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Histoire & Sociétés Rurales

2004/2 (Vol. 22)


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Les quatre articles que la revue publie aujourd’hui s’inscrivent dans la répartition périodique habituelle aux historiens (Antiquité, Moyen Âge, époques moderne et contemporaine). Leurs sujets et leurs terroirs sont variés et reflètent la diversité de ce que l’on entend par « Histoire rurale ».

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Même si le thème de l’arpentage apparente les contributions de Luigi Capogrossi-Colognesi et de Mireille Mousnier, l’étude du bornage et de la mesure des terres renvoie dans les deux cas à des pratiques juridiques et à des dynamiques sociales assez éloignées. Il n’y a sans doute pas beaucoup de manières différentes de mesurer les quatre côtés d’une parcelle, et pourtant la déambulation des arpenteurs doit être replacée à chaque fois dans son contexte, celui de l’expansion romaine dans la péninsule Italique ou de la grande croissance démographique et agraire médiévale. Selon le cas, et selon le regard de l’historien, c’est sur un rapport de forces politiques, une conjoncture économique ou un mode d’occupation de l’espace qu’elle porte témoignage. Les conflits de village, étudiés par François Ploux, appartiennent de temps immémoriaux au patrimoine génétique des sociétés rurales, dont les pratiques communautaires trouvent dans ces oppositions, sur des sujets dérisoires seulement en apparence, le moyen d’affirmer leur solidarité. Leur décryptage pour les campagnes du Lot au xixe siècle permet aussi de les lire comme autant d’étapes dans les processus de politisation de la paysannerie post-révolutionnaire. Ici encore, ce qui est apparemment immuable est aussi profondément historique. Il n’est pas jusqu’aux animaux, à l’histoire desquels notre revue a toujours été attentive, qui ne se fassent vecteurs des évolutions les plus importantes. Ce sont ici les vaches et taureaux limousins, dont la saga contemporaine est bien connue, mais dont la genèse est replacée dans le long terme d’une histoire des paysages et des relations interrégionales. Leur histoire met en cause la croissance du marché parisien et l’essor de la spéculation sur les herbages, deux phénomènes bien connus des historiens modernistes, ici revisités à nouveaux frais.

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Le public d’Histoire et Sociétés Rurales ne retrouvera pas dans ce numéro la rubrique « Sources » à laquelle il est habitué. Après les textes copieux publiés dans la livraison précédente, relatifs au Moyen Âge et à la Seconde Guerre mondiale, la priorité a été donnée ici aux comptes rendus, qui se présentaient, il est vrai, en quantité particulièrement importante : 65 au total ! Ils sont une bonne illustration de la variété et du dynamisme qui caractérisent actuellement la recherche sur l’histoire des campagnes. Pas moins de 54 ouvrages sont ainsi signalés aux lecteurs, qui représentent un large échantillon de la production récente : actes de colloques et ouvrages collectifs, monographies régionales et ouvrages thématiques, de la Préhistoire à nos jours, sur des espaces très différents, de l’Himalaya aux États-Unis d’Amérique en passant bien sûr par l’Europe occidentale. Les disciplines y sont mêlées : histoire et archéologie, certes, mais aussi aussi géographie, sociologie et économie du développement, qui rappellent que la ruralité appartient au présent de nos sociétés et non à leur passé. Les évocations de colloques, tables-rondes et soutenances de thèses ou d’habilitations à diriger des recherches viennent enfin rappeler la place que notre association et notre revue entendent tenir dans la science en construction, par la confrontation vivante des idées.

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Au moment où les problèmes de la recherche préoccupent de nombreux citoyens européens, il n’est pas sans justification d’attirer l’attention de nos lecteurs sur le travail accompli par les jeunes chercheurs, dont les comptes rendus de soutenance signalent l’engagement et les découvertes. Aussi ne trouvera-t-on pas déplacé ici le rappel du rôle tenu par l’Association d’Histoire des Sociétés Rurales dans la « valorisation » des quelque 13 000 ouvrages du fonds ancien de la bibliothèque du Ministère de l’Agriculture, désormais ouvert à la communication au Pôle rural de l’Université de Caen, où Histoire et Sociétés Rurales est conçue. Le progrès dans notre connaissance des sociétés rurales résulte de toutes ces annonces apparemment isolées et sans lien. Les diverses rubriques de notre revue en sont l’écho patent.

Pour citer cet article

Arnoux Mathieu, « Avant-propos », Histoire & Sociétés Rurales, 2/2004 (Vol. 22), p. 7-8.

URL : http://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2004-2-page-7.htm


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