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Histoire & Sociétés Rurales

2003/1 (Vol. 19)


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Depuis une génération les études sur les femmes ont précisé leur rôle dans la société, divers aspects de leur vie privée, familiale ou intime, mais des domaines résistent encore à l’analyse, notamment leur place et leur action dans le domaine économique faute d’une documentation qui ne privilégie guère ce type d’information, en particulier dans les provinces africaines [1][1] De nombreuses études ont été publiées depuis une vingtaine....

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Des épitaphes indiquent une activité rémunérée comme celle de sage femme – ainsi, à Thagaste, Caelia Victoria fut qualifiée d’obstetrix rarissima –, de médecin ou de paedagoga[2][2] Inscription latines d’Algérie, abrégé désormais : ilalg.,.... Une Urbanilla a été la compagne et l’associée de son époux [3][3] cil, viii, 152.. Mais, comme il est d’usage dans la société romaine, la plupart des qualificatifs figurant sur ces documents insistent sur les vertus traditionnelles, essentiellement domestiques, que les hommes attendaient de leurs épouses, sœurs et mères : ainsi Postumia Matronilla est-elle louée pour avoir été une laboriosa, efficaxs totius industriae matrona[4][4] cil, viii, 11294..

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Mais cela ne renseigne guère sur leur fortune, que l’on doit supposer médiocre. Il faut recourir à d’autres sources, épigraphiques, archéologiques ou littéraires, pour tenter de définir les biens que des femmes issues de l’aristocratie sénatoriale, municipale ou d’un milieu plus modeste possédaient en Afrique et la manière dont elles les géraient. Avec des sources dispersées et fragmentaires, il ne pouvait donc s’agir ici que de proposer quelques remarques à propos des biens ou des fortunes des femmes en Afrique durant le Haut-Empire, sans prétendre dresser un tableau général ou envisager ici une quelconque particularité des provinces africaines par rapport aux autres provinces de l’empire.

De quelques propriétés

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L’épigraphie africaine fournit quelques indications directes permettant de savoir si une femme était propriétaire de domaines, ou indirectes dans la mesure où l’on peut supposer que la femme possédait des biens fonciers. Juridiquement, rien n’interdisait aux femmes de posséder des terres [5][5] Seules sont considérées les femmes de statut romain,.... Mariées sine manu, c’est-à-dire en conservant leur lien d’agnation avec leur famille sans passer sous le contrôle de leur mari, elles héritaient des biens paternels au même titre que leurs frères.

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La seule restriction importante, qui fut appliquée jusqu’à la fin de la République, résultait de la lex Voconia de 169 avant J.-C., qui limitait le droit pour les femmes riches à hériter. Cependant, cette loi fut tournée probablement dès l’époque d’Auguste, notamment grâce à l’utilisation de fideicommis. Il n’existait pas de communauté des biens entre les époux et la séparation des biens dans le couple reste stricte. Sous l’Empire, rien ne semblait réellement s’opposer à ce que les femmes jouissent d’une grande indépendance et des mêmes droits que leurs époux. Toutefois, la mère ne transmettait ses biens à ses enfants que si elle avait rédigé un testament en leur faveur.

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Parmi les attestations de propriété, figure la borne séparant les domaines de Valeria Atticilla, vers Kelaa es-Senam, des terres des Musulames, tribu située dans une zone comprise entre Madaure et Théveste [6][6] Inscriptions latines de Tunisie, désormais abrégé :.... Ayant déjà fait l’objet de bornages au début du règne de Trajan en 100-101, les terres de la tribu sont délimitées de nouveau par le légat L. Minicius Natalis en 105 [7][7] ilalg., i, 2930, avec le légat L. Munatius Gallus en.... Le domaine de Valeria Atticilla semble plus ou moins imbriqué à l’intérieur de celles-ci. Une autre borne, située sur le territoire d’Utique, aurait séparé les horti d’une Flavia Faustiniana (?) de ceux de Sabinus Munianus [8][8] cil, viii, 14313.. Dans la région de l’oued Khaled, non loin d’Aïn Djemala, une très courte inscription indiquerait, selon la restitution proposée, les praedia d’une clarissima femina dont le nom commence par B [9][9] iltun., 1321 = cil, viii, 25944 : pbcf développé en....

La Numidie

La région de Cirta

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Plusieurs femmes, souvent de rang sénatorial ou équestre, apparaissent dans la région de Cirta. À Aïn Mechira, entre Cirta et Diana Veteranorum, une inscription rappelle qu’Antonia Saturnina a fondé ou établi un vicus et des nundinae[10][10] cil, viii, 8280 = ils 6869 ; cf cil, viii, 20072 +.... Elle était mariée à C. Arrius Pacatus, qui a financé la construction de thermes [11][11] cil, viii, 7030-7031 = ilalg., ii, 614-615 ; parent.... Les Antonini possédaient de vastes praedia dans la région de Kef Tazrout, voisins de ceux des Arrii et les deux familles ont été réunies à cette époque par un double mariage, bon exemple d’une stratégie familiale destinée au regroupement de vastes domaines.

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Ami de L. Antistius Burrus, beau-frère de Commode, dont la famille possédait aussi de vastes domaines dans la région [12][12] Bertrandy, 1991., C. Arrius Antoninus, parent de C. Arrius Pacatus et de l’empereur Antonin le Pieux, favorisé par Marc Aurèle obtint le consulat en 173. Il fut condamné par l’empereur en même temps que Burrus, probablement pendant l’hiver 189-190 [13][13] sha, u. Pert., 3, 7.. Sa femme, Calpurnia Quadratilla, a été honorée à Thamugadi[14][14] cil, viii, 2390..

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À Aïn-el-Tin entre Cirta et Milev, Caelia Maxima, clarissima femina, possédait de vastes praedia. Un texte mentionne la construction de tours par son esclave Numidius pour protéger le saltus d’un quelconque danger [15][15] cil, viii, 19328 = ils 6020. Il est probable que Pompeia.... À El Aria, entre Cirta et Thibilis, une certaine Maritima est qualifiée de domina d’un domaine, le saltus Bagatensis, où elle institua des marchés conjointement avec son époux, M. Paccius Victor Rufinus. Les Paccii appartenaient à une famille de rang équestre de Thubursicu Numidarum où, probablement, un de leur fils, Fortunatus, âgé de 36 ans, désigné comme chevalier, a parcouru tous les honneurs [16][16] ilalg., i, 1349.. Dans la même cité, mais non d’origine équestre, Q. Vetidius Iuvenalis se marie avec Gellia Honorata, fille de sa cousine germaine, peut-être pour mettre en commun leurs terres [17][17] ilalg, i, 1362. Voir Lassère, 1974, p. 323..

Lamasba

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À Lamasba en Numidie, à 40 km environ au nord-ouest de Lambèse, on a retrouvé le fragment d’une inscription destinée à rappeler un règlement d’irrigation datant du règne d’Élagabal [18][18] cil, viii, 18587. Voir notamment Pavis d’Escurac, .... Lamasba a accueilli des vétérans, trois (ou quatre) sont explicitement indiqués comme tels, et la communauté a sans doute été promue au rang de municipe sous le règne de Caracalla [19][19] Gascou, p. 260-261, pour le statut de la ville.. Le texte du règlement, incomplet, se développait sur plusieurs colonnes. Dans l’état actuel, il fournit 56 noms, qui correspondent probablement à 52 personnes : 9 sont des femmes.

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On a noté la proximité des parcelles dont les propriétaires portent le même gentilice. Ainsi dans la colonne i figurent les uns à la suite des autres quatre Marii. Le premier Marius Saturninus est décédé et c’est son héritier qui intervient. Viennent ensuite une parcelle affectée à Maria Satura (150 kapita), puis une à Maria Donatula (100 kapita), enfin un Marius Felix. Un cinquième Marius se retrouve un peu plus loin. Un cas similaire se présente dans la colonne ii. Le terrain de Germania Castula (803 kapita) est situé à côté de ceux de Germanius Petronianus, Germanius Dentilianus et Germanius Valentinus, ce dernier figurant une autre fois dans la colonne iv, à côté d’un Germanius Valens et d’un héritier de Germanius Petronianus (le même que celui qui est mentionné dans la colonne ii ?). Quelques noms rappellent l’origine de cette propriété, ainsi Steminia Aemerita dont le cognomen vient très certainement de l’éméritat d’un de ses ascendants [20][20] C’est vraisemblablement aussi ce qui s’est passé pour.... Quelle que soit exactement la valeur du kaput, il faut penser à des superficies de taille moyenne. Mais peu de ces propriétaires devaient cultiver la terre de leurs mains [21][21] Lassère, 1974, p. 346.. Les gromatici veteres laissent entendre que la taille usuelle des lots augmente après la mort de César, et que, sous le Haut-Empire, elle était comprise entre 50 et 66 1/3 jugères soit un quart ou un tiers de centurie [22][22] À Orange, les lots auraient été répartis en deux catégories,....

Des femmes évergètes et fortunées

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La deuxième source d’informations sur la richesse de ces femmes, très indirecte, est constituée par les diverses mentions rappelant les évergésies, avec, en arrière-plan, la question de l’origine de la richesse dépensée. L’indication d’un terrain donné par la bienfaitrice figure parfois, ou le montant de la donation, mais beaucoup d’inscriptions sont dédiées ob merita eius. Plus sûrement, l’expression ob liberalitatem indique qu’au-delà de la considération que les contemporains portaient aux mérites de la personne en question, cette dernière disposait d’une réelle fortune.

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Certaines paraissent économes de leurs deniers, telle Clodia Macrina, de rang clarissime, peut-être parente d’un chevalier nommé Clodius Secundus, qui exécuta les promesses faites mais non honorées de deux de ses parents qui avaient exercé des fonctions à Muzuc [23][23] cil, viii, 12058 ; Groag, re, s. v. Clodius, n° 71 ;.... Comparée à une fortune sénatoriale, la dépense finale, 12 000 sesterces, est plutôt réduite. D’autres n’obtempérèrent que sous la contrainte telle Manlia Macrina de Sabratha qui ne voulait pas exécuter les volontés de sa fille, Anicia Pudentilla, mentionnées dans un codicille du testament, d’offrir deux colosses à la cité pour une somme de 30 000 sesterces. Il fallut l’intervention du légat Bruttius Praesens en 166-167 pour qu’elle s’y résignât [24][24] irt (The Inscriptions of Roman Tripolitania), 22. :.... Annia Cara de Thamugadi en Numidie finit par exécuter les volontés testamentaires de l’ami de son père, mais il semble, là aussi, qu’elle ne l’ait pas fait de gaîté de cœur [25][25] cil, viii, 17831 : Jacques, 1975, p. 177-178. C’est....

Les flaminiques

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Une soixantaine de flaminiques ont été identifiées en Afrique Proconsulaire et en Numidie pour environ trois cents flamines [26][26] Ladjimi-Sebaï, 1990.. Le flaminicat, signe d’appartenance à l’élite locale, est l’unique occasion pour les femmes de faire preuve de générosité ob honorem, tandis que leurs conjoints peuvent détenir plusieurs fonctions. Parmi ces flaminiques, une dizaine ne sont identifiées que par quelques lettres ou une épitaphe avec la simple mention du sacerdoce et, parfois, l’âge [27][27] Deux d’entre elles sont inscrites sur le grand mausolée.... Quelques unes apparaissent grâce à leur père ou à leur époux : ainsi le père de Quinta à Sutunurca promet ob honorem flaminicatus de sa fille une statue pour 4 000 sesterces. Iunia Saturnina procéda avec son époux à la dédicace du Capitole de Numlulis et Gargilia Fortunata érigea une statue en l’honneur de son mari à Segermes. Il en fut de même pour Valeria Paulina à Gigthis[28][28] cil, viii, 22739 = iltun, 42. et Auteia Adauta à Thagura[29][29] ae, 1935, 39.. À Thuburnica, Caninia Tertia, mère et épouse de flamine, appartenait à une famille de propriétaires fonciers [30][30] ae, 1951, 81.. Tout ceci entrait dans le jeu bien connu des stratégies familiales et sociales [31][31] Navarro Caballero, 2001, pour l’Hispanie.. Il est évident que ces femmes possédaient une assise financière solide et tentaient de consolider ou de promouvoir le rang social de leur famille, mais il n’est guère possible d’en savoir plus sur leurs biens personnels.

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Avec les flaminiques de Cirta, il est possible de préciser le niveau de fortune, qui était équivalent au moins à celui du cens équestre [32][32] Bien qu’il soit impossible d’affirmer que c’est effectivement.... En 42-43, la première flaminique connue, Coelia Valeria Potita offrit un monument que H.-G. Pflaum avait défini comme une statue, mais qui devait être un peu plus conséquent, car la description parle d’un fragment d’entablement d’une largeur de 2 m au moins [33][33] ilalg., ii, 550, peu de temps après la divinisation.... Une autre, Clodia Vitosa Tertullina, flaminique des quatre colonies – c’est-à-dire Cirta, Milev, Rusicade et Chullu – était cousine d’un chevalier [34][34] cil, viii, 18912 = ils 6856 ; ilalg ii, 2, 4686..

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Ces femmes possédaient une solide fortune, prouvée par le montant élevé des sommes honoraires qu’exigeait l’obtention des magistratures et sacerdoces de la cité. Par comparaison avec le montant des sommes honoraires dues pour les autres fonctions, il faut estimer celui du flaminicat selon toute probabilité à 20 000 sesterces [35][35] Presque toutes les sommes honoraires connues sont de.... Si l’on admet à la suite d’autres savants que, pour ne pas amputer la fortune, la somme honoraire ne doit pas dépasser le revenu d’une année ramené à celui que procureraient des terres, soit 5 ou 6 % du capital, la fortune minimale exigée aurait été de 400 000 sesterces, équivalente au cens équestre, quatre fois plus que le cens exigé à Côme, la patrie de Pline [36][36] Voir le dossier dans Jacques, 1984, p. 528-535.. Des biens autres que fonciers intervenait sans doute dans la composition de la fortune, mais une solide assise terrienne était indispensable.

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Parmi les flaminiques, plusieurs furent qualifiées d’honestae feminae[37][37] Ben Abdallah, 1977.. À Ammaedara, Flavia fut remerciée pour ses mérites et sa singularem munificentiam envers l’ordo et le populus. Il faut souligner l’importance d’un hommage de la cité faisant référence aux libéralités, ob munificentiam, ob liberalitatem, surtout lorsque le terme est assorti d’indications complémentaires : l’épithète assiduam ou l’expression frequentem indiquent des dépenses dépassant nettement le paiement de la simple somme honoraire.

Les flaminiques de Thugga

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i>Une autre, Asicia Victoria, nous fait aborder l’épigraphie de Thugga qui se distingue par l’abondance des textes. La cité, située dans la pertica de Carthage, était composée jusqu’au début du iiie siècle d’un pagus de citoyens romains et d’une ciuitas regroupant les indigènes. Sur les neuf flaminiques identifiées, sept d’entre elles manifestèrent leur générosité envers la cité.

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Chronologiquement, la première fut Licinia Prisca, affranchie de M. Licinius Rufus, chevalier dont la famille était présente à Thugga depuis les débuts de l’installation des colons sous Auguste puisque son aïeule, Viria Rustica, avait déjà fait preuve de générosité. Pendant le règne de Claude, Licinia Prisca fit construire un temple à Fortune, Vénus et Concorde. Il faut souligner son statut d’affranchie, car elle semble la seule flaminique d’origine servile connue en Afrique à ce jour. Cette exception reflète sans doute la trace du bouleversement des structures sociales et politiques consécutif à la conquête. Normalement, Licinia Prisca n’aurait pas dû accéder à un tel honneur, mais il est probable que ses concitoyens passèrent sur son origine servile en raison de l’importance de sa fortune ou de celle de son époux. À partir du règne d’Hadrien, une flaminique se distingua à chaque génération. À l’occasion du flaminicat de Maedia Lentula, Q. Maedius Severus, son père, patron du pagus et de la ciuitas, donna 70 000 sesterces pour un sanctuaire dédié à la Fortune, Vénus, la Concorde et Mercure [38][38] cil, viii, 26471 = iltun, 1392.. Sous Antonin, la flaminique Iulia Paula Laenatiana dédicaça un monument à Minerve et fit distribuer un repas et des sportules [39][39] cil, viii, 26525 = ilafr., 522 et cil, viii, 26490.... En 173, Nanneia Instania Fida fit ériger pour 30 000 sesterces deux statues colossales, une de Marc Aurèle l’autre de L. Verus décédé [40][40] cil, viii, 26529 = iltun, 1406.. Sous Commode, Nahania Victoria, Pacuvius Saturus, son mari, et Quintus, leur fils, construisirent le temple de Mercure, et aménagèrent un portique et la place du marché [41][41]  cil, viii, 26482 ; ilafr., 516 ; cil, viii, 26485 ;.... À la fin du iie siècle et au début du iiie, au moment où Septime Sévère accorda le droit municipal à Thugga, Asicia Victoria, joua un rôle de premier plan. Elle donna 20 000 sesterces pour décorer des bâtiments et institua une fondation de 100 000 sesterces en l’honneur du flaminicat de sa fille Vibia Asiciane, fondation dont les intérêts devaient servir à distribuer des sportules [42][42] cil, viii, 26590-26591 ; Khanoussi et Maurin, 2000,.... Or Asicia Victoria ne songeait certainement pas à amputer son capital puisqu’elle assurait l’avenir social de sa fille et qu’elle eut un petit-fils, Minervianus [43][43] cil, viii, 26492 ; Khanoussi et Maurin, 2000, n° 7....

D’autres grandes dames

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Outre les flaminiques, d’autres femmes intervinrent à Thugga, notamment celles de la gens Gabinia. Cette famille a marqué l’histoire de la cité pendant deux siècles et on a retrouvé 29 inscriptions au moins, mentionnant en tout 25 membres de cette gens[44][44] Brouquier-Redde et Saint-Amans, in Khanoussi et Maurin,....

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La plus ancienne, sous le règne de Claude, fut Gabinia Felicula, épouse de Iulius Venustus, sufète, belle-fille et belle sœur de sufètes, seule femme à être associée aux hommes de sa famille [45][45] Sa présence dans l’inscription serait-elle une preuve.... Sous Antonin, Gabinia Beata, son époux A. Gabinius Datus, et leur fils, M. Gabinius Bassus, firent construire à leurs frais un vaste ensemble cultuel dédié à la Concorde, Frugifer et Liber Pater sur un de leurs terrains. Ils avaient promis 50 000 sesterces, la somme fut augmentée [46][46] Père et fils sont inscrits dans la tribu Quirina et.... Gabinia Beata est probablement mentionnée sur une stèle funéraire de belle qualité située dans les propriétés familiales, à 2 km à l’ouest de la ville [47][47] iltun., 1511 ; ae, 1963, 94 ; Khanoussi et Maurin,.... En 214, Gabinia Hermiona offrit sur des terrains lui appartenant un emplacement pour le cirque ad voluptatem populi. Trois des terres possédées par les Gabinii ont été localisées. Outre le domaine situé à quelque distance de la ville, le cirque est situé sur le plateau qui a été entaillé par les carrières et qui jouxte la ville. Il se distingue bien encore aujourd’hui dans le paysage. Le troisième, celui du temple, est à l’intérieur même de Thugga. Une dernière femme de cette vaste famille, Gabinia Venustia (?) est mentionnée comme évergète durant le règne de Sévère Alexandre [48][48] cil, viii, 26458 ; ilafr., 514. Le texte est très ....

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Deux flaminiques méritent encore d’être citées. Probablement pendant le règne de Septime Sévère, Annia Aelia Restituta offrit à sa cité de Calama un somptueux cadeau, un théâtre pour un montant de 400 000 sesterces, soit l’équivalent du cens équestre [49][49]  ilalg., i, 286 ; aaa, 9, 146, 3, p. 19.. Quant à Cornelia Valentina de Thamugadi, épouse de M. Plotius Faustus, dit Sertius, flamine perpétuel de la cité et chevalier, elle nous met en présence d’un des rares cas où on peut percevoir une source de revenus autre que la terre [50][50] cil, viii, 2394-2399 ; 17904-17905.. Le couple, qui possédait des propriétés dans la colonie, fit bâtir à ses frais un nouveau marché. À côté de ce dernier, ils firent édifier sur un terrain de 75 m sur 36 la plus luxueuse maison de Timgad, maison à laquelle sont adossées des boutiques dont la location augmentait leurs revenus [51][51] Pour une description succincte : Courtois, 1951, p....

Æmilia Pudentilla

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Dans le naufrage des sources littéraires concernant l’Afrique sous le Haut-Empire, il faut saluer le hasard, dû probablement à la qualité de l’ouvrage en même temps qu’à la réputation de l’auteur, qui a permis de conserver l’Apologie ou le De la magie d’Apulée. En traduisant le rhéteur africain devant le tribunal du proconsul Claudius Maximus à Sabratha en 157-158, ses ennemis contribuèrent involontairement à léguer à la postérité d’utiles informations. Accusé d’avoir séduit Pudentilla, la veuve la plus intéressante financièrement d’Oea, ville située en Tripolitaine, par des artifices magiques, Apulée se défendit en montrant, chiffres à l’appui, combien il bénéficiait peu de la fortune de sa femme qui, confirma-t-il, était une locuples femina ou une locupletissima femina[52][52] Respectivement Apol., xcii, 3 et xci, 7.. Il est possible que Pudentilla ait été parente de L. Aemilius Frontinus, consul suffect entre 164 et 168, proconsul d’Asie sous Commode [53][53] irt 230, texte daté de 182-185 : Corbier, 1982, p...., dont un texte lacunaire rappelle les donations à la cité, construction d’un temple dédié au Génie de la colonie, travaux effectués sous la direction de son frère, Sulla, legs d’un million de sesterces, destiné à offrir des sportules aux citoyens, des jeux et une autre prestation non identifiée. Apulée estimait la fortune de Pudentilla à 4 millions de sesterces [54][54] Et sans doute plus, Apol., lxxi, 6. Cf aussi : Pavis.... Lors de son premier mariage, sa femme avait apporté une dot de 300 000 sesterces [55][55] Apol., xcii, 3.. Cette fortune se composait d’argent (pecunia), d’esclaves (mancipia), parmi lesquels elle en donna à ses enfants 400, de domaines sur lesquels poussaient du blé, de l’orge, de la vigne, des oliviers, d’une domus confortable avec vue sur mer à Oea, de villae[56][56] Apol., xciii, 4, ibid., lxxii, 6.. Pudentilla avait aussi des terrains (agri) situés à 100 milles du domaine principal [57][57] Apol., xliv, 6..

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Elle gérait ses biens seule et avec compétence, même si elle dut demander le consentement d’un tuteur pour acquérir un herediolum, qualifié quelques lignes plus loin d’agellum, d’un montant de 60 000 sesterces [58][58] Apol., ci, 5.. Elle vérifiait les comptes des fermiers (uilici), des bouviers (upsiliones), des palefreniers (equisones) et toute cette activité fut exécutée sollertissime. Elle put se permettre d’offrir des sportules aux habitants d’Oea pour un montant de 50 000 sesterces lors du mariage de Pontianus, son fils aîné, et de la prise de toge virile du cadet [59][59] Apol., lxxxvii, 7-10.. Elle était évidemment un très beau parti et on comprend aisément l’inquiétude de la famille lorsqu’elle annonça son intention de se remarier. Pontianus rentra précipitamment de Rome et son beau-père chercha à lui faire épouser un autre de ses fils, plus âgé, pour que la fortune ne sortit pas de la famille. Il semble que, loin d’être une preuve d’aveuglement, le remariage avec Apulée doive être interprété comme la preuve d’un bon jugement [60][60] Pour Fantham, 1995, p. 220-232, Pudentilla, en choisissant....

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Ainsi, au sein d’une documentation fortement déséquilibrée au détriment des femmes, quelques documents permettent de discerner l’action de celles-ci dans la vie économique pour augmenter et défendre leurs biens, biens qu’elles détenaient par succession. Apulée présente ainsi l’activité d’une femme qui gère ses domaines avec compétence. Il est légitime de supposer qu’il dut en être de même pour bon nombre d’entre elles, avec quelques restrictions pour des femmes clarissimes, qui résidaient fréquemment à Rome, et devaient laisser la gestion de leurs domaines à des intendants qu’elles ne pouvaient guère surveiller. Dans bon nombre de cas, la fortune comportait des biens autres que fonciers – Terentia, l’épouse de Cicéron en donne la preuve – mais nous ignorons presque toujours leur composition. Une autre limite doit être rappelée, celle du statut. La documentation privilégie le femmes de statut romain, descendantes d’Italiens installés par le droit de conquête et celles qui ont obtenu la citoyenneté grâce à leur liens familiaux, ou romanisées. Les autres, de statut pérégrin, qui formaient sans doute la majeure partie de la population de l’Afrique au iie siècle, échappent en grande partie à l’investigation.

Tous mes remerciements à Mireille Cébeillac-Gervasoni et Jean Andreau pour m’avoir accueillie à leur journée de réflexion sur les élites.


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  • —, et Demougin, Ségolène, (éd.), Élites Hispaniques, Ausonius, Études, 6, Bordeaux, 2001.
  • Nollé, Johannes, Nundinas instituere et habere, Hildesheim, Zurich-New York, 1982.
  • Pavis d’Escurac, Henriette, « Pour une étude sociale de l’Apologie d’Apulée », Ant. Afr., 8, 1974, p. 89-101 ;
  • —, « Irrigation et vie paysanne dans l’Afrique du Nord antique », Ktèma, 5, 1980, p. 177-191.
  • Raepsaet-Charlier, Marie-Thérèse, Prosopographie des femmes de l’ordre sénatorial (ier-iie siècles), Louvain, 1987.
  • Shaw, Brent, « Rural markets in North Africa and the political economy of the Roman Empire », Antiquité Africaine, 17, 1981, p. 37-83.

Notes

[*]

6, allée des Flamouches, 91250 Saintry-sur-Seine. Courriel : <claude. briand2@ freesbee. fr>

[1]

De nombreuses études ont été publiées depuis une vingtaine d’années sur les femmes romaines, leurs conditions juridiques, sociales, sexuelles. Le récent ouvrage de Gourevitch et Raepsaet-Charlier, 2001, fournit une bibliographie choisie abondante. Signalons plus particulièrement : Gardner, 1986 ; Fantham, 1995, p. 220-232 ; et, récemment, Navarro Caballero, 2001.

[2]

Inscription latines d’Algérie, abrégé désormais : ilalg., i, 887 ; autres références : ilalg, i, 1377, cil, viii, 5155 ; 24 679 ; 15 593 ; une paedagoga est mentionnée en cil, viii, 1506.

[3]

cil, viii, 152.

[4]

cil, viii, 11294.

[5]

Seules sont considérées les femmes de statut romain, qui sont celles qui apparaissent surtout dans les sources. On a laissé de côté les femmes de la famille impériale, bien que certaines aient possédé des domaines importants en Afrique. Ainsi, par exemple, le toponyme de Drusiliana sur la Table de Peutinger, iv, e, situé non loin d’Aquae Traianae révèle peut-être un ancien domaine de la famille impériale (aat, 28, 2) et Matidie, la nièce de Trajan possédait un fundus près d’Equizeto en Maurétanie Césarienne (cil, viii, 8812).

[6]

Inscriptions latines de Tunisie, désormais abrégé : iltun., 1653 (ae, 1923, 26).

[7]

ilalg., i, 2930, avec le légat L. Munatius Gallus en 100-102 qui, peut-être, ne faisait que reprendre une ancienne mesure ; en 105, ilalg., i, 2828 ; 2978 ; 2988, avec le légat L. Minicius Natalis : Le Bohec, 1989, p. 371.

[8]

cil, viii, 14313.

[9]

iltun., 1321 = cil, viii, 25944 : pbcf développé en p(raedia) B(…) c(larissimae) f(eminae).

[10]

cil, viii, 8280 = ils 6869 ; cf cil, viii, 20072 + 7037 ; Gsell, 17, 237.; Lassère, 1974. Elle est mentionnée aussi en cil , viii, 7032 = ilalg., ii, 616. Voir Shaw, 1981; Nollé, 1982, p. 131-134.

[11]

cil, viii, 7030-7031 = ilalg., ii, 614-615 ; parent du consul de 173, C. Arrius Antoninus, oncle d’Arrius Maximus (pir 2 i 216, n° 1098), et de C. Arrius Antoninus (pir 2 i, 215, n° 1090). Les thermes en question seraient ceux de Cirta : Le Glay, 1982.

[12]

Bertrandy, 1991.

[13]

sha, u. Pert., 3, 7.

[14]

cil, viii, 2390.

[15]

cil, viii, 19328 = ils 6020. Il est probable que Pompeia Sosia Falconilla, arrière-petite-fille de Iulia la fille de Frontin, fille de Q. Pompeius Sosius Priscus, consul en 149 et 180, épouse de M. Pontius Falco, consul en 163, qui se voit offrir publiquement par l’ordo cinq statues dont elle fait en grande partie remise, ait possédé des terres dans la région, mais ses liens précis avec Cirta restent confus. Son frère, Q. Pompeius Sosius Priscus, consul en 169, est honoré près de Milev. Même chose pour d’autres femmes de rang clarissime honorées, telle Arminia Paulina à Thamugadi (bcth, 1907, 277).

[16]

ilalg., i, 1349.

[17]

ilalg, i, 1362. Voir Lassère, 1974, p. 323.

[18]

cil, viii, 18587. Voir notamment Pavis d’Escurac, 1980.

[19]

Gascou, p. 260-261, pour le statut de la ville.

[20]

C’est vraisemblablement aussi ce qui s’est passé pour Aufidia Colonica à Hippo Regius ( ilalg., i, 41) ou Aufidia Fundana à Calama ( ilalg, i, 201) : Mathieu, 1999, p. 99.

[21]

Lassère, 1974, p. 346.

[22]

À Orange, les lots auraient été répartis en deux catégories, respectivement de 33 1/3 jugères et de 66 2/3 jugères, soit un sixième et un tiers de centurie. Siculus Flaccus, (156 l) indique que les officiers et sous-officiers bénéficiaient de lots doubles.

[23]

cil, viii, 12058 ; Groag, re, s. v. Clodius, n° 71 ; Raepsaet-Charlier, 1987, n° 260.

[24]

irt (The Inscriptions of Roman Tripolitania), 22. : Jacques, 1975, p. 178-179.

[25]

cil, viii, 17831 : Jacques, 1975, p. 177-178. C’est certainement le désir d’Annia Cara de devenir flaminique qui la poussa à s’exécuter.

[26]

Ladjimi-Sebaï, 1990.

[27]

Deux d’entre elles sont inscrites sur le grand mausolée des Flavii à Kasserine (cil, viii, 211).

[28]

cil, viii, 22739 = iltun, 42.

[29]

ae, 1935, 39.

[30]

ae, 1951, 81.

[31]

Navarro Caballero, 2001, pour l’Hispanie.

[32]

Bien qu’il soit impossible d’affirmer que c’est effectivement la femme qui possédait la fortune et non sa famille qui prend en charge la dépense.

[33]

ilalg., ii, 550, peu de temps après la divinisation de Livie.

[34]

cil, viii, 18912 = ils 6856 ; ilalg ii, 2, 4686.

[35]

Presque toutes les sommes honoraires connues sont de 20 000 sesterces. La seule exception est le pontificat, « tarifé » 10 000 sesterces. Deux hypothèses sont envisageables : ou bien le montant de la somme honoraire du pontificat a toujours été tarifé à ce niveau, ou bien, comme le texte date du ier siècle ou du début du iie, le montant a été augmenté au cours ou à la fin du iie siècle : Briand-Ponsart, 1999, p. 230.

[36]

Voir le dossier dans Jacques, 1984, p. 528-535.

[37]

Ben Abdallah, 1977.

[38]

cil, viii, 26471 = iltun, 1392.

[39]

cil, viii, 26525 = ilafr., 522 et cil, viii, 26490 + ilafr., 518.

[40]

cil, viii, 26529 = iltun, 1406.

[41]

cil, viii, 26482 ; ilafr., 516 ; cil, viii, 26485 ; ilafr., 517 ; cil, viii, 26530, 26533 ; ilafr., 523 ; cil, viii, 26483-4 + iltun., 1396.

[42]

cil, viii, 26590-26591 ; Khanoussi et Maurin, 2000, n° 73.

[43]

cil, viii, 26492 ; Khanoussi et Maurin, 2000, n° 72.

[44]

Brouquier-Redde et Saint-Amans, in Khanoussi et Maurin, 1997.

[45]

Sa présence dans l’inscription serait-elle une preuve supplémentaire de la romanisation ?

[46]

Père et fils sont inscrits dans la tribu Quirina et patrons du pagus et de la civitas.

[47]

iltun., 1511 ; ae, 1963, 94 ; Khanoussi et Maurin, 2000, n° 75, dans laquelle elle est honorée par son petit-fils, Q. Marius Rufinus. En cil, viii, 26882 ; 27348 (stèle funéraire), A. Gabinius Datus a reçu un hommage des conductores de domaines impériaux de la regio de Thugga, ce qui indique d’autres sources de revenus pour lui, et peut-être une autre base de la fortune de la famille. À la génération suivante de nouvelles donations sont effectuées par la famille, mais d’origine uniquement masculine. Un autre fils, l’aîné, A. Gabinius Datus ajoute le temple de Neptune. Inscrit dans la tribu Arnensis, celle de Carthage, il occupe dans la capitale la fonction d’augure et devint préfet des ouvriers sous Antonin.

[48]

cil, viii, 26458 ; ilafr., 514. Le texte est très mutilé.

[49]

ilalg., i, 286 ; aaa, 9, 146, 3, p. 19.

[50]

cil, viii, 2394-2399 ; 17904-17905.

[51]

Pour une description succincte : Courtois, 1951, p. 52.

[52]

Respectivement Apol., xcii, 3 et xci, 7.

[53]

irt 230, texte daté de 182-185 : Corbier, 1982, p. 727-728.

[54]

Et sans doute plus, Apol., lxxi, 6. Cf aussi : Pavis d’Escurac, 1974.

[55]

Apol., xcii, 3.

[56]

Apol., xciii, 4, ibid., lxxii, 6.

[57]

Apol., xliv, 6.

[58]

Apol., ci, 5.

[59]

Apol., lxxxvii, 7-10.

[60]

Pour Fantham, 1995, p. 220-232, Pudentilla, en choisissant Apulée comme mari préservait mieux son indépendance qu’en épousant un notable local : elle échappe à la pression sociale. De plus, avec un mari plus jeune qu’elle, avenant, aspirant à une carrière de philosophe à Carthage, cette femme cultivée aura sans doute une vie plus agréable qu’en restant à Oea avec un vieux mari.

Résumé

Français

Les sources littéraires présentent souvent une image traditionnelle de la femme romaine, épouse et mère. Cependant des inscriptions dans les provinces de l’Afrique romaine font connaître l’existence de femmes à la tête de vastes domaines. La lecture de textes mentionnant des évergésies suggère que bon nombre de donatrices détenaient une solide fortune foncière. Enfin un passage de L’Apologie ou De Magia d’Apulée met en scène son épouse, une femme fortunée, qui gère avec compétence ses domaines.

Mots-clés

  • Afrique romaine
  • domaines ruraux
  • épigraphie
  • évergétisme
  • femmes

English

Literary sources often present a traditional image of the Roman woman as wife and mother. However a few inscriptions mainly from Roman Africa, mention vast rural estates owned by women. Epigraphic evidence pertaining to evergetism also reveals the existence of important land ownership for many women donors. Lastly an excerpt from Apulius’ De Magia describes his rich wife managing efficiently her vast domain.

Keywords

  • epigraphy
  • evergetism
  • Roman Africa
  • rural estates
  • women

Plan de l'article

  1. De quelques propriétés
  2. La Numidie
    1. La région de Cirta
    2. Lamasba
  3. Des femmes évergètes et fortunées
    1. Les flaminiques
    2. Les flaminiques de Thugga
    3. D’autres grandes dames
  4. Æmilia Pudentilla

Pour citer cet article

Briand-Ponsart Claude, « Les dames et la terre dans l'Afrique romaine », Histoire & Sociétés Rurales 1/2003 (Vol. 19) , p. 79-90
URL : www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2003-1-page-79.htm.


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