Une épizootie méconnue : le « mal de langue » de 1763
François Vallat
Le « mal de langue », ou glossanthrax, courant jusqu’au début du xixe siècle, a disparu vers 1830. Il se manifestait chez les animaux herbivores par la nécrose de la langue en 24 heures. L’épizootie française de 1763 permet d’une part d’illustrer la gestion d’une crise moyenne de l’élevage sous l’Ancien Régime, avec ses faiblesses et ses innovations, et d’autre part d’étayer une hypothèse étiologique : la maladie aurait été due à la toxicité de chenilles processionnaires urticantes, et correspondrait actuellement à l’érucisme.Mots-clés :
bœuf, cheval, élevage, épizootie, glossanthrax, mouton, porc.
Common until the beginning of the xixth century, the « mal de langue » or glossanthrax disappeared around 1830. It would manifest itself in herbivorous animals by a necrosis of the tongue within a 24-hour period. The French epizootic of 1763 not only illustrates the management, with both its weaknesses and innovations, of an average crisis in animal husbandry under the Old Regime, it also supports an etiological hypothesis : the disease was due to the toxicity of processionary (« stinging ») caterpillars, and more particularly to erucism.Keywords :
Animal husbandry, epizootics, glossanthrax, ox, sheep, swine.
• Les sources utilisées, de 1682 à 1848
• La grande vague française de 1762 à 1764
— En 1763, la gestion d’une épizootie d’importance moyenne sous l’Ancien Régime
— Détection de la maladie, mesures d’urgence
— L’intervention d’experts, médecins et élèves vétérinaires
— Le Ministère s’en mêle : la circulaire du 19 juin 1763
— Ultimes répliques en 1764
• Essai de reconstitution de la maladie
— Signes cliniques
— Le mal de langue n’était certainement pas contagieux
— Une zoonose ?
— Les difficultés du diagnostic rétrospectif
• Un traitement efficace
• En 1763, l’absence d’experts compromet l’action du pouvoir
• Bibliographie