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Histoire & Sociétés Rurales

2010/2 (Vol. 34)


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Stéphanie Lachaud, Vin, vigne et vignerons en Sauternais, des années 1650 à la fin de l’Ancien Régime, thèse de doctorat d’histoire, 1231 p., soutenue le 14 juin 2010 (Université Bordeaux iii-Michel de Montaigne)

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Jury : Gérard Béaur, directeur d’études au cnrs et à l’ehess (rapporteur) ; Olivier Chaline, professeur à l’université Paris iv-Sorbonne (rapporteur) ; Laurent Coste, professeur à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux iii ; Michel Figeac, professeur à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux iii (directeur de la thèse) ; Jean-Pierre Jessenne, professeur à l’université Charles de Gaulle-Lille iii ; Jean-Pierre Poussou, professeur émérite à l’université Paris iv-Sorbonne (président du jury).

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Stéphanie Lachaud, après les remerciements d’usage, justifie tout d’abord le choix de son sujet. Il y eut, tout d’abord, le sentiment de participer au renouveau de l’histoire viticole bordelaise, marquée par les travaux d’Henri Enjalbert, de René Pijassou et de Philippe Roudié, et de pouvoir y contribuer pour une période antérieure, comme vient de le faire Benoît Musset pour les vins de Champagne. De plus, elle a toujours porté un grand intérêt au monde rural et aux études rurales. La troisième raison de ce choix est la certitude, depuis son mémoire de maîtrise consacré aux Sauvage d’Yquem, que les xviie et xviiie siècles ont constitué une époque charnière pour le vignoble bordelais. L’orientation vers le Sauternais s’explique à la fois par ce premier travail et par le sentiment qu’il était possible d’apporter ici du nouveau, le Médoc ayant déjà fait l’objet de recherches approfondies et novatrices. Elle souhaitait étudier la transformation d’une société rurale de plus en plus façonnée par l’essor de la viticulture entre le début du xviie siècle et la fin du xviiie siècle. Ce prisme d’analyse revenait donc à analyser les changements économiques majeurs, à mettre en évidence les principales transformations agricoles, à décrire l’adaptation progressive d’une société rurale à une culture spéculative et, plus généralement, à découvrir les acteurs, les moyens et les enjeux de la modernisation. Pour ce faire, la thèse commence par une délimitation géographique complexe car le Sauternais n’existait pas en tant que tel à l’époque moderne : il s’agissait donc, pour l’auteur, de retrouver une unité géographique, naturelle, historique et humaine dans un espace encore en construction mais cohérent. Son choix s’est porté sur un ensemble très réduit de huit paroisses sans toutefois nier les différenciations géographiques qui existaient entre elles. C’est pourquoi, elle a rapidement considéré ce territoire selon une logique de centre et de périphéries plus ou moins marginales, de manière à comprendre les évolutions du vignoble en son cœur autant que sur ses marges. Par ailleurs, si son étude s’est portée sur un espace géographiquement très localisé, elle a embrassé un champ chronologique large. La borne chronologique retenue en amont, à savoir les années 1650, a constitué un curseur particulièrement mobile, en fonction des sources, remontant à la seconde moitié du xvie siècle pour certaines. Par ailleurs, l’étude a conduit Stéphanie Lachaud jusqu’aux limites de l’Ancien Régime, car le commerce du vin fut assez largement perturbé lors de la décennie révolutionnaire et les premières années du xixe siècle. La période choisie permettait ainsi d’envisager, sur le temps long, la mise en place et l’évolution d’une viticulture de qualité.

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Pour être mené à bien, ce travail a largement puisé dans divers courants historiques. Tout d’abord, les nombreux apports de l’histoire régionale ont permis de mieux comprendre les constats dressés pour les replacer dans un contexte plus général et offrir des comparaisons souvent riches d’intérêt. De plus, les grandes thèses classiques d’histoire rurale, notamment en matière viticole, ont offert de solides appuis méthodologiques. Puis, les recherches plus récentes d’histoire rurale sur le paysage, les élites, les logiques économiques et patrimoniales ou le marché foncier ont beaucoup contribué à la réflexion qui anime la thèse. L’ensemble de ces apports scientifiques et méthodologiques a permis d’articuler le plus grand nombre possible de données, de manière à mettre l’accent sur les acteurs de la modernisation rurale chers à la micro-histoire et à appréhender, autant que possible, la réalité historique vécue par la population. Sans cesse, au cours de cette étude, l’auteur a cherché à comparer les résultats obtenus avec d’autres régions étudiées, de manière à mieux envisager à une échelle locale des problématiques d’histoire économique et sociale plus générales. Étudier la formation d’un vignoble appelé à revêtir une renommé mondiale comme celui du Sauternais, du point de vue des élites comme du monde rural, impliquait le recours à une grande variété de sources. L’essentiel des données utilisées relèvent du fonds des archives départementales de la Gironde. Toutes les séries ayant trait à la période 1650?1789 ont été sollicitées, ainsi que la série M pour les statistiques agricoles du xixe siècle. En outre, les archives municipales de Bordeaux ont également apporté leur lot d’informations, grâce au dépôt familial de Guillot de Suduiraut et grâce aux archives de la maison de négoce Schröder et Schÿler. Bien qu’abondantes, les données ainsi recueillies ont été complétées par des archives privées fort précieuses tout particulièrement de la famille de Lur Saluces, qui ont permis de varier les perspectives et d’entrer davantage dans l’intimité des individus, grâce à quelques correspondances ou des livres de raison.

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Il s’agissait donc d’étudier la transformation de structures agraires et d’une société de plus en plus orientée vers une culture spéculative de haut standard, mais également les résistances qu’elle a suscitées ainsi que son caractère encore inégal et inachevé. Il fallait aussi comprendre comment une terre où la vigne représentait une culture parmi d’autres est devenue un vignoble identifié à une production spécifique de qualité reconnue, par quelles innovations, grâce à quels acteurs et en réponse à quels types de marchés. Il était également nécessaire de s’interroger sur les spécificités économiques et sociales que le développement viticole a imprimées à la société rurale préexistante. À travers cette thèse, Stéphanie Lachaud a voulu montrer la complexité économique et sociale de la transformation d’une société rurale, en remettant largement en question les déterminismes physiques souvent avancés pour expliquer la production d’un vin de qualité autant que l’idée selon laquelle les bienfaits de l’orientation vers une culture de plus en plus définie auraient rapidement été admis par tous.

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Pour répondre à cette problématique, la thèse suit un plan ternaire. En premier lieu, l’auteur a replacé le développement viticole dans son contexte foncier et humain. Milieu naturel favorable, grâce au sol graveleux et aux brumes du Ciron, le Sauternais n’en demeure pas moins un produit historique, un espace humain. Le Sauternais moderne se définit progressivement en tant que vignoble, car la conversion de larges espaces en vigne se déroula sur un temps long. La transformation du modèle seigneurial du Sauternais en atteste, avec la mutation progressive des maisons nobles traditionnelles en châteaux viticoles, c’est-à-dire en exploitations de plus en plus dédiées à l’usage viticole. Le château viticole illustrait la supériorité socioéconomique d’élites nobiliaires ou bourgeoises en quête de placement foncier, d’ascension ou d’affirmation sociales. La vigne apparaît alors comme le support d’investissements et de trajectoires de vie au cours de la période 1650-1789. À la veille de la Révolution française, elle avait conquis de nombreuses parcelles du Sauternais, surtout les sols les plus aptes à produire du vin. Néanmoins, l’omniprésence de la vigne n’excluait pas la production de céréales dans le cadre des joualles encore largement répandues, notamment chez les vignerons.

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La croissance des surfaces en vigne ne peut, ensuite, être séparée des mutations de la production viticole et de l’avènement d’une certaine forme de qualité, qui marquèrent fortement le Sauternais des xviie et xviiie siècles. Les châteaux promurent de nouveaux modes d’exploitation, où le faire-valoir direct jouait un rôle prépondérant. Le recours à une main d’œuvre salariée de plus en plus nombreuse offrait aux propriétaires une souplesse d’organisation autant qu’un contrôle accru sur les travaux de la vigne. Cette logique économique nouvelle était intrinsèquement liée à de nombreux remaniements fonciers, qui visaient à agrandir les domaines et à regrouper les parcelles pour en rationaliser l’exploitation. De là, de nouvelles techniques de culture de la vigne et d’élevage du vin, commencèrent à se diffuser progressivement au cours du xviiie siècle dans l’ensemble du vignoble. En effet, la découverte de la pourriture noble et des procédés de bonification du vin par le vieillissement, ouvrirent la voie à l’affirmation d’une production de qualité en Sauternais. Elle était liée à l’émergence d’une prospérité et de valeurs nouvelles du siècle des Lumières, qui renouvelèrent profondément les habitudes de consommation du vin. De plus, l’axe garonnais favorisait l’acheminement des vins en direction de la capitale régionale et orientait largement la dynamique commerciale en direction du port de Bordeaux. Le monde du négoce faisait ainsi figure d’acteur de premier plan dans le développement viticole du Sauternais. L’Europe du Nord, au premier rang de laquelle figuraient les Provinces-Unies, constituait un débouché essentiel, qui promut les blancs doux. Leur écoulement sur les marchés empruntait des voies commerciales diverses. En effet, le rôle prépondérant des marchands des Chartrons ne doit pas conduire à minimiser la vigueur des énergies locales. Quand les vins des grandes maisons partaient à la conquête des palais des élites françaises et européennes, ceux des petites et moyennes exploitations vigneronnes étaient davantage consommés dans une aire géographique restreinte. À l’éventail des structures de production viticole répondait une diversité des réseaux marchands, des lieux de consommation et des acheteurs. Les petits vignerons restaient souvent contraints dans un jeu complexe d’intermédiaires commerciaux. Ils tiraient donc moins profit de la réputation grandissante du Sauternes. Il existait donc plusieurs systèmes viticoles en Sauternais aux xviie et xviiie siècles, dont la mise en évidence permet de comprendre la complexité de la société qui les produisait. Pour la première fois en Bordelais, on a donc une étude aussi poussée que possible de la société vigneronne elle-même.

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Espace productif de plus en plus réputé, le Sauternais formait, finalement, une société rurale très marquée par l’orientation viticole. Sa composition socioprofessionnelle reflétait sa spécialisation culturale, car elle était dominée numériquement par les travailleurs de la vigne et du vin, laboureurs, journaliers, vignerons et tonneliers qui formaient un corps d’artisans étoffé et dynamique. La place de plus en plus forte de la vigne dans la vie rurale se traduisait également dans les modalités de gestion des patrimoines familiaux. Les modalités de dévolution des biens montrent que la vigne passait tout autant, voire davantage, par la voie familiale que par les circuits marchands. Le métier exigeait un savoir-faire souvent transmis par la voie familiale et la continuité du travail de la vigne était essentielle dans sa mise en valeur. Comme les espaces boisés, la vigne n’était pas un bien immédiatement productif : il était donc plus avantageux d’en hériter que de l’acheter. En ce sens, elle scellait, plus que les cultures annuelles, l’attachement des populations à une terre et contribuait à forger l’identité du monde vigneron. D’autre part, les comportements des individus avec leur patrimoine dépendaient aussi des conditions socioéconomiques dans lesquelles ils évoluaient. La quantité de terres possédées avait très souvent un rapport direct avec la production d’un revenu du travail, ce qui se traduisait par d’étroits liens entre la composition des patrimoines et le cycle de vie des individus et des ménages. Par conséquent, le cadre de vie des vignerons, tonneliers, journaliers ou laboureurs du Sauternais apparaît comme un indice complémentaire essentiel pour appréhender les transformations de la société viticole. La maison n’était pas seulement un cadre de vie, elle était également un lieu de travail, qui informait sur la position socioéconomique de son occupant, tout comme la place du paysan dans la communauté rurale. Être vigneron, laboureur ou journalier constituait bien plus qu’un métier, c’était aussi un état, une condition sociale, soumis aux variations et évolutions du monde viticole.

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Michel Figeac, directeur de la thèse, souligne à quel point le travail de Stéphanie Lachaud s’inscrit dans un des axes innovants de la recherche bordelaise articulée autour de l’environnement et de la nature, car le vignoble du Sauternais se définit progressivement comme un espace aménagé et produit par une société. De plus, le soin apporté à la définition de son espace de recherche lui semble pertinent et utile, car il traduit justement le caractère construit d’un terroir viticole. Il insiste sur l’importance de la seconde partie de la thèse dans laquelle sont étudiées successivement les transformations de la viticulture et du travail du vin ainsi que les principaux acteurs qui animaient des réseaux commerciaux variés et complexes. Il souligne aussi l’attention portée à ceux qui composent le monde de la vigne et du vin, cernés dans leur vie familiale et dans la gestion quotidienne de leurs biens tout au long de la troisième partie du travail. La thèse lui apparaît marquée par une analyse méticuleuse des sources et le soin apporté à contourner les lacunes documentaires par l’exploitation de sources plus innovantes comme les registres du centième denier de Barsac. Elle présente aussi l’intérêt de souligner des différences nettes avec le Médoc étudié par René Pijassou : une des grandes originalités du vignoble du Sauternais réside dans son épanouissement endogène. D’une part, le tissu seigneurial préexistant représenta un support de prédilection au développement viticole. D’autre part, la commercialisation directe du vin dont témoignent certains livres de raison de propriétaires nobles montre la volonté de certains membres de l’élite de s’émanciper du négoce pour affirmer l’identité de leur cru. Enfin, la thèse met en évidence la vigueur du milieu des artisans et marchands locaux dans l’animation économique de la région. Michel Figeac fait toutefois remarquer à l’impétrante qu’elle aurait usé avec profit des sources judiciaires et qu’elle aurait pu s’attacher davantage à l’étude des manoirs nobles, seulement évoqués par le biais d’exemples choisis. En conclusion, il tient tout particulièrement à dire le plaisir qu’il a eu à diriger cette recherche et à louer la qualité de la réflexion proposée, le sérieux de la candidate et le caractère novateur d’un certain nombre de ses démarches et analyses.

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Gérard Béaur, quant à lui, fait remarquer que la thèse peut se lire de deux manières : soit comme une contribution à l’histoire des campagnes sous l’Ancien Régime et comme un nouvel apport à l’histoire des vignobles français, déjà illustrée par de prestigieux devanciers, soit une étude érudite destinée à éclairer le processus de spécialisation hasardeux qui se met en place très progressivement aux xviie et xviiie siècles vers un produit de très haute qualité, le vin de Sauternes. Il insiste sur la capacité de l’auteur à rendre compte, grâce à la mobilisation de nombreux documents d’archives et d’une bibliographie fournie, de la transformation d’une polyculture classique incluant la viticulture vers une production de haut standard. Il souligne la précision de l’argumentation et la qualité des études statistiques. Il fait remarquer que certains classements bibliographiques mériteraient d’être revus. Par ailleurs, même s’il reconnaît l’apport des pages consacrées au monde de la vigne et du vin, il souligne que le travail aurait gagné en intérêt en tentant une évaluation des terres possédées par ces populations, ce qui est envisageable grâce au centième denier qui fournit la valeur des patrimoines et le prix de la terre à l’unité. Parmi les points soulevés par Gérard Béaur, on retiendra son étonnement face à des rendements si élevés pour un vin de qualité, alors même que les vendanges tardives amputent le produit viticole d’un tiers, ce qui le conduit à s’interroger sur l’ampleur de la conversion vers les vendanges tardives. Il émet également quelques réserves sur la dépossession foncière de la paysannerie, car la noblesse ne détenait pas plus de 15 % du sol. De ce point de vue, il considère très regrettable que l’étude des flux de propriété à travers le marché soit handicapé par la méconnaissance du statut social des vendeurs, très souvent passé sous silence dans les registres du centième denier. Il invite également la candidate à creuser un certain nombre de questionnements concernant la commercialisation du vin, les volumes de vin envoyés dans telle ou telle autre région d’Europe ou de France, la part de la production qui est exportée par rapport à la production des châteaux puisqu’on imagine qu’ils sont les seuls à pouvoir s’offrir le luxe de vendre à grande distance, la clientèle des vins vignerons, issus ou non de vendanges tardives, et enfin le rythme auquel les innovations introduites dans les châteaux viticoles sont copiées par les vignerons. Il reste que l’importance de la seigneurie comme vecteur du progrès agricole a été bien mise en lumière par Stéphanie Lachaud ainsi que la coexistence de deux types de productions pour le même breuvage. Pour Gérard Béaur, ce travail apporte donc une contribution essentielle à la compréhension de la modernisation agricole, au rôle des acteurs et au poids des contraintes naturelles et institutionnelles.

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Olivier Chaline prend ensuite la parole et souligne l’ampleur de la recherche, la clarté du propos et la qualité de la présentation de la thèse. Pour lui, ce travail présente le mérite de faire s’entrecroiser des approches historiographiques diversifiées, allant de l’étude précise des sols, leurs aptitudes, leur mise en valeur et leur possession à celle de la société, de ses cadres et de ses hiérarchies, comme à celle du commerce, marqué par la proximité de la Garonne et de Bordeaux. La démarche choisie, résolument synthétique, fait, selon lui, la force de la démonstration historique. L’historien apporte quelques critiques mineures sur plusieurs imprécisions de vocabulaire. Il regrette également que l’originalité et la taille de l’église de Barsac n’aient pas été davantage commentées, étant donné le caractère central d’un tel édifice dans une paroisse d’Ancien Régime. En réponse, la candidate apporte un certain nombre de précisions. Elle souligne qu’à Preignac comme à Barsac le patron de la paroisse est saint Vincent, patron des vignerons et que les curés demanderaient effectivement une étude particulière, notamment pour apprécier leur place dans la production et surtout dans la commercialisation des vins. Olivier Chaline souligne, en dernier lieu, combien les nombreux apports de la recherche de Stéphanie Lachaud proclament la validité de l’idée maîtresse de la thèse, selon laquelle la vigne donne à comprendre une société.

Jean-Pierre Jessenne prend ensuite la parole et souligne que le travail de Stéphanie Lachaud vaut par la qualité de ses apports, par les questions qu’elle soulève en tant qu’étude d’un territoire singulier, mais aussi comme possible référence dans les réflexions plus globales sur les modes de développement rural. Il insiste sur la pertinence de la démonstration selon laquelle il existait bien en Sauternais un « système agro-rural » qui caractérisait, au-delà de la seule agriculture, la combinaison des conditions écologiques, des modalités techniques et humaines déployées dans la mise en valeur d’un territoire rural présentant une certaine unité de caractéristiques et des complémentarités entre ces composantes agricoles et autres. Par ailleurs, dans ce système agro-rural, les acteurs locaux contrôlent largement les rouages dans une forme d’auto-développement, même si on ne pouvait passer sous silence les interventions extérieures, notamment bordelaises. Pour Jean-Pierre Jessenne, plutôt que l’existence de plusieurs « systèmes agricoles en Sauternais », comme écrit en conclusion par la candidate, on peut voir là un système complexe associant, dans une grande souplesse, des métiers, des pratiques productives, des types sociaux fort divers. Après ces premiers constats, Jean-Pierre Jessenne évoque successivement un certain nombre de questions concernant l’influence du cadre initial formé par la prévôté de Barsac et les règlements commerciaux qu’elle produit, la validité de certaines comparaisons concernant les densités de population ou la référence approximative au pourcentage de la population rurale dans les années 1780, l’utilisation de statistiques de 1793 (probablement liées au Maximum) ou de 1817 pour apprécier les productions de la fin de l’Ancien Régime, la nature des amendements apportés à la vigne et enfin le coût et les lieux des approvisionnements croissants en bouteilles qui participent de l’amélioration de la qualité. En conclusion, déclare Jean-Pierre Jessenne, si la publication requiert quelques précisions de détail et la formulation parfois plus explicite de la portée générale du cas étudié, il est clair qu’elle est souhaitable, tant cette thèse de grande qualité manifeste l’utilité d’études territorialisées, réfléchies, approfondies et exemplaires.

Laurent Coste commence par souligner le mérite de la candidate d’avoir dépouillé autant d’archives et de ne pas avoir craint de se confronter aux difficultés inhérentes des sources du xviie siècle. Il considère que c’est un travail très précis, dont la présentation est presque irréprochable. Le lecteur apprécie les 136 tableaux, les 63 graphiques très bien construits, une belle iconographie et surtout une quinzaine de magnifiques cartes du Sauternais. Dans la première partie, Laurent Coste dit avoir apprécié les développements sur le problème délicat de la délimitation du pays de Sauternes, même s’ils pourront sans doute porter à discussion. Il ajoute qu’aux recherches de la médiéviste bordelaise Sandrine Lavaud, peut-être la candidate aurait-elle pu ajouter les travaux de ses collègues, par exemple le numéro spécial des Annales du Midi consacré au printemps 2009 aux Vigueries et autres circonscriptions intermédiaires du haut Moyen Âge. Selon Laurent Coste, la présentation des paysans comme de simples usufruitiers et la démonstration sur les mouvements de propriété manque parfois de pertinence et il considère qu’il faudrait davantage insister sur l’idée d’une simple transformation de la répartition foncière. De même, il aurait aimé de plus amples développements sur certains aspects démographiques (la durée des couples de vignerons et leur descendance, seulement étudiées pour les années 1760-1793), ainsi que sur les familles nobles du Sauternais, car Stéphanie Lachaud n’a pas assez insisté sur les origines de nombre d’entre eux. En outre, au sujet des maisons paysannes, le propos aurait également pu être étayé par des plans et des photos. Laurent Coste conseille à la candidate de consulter les documents conservés au Service Régional de l’Inventaire. Laurent Coste redit en conclusion toute sa satisfaction à la lecture de ce travail et adresse ses félicitations à la candidate pour les riches réflexions qu’elle propose et les non moins nombreux prolongements auxquels elle invite.

Les différentes interventions ayant été présentées, il revient au président Jean-Pierre Poussou de clore la soutenance en prenant à son tour la parole. Il estime qu’il s’agit d’un travail de très haute tenue. Il conseille toutefois à Stéphanie Lachaud de rectifier un certain nombre d’éléments pour la suite. D’une part, selon Jean-Pierre Poussou, il serait erroné de considérer le Sauternais comme un pays, alors qu’il s’agit simplement d’un espace de superficie très réduite, marqué par la production d’un vin très spécifique. De même, la définition de la joualle aurait plus de sens si elle était inspirée de celle de Pierre Deffontaines. Il évoque aussi le fait que la question de la petite propriété viticole a été abordée à plusieurs reprises et explique qu’en fait, un vigneron n’a besoin pour vivre que de peu de terres comme l’a montré Ernest Labrousse, et comme l’a repris Marcel Lachiver. Par ailleurs, il souligne que la candidate aurait gagné à établir davantage de comparaisons avec le vignoble de Clairac. Enfin, la critique la plus vive porte sur la question de la démographie, traitée de manière trop superficielle dans le second chapitre de la thèse, ce qui rend l’analyse peu convaincante. Pour autant, Jean-Pierre Poussou insiste sur le fait que ce ne sont là que des points secondaires, qui ne se situent pas au cœur de la thèse présentée dont il souligne la remarquable qualité. En premier lieu, c’est la première grande étude en profondeur de ce très grand vignoble qu’est le Sauternais. C’est aussi la première à aborder de front le xviie siècle viticole en Bordelais et à mettre en valeur le caractère fondamental des transformations opérées à cette époque. Par ailleurs, pour la première fois en Bordelais, nous pénétrons une société vigneronne, marquée par une endogamie très forte et un enracinement qui ne l’est pas moins. Jean-Pierre Poussou souligne l’intérêt suscité par l’étude des relations sociales, des mécanismes sociaux et patrimoniaux dans cette société rurale. Il s’y ajoute le point cardinal qu’est l’étude des grands domaines que constituent les châteaux viticoles. Selon lui, cette thèse représente un travail très utile et innovant par bien des aspects.

Après une courte délibération, le jury a décerné à Stéphanie Lachaud le titre de docteur en histoire moderne de l’Université Michel de Montaigne-Bordeaux iii, avec la mention très honorable et ses félicitations à l’unanimité.

Corinne Marache

Hervé Cividino, Les Édifices quotidiens de l’agriculture : 1945-1999. De la modernisation des fermes traditionnelles à l’inscription des nouveaux ateliers de production dans l’environnement : les innovations techniques, les approches architecturales, les acteurs et leurs discours, thèse de doctorat en Aménagement de l’Espace et Urbanisme soutenue le 25 juin 2010 à l’Université de Bretagne Occidentale

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Jury : Gérard Monnier, professeur émérite à l’université Paris 1-Sorbonne (rapporteur) ; André Guillerme, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers (rapporteur) ; Daniel Le Couédic, professeur, architecte et historien, ubo, (directeur de thèse) ; Yves Michelin, professeur à VetAgro Sup Campus Agronomique de Clermont (examinateur) ; Patrick Dieudonné, maître de conférences, architecte, ubo (examinateur)

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La thèse d’Hervé Cividino examine les enjeux de la construction des bâtiments d’exploitation agricole durant la seconde partie du xxe siècle. Elle s’appuie sur un paradoxe : si bon nombre d’agriculteurs formulent un attachement à leur terroir, vantent les qualités du patrimoine traditionnel et pour certains, se préoccupent même de l’impact paysager de leur projet de nouveau bâtiment, leur choix s’arrête le plus souvent sur l’achat de modèles standardisés qui mettent la fonctionnalité et l’économie comme les déterminants uniques de la conception des nouveaux édifices. À partir du constat d’un choix par défaut qui obéit à une obligation constructive dictée par les contraintes du système de production, l’auteur s’interroge sur les facteurs qui limitent la conception des bâtiments agricoles et sur les raisons du divorce entre architecture et agriculture.

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L’auteur formule l’hypothèse que les formes des bâtiments d’exploitation du xxe siècle résultent de l’évolution des programmes et des techniques mais aussi d’un appauvrissement du mode de conception des édifices. L’irruption des technologies modernes ne s’est pas accompagnée d’un renouveau architectural. En effet, les méthodes de l’ingénierie et du marketing utilisées par les constructeurs ont prolongé des modes de conception basés sur la reproduction de modèles et de gabarits sans prendre en compte l’espace conceptuel ouvert par le progrès technique. En écartant l’Art de bâtir et l’adéquation au site – qui ont participé de la richesse des constructions traditionnelles – au profit d’une approche rationaliste basée sur l’économie et la fonctionnalité, cette révolution a ouvert la porte à une standardisation universelle dont le hangar constitue l’archétype.

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À l’exception du secteur viticole, l’auteur a ciblé les édifices de toutes les filières de production. Étant donné la diffusion des modèles de construction, l’échelle nationale a été retenue mais l’analyse se focalise sur des foyers d’innovations (le Nord-Est pour la reconstruction, le grand Ouest pour les filières hors-sol et la montagne pour les questions paysagères). Enfin, trois raisons justifient une analyse approfondie du département du Loiret : la diversité agricole qui offre un large éventail de constructions (céréaliculture de la Beauce, élevage de l’Est, ateliers hors-sol du Gâtinais, cultures spécialisées du val de Loire et de Sologne) ; une structure socio-économique propice à l’innovation (dynamisme des riches cultivateurs au Nord-Ouest, énergie des migrants de l’après-guerre installés sur les terres plus pauvres de l’Est et du sud) ; la proximité de Paris qui fit de ce secteur un lieu d’expérimentation.

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Pour étudier les processus de conception et de diffusion des constructions, la thèse s’est appuyée sur l’analyse des discours (communs, techniques, juridiques et savants) qui ont accompagné la transformation de l’architecture rurale. Avec un corpus de sources pluridisciplinaires (ouvrages scientifiques, documentation et archives professionnelles, presse agricole) et des entretiens auprès de responsables agricoles et d’agriculteurs, l’auteur a suivi une démarche historique pour identifier les raisons du divorce entre architecture et agriculture. Une chronologie des mutations de la construction rurale, replacée dans l’évolution générale de l’architecture contemporaine, révèle des similitudes : l’industrialisation du bâtiment après-guerre, les programmes de masse à la charnière des années 1960 puis les préoccupations paysagères et formelles durant le dernier quart de siècle. Ainsi, parmi les évolutions constructives, l’auteur identifie le modèle du hangar polyvalent qui s’est imposé en une quinzaine d’années. Puis il analyse les conséquences spatiales et architecturales de l’intensification des productions émanant des lois d’orientation agricole de 1960 et 1962. Avec la spécialisation des bâtiments, apparaissent dans le même temps l’application des recherches zootechniques sur le logement des animaux et la mise en place des réseaux de concepteurs spécialisés. Enfin, dans les années 1970, l’émergence des préoccupations environnementales influence la conception des bâtiments-outils pour aboutir à l’invention du concept d’intégration paysagère débouchant sur une « normalisation » architecturale.

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Afin d’identifier les raisons du divorce entre architecture et agriculture, Hervé Cividino propose quatre pistes d’explication. Les évolutions de la construction agricole sont d’abord liées à une révolution programmatique. C’est au moment où les agronomes et les vétérinaires se sont penchés sur l’amélioration des cultures et de l’élevage que les prescripteurs en bâtiment ont vanté de nouvelles techniques de construction (simplicité de mise en œuvre des parpaings de béton, possibilités structurelles de la construction métallique, nouveaux modes d’assemblage des charpentes en bois…). Le bâtiment devient un outil de travail économique, éphémère et en constante évolution. Il rompt avec le patrimoine fait pour durer que les paysans transmettaient à leurs enfants.

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La modernisation architecturale a été portée par la profession agricole. Elle a suivi les trois formes de vulgarisation avancées par Jean Chombart de Lauwe : le coup d’œil au dessus de la haie du voisin, la vulgarisation intéressée des firmes commerciales et la vulgarisation « désintéressée » mise en place par la profession et l’État. Ainsi, les Centres d’Étude Technique Agricole (ceta) et les Comités Départementaux d’Habitat Rural (cdhr) créés en 1948 pour moderniser les fermes, fonctionnent en lien étroit avec les Services de l’État, distributeurs de subventions à la construction. L’industrie du bâtiment s’empare de ce marché florissant et une nouvelle dimension est franchie dans l’agro-alimentaire : celle de l’intégration d’une filière qui prescrit et propose des bâtiments « clefs en main » aux éleveurs. Dans les filières « traditionnelles », une coopération étroite s’instaure entre les chambres d’agriculture et les instituts techniques pour le logement des ruminants. Ainsi, l’idée d’un clivage marqué entre les productions hors-sol et celles liées au territoire ne tient pas : engager la cohérence économique des exploitations et proposer des modèles de construction suivent un projet identique : celui d’une agriculture moderne prenant appui sur un groupe social constitué, d’un entre-soi regroupant l’ensemble des intervenants du monde agraire, depuis les exploitants et leurs structures de conseil jusqu’aux industriels de la construction rurale, de l’agroalimentaire et à l’État.

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Comment expliquer l’absence des hommes de l’Art dans cette révolution ? Hervé Cividino aborde une suite de rendez-vous manqués avec les architectes contrairement à d’autres époques – tant à la Renaissance qu’à la Révolution –, pendant lesquelles ils ont été présents dans la conceptualisation et la prescription des innovations constructives. Dans les régions dévastées de la Grande guerre où 1 419 équipes de concepteurs répondirent au concours lancé pour établir des modèles de bâtiments reproductibles et diffusables dans les campagnes ; dans le sillage de Le Corbusier qui, en 1934, établit le plan du village radieux – pendant rural de la fameuse cité radieuse –, ou encore au moment de la Révolution nationale au cours de laquelle était promue une identité basée sur les terroirs, les architectes furent présents. Mais hormis quelques exemples d’ailleurs sans lendemain telle que la reconstruction du village du Bosquel, conduite par Paul Dufournet dans la Somme, les architectes happés par la reconstruction des villes laissèrent les questions agricoles au monde agricole.

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En 1976, la loi sur les Installations Classées marque la prise en compte de l’environnement en imposant des règles d’implantations spécifiques pour les bâtiments. Avec la loi sur l’Architecture de 1977 puis le conseil architectural institué gratuitement dans les caue et en dda, des liens ténus se tissent entre les architectes et la construction agricole. Soutenue par l’État, l’initiative de la Fondation de France concernant la mission « Bâtiments agricoles et paysages » amorce ensuite le concept d’intégration paysagère. Cela débouche sur des actions de sensibilisation au cadre bâti et des démarches pluridisciplinaires mais architectes et monde rural se retrouvèrent plus facilement autour de projets de développement local (filière bois), et sur des thématiques liées à l’ambiance intérieure des constructions et au paysage.

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Avec les lois de décentralisation des années 1980, on assiste à une réduction des crédits concernant l’architecture. Les collectivités locales ne financent plus que les leviers les plus aisément contrôlables des constructions (couleurs, matériaux et plantations). Et en dépit d’une loi dite d’intégration paysagère, les signatures de permis de construire de complaisance se multiplient au moment où prévalent les dimensions économiques et règlementaires directement liée à loi sur l’Eau de 1992 imposant la maîtrise des pollutions d’origine agricole. On assiste alors au renouvellement du parc immobilier des agriculteurs dicté par les réglementations et les financements publics selon les canons d’une nouvelle normalisation. Enfin, alors que la révolution du développement durable s’engage, la question de la normalisation, tout comme celle du projet architectural, se pose à nouveau. L’auteur, conseiller en architecture, achève son propos en espérant qu’à l’avenir les attentes des consommateurs en termes de qualité des produits, d’environnement et de paysage puissent trouver une réponse à partir de retrouvailles entre architecture et agriculture.

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À l’issue de la présentation orale, Daniel Le Couédic, directeur de thèse félicite le candidat d’avoir produit un document d’une telle richesse sur une problématique ignorée des architectes alors que les bâtiments agricoles représentent dix millions de m2 construits par an. De la fin de la Seconde Guerre mondiale à loi d’orientation agricole de 1999, la mise en tension entre l’évolution agricole générale et la situation particulière du Loiret montre comment les architectes, sauf exception, n’ont pas investi ce vaste chantier. Pour Daniel Le Couédic, la thèse d’Hervé Cividino fournit des éléments utiles pour comprendre comment, dans l’histoire de l’architecture contemporaine, le bâti agricole comme la maison individuelle sont restés à l’écart des préoccupations des architectes.

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Gérard Monnier, rapporteur, salue la qualité du travail et sa cohérence. Il en ressort une réflexion scientifique d’importance sur l’architecture instrumentale. En maîtrisant une documentation nombreuse et dispersée, la thèse éclaire un angle mort de l’histoire de l’architecture contemporaine : celui de l’architecture sans architecte, du lien entre l’architecture et « l’utilitaire ».

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André Guillerme, rapporteur, fait part d’interrogations suscitées par la thèse : quels sont les mécanismes de déclenchement de la modernisation des exploitations ? Qui décide ? Quelle est l’influence de la formation dans la prise de décision ? Il aborde l’importance des constructions métalliques et de la technique du préfabriqué dans la diffusion des modèles et pose la question de la conservation de ces éléments d’architecture.

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Yves Michelin, agronome et géographe, qui a participé au développement du bâti agricole étudié par l’auteur salue un travail peu académique. Pour répondre à une question simple : « pourquoi des bâtiments si laids alors qu’il y a tant de gens qui savent faire du beau ? », l’auteur a utilisé avec efficacité un questionnement pluridisciplinaire qui répond bien à l’étude du bâti agricole comme élément de modernisation des campagnes. Regrettant cependant la longueur du document, l’absence de synthèses chiffrées et d’éclairages étrangers, Yves Michelin salue un travail éclairant pour l’agronome car il apporte une vision globale et systémique de l’exploitation. Il insiste pour terminer sur la somme que représente cette thèse et sur les avancées qui intéresseront autant les chercheurs que les acteurs de terrain .

Enfin Patrick Dieudonné clôture les débats en félicitant le candidat pour sa thèse en tous points passionnante. Son intervention porte principalement sur le rôle des acteurs institutionnels dans les transformations des campagnes et sur les effets des disparités spatiales concernant le conseil en architecture.

Après une courte délibération, le jury décerne le titre de docteur en Aménagement de l’Espace et Urbanisme de l’Université de Bretagne Occidentale à Hervé Cividino avec la mention très honorable et les félicitations à l’unanimité.

Philippe Madeline

Titres recensés

  1. Stéphanie Lachaud, Vin, vigne et vignerons en Sauternais, des années 1650 à la fin de l’Ancien Régime, thèse de doctorat d’histoire, 1231 p., soutenue le 14 juin 2010 (Université Bordeaux iii-Michel de Montaigne)
  2. Hervé Cividino, Les Édifices quotidiens de l’agriculture : 1945-1999. De la modernisation des fermes traditionnelles à l’inscription des nouveaux ateliers de production dans l’environnement : les innovations techniques, les approches architecturales, les acteurs et leurs discours, thèse de doctorat en Aménagement de l’Espace et Urbanisme soutenue le 25 juin 2010 à l’Université de Bretagne Occidentale

Pour citer cet article

« Soutenances de thèses », Histoire & Sociétés Rurales 2/2010 (Vol. 34) , p. 239-249
URL : www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2010-2-page-239.htm.


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