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Histoire & Sociétés Rurales

2005/1 (Vol. 23)


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Attestées dès le Moyen Âge dans le Midi de la France, les gasailles sont « des contrats par lesquels une des parties confie à une autre des biens susceptibles de procurer à la première un revenu après une durée convenue » [1][1] Cayla, 1964, p. 351-357.. Bien qu’il arrive que certains notaires enregistrent des baux à gasaille pour des possessions foncières – qu’il s’agisse apparemment aussi bien de fermage que de métayage [2][2] Marandet, 1996, p. 88. –, ce type de contrat concerne en règle générale des biens précaires, des animaux dans la grande majorité des cas, et ne diffère guère du bail à cheptel tel qu’on peut le rencontrer sous l’Ancien Régime.

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Déjà mentionné dans le Code Justinien, le bail à cheptel est connu en France depuis au moins le xi e siècle [3][3]  Moriceau, 2005, p. 52-70.. Sa pratique est attestée dans toutes les régions sous des dénominations diverses (à « méjerie » en Provence, à « commende » en Vivarais ou Franche-Comté, à « guadagno » en Corse, etc.). Et, dans l’ensemble, les clauses ne diffèrent guère les unes des autres. La durée moyenne du contrat est de 3 à 7 ans, variable toutefois selon les types d’animaux concernés. Le plus souvent, le bailleur fournit le bétail et le preneur assure la nourriture et l’entretien du cheptel : les profits et les pertes sont généralement partagés par moitié. Dans tous les cas, il semble que, pour les deux parties, ces contrats soient d’un bon rapport : c’est ce que laissent apparaître, en tout état de cause, les études menées dans différentes régions de France. Qu’il soit journalier, métayer, laboureur ou petit artisan, le preneur y trouve, sans mise de fond préalable, une source de revenus appréciable tandis que le bailleur, marchand ou laboureur, peut de cette manière investir son épargne et en escompter un meilleur rapport que la rente tirée du sol (pouvant aller jusqu’à 20 à 30 %). Si on se réfère aux évaluations qu’ont pu en faire certains historiens, il se pourrait même qu’avec un bail à cheptel joint, le rapport du métayage puisse s’en trouver doublé [4][4] Marandet, 1996, p. 93..

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En Languedoc, c’est essentiellement en dépouillant les registres de notaires qu’on peut étudier les différents types de contrats de gasaille en usage dans les communautés rurales. Aussi la connaissance qu’on peut en avoir dépend largement des aléas de la conservation de ces documents. En pays d’Aude, rares sont les minutes notariales antérieures au xv e siècle et leur répartition géographique est fort inégale. Toutefois, s’il n’est pas possible de bénéficier, pour chaque région, de la même amplitude chronologique pour suivre l’évolution des baux à cheptel, ceux-ci sont généralement assez nombreux dans les registres notariés pour qu’on puisse affirmer que le contrat de gasaille est d’usage courant et que les transformations qu’il a connues au cours des siècles semblent minimes. Les textes qui suivent ont été choisis sur une période assez longue et dans des zones géographiques fort contrastées (Corbières, Lauragais, Montagne Noire), pour donner un aperçu de la diversité de ces contrats et de leur pérennité.

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Il n’existe aucune étude d’ensemble [5][5] À l’exception des quelques pages que Paul Cayla consacre... sur la pratique de la gasaille dans l’Aude et, dans ces conditions, il est évident que les documents édités ne peuvent être considérés que comme des exemples, représentatifs certes mais ne donnant en aucune manière une vision exhaustive des différentes modalités d’application dans les territoires. Les pays d’Aude présentent, en effet, une grande variété de reliefs et de climats qui ne peuvent qu’influer fortement sur les productions agricoles et l’élevage. Prenant sa source dans les Pyrénées-Orientales et dévalant de la montagne suivant une forte déclivité, le fleuve Aude détermine deux zones bien distinctes : à l’ouest, le Chalabrais, le Razès et la Piège dont les collines mollassiques s’abaissent régulièrement jusqu’en Lauragais ; à l’est, les Corbières, massifs prépyrénéens où le calcaire prédomine, plus élevées au sud (culminant à 1 231 m au Pic de Bugarach), moins escarpées au nord (montagne d’Alaric, haute de 600 m). D’abord tumultueuse, l’Aude s’assagit après Limoux et s’épanouit largement en une plaine alluviale jusqu’à la zone côtière. Au nord du couloir de circulation constitué par le Lauragais et la basse vallée de l’Aude, la Montagne noire culmine au Pic de Nore à 1 210 m. Deux grands domaines climatiques se partagent le pays : dans la zone orientale, le climat est méditerranéen, permettant surtout l’élevage des ovins dans les garrigues des Corbières ; à l’ouest, c’est le climat aquitain qui prédomine. Quant aux zones de montagne (Montagne noire, Pays de Sault), elles jouissent de conditions spécifiques, favorables à l’élevage des bovins (carte 1).

Carte 1 - Localisation des contrats étudiésCarte 1
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Les contrats de gasaille les plus fréquents portent sur les ovins et les chèvres. Ils peuvent être conclus sous deux formes :

  • les gasailles à « redbestie » ou à « redsouche » se caractérisant par l’octroi au bailleur, à l’expiration du contrat, d’une redevance en laine (souvent calculée en fonction du nombre de têtes du troupeau), en plus de la restitution, faite par le preneur, des bêtes en nombre égal, même sexe et même âge ;

  • les gasailles à mi-laine et mi-agneau se caractérisant par un partage, à l’issue du contrat, à parts égales, des toisons et des agneaux, parfois même du troupeau (le preneur s’engageant à nourrir et entretenir le bétail à ses frais pendant la durée du contrat).

Les gasailles portant sur les bovins concernent surtout les animaux de trait et de labour dont le travail est source de profit. Ces contrats sont alors dénommés « arègues », terme qui tire son origine de ce que les animaux loués tracent des regues (raies) dans les champs qu’ils labourent. La redevance en nature (généralement en blé) acquittée par le preneur au bailleur trouve sa justification dans le fait que les animaux vieillissent et se ressentent du travail qu’on leur impose, perdant ainsi de leur valeur à l’expiration du contrat.

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Il existe bien d’autres types de contrats de gasailles ; certains concernent des truies en gestation, d’autres des essaims d’abeilles. Les clauses varient d’un acte à l’autre, d’une région à l’autre ; quelques textes témoignent même d’une complexité juridique qui dépasse largement le simple contrat de cheptel (prêts et créances, intégration dans un contrat de métayage, etc.), obligeant l’historien à se montrer prudent dans ses assertions et ses interprétations et le confortant dans l’idée qu’il reste beaucoup encore à apprendre de ce type de contrat.


Annexe

141 - 1493 - Gasaille pour deux vaches (Lauragais)

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Source : Arch. dép. Aude, 3 e 5206, f° 66 r°-v°. Contrat de gasaille moitié profit moitié perte passé pour 6 ans entre Guillaume Laboria de Fanjeaux et Barthélémy Guausie, de Ribouisse, concernant deux vaches, 24 février 1493.

Anno, die et loco quibus supra [6][6] 24 février 1493., personaliter constitutus, Guillelmus Laboria de Fanojovis gratis etc. tradidit et concessit in gasalhiam et nomine gasalhie Bartholomeo Guausie loci de Rivobuxo ibidem etc., videlicet duas vaquas pilli rubey, videlicet per spatium sex annorum proxime venientium computando tempus a festo beati Johannis Babtiste proxime venturo in anthea computando, tali quidem pacto et conventione quod, durante tempore dictorum sex annorum, dictus Guausie custodiet dicta animalia suis propriis sumptibus et expensis. Item fuit de pacto quod in fine temporis dicte gasalhie, dictus Laboria levabit pretium quatuor scutorum in et super dictis animalibus. Item fuit de pacto quod, casu quo, Deo permittente, dicta animalia deperirentur, dictus Guausie tenebitur et debebit exsolvere eidem Laboria medietatem dicti pretii dictorum quatuor scutorum. Item fuit de pacto quod commune proffigium exiens a dictis animalibus durante tempore dicte gasalhie erit medium per medium inter eosdem dividendum ad medium lucrum et dampnum. Item fuit de pacto quod, casu quo dicta animalia deperirentur culpa ipsius Guausie, quod dictus Guausie tenebitur et debebit exsolvere eidem Laborie dictum pretium. Quequidem pacta […] Testes : Johannes Barrau, Guillelmus Joti et Bernardus Rogerii de Fanojovis.

L’an, le jour et au lieu indiqués ci-dessus, personnellement constitué Guillaume Laboria de Fanjeaux [7][7] Fanjeaux : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne,... de plein gré a remis et concédé en gasaille et à titre de gasaille à Barthélémy Guausie du lieu de Ribouisse [8][8] Ribouisse : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne,..., ici-même, à savoir deux vaches de poil rouge et ce pour le temps des six ans à venir, à compter depuis la fête de la saint Jean-Baptiste prochaine, avec la convention et le pacte suivants : durant le temps desdites six années, ledit Guausie gardera lesdits animaux à ses propres frais et dépens ; à la fin du temps de ladite gasaille, ledit Laboria prélèvera le prix de quatre écus sur lesdits animaux. En outre, il fut convenu qu’au cas où, avec la permission de Dieu, lesdits animaux mourraient, ledit Guausie sera tenu et devra payer audit Laboria la moitié dudit prix des quatre écus. De même il fut convenu que le profit commun provenant desdits animaux durant le temps de la gasaille, il sera procédé à un partage moitié moitié entre lesdites parties, moitié gain et moitié dommage. Enfin, il fut conclu qu’au cas où lesdits animaux mourraient par la faute dudit Guausie, ledit Guausie sera tenu et devra payer audit Laboria ledit prix. Et ces pactes […]. Témoins : Jean Barrau, Guillaume Joti et Bernard Roger de Fanjeaux.

142 - 1577 - Gasaille à « redsouche » d’un troupeau d’ovins (Narbonnais)

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Source : Arch. dép. Aude, 3 e 2780, f°359 r°-v°. Contrat de gasaille « à redsouche » passé pour cinq ans entre Antoine Romenguier, de Saint-Nazaire, et Raymond Lemosi, de Sainte-Valière, concernant 80 bêtes à laine, 3 novembre 1577.

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L’an mil cinq cens septante sept et le troysiesme jour du moys de novembre, au lieu de Saint-Nazaire [9][9] Saint-Nazaire-d’Aude : commune de l’Aude, arrondissement..., ou diocèze de Narbonne, constitué en sa personne sire Ramond Lemosi, habitant du lieu de Saincte-Vallière [10][10] Sainte-Valière : commune de l’Aude, arrondissement..., lequel de son gré et bone volonté a recogneu et confessé avoir prins et reçu et tenir en gasailhe à redsouche de Anthoine Romenguier dudict lieu de Sainct-Nazaire y présent, stipullant et aceptant, scavoir est vingt et huict brebis de quatre ans, quatorze brebis de troys ans, setze brebis marranes [11][11] Selon Cayla, 1964, p. 459, marrane désignerait simplement..., vingt et une brebis de deux ans et ung marron [12][12] Marron : bélier. de troys ans, faisant en tout nombre et quantité de quatre vingtz bestes à laine. Et ce pour le temps et space de cinq années complettes et révolues comenssant le vingt et huictiesme jour du moys de octobre dernier passé et à tel et semblable jour finissant.

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Pour lequel bestail, ledit Lemosi sera tenu donner et payer de rente pour une chacun beste deux livres laine scavoir blanche, bone et marchande laine dudict bestail chacun an payables et portés le moys de may et la première paye fera le moys de may prochain venir. Avec pacte que ledit Lemosi sera tenu de payer lescharges d’icelluy bestail durant ledit temps et à la fin d’icelluy rendra et retournera la quantité de quatre vingtz bestes à laine de tel aige et qualité que dessus à dict Romenguier, soubz hypothèque et obligation de toutz et chescuns ses biens quelconques présens et advenir que a soubzmis aux rigueurs des scelz mages de Carcassonne et Béziers et petit de Montpellier, renonçant aux droictz canon, civil et à tout autre droit au présent instrument contraire.

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Et ainsy l’a promis et juré. Présens sire François Sm (abréviation non résolue) marchant dudit lieu de Saint-Nazaire et Arnaut Rossel de Saincte-Vallière avec ledit Lemosi. Signés et marqués.

143 - 1578 - Arègue pour une paire de bœufs (Lauragais)

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Source : Arch. dép. Aude, 3 e 9569, f°580 v°-581 r°. Contrat d’arègue passé pour un an entre Bernard Fabre, bourgeois de Castelnaudary, et Guillaume Solier, de Peyrens, concernant une paire de bœufs, 9 décembre 1578.

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L’an [13][13] Le mot « mil » a été volontairement omis. Comprendre... vc lxx viii et le neufième décembre, en la ville de Castelnaudary [14][14] Castelnaudray : commune de l’Aude, arrondissement de..., présent en personne Guilhaume Solier du lieu de Peyrens [15][15] Peyrens : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne,..., de son bon gré, franche, pure libertté, volunté, a baillé à Piere Vidal, filz de Piere, laboureur et guasalha [16][16] Guasalha : désigne le preneur dans un contrat de g... de sire Bernard Fabre, burgeoys de ladite ville, ung père de beufz, l’ung pouel castang et l’autre blanc pour ung an commancé à la feste de la Toussainctz et finissant à samblable feste, à l’arègue de six cestiers [17][17] Setier, mesure de Castelnaudary : 60,40 litres (Jean-Loup... bled, mesure de ladite ville, bon et marchant, lesquelz ont évalué à la somme de cinquante cinq escutz petitz, chescun valhant vingt sept solz et six deniers tournois.

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Avec pacte que, sy lesdits beufz vienent à mourir et avec deffault dudit Vidal, sera tenu luy seul les payer. Sy advient de cas fortuit, chescung pourtera la moytié de la perte. Laquelle quantité de six cestiers blé, promet payer à la prochaine feste de la Magdalene [18][18] Le 22 juillet., rendue en ladite ville, et bien nourrir et hélever lesdits beufz en bon père de familhe. Et, pour ce fere, ledit Vidal a obligés et yppothéqués, tous et chescungs, sesdits biens présant et advenir.

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Et en personne, sire Bernard Fabre, bourgeoys de ladite ville, de son gré, a cautionné et cautionne pour ledit Vidal, desdits beufz comme de ladite arègue à ce faire obligés en présance de Piere Labia et Jehan Agnan de Villefranche [19][19] Villefranche-de-Lauragais : commune de Haute-Garonne,....

144 - 1594 - Bail à mi-fruit d’une métairie (Lauragais)

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Source : Arch. dép. Aude, 3 e 9654. Bail à mi-fruit d’une métairie au Mas-Saintes-Puelles fait pour 4 ans par Germaine Bastide à Bernard Royre, laboureur de Castelnaudary, 12 juin 1594.

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L’an mil vc nonante quatre et le doutzième jour du mois de jung, dans la ville de Castelnaudary et par devant moy notaire royal et tesmoingtz soubznommés, estably en personne Germaine Bastide, vefve de feu Jacques Dernaves de ladite ville, laquelle de son bon gréd a bailhé et bailhe à demy fruictz sive à mièges à Bernard Royre, laboureur de la juridiction de Castelnaudary, stipulant et acceptant, scavoir est une sienne mettérie assize en la juridiction du lieu du Mas-Sainctes-Puelles [20][20] Mas-Saintes-Puelles : commune de l’Aude, arrondissement... dicte Alz Agalz, concistant tant en terre labourable, prédz et autres appartenences d’icelle et c’est pour le terme et espace de quatre années complètes et révolues, comensant à la feste de Toussainctz premier venant et finissant lesdites quatre années complètes et révolues à semblable jour et ce avec les pactes suivantz.

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Premièrement est pacte que, pour faire lesdits travaulx et entretenementz de ladite mettérie, lesdits Bastide et Royre seront tenus fournir deux pères de beufz et ung père jumentz par moytié, lesquelz seront avalués et après seront migiers. Et s’il en advient profict se partira par moytié et s’il y a perte aussy sera par moytié. Pacte aussy que ledit Royre sera tenu avec ledit bestailh labourer et cultiver ladite mettérie en bon père de familhe et fournir fer, fust, reliage [21][21] Relhatge : prix de l’abonnement chez le forgeron pour... à ses coustz et despens et pour le regard de la charrette se fournira par moytié. Et pour faire lesdits travaulx a esté pacte que ladite Bastide sera tenue prester audit Royre, après qu’il sera et demeurera à ladite mettérie et que ledit bestailh sera avalué, trente livres tournois, laquelle somme ledit Royre sera tenu luy payer à la première récolte qu’il y fasse des blédz. Aussy a esté pacte que ladite Bastide sera tenue respondre et cautionner pour la quantité de vingt cestiers [22][22] Vraisemblablement setier de Castelnaudary. bléd pour ledit Royre, s’il admet que luy en failhe emprompter et que ceulx quy luy presteront ledit bléd demendent des cautions. Pacte aussy que tous grains qui se sèmeront en ladite mettérie se fourniront par moytié et se partiront aussy par moytié à la hure et cartière [23][23] Cartière : quart du setier.. Pacte aussy que ledit Royre sera tenu faire la despance de bouche à l’homme qui ensemencera lesdits grains et ladite Bastide le payera du salère. Pacte aussy que chacun pourra mettre son estivandier [24][24] Estivandier : ouvrier saisonnier. avec consentement l’ung de l’autre. Pacte aussi que toutes lenies [25][25] Lenhes : bois à brûler, bois mort. qui se feront et couperont à ladite mettérie se partiront par moytié et ledit Royre sera tenu le faire à ses despens et ne pourra couper aulcun albre vert au pied sans le consentement de ladite Bastide. Pacte aussy que ledit Royre sera tenu apourter toute sa gerbe et fruictz qu’elle aura en ladite mettérie à la hure d’icelle ou à la planque [26][26]  Planque : grenier. ou autre que l’en advisera pour l’assurance d’iceulx fruictz advenent guerre, tant la première culhete que la dernière année et dernière culhette, à ses coustz et despens, lesquelz fruictz se despicqueront par moytié et sera tenu ledit Royre apourter toute sa part d’iceulx en ladite ville de Castelnaudary et en sa maison tant ladite première culhette que dernière et jusques à la fin du terme. Pacte aussy que tous les foussés que se feront fère à ladite mettérie, oultre ceulx que ledit Royre et ses filz feront, se payeront par moytié. Pacte aussy que ladite Bastide bailhe audit Royre pour l’entretenement dudit bestailh le gros préd de ladite mettérie, l’herbe duquel sera tenu faire faucher et recapter [27][27] Recapter : recueillir. à ses despens et les deux prédz de la rivière ladite Bastide le se réserve et sera tenu les faire faucher et ledit Royre luy apourter le foin en sadite maison. Pacte aussy que ledit Royre sera tenu faire de rente de poulhalie à ladite Bastide, scavoir quatre chapons à la nove, quatre gélines à Caresme prenent, quatre pouletz à Pasques et quatre poules à Pentecouste et deux cens oeufz chesque année. Aussy se achaptera une treue [28][28] Treue : truie. par moytié et le fruict en provenent se partira par moytié et ledit Royre sera tenu nourrir deux pourceaus provenens de ladite treue de la feste de la Toussainctz jusques à sainct Barthélémy et ladite Bastide sera tenue pour l’entretenement de ladite treue chesque fois qu’elle testinera bailher audit Royre ung cestier bren [29][29] Bren : son. à sa mère et pour l’entretenement desdits pourceaus ung autre cestier. Et sera tenue ladite Bastide bailher audit Royre vingt brebis, dans ung mois ou deux, après qu’il sera entré au labourage et agriculture de ladite mettérie en temps de tresve ou paix, non autrement, lesquelles brebis iceluy Royre sera tenu en bon père de familhe les faire garder et entretenir à ses propres coustz et despens et, la moytié de la layne et du fruict qui en proviendra, la moytié en appartiendra audit Royre et l’autre à ladite Bastide, le pied dudit cabal luy demeurant quicte et, au caz ledit Royre par son deffaut ou aulcun ayant de luy charge gardant ledit bestailh en perdroict aulcun desdites brebis, sera tenu la payer à ladite Bastide suivant la valeur et estimation d’icelle et, ou par force et violance du loup en seroict prinse ou tué aulcune, en rappourtant la peau et marque à ladite Bastide dans vingt-quatre heures, ladite brebis sera pardue pour icelle Bastide ; autrement où ledit Royre ne le fera, sera tenu luy payer ledit bestailh. Et tout ce dessus dit contenu ez présens pactes de colonat, lesdites parties respectivement ont promis tenir, garder et observer en tous les chefz et pactes y contenus et ne y contravenir en aulcune forme et manière que ce soict, soubz l’expresse yppotecque et obligation de tous et chacuns leurs biens, présens et advenir, qu’ont soubzmis aulx forces et rigeurs des courtz et scelz mages de Toulouse, Carcassonne, Lauragais et autres du présent royaulme. Et ainsy l’ont respectivement juré sur les sainctz évangiles Notre Seigneur ez présences de Me Anthoine Bousquet, praticien soubzsigné, et Anthoine Ferran marqué ne sachant escripre, avec ledit Royre et moy Jehan Corregion notaire royal requis soubssigné.

145 - 1602 - Gasaille à « mi-laine » d’un troupeau d’ovins (Corbières)

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Source : Arch. dép. Aude, 3 e 1572, f°35 v°-36 r°. Contrat de gasaille à mi-laine et mi-agneau passé pour une année entre Guiraud Fermis, marchand de Lagrasse, et Jean Sivade, de Clermont-sur-Lauquet, concernant 43 brebis et 1 chèvre, 22 mars 1602.

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L’an mil six cens deux et le vingt deuxième mars à Lagrasse [30][30] Lagrasse : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne,... apprès-midy, en personne constitué Jean Sivade, dict le Cardaire, filz à feu Gibert du lieu de Clermond [31][31] Clermont-sur-Lauquet : commune de l’Aude, arrondissement..., de gréd a recogneu et confessé tenir de sire Guiraud Fermis, marchand de Lagrasse, présent et acceptant, scavoir est la quantité de quarante troys brebuins et une chèvre à demy laine et demy aniel pour le temps et espace de une année jà commancée au moys de février dernier et en semblable temps finisant, que a dit avoir en son pouvoir et s’en contenter, avec pacte que ledit Sivade sera tenu de bien et duement norrir et entretenir ledit bestail à ses coustz et despens en père de familhe sans que ledit Fermis soit en rien tenu et la laine, aigniaulx et chevrau provenant dudit bestailh ce partira entre heulx par moytié et le cappital appartiendra en seul audit Fermis à la charge que ledit Sivade fera la toison à ses despans sans que ledit Fermis soit en rien tenu et advertira ledit Fermis huict jours avant ladite toison afin que c’y tienne ou homme pour luy.

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Et pour ce faire ledit Sivade a oubligé sa personne et biens que a souzmis aulx forces et rigeurs des sceaulx et courtz mages de Carcassonne, Narbonne et autres du présent royaume. Et ainsiy l’a promis et juré en présence de Domenge Fabre et Pierre Poirtrand de Lagrasse.

146 - 1646 - Arègue pour une vache et un bœuf (Lauragais)

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Source : Arch. dép. Aude, 3 e 10 833, f° 63 r°-64 v°. Contrat d’arègue passé entre Jean Roudière, laboureur de Laurac, et son frère Pierre Roudière, laboureur de Laurac, concernant un bœuf et une vache, 27 novembre 1646.

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L’an mil six cens quarante six et le vingt septième jour du mois de novembre, de matin, à Laurac-le-Grand [32][32] Laurac : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne,..., diocèze de Mirepoix [33][33] Mirepoix : commune de l’Ariège, arrondissement de Pamiers,..., sénéchaucée de Lauraguès, régnant très crestien prince Louys par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre, pardevant moy notaire royal soubzsigné, présantz les tesmoingz bas nommés, constitué en personne Jean Rodière, laboureur dudit Laurac, lequel de son bon gréd, franche et agréable volonté, a bailhé et bailhe en arègue et moisson à Pierre Roudière, son frère, aussy laboureur dudit Laurac présant et acceptant, scavoir est un beuf et une vache qu’il tient aussy à moisson et arègues du sieur (blanc), mestre d’ostel de Monseigneur de Saint-Papoul [34][34] Saint-Papoul : commune de l’Aude, arrondissement de..., estimées ledit beuf et vache à la some de septante deux livres que sont trante six livres chescun et soubz le pacte et condition que ledit Pierre Roudière sera tenu payer audit Jean Roudière, chescune année qu’il tiendra ledit bestailh, deux cestiers bléd mesure de Saint-Papoul [35][35] Vraisemblablement équivalent au setier de Castelna... randu et porté audit Saint-Papoul par ledit Pierre à la descharge dudit Jean son frère, laquelle arègue et moisson il comansera de payer à la prochaine feste de Toutsaintz de l’an mil six cens quarante sept et consécutivement année par anné, tant qu’il tiendra ledit bestailh, ou ladite somme de septante deux livres pour la valeur dudit bestail sauf en cas ledit bestailh se viendront à perdre par infortune, ledit Roudière y ayant aporté le soing de ménagerie, la perte sera motoyene. Et à mesme instant le susdit Pierre Roudière de son bon gréd et franche volonté a baillé et baille au sieur Pierre Valete, merchant de Fanjaux, présant et acceptant, la susdite vache soubz le mesme prix de trante six livres et à la moisson et arègue d’ung cestier bléd par an à mesure susdite, randu audit Laurac, comensant à la susdite feste de Tousaintz prochain. Prometant ledit Pierre Roudière payer la susdite arègue audit Jean son frère suivant la convention susdite et pour raon de ce dessus l’en relever envers ledit sieur come il tient ledit bestailh dudit sieur (blanc) mestre d’ostel, subrogeant en son lieu et place, come de mesmes ledit sieur Valete promet relever ledit Pierre Roudière envers ledit Jean de la valeur de ladite vache et arègue. Et pour l’observation de ce dessus lesdites parties, chescun come les conserne, ont obligés leurs biens présantz et advenir qu’ont soubzmis aux rigurs de justice du présant royaume de France avec les renonciations requises. Ainsiy l’ont promis en présances de Jean Mass jeune, voiturier, et Pierre Cassaing laboreur, tesmoingz requis soubz marqués avec lesdites partyes et moy Jean Clerc, notaire royal de Laurac-le-Grand requis soubzsigné.

147 - 1646 - Gasaille à « mi-laine » d’un troupeau d’ovins (Montagne Noire)

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Source : Arch. dép. Aude, 3 e 13642, f°33r°-v°. Contrat de gasaille à mi-laine et mi-agneau passé pour 6 ans entre Gabriel Verdier, voiturier de Saissac, et Antoine et Étienne Béteille, de Villaret, concernant 52 bêtes à laine, 12 octobre 1772.

25

L’an mil sept cens septante deux et le douze d’octobre, au lieu de Fontiès [36][36] Fontiers-Cabardès : commune de l’Aude, arrondissement... au diocèze sénéchaucé de Carcassonne, et par devant nous notaire royal et témoins bas nommés, ont esté présans en leurs personnes Antoine et Estiene Béteilles, père et fils, ménagers, habitans du lieu de Villaret, lesquels de leur bon gré ont déclaré tenir à titre de gazailhe, croît et décroît, moitié perte et moitié proffit, de Gabriel Verdier, voiturier, habitant de Saisac [37][37] Saissac : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne,..., icy présant, scavoir est la quantité de cinquante deux bestes à laine en brebis, maros [marrons] ou aignaux que lesdits Béteilles ont déclaré avoir sidevant reçues dudit Verdier et qu’ils ont en leur pouvoir, marqués de la marque dudit Verdier, laquelle gazailhe et croît d’icelle est faitte pour le tems de six années complectes qui ont pris leur comencement le septième du mois de septembre dernier et à pareil jour, tems spiré, finiront. Lesquels bestiaux en gazailhe lesdits Béteilles père et fils s’obligent sous clause solidaire de les garder et faire dépétre en bons ménagers et père de familhe, et lors de la vente qui sera faitte desdits bestiaux ou croît d’iceux ou des paux, le tout sera partagé entre parties, ledit Verdier la moitié et lesdits Béteilles père et fils l’autre moitié, estant prohibé ausdits Béteilles de vendre ni echanger aucune desdites bestes ni croît d’icelles sans au préalable le consantement dudit Verdier. Et à la fin desdites six années, lesdites parties ont convenu que le pied et proffit de laditte gazailhe sera entr’eux partagé suivant l’usage, ledit Verdier pour la moitié et lesdits Béteilles l’autre moitié. Laquelle gazailhe lesdites parties ont dit estre de valeur de la somme de cent quatre vingts dix sept livres et de plus, lesdits Béteilles père et fils ont dit et déclaré de leur bon gré de devoir et estre tenus payer audit Gabriel Verdier, acceptant, la somme de quatre cens neuf livres, laquelle ditte somme de quatre cens neuf livres lesdits Bétielles père et fils ont déclaré qui provient pour argent et grains que autres chozes que ledit Verdier leur a sidevant prêtées, laquelle ditte somme de quatre cens neuf livres ledit Antoine et Etienne Bétielle père et fils prometent payer audit Gabriel Verdier sous clause solidaire dans six ans à compter de ce jourd’huy avec l’intérêt au denier vingt et conveneu entre parties que, s’il y a d’autres actes sidevant passés entr’eux, soit de gazailhes que obligations, n’auront pas aucun effet ni valeur et qu’il n’i aura que le présant qui soit bon et valable soit pour l’un que pour l’autre. Ainsi conveneu et pour tout ci-dessus observer lesdites parties, chacun comme les concerne, ont obligés tous et chacuns leurs biens présans et à venir qu’ils ont soumis aus rigeurs de justice. Fait et passé en présance de Bernard Bénaset et Jean Saignes de Fontiès signés et lesdites parties ont dit ne scavoir, de ce requis, et nous notaire.

Errata

26

Deux erreurs se sont malencontreusement glissées dans les pages de deux de nos numéros récents.

27

Dans l’article de Soo-Yun Chun, « ‘Ami de l’agriculture’ (1871-1892) ou comment rallier les campagnes à la République ?», Histoire et Sociétés Rurales n° 20, 2e semestre 2003, p. 156, Teisserenc de Nort est qualifié de « haut fonctionnaire du ministère » de l’Agriculture alors qu’il a été par trois fois ministre, du 23 avril 1872 au 24 mai 1873, du 9 mars 1876 au 16 mai 1877 et du 13 décembre 1877 au 3 février 1879.

28

De même, dans le compte rendu de l’ouvrage d’Édouard Lynch, Moissons rouges, publié dans Historie et Sociétés Rurales n° 21, 1er semestre 2004, p. 280, Compère Morel est mentionné comme «ministre de l’Agriculture sous le Front populaire », ce qui est inexact puisque les ministres de cette époque ont été Georges Monnet, Fernand Chapsal et Henri Queuille.

29

(Informations aimablement communiquées par Edgar Leblanc)


Bibliographie

  • Albert, Marlène, Cabrol, André, et Piniès, Jean-Pierre, Bergers et troupeaux en Languedoc et Catalogne, Carcassonne, garae, 1985, 111 p.
  • Cayla, Paul, Dictionnaire des institutions, des coutumes et de la langue en usage dans quelques pays de Languedoc de 1535 à 1648, Montpellier, 1964, p. 351-357.
  • Marandet, Marie-Claude, « Contrats de fermage et de métayage en Lauragais à la fin du Moyen Âge », Bulletin de la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude, t. xcvi, 1996, p. 85-97.
  • Melier, Jean-Jacques, et Rouch, Philippe, « La gazailhe, indicateur socio-économique en région d’élevage : l’exemple de La Ballongue de 1661 à 1690 », Annales du Midi, t. 96, 1984, p. 5-30.
  • Moriceau, Jean-Marc, Histoire et géographie de l’élevage français du Moyen Âge à la Révolution, Paris, Fayard, 2005, 480 p.

Notes

[*]

Directrice des Archives départementales de l’Aude, 41, avenue Claude Bernard, 11855 Carcassonne Cédex 9. Courriel : <sylvie. caucanas@ cg11. fr>.

[1]

Cayla, 1964, p. 351-357.

[2]

Marandet, 1996, p. 88.

[3]

Moriceau, 2005, p. 52-70.

[4]

Marandet, 1996, p. 93.

[5]

À l’exception des quelques pages que Paul Cayla consacre à la « gasaille » dans son Dictionnaire des institutions, des coutumes et de la langue en usage dans quelques pays de Languedoc de 1535 à 1648 : Cayla, 1964. Nous ne disposons d’aucune étude systématique de ce type de contrats comme celle de Meliet et Rouch, 1984 pour une vallée ariégeoise.

[6]

24 février 1493.

[7]

Fanjeaux : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne, chef-lieu de canton.

[8]

Ribouisse : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne, canton de Fanjeaux.

[9]

Saint-Nazaire-d’Aude : commune de l’Aude, arrondissement de Narbonne, canton de Ginestas.

[10]

Sainte-Valière : commune de l’Aude, arrondissement de Narbonne, canton de Ginestas.

[11]

Selon Cayla, 1964, p. 459, marrane désignerait simplement la femelle du bélier (marron) ; il semble toutefois que ce terme ait une signification plus précise sans qu’on puisse déterminer laquelle.

[12]

Marron : bélier.

[13]

Le mot « mil » a été volontairement omis. Comprendre « l’an 1578 ».

[14]

Castelnaudray : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne, chef-lieu de 2 cantons

[15]

Peyrens : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne, canton de Castelnaudary-nord.

[16]

Guasalha : désigne le preneur dans un contrat de gasaille.

[17]

Setier, mesure de Castelnaudary : 60,40 litres (Jean-Loup Abbé, « Les anciennes mesures de l’Aude », Les anciennes Mesures locales du Midi méditerranéen d’après les tables de conversion, Clermont-Ferrand, Université Blaise Pascal, Institut d’études du Massif Central, 1994, p. 73-106).

[18]

Le 22 juillet.

[19]

Villefranche-de-Lauragais : commune de Haute-Garonne, arrondissement de Toulouse, chef-lieu de canton.

[20]

Mas-Saintes-Puelles : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne, canton de Castelnaudary-sud.

[21]

Relhatge : prix de l’abonnement chez le forgeron pour l’entretien des instruments aratoires (relha : soc de charrue).

[22]

Vraisemblablement setier de Castelnaudary.

[23]

Cartière : quart du setier.

[24]

Estivandier : ouvrier saisonnier.

[25]

Lenhes : bois à brûler, bois mort.

[26]

Planque : grenier.

[27]

Recapter : recueillir.

[28]

Treue : truie.

[29]

Bren : son.

[30]

Lagrasse : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne, chef-lieu de canton.

[31]

Clermont-sur-Lauquet : commune de l’Aude, arrondissement de Limoux, canton de Saint-Hilaire.

[32]

Laurac : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne, canton de Fanjeaux.

[33]

Mirepoix : commune de l’Ariège, arrondissement de Pamiers, chef-lieu de canton.

[34]

Saint-Papoul : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne, canton de Castelnaudary-nord. Siège d’un évêché de 1317 à la Révolution française.

[35]

Vraisemblablement équivalent au setier de Castelnaudary.

[36]

Fontiers-Cabardès : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne, canton de Saissac.

[37]

Saissac : commune de l’Aude, arrondissement de Carcassonne, chef-lieu de canton.

Résumé

Français

Attestés du Moyen Âge au début du xixe siècle dans le Midi, les contrats de gasaille ne diffèrent guère des baux à cheptel tels qu’on peut les rencontrer dans d’autres régions de France. Généralement d’un bon rapport, ces contrats portent surtout sur les ovins mais peuvent également concerner les animaux de trait et de labour. Les textes édités ici ont été choisis pour donner un aperçu aussi représentatif que possible des gasailles conclues dans les pays d’Aude.

Mots-clés

  • Aude
  • baux à cheptel
  • gasailles

English

Present in the South of France from the Middle Ages till the xixth Century, the type of contract called gasailles was not very different from other leases of livestock which existed in others areas in France. Generally profitable, these contracts essentially concerned ovine livestock, but they could also refer to draught or ploughing animals. The records which we are editing today have been selected to give a representative sample of the contracts called gasailles in the French département of Aude.

Keywords

  • Aude
  • gasailles
  • leases of livestock

Pour citer cet article

Caucanas Sylvie, « À propos des baux à cheptel. Gasailles et arègues en pays d'Aude (xve-xviiie siècle)», Histoire & Sociétés Rurales 1/2005 (Vol. 23) , p. 205-217
URL : www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2005-1-page-205.htm.


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