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Histoire & Sociétés Rurales

2009/1 (Vol. 31)


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De la croissance médiévale – monument historiographique aujourd’hui en partie délaissé – on a surtout retenu les éléments économiques, démographiques, sociaux ou techniques [1][1] Arnoux, 2006.. Les aspects culturels, notamment la diffusion de l’écrit, ne peuvent cependant être laissés de côté tant on sait aujourd’hui combien l’élévation des savoirs et des compétences des individus est essentielle au développement d‘une société. L’appréciation de l’aptitude à lire et à comprendre des informations écrites – ce que les anthropologues désignent aujourd’hui sous le terme de « littéracie » – est extrêmement difficile pour les sociétés médiévales car l’écrit quotidien a presque totalement disparu [2][2] Sur ce sujet, voir Clanchy, 1993.. Pourtant, dès le xiiie siècle, dans certaines régions au moins, l’écrit est présent partout : contrats agraires, aveux et dénombrements, reconnaissances de dettes, coutumiers forestiers, comptabilités paroissiales ou privées, mais aussi inscriptions lapidaires dans les églises, dalles funéraires, graffiti, monnaies, médailles religieuses, souvenirs de pèlerinages, etc. Cette présence croissante de l’écrit s’accompagne d’une diffusion de l’apprentissage de la lecture qui peut être effectuée dans le cadre familial, mais aussi – et de plus en plus – dans celui de l’école.

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On ne dispose pas encore de travaux d’ensemble sur les écoles rurales du Moyen Âge [3][3] Verger, 1997, p. 52-59 ; Boudet, 2005, p. 268. Sur.... Il est vrai que les sources disponibles sont rares, peu explicites, au point que la plupart de ces établissements ne sont connus qu’à travers une mention laconique indiquant dans un aveu le droit pour le seigneur de « donner » les écoles, c’est-à-dire d’y nommer le maître. Léopold Delisle, dès 1851, puis Charles de Robillard de Beaurepaire, en 1862, ont été les premiers à tenter de les rassembler pour la Normandie médiévale [4][4] Delisle, 1851 ; Robillard de Beaurepaire, 1862.. Par la suite, dans les années 1885-1895, des érudits opposés à la laïcisation de l’école, ont élargi les dépouillements pour affirmer l’action de l’église en la matière, en Normandie comme ailleurs [5][5] En restant dans le cadre normand, on peut citer par.... Le sujet fut ensuite délaissé durant une grande partie du xxe siècle, jusqu’à ce que, dans les années 1980, de nouvelles enquêtes soient conduites sur les petites écoles de Champagne, de Savoie et de Suisse Romande [6][6] Guilbert, 1982 ; Leguay, 1987 ; Dubuis, 1987 ; Pibiri,.... Les aveux et dénombrements ne nous livrent cependant qu’une image partielle et déformée de la situation puisqu’ils ne laissent percevoir que la volonté du seigneur d’affirmer son contrôle sur ces établissements. Pourtant, en de nombreux endroits, la nomination des maîtres d’écoles rurales échappait au seigneur pour appartenir à la communauté des habitants. Pour les saisir, il faut cependant se tourner vers d’autres sources.

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Le texte présenté ici est un accord passé devant Raoul le Maistre, tabellion à Touques, afin de régler un conflit opposant l’évêque de Lisieux à la communauté des habitants de Villers-sur-Mer à propos du droit de nommer le maître des écoles [7][7] On peut souligner au passage, l’importance de l’institution.... Le texte de l’accord n’est connu qu’à travers un vidimus de 1453 copié dans le cartulaire de l’évêché de Lisieux, lui-même réalisé vers 1460. Aucun registre ne nous étant parvenu de ce tabellion et la communauté des habitants de Villers-sur-Mer n’ayant pas laissé d’archives anciennes, c’est aujourd’hui un document isolé qui laisse seulement entrevoir l’origine du différend. Il révèle également la forte densité des écoles rurales en Normandie au début du xve siècle, ainsi que le rôle joué par les communautés rurales dans la gestion de ces écoles.

Quand un évêque affirme vouloir fermer une école...

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Alors que trois ans plus tôt, en 1408, devant le concile provincial de Reims, Gerson militait en faveur de l’ouverture de nouvelles écoles et que le règlement de ce concile invitait les visiteurs des paroisses à s’informer sur la façon dont sont instruits les enfants et s’il existe une école dans la paroisse, l’évêque de Lisieux réclame en 1411 la fermeture de l’école de Villers-sur-Mer. Le préambule de l’accord rapporte que l’évêque de Lisieux « avoit prins ung gaige plesge sur le dit messire Thommas », c’est-à-dire qu’il avait assigné le maître de l’école devant son tribunal seigneurial pour lui reprocher d’avoir pris le siège d’école de Villers-sur-Mer au préjudice de celui de Touques qui relevait de l’évêché. Ce que le prélat et seigneur du lieu conteste, c’est la légitimité même de l’école de Villers-sur-Mer, affirmant que les enfants de cette paroisse étaient tenus de venir à l’école de Touques. L’évêque considère donc que le droit d’ouvrir une école lui appartient en tant que seigneur de Touques, et ce au même titre que celui de construire un four ou un moulin.

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Évêque de Lisieux depuis 1382, Guillaume d’Estouteville connaît bien son diocèse et ne peut ignorer qu’une école existe à Villers-sur-Mer. Pourquoi dès lors en réclamer la fermeture ? Cette exigence, fort curieuse de la part d’un évêque, l’est d’autant plus lorsque l’on sait que Guillaume d’Estouteville s’est plusieurs fois préoccupé de la formation des jeunes élèves : c’est notamment lui qui, en 1414, restaure le collège dit « de Lisieux », fondé en 1336 à Paris par son prédécesseur Guy d’Harcourt [8][8] Formeville, 1872, t. ii, p. 122 et 154.. S’il dénonce la nomination du maître de Villers-sur-Mer, c’est en réalité parce qu’il considère que ce droit de désignation lui revient. Les droits de l’évêque sur la paroisse en question sont pourtant assez discutables puisqu’il ne dispose même pas, par exemple, du droit de patronage de l’église paroissiale et, s’il semble bien que le fief de Saint-Martin de Villers relevait de la baronnie de Touques, et donc de l’évêque, on dénombre alors dans cette paroisse pas moins de six fiefs laïcs dont plusieurs sont en dehors de la mouvance épiscopale [9][9] Ibid., t. i, p. ccccxljv ; Frondeville, 1952.. Si ses droits seigneuriaux sont discutables, l’évêque demeure cependant responsable de l’enseignement dans son diocèse. Refusant de s’engager seul dans un procès compliqué et susceptible d’être aussi long que coûteux, le maître des écoles se tourne alors vers la communauté des habitants qui l’avait désigné.

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Le 20 septembre 1411, l’ensemble des « parroessiens manans et habitan » de la paroisse désigne deux procureurs chargés de défendre à la fois les intérêts communs de la communauté et ceux du maître d’école. On ignore tout de ces deux personnages, ainsi que la façon dont se fit cette désignation, mais la procédure – qui consiste pour la communauté à donner un mandat à deux procureurs à travers un acte notarié – est bien attestée à la même époque dans d’autres localités normandes [10][10] Desprairies, 1888, p. 97-98..

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Les paroissiens n’avaient évidemment aucun titre à présenter face à l’évêque. Pour eux, la paroisse a depuis si longtemps une école que cela valait bien un titre en bonne et due forme. Avec un territoire d’un peu moins de 600 ha, la paroisse de Villers n’est pas très étendue mais elle est relativement peuplée puisqu’elle compte, en 1462, 42 feux assujettis au service de guet pour le château voisin de Touques. Toutefois, même si elle est l’une des plus peuplées de la sergenterie de Dives, la paroisse est encore totalement rurale et ne possède, par exemple, aucun des attributs du bourg [11][11] Nortier, 1992, p. 36.. Coincée entre deux ports régionalement importants – ceux de Touques et de Dives –, le village de Villers semble n’avoir connu à l’époque médiévale qu’une croissance très limitée.

Un réseau d’écoles rurales dense et ancien

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L’école de Villers-sur-Mer n’est distante que de 8 km de celle de Touques, elle-même située à 9 km de l’école de Pont-l’Évêque et de 12 km de celle de Manneville-la-Pipard (carte 1)[12][12] Les écoles de Manneville-la-Pipart sont signalées dans.... En posant l’hypothèse que la présence d’une école à Beaumont-en-Auge – où il existe un important prieuré dépendant de l’abbaye du Bec avec bourg, foire, marché, etc. –, est très probable, aucun habitant de cette région d’habitat dispersé n’aurait été éloigné de plus de 5 km d’une école. Cette situation n’a rien d’exceptionnel en Normandie : à la même époque, autour de Bougtheroulde, dans la vallée de la Seine (carte 2), la distance moyenne entre huit sièges d’écoles connus par des sources différentes – liste probablement non exhaustive – est de 6 km, aucun habitat n’étant distant de plus de 4 km d’un lieu d’enseignement [13][13] Toutes ces écoles sont signalées dans des aveux mentionnés....

Carte 1 - Le réseau des écoles autour de Touques au xve siècleCarte 1
Carte 2 - Le réseau des écoles autour de La Londe au xve siècleCarte 2
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La mise en place du réseau des petites écoles de Normandie est difficile à situer dans le temps. On considère généralement que c’est dans la seconde moitié du xive siècle, puis de nouveau après 1440, que s’est constitué en Normandie le premier réseau vraiment étoffé d’écoles de paroisses [14][14] Robillard de Beaurepaire, 1862 ; Leroy-Ladurie, 1975,.... Cette chronologie doit cependant être discutée car la mise en place de ce lacis semble bien être plus ancienne. Les années qui suivent la paix de Brétigny (1360) sont en effet marquées par la rédaction d’un grand nombre de censiers, de rentiers et d’aveux et dénombrements, sources dans lesquelles on voit justement apparaître les écoles à travers les droits affirmés par les seigneurs de pouvoir « donner les écoles » [15][15] Maneuvrier, 1999.. Ces documents de gestion ne font bien souvent que révéler l’existence d’une école mais qui fonctionne en réalité depuis plusieurs décennies, voire plusieurs siècles. Ainsi au Neubourg, dans l’Eure, le droit de donner les écoles était, vers 1400, partagé entre deux seigneurs voisins, celui du Neubourg et celui de Combon. Dans un aveu rendu au roi pour sa terre du Neubourg, Yves de Vieux-Pont affirme :

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« Item, j’ay droit alternatif à cause de ma demie baronnie, de donner les escolles du dit lieu de Nuefbourc, et se donnent de trois ans en trois ans dont je donne l’une foiz pour trois ans et le seigneur de Combon, l’autre, et ainsi l’un apres l’autre, chacun une foiz, de trois ans en trois ans seulement [16][16] Le Prevost, 1862, t. ii, p. 459.. »

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Or, en 1401, le seigneur de Combon affirme détenir l’autre partie de ce droit dans des termes à peu près identiques :

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« Item, la donnacion des escolles de Neufbourc alternativement ; c’est assavoir que le sire de la Ferté donne pour trois ans les dites escolles quant le cas luy eschiet et moy pour trois ans semblablement ; et ainsi par continuacion l’un apres l’autre [17][17] Ibid., p. 457.. »

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Il y a fort à parier que l’exercice partagé du droit de nommer ce maître des écoles pourrait dater du moment où la seigneurie du Neubourg fut séparée entre les deux filles de Robert II du Neubourg, en 1243 [18][18] Plaisse, 1861..

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Les sources concernant les écoles rurales du xiiie siècle et de la première moitié du siècle suivant sont malheureusement très indigentes. La Vie de Thomas Hélie (mort en 1257) rapporte toutefois que le saint, dans sa jeunesse, étudia les lettres et dirigea des écoles de grammaire « en de nombreux lieux » du diocèse de Coutances. Plus tard, devenu prêtre, il fut invité par l’évêque d’Avranches à venir prendre la direction d’autres écoles dans son diocèse [19][19] « Rexit enim scholas in grammaticalibus multis in locis »,.... Il semble donc que, dès le milieu du xiiie siècle, les écoles étaient nombreuses dans ces deux diocèses.

Le fonctionnement des écoles

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Le document ne livre aucune information sur le fonctionnement de l’école, les enseignements, ou la personnalité du maître, sinon qu’elle accueillait « les enffans de la dicte parroesse de Saint Martin de Villers et des parties d’environ ». Des garçons évidemment, mais aussi sans doute des filles, à l’instar de ce que nous rapporte Froissart qui décrit le fonctionnement d’une école mixte [20][20] Gorochov, 1999, p. 14-17.. L’origine sociale des écoliers reste bien sûr inconnue mais, non loin de là, à la fin du xve siècle, on connaît au moins le cursus d’un jeune, condamné à mort par la justice de l’abbaye de Montivilliers, qui fut auparavant scolarisé de 6 à 11 ans avant de devenir successivement gardien de moutons, ouvrier plâtrier puis garçon de taverne à Harfleur [21][21] Arch. dép. Seine-Maritime, 54h52, Abbaye de Montivilliers,.... Cet exemple, rare, montre que l’apprentissage de la lecture n’était alors pas réservé aux enfants des familles les plus aisées. Une lettre de rémission de 1425 laisse entrevoir la réalité d’une petite école de Lisieux, à une vingtaine de kilomètres au sud de Villers-sur-Mer : le maître vit avec sa sœur dans une maison qui compte deux chambres à l’étage et une grande salle au rez-de-chaussée où se font vraisemblablement les leçons. Pour compléter ses revenus, il accueille en pension un jeune clerc de 13 ans dont la mère réside à quelques pas seulement [22][22] Le Cacheux, 1908, t. ii, n° cxiii, p. 284-287..

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Les revenus des maîtres semblent assez limités, ils proviennent des contributions payées par les familles et des versements effectuées par les paroisses. À ceci s’ajoutent parfois des avantages fiscaux par lesquels les maîtres peuvent être exemptés de fouage (sans que cela soit systématique), non en raison de leur statut de clerc mais en vertu d’un accord conclu avec la paroisse qui les emploie. Ainsi, en 1401, le rôle de fouage de Grosmesnil mentionne parmi les exemptés « maitre Jehan Le Maistre, de l’escole de Grosmesnil, qui se dit franc pour cause de son escolage » [23][23] Nortier, 1970, ld, n° 9, t. xix, 1970, p. 43, n° 2....

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Si le réseau des établissements d’enseignement paraît difficile à reconstituer, les informations disponibles témoignent du grand nombre d’écoles dans les campagnes normandes et ce dès le xiiie siècle, situation qui paraît guère moins favorable que celle étudiée par Nicholas Orme, dans le sud de l’Angleterre [24][24] Orme, 1973.. La pratique de l’écrit est en Normandie aussi développée que précoce, comme en témoignent l’usage, largement répandu parmi les élites rurales des sceaux « paysans » puis, à partir de 1315/1320, le recours systématique aux tabellions. En 1290, par exemple, 141 des 155 tenanciers du modeste prieuré de Saint-Vigor-le-Grand, près de Bayeux – soit 91 % du total – authentifient leur aveu à l’aide de leur sceau personnel [25][25] Le texte de ce terrier est édité dans Morlet, 1984. Tous n’étaient certainement pas de grands lecteurs mais le fait qu’ils disposent d’un sceau témoigne d’une certaine habitude de l’écrit. L’importance de cette offre scolaire s’accompagne de la présence dans les campagnes de très nombreux clercs à la recherche d’un bénéfice, qui trouvent là un moyen de subvenir à leurs besoins. Elle favorise également la mobilité sociale et géographique : en 1425, le maître d’une école de Lisieux est originaire de la paroisse de Thémericourt, dans le diocèse de Rouen, en Vexin français [26][26] Le Cacheux, 1908, t. II, n° cxiii, p. 284-287.. En dehors de la Normandie, la célèbre pétition des 35 habitants du modeste bourg de Decize, adressée en 1336 au chapitre de Nevers, réclamant la nomination d’un clerc « parce qu’il est de notre pays » en remplacement d’un maître que les écoliers ne comprennent pas en témoigne également [27][27] Brunel et Lalou, 1992, p. 604..

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L’action en justice entreprise en 1411 par l’évêque de Lisieux à l’encontre du maître des écoles de Villers-sur-Mer révèle surtout la volonté de l’église de prendre en main la destinée des établissements d’enseignement jusqu’alors laissée en partie aux communautés rurales. Le cas n’est pas isolé : en 1414, c’est l’abbé de Fécamp qui réaffirme le principe selon lequel nul enfant de la minuscule localité d’Ypreville ne peut être confié à des maîtres qui n’auraient pas été approuvés par lui, sous peine de 10 livres d’amende [28][28] Robillard de Beaurepaire, 1862, p. 299.. Une génération plus tard, une bulle du pape Calixte III (1458-1464) défend à toute personne qui n’aurait pas été désignée par le grand chantre et l’écolâtre de la cathédrale d’enseigner dans la ville sous peine d’excommunication [29][29] Formeville, 1872, t. I, p. cccxxii.. Les enjeux de cette politique nous échappent en partie mais on peut y voir au moins la volonté de l’Église de mieux contrôler l’éducation des jeunes enfants et de réduire l’influence des communautés rurales affaiblies par le poids de la guerre, de la fiscalité et, surtout, de la crise démographique. On peut également voir dans cette affaire la force de résistance des communautés face à l’emprise de l’évêque.

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L’accord passé entre l’évêque et la communauté de Villers-sur-Mer avait pour cette dernière une importance considérable : s’il transférait à l’évêque le droit de désigner les maîtres, il constituait pour la communauté une reconnaissance officielle de l’existence de son école. Mais l’accord semble curieusement avoir eu une importance identique aux yeux de l’évêque qui, quarante ans plus tard, le fit vidimer par le tabellion de Lisieux puis copier au sein du cartulaire établi vers 1460.


Annexe

270 - 29 mai 1412 - Accord entre l’évêque de Lisieux et les procureurs de la paroisse de Villers-sur-Mer à propos de la désignation du maître des écoles

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A. Original perdu, initialement scellé sur double queue de cire verte.

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B. Vidimus perdu du 26 octobre 1453 effectué par Jehan le Masuyer, tabellion de Lisieux, scellé du sceau des obligations de la sénéchaussée de Lisieux.

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C. Copie dans le cartulaire de l’évêché de Lisieux, s. d. vers 1460, bibl. municipale de Lisieux, ms. 5, fol. 91-92 (d’après B.).

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Ind. et édition partielle dans Delisle, 1851, p. 177.

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n. b. : Conformément aux normes de la revue, les abréviations évidentes (peu nombreuses) ont été restituées, certaines lettres ont été accentuées lorsque cela a été jugé nécessaire et le texte a été ponctué selon les normes actuelles.

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Atous ceulx qui ces lectres verront ou orront, Jehan Gillain, garde du seel des obligations de la seneschaucié de Lisieux, salut. Savoir faisons que, l’an de grace mil quatre cens cinquante trois, le xxvie jour d’octobre, par Jehan le Masuyer, clerc, tabellion juré en la dicte seneschaucié, nous fu tesmoignié et relaté avoir veu, tenu, et leu, mot apres autre, une lectre scellee sur double queue de cire vert contenant la fourme qui ensuit :

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A tous ceulx qui ces presentes lectres verront ou orront, Pierres Letelier, garde du seel des obligacions de la viconté d’Auge, salut. Comme proces feust meu ou esperé a mouvoir entre reverend pere en Dieu, monseigneur l’evesque de Lisieux [30][30] Lisieux, Calvados, ch. l. d’arr., d’une part, et messire Thommas Descamps, prestre, d’autre part, sur ce que le dit monseigneur l’evesque de Lisieux avoit prins ung gaige plesge sur le dit messire Thommas pour ce que le dit monseigneur l’evesque disoit et maintenoit que indeuement et contre raison le dit messire Thommas avoit emprins et s’estoit efforcié de prendre, et avoir de nouvel en la ville de Saint Martin de Villers [31][31] Villers-sur-Mer, Calvados, canton de Trouville-sur... siege d’escolle, ou prejudice et en diminuant le siege d’escolle cree et establi d’ancienneté en la ville de Touque, duquel siege d’escolle de la dicte ville de Touque [32][32] Touques, Calvados, canton de Trouville-sur-Mer., le dit monseigneur l’evesque disoit estre patron et donneur et de son droit, comme evesque de Lisieux, a cause et par raison de la terre et baronnie de Touque appartenant au dit eveschié, povoit et devoit ordonner, donner et presenter telle personne come bon lui sembloit, pour tenir et exercer icelles escolles de Touques, esquelles estoient sugectz de venir les enfans de la dicte paroesse de Saint Martin de Villers et d’autres paroesses du pais d’environ ; et le dit messire Thommas soustenoit au contraire, en disant que en la dicte parroesse de Saint Martin de Villers avoit eu d’ancienneté et de si longc temps qu’il n’estoit memore du contraire, siege d’escolle ordonné pour les enffans de la dicte parroesse de Saint Martin de Villers et des parties d’environ, et encore devoit avoir, et d’icelui siege d’escolle avoient esté les parroessiens [fol. 91 v°] et habitans de la dicte ville en possession et saisine de tel et si lonc temps que valoir leur devoit pour tiltre et saisine propriétaire. Et, neanmoins, disoit le dit messire Thommas, que a lui ne appartenoit pas de prendre la deffence peremptore du dit gaige plesge, pour ce que les dis paroessiens et habitans de la dicte parroesse de Saint Martin de Villers l’avoient commis et establi a tenir et exercer en la dicte parroesse le dit siege d’escole, et à leur requeste, pouchas et instance s’en estoit chargié, et estoit son intencion, ou cas que le proces du dit gaige plege eus testé poursuy par le dit monseigneur l’evesque ou par son procureur, d’apeler et avoir d’icelui proces a garant les dis paroessiens et habitans ; et, sur le gaige plege, et sur les deffences que disoit avoir le dit prestre d’icelui gaige plege, avoient les parties longuement procedé es assises d’Auge, devant monseigneur le bailli de Rouen, et son lieutenant, comme ilz disoient.

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Scavoir faisons, que par devant Raoul le Maistre, clerc, tabellion juré et establi en la dicte viconté eu siege de Touque, furent Johan de Villers et Guillaume du Val, paroessiens et demourans en la dicte parroesse de Saint Martin de Villers, procureurs ordonnes et establis pour tous les autres parroessiens manans et habitans de la dicte parroesse, si come par procuracion passee devant Pierres du Bosc, tabellion, le xxe jour de septembre mil quatre cens et unze, apparut deuement devant le dit tabellion, lesquelz de Vilers et du Val pour eulx portans procureurs comme dit est, congnurent que le proces que avoit emprins le dit messire Thommas pour la deffence dudit gaige plesge ou cas ou ledit monseigneur l’evesque ou son procureur en eussent plus avant voulu faire poursuite et proces es dictes assises ; et apres ce le dit monseigneur l’evesque en sa personne d’une part, et les dis de Villers et du Val pour eulx et eu nom que dessus et come procureurs du dit messire Thommas, d’autre part, congnurent et confesserent que, pour evader et fouir es rigueurs de proces qui pour ce se povoient ensuir, ilz avoient fait acord et appointement ensemble en la maniere qui ensuit : c’est assavoir que, le dit monseigneur l’evesque voult, consenti, et accorda, tant pour lui que pour ses successeurs evesques de Lisieux, que, pour le present et pour le temps advenir, il ait et soit tenu en la dicte parroesse de Saint Martin de Villers, siege d’escolle en la propre fourme et maniere que accoustumé a esté, sans ce que le dit evesque et ses successeurs le puissent ou doient contredire pour le temps advenir, moiennant ce que le dit monseigneur l’evesque reserva a estre patron et donneur d’icelles escolles, il [et] [33][33] Le mot manque dans la copie. ses successeurs pour le temps ad venir, laquelle reservacion les dis de Villers et du Val, pour eulx et procureurs des dis paroessiens et habitans et du dit messire Thommas, accorderent au dit monseigneur l’evesque, et vouldrent et consentirent que, pour le temps present et avenir, le dit siege d’escolle en la dicte parroesse de Saint Martin de Villers soit et demeure tenu soubz le dit monseigneur l’evesque et soubz ses successeurs evesques de Lisieux, comme patrons presentateurs et donneurs d’icelles escolles, et que, pour le temps present et advenir, le dit monseigneur l’evesque [fol. 92] et ses successeurs puissent presenter telle personne comme il leur plaira a tenir et exercer icelles escolles, sans ce que eulx ne aucun de eulx le puissent ou doient contredire ores ne pour le temps advenir. Et si promistrent les diz de Villers et du Val, pour eulx, et procureurs comme dit est, a faire faire audit messire Thommas l’amende ou amendes du proces d’icelui gaige plege ou a la faire pour luy comme ses procureurs ; et generalement s’obligerent, pour eulx et es noms que dessus a delivrer le dit monseigneur l’evesque de l’amende ou amendes qui, a cause du dit proces lui pourroient estre demandes, se aucune demande ou poursuite lui en estoit faicte. Et presentement devant le dit tabellion, a la requeste d’icelui de Villers et du Val, pour eulx et procureurs des dis paroessiens et habitans de la dicte paroesse, fu par le dit monseigneur l’evesque presenté au dit siege d’escolle et pour icelui tenir et exercer, le dit messire Thommas Descamps, apres ce que audit monseigneur l’evesque oult esté tesmoignié icelui messire Thommas habillé estre et suffisant, tant comme il vivra ou qu’il sera suffisant et abillé de ce faire, lesquelz de Villers et du Val, comme procureurs dudit messire Thommas prindrent et recuillirent dudit monseigneur l’evesque le dit don et presentacion des dictes escolles, et quant aux choses dessus dictes et chacune d’icelles tenir, garder et enterigner et accomplir bien et deuement, sans aller ne fere venir au contraire en aucune maniere ou temps advenir, ledit monseigneur l’evesque, en son fait et tant comme il lui touche pour lui et ses successeurs evesques de Lisieux. Et aussi lesdis de Villers et du Val, pour eulx et es noms que dessus, obligerent tous leurs biens et ceulx de leurs hoirs, meubles et heritages, et ceulx de leurs hoirs presens et advenir. En tesmoins de ce, nous avons mis a ces lectres le seel dessus dit sauf autry droit. Ce fut fait le xxixe jour de may, l’an de grace mil quatre cens et douze. Ainsi signé. R. le Maistre


Bibliographie

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  • Gorochov, Nathalie, « Jean Froissart raconte sa jeunesse : l’Espinette amoureuse (v. 1370) », dans Former, enseigner, éduquer dans l’Occident médiéval (1100-1450), in Gilli, Patrick (éd.), Textes et documents présentés, t. 2, Paris, sedes, 1999, p. 14-17.
  • Guilbert, Sylvette, « Les écoles rurales en Champagne au xve siècle : enseignement et promotion sociale », in Les Entrées dans la vie. Initiations et apprentissages. Actes du xiie Congrès de la Société des historiens médiévistes de l’Enseignement supérieur public (Nancy, 1981), Nancy, 1982, p. 127-147.
  • Hoeppner, Moran Jo Ann, The Growth of English schooling, 1340-1548. Learning, Litteracy and Laicization in Prereformation York Diocese, Princeton, 1985.
  • Laveille, A., « L’instruction primaire dans le diocèse d’Avranches avant la Révolution », Revue catholique de Normandie, 1891, p. 35-50 ; 124-140 ; et 345-382.
  • Le Cacheux, Paul, Actes de la Chancellerie d’Henri VI concernant la Normandie sous la domination anglaise (1422-1435), Rouen-Paris, A. Lestringant et A. Picard fils et Cie, 1907-1908, 2 vol., xx-405, 436 p.
  • Le Prévost, Auguste, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, recueillis et publiés par MM. Léopold Delisle et Louis Passy, Évreux, A. Hérissey, 3 vol., 1862-1869.
  • Le Roy Ladurie, Emmanuel, « L’âge classique des paysans, 1340-1789 », in Duby, Georges, et Wallon, André (éd.), Histoire de la France rurale, Paris, Seuil, 1975.
  • Maneuvrier, Christophe, « Le cueilloir de Montgommery et Vignats. Un outil de réorganisation seigneuriale à la fin du xive siècle », Enquêtes Rurales, 6, Cahiers de la mrsh, vol. 19, Caen, 1999, p. 29-38 ;
  • —, « L’activité d’un notaire de la fin du xive siècle : à propos du registre de Guillaume Guérart, tabellion de Lisieux (1390-1393) », in Bodinier, Bernard (éd.), Justice et gens de justice en Normandie. Actes du 41e Congrès organisé par la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie, Saint-Pierre-sur-Dives, 12-15 octobre 2006, Louviers, 2007, p. 125-131.
  • Morel, Émile, Les Écoles dans les anciens diocèses de Beauvais, Noyon et Senlis, Compiègne, Bulletin de la société historique de Compiègne, t. vii, 1887, 160 p.
  • Morlet, Marie-Thérèse, « Le terrier du prieuré de Saint-Vigor-le-Grand, étude philologique et onomastique », in Questions d’histoire et de dialectologie normande, Paris, cths, 1984.
  • Nortier, Michel, « Contribution à l’étude de la population de la Normandie au bas Moyen Âge (xive-xvie siècles). Inventaires des rôles de fouage et d’aide i : Rôles de fouages paroissiaux de 1368 à 1419 », Cahiers Léopold Delisle, t. xix, 1970 ;
  • —, « Les rôles de guet : une source pour l’histoire démographique de la Normandie », Cahiers Léopold Delisle, t. xli, 1992, fasc. 3-4, 61 p.
  • Orme, Nicholas, English Schools in the Middle Ages, Londres, Methuen, 1973, 369 p. ;
  • —, Education and Society in Medieval and Renaissance England, Londres, Hambledon Press, 1989, 297 p.
  • Pibiri, Eva, « Sous la férule du maître. Les écoles d’Yverdon (14e-16e siècles) », Cahiers Lausannois d’histoire médiévale, 23, 1998, p. 43-243.
  • Plaisse, André, La Baronnie du Neubourg : essai d’histoire agraire, économique et sociale, Paris, puf, 1961.
  • Porée, Charles-Gabriel, « L’abbaye du Bec et ses écoles », Revue catholique de Normandie, 1891, p. 409-430 ; 1892, p. 28-50 et 129-161.
  • Riché, Pierre, et Alexandre-Bidon, Danièle, « L’Enfant au Moyen Âge : état de la question », in Fossier, Robert (éd.), La Petite enfance dans l’Europe médiévale et moderne, Actes des xvie Journées Internationales d’Histoire de l’Abbaye de Flaran, septembre 1994, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 1997, p. 7-29.
  • Veuclin, Victor-Ernest, Notes historiques sur l’instruction publique avant la Révolution dans la ville de Bernay et ses environs, Bernay, chez l’auteur, 1886, 30 p. ;
  • —, Nouvelles glanes historiques sur l’instruction publique avant et pendant la Révolution, Bernay, imp. Veuclin, 1888, 56 p.
  • Verger, Jacques, Les Gens de savoir en Europe à la fin du Moyen Âge, Paris, puf, 1997, 240 p. ;
  • —, Culture, enseignement et société aux xiie et xiiie siècles, Paris, puf, 1999.

Notes

[*]

Université de Caen Basse-Normandie, craham, fre 3119, Maison de la Recherche en Sciences Humaines. Courriel : <christophe. maneuvrier@ unicaen. fr>.

[**]

Cet article a bénéficié des lectures de Laurent Feller, Antoine Follain, et Jean-Marc Moriceau que je remercie pour leurs remarques et suggestions. Il est dédié à ma grand-mère qui voulait tant devenir maîtresse d’école.

[1]

Arnoux, 2006.

[2]

Sur ce sujet, voir Clanchy, 1993.

[3]

Verger, 1997, p. 52-59 ; Boudet, 2005, p. 268. Sur l’Angleterre : Orme, 1973 et 1989.

[4]

Delisle, 1851 ; Robillard de Beaurepaire, 1862.

[5]

En restant dans le cadre normand, on peut citer par exemple : Desprairies, 1885 ; Veuclin, 1886 ; Veuclin, 1888 ; Porée, 1891 ; Laveille, 1891. Voir également pour la Picardie Morel, 1887.

[6]

Guilbert, 1982 ; Leguay, 1987 ; Dubuis, 1987 ; Pibiri, 1998.

[7]

On peut souligner au passage, l’importance de l’institution notariale en matière de règlement de conflit qui intervient ici pour garantir un accord et faire cesser une procédure judiciaire en cours. Maneuvrier, 2007.

[8]

Formeville, 1872, t. ii, p. 122 et 154.

[9]

Ibid., t. i, p. ccccxljv ; Frondeville, 1952.

[10]

Desprairies, 1888, p. 97-98.

[11]

Nortier, 1992, p. 36.

[12]

Les écoles de Manneville-la-Pipart sont signalées dans un aveu de 1456 : Arch. Nat., p 306, p. clxiii, cité par Delisle, 1851, p. 187 ; celles de Pont-l’Évêque sont mentionnées en 1487 dans le Compte des recettes et dépenses du trésor de Pont-l’Évêque, Arch. dép. Calvados, g1162, Dossier 5.

[13]

Toutes ces écoles sont signalées dans des aveux mentionnés par Robillard de Beaurepaire, 1862, p. 296-298.

[14]

Robillard de Beaurepaire, 1862 ; Leroy-Ladurie, 1975, p. 511.

[15]

Maneuvrier, 1999.

[16]

Le Prevost, 1862, t. ii, p. 459.

[17]

Ibid., p. 457.

[18]

Plaisse, 1861.

[19]

« Rexit enim scholas in grammaticalibus multis in locis », Delisle, 1861, chap. i, p. 204 et chap. iv p. 206. La chronologie fine des événements est impossible à préciser.

[20]

Gorochov, 1999, p. 14-17.

[21]

Arch. dép. Seine-Maritime, 54h52, Abbaye de Montivilliers, Sentence de mort pour un délit en foire, 1493. Je dois la connaissance de ce document à la gentillesse d’Isabelle Theiller que je remercie vivement.

[22]

Le Cacheux, 1908, t. ii, n° cxiii, p. 284-287.

[23]

Nortier, 1970, ld, n° 9, t. xix, 1970, p. 43, n° 251.

[24]

Orme, 1973.

[25]

Le texte de ce terrier est édité dans Morlet, 1984.

[26]

Le Cacheux, 1908, t. II, n° cxiii, p. 284-287.

[27]

Brunel et Lalou, 1992, p. 604.

[28]

Robillard de Beaurepaire, 1862, p. 299.

[29]

Formeville, 1872, t. I, p. cccxxii.

[30]

Lisieux, Calvados, ch. l. d’arr.

[31]

Villers-sur-Mer, Calvados, canton de Trouville-sur-Mer.

[32]

Touques, Calvados, canton de Trouville-sur-Mer.

[33]

Le mot manque dans la copie.

Résumé

Français

En 1411, un conflit éclate entre les habitants de Villers-sur-Mer (Calvados) et l’évêque de Lisieux, seigneur de la localité voisine, à propos de la nomination du maître de l’école jusqu’à présent désigné par la communauté. Tandis que l’évêque annonce vouloir fermer l’école, les habitants affirment disposer depuis un temps immémorial du droit de désigner le maître. Réglé par un accord conclu devant le tabellion, le conflit illustre la volonté de l’Église de mieux contrôler les centres d’enseignement ruraux ainsi que la capacité de résistance des communautés. Le texte, mis en perspective à l’aide d’autres sources normandes, révèle également l’importance du réseau d’écoles qui existe alors dans la Normandie médiévale.

Mots-clés

  • communauté rurale
  • école
  • enseignement
  • maître d’école
  • Moyen Âge
  • Normandie

English

What was at stake when recruiting a schoolmaster (1411-1412)In 1411, a dispute erupted between the inhabitants of Villers-sur-Mer (Calvados) and the bishop of Lisieux, lord of the neighboring town, over the designation of the schoolmaster, heretofore the province of the community. The bishop declared that he wanted to close the school, while the inhabitants insisted on their immemorial right to nominate the master. This conflict, which was eventually ended through an agreement recorded by tabellion, brings to light the extent to which the Church was trying to better control rural centers of education, and the capacity of resistance of local communities. Contextualized with other sources from Normandy, this source alo reveals the importance of the network of schools which had been set up in medieval Normandy.

Keywords

  • Middle Ages
  • Normandy
  • rural community
  • school
  • schooling
  • schoolmaster

Pour citer cet article

Maneuvrier Christophe, « Les enjeux autour de la nomination d'un maître d'école (1411-1412) », Histoire & Sociétés Rurales, 1/2009 (Vol. 31), p. 127-140.

URL : http://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2009-1-page-127.htm


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