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Histoire & Sociétés Rurales

2005/2 (Vol. 24)


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Corinne Marache, Les Métamorphoses du rural en Périgord. L’exemple de la Double et de ses confins des années 1830 aux années 1930, thèse de doctorat d’histoire, 1026 p. dactyl., soutenue le 15 décembre 2003 (Université Bordeaux iii-Michel de Montaigne)

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Jury : Christophe Bouneau, professeur à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux iii (président du jury) ; Pierre Guillaume, professeur a l’université Michel de Montaigne-Bordeaux iii (directeur de la thèse) ; Jean-Paul Jourdan, professeur à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux iii ; Jean-Luc Mayaud, professeur à l’université Lyon ii-Lumière (rapporteur) ; Rémy Pech, professeur à l’université Toulouse ii-Le Mirail ; Jean-Pierre Poussou, Recteur, professeur à l’université Paris iv-Sorbonne (rapporteur).

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Corinne Marache, après les remerciements d’usage, justifie tout d’abord le choix de son sujet. Elle explique les raisons qui l’ont poussée à travailler sur l’Aquitaine : son attachement à cette région, la proximité des archives, le désir de réactiver le chantier de l’histoire rurale contemporaine en Aquitaine. Souhaitant étudier le changement survenu dans les campagnes à l’époque contemporaine dans son acception la plus large, elle a fait le choix d’une d’étude « localisée ». Rapidement, elle a décidé de s’intéresser à une région défavorisée, puisque jamais la modernisation et les mutations économiques et sociales des espaces ruraux en difficulté, souvent qualifiés d’immobiles, n’ont véritablement été étudiées pour elles-mêmes. Cela semblait donc une piste à la fois nouvelle et tout à fait digne d’intérêt. Ainsi, des années 1830, choisies pour des raisons d’accès aux sources, aux mutations de l’Entre-deux-guerres, Corinne Marache a voulu montrer toute la relativité des concepts classiques, voire datés, d’immobilisme ou d’archaïsme, y compris pour un espace rural déshérité, et en étudier les métamorphoses dans toute leur complexité. Dans cette étude fine l’objectif était de comprendre comment les processus économiques et sociaux englobants ont été portés, vécus et perçus par les individus et comment ils se sont manifestés dans l’espace. Le terrain choisi, la Double et ses confins, identifié par les cantons de Montpon et Mussidan, répond aux critères recherchés : ceux d’une région forestière déshéritée et relativement isolée, bordée par la vallée de l’Isle, plus dynamique.

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La démarche adoptée se situe au carrefour de plusieurs écoles historiques. Se proposant d’étudier le changement dans sa globalité, ce travail se nourrit des enseignements des grandes thèses classiques d’histoire rurale. Par ailleurs, sans se réclamer de la micro-histoire, il en utilise toutefois les apports et les éclairages. Les sources exploitées proviennent pour l’essentiel du dépôt des archives départementales de la Dordogne. Toutes les séries ayant trait à la période 1800-1940 ont été sollicitées, ainsi que la presse régionale, les bulletins des sociétés agricoles et des sociétés savantes, les Calendriers de la Dordogne ou encore les multiples sources imprimées qui abondent sur la Double. S’y ajoutent l’examen de dossiers (essentiellement statistiques) conservés au caran et celui des archives municipales. Un important travail de collecte d’archives privées a également été effectué, complété par la réalisation de nombreux entretiens et d’un abondant recours à l’iconographie.

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La thèse suit un plan ternaire. L’analyse des transformations économiques, proposée dans la première partie de la thèse, s’avère riche d’enseignements. Corinne Marache s’est attachée à démontrer que l’incontestable retard des cantons de Montpon et Mussidan à la veille de la Seconde Guerre mondiale ne résulte pas d’un immobilisme séculaire ou de résistances systématiques à l’innovation. Bien au contraire, les permanences et les « archaïsmes » qui perdurent se sont accompagnés d’une véritable diversification de l’économie locale dès le courant du xixe siècle, qu’il s’agisse des domaines agricole, artisanal, industriel ou commercial.

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La deuxième partie est consacrée à l’étude des conditions et des agents de ces changements. L’observation de l’évolution des structures foncières et des modes d’exploitation du sol explique les difficultés et les caractéristiques d’une agriculture à plusieurs vitesses. Vient ensuite l’étude des nombreux aménagements réalisés en termes de réseaux et moyens de communication et d’échanges, domaine dans lequel la métamorphose est totale, malgré d’indéniables décalages chronologiques. Les progrès de l’éducation, le rôle de certains prêtres et, dans une moindre mesure, celui du service militaire, ont également été décisifs. À ce stade de sa réflexion, la candidate a voulu dresser un portrait des acteurs du changement et des structures au sein desquelles ils évoluaient. Elle a mis en évidence une redéfinition progressive des élites locales, constatant le lent passage d’une élite terrienne traditionnelle et conservatrice à une élite socialement plus hétérogène, républicaine et très majoritairement marquée à gauche. Elle a également fait apparaître le rôle clé de structures telles que les comices agricoles dans la modernisation rurale.

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Enfin, l’observation des profondes mutations survenues au sein de la société constitue le troisième et dernier temps de sa réflexion. Tandis que la population des chefs-lieux de canton n’a cessé de croître, celle des villages a au contraire globalement diminué à partir des années 1880. Les conditions de vie se sont lentement améliorées, malgré de réelles disparités sociales et spatiales. De même, le cadre de vie communal a fait l’objet de nombreuses transformations, la seconde moitié du xixe siècle est caractérisée par une importante politique de construction ou de restauration des bâtiments publics : quelle que soit l’ampleur des travaux réalisés en un siècle, chaque localité se dote de nouveaux marqueurs identitaires architecturaux (mairies, écoles, postes, etc.). L’éveil politique et syndical des habitants de la région est également à prendre en considération. Enfin, les rapports sociaux apparaissent eux aussi largement recomposés même s’ils conservent maintes réminiscences séculaires. Malgré une économie peu développée et un relatif isolement par rapport aux grands centres urbains, cette société est donc indéniablement touchée par la modernité, ce qui occasionne de profondes évolutions dans les mentalités comme dans la perception de l’espace. Les transformations qu’elle subit s’opèrent en totale corrélation avec les mutations politiques et économiques du moment, avec un décalage chronologique cependant. Ces changements génèrent un territoire et une société de l’entre-deux, à la fois marqués par les stigmates du passé et les effets de la modernisation.

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En se libérant des a priori, sans pour autant ignorer les pesanteurs, Corinne Marache a pu envisager pour eux-mêmes, et non plus à travers le prisme du retard ou de l’archaïsme les modalités, les mécanismes, les acteurs et la perception de l’évolution et de la modernisation d’un espace rural en difficulté. À sa mesure et au-delà de ses difficultés, ce « pays » a donc connu de véritables progrès, certes plus spectaculaires dans la vallée de l’Isle que sur le plateau forestier de la Double. S’il ne peut être érigé en système référent, cet exemple se propose néanmoins de contribuer au renouvellement de l’histoire des campagnes.

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Pierre Guillaume, directeur de la thèse, insiste tout d’abord sur l’ampleur et la rigueur du travail fourni par Corinne Marache, puis rappelle la qualité de ses enseignements à l’Université de Bordeaux iii et le plaisir qu’il a éprouvé à la diriger. S’il avoue trouver trop long le début de la première partie, consacré à la modernisation agricole de ce « pays », il se dit en revanche tout à fait séduit par les pages traitant de l’évolution de l’artisanat, de l’industrie et du commerce, traitées avec un vrai sens des nuances. S’agissant de la deuxième partie, consacrée aux agents et conditions du changement, Pierre Guillaume estime que l’étude des structures foncières est, elle aussi, un peu longue, tandis que celle du rôle de l’école est plutôt classique. Il loue par contre la qualité des passages consacrés à l’amélioration des voies de communications et le pittoresque de l’histoire des ponts ou de l’aménagement des champs de foire. L’analyse des corps intermédiaires est remarquablement novatrice dans son hétérogénéité, englobant municipalités, comices, sociétés d’agriculture et acteurs indépendants. Il salue l’utilisation habile des archives privées et des témoignages. S’il considère que la troisième partie passe un peu trop rapidement sur la vie privée, il trouve qu’elle excelle dans l’évocation de l’espace communal et de l’apparition de tous les niveaux d’équipement. L’étude de l’éveil à la vie politique de ces sociétés rurales est également analysée avec nuance, de même que celle des sociabilités, qui apporte beaucoup à ce thème. Pierre Guillaume félicite la candidate pour la qualité de sa conclusion, modèle du genre. Il souligne enfin le très remarquable apport documentaire de cette thèse et la maîtrise de l’informatique.

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Jean-Luc Mayaud, rapporteur, commence par évoquer l’ampleur matérielle de la thèse qui comporte 779 pages de texte, plus les tables et les index et 224 pages d’annexes (85 annexes en 140 pages), sources et bibliographie (environ 500 références). Il s’avoue séduit par un titre qu’il trouve particulièrement bien choisi, les « métamorphoses » étudiées attestant « de la capacité de résistance, d’adaptation et de dynamisme de populations locales elles aussi en mutation ». Certes, le projet était ambitieux : « relire l’histoire d’un morceau de France rurale d’avant la révolution “ silencieuse ” et prouver que l’immobilité prêtée aux ruraux du xixe siècle et de la première moitié du xxe siècle relève de la construction, du phantasme et de l’idéologie ». Mais selon lui, le contrat a été rempli. Jean Luc Mayaud se dit convaincu par le mouvement général de l’ouvrage qui conduit le lecteur du constat des évolutions économiques à une analyse des conditions et agents du changement et enfin à l’étude des effets du processus sur la société. Cette démarche se libère de tout déterminisme et place les acteurs au centre des processus analysés. Corinne Marache montre ainsi « son souci d’une approche fine et précise discutant les catégories construites et implicites ; elle adopte une conception large et intelligente du rural incluant les chefs-lieux de canton et ne se limitant pas au seul domaine agricole ». Jean Luc Mayaud la félicite d’avoir su puiser parmi les travaux d’histoire rurale et les discussions menées dans son équipe de recherche lyonnaise qu’elle a assidûment fréquentée. Mais il regrette toutefois sa trop grande prudence méthodologique qui l’a conduite à un certain « émiettement ». L’abondante bibliographie employée est parfaitement maîtrisée et atteste d’une volonté évidente de pluri-disciplinarité, même s’il note une certaine faiblesse sur les aspects politiques. Le rapporteur souligne également l’éventail des sources utilisées et complimente la candidate pour la présence de documents iconographiques très suggestifs et ses tentatives, malheureusement pas toujours abouties, d’en donner des commentaires. Si l’échelle retenue ne permet pas de pratiquer un véritable croisement nominatif des sources pour aller au plus près des changements sociaux, elle a toutefois autorisé Corinne Marache « à varier avec profit les focales d’observation ». Jean-Luc Mayaud regrette la trop faible place accordée aux femmes dans ce travail. Il interroge la candidate sur les mobilités internes au sein des populations rurales et discute ensuite avec elle du manque de finesse dans le déroulement chronologique de ses réflexions, puis du système proto industriel qu’il trouve particulièrement adapté à la Double. Il avoue enfin un léger désaccord avec elle à propos des catégories « échanges externes / échanges internes » qu’il estime datées et inappropriées. Il considère néanmoins que les résultats présentés sont solides. Pour lui, il s’agit bien d’une thèse d’histoire localisée dont les problématiques tendent à l’universel et participent à la relecture en cours du rural contemporain.

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Le recteur Jean-Pierre Poussou, également rapporteur, voit dans cette thèse un travail important et fouillé dont les apports sont très réels. Le plan est parfaitement acceptable à ses yeux, même s’il estime que la démographie aurait dû être placée au début de l’ouvrage. Le but recherché – montrer que ce pays n’a pas été immobile, mais a évolué et a connu des progrès –, tout à fait digne d’intérêt, a été atteint. La candidate fait ainsi apparaître une « chronologie décalée des progrès et des changements que l’on ne pourra mésestimer désormais ». Il tient d’ailleurs à souligner l’importance qu’il y a à disposer d’études portant sur des régions pauvres. Selon lui, les pages les plus réussies concernent le développement de l’artisanat dans la deuxième moitié du xixe siècle et l’étude des deux petites villes que deviennent Montpon et Mussidan, pages tout à fait neuves, véritable apport à l’histoire des petites villes françaises, montrant fort bien les causes et les modalités de leurs changements. L’étude de l’évolution industrielle, fort documentée, aurait dû être replacée dans un contexte français, aquitain et périgourdin. Le recours à l’iconographie est abondant et réussi, mais les commentaires auraient dû être systématiques ; le travail est très bien illustré et présenté. Jean-Pierre Poussou fait ensuite quelques critiques. Cette réflexion, trop refermée sur elle-même, aurait mérité des comparaisons. Dans les pages traitant de l’évolution de l’agriculture, la candidate oscille entre une démarche quantitative qui ne l’est guère, une invocation à la micro-histoire non réalisée et une démarche somme toute très traditionnelle. La notion de « pays » n’apparaît pas au sens géographique du terme, ce qui est regrettable. L’étude démographique, à peine effleurée, empêche d’analyser en profondeur les difficultés démographiques dues aux mauvaises conditions naturelles ou encore l’évolution sanitaire. Enfin, le rapporteur s’interroge sur l’absence d’étude de famille ou d’exploitation dans un travail invoquant la micro-histoire. Il précise que ces remarques sont surtout destinées à alimenter la discussion.

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Jean-Paul Jourdan apprécie lui aussi le travail présenté et le trouve quasiment irréprochable dans son volume, sa présentation, sa richesse iconographique – pas toujours commentée –, la maîtrise de la cartographie assistée par ordinateur et son expression, malgré quelques passages trop spontanés ou quelques titres mal choisis. La bibliographie, abondante, est très bien maîtrisée et l’utilisation des sources très complète, à l’exception des séries L et Q qui auraient pu compléter le corpus. Il félicite la candidate d’avoir pratiqué autre chose qu’une recherche « en cabinet » grâce à l’utilisation d’archives privées ou d’enquêtes orales ; il apprécie également la prudence et la maîtrise avec lesquelles elle a su les manier. Pionnier dans l’école historique bordelaise, ce travail lui semble néanmoins relever d’une démarche finalement assez traditionnelle. Le terme d’histoire localisée employé par Corinne Marache lui paraît tout à fait approprié. Concernant le cadre géographique retenu, Jean-Paul Jourdan se pose la question de l’inadéquation entre les limites naturelles de la Double et les limites administratives des deux cantons étudiés, même s’il admet, avec la candidate, que ce choix s’explique par des contraintes archivistiques. Malgré les fractionnements qu’il induit inévitablement et ses déséquilibres, le plan lui convient tout à fait. Contrairement à Jean-Luc Mayaud, il trouve le terme de métamorphose trop fort pour qualifier les changements survenus. En revanche, il rejoint ce dernier dans l’impression d’émiettement du propos (notamment dans la troisième partie), dû au souci d’envisager les transformations dans toutes leurs dimensions. Au-delà de ces remarques, ce travail apporte à ses yeux une contribution d’importance à l’histoire de l’artisanat rural, des échanges et à l’histoire urbaine à travers l’étude des deux chefs-lieux de cantons. Il s’agit d’une thèse réussie sur le changement social, sa nature, ses acteurs, ses diffuseurs, ses facteurs endogènes et exogènes, ses rythmes et les résistances qu’il rencontre.

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Rémy Pech prend ensuite la parole et manifeste son plaisir de participer au jury d’une thèse de très bonne qualité, excellemment rédigée et présentée. Il souscrit totalement aux démonstrations de Corinne Marache sur la vitalité des petits centres ruraux de Montpon et Mussidan et souligne l’attention portée aux décalages chronologiques. Il regrette cependant l’absence de références à certains travaux de géographie ou de sociologie tels que ceux de Bernard Kayser et Jean-Paul Laborie à Toulouse, ceux de Giordana Charuty ou de Wirth qui auraient pu contribuer à inspirer la candidate. Si les notables locaux sont magnifiquement présentés, il aurait fallu approfondir leurs pratiques clientélaires et étudier plus avant l’acculturation républicaine. Séduit par les commentaires sur le décor architectural, Rémy Pech regrette en revanche que les fêtes et les célébrations n’aient été que très peu abordés ; un recours plus intense à la presse locale y aurait aidé. Il apprécie le soin avec lequel la composition sociale des conseils municipaux a été disséquée, comme l’analyse du cadastre qui révèle la stabilité des emprises foncières. Il discute par contre avec la candidate de la problématique de l’acculturation linguistique de la région, insuffisamment développée à ses yeux. Il termine en rappelant la minutie et le dynamisme de cette thèse, du plan adopté, la maîtrise du domaine ruraliste et salue l’emploi de méthodes novatrices.

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Christophe Bouneau, président du jury, considère cette thèse comme une précieuse contribution à l’histoire rurale contemporaine de l’espace français. Au-delà des débats méthodologiques qu’il trouve légitimes mais artificiels, il estime qu’elle relève en quelque sorte d’une « méso-histoire », à mi chemin entre la micro-histoire et les travaux monographiques régionaux classiques. Il prête à Corinne Marache le mérite d’avoir su pratiquer une histoire globale ambitieuse à partir d’un espace restreint, en reconstituant, pièce par pièce, le puzzle des métamorphoses extrêmement variées, des plus spectaculaires aux plus intimes, utilisant tour à tour des méthodes de sociologue et d’anthropologue qui enrichissent son regard d’historienne. Il félicite ensuite la candidate pour la cohérence scientifique du plan, son style de qualité, l’abondance des sources et de la bibliographie employée, même si les classements de cette dernière présentent parfois une logique fragile. Il loue l’excellente maîtrise de l’outil informatique, notamment dans le domaine cartographique et son croisement fructueux avec une originale et importante iconographie. Christophe Bouneau en vient ensuite aux critiques, de trois ordres. Il regrette tout d’abord un manque d’approfondissement dans les approches conceptuelles des notions de métamorphose et d’innovation. Il estime en outre que le rôle des vecteurs de modernisation essentiels que sont les réseaux techniques, en particulier ferroviaires et électriques n’est pas suffisamment mis en valeur, notamment dans sa dimension socio-culturelle, trop allusive. Enfin, la question de l’introduction de nouvelles normes, représentatives du milieu urbain (heure, unités de mesures, etc.), aurait pu être creusée en poussant plus loin l’histoire sensible. Ces remarques posées, la thèse de Corinne Marache présente des apports de première ampleur à la recherche. Elle offre une contribution de grande valeur à l’histoire économique contemporaine de l’agriculture dans le Sud-Ouest, trop délaissée ces dernières années, surtout pour le xixe siècle. L’étude de l’action des sociétés départementales d’agriculture et des comices agricoles est remarquable, tout comme l’examen approfondi du rôle des notables. Selon Christophe Bouneau, les chapitres les plus aboutis sont les deux derniers, respectivement consacrés à l’analyse matérielle, spatiale et symbolique de la métamorphose de l’espace communal et au jeu nuancé des sociabilités, solidarités et exclusions. Cette thèse, en offrant de nouveaux champs à l’histoire de l’innovation, avec la mise au jour de réseaux extrêmement modestes, redonne, par son approche globale, toute sa place à l’histoire rurale dans l’étude des modèles de développement.

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Après une courte délibération, le jury a décerné à Corinne Marache le titre de docteur en histoire contemporaine de l’Université Michel de Montaigne-Bordeaux iii, avec la mention très honorable et ses félicitations, à l’unanimité.

Titres recensés

  1. Corinne Marache, Les Métamorphoses du rural en Périgord. L’exemple de la Double et de ses confins des années 1830 aux années 1930, thèse de doctorat d’histoire, 1026 p. dactyl., soutenue le 15 décembre 2003 (Université Bordeaux iii-Michel de Montaigne)

Pour citer cet article

Le Mao Caroline, « Soutenances de thèses », Histoire & Sociétés Rurales 2/2005 (Vol. 24) , p. 297-303
URL : www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2005-2-page-297.htm.


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