapport avec le contexte du passage du Liber qui, après avoir pris en considération l’ager Lunensis et Florentinus, cite à la suite l’ager Tiferinus, le Spellatinus et l’Amerinus, dans une liste convaincante de lieux du nord au sud [22][22] Ibid., 223-224 l.. L’empereur, donc, intervint justement parce que les lots distribués auparavant étaient en partie abandonnés. Il introduisit de nouveaux attributaires, en augmentant l’extension des terrains. Nous avons déjà démontré que la répartition en centuries de la haute vallée du Tibre a laissé des traces lisibles entre Città di Castello et Borgo Sansepolcro, précisément autour de la villa de Granius Marcellus passée aux mains de Pline [23][23] Braconi, 1999.. Dans cette vaste zone se trouvent deux toponymes « Graniano », éloignés du site de la villa et connus déjà au Moyen Âge : l’un près de Città del Castello [24][24] Dans la dîme de 1349, est attestée une Ecclesia S...., l’autre à l’extrémité nord de la vallée, près de Borgo Sansepolcro (figure 3)[25][25] Il correspond à l’actuel Gragnano près de Sansepolcro...

Figure 3 - Localités citées dans le texte (partie nord de l’Ombrie)Figure 3
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Le fait que le toponyme « Graniano/Gragnano » soit un nom rural antique est confirmé par la tabula alimentaria de Velleia où, à l’époque de Trajan, nous trouvons des fundi Graniani Afraniani[26][26] Cil, xi, 1147, 4, 5., propriétés d’un certain L. Granius Priscus, ainsi qu’un fundus Metilianus Velleianus Helvianius Granianus[27][27] Cil, xi, 1147, 6, 13., propriété d’un certain L. Pontius Priscus. Ce dernier exemple témoigne, selon nous, de la réunion dans un seul ensemble foncier de fundi à l’origine distincts [28][28] Criniti, quant à lui, estime que les différents noms.... Signalons enfin un cachet de terre cuite semblable à ceux trouvés dans les fouilles de Colle Plinio et portant l’inscription grani. Il provient d’un terrain en bordure du Tibre, dans une grande plaine. Nous avons donc aussi dans l’ager Tiferinus des lots assignés à des membres de la gens Grania, certainement avant Tibère, qui peuvent probablement se rapporter aux premières assignations qui donnèrent leurs noms aux fundi. Ajoutons enfin à nos remarques sur la persistance des noms ruraux qu’il est peu probable que nos fundi Graniani puissent être le résultat d’assignations de l’époque de Tibère, étant donné que le procès pour maiestas justement intenté par Tibère contre Granius Marcellus visait selon toute vraisemblance à réquisitionner ces propriétés déjà consolidées depuis longtemps [29][29] Tac., Ann. i, 74. Sur cet épisode, voir l’étude récente....

La présence des colons

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Il nous faut donc trouver une autre origine aux premières assignations de terres dont parle le Liber. Les caractéristiques géomorphologiques du terrain de cette partie de la Valtiberina évoquent celles de la proche « vallée ombrienne » : terres fertiles et plates bordées de collines et bien pourvues en voies d’eau navigables. De plus, selon nous, la forte densité de toponymes ruraux de claire dérivation romaine constitue un indice de la présence de colons sur le territoire de Tifernum Tiberinum[30][30] Les doutes quant à la valeur documentaire des toponymes,.... Sur ce point, le texte du cil, xi, 5936, signalé à Tifernum Tiberinum mais malheureusement perdu, nous semble significatif. Il mentionne un certain Caius Fadius C. Filii, de la tribu Lemonia, centurion de la xi e légion. C’était une légion de César qui s’était glorieusement battue à Actium, à tel point que quelques vétérans reçurent le cognomen d’« actiaci » [31][31] Keppie, 1983, p. 163 ; Passerini, 1945.. Il n’existe pas d’indices montrant qu’Auguste l’ait reformée. Sous l’empereur Claude, elle prit le titre de Claudia, qui n’apparaît pas sur notre inscription. L’absence du cognomen confirme une datation remontant à l’époque pré ou protoaugustéenne. Notre Fadius pourrait donc très bien être un vétéran de César, installé par le triumvirat, mort ou du moins honoré à Tifernum Tiberinum, bien qu’inscrit dans une autre ville. Tifernum est en effet un municipe affilié à la Clustumina et non à la Lemonia. Il est tout à fait possible que l’indication de la tribu fasse référence à la ville natale du miles, mais nous insistons sur le fait que la Lemonia est bien la tribu de Spello. Nous pouvons nous demander si la colonie de Spello n’avait pas pénétré, en plus des territoires d’Arna et de Spolète, jusqu’aux plaines fertiles de l’ager Tiferinus. Quoi qu’il en soit, ce territoire n’était séparé de celui d’Hispellum que par le petit municipe d’Arna. En effet, le territoire de Perusia, théoriquement situé entre ceux d’Arna et de Tifernum Tiberinum, fut réduit, au lendemain du bellum perusinum, à un seul mille autour de la cité [32][32] Dio Cass., xlviii, 14, 6.. Il s’ensuit que les terres mises à la disposition des triumvirs immédiatement après l’an 41 avant J. C. constituaient un immense continuum qui reliait la haute vallée du Tibre à la vallée ombrienne, précisément à la hauteur d’Arna. En substance, il nous apparaît plausible que les assignations d’ager Tiferinus qui remontent à une époque avant Tibère, rappelées par le Liber Coloniarum et dont la présence est attestée sur le terrain, datent bien de la phase postérieure au bellum perusinum. Elles sont donc contemporaines de celles de Spello [33][33] Gabba déjà estimait possible qu’Hispellum ait reçu....

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En résumant toutes ces données, on peut proposer la synthèse suivante :

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1. À l’époque de la fondation de la colonie du triumvirat de Spello, on trouve mentionné un certain Marcus Granius qui occupe la charge de duumvir quinquennal et reçoit au moins un fundus dans le territoire dépendant de la colonie : le « Gragnano » près de Foligno.

2. Dans l’ager Tiferinus, à la même époque, et en tout cas avant Tibère, nous trouvons le sénateur Marcus Granius Marcellus, propriétaire d’une grande villa avec une figlina attenante ainsi que de fundi graniani disséminés dans la vallée (selon la documentation tirée des toponymes).

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Il est plus que probable que la présence de Granius Marcellus dans l’ager Tiferinus ne soit pas due au hasard mais s’explique très bien si l’on pense à une transmission de biens au sein de cette même famille. Les toponymes « Graniano », que l’on trouve à quelques kilomètres de distance, aussi bien au nord qu’au sud de la villa de Marcellus, prouveraient l’arrivée de la famille dans la haute vallée du Tibre à l’époque de l’assignation des terrains. Le fait que Granius Marcellus, attiré dans la région par les fundi graniani hérités de son père ou de son grand-père, ait acquis d’autres terres qui étaient devenues entre-temps disponibles, est plausible. C’est ce qu’indique le Liber Coloniarum dans l’extrait rappelé précédemment. Parmi ces autres propriétés devait se trouver notre villa de San Giustino. En effet, le toponyme actuel le plus proche du site de la villa est celui de la petite agglomération de Pitigliano, connue au moins depuis le xive siècle [34][34] Par exemple dans la dîme de 1349 est évoquée l’Ecclesia.... Près de l’église de San Terenzio de Pitigliano se trouve l’église de Santa Flora construite exactement sur les ruines de la villa[35][35] Braconi, 2001.. On ne peut donc exclure dans ce cas que le premier attributaire du fundus ait été un Pitillius qui a par la suite cédé la propriété aux Granii. Du reste, comme on le pense depuis longtemps, la villa de Pline in Tuscis à proprement parler, ou plutôt la partie résidentielle de cette villa, correspond à l’agglomération actuelle de Colle (Plinio), à une distance réduite mais non négligeable (environ 400 m) de la villa de Granius Marcellus [36][36] Braconi, 1999, p. 22..

L’origine des Granii

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Essayons à présent d’établir l’origo de ces Granii qui ont fait fortune en Ombrie ou, si l’on préfère, qui se sont enrichis aussi en Ombrie.

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On a longtemps considéré que les Granii étaient originaires de Campanie et plus précisément de Puteoli, mais Giuseppe Camodeca est récemment revenu sur la question. Selon lui, Alifae constitue l’origine de la branche des Marcii Granii, parmi lesquels il compte notre Marcellus [37][37] Camodeca, 1982, p. 128 ; id, 1990 ; id, 2000, p. 104....

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En fait la lecture du nom de gens [Ae]dius sur l’inscription cil, ix, 2335 sur lequel s’appuie la reconstitution de Camodeca reste sujette à caution [38][38] Ainsi Andermahr, 1998, p. 287, n° 1, ne partage pas.... Torelli avait précédemment complété cette même inscription par [Fa]dius, s’appuyant entre autres sur l’expansion de cette famille dans la région d’Alife [39][39] Torelli, 1982, p. 179-180.. Sur ce point, il est difficile de ne pas penser au Caius Fadius, de la xie légion, que nous avons croisé à Tifernum.

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La reconstitution de Camodeca nous semble de loin la plus convaincante. Le chercheur se sert de la fréquence du prénom Marcus pour en déduire que les Marcii Granii sont originaires d’Alife. Il montre qu’on ne rencontre ce prénom ni à Puteoli, ni dans toute la Campanie [40][40] Camodeca, 1990, p. 129..

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Quel que soit le lieu d’origine de la branche des Marcii Granii, il nous semble de toute façon que leur présence à Alifae est, en l’état actuel des recherches, la mieux documentée. Rappelons toutefois que Marcus est le prénom du Granius de Spello et probablement de son père. Il est possible alors d’avancer l’hypothèse qu’un des Marcii Granii d’Alifae a réussi à faire fortune également en Ombrie où il a jeté les bases économiques de l’ascension de la famille au rang sénatorial. Les indices qui montrent que le Marcus Granius duovir quinquennalis de Spello était un ascendant de Marcus Granius Marcellus, propriétaire terrien de l’ager Tiferinus, sont en effet nombreux.

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Il est d’ailleurs peu surprenant qu’un Marcus Granius, originaire d’Alifae, ait été récompensé par les triumvirs et ait reçu des terres dans la colonie d’Hispellum. Nous avons évoqué un Fadius à Tifernum et vu également que les Fadii aussi sont largement attestés et viennent sans doute d’Alifae.

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On pourrait proposer d’autres rapprochements. Nous en mentionnerons un qui nous semble particulièrement significatif : le Caius Alfius Rufus duovir quinquennalis in municipio suo Casino, devenu citoyen d’Hispellum, est bien inscrit dans la Lemonia, où il a occupé la fonction de duovir quinquennalis et où il est mort [41][41] Cil, xi, 5278.. L’origine de cet Alfius semble clairement être Casinate mais certains penchent plutôt à nouveau pour Alifae[42][42] Licordari, 1985, p. 25, tableau récapitulatif p. 52 ;.... À ce moment de notre démonstration, rappelons également le Pontius Alifanus, ami et correspondant de Pline le Jeune [43][43] Plin., epist.,. v, 14 ; vi, 28 ; vi, 4. et signalons que la gens Pontia est également attestée à Spello [44][44] Cil , xi, 5333. Pontius Alifanus est mentionné par..., en plus d’être indiquée comme propriétaire des fundi graniani de Velleia, ainsi que nous l’avons dit précédemment. Il est vrai que dans certains cas les attestations des gentes dans les colonies triumvirales d’Alifae et d’Hispellum peuvent être fortuites, de même que peut l’être la présence à Termini Imerese, autre colonie du triumvirat, d’un Marcus Granius Dexter [45][45] Cil, x, 7407. et d’un patron de Spello, M. Acilius Rufus, cos. designatus de 107 [46][46] Cil, x, 7344. À propos de ces inscriptions, voir Bivona,.... Ces correspondances peuvent du reste facilement s’expliquer justement par la fondation de la colonie qui, on le sait, à l’époque qui nous intéresse, avait tendance à regrouper d’ex-compagnons d’armes sur les mêmes terres [47][47] Tac., Ann., xiv, 27. Voir aussi Aubrion, 1990. Le passage.... Il nous semble pouvoir en déduire que les Marcii Granii ont agrandi leurs propriétés d’Ombrie en achetant des terres bon marché dans l’ager Tiferinus, tout en conservant des intérêts dans leurs terres d’origines, comme le prouve le mariage de la sœur de Granius Marcellus avec Aedius (ou Faedius) d’Alife [48][48] Camodeca, 1990, avec arbre récapitulatif p. 143, tableau....

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Nous pensons qu’un Marcus Granius, venu d’Alife, a été à l’origine de l’ascension de sa famille en entrant dans l’élite de la colonie de Spello. Il a fait fortune en distribuant les terres qu’il avait probablement contribué à exproprier en tant que militaire appartenant au camp des vainqueurs du bellum perusinum. Ces importantes possessions initiales, réparties en différents fundi disséminés entre la « Vallée ombrienne » et l’ager Tiferinus, ont été reçues en héritage et probablement agrandies par Marcus Granius Marcellus, au point de lui permettre d’entrer au Sénat. Si notre analyse est juste, les nombreuses propriétés des Granii en Ombrie, surtout celles de l’ager Tiferinus, ont dû attirer la convoitise de Tibère, précisément au moment de son intervention intéressée rappelée par le Liber Coloniarum. On sait d’ailleurs que la pulchritudo iungendi, déjà avant Pline le Jeune, avait de nombreux amateurs. Parmi eux, les Marcii Granii d’Ombrie, au moins jusqu’à l’entrée en scène du plus insidieux de tous : le princeps.

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Pour terminer, nous voudrions attirer l’attention sur la grande inscription fragmentaire de Spello, cil , xi, 5272, où est mentionné un personnage qui a eu la curatelle du Tibre et a été proconsul de Bithynie. Si, comme l’indiquait déjà Bormann dans son commentaire de l’édition du Corpus, ce personnage, honoré pour un acte de bienfaisance envers la ville, est bien Pline le Jeune, nous aurions la preuve que ses intérêts économiques ont touché aussi la région de l’ager « Spellatinus ». Ce serait un témoignage supplémentaire du lien qui semble unir les Granii aux Plinii et qui a permis à Gamurrini d’avancer l’hypothèse que Granius Marcellus était un ancêtre maternel de Pline le Jeune [49][49] Gamurrini, 1990. Sur la question du transfert de propriété....


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  • Parma, Aniello, « Note di epigrafia alifana », in Di Cosmo, L., et Villucci, A. M., (éd.), Il territorio alifano. Archeologia e storia. Atti del Convegno di S. Angelo d’Alife, 26 aprile 1987, Scauri, 1990, p. 103-121.
  • Passerini, Augusto, « Legio », in Dizionario Epigrafico, vol iv, parte ii, Roma 1945-1985.
  • Pellegrini, Giovan Battista, « Osservazioni di toponomastica umbra. (Il filone dei nomi locali prediali) », I Dialetti dell’Italia mediana con particolare riguardo alla regione umbra, Atti del v Convegno di Studi Umbri, Bubbio, 28 maggio-1 giugno 1967, Perugia, 1970, p. 171-234.
  • Ponsi, Laura, « Introduzione storico-topografica », in Braconi et Uroz Sàez, 1999, p. 9-17.
  • Sella, Pietro, Rationes Decimarum Italiae nei secoli xiii e xiv. Umbria, Città del Vaticano, 1952.
  • Sisani, Simone, « Lucius Falius Tinia primo quattuorviro del municipio di Hispellum », Athenaeum, à paraître.
  • Tagliaferri, Amelio, Romani e non romani nell’alta Valtiberina. Da una ricerca archeologica « di superficie », Udine, 1991.
  • Todisco, Elisabetta, I veterani in Italia in età imperiale, Bari, 1999.
  • Torelli, Mario, « Ascesa al Senato e rapporti con i territori d’origine. Italia: regio iv (Samnium) », Epigrafia e ordine senatorio, Atti del colloquio internazionale aiegl , Roma 14-20 maggio 1981, Roma, 1982, vol. ii, p. 165-199.
  • Uroz Sàez, Josè, « I bolli laterizi », in Braconi et Uroz Sàez, 1999 a, p. 43-50 ;
  • —, « Domini e proprietà agraria », in Braconi et Uroz Sàez, 1999 b, p. 191-200.
  • Vermiglioni, Giovan Battista, Antiche Iscrizioni Perugine, vol. i, Perugia, 1833.
  • Wiseman, Timothy Peter, New Men in the Roman Senate, 139 B.C-A.D. 14, Oxford, 1971.

Notes

[*]

Università degli Studi di Perugia, Dipartimento di Studi Storico-Artistici, Via Armonica, 3, 06123 Perugia, Italie.

[1]

Braconi et Uroz Sàez, 1998.

[2]

À propos de ces cachets, voir Uroz Sàez, 1999 a.

[3]

Braconi et Uroz Sàez, 2001.

[4]

Coarelli, 2002 ; Sisani, sans date.

[5]

Cil , xi, 5264 : m. granius sex. lollius. ii. vir./ quin. signum. et. basim. veneris./ ex.d.d.f.c. eidemque. prob.

[6]

En réalité on l’a retrouvée avec le pavement de mosaïque du sanctuaire. Des fouilles récentes ont mis au jour le sanctuaire, la mosaïque, mais pas l’inscription : Manconi, 1998, p. 248 et suiv., fig. 13-15.

[7]

Vermiglioni, 1833, p. 363-364, affirme qu’il s’agissait d’« un marbre », ce qui permettrait de mieux expliquer le transfert de l’épigraphe de Spello à Pérouse au xvie siècle.

[8]

Manconi, Camerieri, et Cruciani, 1996.

[9]

Keppie, 1983, p. 177-179 ; Gabba, 1986 ; Ciotti, 1943-45.

[10]

Manconi, Camerieri, et Cruciani, 1996, p. 415.

[11]

Ibid., p. 411-412, 417 et suiv.

[12]

Sur ce point, voir l’étude récente de Coarelli, 2001, p. 45.

[13]

Coarelli aussi estime qu’ils ont été parmi les premiers magistrats de la colonie : ibid., p. 43.

[14]

Sur le rôle de Spello en Ombrie : ibid., p. 43 ; Sisani, sans date.

[15]

Manconi, Camerieri, et Cruciani, 1996, p. 406, n. 102. Le toponyme Grignano près de la Villa se trouvant rue Baldini à Spello, assimilé par ces auteurs au Gragnano de Foligno, pourrait en fait, selon Pellegrini, faire référence à un Agrinius : Pellegrini, 1967, p. 207-208.

[16]

À propos de la pratique d’assignation des lots : Moatti, 1993, en particulier le chapitre ii, p. 31-48. Voir également Keppie, 1983, p. 97, n. 78, où l’on cite aussi le cas de S. Andrea di Agliano évoqué à la note 30.

[17]

Cil, xi, 5291.

[18]

Plin., Epist. viii, 8.

[19]

Ig. Grom., De lim. Const., i, 178-179 l.

[20]

Cil, iii, p. 882, n° 40.

[21]

Lib. Col. 224, 1-5 l. : Ager Tiferinus in centuriis fuit assignatus. Postea iussu imp. Tiberi Caesaris, quis prout occupavet miles, deficientibus, aliis paucioribus est adsignatus […].

[22]

Ibid., 223-224 l.

[23]

Braconi, 1999.

[24]

Dans la dîme de 1349, est attestée une Ecclesia S. Marie de Graniano, liée à la paroisse extra-urbaine de Città di Castello (De plebatu Civitatis de foris) : Sella, 1952, p. 21, n° 632.

[25]

Il correspond à l’actuel Gragnano près de Sansepolcro (province d’Arezzo).

[26]

Cil, xi, 1147, 4, 5.

[27]

Cil, xi, 1147, 6, 13.

[28]

Criniti, quant à lui, estime que les différents noms d’un seul fundus en reflètent les changements de propriétaires successifs : Criniti, 1991, p. 247-248.

[29]

Tac., Ann. i, 74. Sur cet épisode, voir l’étude récente de Uroz Sàez, 1999 b.

[30]

Les doutes quant à la valeur documentaire des toponymes, exprimés à l’occasion de cette intervention par Jean Andreau, peuvent être partagés globalement quand les noms de lieu n’ont pas fait l’objet d’une reconnaissance et d’une vérification sur place. Il n’en est pas ainsi dans notre exemple car la présence d’implantations romaines dans les lieux pris en considération ou dans leurs abords immédiats ajoute, d’après nous, une force documentaire au nom rural, surtout si les patronymes, comme dans le cas de Granius, possèdent également une confirmation épigraphique dans le même territoire. Le cas cil, xi, 1933 est tout aussi exemplaire. Il s’agit de la stèle du colon et ex légionnaire Allius, enterré à S. Angelo d’Agliano (Allianus) entre Pérouse et Spello. À propos de la présence de matériel archéologique à Gragnano di Sansepolcro et dans d’autres nombreux sites de la zone ayant un toponyme avec une désinence en « ano » : Tagliaferri, 1991, en particulier, pour Gragnano, p. 133.

[31]

Keppie, 1983, p. 163 ; Passerini, 1945.

[32]

Dio Cass., xlviii, 14, 6.

[33]

Gabba déjà estimait possible qu’Hispellum ait reçu une partie du territoire pris à Pérouse : Gabba, 1986, p. 208. D’ailleurs, en acceptant les remarques de cet auteur, on ne voit pas d’autres occasions d’une répartition en centuries du territoire de Tifernum Tiberinum avant l’époque du triumvirat : ibid., p. 205 et suiv.

[34]

Par exemple dans la dîme de 1349 est évoquée l’Ecclesia S. Flore de Pitiliano.

[35]

Braconi, 2001.

[36]

Braconi, 1999, p. 22.

[37]

Camodeca, 1982, p. 128 ; id, 1990 ; id, 2000, p. 104 et suiv.

[38]

Ainsi Andermahr, 1998, p. 287, n° 1, ne partage pas cet avis.

[39]

Torelli, 1982, p. 179-180.

[40]

Camodeca, 1990, p. 129.

[41]

Cil, xi, 5278.

[42]

Licordari, 1985, p. 25, tableau récapitulatif p. 52 ; Wiseman, 1971, p. 211, n. 20.

[43]

Plin., epist.,. v, 14 ; vi, 28 ; vi, 4.

[44]

Cil , xi, 5333. Pontius Alifanus est mentionné par Camodeca, 1990, p. 141, comme représentant de l’unique famille sénatoriale d’Alife, les Pontii, qui vivait encore à l’époque de Trajan.

[45]

Cil, x, 7407.

[46]

Cil, x, 7344. À propos de ces inscriptions, voir Bivona, 1981, pour qui les Granii de Termini étaient originaires d’Afrique.

[47]

Tac., Ann., xiv, 27. Voir aussi Aubrion, 1990. Le passage est commenté également par Todisco, 1999, p. 226-227.

[48]

Camodeca, 1990, avec arbre récapitulatif p. 143, tableau ii. Voir aussi Parma, 1990.

[49]

Gamurrini, 1990. Sur la question du transfert de propriété des Granii aux Plinii : Uroz Sàez, 1998 b.

Résumé

Français

Nous avançons l’hypothèse que la propriété des Granii dans la haute vallée du Tibre a été fondée par Marcus Granius, duumvir quinquennal de la colonie triumvirale d’Hispellum. Nous proposons en effet d’identifier ce personnage comme étant l’ancêtre de Marcus Granius Marcellus (proconsul de Bithynie en 14-15), que les cachets des terres cuites indiquent comme le propriétaire de la villa de San Giustino qui a fait partie plus tard des biens de Pline le Jeune in Tucsis.

Mots-clés

  • gens Grania
  • Ombrie
  • Pline le Jeune
  • Tibère

English

This article puts forward the hypothesis that the Granii estate in the higher Tiber valley was founded by Marcus Granius, quinquennial duumvir of the triumviral colony of Hispellum. Indeed, we suggest that this founder was an ancestor of Marcus Granius Marcellus, proconsul in Bithynia, whom terracota seals show as the owner of the San Giustino villa, later part of Pliny the Younger’s properties in Tucsis.

Keywords

  • gens Grania
  • Pliny the Younger
  • Tiberius
  • Umbria

Plan de l'article

  1. Marcus Granius Marcellus…
  2. … et sa famille
  3. En remontant le Tibre
  4. La présence des colons
  5. L’origine des Granii

Pour citer cet article

Braconi Paolo, « Les premiers propriétaires De la villa de Pline le Jeune in Tuscis », Histoire & Sociétés Rurales, 1/2003 (Vol. 19), p. 37-50.

URL : http://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2003-1-page-37.htm


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