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Histoire & Sociétés Rurales

2004/1 (Vol. 21)


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Si le service du travail obligatoire est une institution bien connue dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, on n’en mesure pas toujours les effets concrets sur la main-d’œuvre requise [1][1] Tout récemment, un colloque international vient d’apporter.... Pour le monde rural, il est même exceptionnel de disposer d’un témoignage personnalisé, émanant de la minorité des travailleurs forcés qui firent marcher les exploitations agricoles de l’Allemagne nazie.

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Les souvenirs qu’en ont laissé les requis ne s’attardent guère à détailler au jour le jour leurs activités de l’autre côté du Rhin. Il est d’ailleurs difficile de trouver l’édition d’un journal de cultivateur comparable à celui que nous présentons, pour les années 1943 à 1945. La plupart de ceux qui partaient rejoignaient, on le sait, surtout les usines allemandes. Parmi ceux qui furent employés dans l’agriculture, bien peu tinrent un journal continu, depuis le départ au STO jusqu’au retour au pays, en y incluant la phase contemporaine à l’effondrement du IIIe Reich et les longues opérations qui ont marqué leur rapatriement.

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C’est dire tout le prix du document qui suit : il retrace à la fois, au quotidien, le travail requis dans une grande ferme près de Berlin et les transferts successifs, dans les fourgons de l’armée soviétique, en Pologne et en Russie. Ce type de témoignage vient souligner l’intérêt, y compris en histoire contemporaine, de l’édition des sources des acteurs du monde rural confrontés aux événements tragiques du xx e siècle. La chance a voulu que la source écrite a pu être accompagnée d’informations livrées au cours de plusieurs entretiens accordés par son auteur, Pierre Lebugle, ancien cultivateur à Camembert (Orne) [2][2] Entretiens réalisés à La Brière-Fresnay, commune de.... Après les Mémoires de Gilbert Clain, qui avait commencé sa vie dans une petite exploitation de taille comparable [3][3]  Moriceau, 1995., ou, pour un contexte régional proche, le Journal du sieur de Gouberville, les carnets de Pierre Lebugle viennent souligner la richesse encore sous-exploitée des archives familiales. Pourquoi refuserait-on aux sources privées du temps récent un statut documentaire égal à celui que les historiens accordent, sans l’ombre d’un soupçon, à celles des époques plus anciennes ?

La fin d’une exception : des agriculteurs requis par le sto

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Sous la pression de l’occupant allemand, et en particulier de l’action du Gauleiter Fritz Sauckel, le gouvernement de Vichy promulgue, le 16 février 1943, la loi qui introduit le Service du Travail Obligatoire. Durcissant la loi du 4 septembre 1942 qui imposait le recrutement forcé d’une première fournée de 200 000 Français, cette seconde mesure impose un service de 2 ans aux classes d’âges 1920, 1921 et 1922. Dans un premier temps, certaines catégories socio-professionnelles, comme les agriculteurs, réussissent à bénéficier d’une exemption.

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Cependant, les effectifs de recrutés restent en-deçà des exigences de la seconde action Sauckel. Aussi les clauses d’exception sont abrogées par Vichy [4][4]  Zielinski, 2003, p. 57-61 ; Margot, 2003, p. 483.. Aux agriculteurs, Laval inflige un coup de tonnerre avec la loi du 31 mai 1943 qui prévoit l’envoi de toute la classe 1922. De juin à octobre 1943, lors de la troisième action Sauckel, les 1 169 Ornais requis incorporent les cultivateurs de la classe 1942 [5][5]  Bourdin, 1993, p. 66, et 1995, p. 124-125..

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C’est dans ce contexte de durcissement où des citadins comme ceux d’Alençon trouvent qu’« il n’y a pas de raison que les paysans ne partent pas comme les ouvriers » [6][6]  Id ., 1995, p. 124., que de jeunes agriculteurs, notamment des aides familiaux, sont contraints à partir pour l’Allemagne. Pierre Lebugle, né le 9 janvier 1922 au hameau de La Bucaille, dans la commune de Camembert (Orne), où il travaille chez ses parents, était de ceux-là.

Camembert-Guhden-Moscou : un itinéraire singulier

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Parti du sud du Pays d’Auge, en Basse-Normandie, avec trois de ses camarades, Pierre Lebugle met six jours pour faire le trajet qui le conduit, de gare en gare, d’Alençon (Orne) jusqu’au Neumark, à Kietniz, au nord-est de Berlin, entre Küstrin et Stettin (23-29 juin 1943, l. 4-64).

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C’est dans une grande ferme de Guhden, village de 168 habitants en 1939, qu’il reste près de 20 mois, pour accomplir son STO (29 juin 1943 au 17 février 1945, l. 65-1547). L’arrivée des troupes soviétiques (l. 1519) entraîne un périple en Europe orientale, marqué par un séjour de deux mois à Lodz (Pologne) du 1er mars 1945 au 20 avril, avant un transfert en URSS. Pierre Lebugle et ses camarades séjournent alors dans un camp à 12 km de Bronitchi, au sud-est de Moscou, du 29 avril 1945 au 2 juillet 1945 (l. 1763-1904). Arrive enfin un long rapatriement en France, qui conduit nos quatre Augerons, d’un train à l’autre et selon diverses attentes – huit jours dans Berlin en ruines, du 11 au 17 juillet 1945 –, à retraverser l’Europe en sens inverse du 2 juillet au 1er août 1945, date du retour à Camembert (l. 905-2100).

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En définitive, comme c’était le cas pour bien des requis « libérés » par l’armée soviétique, l’expatriation a duré plus longtemps mais dans de meilleures conditions matérielles et de traitement que dans les secteurs Alliés [7][7] Quelques exemples de déconvenues lors de la libération....

Partir ? un personnage et son environnement

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Alors que l’Orne figure parmi les départements où le nombre de réfractaires est presque aussi important que celui des requis et que le Gauleiter Sauckel se déclarait « courroucé » à la préfecture d’Alençon du fait qu’il s’agissait de « l’un des départements de France qui cachait le plus de réfractaires » [8][8]  Bourdin, 1995, p. 125. Pour un département voisin,..., le choix assumé par Pierre Lebugle a été la résignation. Sans qu’il soit assuré de proposer des explications définitives, quelques remarques permettent de rendre compte de cette attitude.

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Tout d’abord, notre personnage fait partie de ces petits exploitants catholiques du Pays d’Auge, fortement imprégnés par le jacisme, dont on pourrait attendre un relatif loyalisme à l’égard d’un régime comme celui de Vichy. Catholique pratiquant, dès son enfance, adhérent à la Jeunesse Agricole Catholique, on le voit à l’âge de 9 ans sur une photographie de groupe devant l’église de Vimoutiers, en 1931 avec déjà l’un de ses futurs compagnons de route, Henri Prieur, entourant l’évêque de Sées et le vicaire général. Le 23 juin 1943, lors de la convocation à Vimoutiers, à la veille de son départ, c’est l’abbé Maurice Rebour, prêtre de la JAC, qui pose devant le café de La Renaissance à côté de Gaston Blondeau, Pierre Lebugle et Henri Prieur. Pour aider les requis à supporter l’expatriation, l’Église a fait éditer un carnet de route de « bon chrétien », que Pierre Lebugle emporte avec lui. Dans son périple en Allemagne, puis en Pologne et en Russie, l’auteur scande son journal de bord de quelques références religieuses : dès le 25 juillet 1943, il se rend à la messe à Königsberg et il en va ainsi plusieurs dimanches à l’occasion des fêtes catholiques ; il fait ses Pâques le mardi 27 mars 1945 au camp de prisonniers de Lodz ; il célèbre la fête du Sacré-Cœur le 10 juin 1945 à Bronitchi, note sa participation à la « Sainte-Communion ». Chez Pierre Lebugle, comme pour un certain nombre de ses camarades issus de la JAC, l’infraction aux lois est étrangère à la culture et aux convictions religieuses. Le sens de l’entraide et de la solidarité est bien marqué. À la Jeunesse Agricole Catholique comme à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, l’« objection de conscience » ne semble pas avoir été un argument proposé aux requis par le clergé comme il le fut, en revanche, pour la Jeunesse Étudiante Catholique et l’Action Catholique de la Jeunesse Française.

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Pourtant, il serait imprudent d’y voir un déterminisme univoque. D’une part, à la différence de la JOC, l’attitude de la JAC, en essor pendant la guerre dans l’Orne, n’a pas suscité encore d’analyse d’ensemble [9][9]  Fouilloux, 2003, p. 445. Sur l’importance de la JAC.... D’autre part, on sait désormais que pour le département voisin du Calvados, depuis 1942, incontestablement, les cultivateurs se détachent de la Corporation paysanne, témoignant d’une méfiance accrue à l’égard du régime [10][10]  Cardi, 2000, p. 146-149. Pour l’Orne : Bourdin, 1995,....

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Par ailleurs, le hameau de la Bucaille, l’un des multiples petits villages de la commune de Camembert, constitue l’un de ces groupements d’habitat intercalaire où tout le monde se connaît, qui fait l’originalité du bocage normand depuis longtemps (figure 1).

Figure 1  - Au départ : huis clos à Camembert Figure 1
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À l’intérieur de ce gros hameau, coexistent plusieurs petites exploitations herbagères de 10 à 15 ha, dont celle d’André Lebugle et Yvonne Boutigny, qui y sont installés depuis 1920, lors de la cession par le grand-père Polydor Lebugle (figure 2).

Figure 2  - Pierre Lebugle : un petit cultivateur dans son microcosme familial Figure 2
Sources : Arch. comm. Camembert, Déclarations agricoles du Ministère de l’Agriculture et du ravitaillement, 1941 et 1943 ; Liste des exploitations agricoles en 1959-1960
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Cinq ou six vaches à traire, quelques cochons à engraisser, des veaux, des pommes, du foin, un peu de beurre doux à vendre à Vimoutiers : telles sont les activités familiales qui occupent le jeune Pierre Lebugle et sa sœur Christiane, qui hériteront plus tard, à parts égales, des terres de La Bucaille. Dans ce contexte socio-géographique, la peur des représailles pour ses parents cultivateurs a joué, incontestablement. Après avoir obtenu un sursis, notifié le 9 juin 1943, jusqu’au 25 juin, le courrier du 19 juin 1943, émanant du commissariat général au STO (Direction départementale d’Alençon) était clair sur ce point :

« Vous êtes prié de vous présenter le mardi 25 juin avant 15 heures, à l’école supérieure des filles à Alençon, 98, rue du Mans. Vous êtes averti qu’en cas de défaillance insuffisamment motivée, des sanctions graves seront prises à votre égard, ainsi qu’envers la famille et les tiers complices.Votre sursis au 25 juin est donc réduit d’autant [11][11] Archives privées Pierre Lebugle.. »

Enfin, la décision du jeune camembertois n’a pas été prise seule. Elle a fait l’objet, même dans l’urgence, d’une concertation avec ses copains requis. Quatre jeunes du canton de Vimoutiers avaient été convoqués : en dehors de Pierre Lebugle lui-même, Jean Louvet (cultivateur), Jean Pihan (journalier) et Henri Prieur (cultivateur), tous quatre de Camembert, Gaston Blondeau (cultivateur), du bourg voisin de Vimoutiers. L’importance de la décision rendait particulièrement appréciable la solidarité du petit groupe localement concerné : c’est après en avoir discuté ensemble que la bande des quatre partage le poids de la décision pour préserver la sécurité de leurs familles respectives. Pour éviter toute forme de représailles, aucun d’entre eux n’a voulu être réfractaire en brisant ce consensus. Face à l’épreuve, les liens tissés entre les quatre jeunes protagonistes ont favorisé une position commune. L’esprit de camaraderie se manifeste tout au long du séjour par le souci de rester ensemble, de partager les colis, les loisirs (l. 459, 848 et 878), les fêtes (l. 135 et 912) et anniversaires (l. 422). En dehors de cette volonté commune, arrêtée seulement par des événements extérieurs, comme le rapatriement d’Henri Prieur le 13 novembre 1943 imposé par son état de santé, une certaine chance a maintenu les liens entre les quatre copains, jusqu’en Pologne et en Russie. Au-delà de cette amitié salutaire, le sens de la communauté de patrie est affirmé aussi par les liens avec des requis normands extérieurs au canton de Vimoutiers, comme ceux de Flers ou d’Alençon. Il culmine au camp de Bronitchi, le 28 mai 1945 : « Nous formons un groupement de tous les Normands du camp ».

Un travail de routine : « Ramasser des pommes de terre. Il fait beau »

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Agriculteur de naissance, Pierre Lebugle est employé comme tel en Allemagne. Mais le type d’agriculture qu’il rencontre est fort différent de la petite exploitation herbagère et familiale qu’il connaissait en Pays d’Auge. Dès le 30 juin 1943, dirigé en Prusse, de l’autre côté de l’Oder, il est employé par la commune de Guhden, comme l’atteste un certificat du 5 août 1943 signé du maire, Walter Blümel [12][12] Arch. privées Pierre Lebugle.. Le lieu de travail est un grand domaine prussien, situé à mi-chemin entre Berlin et Stettin (figure 3).

Figure 3  - À l’arrivée : entre Berlin et Sttetin, l’univers contraint de Pierre Lebugle (juin 1943-février 1945) Figure 3
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Classiquement, nous retrouvons là une structure de grande exploitation : une grande ferme à côté du château du propriétaire, que l’auteur n’a jamais vu. En superficie : 5 à 600 ha (et tout à côté une autre de 1 200 ha), une taille bien supérieure aux exploitations beauceronnes que l’auteur connaissait de nom. Le système de culture associe céréales (blé, seigle, orge, avoine, colza et luzerne) aux plantes sarclées (pommes de terre et betteraves) qui réclament, avec une élevage bovin et porcin, une abondante main-d’œuvre. Pour y répondre, les deux fermes accueillent des requis de différentes nationalités – Français, Polonais, Italiens (l. 235) – et des prisonniers soviétiques, sous la direction d’un contremaître qui n’est autre que Blümel. La mécanisation n’est alors qu’amorcée puisqu’un tracteur – sans doute de marque Deutz – servait à déplacer la machine à battre mais chevaux et bœufs assuraient toujours les façons culturales.

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Dans ce cadre, l’aide familial augeron a un statut effectif d’ouvrier agricole : sa carte de travail l’établit comme Landarbeiter avec comme n° de matricule 58k/1143 [13][13] Arch. privées Pierre Lebugle.. L’un des intérêts du document est d’éclairer la nature des tâches non spécialisées auxquelles passent successivement Pierre Lebugle et ses trois camarades, sous la direction de Blümel, « l’inspecteur » au service du propriétaire : d’une part, des tâches récurrentes, qui rythment les saisons (récoltes estivales avec la cueillette des pois, l’arrachage du lin, le ratelage du seigle, etc.), cultures exigeantes de la pomme de terre (sarclage, arrachage et tri) et de la betterave (démariage, sarclage et binage) avec les opérations d’amont (épandage du fumier) et d’aval (transport des produits) selon les caprices du ciel, si prégnants en agriculture (« il fait beau », « il pleut ») ; d’autre part, des tâches ponctuelles et assez diverses (tassage du blé, rentrée du charbon, comblement des fossés, ramassage du chiendent et des pierres dans les champs, chargement du fumier, soin des cochons à la porcherie, cassage du bois, etc.).

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Sans être écrasantes, ces tâches deviennent de plus en plus pénibles, même si l’auteur n’en souffle mot en dehors des furoncles qui le contraignent à garder la chambre : mais alors, les soins sont immédiats et le repos assuré. Les journées de travail s’allongent au cours du séjour : 10 h 30 à partir du 13 juillet 1944 puis 11 h à compter du 2 octobre 1944 avec 1 h seulement pour le repos. Serait-ce lié à l’accroissement des besoins de l’Allemagne nazie ?

Quelques loisirs : une situation relativement privilégiée

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Il est vrai qu’on est loin de la tourmente et que, par rapport au travail forcé dans les usines allemandes, le travail à la ferme n’a pas que des désagréments. Jamais l’auteur ne se plaint de manquer de nourriture : sur place le ravitaillement est assuré à nos quatre compères qui font eux-même leur cuisine dans leur « baraque » (13 juin 1944), quitte à risquer d’y mettre le feu en faisant cuire du lard (25 mars 1944) ! Les colis de Camembert arrivent à bon port, avec la production du cru, des pommes (le 29 janvier et le 1er février 1944), des rillettes (le 3 mars 1944) même si le poulet envoyé le 28 décembre 1943 n’arrive que le 19 janvier suivant… Les extra sont donc possibles, notamment le dimanche : avec les pommes reçues, Pierre Lebugle confectionne des tartes (les 4 et 5 février 1944) ; il fait aussi des crêpes (27 février 1944), des confitures, du chocolat (19 septembre 1943) et des sablés. Par ailleurs, nos requis envoient de la nourriture à leurs camarades partis dans les usines comme Jean Pihan, envoyé à l’extérieur dès le 13 décembre 1943 (colis des 9 janvier et 2 avril 1944).

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Pour l’ensemble de leurs travaux, les requis sont rémunérés. Certaines tâches comme l’arrachage des pommes de terre donnent même lieu à une minutieuse comptabilité sous forme de tickets (l. 227 et suivantes). Troc et menus travaux apportent aussi aux requis des compléments en nature ou en numéraire comme le 16 avril 1944. Finalement, Pierre Lebugle réussit même, au début, à envoyer de l’argent à ses parents… un étonnant revenu complémentaire pour l’exploitation familiale (3 000 F le 1er février 1944) !

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Le travail laisse la place aux loisirs comme la photographie et la baignade sur la plage de Guhden dans le lac voisin de Mohrin, en juin et juillet 1944. Une fois accomplies les diverses tâches agricoles requises, Blümel accorde une certaine liberté d’action qui se manifeste par les divers déplacements des quatre Augerons : messe à Königsberg, théâtre, cinéma à Bärwalde, visite à divers camps de prisonniers voisins. Cette situation relativement privilégiée est renforcée par l’esprit de camaraderie des quatre Camembertois exilés qui célèbrent fêtes et anniversaires.

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Dans ce milieu relativement protégé, à l’écart des dangers du front, longtemps éloigné des bombardements, inconnus, et des camps de concentration, insoupçonnés, les informations arrivent rapidement. Le courrier marche assez bien. Lettres et colis-postaux parviennent régulièrement, rythmant les relations avec la mère patrie donnant même lieu, chez Pierre Lebugle, à une numérotation spécifique. Les nouvelles des principales opérations militaires sont diffusées sans tarder : le débarquement de Normandie est connu dès le 6 juin 1944, sans doute grâce à Radio-Berlin ; la capitulation allemande du 8 mai 1945 est annoncée la veille. En revanche, les événements localisés, même s’ils concernent directement les intéressés, comme les bombardements des villes normandes par les Américains n’arrivent à leur connaissance que par la voie du courrier, quinze jours après (29 juin d’abord puis 15 juillet pour les destructions de Vimoutiers, survenues le 14 juin 1944).

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Dans cette vie somme toute moins difficile que dans les camps proches des villes allemandes comme Brême [14][14]  Bories-Sawala, 2003, p. 127-145., l’arrivée des Russes, le 1er février 1945 marque une césure. Couché en joue par les soldats soviétiques, l’auteur a connu certainement son moment de plus grande frayeur, qui le conduisit à biffer les quelques lignes compromettantes qu’il venait d’écrire sur l’attitude des libérateurs dans la ferme (l. 1519-1520). Ensuite s’ouvre une dernière période, très longue, d’attente, où les quatre camarades se retrouvent dans l’univers des camps de Français libérés, en Pologne et en Russie.

Un document composite

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La source que nous publions correspond à deux documents complémentaires. Un carnet, de 90 x 150 mm, couvre la période du départ, du 23 juin 1943 au 18 mars 1944 ; il est repris au 1er janvier 1945. Un petit agenda (70 x 115 mm) couvre toute l’année 1944 (l. 404 à 1470). Sur ces deux supports, l’auteur, titulaire du certificat d’études primaires depuis 1935, a écrit à l’encre jusqu’au mardi 13 février 1945 puis au crayon (crayon de couleur et crayon à papier en alternance), ce qui donne les passages les plus difficiles à déchiffrer. Rédigé au jour le jour, dans la baraque, à chaque moment de liberté – en dehors de rares passages rajoutés après coup, mais très peu après les événements – et sans que les camarades de chambrée y prêtent une véritable attention, le journal de Pierre Lebugle n’a donc subi aucune interruption.

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Pour en assurer l’édition, nous avons donc dû procéder à quelques choix. Le document principal est le carnet, que nous avons pris comme base d’édition pour l’année 1943 et l’année 1945. Pour l’année 1944, que couvre intégralement l’agenda, nous avons retenu ce dernier par souci d’homogénéité, y compris pour le premier trimestre qui a fait l’objet d’une rédaction parallèle, mais quasiment identique, dans le carnet. Pour faciliter la lecture, la ponctuation a été normalisée comme l’orthographe des noms propres. En revanche, pour l’ensemble du texte, nous avons respecté la rédaction propre à l’auteur.

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Certes, le document proposé est loin d’être exhaustif : il trahit peut-être des réticences, et sans doute des non-dits… liés à la personnalité du témoin et à sa situation de requis en territoire ennemi. Toutefois, rien d’important n’a été occulté car, dans la négative, on aurait dû voir les langues se délier après la guerre, dans un tout autre contexte, ce qui ne fut pas le cas.

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Qu’en a retiré Pierre Lebugle en tant qu’agriculteur, et d’un point de vue général, en tant qu’homme ? Sur le premier point, il n’y a pas d’incidence. Après 1945, tout le monde a repris « son train-train habituel ». Il est vrai que dans le domaine agricole, l’opposition de structure entre la petite exploitation « paysanne » de Camembert (15 ha avec 6 vaches entre 1945 et 1947) et la grande entreprise capitaliste de Guhden aurait rendu difficiles des transferts techniques. Sur un plan plus général, la position de requis n’entraînait pas, au retour au pays, de bruyantes démonstrations collectives, même si elle ne suscita pas d’hostilité particulière. Elle alimenta des souvenirs, forgea une identité et une sociabilité, marquées par l’obtention le 3 mai 1955 d’une attestation de l’Office national des Anciens Combattants de la qualité de « personne contrainte au travail en pays ennemi ». Titulaire d’une carte de déporté du travail (n° 009511), délivrée en 1968 par la Fédération nationale des déportés du travail, au titre de l’Association départementale de l’Orne, Pierre Lebugle participe depuis régulièrement aux différentes rencontres organisées par la section de Vimoutiers.

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Finalement, le bilan le plus riche, c’est à l’historien qu’il incombe de le tirer. Au-delà des quelques pistes proposées dans cette présentation, bien des éléments n’ont pu être retenus. Les rapports avec les autres requis Français mais aussi les Polonais et les Italiens, les relations avec les camps de prisonniers transparaissent dans le texte. Les pérégrinations entre Guhden et Moscou et la longueur de l’attente libératoire y sont bien marquées aussi. Enfin, un renversement de perspective, à partir des archives allemandes de la commune, apporterait d’utiles compléments sur la réalité de l’exploitation. Tel quel, le journal de Pierre Lebugle livre donc un matériau brut, continu mais évidemment sélectif, qui convie à des études plus larges.


Annexe

Photographie 1  - Photo d’identité de Pierre Lebugle en 1943 Photographie 1

(carte de travail)

Photographie 2  - Vimoutiers, quelques instants avant le départ pour le STO (23 juin 1943) Photographie 2

(De gauche à droite : Maurice Rebour, vicaire de Vimoutiers, Gaston Blondeau, Pierre Lebugle, Henri Prieur)

Photographie 3  - L’équipe des camarades devant leur logement en Allemagne Photographie 3

(De gauche à droite : Jean Louvet, Henri Prieur, Jean Pihan, Gaston Blondeau, Charles Dieudonné et Pierre Lebugle)

Photographie 4  - Intérieur du logement Photographie 4

Photographies de famille et images pieuses pour se souvenir et espérer

Photographie 5  - La lessive à Guhden Photographie 5

Septembre 1943

Photographie 6  - Le ramassage des pommes de terre à Guhden Photographie 6

Ensemble des requis venus de l’Orne, des Deux-Sèvres et du Loir-et-Cher, avec les paniers et le croc à pommes de terre, sous la direction de l’« inspecteur », debout à droite

Photographie 7  - Le travail : le battage à la locomobile Photographie 7
Photographie 8  - Les loisirs : un dimanche au bord du lac de Guhden Photographie 8

De gauche à droite : Jean Louvet, Henri Prieur, Gaston Blondeau et Pierre Lebugle, avec en arrière, deux camarades du Loiret

Photographie 9  - Les requis en route vers Moscou (avril 1945) Photographie 9

Assis au centre : Pierre Lebugle

Photographie 10  - Passage à Berlin en ruines (mardi 17 juillet 1945) Photographie 10

139 - 1943-1945 - « Mon journal de bord au STO en Allemagne, 1943-1945 »

Principales étapes de notre voyage en Allemagne (du 23 au 29 juin 1943)

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Départ de Camembert, le 23 juin à 12 h 30. Arrivé à Alençon à 3 h.

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Embarqué à 52 gars à la gare d’Alençon le 24 juin, en direction du Mans. Passé par : Champfleur, Bourg-le-Roy, Vivoin, Beaumont, Montbizot et Le Mans [15][15] Champfleur, Bourg-le-Roi, Beaumont-sur-Sarthe, Montbizot....

33

Au Mans, 2 h. d’attente. À 5 h., nous reprenons le train pour Paris. Passé par : Champagne, Saint-Marc-la-Bruyère, Pontreu-de-Montfort, Connerré, Beillé, Seau, Boëssé-le-Sec, La Ferté-Bernard, Nogent-le-Rotrou, Condé-sur-Huisne, La Loupe, Courville-sur-Eure, Chartres, Maintenon, Épernon, Rambouillet, Les Essarts-le-Roi, La Verrière, Saint-Cyr, Versailles. Et arrivons à 9 h et 1/2 à la gare Montparnasse [16][16] Toutes stations sur la voie ferrée Le Mans-Paris. Saint-Marc....

34

De la gare, on nous mène à la caserne Mortier, en autobus. On nous donne quartier libre et nous couchons chez des cousins à Gaston Blondeau [17][17] L’un des cinq camarades requis du canton de Vimoutiers....

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Le 25 juin : nous rentrons à la caserne à 9 h. L’après-midi, nous prenons le train à 5 h à la gare de l’Est, là, nous changeons de réseau : nous prenons le réseau du Nord. Nous traversons tout le nord de la France : Amiens, Compiègne, Saint-Quentin, etc. Et passons la frontière franco-belge à minuit.

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Le samedi 26, nous passons par Maubeuge, Liège, Namur, etc. et nous passons la frontière belgo-allemande à Aberstalle vers 1 h. Là, visite des bagages par la douane. Nous reprenons le train en direction d’Ex-la-Chapelle [Aix-la-Chapelle]. Nous y arrivons à 2 h 1/2. Nous sommes réconforté : nous touchons une bonne gamelle de soupe, un morceau de pain, du beurre et des confitures. Nous touchons aussi 2 marks. À 5 h, rassemblement et nous prenons le train en direction de Berlin à 7 h. Nous passons à Dortmund, Cologne, Essen, etc. Nous arrivons à Berlin le dimanche 27 juin.

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De là, nous sommes dirigé sur un camp de trillage apelé Wilemssagen. Nous y arrivons à 1 h 1/2. Nous restons au camp toute la journée du lundi. Le soir, nous obtenons une permission pour sortir. Nous allons à la ville voisine apelée Erkener.

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Nous repartons le mardi 29, à 1 h, 6 camarades ensembles, accompagnés d’autres camarades, en tout 40 gars. À 7 h nous arrivons à Küstrin, ville située à 50 km de Berlin. Là, nous sommes partagé en deux groupes, l’un de 12 gars se dirigeant sur Königsberg, et notre groupe, comprenant 28 gars. Nous sommes dirigé sur une petite gare apellée Vietniz. On se partage du groupe de 12 et on nous dirige sur une grande ferme à Guhden. Nous y arrivons le mardi 29 à 10 h du soir.

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Le lendemain après-midi, nous commençons à travaillé. Les dimanches suivant, nous rendons visite à des prisonniers, à Bellin. Nous allons au cinéma à Bärwalde. Là, nous voyons beaucoup de prisonniers français. Nous aussi à Mohrin. Nous allons à la messe à Königsberg [18][18] Nombre d’habitants en 1939 : Bellin, 359 ; Vietnitz,....

Adresse des camarades

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Libault, Émile, Aux Touches de Cersay (Deux-Sèvres)

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Grelier, Jacques, Ulcot, par Argenton-château (Deux-Sèvres).

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Marcel Pasquet, Aux Touches de Cersay (Deux-Sèvres)

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Boisteault, Moïse, Aux Touches de Cersay (Deux-Sèvres)

44

Maquignon, Gilbert, Aux Veaux, commune de Saint-Pierre à Charey (Deux-Sèvres)

45

Vergnault, Marc, Aux Touches de Cersay (Deux-Sèvres)

46

Fardeire Lumo, Gouanne, Cersay (Deux Sèvres)

47

André Gentil, Au Billeu, Pontlevoy (Loir-et-Cher)

48

Boucher, Georges, Beauvais, Pontlevoy (Loir-et-Cher)

49

Pucheux, Régis, Aux Toits, Saran (Loiret)

50

Lesmesle, André, Ormes par Ingré (Loiret)

51

Guerrard, Marcel, La Fouquerie, Flers (Orne)

52

Georges Arsicaud, Hôtel de la Préfecture, Alençon (Orne)

53

Tramontain, Jean, 8, rue de l’École Normale, Alençon (Orne)

54

Lenoir, René, 22, rue Orbe, Rouen (Seine-Inférieure)

55

Celissac Maurice, 2, rue Cécile Devant, Clamart (Seine-et-Oise)

56

Barberey, Georges, chez Madame Delasusse, rue de….

57

Gautier, René, 7 rue Mozart (coupé)

58

Dieudonné, Charles, Plessis-Dorain (Loir-et-Cher).

Emploi du temps

Juin [1943]

59

Mercredi 30 juin. Nous charroyons de l’orge du grenier au moulin.

Juillet [1943]

60

Jeudi 1er juillet. Nous mettons du colza debout [19][19] Retourner le colza pour qu’il sèche, le faner..

61

Vendredi 2 juillet. Nous arrachons les pommes de terre.

62

Samedi 3. Nous mettons du colza debout.

63

Dimanche 4 . Nous allons à Mohrin, nous voulons faire le tour du lac et nous sommes obligé de revenir sur nos pas.

64

Lundi 5. Nous binons des bettraves.

65

Mardi 6. Nous binons des bettraves.

66

Mercredi 7. Nous chargeons du colza.

67

Jeudi 8. Nous chargeons du colza.

68

Vendredi 9. Nous cueillons des pois.

69

Samedi 10. Nous tassons de l’orge.

70

Dimanche 11 . Nous rendons visite à des prisonniers français à Bellin.

71

Lundi 12. Tassé de l’orge.

72

Mardi 13. Arracher des pommes de terre.

73

Mercredi 14. Détassé des bettraves. Nous fêtons le 14 juillet [20][20] L’équipe de requis chante discrètement La Marseillaise....

74

Jeudi 15 juillet. Biné des pommes de terre.

75

Vendredi 16. Chargé du colza à la batteuse.

76

Samedi 17. Cueillir des petits pois.

77

Dimanche 18 . Au cinéma à Bärwalde.

78

Lundi 19. Arracher des pommes de terre.

79

Mardi 20. Arracher des pommes de terre.

80

Mercredi 21. Arracher du lin à la main.

81

Jeudi 22. Arracher du lin.

82

Vendredi 23. Finir d’arracher le lin et mettre du seigle debout.

83

Samedi 24. Mettre du seigle debout.

84

Dimanche 25 . À la messe à Königsberg.

85

Lundi 26. Mettre du seigle debout.

86

Mardi 27. Mettre du seigle debout.

87

Mercredi 28. Rattelé du seigle avec un bœuf. Reçu ma 1re lettre.

88

Vendredi 30. Tassé de l’orge sous le hangar.

89

Samedi 31. À la batteuse.

Août [1943]

90

Dimanche 1er août . Travaillé : rentré de l’orge. Nous faisons de la photo.

91

Lundi 2 août. Tassé du blé sous le hangar.

92

Mardi 3. Tassé du blé sous le hangar.

93

Mercredi 4. À la machine.

94

Jeudi 5. Tassé de l’avoine et rentré du charbon.

95

Vendredi 6. Chargé des voitures d’orge.

96

Samedi 7. Chargé du blé.

97

Dimanche 8 . Resté à Guhden.

98

Lundi 9. Coupé de la graine de bettraves jusqu’à 8 et il pleut Nous rentrons à la maison.

99

Mardi 10. Rentré des pois.

100

Mercredi 11. Charroyé du blé.

101

Jeudi 12. À la batteuse, à la balle.

102

Vendredi 13. Tassé du seigle.

103

Samedi 14. Nous n’avons pas travaillé.

104

Dimanche 15 . Resté à Guhden. On nous photographie pour les cartes de travail.

105

Lundi 16. Arracher de l’herbe dans les patatte.

106

Mardi 17. Arracher de l’herbe dans les patatte.

107

Mercredi 18. À la batteuse.

108

Jeudi 19. Coupé la graine de bettrave.

109

Vendredi 20. À la batteuse. À la peulle [21][21] Paille, selon l’auteur..

110

Samedi 21. Charroyé du seigle.

111

Dimanche 22 . À la messe à Königsberg.

112

Lundi 23. À la graine de bettrave.

113

Mardi 24. Idem.

114

Mercredi 25. Arraché de l’herbe dans les patattes.

115

Jeudi 26 août. Vidé de la paille.

116

Vendredi 27. Charroyé du fumier.

117

Samedi 28. Coupé de l’herbe dans les pattates.

118

Dimanche 29 . Resté à Guhden.

119

Lundi 30. Arracher des pommes de terre.

120

Mardi 31. Charrié du fumier.

Septembre [1943]

121

Mercredi 1er . Arraché de l’herbe dans les pattates.

122

Jeudi 2 septembre. Arraché des pommes de terre.

123

Vendredi 3. Aux pommes de terre.

124

Samedi 4. Le matin, aux p. de t. L’après-midi, nous n’avons pas travaillé. Il pleut.

125

Dimanche 5. Resté à Guhden. Photo.

126

Lundi 6. Aux pommes de terre.

127

Mardi 7. Idem.

128

Mercredi 8..

129

Jeudi 9. ……. Il arrive du renfort.

130

Vendredi 10. Idem. Gaston lave notre linge [22][22] Gaston Blondeau, l’un des quatre Augerons..

131

Samedi 11. Idem. L’après-midi, je quitte le chantier en compagnie de Georges [23][23] Georges Arsicaud, requis des Deux-Sèvres..

132

Dimanche 12 . Resté à Guhden.

133

Lundi 13. Aux patates. Arrestation de Pasquet [24][24] Marcel Pasquet, requis des Deux-Sèvres (cf. supra,....

134

Mardi 14. Au docteur en compagnie de Henri [25][25] Henri Prieur, l’un des quatre Augerons..

135

Mercredi 15. Aux pattates.

136

Jeudi 16. À la chambre.

137

Vendredi 17. À la chambre.

138

Samedi 18. À la chambre, fait la lessive.

139

Dimanche 19 . À Guhden. Fait du chocolat.

140

Lundi 20. Départ des gars des Deux-Sèvres. L’après-midi, pas travailler. Il pleut.

141

Mardi 21. Aux pattate avec Pihan. 82 tickets [26][26] 1 ticket par panier ramassé. Cf. photographie 4, p....

142

Mercredi 22. Aux patates “ “ “ 88 “ “ “.

143

Jeudi 23. “ “ “ “ “ “ 89 “ “ “.

144

Vendredi 24. “ “ “. “ “ “. 79 “ “ “

145

Samedi 25. Finir le champ de Belin. 75 “ “

146

Dimanche 26 . Levé à 10 h. Fait la lessive.

147

Lundi 27. Dix-neuf Italiens arrivent à Guhden. Fait 40 tickets. Maquignon part pour la France [27][27] Réformé..

148

Mardi 28. Aux pattates. 57 tickets. Reçu une lettre.

149

Mercredi 29. “ “ “. 65 tickets. Anniversaire à Henri [28][28] Henri Prieur a 21 ans..

150

Jeudi 30. “ “ “. 24 tickets. Reçu mon passe-montagne. 1 lettre.

[Octobre 1943]

151

Vendredi 1er octobre. Aux pattes (sic). 20 tickets. Touché 21 marks.

152

Samedi 2. Aux pattates avec J. Louvet. 724 tickets.

153

Dimanche 3 . À Guhden. But une bouteille de vin.

154

Lundi 4. Aux patates arrière la machine. Fait 102 tickets avec Jean Louvet. Reçu 1 lettre.

155

Mardi 5. Aux pattattes. 97 tickets. Reçu un colis. Départ des soldats allemands.

156

Mercredi 6. Aux pattates. 39 tickets. Charles Lane.

157

Jeudi 7.“ “ “. 93 tickets.

158

Vendredi 8. “ “ “. 34 tickets. Discussion avec l’homme aux tickets [29][29] Le contremaître de la ferme.. Touche mon passeport et reçu 20 marks.

159

Samedi 9. 67 [illisible]. 40 Italiens arrivent.

160

Dimanche 10 . Travailler au piq[illisible] jusqu’à midi.

161

Lundi 11. Aux pattattes. 36 tickets. Il a gelé blanc.

162

Mardi 12. “ “ “. 36 tickets.

163

Mercredi 13. “ “ “. 37 tickets. Reçus coli de 5 kgs. 1 lettre de France.

164

Jeudi 14. “ “ “. 44 tickets. Reçus lettre du 7 octobre

165

Vendredi 15. “ “ “. 44 tickets. Touché 23 marks.

166

Samedi 16. 25 tickets le matin. Près-midi resté à la chambre.

167

Dimanche 17 . Nous restons à Guhden. Vider une bouteille de vin. Visite à Königsberg.

168

Lundi 18. 18 tickets. Marcel Pasquet rentre. Henri [illisible].

169

Mardi 19. 19 tickets. Finir les pattattes. Reçus 2 colis.

170

Mercredi 20. Commencé les betteraves. Reçus 1 coli et 2 lettres.

171

Jeudi 21. Aux bettraves.

172

Vendredi 22. Au bettraves. Touché 15,81.

173

Samedi 23. “ “ “. 4e mois que nous sommes partis de France. Reçu un coli de poires.

174

Dimanche 24 . À Guhden

175

Lundi 25. Aux bettraves.

176

Mardi 26. Aux bettraves.

177

Mercredi 27. “ “ “. Reçus un coli de 20 kgs.

178

Jeudi 28. Aux bettraves. Reçus 2 lettres et 1 coli-poste.

179

Vendredi 29. “ “ “. Touché 16 M 04. 4e mois à Guhden.

180

Samedi 30. “ “ “. Pas de lettres.

181

Dimanche 31 . Pas de lettres. Fait un bon souper dans notre chambre.

[Novembre 1943]

182

Lundi 1 novembre. Reçus lettre du 22. Aux bettraves.

183

Mardi 2. Reçus 2 lettres et 2 colis-postes.

184

Mercredi 3. Aux bettraves. Fête la Saint-Charles [30][30] Fête de Charles Dieudonné..

185

Jeudi 4. “ “ “. Libaux part en prison [31][31] Émile Libault, requis des Deux-Sèvres, cf. supra (l.....

186

Vendredi 5. Il fait froid. L’après-midi resté à la chambre. Reçus 2 colis.

187

Samedi 6. “ “ “. Reçus 1 lettre de Christiane [32][32] Sœur de Pierre Lebugle..

188

Dimanche 7 . Il tombe de la neige. Reçus lettre du 24, n° 10.

189

Lundi 8. Je reste à la chambre. Charles reçoit 4 colis [33][33] Charles Dieudonné..

190

Mardi 9. À la chambre. Reçus 2 colis du 30 septembre [mot illisible].

191

Mercredi 10. Au docteur. “ “ “. 2 colis du 28 septembre et du 30 octobre.

192

Jeudi 11. À la chambre.

193

Vendredi 12 . Au docteur. À la chambre. Touché 8 M 50. Henri reçois ses feuilles.

194

Samedi 13. Henri part[34][34] Départ d’Henri Prieur (passage souligné par l’aute.... À la chambre. Pas de lettre.

195

Dimanche 14 . À la chambre. Pas de lettre.

196

Lundi 15. À la chambre. Pas de lettre.

197

Mardi 16. À la chambre. Pas de lettre.

198

Mercredi 17. Au docteur. Une lettre du 26 octobre, n° 12.

199

Jeudi 18. À la chambre. Bombardement de Jadickendorf [35][35] 750 habitants en 1939..

200

Vendredi 19. Au docteur. Reçus 1 lettre du 3 novembre, n° 1.

201

Samedi 20. À la chambre. Jean Phian me tient compagnie [36][36] Jean Pihan.. Reçus lettre du 31 octobre.

202

Dimanche 21 . À Guhden. Pas de lettre. Fait une sablée.

203

Lundi 22. Au docteur. Fait la lessive.

204

Mardi 23. À la chambre avec Phian.

205

Mercredi 24. À la chambre. Finir la lessive.

206

Jeudi 25. Chargé du fumier.

207

Vendredi 26. Arraché des carottes.

208

Samedi 27. “ “ “ des carottes, coupé du bois. Reçus une lettre 8 novembre.

209

Dimanche 28 . Rendre visite aux prisonniers.

210

Lundi 29. Ce qui sont notre chambre vider des voitures de paille [un mot illisible].

211

Mardi 30. Déroncé dans le milieu d’un champ.

[Décembre 1943]

212

Mercredi 1er décembre. Trailler des pommes de terre.

213

Jeudi 2. Trié des pommes de terre.

214

Vendredi 3. À la gare. Reçus 2 lettre n° 2 et 5.

215

Samedi 4. Trié des patattes. Reçus 1 lettre.

216

Dimanche 5. À Guhden. Fait de la photo.

217

Lundi 6. Trié des pommes de terre.

218

Mardi 7. Chargé du fumier. Reçut une lettre.

219

Mercredi 8. Recouvrir des silos [37][37] De betteraves.. Reçus 1 lettre.

220

Jeudi 9. Chargé du fumier.

221

Vendredi 10. Coupé du bois. Il neige. Reçu une [lettre] de Christiane.

222

Samedi 11. À la machine.

223

Dimanche 12 . À Guhden.

224

Lundi 13 . Départ de Jean Phian et de 9 autres camarades.

225

Mardi 14. Vidé des voitures de paille.

226

Mercredi 15. Lavé.

227

Jeudi 16. Vidé des voitures de paille. Reçu une lettre.

228

Vendredi 17. “ “ “. Reçu lettre du [mot illisible].

229

Samedi 18. Tassé de la paille.

230

Dimanche 19 . Rentré du charbon au château.

231

Lundi 20. À la machine. Reçu une lettre de [illisible].

232

Mardi 21. Tassé de la paille. “ “ “ une lettre de Mar[illisible].

233

Mercredi 22. Tassé “ “ “ et tassé des carottes. Reçus 2 lettres.

234

Jeudi 23. Trillé des pommes de terre.

235

Vendredi 24. Lavé.

236

Samedi 25. À la messe à Königsberg.

237

Dimanche 26 . À Guhden.

238

Lundi 27. Comblé des fossés dans les champs.

239

Mardi 28. “ “ “.

240

Mercredi 29. “ “ “.

241

Jeudi 30. “ “ “. Reçu lettre de Henri [38][38] Henri Prieur..

242

Vendredi 31. “ “ “ de Gabriel [39][39] Gabriel Jouane, camarade d’école de Camembert..

243

26 dimanches passés à Guhden.

Année 1944 à Guhden [40][40] D’après l’agenda de l’auteur, qui couvre l’ensemble..., [Janvier 1944]

244

Samedi 1e . À Guhden. Reçu une lettre du 12 décembre.

245

Dimanche 2. À Guhden.

246

Lundi 3. Comblé des trous dans le milieu des champs [41][41] Comblement d’anciens marais pour occuper les requi....

247

Mardi 4. Comblé des trous dans le milieu des champs. Reçu une lettre n° 6, de décembre.

248

Mercredi 5. Même travail. Reçu lettre n° 4.

249

Jeudi 6. Vidé des voitures de fumier.

250

Vendredi 7. Étendre du fumier.

251

Samedi 8. Étendre du fumier.

252

Dimanche 9 . À Guhden. Georges Arsicaud vient nous voir. Nous lui donnons un coli à remporté pour Pihan. Reçu une lettre. Fêté mon anniversaire. 22 ans.

253

Lundi 10. Finir d’étendre du fumier le matin. Trillé des pommes de terre après-midi. Reçu 1 coli du 28 décembre.

254

Mardi 11. Bouché un fossé derrière les granges. Je travaille seul. Reçu 2 lettres 22 et 23 décembre.

255

Mercredi 12. À la machine. Reçu ma valise en bois. Échangé un pain contre un peut de goutte avec l’inspecteur [42][42] Le contremaître du domaine..

256

Jeudi 13. À la gare. Fait un wagon de pommes de terre avec Charles, Jean Tramontin et Marcel Pasquet.

257

Vendredi 14. À la machine. Reçu un coli poste du 28 décembre. Touché 13 M 39 de paye.

258

Samedi 15. À la machine. Reçu 2 lettres 24 et 26 décembre.

259

Dimanche 16 . À Guhden. Jean Pihan passe la journée avec nous.

260

Lundi 17. Cassé du bois et chargé 3 voitures de sacs de seigle. Reçu une lettre de Gabriel Jouane.

261

Mardi 18. Cassé du bois.

262

Mercredi 19. Chargé du fumier. Reçu une lettre de Marcel Fouquier [43][43] Cousin du père de Pierre Lebugle, instituteur libre... et une de Christiane, du 19 décembre. Reçu un coli-poste de poulet du 28 décembre.

263

Jeudi 20. Coupé du bois. Reçu une lettre de mes parents du 30 décembre n° 13, une carte de marraine du 20 d. et une lettre de parrain Marc du 30 décembre [44][44] Valentine Boutigny, grand-mère de l’auteur, et Marc....

264

Vendredi 21. Trillé des pommes de terre.

265

Samedi 22. Chargé des voitures de fumier avec Jean Tramentin et Émile Libault [45][45] Requis des Deux-Sèvres.. Échangé des cigarettes contre du sirop de bettrave.

266

Dimanche 23 . Au théâtre à Bärwalde voir jouer « Bichon ». Reçu 2 lettres, la dernière de décembre et l’autre du 5 janvier n° 2. Reçu 10 lettres pour nous 4.

267

Lundi 24. Découvrir des silos à pommes de terre. Reçu une lettre de Christiane du 2 janvier. Échangé des cigarettes contre du sirop de bettraves.

268

Mardi 25. Chargé du fumier. Reçu une lettre de chez l’oncle Georges [46][46] Georges Loquet, grand-oncle maternel de l’auteur..

269

Mercredi 26. Reçu 7 lettres, 2 de mes parents, une de la tante, une de Marc, une de Henri, une de l’abbé Guibé et de Christiane et de Thérèse Drouin [47][47] L’abbé Guibé, curé des Champeaux, desservant Camembert..... Reçu 1 coli du 30 décembre contenant mon petit Noël.

270

Jeudi 27. À la machine. Colporté 90 à 100 sacs de seigle. On nous fait éteindre la lumière. Écrit à Christiane.

271

Vendredi 28. Chargé du fumier.

272

Samedi 29. Fait la lessive. Reçu un coli de pommes du 14 décembre et un coli gare du 7 janvier. Reçu une lettre du 1er janvier.

273

Dimanche 30. Rendre visite aux prisonniers des bois [48][48] Camp de prisonniers français.. Mangé avec eux. Gaston et Jean vont voir Gabriel Letourneur [49][49] Du canton de Vimoutiers (Orne). à Ebeswald. Reçu une lettre de tante Lucie [50][50] Lucie Boutigny, sa grande-tante maternelle..

274

Lundi 31. Étendre du fumier.

[Février 1944]

275

Mardi 1er . Finir d’étendre du fumier et trillé des pommes de terre. Reçu une lettre du 12 janvier et un coli de 78 pommes, du 10 janvier. Envoyer 3000 F en France.

276

Mercredi 2. À la machine.

277

Jeudi 3. Trillé des pommes de terre. Reçu une lettre du 15 jan. N° 6. On nous apprend que nous sommes restreind en correspondance et on refuse nos lettres. Jean ne travaille pas et nous faire cuire des haricots.

278

Vendredi 4. Pas travailler. Reçu une lettre du 16 janvier n° 7 et une lettre de Madame Lafosse. Fait cuire des haricots et confectionné une tarte aux pommes.

279

Samedi 5. À la chambre. Fait de la couture et confectionner 2 tartes. Écrit une lettre chez nous. Reçu une lettre du 17 janvier de marraine. Charles va raser les prisonniers à Mohrin.

280

Dimanche 6 . À Guhden. Gaston rend visite aux prisonniers de Jädikendorf. Lemesle échange sa montre contre un accordéon. Envoyé la 1re carte postal à mes parents.

281

Lundi 7. À la machine. Jean à la gare. Écrire chez nous.

282

Mardi 8. Reçu une lettre du 20 janvier n° 8.

283

Mercredi 9. Trillé des pommes de terre. Marcel Pasquet nous quitte pour une destination inconnue. Écrire chez nous.

284

Jeudi 10. Étendre du fumier. Il neige (12 cm). Reçu 2 colis, un du 14 et l’autre du 20 janvier.

285

Vendredi 11. Étendre du fumier. Il neige encore (20 à 25 cm).

286

Samedi 12. Cassé du bois pour le tracteur [51][51] Moteur au gazogène..

287

Dimanche 13 . À Guhden. Jean et Gaston vont mangé chez les prisonniers. Reçu une lettre de maman, du 23 janvier n° 10 et une de Christiane, du 19 janvier.

288

Lundi 14. Chargé des baneaux de betteraves.

289

Mardi 15. Haché de la paille. Reçu 2 lettre, le n° 2 de janvier et le n° 1 de février.

290

Mercredi 16. Cassé du bois pour le tracteur avec Gaston.

291

Jeudi 17. Cassé du bois pour le tracteur avec Olivier [52][52] Camarade des Deux-Sèvres.. Reçu un coli-poste du 12 janvier. Il fait froid.

292

Vendredi 18. Chargé des voitures de fumier. Il fait froid.

293

Samedi 19. Chargé des voitures de fumier le matin et couvrir des silos l’après-midi. Il fait froid. Fait faire une bague avec une pièce de bronze.

294

Dimanche 20 . À la messe à Bärwalde. Reçu 3 lettres, n° 2, 3 et 4 de février, toutes censurées [53][53] Lettres ouvertes et visées.. Il fait froid, 11° au-dessous de zéro.

295

Lundi 21. Découvrir un silos de feuilles de bettrave en compagnie de Olivier. Après-midi, cassé du bois pour le tracteur. Reçue 2 lettres n° 11 et 12 de janvier.

296

Mardi 22. Vidé des voitures de fumier. Après-midi, il neige. Fin des battages.

297

Mercredi 23. Chargé du fumier et battre du lin. Reçu nos cartes de contrôle. Nous expédions notre première lettre.

298

Jeudi 24. Pelé des sapins dans la cour de la ferme en compagnie de Émile Libault.

299

Vendredi 25. Étendre du fumier et trillé des pommes de terre. Reçu une lettre de Christiane du 25 janvier.

300

Samedi 26. Fait ma lessive. Démêlé de la pâte pour faire des crêpes.

301

Dimanche 27 . À Guhden. Fait des crêpes. Reçu une lettre de Henri.

302

Lundi 28. Vidé 6 voitures de charbon. Vidé une voiture de 1 500 briques. Jean Tramontin reçoit sa feuille de perme.

303

Mardi 29. Sortir des briques dedans la porcherie. Fait des trous dans la porcherie. Reçu 2 lettres de chez nous, 11 et 13 février et une de Gabriel, du 31 janvier. Jean Tramontin nous dit au revoir.

[Mars 1944]

304

Mercredi 1er . Départ de Jean Tramontin. Étendre du fumier dans les champs. J’ai eut froid. Reçu une lettre de Christiane du 11 février.

305

Jeudi 2. Chargé des voitures de terre avec 2 Russes. Reçu une lettre de Maurice Loquet. Il fait froid et tombe des giboulées. Nous apprenons que Marcel Pasquet est dans un camp à Francfort.

306

Vendredi 3. Chargé des voitures de terre. Il fait froid. Reçu 2 lettres de chez nous, n° 8, 18 février, et n° 9, 19 février. Reçu un coli-poste. Une boîte de rillettes. Fait un coli pour Pihan. Touché 14 marks 44.

307

Samedi 4. Curé un fossé avec des Russes. Reçu un coli-gare du 4 février. Charles va coupé les cheveux aux prisonniers à Mohrin.

308

Dimanche 5. À Guhden. Gaston et Jean vont manger chez [les] prisonniers et les prendre en photo. Je fait des crêpes. Reçu un coli-poste du 23 février.

309

Lundi 6. Étendre du fumier avec Olivier. Reçu 2 lettre du 20 février et du 22 février.

310

Mardi 7. Étendre du fumier avec Jean, Charles et Gaston. Envoyé 150 marks.

311

Mercredi 8. Vider des pommes de terre de semence et les mettre en silos. Reçu une lettre de Henri du 17 février.

312

Jeudi 9. Dégaré de l’engrais avec Gaston. L’après-midi, cassé du bois pour le tracteur.

313

Vendredi 10. Nettoyé un silos à pommes de terre. Chargé un baneau d’engrais avec un Italien. Reçu 1 lettre du 26 février, n° 11. Touché 14 M 90.

314

Samedi 11. Étendre de la terre. Il pleut à verse.

315

Dimanche 12 . À Guhden. Reçu une lettre du 27 février, n° 12. Gaston va voir les prisonniers de Jädikendorf.

316

Lundi 13. Il pleut et tombe de la neige. Fait un wagon de pommes de terre avec un Polonais. Il tombe des giboulées.

317

Mardi 14. Vidé des voitures de pommes de terre de semence et chargé deux autres voitures pour faire un wagon demain.

318

Mercredi 15. Chargé des ordures avec le père Meuller. Il fait beau temp, du soleil toute la journée.

319

Jeudi 16. Vider un wagon de pommes de terre à la gare. L’après-midi au clapa. Il fait beau. Charles coupe les cheveux au berger.

320

Vendredi 17. Semer de l’engrais. Nous commençons le matin à 6 h 1/2 et finissons le soir à 6 h. Ensuite 1 h 1/2 pour manger.

321

Samedi 18. Semer de l’engrais.

322

Dimanche 19 . À Guhden. Reçu 2 lettres, une du mercredi 1er mars, n° 1, et l’autre du jeudi 2 mars, n° 2. Nous recevons une lettre de Jean Tramontin nous fesant part de son voyage.

323

Lundi 20. Découvrir des silos de pommes de terre. Reçu une lettre du 8 mars, n° 4. Il tombe des giboulées.

324

Mardi 21. Charroyé de la terre avec Muller. Charger un fût d’eau. J’ai eût bien froid. Il tombe des giboulées. Reçu une lettre du 10 mars, n° 5. Il tombe encore des giboulées.

325

Mercredi 22. Pas travailler. Je raccommode et écrit une lettre et une carte chez nous. Charles à la gare ; Gaston au clapa et Jean, avec Muller. Il tombe des giboulées. Écrit à Maurice Loquet et à Gabriel Jouanne.

326

Jeudi 23. Fait un wagon de pommes de terre avec un Polonais. Il fait beau.

327

Vendredi 24. Remplacé le Polonais s’occupant de la porcherie jusqu’à midi. Après-midi, découvrir un silos et curé un fossé. Il pleut et tombe des giboulées. Remis de la nouvelle paille dans nos paillasse.

328

Samedi 25. Scié du bois pour l’inspecteur en compagnie de Violette [54][54] Camarade des Deux-Sèvres.. Manquer de mettre le feu dans notre chambre, la graisse où je fesais cuire du lard s’étant enflammée.

329

Dimanche 26 . À la messe à Bärwalde.

330

Lundi 27. Travaillé à la porcherie en remplacement de l’Allemand M. Kramp. Envoyé la 2e lettre de mars.

331

Mardi 28. À la porcherie.

332

Mercredi 29. À la porcherie.

333

Jeudi 30. À la porcherie.

334

Vendredi 31. Fait des tas de paille autour des silos à pommes de terre. L’après-midi, défriché une lisière en bordure d’un champ.

[Avril 1944]

335

Samedi 1er . Fait un wagon en compagnie d’un Polonais. Mangé à 1 h 1/2. L’après-midi, bricolé dans le jardin du patron. Fait courir le poisson d’avril à Charles.

336

Dimanche 2. Georges Arsicaud mange avec nous et nous lui donnons du ravitaillement à remporté à Jean Pihan. Il fait bien beau. L’après-midi, voir les prisonniers de Jädickendorf avec Olivier, Violette, et Gaston.

337

Lundi 3. Trillé des bettraves pour les repiqués d’ici quelque temps. Il fait froid.

338

Mardi 4. Trillé des bettraves. Il fait encore froid.

339

Mercredi 5. Fait un wagon avec un Polonais, Gaston et Charles. Cet après-midi, trillé des bettraves. Reçu un coli du 10 mars. Il vient de l’orage et tombe de l’eau à torrents.

340

Jeudi 6. Ramassé des pierres dans un champ et bouché des trous creusés par les sangliers en compagnie de Charles et de Gaston. J’ai mal au pouce.

341

Vendredi 7. À l’occasion du Vendredi saint, nous ne travaillons pas.

342

Samedi 8. Pas travailler. Je vais voir le docteur pour mon pouce.

343

Dimanche 9. À la messe à Königsberg. L’après-midi à Bärwalde, assiste à une compétition sportive offerte par les prisonniers. Il fait beau.

344

Lundi 10. Nous n’avons pas sorti. Après mangé, nous avons fait de la photo. Moi et Charles, nous fesons un tour au lac et nous fesons encore de la photo… Il fait bien beau.

345

Mardi 11. Au docteur. Il fait beau. Reçu 2 lettres, une du 24 mars, n° 11, et l’autre du 22, n° 12. Reçu également un coli-poste du 13 mars.

346

Mercredi 12. Pas travaillé. Gaston me tient compagnie. Il fait beau.

347

Jeudi 13. Pas travaillé. Porté des lettres à la poste à Mohrin. Envoyé la 1re lettre d’avril.

348

Vendredi 14. Au docteur. Reçu une lettre du 14 mars, n° 13.

349

Samedi 15. Repris mon travail. Vidé des voitures d’engrais avec les semeurs.

350

Dimanche 16 . Le matin, béché le jardin d’une voisine avec Lenoir. Elle nous paie à manger et nous donne 10 œufs.

351

Lundi 17. À l’engrais. Reçu 2 lettres, une du 19, n° 7, et une du 22, n° 10.

352

Mardi 18. À l’engrais. Charles me coupe les cheveux.

353

Mercredi 19. Remplacé le Polonais à la porcherie. Charroyé une voiture de pommes de terre, du charbon, et fait cuire des pommes de terre.

354

Jeudi 20. À la porcherie. Reçu une lettre de Henri.

355

Vendredi 21. À la porcherie. Reçu un coli-gare du 24 mars.

356

Samedi 22. À la porcherie. Reçu une lettre du 19 mars, n° 8.

357

Dimanche 23 . Soigné les cochons et finir de bêcher le jardin de Madame Krantz. Reçu une lettre du 1er avril.

358

Lundi 24. À la porcherie. Piqué tous les cochons. Le soir, fait le concert au bord du lac en compagnie de Dédé, Olivier et Charles.

359

Mardi 25. À la porcherie. Écrit à Henri.

360

Mercredi 26. Le matin, charroyé de la paille et l’après-midi, semé de l’engrais. Il fait beau.

361

Jeudi 27. Planté des pommes de terre. Il fait du vent froid.

362

Vendredi 28. Planté des pommes de terre. Il fait encore froid. Une nouvelle Polonaise travaille avec nous. Reçu une lettre du 14 avril, n° 2. Touché 21 marks.

363

Samedi 29. Planté des pommes de terre. Il fait beau. Georges Arsicaud vient nous voir.

364

Dimanche 30. À la messe à Jädickendorf en compagnie de Gaston. L’après-midi, au théâtre à Königsberg.

[Mai 1944]

365

Lundi 1er . Pas travailler. Nous sommes convoqué au bureau. On nous avertie que l’on s’est plaint de la disparition de poules donc de nous tenir sur nos gardes. Il pleut.

366

Mardi 2. Fait un wagon de pommes de terre en compagnie de Gaston, Lenoir et Olivier. Il pleut. Il arrive un nouvel inspecteur.

367

Mercredi 3. Semé de l’engrais avec Gaston, Lenoir, Olivier et Violette. Il pleut l’après-midi.

368

Jeudi 4. Gaston et moi nous allons cherché deux remorques de pommes de terre à Woltersdorf [55][55] 293 habitants en 1939., à 6 km d’ici. L’après-midi, nous allons livrer une remorque de pommes de terre à Mohrin. Il fait vent et tombe des giboulées.

369

Vendredi 5. Ramassé des cailloux dans les champs le matin et l’après-midi, semé de l’engrais. Reçu une lettre de Christiane du 8 avril. Jean reçoit un coli.

370

Samedi 6. Ramassé des cailloux dans les champs.

371

Dimanche 7 . À Guhden. Jean Pihan nous rend visite. Je vais le conduire à la gare. Lenoir part à Berlin.

372

Lundi 8. Planté des pommes de terre. Il fait un froid de canard sauvage. Reçu une mettre du 22 avril, le n° 4.

373

Mardi 9. Ramassé du chiendent et des pierres dans les champs. Il fait beau. Lenoir n’est pas encore rentré de Berlin.

374

Mercredi 10. Lenoir rentre de Berlin. Planté des pommes de terre. Il fait beau.

375

Jeudi 11. Planté des pommes de terre. Il fait beau. Charles au dentiste.

376

Vendredi 12. Je remplace le Polonais à la porcherie. Gaston reçoit son harmonica. Il fait beau.

377

Samedi 13. À la porcherie. Reçu une mettre du 4 mai, n° 1.

378

Dimanche 14 . À Guhden. Soigné les cochons. Reçu 2 lettres, une du 25 et l’autre du 30 avril.

379

Lundi 15. À la porcherie. Reçu une lettre du 29 avril. Il fait mauvais temps, du vent et de l’eau.

380

Mardi 16. À la porcherie. Le mari de Mme Kranz arrive en permission. Il fait beau.

381

Mercredi 17. À la porcherie. Je soigne les cochons tout seul avec un jeune Polonais. Reçu 2 lettres, une du 5 mai et l’autre du 8 mai.

382

Jeudi 18. À la porcherie. Il pleut presque toute la journée. Les copains ne travaille pas l’après-midi. Charles se fait couper les cheveux et moi je fais du pain.

383

Vendredi 19. À la porcherie.

384

Samedi 20. À la porcherie. Reçu une lettre du 10 mai.

385

Dimanche 21 . À la porcherie. Gabriel Letourneur nous rend visite. Gaston à la messe à Jädickendorf. Les camarades à Küstrin.

386

Lundi 22. À la porcherie. Il fait froid.

387

Mardi 23. À la porcherie. Je trouve 2 cochons de crevés. Il tombe de la grêle.

388

Mercredi 24. À la porcherie. Je trouve un cochon crevé.

389

Jeudi 25. À la porcherie. Reçu 2 lettres, une du 11 mai et l’autre du 16 mai. Envoyé 50 marks. Il fait froid.

390

Vendredi 26. À la porcherie. Il fait froid. Touché 14 marks.

391

Samedi 27. À la porcherie. Reçu une lettre du 19 mars.

392

Dimanche 28 . Soigne les cochons. L’après-midi, nous nous sommes baignés.

393

Lundi 29. Charles laisse tombé sa ceinture dans la fosse d’aisance pour la 1re fois nous dit-il. Pas travailler. Soigner les cochons. Je me baigne.

394

Samedi 30. À la porcherie. Je me baigne. Reçu une lettre du 22 mai.

395

Mercredi 31. À la porcherie.

[Juin 1944]

396

Jeudi 1er . À la porcherie. Je me baigne. Reçu un coli-gare du 27 avril.

397

Vendredi 2. À la porcherie. Il fait mauvais temps. Touché 20 M 33.

398

Samedi 3. À la porcherie et charroyé de la luzerne avec un charrettier polonais. Reçu un coli du 21 avril. Envoyé ma 1re lettre de juin.

399

Dimanche 4 . À Guhden. Soigné les cochons.

400

Lundi 5. À la porcherie. 7 ouvriers quittent la ferme.

401

Mardi 6. À la porcherie et fait un silos d’herbe coupée. Nous apprenons qu’un débarquement anglais est effectué en Normandie [56][56] Sans doute par Radio Berlin qui fut la première à annoncer.... Reçu une carte du 27 mai.

402

Mercredi 7. À la porcherie. Reçu une lettre de Christiane, du 11 mai. Il pleut de 3 h à 5 h.

403

Jeudi 8. À la porcherie.

404

Vendredi 9. Fini mon travail à la porcherie. Détassé des bettraves avec des camarades.

405

Samedi 10. Au bettraves. Reçu une lettre du 30 mai.

406

Dimanche 11 . À la messe à Bärwalde et nous assistons à un match de foot-balle.

407

Lundi 12. Aux bettraves. Rentré à la chambre à 4 h 1/2.

408

Mardi 13. Aux bettraves. Reçu une lettre de chez nous du 24 mai. Reçu une lettre de Henri du 16 mai. Il vient de l’orage. Nous rentrons à la baraque à 10 h.

409

Mercredi 14. Aux bettraves. Bombardement de Vimoutiers, 300 victimes [57][57] En fait autour de 200 d’après Michel Boivin, Gérard....

410

Jeudi 15. Aux bettraves.

411

Vendredi 16. Aux bettraves. Reçu un coli du 5 mai.

412

Samedi 17. Aux bettraves.

413

Dimanche 18 . Travaillé jusqu’à midi. Fait des crêpes. Fait de la photo.

414

Lundi 19. Aux bettraves. Reçu un coli du 14 mai.

415

Mardi 20. Aux bettraves.

416

Mercredi 21. Finir les bettraves. Envoyé ma dernière lettre de juin.

417

Jeudi 22. Sarclé dans les pommes de terre. Reçu un coli du 25 mai… peut-être le dernier.

418

Vendredi 23. Il y a un an que nous quittions nos chers parents. Offrir un bouquet à Jean pour sa fête. Coupé de l’herbe dans les pommes de terre. Il fait beau.

419

Samedi 24. Biné les bettraves. Il pleut.

420

Dimanche 25 . À Guhden. Accompagné Jean à Mohrin. Gaston rend visite aux prisonniers de Butterfelde [58][58] 244 habitants en 1939..

421

Lundi 26. Biné des bettraves. Il fait beau.

422

Mardi 27. Biné les bettraves. Il vient de l’orage. Je me baigne.

423

Mercredi 28. Biner les bettraves. Il fait beau. Je me baigne. Les camarades m’offre un bouquet pour ma fête.

424

Jeudi 29. Aux bettraves. Il y a un an que nous sommes arrivé à Guhden. Reçu une lettre de chez nous du 5 juin. Je me baigne. Nous apprenons que plusieurs villes de l’Orne ont été bombardées : Vimoutiers, Argentan, Domfront, Briouze [59][59]  Cf. supra, note 43..

425

Vendredi 30. Aux bettraves.

[Juillet 1944]

426

Samedi 1er . Aux bettraves. Tout seul. Reçu une carte de Lisieux du 20 mai.

427

Dimanche 2 . Le matin, fait ma lessive. L’après-midi, nous mettons du colsa debout pendant 2 heures, ensuite nous nous baignons.

428

Lundi 3. Aux bettraves. Nous nous baignons.

429

Mardi 4. Aux bettraves. Nous nous baignons.

430

Mercredi 5. Aux bettraves. Nous nous baignons.

431

Jeudi 6. Aux bettraves. Nous nous baignons.

432

Vendredi 7. Aux bettraves. Porté du ligneul [60][60] Gros fil enduit de poix employé par les cordonnier... à un prisonnier du Komando de Damersoph pour réparer mes souliers. Nous nous baignons. Touché 21 marks.

433

Samedi 8. Aux bettraves. Il fait chaud, nous nous baignons. Jean reçoit une lettre du 22 juin que sa cousine lui a envoyée.

434

Dimanche 9 . À Guhden. Olivier et Gautier à Küstrin. François Vial et un camarade nous rende visite. Il fait très chaud. Nous nous baignons ensemble.

435

Lundi 10. Le matin, biné les bettraves. Dautre sont à la machine, battre le colza. L’après-midi, pas travaillé. Il pleut. Écrit la 1re lettre de juillet.

436

Mardi 11. Finir de biner les bettraves.

437

Mercredi 12. Le matin, arraché des choux pour replanter. L’après-midi, planté des choux.

438

Jeudi 13. Le matin, planter des choux. L’après-midi, Gaston et moi nous mettons des râteleures d’orge en tas. Nous finissons à 7 h. Nous fesons maintenant 10h 1/2 par jour.

439

Vendredi 14. Finir de mettre les râtelures en tas. L’après-midi, Charles et moi, nous relevons des tas d’orge abattus par le vent et la pluie.

440

Samedi 15. Le matin, mettre du colza debout. L’après-midi, cueillir des petits pois. Reçu une lettre de chez nous du 19 juin. On me donne des détailles sur le bombardement de Vimoutiers [61][61]  Cf. supra, note 43..

441

Dimanche 16 . À Guhden. Il pleut.

442

Lundi 17. Cueillir des petits pois. Envoyé ma 2e lettre de juillet. Reçu une lettre du 21 juin. Pihan arrive de Berlin pour s’embaucher chez Blumel. Il pleut.

443

Mardi 18. Le matin, cueillir des petits pois et l’après-midi, coupé des chardons dans le blé. Il pleut. La demande de Pihan est acceptée.

444

Mercredi 19. Pihan part pour Berlin chercher ses affaires. Dégarer un wagon d’engrais.

445

Jeudi 20. Pihan rentre parmi nous. Finir de cueillir des petits pois et coupé des chardons. À la machine, passé des gerbes de colza.

446

Vendredi 21. Jean Pihan recommence à travailler avec nous. Arraché de l’herbe dans les pommes de terre. L’après-midi, chargé des balles de paille à la machine.

447

Samedi 22. Arraché de l’herbe dans les pommes de terre. L’après-midi, coupé des chardons dans le blé. À 3 h, il vient un grand orage. Nous rentrons à la ferme et nous rentrons de la paille.

448

Dimanche 23 . Nous mangeons de bonne heure et nous allons, Gaston et moi, rendre visite aux prisonniers de Damersdorf et de Bellin. Le soir, à [Mohrin] en compagnie de Charles.

449

Lundi 24. Arraché du lin le matin. L’après-midi, à la machine.

450

Mardi 25. Au docteur pour 2 furoncles que j’ai à la jambe. Gaston se fait prendre la main dans la presse à la machine.

451

Mercredi 26. Je remplace Olivier à la cuisine. Je reçois une lettre du 27 juin m’apprenant la mort de ma pauvre cousine, France, décédée des suites du bombardement de Vimoutiers [62][62]  Cf. supra, note 43.. Il fait beau.

452

Jeudi 27. À la cuisine. Il fait beau.

453

Vendredi 28. Au docteur.

454

Samedi 29. À la cuisine. Fait ma lessive. Gaston reçoit une lettre de sa fiancée.

455

Dimanche 30 . Travailler à arracher du lin jusqu’à midi. Gaston à la messe à Jädickendorf. L’après-midi, il pleut encore.

456

Lundi 31. Ce matin, chargé des voitures de paille. L’après-midi, nous commençons à rentré du seigle. Nous sommes dérangé par un orage formidable.

[Août 1944]

457

Mardi 1er . Ce matin, arraché du lin. Il pleut un peu. L’après-midi, nous partons arraché des pommes de terre mais il pleut et nous rentrons à la chambre. Reçu une lettre du 2 juillet.

458

Mercredi 2. Le matin, arraché de l’herbe dans les pommes de terre. L’après-midi, relevé du seigle. Blümel travaille avec nous tout l’après-midi. Il fait beau.

459

Jeudi 3. Le matin, relevé du blé et de l’orge. L’après-midi, relevé et lié du lin. Reçu une lettre du 12 juillet. Il fait beau. Nous fêtons l’anniversaire à Gaston.

460

Vendredi 4. Lié et mettre du lin debout. Reçu une lettre du 1er juin. Il fait beau.

461

Samedi 5. Finir de placé la machine avec Lenoir et l’après-midi, à la machine. Je suis au sacs. Reçu une lettre du 5 juillet. Il fait beau.

462

Dimanche 6 . À la messe à Jädikendorf en compagnie de Gaston. Il fait beau.

463

Lundi 7. À la machine. Aux sacs. Il fait beau. Jean Pihan se fait arraché une dent à Bärwalde. Me baigné.

464

Mardi 8. Rentré 11 voitures de lin et tassé de l’orge sous le grand hangard. Il fait beau. Envoyé ma 2e lettre d’août. Me baigné.

465

Mercredi 9. Chargé des voitures d’orge toute la journée. Il vient un orage le soir, mais il ne pleut pas. Il fait chaud toute la journée. Me baigné.

466

Jeudi 10. À la machine, battre du blé. Il fait beau. Nous nous baignons. Cueillir un panier de pommes de terre car nous n’en avons plus.

467

Vendredi 11. Chargé des voitures de blé en compagnie de Charles, Gaston, Jean Pihan et Lemesle. Il fait beau. Nous nous baignons.

468

Samedi 12. À la machine. Porté les sacs. Le soir, à Damersdorf, chercher des haricots. Il fait beau. Ramassé un sac de blé.

469

Dimanche 13 . Fait ma lessive. François Vial, le camarade de Jädickendorf nous rend visite.

470

Lundi 14. Chargé des voitures de blé. Il fait beau.

471

Mardi 15. Déchargé des voitures de blé et chargé des râtelures d’orge. Il fait beau.

472

Mercredi 16. À la machine, finir de battre le seigle. Il fait beau.

473

Jeudi 17. Mettre du lupin et des petis pois en tas. L’après-midi, des réfugiés russes étant arrivés au village, nous sommes obligé de déménager. Les camarades viennent habité avec nous.

474

Vendredi 18. Sortir des pommes de terre dedans une cave. Reçu une lettre du 18 juillet. Chargé de l’avoine. Gaston passe cuisinier.

475

Samedi 19. Tassé de l’avoine sous un angard. Reçu une lettre du 10 juillet. Il fait beau, je me baigne. Les prisonniers italiens passent civiles [63][63] En civil..

476

Dimanche 20 . Travailler à rentrer de l’avoine jusqu’à midi. Reçu une lettre du 30 juillet. Visite du délégué régional du Kreis Küstrin [64][64] Responsable du travail.. Il fait beau, nous nous baignons.

477

Lundi 21. Biner les choux le matin. L’après-midi, coupé la graine de bettrave. Il fait chaud. Je me baigne.

478

Mardi 22. Coupé la graine de bettrave. Il fait chaud. Je me baigne.

479

Mercredi 23. Coupé la graine de bettrave le matin. L’après-midi, à la machine, aux sacs, en compagnie de Charles. Il fait chaud, nous nous baignons.

480

Jeudi 24. À la machine toute la journée. Il fait beau. Je me baigne.

481

Vendredi 25. Mettre de la graine de battrave debout le matin. Et l’après-midi, ramassé des pommes de terre derrière la machine. Reçu une lettre du 1er août. Charles est malade. Il fait beau.

482

Samedi 26. Le matin, ramassé des pommes de terre et l’après-midi, cassé du bois pour le tracteur et vidé une voiture de pommes de terre pour les cochons. Il fait chaud. Discussion avec Lenoir et Jean.

483

Dimanche 27 . Au cinéma à Küstrin. « Tragédie au cirque ». Il fait beau. Le délégué de Küstrin vient se baigné. Nous ramenons 2 colis de la délégation française.

484

Lundi 28. Il pleut un peu à la suite d’un orage. Ramassé des pommes de terre toute la journée. Il fait chaud et le soir il éclaire beaucoup. Me baigné.

485

Mardi 28. Ramassé des pommes de terre toute la journée. Il fait beau.

486

Mercredi 30. Le matin, ramassé des pommes de terre et l’après-midi, fait un wagon de 207 sacs de seigle en compagnie de Lemesle, Lenoir et Bronko. Il fait beau.

487

Jeudi 31. Le matin, finir un enclos et commencer à nettoyer les silos à bettraves. L’après-midi, tassé des voitures de bettraves à graines. Il fait beau.

[Septembre 1944]

488

Vendredi 1er . Fait un wagon de pommes de terre en compagnie de Lemesle, Gautier et Lenoir. Nous rentrons à 1 h 1/2. L’après-midi, nous nettoyons un fossé dans la cour de la ferme. Discussion entre Charles et Pihan. Il fait beau, mais du vent.

489

Samedi 2. Curé un fossé dans la cour de la ferme. Il fait vent.

490

Dimanche 3 . À Guhden. Rendre visite au prisonniers du kommando des Bois. Il pleut.

491

Lundi 4. Curé un fossé dans la cour de la ferme. Il bruine.

492

Mardi 5. Ramassé des pommes de terre derrière le tracteur « 50 tickets ». Il fait beau.

493

Mercredi 6. Ramassé des pommes de terre (37 t.). Il pleut un peu.

494

Jeudi 7. Ramassé des pommes de terre (28 tickets). Il fait beau. Nous mangeons un jeune roussi [65][65] Lièvre. que Jean Pihan a capturé en labourant.

495

Vendredi 8. Ramassé des pommes de terre, 23 tickets. Il commence à faire frais le matin. Fait réparer mes souliers du dimanche.

496

Samedi 9. Arraché des pommes de terre au pic. Il fait beau.

497

Dimanche 10 . Ramassé des pommes de terre jusqu’à midi (12 tickets). L’après-midi, fait des crêpes et raccommodé 2 culottes. Il arrive 15 Polonaise de Varsovie à la ferme.

498

Lundi 11. Ramassé des pommes de terre (40 t.). Il fait beau.

499

Mardi 12. Ramassé des pommes de terre (34 t.). Les nouvelles Polonaise commencent à travailler. Il fait beau.

500

Mercredi 13. Ramassé des pommes de terre (35 tickets). Il fait beau.

501

Jeudi 14. Ramassé des pommes de terre (35 t.). Il fait beau.

502

Vendredi 15. Ramassé des pommes de terre. Il fait beau.

503

Samedi 16. Ramassé des pommes de terre (12 t.). Il fait beau. Nous recevons un phono de la délégation française.

504

Dimanche 17 . À Guhden. Il fait beau. Nous allons danser le soir chez les Italiens. Bu une bouteille de vin.

505

Lundi 18. Ramassé des pommes de terre (22 tickets). Il fait beau.

506

Mardi 19. Ramassé des pommes de terre (10 t.). Il fait beau. Nous sommes obligé de rentrer à 9 h à partir de ce jour et il y a contrôle dans les chambres.

507

Mercredi 20. Arraché des pommes de terre. Il fait beau.

508

Jeudi 21. Arraché des pommes de terre. Il fait beau.

509

Vendredi 22. Arraché des pommes de terre (52 tickets). Il fait beau.

510

Samedi 23. Arraché et ramassé des pommes de terre (53 t.). Il fait beau. Reçu une lettre de chez nous du 8 août.

511

Dimanche 24 . À la messe à Jädickendorf. Il pleut un peu.

512

Lundi 25. Ramassé des pommes de terre (16 t). Il fait froid.

513

Mardi 26. Le matin, il pleut, nous rentrons à la baraque à 11 h. L’après-midi, couvrir des silos à pommes de terre et arracher des navets.

514

Mercredi 27. Arraché des pommes de terre au pic (24 t.). Il fait meilleur.

515

Jeudi 28. Pas travailler, j’ai un gros rhume. Il fait beau.

516

Vendredi 29. À la chambre. Il fait beau. Reçu 19 mark.

517

Samedi 30. Le chef passe dans la chambre, je suis obligé d’aller au docteur. Il fait froid.

[Octobre 1944]

518

Dimanche 1 er . Fait la lessive. L’après-midi, au kommando des Bois rapporté du pain. Il fait froid.

519

Lundi 2. Ramassé des pommes de terre (44 t.). Il fait froid. Il arrive 30 soldats pour aider à ramassé des pommes de terre. Nous commençons à travailler le matin à 6 h et nous finissons le soir à 6 h.

520

Mardi 3. Ramassé des pommes de terre (19 t.). Il fait beau temps l’après-midi.

521

Mercredi 4. Ramassé des pommes de terre (31). Il fait beau. Nous n’avons plus qu’une heure pour manger. Nous fesons 11 h par jour.

522

Jeudi 5. Ramassé des pommes de terre (40 t.). Il fait beau.

523

Vendredi 6. Arraché des pommes de terre (32 t.). Il fait beau. Touché 19 M 92.

524

Samedi 7. Arraché des pommes de terre au pic, 22 t. Il fait beau. Nous sommes tous enrhumé.

525

Dimanche 8 . À Guhden.

526

Lundi 9. Arraché des pommes de terre (28 t.). Il fait beau.

527

Mardi 10. Arraché des pommes de terre (28 t.). Il pleut. Envoyé un message radioffusé (sic) à Berlin destiné à nos famille [66][66] Ce message a été retranscrit et envoyé par un auditeur....

528

Mercredi 11. Fait un wagon de betteraves à la gare de Vietnitz. Il fait beau.

529

Jeudi 12. Ramassé des pommes de terre, 30 t. Il fait beau.

530

Vendredi 13. Ramassé des pommes de terre (25 t). Il fait beau. Touché 21 M 35.

531

Samedi 14. Ramassé des pommes de terre (42 t). Il fait beau. Charles me coupe les cheveux.

532

Dimanche 15 . À Guhden. Il fait beau.

533

Lundi 16. Ramassé des pommes de terre (52 t). Il fait beau.

534

Mardi 17. À la gare, fait un wagon de betteraves en compagnie de Charles. Il pleut une partie de la journée. Gaston est légèrement malade. Il va au docteur. Il prend du repos. 1er diffusage de mon message à mes bien-aimés parents [67][67]  Cf. note précédente..

535

Mercredi 18. Le matin, ramassé des pommes de terre (17 t). Il pleut.

536

Jeudi 19. Arraché des bettraves en compagnie de Charles. Il pleut à 3 h 1/2 de l’après-midi.

537

Vendredi 20. Arraché des bettraves. Il fait beau. Touché 18 Marks.

538

Samedi 21. Arraché des bettraves. Il fait beau.

539

Dimanche 22 . À Guhden. Il pleut. Je vais au kommando de Damersdorf chercher du gruau de seigle. Le soir, danser chez les Italiens. Diffusion de mon message à mes bien-aimés parents [68][68]  Cf. note 52..

540

Lundi 23. Le matin, ramassé des pommes de terre. L’après-midi, arraché des betteraves. Il fait beau. 16 mois que nous sommes parti de chez nous.

541

Mardi 24. Arraché des bettraves. Il fait beau.

542

Mercredi 25. Arraché des bettraves. Il fait beau.

543

Jeudi 26. Arraché des betteraves, finir un champ. Il fait beau.

544

Vendredi 27. Ramassé des pommes de terre (62 t). Il fait très froid. Reçu 22 marks.

545

Samedi 28. Ramassé des pommes de terre (56 t). Il fait encore froid.

546

Dimanche 29 . Travaillé à la machine en compagnie de Lenoir. Porté les sacs.

547

Lundi 30. Ramassé des pommes de terre (26 t). Il fait froid.

548

Mardi 31. Ramassé des pommes de terre (19 t). Il fait froid.

[Novembre 1944]

549

Mercredi 1er . Ramassé des pommes de terre (50 t). Il fait beau.

550

Jeudi 2. Arraché des pommes de terre au pic (20 t). Il fait beau.

551

Vendredi 3. Arraché des pommes de terre (20 t). Il fait beau. Fêter la Saint-Charles. Touché 22 marks.

552

Samedi 4. Fin de la saison des pommes de terre (20 t). Il fait beau.

553

Dimanche 5 . Je vais au kommando des Bois chercher du pain. Il fait beau.

554

Lundi 6. Arraché des bettraves. Il pleut, rentré à la chambre à 11 h. L’après-midi, travaillé dans le grenier mettre des sacs en ordre.

555

Mardi 7. Arraché des bettraves. Il pleut à verse. Rentré à la chambre à 8h 1/2.

556

Mercredi 8. Arraché des bettraves. Il fait beau mais il a plu toute la nuit.

557

Jeudi 9. Arraché des bettraves. Il fait beau.

558

Vendredi 10. Arraché des bettraves. Il fait beau. Reçu 17 marks.

559

Samedi 11. Travailler le matin jusqu’à 10 h 1/2 et l’après-midi, pas travailler du tout, il pleut à verse.

560

Dimanche 12 . Porter le phono à Küstrin en compagnie de Gaston. Il fait beau. Boucher vient à Guhden.

561

Lundi 13. Arraché la bettrave de semence et la mettre en silos. Il fait froid.

562

Mardi 14. Finir d’arracher les bettraves de semence et commencer à couvrir des silos. Il fait froid.

563

Mercredi 15. Couvrir des silos jusqu’à midi. Après-midi, couper des bettraves. Il fait froid. Le maçon commence à monter un fourneau. Touché le ravitaillement. Nous touchons moins de margarine et de sucre.

564

Jeudi 16. Il a neigé dans la nuit. Coupé des bettraves. L’après-midi, mettre des bettraves en tas.

565

Vendredi 17. Charroyé des bettraves et les mettre en tas dans le champ.

566

Samedi 18. Coupé des bettraves. Il pleut et fait froid. Rentré à 3 h. Le maçon fini le poêle et la cuisinière.

567

Dimanche 19 . À Guhden. À 1 h, revue de chevaux. L’après-midi, à Damersdorf. Il fait beau. Olivier reprend la cuisine par ordre du chef.

568

Lundi 20. Arraché des bettraves en compagnie de Gaston. Marcel Guérard nous quitte pour Königsberg.

569

Mardi 21. Arraché des bettraves. Il tombe des giboulées.

570

Mercredi 22. Arraché des bettraves. Il fait beau. Gratter 4 paniers de bettraves pour faire du sirop qu’une voisine obligeante nous fait cuire.

571

Jeudi 23. Arraché des bettraves. Il pleut un peut.

572

Vendredi 24. À la gare, fait un wagon de bettraves avec André Lemesle. Il fait beau.

573

Samedi 25. Arracher des bettraves. À 9 h, rentré à la chambre car il pleut. Travaillé l’après-midi. Nous mangeons une perdrix que nous avons trouvée tuée dans les fils électrique.

574

Dimanche 26 . Arraché des betteraves jusqu’à midi. André Thibault, Marcel Guérard et un copain d’Orléans nous rendent visite.

575

Lundi 27. Arraché des bettraves. Gratter des bettraves pour le château voisin.

576

Mardi 28. Arraché des bettraves. Il gèle très blanc. Les bettraves ne sont pas chaudes le matin.

577

Mercredi 29. Finir d’arracher les bettraves. Il fait froid. Je porte mes souliers à réparer chez le cordonnier italien.

578

Jeudi 30. Coupé des bettraves. Il fait beau. Panne de lumière. André Lemesle et André Gentil payent une caise de bièrre pour leur fête. Le cuisinier des Bois, Pierre Blonde, vient nous voir.

[Décembre 1944]

579

Vendredi 1er . Coupé des bettraves. Il fait beau. Touché 21 M 71. Blümel nous donne 4 panniers de choux.

580

Samedi 2. J’ai resté à la cuisine. Fait ma lessive. Les camarades finissent les bettraves. Il fait beau mais froid.

581

Dimanche 3 . À la messe à Jädickendorf en compagnie de Gaston. Nous passons la journée en compagnie de François Vial. Il fait froid.

582

Lundi 4. Arraché des carottes et des choux. Il pleut un peu. Reçu une lettre de André Tibault, de Küstrin.

583

Mardi 5. Le matin, arraché des choux-raves. L’après-midi, chargé des feuilles de bettraves avec Pihan. Il pleut un peu.

584

Mercredi 6. Resté à la chambre, j’ai mal au pied. Il fait beau. Pihan commence à traire les vaches. Écrit à Maurice Guesdon.

585

Jeudi 7. Au docteur qui dianostique un furoncle et me donne 8 jours au lit. Il pleut.

586

Vendredi 8. À la chambre. Le cuisinier du kommando des Bois vient nous voir.

587

Samedi 9. À la chambre. Au docteur. Les prisonniers de Damersoph, qui étaient partis creusé des tranchées, rentrent au kommando.

588

Dimanche 10 . À la chambre. Mme Rejoukévitch vient me voir et refait mon pansement. Elle me demande une de mes photos. Marcel Guérard vient nous voir.

589

Lundi 11. À la chambre. Mme Rejoukévitch vient 2 fois me faire mon pansement. Il fait froid.

590

Mardi 12. Au docteur. Il a neigé.

591

Mercredi 13. À la chambre. Mme Rejoukévitch vient me faire mon pansement. Il a gelé un peu. Edvige part à l’hôpital.

592

Jeudi 14. À la chambre.

593

Vendredi 15. Au docteur. Il fait froid, 13° en dessous de 0.

594

Samedi 16. À la chambre. Il fait froid. Fait ma lessive. Panne de lumière.

595

Dimanche 17 . À Guhden. Olivier va à Zelenne [69][69] Zehden : 738 habitants en 1939. et nous rapporte les formulaires de la + rouge pour écrire en France. Jean et Gaston vont travailler chez la sœur de Blumel. Il fait beau.

596

Lundi 18. Au docteur qui me donne 8 jours de repos. Il fait beau. Nous écrivons en France.

597

Mardi 19. À la chambre.

598

Mercredi 20. À la chambre. Fait 5 balais et une caise à charbons et réparé notre table. Mort du Polonais Joseph Hidebrande à l’hôpital de Königsberg.

599

Jeudi 21. À la chambre. Fait ma lessive.

600

Vendredi 22. Au docteur. Il gèle fort : 14°.

601

Samedi 23. Pas travailler. Il gèle toujours. Le soir, on nous invite au repas de funérailles de Joseph Hidebrande. Edwige rentre de l’hôpital.

602

Dimanche 24 . Rendre visite aux prisonniers de Damersdorf. Nous fesons de la photo avec les Polonais.

603

Lundi 25. À Guhden.

604

Mardi 26. Nous partons à la messe à Königsberg, Jean Louvet, Gaston et moi. Mais, en arrivant, la messe était dite. Nous passons une partie de la journée avec François. Nous jouons au bridge. Il gèle.

605

Mercredi 27. Au docteur. Il gèle. Lenoir et un chauffeur russe écrasent le fils du laitier (12 ans) en revenant de la fabrique. Je revient de Mohrin sur le lac gelé.

606

Jeudi 28. Je recommence à travailler. À la machine. Nous battons de l’avoine. Il gèle.

607

Vendredi 29. À la machine. Finir de battre l’avoine et commencer les pois.

608

Samedi 30. À la machine. Il fait froid et le soir il neige.

609

Dimanche 31 . À Guhden. Il neige toute la journée. Marcel Guérard vient nous voir. Le soir nous passons la soirée chez les Italiens. Couché à minuit et demie.

Année 1945, Janvier

610

1er . À Guhden. Gautier reçoit son 1er message de la Croix-Rouge.

611

2. Il neige. Découvrir un silo à pommes de terre et chargé 4 voitures de p. de terre en compagnie de Gaston et de Lemesle.

612

3 J. Découvrir un silo de bettraves et chargé 3 voitures avec Gaston.

613

4 J. J’ai de nouveau mal au pied. Je vais au docteur qui me donne 8 jour. Il dégèle.

614

5 J. À la chambre.

615

6. À la chambre. Départ de l’inspecteur aux armées.

616

7. À Guhden.

617

L 8. Au docteur.

618

M 9. À la chambre. Les camarades me fêtent mon anniversaire. Il neige.

619

M 10. À la chambre. Il fait froid.

620

J 11. Au docteur.

621

V 12. À la chambre. Il fait froid.

622

S 13. À la chambre (B. Stetine).

623

D 14 . Gaston à Zelerme. Je fête mon anniversaire. Jean capture une cocotte.

624

L 15. Au docteur. Il fait froid.

625

M 16. À la chambre. Il fait froid.

626

M 17. À la chambre. Il fait froid.

627

J 18. Au docteur.

628

V 19. À la chambre.

629

S 20. À la chambre.

630

D 21 . À Barvalde avec Marcel Guérard.

631

L 22. Recommencé à travailler à la machine.

632

M 23. Le matin, à la machine et coupé de la paille. Jean est malade. Il fait froid.

633

M 24. Charroyé des bettraves.

634

J 25.

635

V 26. Vidé des voitures de fumier.

636

S 27. Charroyé des bettraves.

637

D 28 . À Jädickendorf avec Gaston.

638

L 29. Déblayé la neige. Reconduire à la ferme les soldats qui étaient à Mohrin.

639

Mardi 30. Déblayé la neige.

640

Mercredi 31. Les Russes arrivent à [Guhden].

[Février 1945]

641

Jeudi 1er . Les Russes arrivent à Guhden à 2 h du soir [70][70] À 14 heures. L’auteur nous signale que les Russes,.... Le chef part.

642

Vendredi 2. Les Russes [mettent la ferme et le château] au pillage [71][71] Passage cancelé dans le carnet..

643

Samedi 3. Nous fesons le fouta au vaches.

644

Dimanche 4 . Soigné les vaches.

645

Lundi 5. Soigné les vaches.

646

Mardi 6. Les Italiens, Lenoir et Violet partent pour la Pologne.

647

Mercredi 7. Les prisonniers de Damersoph arrivent avec nous.

648

Jeudi 8. Nous avons tué un cochon.

649

Vendredi 9. Nous allons mangé avec les Russes chez les voisins. Pihan, Gautier et 2 prisonniers se saouls. Nous éteignons un incendie au château.

650

Samedi 10. Soigné les vaches.

651

Dimanche 11 . Je prépare un vélo en vue d’un départ prochain.

652

Lundi 12. Les prisonniers de Demersoph nous quittent ainsi que Olivier. Nous restons à [7] Français à la ferme.

653

Mardi. Je fais la lessive. Les Russes réquisitionne 10 moutons.

654

Mardi 13. Fait la cuisine.

655

Mercredi 14. Fait la cuisine. Le soir, nous hébergeons 1 famille polonaise.

656

Jeudi 15. Fait la cuisine.

657

Vendredi 16. Il arrive beaucoup de Russe à la ferme.

658

Samedi 17. Nous partons pour une destination inconnue. Nous passons par [Sictenitz, Zelgen, Nurtenberg, …]. Nous couchons à Vendorf.

659

Dimanche 18 . Nous partons en direction de Soldin. Nous y arrivons à 2 h. Nous trouvons un rassemblement de prisonniers français. Nous avons parcourut 44 km depuis Guhden. Nous sommes hébergé par les Russes.

660

Lundi 19. On nous donne 3 jours de vivres et nous partons avec 3 voitures en direction d’un camp de triage en Pologne. Nous nous arrêtons et nous couchons à Cheune-Welde à 15 km de Soldin.

661

Mardi 20. Départ de Schonberg. Nous passons par Marwitz, Berfersdorft et nous couchons à Bergolow (32 km).

662

Mercredi 21. Départ de Bergolow et nous passons Zantoch.

663

Jeudi 22. Départ à 9 h. Nous passons par Hevityerg, Bergenfort et nous arrivons à … (22 km).

664

Vendredi 23. Nous restons à [illisible]. Nous abattons un mouton, un cochon, des lapins et des poules.

665

Samedi 24. Nous partons à 9 h mais les autorités russes nous font faire demi-tour. Nous devons attendre deux heures. Nous partons à 11 h et nous passons la frontière [3 mots illisibles]. Nous couchons dans une école d’une petite ville polonaise (20 km).

666

Dimanche 25 . Nous partons à 7 h 1/2. Nous couchons dans un village polonais.

667

Lundi 26. Nous partons sous une pluie battante et nous arrivons le soir à [Sel]gen où nous [décidons de ] prendre le train. Nous couchons au village.

668

Mardi 27. Après une attente de 3 h, nous quittons la gare de Selgen. Nous passons par [2 mots illisibles]. Nous couchons dans une [illisible].

669

Mercredi 28. Nous restons toute la journée à [Henazce]. Nous en partons à 6 h du soir.

Mars [1945]

670

1er mars. Nous arrivons à [L]ancharka et nous en repartons à 10 h. Nous fesons une dizaine de kms et nous restons longtemps à Lasak. Nous en partons à 4 h mais nous nous arrêtons à 15 km, puis nous passons la nuit sous une tempête de neige. Nous arrivons à 6h, Low à 6 h 1/2 le jeudi.

671

2 mars. Nous sommes logés dans un local. Nous trouvons une organisation pour [illisible]. Nous passons la nuit dans ce local.

672

Samedi 3 mars. Une machine et un wagon sont mis à notre disposition et nous nous dirigeons à 52 en direction du camp qui se trouve dans le centre de la ville de Low. Arrivé au camp, nous sommes trié, les prisonniers d’un côté, les civils de l’autre. Nous touchons une boule de pain pour 10. 3 fois par jour, une soupe le midi, le matin et le soir. Nous touchons une boîte de viande pour 27. À 8 h du soir, on nous fait changer de locaux.

673

Dimanche 4 mars . Nous avons la permission d’assister à la messe.

674

Lundi 5. Nous sommes logé à 32 dans une pièce d’un grand immeuble, toutes les pièces sont pleines et il arrive toujours des Français civils et prisonniers.

675

Mardi 6. Nous sommes toujours dans notre grand immeuble. Nous couchons à 40 dans la même pièce.

676

Mercredi 7. Nous sommes formé en groupe de 10 hommes avec un chef de groupe à notre tête. Nous touchons du tabac et nous donnons du linge à laver. Il arrive toujours des prisonniers.

677

Jeudi 8. Nous recevons notre linge propre. Il neige.

678

Vendredi 9. Nous sommes de corvée : un copain et moi nous sommes de water. Mais cette corvée nous excente de [toute autre] corvée.

679

Samedi 10. Il neige. J’écrit en France.

680

Dimanche 11 . Nous allons à la messe.

681

Lundi 12. Nous changeons de chambre : nous sommes à 12 dans cette chambre et nous montons des lit.

682

Mardi 13. Nous charroyons des planches pour monter des lit.

683

Mercredi 14. Il arrive de nouveaux occupants dans notre chambre. Nous sommes 24 dans cette chambre.

684

Jeudi 15. La cuisine étant installée dans l’immeuble, nous mangeons dans notre chambre. À 4 h, nous avons alerte.

685

Vendredi 16. Nous fesons la corvée de peluche.

686

Samedi 17. La chambre est de corvée.

687

Dimanche 18 . Nous ne pouvons pas sortir pour assister à la messe mais, l’après-midi, nous sortons.

688

Lundi 19. Je vend un bleu 150 zloty.

689

Mardi 20. Nous fesons les peluches. Nous sortons sur le terrain des sports.

690

Mercredi 21. Nous allons au terrain de sport. Il arrive encore des prisonniers.

691

Jeudi 22. Nous finissons de monter les lits.

692

Vendredi 23. Nous allons au stad. Ils arrivent toujours des nouveaux, nous sommes 32 dans notre chambre.

694

Dimanche 24 (sic). Nous assistons à la messe à 10 h, et à midi, nous assistons à la présentation du drapeau français. L’après-midi, nous assistons au match France-Italie, gagné par la France 4 à 2.

695

Lundi 25 (sic). Le matin, nous allons au cinéma. L’après-midi, nous allons au marché, Jean Louvet et moi.

696

Mardi 26 (sic). Je fais mes Pasque en compagnie de Jean et de Gaston. Je vais au marché en compagnie de Jean. J’achète du tabac.

697

Mercredi 27 (sic). Nous allons au terrain de sport.

698

Jeudi 28 (sic). Je lave.

699

Vendredi 29 (sic). Nous allons au marché et au terrain de sport.

700

Vendredi 31 (sic). J’achète un pain.

701

Samedi 31. Nous allons au concert en ville.

[Avril 1945]

702

Dimanche 1er avril . Le matin, nous allons à la messe. Le midi, nous fesons un grand défilé et nous déposons 2 couronnes sur les tombes de soldats russes et polonais.

703

Lundi 2. Nous assistons au match France-Pologne, gagné par les Polonais 2 à 0.

704

Mardi 3. Nous répétons pour la messe des morts pour jeudi.

705

Mercredi 4. Nous assistons au cinéma.

706

Jeudi 5. Nous assistons à une messe de requiem célébrée pour le repos de l’âme des camarades décédés en captivité.

707

Vendredi 6. Nous sommes de corvée. Je vais au cinéma.

708

Samedi. Je fais ma lessive.

709

Dimanche 8 . Nous sortons au terrain de sports et en ville. Le matin, j’assiste à la messe et je reçois la Sainte-Communion.

710

Lundi 9. À la chambre.

711

Mardi 10. À la chambre.

712

Mercredi 11. À la chambre.

713

Jeudi 12. Au cinéma. Je suis enrhumé.

714

Vendredi 13. Il arrive les libérés de Dandzig.

715

Samedi 14. Au cinéma. Départ du 1er contingent de prisonniers libérés.

716

Dimanche 15 . À la messe. Nous sommes formés en compagnies, nous appartenons à la 1re compagnie.

717

Lundi 16. À la chambre.

718

Mardi 17. Au cinéma. Nous mangeons des frites.

719

Mercredi 18. Nous apprenons officielement que le départ de tous les Français résidant à Lodz est fixé à vendredi. Je sort en ville.

720

Jeudi 19. Nous préparons (sic) au départ de demain.

721

Vendredi 20. Après avoir rempli toutes les formalité requises, nous partons du camp à 10 h, nous embarquons et nous quittons la gare de Lodz à 4 h. Nous arrivons à Varsovie à 1 h du matin.

722

Samedi 21. Nous changeons de train, nous prenons la ligne russe. Nous sommes 34 par wagon.

723

Dimanche 22 . Nous quittons Varsovie à 3 h du matin. Nous traversons la Vistule. Nous nous dirigeons sur Brent-Livstok [73][73] Brest-Litovsk..

724

Lundi 23. Nous passons Brent-Livstok à 4 h du matin.

725

Mardi 24. Nous arrivons à Minsk à 6 h. Nous avons fait le nettoyage du wagon, nous avons passé aux douches et à la désinfection. En arrivant en gare, nous avons appris le décès de l’un de nos camarades, âgé de 32 ans. Nous l’avons inhumé à Minsk.

726

Mercredi 25. Après avoir passé la Bérézina, nous arrêtons 2 h à Drocha. Nous avons touché du ravitaillement.

727

Jeudi 26. Nous passons Smolenske à 2 h du matin et nous passons Viasma à 6 h du soir. Nous avons arrêté une demie heure.

728

Vendredi 26 (sic). Nous sommes arrivés à Mosaik à 6 h du matin. Nous en repartons à 10 h en direction de Moscou.

729

Samedi 27. Nous arrivons à Moscou à 4 h du soir.

730

Dimanche 28 . Nous sommes toujours à Moscou à 4 h du soir. Le général Catroux [74][74] Georges Catroux (1877-1969) venait d’être nommé ambassadeur... nous rend visite et nous arrivons à la capitale à 4 h du soir. Dans la soirée, le général Catroux nous rend visite.

731

Samedi 28 (sic). Nous restons toute la journée à Moscou.

732

Dimanche 29 . Nous quittons la gare où nous étions à 2 h du matin pour une autre gare. Nous quittons cette gare à 2 h de l’après-midi et nous débarquons à Bronychy (Bronitchi) [75][75] Bronnizy, sur la Moskova, à une cinquantaine de km.... De là, nous partons pour un camp situé à une douzaine de kilomètres de la gare. Nous arrivons à ce camp à 1 h du matin.

733

Lundi 30. Nous passons toute la journée à attendre l’organisation du camp. Nous nous couchons à 1 h.

[Mai 1945]

734

Mardi 1er . Nous passons à la désinfection et aux douches.

735

Mercredi 2 mai. Nous restons au camp. Touché des couvertures.

736

Jeudi 3. Nous sommes de service.

737

Vendredi 4. Nous sommes de corvée. Nous déchargeons une péniche de bois.

738

Samedi 5. Nous sommes de service au réfectoire. Il pleut.

739

Dimanche 6 . Nous avons la visite d’un général russe.

740

Lundi 7. Il pleut. Nous apprenons la capitulation de l’armée allemande.

741

Mardi 8. Nous passons le désinfection à 2 h du matin. Il pleut. Signature de la capitulation allemande à 3 h.

742

Mercredi 9. Nous touchons une tenue neuve. Visite de Madame la générale Catroux. Nous touchons 1 petit coli pour 2.

743

Jeudi 10. Inhumation de 2 personnes à l’hôpital. Nous sommes de service : cassé du bois.

744

Vendredi 11. Nous célébrons la fête de la victoire.

745

Samedi 12. Il pleut. Écrit chez nous.

746

Dimanche 13 . Il fait beau. Il y a cinéma.

747

Lundi 14. En corvée. Il fait beau.

748

Mardi 15. Il pleut.

749

Mercredi 16. Visite du général Petit. Envoyé une lettre chez nous.

750

Jeudi 17. Il fait beau.

751

Vendredi 18. Il fait beau. [un mot illisible]

752

Samedi 19. Il fait beau.

753

Dimanche 20 . Fait la Sainte-Communion. Je suis de planton au bureau du détachement. Assisté au grand gala de boxe.

754

Lundi 21. La compagnie est de corvée. Il fait froid.

755

Mardi 22. Je prend par au cercle d’étude [illisible] un parent.

756

Mercredi 23. Il fait froid.

757

Jeudi 24. Visite d’un officier d’ambassade. Envoyé une lettre chez nous. Sortir en campagne.

758

Vendredi 25. Il neige toute la journée. Touché une capote neuve.

759

Vendredi 26. Il fait meilleur temps. Il fait moins froid.

760

Dimanche 27 . Inauguration du terrain de baskett-ball.

761

Lundi 28. Nous formons un groupement de tous les Normands du camp.

762

Mardi 29. Nous sommes de service.

763

Mercredi 30. Nous passons aux douches. L’après-midi, nous allons en promenade au bois.

764

Jeudi 31 mai. Il fait beau temps. Le matin, fait ma lessive. L’après-midi, à l’aumônerie, au cercle d’étude. Le soir, au théâtre.

Juin [1945]

765

Vendredi 1er . Il fait chaud.

766

Samedi 2 juin. Nous sommes de service. Visite de Mme la générale Catroux. Il fait beau. Écrit chez nous. Match de boxe.

767

Dimanche 3 juin . Fête-Dieu. Je reçois la Sainte-Communion.

768

Lundi 4. Cinéma.

769

Mardi 5. Au cercle d’étude.

770

Mercredi 6. Nous sommes de service aux cuisines, aux peluches et nettoyé le réfectoire.

771

Jeudi 7. Cinéma et téhâtre (sic).

772

Vendredi 8. Il fait beau. En promenade.

773

Samedi 9. Visite du général Keller. Cinéma.

774

Dimanche 10. Nous assistons à la messe. Nous célébrons la fête du Sacré-Cœur.

775

Lundi 11. Il fait beau.

776

Mardi 12. Nous passons aux douches.

777

Mercredi 13. Au cinéma.

778

Jeudi 14. Nous sommes de service. Nous plantons des fleurs sur les massifs du théâtre.

779

Vendredi 15. Il fait beau. Je fais une musette.

780

Samedi 16. Je fini ma musette.

781

Dimanche 17 . À la messe. Fait la Sainte-Communion. L’après-midi, assisté à une compétition de foot-ball et de basket-ball sur le terrain de la ville de Branytchy.

782

Lundi 18. Nous sommes de service. Fait la corvée de pain et de ravitaillement. Fait une paire de chaussons.

783

Mardi 19. Il fait beau.

784

Mercredi 20. Cinéma.

785

Jeudi 21. Grande réunion au camp des kolkhoziens du village. Cinéma.

786

Vendredi 22. Nous sommes de service extérieur au cinéma.

787

Samedi 23. Cinéma et téhâtre.

788

Dimanche 24 . Les Russes célèbre la fête de la Victoire. Grand défilé et remise d’une gerbe au monument aux morts de Bronytchy par un détachement français. À la messe. Le capitaine d’Artigas nous fait une causerie sur l’accord franco-russe.

789

Lundi 25. Nous passons aux douches. Cinéma (« Libération de la France »).

790

Mardi 26. Nous sommes de service. Je prend la garde au poste de police avec Jean Louvet et Oncel, Napoléon et Gueusa pendant 24 heures. Match de boxe.

791

Mercredi 27. Je fais la lessive. Cinéma (« 6 h après la guerre »).

792

Jeudi 28. Les camarades me souhaite ma fête et m’offre un bouquet.

793

Vendredi 29. Je vais en promenade.

794

Samedi 30. Au cinéma (« Stalingrad »). Service au chauffage des marmites.

Juillet [1945]

795

1er dimanche . À la messe, nous célébrons la saint Pierre et Paul. On nous annonce le départ très proche. Il arrive 1 grand camion de ravitaillement. Il pleut. Téhâtre.

796

Lundi 2 juillet. Nous quittons le camp de Brenytchy à 3 h et nous embarquons à 7 h. Nous sommes 40 hommes par wagon.

797

Mardi 3. Nous attendons le départ du convoi. À 5 h, départ de la gare de Bronytch. Nous arrivons à Moscou à 10 h du soir.

798

Mercredi 4. Après avoir passé la nuit et la journée en gare de Moscou, nous quittons cette ville à 6 h du soir. Nous prenons la ligne de Kiev.

799

Jeudi 5. 4 h du matin : nous avons roulé toute la nuit. Nous sommes à 290 kms de Moscou. Nous repartons à 8 h. Nous passons par Serirsque-Orel ( ?) et à 4 h, nous passons à Brianske [76][76] Briansk ou Brjansk..

800

Vendredi 6. Nous passons à Gaumel [77][77] Aujourd’hui Gomel ou Homel (Biélorussie). à 7 h du matin. Nous en repartons à 10 h. Nous passons à Kalinovitch à 6 h de l’après-midi.

801

Samedi 7. Nous passons à Pinsk à 7 h du matin. Nous arrivons à Brest-Livstok à 9 h du soir. Nous y doublons un convoi de 200 Français.

802

Dimanche 8 . Nous quittons Brest-Livstok à 7 h en direction de Varsovie, nous y passons à 8 h du soir.

803

Lundi 9. Nous passons à 10 h à Posen [78][78] Poznan ( ?).. Après avoir passé la frontière allemande-polonaise. Nous doublons un convoi de 2 000 Français à Zboa(zyn ?) [79][79] Zbaszyn..

804

Mardi 10. Nous passons la nuit sur une voie de garage à Chteinberg [80][80] Sternberg.. Nous passons à Frankfort-sur-Oder à 1 1/2 et nous arrivons à Pillgrame à 2 h 1/2. Nous en repartons à 8 h 45 du soir.

805

Mercredi 11. Nous arrivons à Köpenik [81][81] Köpenick. à 8 h du matin. Dans l’après-midi, nous quittons nos wagons et nous nous installons dans un camp voisin de la gare de Köpenik. Nous avons la visite de la délégation française.

806

Jeudi 12. Nous attendons le départ.

807

Vendredi 13. Nous attendons toujours. Il arrive un nouveau convoi.

808

Samedi 14. Je fais ma lessive. Nous touchons du ravitaillement pour 1 jour.

809

Dimanche 15 . Nous assistons à la messe en ville. Nous attendons le départ.

810

Lundi 16. Nous attendons toujours.

811

Mardi 17. Nous visitons Berlin en compagnie de Louis Levannier et de Courdert [82][82] Deux Normands. Cf. photographie 8, p. 16.. Nous visitons Alexander-Place.

812

Mercredi 18. Après 8 jours d’attente, nous embarquons à 10 h et nous quittons la gare de Köpenik à minuit. Nous traversons le centre de Berlin détruit par le bombardement.

813

Jeudi 19. Nous passons par Vilemdorf, Neudorf et nous arrêtons un moment à Brük. Vers midi, nous passons à Daitz, Livosse. Nous arrêtons à Belzig. Nous passons à Wisenbourg [83][83] Wiesenburg (Mark)..

814

Vendredi 20. À 7 h du matin, nous partons de Walitz. Nous passons par Königsberg, Bideritz [84][84] Biederitz, dans la banlieue sud-est de Magdebourg.. Nous débarquons à Magdebourg vers midi. Nous mangeons la soupe et, à 4 h, nous partons chargés de tous nos bagages en direction d’un camp situé à 4 km. Nous y arrivons à 7 h. Nous sommes logés dans un grand garage.

815

Samedi 21. Nous attendons le départ. Cette nuit, il est parti 1 500 types. Il y a eut plusieurs départ aujourd’hui, 5 mille types. Il est arrivé 2 ou 3 convois également.

816

Dimanche 22 . J’assiste à la messe en compagnie de Gaston. Nous fesons la Sainte-Communion.

817

Lundi 23. On quitte le [mots illisibles] 6 000 hommes. Il fait froid.

818

Mardi 24. Il part un détachement de 2 000 hommes. Louis Levanier et Jean Coulbray et Coudert [85][85] Trois autres Normands. partent avec.

819

Mercredi 25. La moitié de notre [chambre] quitte le camp à 7 h. Départ de René Jarry.

820

Jeudi 26. Nous avons réveil à 2 h 1/2. Nous attendons l’ordre de départ. Après avoir passé toute la journée rassemblés dans la cour du camp, nous regagnons nos baraques vers 6 h. Nous quittons le camp vers minuit à 200 hommes.

821

Vendredi 27. Nous embarquons vers 1 h et nous quittons la gare à 3 h. Vers 6 h, nous passons l’Elbe. Vers 3 h du matin, à 6 h nous passons à Osmeslten et à Creilesben. À 9 h, nous débarquons à Dolpke (Kreis-Haldensleven).

822

Nous quittons la gare à 2 h dans des camions anglais. Nous passons la ligne de démarcation à 3 h, et nous entrons dans un camp peu après à Schöningen. Nous touchons le ravitaillement. Nous quittons le camp à 4 h. Nous embarquons et nous quittons la gare à 4 h 35. Vers 7 h, nous passons à Brausweyg [86][86] Brunswick.. Là, nous changeons de direction : nous passons par Veckelde [mot illisible] cette nuit [mot illisible].

823

Samedi 28. Nous passons à Zechm à 8 h du matin. Nous arrêtons à Burgsteinfurt. Nous touchons du café au lait. Nous quittons cette gare à 10 h. Nous passons à Coesfeld. Vers midi, nous passons à Behde, Bocholt, Ir ( ?)merik. Nous passons le Rhin à 2 h 20. Peu après, nous passons à Klebe, nous en repartons après une attente d’une demi-heure. Nous débarquons à Bedgvurg ( ?)-Hau à 4 h 1/2 et nous entrons dans un camp. Nous sommes logés sous des tentes à 10 hommes par tente. Nous touchons une soupe et du pain.

824

Dimanche 29 . Le matin, nous touchons du pain, du fromage blanc, un peu de beurre et du café au lait. Après, il part un convoi en direction de Valencienne. Le soir, à 11 h, il part un grand convoi.

825

Lundi 30. Nous embarquons à 12 h et nous quittons la gare de B(ou Z)edfurt à 1 h. Peu après, nous passons à Hassum. À 2 h, nous passons la frontière holando-deutche près de Gennep et nous traversons la Meuse. Ensuite, nous passons à Mill, Uden et Bosrel. Nous changeons de direction. Nous passons à Deste, à Eindhoven. Là, nous sommes reçus par la + Rouge hollandaise. Nous recevons un casse-croûttes au pain blanc, du café au lait et une cigarette anglaise. Nous quittons la gare de Eindhoven à 5 h en direction de Bruxelle. Nous entrons en Belgique à 6 h, à Achel, puis Veerpelt, Houtehlen, Zonnavehn, Hasselt. Là, nous changeons de direction. Nous bifurquons vers Bruxelles à 8 h. Nous passons à Linkout, Zelem, Diest, Aarschot, Mechelen. Nous arrivons à Bruxelles à 22 h. Là, nous sommes accueilli par la + Rouge belge et française. Nous sommes reçus dans un grand réfectoire où nous touchons du pain blanc, des fruits, du café et des cigarettes. Nous avons reçu un accueil chaleureux de la part des Belges. Nous quittons Bruxelle à 22 h 30 en direction de Valenciennes.

826

M 31. À 1 h 1/2, nous passons à Mons. Nous passons la frontière belgo-française à Quiévrain à 2 h 1/2. Nous touchons un quart de vin à titre d’accueille.

827

Nous débarquons à Valencienne à 3 h 1/2. Nous sommes dirigé sur le centre d’accueil. Nous recevons un casse-croutte, un quart de vin et deux paquets de cigarettes. Ensuite, nous sommes dirigé vers un dortoir dans une usine à 300 m du centre d’accueil.

828

À midi, nous passons au bureau des formalités. Nous passons aux douche, à la visite médicale, radio et nous sommes piqué contre la variole. Ensuite, nous passons dans un autre bureau où nous recevons un bon d’habillement, une carte de pain. Nous touchons la prime de 1 000 F du rapatrié et nous changeons 100 marks à 20 F. On nous donne reçu du surplus. Pour terminer, nous recevons un coli de 5 kgs et nous allons au centre d’accueil. Nous mangeons une soupe, un peu de viande avec des flageolets et des confitures, le tout arrosé d’un 1/4 de vin. À 6 h, nous mangeons la soupe.

829

Nous quittons Valencienne à 9 h en direction de Paris. Nous passons à Sommains, Douai et Calais, Arras.

[Août 1945]

830

[Mercredi 1er]. Nous arrivons à paris, gare du Nord à 5 h. Nous sommes transporté dans un centre de trillage en autobus où nous recevons un coli de 5 k. De là, on nous transporte à la gare Montparnasse. Nous rentrons au centre d’accueil de la gare où nous touchons un casse-croutte et nous attendons le train.

831

Nous quittons la gare de Montparnasse à 9 h 10 en direction d’Argentant. À Montparnasse, nous envoyons un télégrame.

832

Nous arrivons à Argentan à 1 h 1/2. Nous sommes reçus au centre d’accueil d’Argentan. Et à 3 h, Monsieur Fleury [87][87] Le maire de Camembert. vient nous chercher. J’arrive chez nous à 4 h. Enfin ! »

Nous tenons à remercier Jacqueline Sainclivier, Michel Boivin et Jean Vigreux pour toutes les précisions qu’ils ont bien voulu nous apporter dans la présentation de ce document.


Bibliographie

  • Bories-Sawala, Helga, « Aspects de la vie quotidienne des requis du travail forcé en Allemagne », in Garnier et Quellien, 2003, p. 127-145.
  • Bourdin, Gérard, L’Orne et Vichy, Le Pays Bas-Normand, 209-211, 1993, 191 p. ;
    —, Les Paysans dans l’Orne de 1940 à 1944. La double déception, Le Pays Bas-Normand, 219-220, 1995, 148 p.
  • Cardi, Antoine, « La corporation paysanne (1940-1944). Entre le local et le national : l’exemple du Calvados », Histoire et Sociétés Rurales, 14, 1er semestre 2000, p. 127-152.
  • Cochet, François, « Un retour non soldé : les requis de 1945 à nos jours », in Garnier et Quellien, 2003, p. 537-544.
  • Fouilloux, Étienne, « L’Église catholique et le STO », in Garnier et Quellien, 2003, p. 435-448.
  • Garnier, Bernard, et Quellien, Jean, éd., La Main-d’œuvre française exploitée par le IIIe Reich. Actes du colloque international de Caen (13-15 décembre 2001), Caen, Centre de Recherche d’Histoire Quantitative, 2003, 704 p.
  • Marcot, François, « Le monde paysan face au travail en Allemagne », in Garnier et Quellien, 2003, p. 479-491.
  • Moriceau, Jean-Marc, « Apprendre la Terre. Mémoires de Gilbert Clain (1796-1853) », Histoire et Sociétés Rurales, 3, 1er semestre 1995, p. 303-334.
  • Quellien, Jean, « Bibliographie : la Normandie et la Seconde Guerre mondiale », Annales de Normandie, xlvi, 4, novembre 1996, p. 437-672 ;
    —, Opinions et comportements politiques dans le Calvados sous l’Occupation allemande (1940-1944), Caen, puc, 2001, 511 p.
  • Quellien, Julia, Les Réfractaires au travail obligatoire dans le Calvados, Caen, Centre de Recherches d’Histoire Quantitative, 2003, 198 p., en particulier p. 81-91.
  • Zielinski, Bernd, « L’exploitation de la main-d’œuvre française par l’Allemagne et la politique de collaboration (1940-1944) », in Garnier et Quellien, 2003, p. 47-65.

Notes

[*]

Responsables du Pôle rural, mrsh-Université de Caen, Pôle rural, 14032 Caen cedex.

Courriel : <madeline@ mrsh. unicaen. fr et jmmoriceau@ mrsh. unicaen. fr>.

[1]

Tout récemment, un colloque international vient d’apporter un premier bilan d’étape d’une grande richesse : Garnier et Quellien, 2003.

[2]

Entretiens réalisés à La Brière-Fresnay, commune de Survie (Orne), les 6 septembre 2002, 20 mai, 3 décembre 2003 et 21 avril 2004.

Toute notre gratitude va à Monsieur Pierre Lebugle pour la confiance et la libéralité avec laquelle il nous a permis d’éditer ce document dans les meilleures conditions et pour l’ensemble des documents complémentaires qu’il nous a généreusement confiés.

[3]

Moriceau, 1995.

[4]

Zielinski, 2003, p. 57-61 ; Margot, 2003, p. 483.

[5]

Bourdin, 1993, p. 66, et 1995, p. 124-125.

[6]

Id ., 1995, p. 124.

[7]

Quelques exemples de déconvenues lors de la libération par les Américains et les Canadiens dans Cochet, 2003, p. 539.

[8]

Bourdin, 1995, p. 125. Pour un département voisin, la proportion de réfractaires vient d’être évaluée à près de la moitié des effectifs concernés : Quellien, 2003, en particulier p. 81-91.

[9]

Fouilloux, 2003, p. 445. Sur l’importance de la JAC dans l’Orne durent la Seconde Guerre mondiale : Bourdin, 1993, p. 130-134.

[10]

Cardi, 2000, p. 146-149. Pour l’Orne : Bourdin, 1995, p. 93 et p. 117-136.

[11]

Archives privées Pierre Lebugle.

[12]

Arch. privées Pierre Lebugle.

[13]

Arch. privées Pierre Lebugle.

[14]

Bories-Sawala, 2003, p. 127-145.

[15]

Champfleur, Bourg-le-Roi, Beaumont-sur-Sarthe, Montbizot et Le Mans (Sarthe), stations sur la voie ferrée Alençon-Le Mans.

[16]

Toutes stations sur la voie ferrée Le Mans-Paris. Saint-Marc pour Saint-Mars-la-Bruyère.

[17]

L’un des cinq camarades requis du canton de Vimoutiers (Orne).

[18]

Nombre d’habitants en 1939 : Bellin, 359 ; Vietnitz, 520 ; Bärwalde, 3 442 ; Königsberg, 6 756.

[19]

Retourner le colza pour qu’il sèche, le faner.

[20]

L’équipe de requis chante discrètement La Marseillaise dans sa chambrée.

[21]

Paille, selon l’auteur.

[22]

Gaston Blondeau, l’un des quatre Augerons.

[23]

Georges Arsicaud, requis des Deux-Sèvres.

[24]

Marcel Pasquet, requis des Deux-Sèvres (cf. supra, l. 77).

[25]

Henri Prieur, l’un des quatre Augerons.

[26]

1 ticket par panier ramassé. Cf. photographie 4, p. 14

[27]

Réformé.

[28]

Henri Prieur a 21 ans.

[29]

Le contremaître de la ferme.

[30]

Fête de Charles Dieudonné.

[31]

Émile Libault, requis des Deux-Sèvres, cf. supra (l. 73).

[32]

Sœur de Pierre Lebugle.

[33]

Charles Dieudonné.

[34]

Départ d’Henri Prieur (passage souligné par l’auteur).

[35]

750 habitants en 1939.

[36]

Jean Pihan.

[37]

De betteraves.

[38]

Henri Prieur.

[39]

Gabriel Jouane, camarade d’école de Camembert.

[40]

D’après l’agenda de l’auteur, qui couvre l’ensemble de l’année 1944.

[41]

Comblement d’anciens marais pour occuper les requis.

[42]

Le contremaître du domaine.

[43]

Cousin du père de Pierre Lebugle, instituteur libre à Flers (Orne).

[44]

Valentine Boutigny, grand-mère de l’auteur, et Marc Fouquier.

[45]

Requis des Deux-Sèvres.

[46]

Georges Loquet, grand-oncle maternel de l’auteur.

[47]

L’abbé Guibé, curé des Champeaux, desservant Camembert. Thérèse Drouin, du hameau de La Bucaille, voisine de Pierre Lebugle.

[48]

Camp de prisonniers français.

[49]

Du canton de Vimoutiers (Orne).

[50]

Lucie Boutigny, sa grande-tante maternelle.

[51]

Moteur au gazogène.

[52]

Camarade des Deux-Sèvres.

[53]

Lettres ouvertes et visées.

[54]

Camarade des Deux-Sèvres.

[55]

293 habitants en 1939.

[56]

Sans doute par Radio Berlin qui fut la première à annoncer l’information (Jean Quellien, La Normandie au cœur de la guerre, Rennes, Ouest-France, 1992, p. 109).

[57]

En fait autour de 200 d’après Michel Boivin, Gérard Bourdin et Jean Queliien, Villes normandes sous les bombes (juin 1944), Caen, puc, 1994, p. 30. Sans doute notation a posteriori à partir du courrier reçu le 15 juillet.

[58]

244 habitants en 1939.

[59]

Cf. supra, note 43.

[60]

Gros fil enduit de poix employé par les cordonniers.

[61]

Cf. supra, note 43.

[62]

Cf. supra, note 43.

[63]

En civil.

[64]

Responsable du travail.

[65]

Lièvre.

[66]

Ce message a été retranscrit et envoyé par un auditeur anonyme à la famille de Pierre Lebugle, à Camembert, en novembre 1944 : « Toulouse, le 29 novembre 1944. Monsieur, Je suis heureux de pouvoir vous transmettre, au cas où vous n’auriez pas été à l’écoute, un message écrit à votre intention par Monsieur Lebule Pierre. « Suis toujours en bonne santé, attends de vos nouvelles par la Croix-Rouge. Suis toujours (ou ai) de bonnes nouvelles [de Gaston Blondeau, un autre camarade du prénom de Jean et un troisième dont je n’ai pu retenir le nom]. Affectueux baisers ». La phrase entre crochets a été arrangée par mes soins. Ce message a été capté sur les antennes de la voix du Reich, émission destinée au travailleurs français, le 29 au soir. Ne croyez pas avoir à faire à un collaborateur ou agent de la cinquième colonne, mais à un Français qui croit faire son devoir en essayant de propager au maximum les nouvelles de nos chers absents. Faisant cela dans un but complètement désinteressé, je garde l’anonymat. J’ai personnellement un frère en Allemagne. »

[67]

Cf. note précédente.

[68]

Cf. note 52.

[69]

Zehden : 738 habitants en 1939.

[70]

À 14 heures. L’auteur nous signale que les Russes, méfiants, l’avaient mis en joue, lui et ses camarades jusqu’à ce qu’ils déclinent leur nationalité française.

[71]

Passage cancelé dans le carnet.

[72]

En fait 24 mars et ainsi de suite jusqu’au 31.

[73]

Brest-Litovsk.

[74]

Georges Catroux (1877-1969) venait d’être nommé ambassadeur de France en URSS.

[75]

Bronnizy, sur la Moskova, à une cinquantaine de km au sud-est de Moscou.

[76]

Briansk ou Brjansk.

[77]

Aujourd’hui Gomel ou Homel (Biélorussie).

[78]

Poznan ( ?).

[79]

Zbaszyn.

[80]

Sternberg.

[81]

Köpenick.

[82]

Deux Normands. Cf. photographie 8, p. 16.

[83]

Wiesenburg (Mark).

[84]

Biederitz, dans la banlieue sud-est de Magdebourg.

[85]

Trois autres Normands.

[86]

Brunswick.

[87]

Le maire de Camembert.

Résumé

Français

En juin 1943, Pierre Lebugle, aide familial sur la modeste ferme laitière de ses parents à Camembert (Orne), est requis par le Service du Travail Obligatoire. Envoyé dans une grande exploitation proche de Berlin, son univers quotidien passe des herbages du Pays d’Auge à la grande culture du Neumark. 21 mois durant, Pierre Lebugle avec trois camarades de la même commune, participe aux travaux des champs dans un contexte relativement privilégié qu’il consigne dans son journal jusqu’à son retour en Normandie après un périple qui le conduit jusqu’à Moscou.

Mots-clés

  • Allemagne
  • grande culture
  • journal
  • Neumark
  • Normandie
  • Pays d’Auge
  • sto

English

In June 1943, Pierre Lebugle, a hand on the little dairy farm of his parents situated in Cambert (Orne,) was required for the Service du Travail Obligatoire. Sent to a very large farm near Berlin, his everyday life moved from the pastures of Pays d’Auge to the cash crops in Neumark. For 21 months, Pierre Lebugle and three friends from his village took part in farm work in a relatively privileged context, which he recorded in his diary, kept until his return home after travelling all the way to Moscow.

Keywords

  • cash crops
  • diaries
  • Germany
  • Neumark
  • Normandy
  • Pays d’Auge
  • sto

Pour citer cet article

Madeline Philippe, Moriceau Jean-Marc, « Un paysan normand au STO en Allemagne. Le journal de Pierre Lebugle (juin 1943-août 1945)», Histoire & Sociétés Rurales 1/2004 (Vol. 21) , p. 187-230
URL : www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2004-1-page-187.htm.


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