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Histoire & Sociétés Rurales

2005/2 (Vol. 24)


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L’historiographie a pris conscience depuis longtemps du fait que le marché hebdomadaire est un sujet nécessaire à la compréhension de l’économie médiévale. Les pages que consacre Henri Pirenne au commerce temporaire dans l’Histoire économique et sociale du Moyen Âge[1][1] Pirenne, 1963., le chapitre que lui octroie Fernand Braudel dans L’Identité de la France[2][2] Braudel, 1990. ou encore l’introduction de Benoît Cursente dans le compte rendu des journées de Flaran portant sur les Foires et marchés dans les campagnes de l’Europe médiévale et moderne[3][3] Foires et marchés dans les campagnes de l’Europe médiévale..., l’attestent. Et pourtant la question du marché hebdomadaire, à laquelle l’historiographie reconnaît un rôle central au Moyen Âge, n’a pas été traitée en France [4][4] On signalera pour l’époque moderne, les travaux menés.... Des études axées sur le cadre juridico-légal des marchés, sur leur influence sur le développement urbain, et plus récemment, sur leur caractère économique, spécifique et original ont pourtant été menées, mais aucune ne propose une véritable définition du marché hebdomadaire [5][5] Huvelin, 1897 ; Musset, 1966 ; Chédeville, 1980 ; Braudel,.... Ceci n’est sans doute pas étranger à la polysémie du mot « marché » qui peut tour à tour être un rassemblement commercial périodique, un marché hebdomadaire, une occasion publique de vendre et d’acheter ainsi que la place publique où l’on achète et où l’on vend, une localité où se rassemble un marché hebdomadaire, une marchandise destinée et (ou) transportée au marché hebdomadaire, un prix, une valeur ou un acte commercial réalisé par le marchand, le fait de faire des affaires, de négocier, de commercer en gros mais aussi de vendre au détail, un accord convenu ou le contrat conclu entre plusieurs personnes ou encore une action en annulation d’une vente de fief lorsque le terme est associé au mot « bourses » [6][6] Tobler et Lommatzsch, 1951-1976, vol. 5, p. 1133-1.... Ainsi, alors même que le Moyen Âge emploie le terme dans tous ses sens, l’historien, en ne tenant pas compte de la sémantique, l’a limité à sa définition contemporaine actuelle soit, à un lieu destiné à l’approvisionnement « de la population fixée à l’endroit où ils ont leur siège » [7][7] Pirenne, 1963, p. 81. ou, l’opposant à la foire, l’a réduit à un « centre local de transactions, essentiellement consacré à la vente hebdomadaire et au détail des produits de l’agriculture et de la basse-cour » [8][8] Favier, 1993.. Ceci a eu pour effet de leur octroyer une réputation de pérennité telle, que les historiens français, raisonnant par analogie, leurs font traverser les siècles sous une forme identique du Moyen Âge à l’époque contemporaine (ou plutôt de l’époque contemporaine au Moyen Âge) et ne s’interrogent plus sur l’histoire de l’objet marché.

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Cette situation d’a-historicité des marchés hebdomadaires n’est pas le seul fait des historiens. Elle est également imputable aux marchés eux-mêmes, qui, pour la plupart existent avant et perdurent au-delà des périodes étudiées et ne disposent pas d’acte de concession permettant d’offrir un véritable point de départ à leur histoire. Les marchés hebdomadaires peuvent pourtant sortir de l’obscurité et acquérir une réalité historique. Les études menées en Italie et surtout en Angleterre par des historiens de l’économie, de la société et des phénomènes géographiques (historical geographers) en témoignent [9][9] Cf. infra, bibliographie.. Seule une étude d’ensemble explorant les structures institutionnelle, spatiale, sociale, commerciale et juridique des marchés et cherchant à comprendre en quoi l’établissement d’un marché peut contribuer au développement économique dans son ensemble, permet de comprendre ce que sont les marchés hebdomadaires médiévaux. En France, pour le Moyen Âge, nous ne disposons certes pas de la diversité documentaire anglaise. Nous n’avons ni les Calendars of Charter Rolls qui enregistrent toutes les chartes de création des marchés de 1190 à 1516 [10][10] À l’aide de ces documents, le Center for Metropolitan..., ni les Manorial Court Rolls qui, sur les marchés, permettent de compter les hommes, les étals, les marchandises, de suivre les achats, d’évaluer les prix, la pratique du crédit, l’endettement, de suivre les affaires traitées par la cour de justice manoriale, etc. Toutes ces sources qui relèguent nos documents au rang de fragments. Les archives françaises n’interdisent pourtant pas d’étudier les marchés médiévaux et d’appréhender leur réalité économique et historique. Et pour qui, malgré l’absence de corpus spécifique (ou de recensements des foires et marchés similaires à ceux pratiqués aux au xviiie-xixe siècle [11][11] Arch. dép. Seine-Maritime, série L, administration...), s’atèle au dépouillement des fonds d’archives, elles offrent même de manière ponctuelle, quelques rares documents d’exception : les lettres patentes de création de marché accordées à une seigneurie par l’autorité royale. Elles témoignent de l’établissement d’un marché hebdomadaire à une date précise, d’une institutionnalisation des marchés hebdomadaires et de la mise en place d’une procédure de création. L’intérêt de ces lettres n’est pas négligeable puisque n’ayant aucun équivalent pour le début du Moyen Âge, elles éclairent les premiers instants de l’existence de marchés hebdomadaires médiévaux et nous donnent l’opportunité d’étudier les réalités économiques à l’origine de ces nouvelles fondations, réalités qui nous permettent également de constater que, loin de fonctionner de manière autonome les marchés hebdomadaires médiévaux sont organisés en maillage et en réseau [12][12] Arnoux et Theiller, à paraître..

La procédure de création et l’institutionnalisation

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Comme l’attestent les lettres patentes et les ordonnances royales, dans le royaume de France au moins depuis le xiiie siècle, la création des marchés hebdomadaires a été reprise en main par la royauté et est devenue une prérogative royale [13][13] BnF, manuscrit latin 12812, f° 93 r° et 93 v°, liste.... Ce principe implique que l’établissement d’un marché hebdomadaire sursoit au respect d’une procédure de création. Ce n’est que cette dernière qui peut institutionnaliser et donner une réalité juridique au marché (figure 1).

Figure 1 - Procédure de création d’un marché hebdomadaireFigure 1
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Toute création de marché est précédée d’une requête adressée au roi par un seigneur, une communauté religieuse, d’habitants, de marchands, etc. Cette requête, pour trouver un écho favorable, doit en principe être motivée par une situation géographique et économique propice, ainsi que par un déficit avéré de commerces temporaires aux abords de la localité requérante. Si tel est le cas, la procédure consiste d’abord et surtout, en une évaluation ordonnée par la Chambre des Comptes du contenu de cette requête déposée au préalable à la Chambre des requêtes et au Conseil du roi. Cette évaluation de la demande relève en fait quasi exclusivement de la Chambre des Comptes. Cette dernière, afin de statuer en connaissance de cause, va ordonner la réalisation d’une enquête et d’un rapport d’enquête. Pour ce faire, la Chambre des Comptes transmet une demande d’enquête au bailliage qui l’enverra alors au Procureur du roi afin qu’il la fasse exécuter par les officiers royaux.

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L’étude des lettres patentes établissant les marchés hebdomadaires laisse penser que cette enquête ou information, dite de commodo et incommodo, se décompose en une sorte d’étude de marché adjointe à une enquête de voisinage durant lesquelles la Chambre des Comptes doit s’informer sur les marchés hebdomadaires qui se réunissent à proximité de la localité demandeuse [14][14] Sur la formule de commodo et incommodo, voir Weidenfeld,.... Bien qu’aucune de ces enquêtes ne nous soit parvenue, il semble qu’ils s’agissent d’auditions de témoins semblables, à celles organisées dans le cadre de procédures judiciaires intentées contre des marchés illicites, et durant lesquelles « l’on entend les villages voisins intéressés » [15][15] Huvelin, 1897 ; Theiller, 2004, p. 131-152.. Il s’agit d’évaluer les préjudices et bénéfices qu’un marché pourrait apporter à la localité qui va l’héberger ou à celles qui l’environnent. Le but étant d’inclure le nouveau marché dans un maillage de marchés hebdomadaires préexistant, sans menacer l’équilibre économique de l’ensemble. De ce fait, comme toute lettre patente ancienne accordant un droit de marché prévaut sur toute nouvelle création, l’enquête menée par le Procureur doit recenser les localités environnantes disposant d’un droit de marché, même inusité. Il est donc question de s’assurer qu’aucun marché ne se réunit le même jour que le nouveau marché, ou qu’aucune lettre patente n’en accorde le droit, dans une localité sise dans un rayon de 11 mm. Cette enquête ne pouvant être exhaustive, il est courant que l’autorité royale accorde la création du nouveau marché « nonobstant quelconques ordonnances et mandement, restrictions, inhibitions ou deffences a ce contraires », et ce malgré l’enquête préalable [16][16] Cf. infra, source 150..

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Une fois l’enquête menée à son terme, celle-ci fait l’objet d’un rapport transmis par le procureur au bailli, puis à la Chambre des Comptes afin que cette dernière délibère et prenne une décision favorable ou non à la création du nouveau marché [17][17] Les lettres dont nous disposons ne font pas état du.... Ce n’est qu’au terme de ce cheminement, et dans le cas d’une réponse favorable qu’est établie une lettre patente donnant l’autorisation au demandeur de bénéficier d’un droit de réunir un marché hebdomadaire une ou plusieurs fois par semaine en un lieu donné à un jour déterminé.

Une perception des réalités économiques médiévales

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Pour les xive-xve siècles, on ne dispose que de peu de lettres patentes établissant de nouveaux marchés hebdomadaires. Cette carence n’est pas seulement due aux effets du temps, elle vient surtout du fait qu’aux xive-xve siècles chaque nouveau marché hebdomadaire doit s’insérer dans un maillage organisé dans le respect des usages coutumiers. Or à la fin du Moyen Âge ce maillage est pour ainsi dire complet et ne laisse que peu de places vacantes pour de nouvelles créations respectant les impératifs procéduraux réclamés par la Chambre des Comptes. De ce fait, les rares lettres patentes conservées entérinent des transports ou des refondations de marchés hebdomadaires Cette situation n’est bien entendue pas étrangère à la progressive restauration économique et seigneuriale qui a fait suite au départ de l’occupant anglais au milieu du xve siècle. Les axes de circulations sont réinvestis par les marchands et par les usagers des lieux de commerce temporaire. Les marchés mis en veille durant la Guerre de Cent Ans se remettent à fonctionner. La nécessité d’adapter le réseau au nouveau besoin se manifeste, entraînant quelques transports de marché à un autre jour que celui déterminé lors de la fondation initiale et quelques refondations dues à la perte des lettres originales, comme cela semble être le cas du marché de Londinières qui obtient, à la demande du Chapitre de Rouen, une lettre patente de Charles VIII en juin 1490 (source 150) [18][18] Londinières, Seine-Maritime, chef-lieu de canton, arrondissement....

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Mais nous disposons également de quelques lettres patentes établissant de nouveaux marchés en pleine Guerre de Cent Ans comme durant la reconstruction de la Normandie entre 1485 et 1492. En l’état actuel de la recherche, elles sont au nombre de trois pour la Seine-Maritime : la première de 1357, concerne le marché d’Harfleur (source 148), la seconde de 1485, instaure le marché de la Mailleraye-sur-Seine (source 149) et la troisième de 1492 intéresse le marché du Lindebeuf (source 151 et carte 1) [19][19] Harfleur, Seine-Maritime, canton de Montivilliers ;....

Carte 1 - Les nouveaux marchés hebdomadairesCarte 1
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Une étude menée à la fois sur le maillage des marchés hebdomadaires et sur la circulation des hommes dans l’espace de l’actuel département de la Seine-Maritime a permis de constater que dans tous les cas, ces créations relèvent d’un ajustement du maillage des marchés aux contingences économiques du moment. Cette adaptation peut prendre la forme d’une mise en veille progressive d’un marché frappé d’inactivité (le droit est maintenu mais le marché ne se rassemble plus) ou d’une création de marché suite à l’intensification du commerce en un lieu.

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Dans ce dernier cas, on constate généralement que la demande de création est motivée non par une nécessité commerciale locale (seigneuriale) mais par une exigence relevant au moins du commerce régional [20][20] Ce thème fera sous peu l’objet d’un article, mené en.... Les motivations invoquées par les demandeurs en témoignent. Pour justifier leur requête, ils soulignent bien moins les richesses de leur seigneurie que la possibilité d’intercepter les activités commerciales d’un « grand nombre de marchants et aultres » qui « souventefoys frequentent, passent et rappassent parce qu’il y a grant chemins passant de tous costez marchandans en notre pays et duché de Normandie et autres diverses contrees » (source 151). Les cas du marché d’Harfleur et de la Mailleraye-sur-Seine attestent d’ailleurs cet état de fait. La légitimation d’un marché sans droit pour le premier et la création d’un marché pour le second, s’expliquent par l’implication de ces localités dans un réseau d’échanges qu’elles ne peuvent faire semblant d’ignorer et ce, alors même qu’au niveau local, l’espace est bien pourvu en marchés. À Harfleur, l’objectif inavoué est de donner une lettre patente à un rassemblement commercial spontané situé à l’embouchure de la Seine et installé sur une voie commerciale reliant la mer à la capitale rouennaise et parisienne. À la Mailleraye-sur-Seine, le but avoué cette fois est de retenir le temps d’un marché « les marchans estrangiers et autres portans denrees qui souvent y conversent et reposent leurs navires » avant de rejoindre Rouen puis Paris, et de faire en sorte qu’ils puissent y « avoir et recueillir les choses a eulx necessaires » (source 149). Les marchés nouvellement institués se présentent alors comme des étapes, des marchés relais, organisé hebdomadairement, sur de grandes routes commerciales régionales et interrégionales.

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Les lettres patentes témoignent d’une réelle compréhension des espaces économiques de la part des contemporains et d’une volonté entendue de la part de l’autorité royale et de son administration de reprendre en main, d’organiser et de contrôler, par l’intermédiaire des marchés hebdomadaires, la circulation, la collecte, la consommation et la production des denrées et marchandises commercialisables. Enfin elles nous permettent d’échapper aux analogies, à la mise en place de problématiques comparatives a-chronique qui ne considèrent que les fonctions d’estorement – approvisionnement en produits de première nécessité – des marchés hebdomadaires, et ainsi elles nous offrent la possibilité de montrer en quoi l’histoire des marchés hebdomadaires médiévaux est nécessaire à la compréhension de l’économie médiévale et en quoi les marchés méritent une analyse fondée sur l’observation de la structure médiévale.


Annexe

148 - 28 avril 1359 - Établissement d’un marché et de deux foires à Harfleur

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Vidimus par Robert de Heaumet, vicomte de Montivilliers, d’une lettre patente de Charles, duc de Normandie et dauphin de Vienne, établissant un marché hebdomadaire le mercredi et deux foires annuelles à la saint Martin (11 novembre) et à la translation saint Martin (13 avril ?) à Harfleur.

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Source : A. Original, perdu ; B. Copie, parchemin, Arch. dép. Seine-Maritime 54H304, Abbaye de Montivilliers, 28 avril 1359.

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Dossier des pièces relatives à l’établissement d’un marché au préjudice des droits de l’abbaye de Montivilliers (1357-1366). État de conservation médiocre.

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Au milieu du xive siècle, le port de Seine d’Harfleur [21][21] Harfleur, Seine-Maritime, canton de Montivilliers. ne détient pas le droit de réunir un marché hebdomadaire et ce, alors même que la position géographique, le potentiel économique et les nombreux privilèges commerciaux de ce véritable comptoir normand le permettraient. Harfleur doit cette absence de marché à sa situation administrative et coutumière qui la subordonne à l’abbaye de Montivilliers. Cette abbaye dispose de trois marchés anciens situés à moins de 11 km ce qui interdit toute nouvelle création sous peine de ne plus répondre aux contraintes imposées par l’enquête de commodo et incommodo. Un marché se rassemble pourtant chaque semaine à Harfleur, les mercredi et samedi. Il ne dispose d’aucune lettre patente et n’en obtiendra une, qu’en 1357, en pleine occupation anglaise. Cette lettre provoqua une vive réaction des religieuses de Montivilliers, qui en 1359 entament une procédure en annulation. Elles l’obtiennent dès 1359, mais cette décision resta sans effet, puisque le marché continua à se rassembler, malgré les plaintes renouvelées des religieuses, et sans provoquer la moindre réaction des autorités royales.

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Donné par copie soubz le seel au causes du bailli de Caux, a tous ceux qui ces lettres verront ou oiront Robert de Heaumet, vicomte Montivilliers, Salut.

18

Savoir faisons que l’an de grace m ccc lix le xxviiie jour d’avril par devant nous furent monstrees et veues lez lettres du duc notre seigneur saignes et entieres, seeléz en las de soye, chire vert contenant la fourme qui ensuit.

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Challes [22][22] Charles. ainsné filz et lieutenant du Roy de France, duc de Normendie et dalphin de Vienne. Savoir faisons a tous presens et avenir que comme lez bourgeois et habitans de la ville de Harefleu disoit que grant et evident prouffit serait a nous, a eulx et au pais se il plesoit ordenner en notred. ville, qui est lieu et port de mer notables ou grant quantité de marchans estrangés et d’autres gens descendent et demeurent ainsi comme continuelement, un marchié par semaine et deulz foires par an considéré qu’il convient souvent lesd. supplianz et marcheans et les autres frequentans lad. ville aler querré et acheter hors d’icelle leurs vivres et autres necessitéz que eulz pourroient avoir presentement es jours d’iceulz marchié et foires et pourroient demourer continuellement en lad. ville pour la garder et deffendre des anemis qui cesforcent de la prendre et piller, et lezd. habitans et frequentans et habitans chascun jour nous aient supplié humblement que nous leur willons octroier et faire ordonner en notred. ville led. marchié au jour de mercredy chascune sepmaine et lezd. deux foires chascun an, c’est assavoir l’une le jour de la feste Saint Martin et l’autre le jour de la translation dudit Saint Martin perpetuellement meesmement que en aucunez dites villes d’environ na esd. jours foire ne marchié si comme l’en dit, nous qui avons fait savoir la verité sur ceu par aucuns de nos conseillers lesquex ont trouvés et nous ont rapporté que lezd. marchié et foires seroient prouffitables a nous et au pais d’environ defun, de tout notre creu accroistre le prouffit dez subgetz de notred. seigneur et dez messires et des marchans, enclinans a la supplication desd. supplians leur octroyons et ordenons en lad. ville de Harefleu un marchié par semaine, deulz foires par an esd. jours perpetuellement de grace especiale et de certaine sience et mandons au bailli de Caux et au vicomte de Montivilliers et a tous nos autres justiciés presens et avenir et a chascun d’eulz si comme a luy appartendra et requis en sera, ou a leurs lieutenant et a tous les subgetz de notred. seigneur et aux notres que lesd. marchiés et foires il fachent crier et publier es lieux notables et acoustumés en tels cas ou semblables et lez fachent ordenner assoer ou tenir es lieux plus convenable et prospectable de lad. ville ou pres d’icelle, et lessent passer par leurs juridiction et destroiz paiziblement et sans empeschement tous marchans et toutes marcheandizes et toutes autres gens en alant aud. marchiés et foirez et en retournant d’iceux, et leur baillent et faschent avoir a leurs despens conduit, conseil et aides toutes fois que mestier leur sera et le requerront. Et pour ceu que cheu soit ferme chosez et estable a tousjours nous avons fait metre notre seel a ces presentes lettre sauf en autre chose le droit de notred. seigneur et le notre en toutes l’autruys.

20

Donné a Paris l’an de grace mil troys chens chinquante et sept au mois de decembre.

21

Ainsi signé par monseigneur le duc, Marreil.

22

Collation est faitte.

149 - 1485 - Établissement d’un marché et d’une foire à La Mailleraye-sur-Seine

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Lettres patentes (avril, 1485) de Charles VIII établissant un marché hebdomadaire le jeudi et une foire annuelle à la saint Mathurin (14 mai) à la Mailleraye-sur-Seine.

24

Source : Original, parchemin, scellé d’un sceau de cire sur lacs de soie rouge et verte, Arch. dép. Seine-Maritime 203 J 40, liasse numéro 1, avril 1485. Dossier relatif au marché de la Mailleraye-sur-Seine et à la foire Saint Mathurin [23][23] Cette lettre patente m’a été communiquée par Bruno.... Très bel état de conservation..

25

La Mailleraye-sur-Seine [24][24] La Mailleraye-sur-Seine, Seine-Maritime, canton de.... Située à une soixantaine de kilomètres de Rouen par voie fluviale cette localité n’a pas disposé d’un droit de marché avant 1485 car au niveau local, elle est cernée de toute part par des marchés anciens ayant la préséance. La Mailleraye-sur-Seine obtient toutefois en 1485 une lettre patente autorisant le rassemblement d’un marché chaque jeudi, fondé afin de parfaire un réseau de marchés-relais distribués le long de la Seine. Ce réseau assure à un marchand entrant dans la Seine en direction de Rouen, qu’il pourra trouver au moins un marché sur sa route, et ce quel que soit le jour où il s’est engagé sur la Seine.

26

[Mention dorsale] Par le roy en son conseil ouquel monseigneur le duc de Lorraine, les contes de Clermont, de Bage et de Vendosme, monseigneur l’archevesque de Bourdeaulx, maistre Simon Davy, maistre des requestes et autres estoient.

27

Charles par la grace de Dieu roy de France savoir faisons a tous presenz et avenir Nous avoir receue humble supplication de notre amé et feal conseiller et chambellain Colart de Moy, chevalier seigneur dud. lieu et de la Mesleraye, contenant que sad. terre et seigneurie de la Mesleraye laquelle est tenue nuement de nous en foy et hommaige a cause de Pont Autou [25][25] Pont-Authou, Eure, canton de Montfort-sur-Risle. et Pont Audemer [26][26] Pont-Audemer, Eure, chef-lieu de canton. est de grant estendue en aucunes parties comme de deux lieues ou environ assise sur la riviere de Seine ou bailliage de Rouen distant d’aucuns marchiez ou les hommes d’icelle terre et autres d’environ dud. bailliage puissent aler bonnement porter leurs marchandises et faire leurs negoces et affairez sans grant […] destourbier ou dangier de leurs personnes et marchandises et qu’il n’y a aucun marchié environ ledit lieu de la Mesleraye a distance de deux lieues ou environ audit bailliage qui est au dommaige de la chose publique et que s’il avoit marchié audit lieu de la Mesleraye ou affluent plusieurs personnes les denrees et marchandises qui y seroient apportees pourroient estre recueillies vendues et distribuees et aussi que les marchans estrangiers et autres portans denrees qui souvent y conversent et reposent leurs navires y pourroient avoir et recueillir les choses a eulx necessaires ; avecques ce que au jour et feste de saint Mathurin au mois de may, qui est ung des fondateurs de l’eglise et paroisse dudit lieu de la Mesleraye, y affluent et se treuvent plusieurs personnes qui ont necessité de vuivre et autres leurs necessitez est utile pour la chose publique que les marchans y apportassent leurs denrees et marchandises et y avoir audit jour foire.

28

Sy nous humblement requerant que actendu ce que dit est il nous plaise lui octroyer et creer pour lui et ses successeurs en sa dite terre et seigneurie de la Mesleraye les dits marchié et foire ; c’est assavoir le dit marchié pour y estre tenu et exercé chacune sepmaine au jour de jeudy et ladite foire pour estre tenue et exercee chascun an audit jour et feste saint Mathurin si que estit aulnaiges, droiz, previlleges, prerogatives, preeminence et franchises tant ainsi et par la forme et maniere qu’il est accoustumé es marchiéz prouchains dudit bailliage de Rouen ou icelle terre et seigneurie est assise sur ce lui impartir noz […] et provision.

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Pourquoy nous ses choses considerees inclinans liberalement et favorablement a la suppliaction et requeste de nosdits conseillers et chambellain suppliant en faveur et recompense des bons grans louables et recommandables services qu’il a parcidevant a feu notre tres chiers seigneur et pere que Dieu absoille et a nos faict au fait de noz guerre que et afin qu’il soit enclin y continuer et perseverer, pour ces causes et autres a ce nous mouvans avons de notre grace especial pleine puissance et auctorité royal creé et estably et par la teneur de ces presentes creons et establissons audit lieu de la Mesleraye ung marchié pour y estre tenu et exercé chacune sepmaine au jour de jeudy pour et ou prouffit dudit suppliant et de ses successeurs proprietairement et hereditablement et une foire pour estre tenue et exercee chascun an au jour et feste saint Mathurin audit mois de may. Ausquelz jours, lieux, marchié et foire l’on pourra doresnavant et a tousiours perpetuellement vendre, achapter, eschangier et distribuer toutes manieres de marchandises licites et honnestes […] ainsi que l’on fait et que l’on a coustume de faire es autres foires et marchiez voisins dudit lieu. Sur lequelles denrees et marchandises nous donnons plain pouvoir et previlleges, franchises et libertez tant ainsi et par la forme et maniere qu’il est acoustumé faire es autres foires et marchiéz dudit bailliage ou la dite terre et seigneurie de la Mesleraye est scituee et assise.

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Si donnons en mandement par ces meismes presentes aux vicontes de Rouen, de Pontautou et Pontaudemer, et a touz noz autres justiciers ou a leurs lieutenants presens et avenir et a chascun d’eulx si comme a lui appartiendra que noz presentes graces, creacion et etablissement ils facent, souffrent et laissent nos dits conseillers et chambellain suppliant joyr, user plainement et paisiblement sans en ce ores ne pour le temps avenir ne aux marchans afleuans esdites foires et marchié leurs denrees et marchandises leur faire mectre et donner ne souffrir estre fait mis ou donné en corps et biens aucun destourbier ne empeschement au contraire en faisant […] et publier se mestier est a son de trompe et cry publique les dites foire et marchié par tous les lieux ou il appartiendra et audit lieu de la Mesleraye establir loges, places et estaulx et autres choses necessaires pour le […] des dites foire et marchié en tenant en seureté les marchans afluans a iceulx foire et marchié ensemble leurs denrees et marchandises durant les joursqu’ilz se tiendront tout ainsi qu’il est acoustumé de faire es autres foires et marchiéz dudit bailliage de Rouen pourveu que a quatre lieues a la ronde dudit lieu de la Mesleraye nait autre foire et marchéz au jour dessus dit parquoy ce present etablissement y feust ni soit prejudiciable an aucune maniere.

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Car ainsi nous plais et volons estre fait nonobstant quelconques ordonnances, mandemens ou deffences a ce conraires et afin que ce soit chose ferme et estable a tousiours nous avons fait mectre notre seel a ces dites presentes sauf en autres choses notre droit et l’autruy en toutes. Donné a Rouen au mois d’avril l’an de grace mil cccc quatre vings cinq et de notre regne le deuxiesme.

150 - 1490 - Établissement d’un marché et de deux foires à Londinières

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Lettre patente (juin, 1490) de Charles viii établissant un marché hebdomadaire le jeudi et deux foires annuelles le 29 juin et le 28 octobre à Londinières.

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Source : Original, parchemin, Arch. dép. Seine-Maritime G3734, juin 1490. État de conservation médiocre, nombreuses lacunes de faible étendue au moment de la transcription (depuis lors le document présente une déchirure importante en son centre).

34

Cette lettre patente qui établit un marché à Londinières [27][27] Londinières, Seine-Maritime, chef-lieu de canton, arrondissement... semble entériner une refondation plutôt qu’une fondation. Cette hypothèse repose essentiellement sur des présomptions et sur l’origine économique du nom de la localité, appelée « nundinac », « nundinarias » ou encore « nundinae » dans un acte carolingien et deux actes ducaux [28][28] Duplessis, 1740, t. i, Londinières ; Lot, 1940..

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Charles par la grace de Dieu roy de france savoir faisons a tous present et avenir nous avoir receue humble supplication de noz tres chier et bien améz […] et chapitre de l’eglise de Rouen seigneurs de la terre et seigneurie de Londanieres ou bailliage de Caux contenant Que led. lieu de Lonn[danieres est] assis en ung beau pais circuit et environné de rivieres, praerie et d’autres belles terres habondentes en biens. Et y ont les ditz supplians toute ju[stice h]aulte moyenne et basse. Aussi souventes fois plusieurs bons marchans y vont frequentant, repparant et font fait de leurs marchandises. Parquoy […] chose convenable utile et prouffitable tant pour la delivrance des biens des dits suppliants que pour la choses publique du pais d’environ que audit lieu [de Lo]ndenieres feussent et soient doresnavant establies deux foires et ung marchié chascun jeudi de la sepmaine et ainsi que les ditz supplians nous ont fait dire et remonstrer en Nous humblement requerant noz graces et liberalités leurs estre sur ce impartiz.

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Pourquoy nous ces choses considerees et que desirons de tot notre pouvoir l’entrecours et augmentation de la marchandises et le bien de la chose publique de notre royaume, pais, seigneuries et subgetz […] acreu et augmenté pour ces causes inclinans liberalement a la supplication et requeste des ditz supplians et pour autres consideracions a ce nous mouv[ant] A nous fait creé et estably. Et par la teneur de ces presentes de notre grace especiale, plaine puissance et auctorité royal faisons, creons, establissons [et] donnons audit lieu de Londenieres deux foires en l’an C’est assavoir l’une le vingtneufvieme jour de juing et l’autre le vingthuitieme jour d’octobre avecques un marchié au jeudi de chascune sepmaine de l’an. Voulans octroyans qu’on puisse vendre et achapter es dites foires et marchiés toutes manieres de denrees licites honnestes et convenables comme l’on fait et fera es autres foires et marchiés du pays d’environ. Pourveu que a quatre lieues a la ronde il n’y ait auxdits jours autres foires et marchiés.

37

Et donnons en mandement par ces mesmes presentes au bailli de Caux et a touz noz autres justiciers ou a leurs liextenans et a chacun d’eulx presens et advenir si comme a lui appartiendra Que de noz presens, grace, creation, establissement et oct[roy] ilz facent, seuffrent et laissent lesdits suppliants jouyr et user plainement et paisiblement des dites foires et marchié sans leur faire mectre ou donner, ne sou[frir] estre fait, mis et ordonné ores ne pour le temps advenir aucun destourbier ou empeschement au contraire. Amcoys se fait mis ou donné leur estoit le leur mect[…] faites mectre incontinant et sans delay au premier estat et deu. Et avecques ce facent crier et publier audit lieu et par tous les autres lieux qu[…] sera a son de trompe et cry publique se mestier est les dites foires et marchié. Aussi establir audit lieu de Londenieres tel nombre d’estaulx loges [et a]utres choses a ce necessaires et lesquelles ilz verront au cas appartenir. En faisant joyr les marchans de tels et semblables privileges, droitz et libert[éz …] on a coustume de joyr et user es autres foires et marchiéz du pays. Par aians par lesditz marchans les coustume, places et estallages ainsi et en la fo[rme et] maniere qu’il est fait es autres foires et marchiés.

38

Et afin que ce soit chose ferme et estable a tousioursmais (sic) nous avons fait mectre notre seel [a ces] presentes Sauf en autres choses notre droit et l’autruy en toutes.

39

Donne aux Montilz lez Tours Ou mois de juing l’an de grace 1491.

151 - 23 février 1492 - Établissement d’un marché et d’une foire à Lindebeuf

40

Copie informe de la lettre patente (23 février 1492) de Charles viii établissant un marché hebdomadaire le mardi et une foire annuelle à la saint Mathurin (14 mai) à la Lindebeuf.

41

Source : A. Original, perdu ; B. Copie xvie siècle, cahier de papier, Arch. dép. Seine-Maritime 1er 1915. 23 février 1492.

42

En l’état actuel de la recherche il n’a pas été possible de déterminer les motivations économiques profondes ayant prévalu à la création du marché du Lindebeuf [29][29] Lindebeuf, Seine-Maritime, canton de Yerville.. On peut toutefois noter que le marché se trouve non loin de la Sâane, soit dans un espace coutumier de franchises en foires et marchés délimité par la Sâane et la Seine, et sur l’ancienne voie romaine reliant Caudebec-en-Caux à Arques-la-Bataille, soit sur des routes commerciales fréquentées par des marchands circulant entre Harfleur, Dieppe et Rouen.

43

[f° 1]

44

Charles par la grace de Dieu Roy de France. A tous ceux qui ces lettres verront Salut.

45

Scavoir faisons nous avoir receu humble supplication de nos amié et feal conseiller et chambellan Anthoine Martel seigneur de Beaumont, de Rames et de Lindebeuf en Bailliage de Caux, contenant que les dits lieux de Lindebeuf est assis en beau pays et fertil et pres et environ d’icelluy y a autres belles places bourgs et villages ou souventefoys frequentent, passent et rappassent grand nombre de marchants et aultres parce qu’il y a grant chemins passant de tous costez marchandans en notre pays et duché de Normandie et autres diverses contrees. Parquoy seroit bien requis convenable et profitable pour le bien de la chose publique que au dit lieu de Lindebeuf soit creé et estably aucun marché ainsy que plus a plain par luy nous a esté remonster en nous humblement requerant nos graces et liberallité luy estre sur ce impartis. Pourquoy nous, ce consideré inclinant liberallement a la requeste dudit sieur de Beaumont et en faveur des bons grands et recommandables services qu’il nous a par cy devant faict et continué chascun jour tant du fait de nos guerres que autrement et esperons que encore face cy apres voulans a cette cause les lever et augmenter en grandeurs et bienfaictz led. lieu de [f° 1 v°] Lindebeuf pour ces causes et autres a ce non mouvant de notre certaine science, grace especial, pliane puissance et authorité royal fait, cree, ordonne et etably par ces presentes, faisons, creons, ordonnons et etablissons a touiours, mais perpetuellement audict lieu de Lindebeuf jour de marché a chascun mardy de la sepmaine pour y estre tenu perpetuellement et voullons et nous plaist que au dit jour de marché on y puisse vendre, achapter, distribuer, eschanger et estapper toutes manieres de denrees et marchandises bonnes et honneste et que on ypuisse de telz et semblable previleges, libertéz, franchises, droitures, mesurages, poids, aulnages et tout ainsy que l’on faict et accoustume de faire es aultres marchés dudit pays. Si donnons en mandement par ces mesmes presentes au bailly de Caux et a tous nos autres substituts, officiers ou a leurs lieutenants et a chacun d’eux presents et avenir si comme a luy appartiendra et que nos presentes graces, creations et etablissement ils facent, souffrent et laisse le dit sieur et ses successeurs jouyr et user plainement et paisiblement, perpetuellement sans en ces lieux faire mettre ou donner ny souffrir estre faict donné aux marchantz aucun arrest, destourbris ou empeschements au contraire lequel sy faict mys ou ordonné [f° 2] leur avoit esté ou estoit ilz le reparent et remettent ou facent reparer et remettre incontinent et sans delay a plaine delivrant et au premier estat et deu en faisant crier et publier le dit marché a son de trompe par tous les lieux et villes qu’il appartiendra en establissant au dit lieu de Lindebeuf, loges, places, estaulx et autres choses necessaires pour l’usage du dit marché en tenant a seureté les marchantz qui y affluront et les facent et laissent jouir et user de telz et semblables previleges, droits, franchises, libertés, poids, aulnages et mesurages et tout ainsy que l’on a accoustume de jouir es aultres marchéz dudit pays de Normendie comme dit est pour ce que a quattre lieues a la ronde du dit lieu de Lindebeuf n’ay au dit jour de mardy aulcuns autres marchéz. Pourquoy ce present etablissement y soit ou fust preiudisciable en aulcune maniere car ainsy nous plaist se estre faict nonobstant quelconques ordonnances et mandement, restrinctions, inhibitions ou deffences a ce contraires et affin que ce soit chose ferme et estable a touiours nous avons fait mettre notre seel a ces dictes presentes sauf en autres choses notre [f° 2 r°] droict et l’autruy en toutes.

46

Donné a Paris le xxiiie jour de fevrier l’an de grace mil cccc quatre vingt et douze et de notre regne la xe.

47

Signé Lobertes, un signe ou paraphe et a costé est escript par le roy les sieurs de Graville, admiral d’Aubigny, maistre Jean de [Pierrepont] maistre des requestes ordinnaires et aultres presentz et seelés en queue d’un grand sceau de cire.


Bibliographie

  • Arnoux, Mathieu, et Theiller, Isabelle, « Les marchés comme lieux et enjeux de pouvoir en Normandie (xie-xve siècles) » in Les Lieux de pouvoir en Normandie et sur ses marges, table ronde, de Caen, novembre 2003, à paraître.
  • Braudel, Fernand, L’Identité de la France : espace et histoire, 2e éd., Paris, Seuil, 1990, 407 p. (« Champs »).
  • Britnell, Richard H., The Commercialisation of English Society (1000-1500), Cambridge, 1993, 273 p.
  • Center for Metropolitan History, Gazetter of Markets and fairs in England and Wales to 1516. Disponible sur : <http:// www. history. ac. uk/ cmh/ gaz/ gazweb2. html> (consulté en 2004).
  • Chédeville, André, « L’Essor urbain et ses formes : les bourgs » in Le Goff, Jacques, (dir.), La Ville en France au Moyen Âge, Paris, 1980, p. 59-101 (« Histoire de la France urbaine », 2).
  • Circuits commerciaux, foires et marchés en Normandie. Actes du ixe Congrès des Sociétés Historiques et Ethnologiques de Normandie. Valognes, octobre 1974, Rouen, 1978.
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  • Duplessis, Michel-Toussaint-Chrétien (dom), Description Géographique et Historique de la Haute Normandie, divisée en deux parties…, Paris, 1740.
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  • Favier, Jean, Dictionnaire de la France médiévale, Paris, Fayard, 1993, 982 p.
  • Foires et marchés dans les campagnes de l’Europe médiévale et moderne, [colloque, Flaran, 1992], Toulouse, 1996, 252 p.
  • Huvelin, Paul-Louis, Essai historique sur le droit des marchés et des foires, thèse de doctorat, droit, Paris, 1897, 617 p.
  • Kowaleski, Maryanne, Local markets and Regional Trade in medieval Exeter, Cambridge, 1995, 442 p.
  • Lanaro, Paola, I Mercati nella Republica Veneta economie citadine e stato territoriale (secoli xv-xviiie), Venise, 1999, 143 p.
  • Lot, Ferdinand (dir.), Recueil des actes de Charles III le Simple, roi de France, Paris, 1940, 2 tomes.
  • Margairaz, Dominique, « La Formation du réseau des foires et des marchés : stratégies, pratiques et idéologies », Annales esc, t. 41, 1986, p. 1215-1242 ;
  • —, Foires et marchés dans la France préindustrielle, Paris, 1988, 275 p.
  • Mira Guiseppe, Le Fiere lombarde nei secoli xiv-xvi, Prime Indagin, Come, 1955, 201 p. (« Raccolta di saggi e ricerche », 4).
  • Musset, Lucien, « Peuplement en bourgage et bourgs ruraux en Normandie du xe au xiiie siècle » Cahiers de Civilisation Médiévale (xe-xiiie siècle), t. 9, 1966, p. 177-208.
  • Perrot, Ernest, Les Cas royaux. Origine et développement de la Théorie aux xiiie et xive siècles, réédition, Genève, Slatkine-Mégariotis, 1975.
  • Pirenne, Henri, Histoire économique et sociale du Moyen Âge, Paris, 1963, 223 p.
  • Smith, Richard Michael, « A Periodic Market and its Impact on a Manorial Community : Botesdale, Suffolk, and the Manor of Redgrave, 1280-1300 », in Razi, Z., et Smith, R. M., (éd.) Medieval Society and the Manor Court, Oxford. 1996, p. 450-481.
  • Theiller, Isabelle, Les Marchés hebdomadaires en Normandie Orientale (xive siècle-début xvie siècle), thèse de doctorat, histoire, sous la direction de Guy Bois et Mathieu Arnoux, Université Paris 7-Denis Diderot, juin 2004, 2 vol., dactyl.
  • Tobler, Adolf, et Lommatzsch, Erhard, (dir.), Altfranzösisches Wörterbuch, Berlin. 1951-1976.
  • Weidenfeld, Katia, Les Origines médiévales du contentieux administratif (xive-xve siècles), Paris, 2001, (Romanité et Modernité du Droit).

Notes

[*]

Université Paris-7 - Denis Diderot, Laboratoire Sociétés Occidentales : Temps, Espaces et Civilisations.

Courriel : <i. theiller@ wanadoo. fr>

[1]

Pirenne, 1963.

[2]

Braudel, 1990.

[3]

Foires et marchés dans les campagnes de l’Europe médiévale et moderne, 1996.

[4]

On signalera pour l’époque moderne, les travaux menés par Margairaz, 1988, dans lesquels elle propose l’étude du déclin des foires par l’analyse du réseau des foires et marchés de la la fin du xviiie siècle au début du xixe ; id., 1986.

[5]

Huvelin, 1897 ; Musset, 1966 ; Chédeville, 1980 ; Braudel, 1990 ; Foires et marchés…, 1996.

[6]

Tobler et Lommatzsch, 1951-1976, vol. 5, p. 1133-1140.

[7]

Pirenne, 1963, p. 81.

[8]

Favier, 1993.

[9]

Cf. infra, bibliographie.

[10]

À l’aide de ces documents, le Center for Metropolitan History de Londres a réalisé, sous le patronage de Derek Keene et James Galloway, un catalogue en ligne des marchés et des foires de l’Angleterre et du Pays de Galle de 1100 à 1516. Cette base de données, disponible à l’adresse suivante : <http:// www. history. ac. uk/ cmh/ gaz/ gazweb2. html>, est régulièrement mise à jour par les organismes universitaires et laboratoires participant au recensement.

[11]

Arch. dép. Seine-Maritime, série L, administration révolutionnaire : L 450, L 451, L 452, L 453, L 454, L 455 ; certaines d’entre elles ont été publiées dans Circuits commerciaux, foires et marchés en Normandie, 1978, p. 103-111.

[12]

Arnoux et Theiller, à paraître.

[13]

BnF, manuscrit latin 12812, f° 93 r° et 93 v°, liste des droits royaux, document manuscrit édité dans son intégralité par Perrot, 1975, annexes : appendice i, n° 1.

[14]

Sur la formule de commodo et incommodo, voir Weidenfeld, 2001, p. 52-53.

[15]

Huvelin, 1897 ; Theiller, 2004, p. 131-152.

[16]

Cf. infra, source 150.

[17]

Les lettres dont nous disposons ne font pas état du processus de retour du rapport d’enquête vers la Chambre des Comptes. Il semble néanmoins assez clair que le rapport rejoint la Chambre des Comptes via les mêmes voies hiérarchiques que celles impliquées dans la demande d’enquête.

[18]

Londinières, Seine-Maritime, chef-lieu de canton, arrondissement de Londinières. Au Moyen Âge, un marché légalement fondé peut très bien cesser de fonctionner (se mettre en veille) mais conserver son droit à se réunir en un lieu et en un jour déterminé. Le droit est inusité mais pas annulé. Le marché peut donc reprendre son activité à tout moment, sans être tenu de réclamer une nouvelle lettre patente et cela, indépendamment des éventuels changements opérés à la tête de la seigneurie. Dans ce contexte, une refondation n’est pas une nouvelle demande de fondation de marché, mais bien une sorte de duplicata de la fondation initiale : Theiller, 2004, p. 105-152.

[19]

Harfleur, Seine-Maritime, canton de Montivilliers ; La Mailleraye-sur-Seine, Seine-Maritime, canton de Caudebec-en-Caux ; Lindebeuf, Seine-Maritime, canton de Yerville.

[20]

Ce thème fera sous peu l’objet d’un article, mené en collaboration avec Mathieu Arnoux et présenté conjointement lors de la table ronde sur Les Lieux de pouvoir en Normandie et sur ses marges tenue à Caen en 2003, sous le titre « Le marché hebdomadaire : entre espace seigneurial et espace économique régional (xie-xve siècles) ».

[21]

Harfleur, Seine-Maritime, canton de Montivilliers.

[22]

Charles.

[23]

Cette lettre patente m’a été communiquée par Bruno Penna (†), Groupe Archéologique du Val-de-Seine (ehess) alors qu’elle se trouvait aux Archives municipales de la Mailleraye-sur-Seine (Arch. mun. La Mailleraye A40 1.1. avril 1485). Elle a été versée en 2003 aux Arch. dép. Seine-Maritime et est consultable sur demande.

[24]

La Mailleraye-sur-Seine, Seine-Maritime, canton de Caudebec-en-Caux.

[25]

Pont-Authou, Eure, canton de Montfort-sur-Risle.

[26]

Pont-Audemer, Eure, chef-lieu de canton.

[27]

Londinières, Seine-Maritime, chef-lieu de canton, arrondissement de Londinières.

[28]

Duplessis, 1740, t. i, Londinières ; Lot, 1940.

[29]

Lindebeuf, Seine-Maritime, canton de Yerville.

Résumé

Français

Au cours du Moyen Âge, l’administration royale contrôle la création des marchés hebdomadaires et impose une procédure aboutissant à la rédaction d’une lettre patente qui donne à une seigneurie le droit à rassembler un marché en un lieu et jour donné. L’étude de ces lettres permet d’observer la mise en place du réseau des marchés mais aussi d’appréhender les motivations économiques qui ont présidé à leur création.

Mots-clés

  • marchés hebdomadaires
  • lettres patentes
  • Nomandie
  • Moyen Âge

English

During the Middle Ages the royal administration controls the Periodic markets creation and imposes a creation procedure ending up at the writing of a Letters Patent which give permission to a seigniory to gather a market in a definite place and day. The study of these Letters Patent allows to observe the installation of the network of the markets but also to grasp the economic motivations which leaded to these creations.

Keywords

  • Periodic Markets
  • Patent Letters
  • Normandy
  • Middle Ages

Plan de l'article

  1. La procédure de création et l’institutionnalisation
  2. Une perception des réalités économiques médiévales

Pour citer cet article

Theiller Isabelle, « La création des marchés hebdomadaires. Quatre documents normands des xive-xve siècles», Histoire & Sociétés Rurales 2/2005 (Vol. 24) , p. 105-121
URL : www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2005-2-page-105.htm.


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