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Histoire & Sociétés Rurales

2011/2 (Vol. 36)


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Connaître le rôle économique et social des intermédiaires entre seigneur et exploitants est essentiel pour comprendre le fonctionnement concret d’une seigneurie. Ces hommes jouaient en effet un rôle souvent primordial dans sa gestion quotidienne [1][1] Bourin et Martinez Sopena, (éd.), 2004, p. 18-19..

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L’élite rurale, au sein de laquelle ont le plus souvent été recrutés ces intermédiaires, intrigue les historiens depuis longtemps. Elle a fait l’objet de diverses rencontres concernant le Moyen Âge ou la période moderne [2][2] Bougard, Feller, Le Jan, (dir.) 2006 ; Bougard, Depreux,..., de chapitres dans quelques synthèses [3][3] Feller, 2007 (en particulier chap. 3 et 7) ; Leturcq,... ou études régionales [4][4] Duby, 1953 (en particulier 2e partie, chap. viii) ;.... Toutefois ces élites rurales sont presque toujours étudiées du point de vue de leur insertion sociale, le cas échéant de leur ascension sociale, et non pour leur fonction dans le cadre de la gestion seigneuriale [5][5] Voir toutefois Devroey, 2005.. Pourtant, ni les maîtres des grands domaines carolingiens ni les grands seigneurs des xiie-xve siècles, ni les grands propriétaires de l’époque moderne ne géraient ni n’administraient eux-mêmes leurs possessions rurales au quotidien : ils n’y habitaient généralement pas et n’y allaient que rarement. Des hommes servaient donc nécessairement de lien entre le seigneur et les exploitants, transmettant notamment les ordres dans un sens et les redevances dans l’autre ; en leur absence, le système seigneurial, tel qu’il s’est développé au Moyen Âge, se serait effondré. C’est pourquoi il est fondamental d’appréhender l’existence réelle de ces hommes. Qui sont-ils ? Quels sont leurs liens avec le seigneur, avec les paysans ? Quel est leur rôle concret ? Quelle est leur rémunération ?… Ce sont ces questions qui vont être abordées ici, à partir de l’exemple de seigneuries ecclésiastiques bourguignonnes.

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L’importante documentation archivistique des deux abbayes féminines d’Autun pour la fin du Moyen Âge, documentation essentiellement en rapport avec les biens et les droits des religieuses, éclaire quelques-uns de ces intermédiaires, particulièrement indispensables lorsque le seigneur est une abbaye de femmes, puisque les moniales doivent, en théorie, rester cloîtrées et ne pas s’occuper des affaires du monde [6][6] La nette coupure entre les religieuses et le monde.... Le dépouillement systématique de tous les documents médiévaux parmi plus de mille liasses d’actes médiévaux et modernes conservés dans les fonds de ces deux abbayes et dans des fonds annexes – dépouillement réalisé dans le cadre d’une thèse d’université [7][7] Verpeaux, 2009. – a permis de réunir environ 70 documents mentionnant d’une façon ou d’une autre un intermédiaire entre les religieuses, comme seigneurs, et les exploitants de leurs domaines, essentiellement aux xiiie et xive siècles. C’est sans doute la grande variété des documents ainsi réunis [8][8] Une trentaine d’actes de transmission de biens (achats,... – la plupart mentionnent simplement une fonction ou son titulaire, d’autres sont entièrement consacrés à un intermédiaire – qui a permis de constituer un dossier suffisant sur ces hommes pour les étudier, parfois même sur plusieurs générations, et pour appréhender leur rôle, malgré la non-conservation de terriers ou censiers qui auraient pu les mettre en lumière. Parmi les documents les plus importants pour une telle étude figurent ceux qui fixent les droits et devoirs d’un intermédiaire de façon théorique, comme l’acte de 1240 entre les religieuses de Saint-Andoche et leur maire de Curgy [9][9] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2 (1240)., mais aussi ceux qui relatent un conflit entre un seigneur et un de leurs représentants, comme les pièces d’un procès, toujours entre les religieuses de Saint-Andoche et leur maire de Curgy en 1280 [10][10] Ibid., h 888/3-5 (1280)., conflit qui met alors en lumière des pratiques réelles. En effet, comme le faisaient remarquer Monique Bourin et Pascual Martinez Sopena en 2004 à propos du poids du seigneur foncier par rapport à celui du seigneur banal, « l’idéal est de disposer de textes de résolution de conflits détaillant les droits respectifs des uns et des autres sur les hommes du village » [11][11] Bourin et Martinez Sopena, 2004, p. 34..

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Après un bref aperçu du temporel des religieuses de Saint-Andoche et de Saint-Jean-le-Grand d’Autun, le dossier constitué permettra tout d’abord d’étudier l’exemple des maires de Curgy, qui sont les mieux documentés, puis de comparer les éléments connus pour ceux-ci à ceux, nettement plus épars, qui peuvent être recueillis pour différents autres intermédiaires au service des dames d’Autun, maires mais aussi prévôts et doyens. Dans l’un comme dans l’autre cas, seront étudiés les hommes, leur place dans la communauté rurale, leur niveau social et économique, leurs charges et fonctions, leurs revenus et ressources et, quand cela est possible, leurs relations, de confiance ou conflictuelles, avec les religieuses de Saint-Andoche et de Saint-Jean-le-Grand.

Les abbayes de femmes d’Autun et leur temporel

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Saint-Andoche et Saint-Jean-le-Grand sont deux abbayes de femmes fondées à Autun à l’époque carolingienne, même si toutes deux prennent racine dans des établissements mérovingiens fondés ou favorisés par Brunehaut à la fin du vie siècle. Saint-Andoche a été « faite » au milieu du viiie siècle par Décie, la sœur de Widrade, lui-même fondateur de Flavigny [12][12] MGH, SS viii, 1848, p. 287., et est relativement bien connue aux ixe et xe siècles grâce à quelques actes épiscopaux et diplômes royaux [13][13] Charmasse, 1865, t. 1, p. 46-48 (ch. 28) ; Giry et.... En revanche, l’existence de Saint-Jean-le-Grand n’est attestée que par la Vita d’Odilon, cinquième abbé de Cluny de 994 à 1049, qui indique que sa mère, Gerberge, s’est retirée dans cette abbaye à la fin du xe siècle [14][14] Jotsald von Saint-Claude, p. 146. Rien ne permet de.... Durant tout le Moyen Âge, les religieuses de Saint-Jean-le-Grand comme celles de Saint-Andoche sont essentiellement issues de l’aristocratie rurale et seigneuriale bourguignonne et des régions limitrophes et, comme telles, habituées à un certain confort ; afin de conserver à leurs moniales un mode de vie proche de celui des seigneurs, les abbayes éduennes doivent donc se procurer des revenus relativement importants, malgré une dotation foncière généralement plus faible que celle des abbayes d’hommes [15][15] À la fin du xe siècle, les religieuses de Saint-Andoche.... Les religieuses sont donc particulièrement attentives à la gestion de leurs domaines ruraux, même si elles possèdent également des biens en ville, qu’elles acensent, et si elles se constituent peu à peu des rentes régulières par la célébration d’anniversaires à partir du xiie siècle, en particulier Saint-Andoche.

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La dotation initiale de ces deux abbayes féminines éduennes est totalement inconnue, mais un point sur les possessions de Saint-Andoche à la fin du xe siècle peut être fait à travers un diplôme faux attribué à Charles le Simple [16][16] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 675; Lauer, 1949, p. 78-80..., diplôme qui énumère ces possessions, tandis que celles des religieuses de Saint-Jean-le-Grand demeurent inconnues : à cette époque, les biens fonciers et droits des religieuses de Saint-Andoche sont à la fois nombreux, divers et éclatés sur un vaste territoire. En revanche, les sources carolingiennes ne permettent absolument pas de connaître le mode de gestion de ces domaines [17][17] Probablement utilisaient-elles les services d’agents..., mode de gestion qui ne peut être appréhendé qu’à partir du xiie siècle et surtout des xiiie et xive siècles.

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L’ensemble des biens fonciers de Saint-Andoche et de Saint-Jean-le-Grand aux xiiie et xive siècles n’est pas défini à une date précise, faute de conservation de documents les décrivant de façon complète, censier ou terrier général par exemple. En revanche, les nombreux actes liés au temporel des abbayes permettent de localiser leurs principaux domaines, donc les régions où elles avaient de nombreuses possessions.

Carte 1 - Le temporel des abbayes de femmes d’Autun à la fin du Moyen ÂgeCarte 1
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Les religieuses de Saint-Andoche, comme celles de Saint-Jean, possédaient des terres non seulement dans la cité ou à proximité de celle-ci, mais aussi dans des régions fort éloignées des deux centres monastiques, jusqu’à une centaine de kilomètres d’Autun, en dehors du diocèse. L’implantation foncière des religieuses n’était pas due au hasard et, par des achats, des échanges, le droit de retenue [18][18] Droit du seigneur de préempter, au prix de vente, un..., voire des pressions sur d’éventuels donateurs, elles parvenaient à acquérir les terres qui les intéressaient dans les lieux qui leur étaient les plus avantageux ; on peut ainsi discerner des politiques de regroupement des terres ou d’accroissement de certains domaines. Les terres de la vallée de l’Arroux et d’entre Dheune et Arroux fournissaient aux religieuses les ressources agricoles les plus courantes, grâce à leur proximité et à leur accessibilité ; les domaines entre Beaune et Chalon étaient constitués pour partie de vignobles de la côte chalonnaise qui leur fournissaient le vin pour la messe et la consommation quotidienne des religieuses et de leurs hôtes, voire des surplus pour la vente ; enfin, chacune des deux abbayes avait des possessions plus éloignées, héritées de l’histoire des établissements et de la volonté de conserver des domaines importants regroupés autour d’une ou plusieurs églises possédées par les moniales sans doute depuis très longtemps [19][19] Pour Saint-Andoche, cette hypothèse est vérifiée :... : Colonne, Aumont, Grozon et Montholier dans le Comté de Bourgogne pour Saint-Jean-le-Grand ; Dornes, La Celle et Saint-Parize-en-Viry dans le Nivernais d’une part, Senailly et Saint-Germain-lès-Senailly dans le Montbardois d’autre part, pour Saint-Andoche.

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Pour gérer ces nombreux domaines, géographiquement dispersés, les religieuses avaient besoin de représentants sur place qui connaissaient bien les réalités locales et servaient de relais entre elles-mêmes et ceux qui exploitaient leurs terres. C’est aux xiiie-xive siècles que ces intermédiaires sont les plus présents sur le terrain, et surtout dans la documentation : alors que les sources conservées pour le xve siècle sont beaucoup plus nombreuses, maires, prévôts et doyens en ont pratiquement disparu.

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Parfois, dans les sources, la mention d’un office – mairie, prévôté, décanat – n’est pas suivie du nom du territoire sur lequel il s’exerce, mais du nom de l’abbaye pour lequel il s’exerce, comme à Volnay où Renaud est dit doyen de Saint-Andoche au début du xiiie siècle [20][20] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1162/1 (1218), h 1162/2..., ou comme à Runchy en 1229 et 1249 [21][21] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1590/1-2 (1229), h 1590/3... où il est question du prévôt de Saint-Jean. Dans les faits, le rôle de ces personnes semble avoir été identique à celui des maires, prévôts ou doyens qui étaient clairement rattachés à un territoire ; tout au plus pouvaient-ils être chargés successivement de différents domaines en fonction des besoins, mais cela est peu probable : Renaud noue des alliances matrimoniales avec des vignerons de Volnay et est donc implanté sur place [22][22] Ibid., h 1162/1 (1218). ; d’autre part, un peu plus tard, un prévôt de Charmasse et de Runchy est attesté [23][23] Ibid., h 1363/1 (1282), h 1363/2 (1342), h 1363/4 (1399)...., de même que la prévôté de Runchy dans d’autres sources [24][24] Ibid., h 1259 fol. 12, 15, 15v (1399-1400), h 1260....

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Tous ces intermédiaires entre les religieuses et leurs dépendants, qu’ils soient appelés maires, doyens ou prévôts, étaient des laïcs et étaient des hommes, même si trois des obituaires de Saint-Andoche mentionnent une Isabelle, mairesse de Curgy [25][25] Ibid., h 708, h 709 ; Bibl. mun. Autun, p 088 (8 m.... Cette femme n’a en aucun cas exercé la charge de maire dans un des principaux domaines de cette abbaye ; elle était tout simplement la femme du maire de Curgy, Hugues troisième du nom, et même, plus précisément, sa première femme. Elle n’a donc pas pu exercer cette charge, même de façon éphémère, à la mort de son époux, et c’est celui-ci qui appartenait à la famille des maires de Curgy [26][26] D’autres épouses de maires de Curgy sont connues, mais....

L’exemple des maires de Curgy

Origine et statut

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Les maires de Curgy sont les intermédiaires les mieux connus entre les dames d’Autun et leurs exploitants, grâce à de nombreux actes les mentionnant, qui parfois concernent la mairie, mais le plus souvent seulement les hommes qui détiennent cette charge ou leurs proches ; le fait que ces derniers actes, qui ne concernent pas la gestion d’un des domaines de Saint-Andoche, soient mieux conservés que ceux qui mettaient en scène d’autres familles, prouve que cette famille appartenait à l’élite rurale des notables et entretenait des relations privilégiées avec les religieuses. Ces documents permettent, ce qui est fort rare, de suivre la famille des maires de Curgy sur près de deux siècles, sans doute huit générations, et d’établir la généalogie ci-dessous [27][27] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 24/23 (vers 1150), h sup 101;... :

Figure 1 - Généalogie des maires de CurgyFigure 1
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Il ne fait en effet aucun doute que le Hugues maire de Curgy vers 1150 [28][28] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 24/23 (vers 1150) ; Hugues,... était l’aïeul du Hugues maire de Curgy en 1213 [29][29] Un Hugues de Curgy est témoin de la cession d’une dîme..., probablement son grand-père ; on peut même avancer, sans grand risque de se tromper, que le fils du premier, père du second, se prénommait Guillaume. La mairie de Curgy était une charge héréditaire, transmissible de père en fils ou d’aîné au cadet : en 1319, Guillaume, maire de Curgy, est le demi-frère de son prédécesseur Gérard, maire de Curgy au début du xive siècle et en 1311 [30][30] Respectivement Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1167/3... ; on peut en déduire que Gérard était alors décédé sans fils en âge de lui succéder et que ses frères Henri et Hugues étaient eux aussi décédés. Cette hérédité de la charge a provoqué une fixation du surnom familial autour de cette charge : en 1341, alors que la mairie de Curgy semble avoir disparu, ou du moins n’être plus exercée au sein de la famille, Guillaume, damoiseau, est désigné par ce surnom figé dans sa forme romane [31][31] Guillermo, dicto le Maire, de Curgeyo, domicello, pro.... Il est par la suite extrêmement difficile, voire impossible, de suivre la lignée grâce à ce surnom car il est trop courant ; en effet, nombreux ont été les maires dans la région, au service de différents établissements autunois et dans plusieurs domaines pour chaque établissement.

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Lors de ces successions à la mairie de Curgy, l’héritier de la charge devait payer aux religieuses un merciamentum[32][32] Recognovit etiam dictus major quod, quotienscumque..., que la succession ait lieu en droite ligne ou en ligne collatérale. Le terme de merciamentum dans ce contexte ne signifie évidemment pas une amende mais un droit de succession ; toutefois, rien de permet de savoir si son montant était fixe ou variable, même si les différentes acceptions du terme peuvent faire penser à une taxe à la volonté du seigneur, des religieuses de Saint-Andoche en l’occurrence. Le « pitancier » [33][33] Il s’agit d’un document dont la fonction n’est pas..., ajouté aux deux plus anciens obituaires de Saint-Andoche, précise en outre que « totes les foiz que noveux hoirs vient à la mairie de Curgey por tenir la dite maerie, il doit lo lox à tot lo covant assi com d’une novele provende donee » [34][34] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 708 fol. 32v (1306/1309),... ; on peut se demander si ce « lox » ou « loux » distribué à chaque prébendé correspond à ce merciamentum ou s’il s’y ajoute. Quoi qu’il en soit, ce(s) paiement(s) marque(nt) bien la dépendance du maire de Curgy par rapport aux religieuses.

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D’ailleurs, dans des actes rédigés au nom de l’abbesse, il est question de « notre maire de Curgy » [35][35] Maioris nostri de Curgiaco : Déléage, 1936, ch. 37a ;... et, dans des actes rédigés par un tiers, de « leur maire de Curgy » [36][36] Cum controversia verteretur inter religiosas dominas... en parlant de l’abbesse et des religieuses. Le maire de Curgy était donc un représentant, un agent des religieuses auprès de la communauté et non un représentant de la communauté auprès des religieuses. De fait, le maire de Curgy était le serviens des religieuses et même plus précisément leur serviens et casatus[37][37] Respectivement Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2 (1240)... ; il s’agit donc d’un officier chasé sur les terres de l’abbaye, qui avait une maison près de l’église – même s’il s’agissait seulement d’une maison de bois et torchis et non de pierres – [38][38] Domus non lapidea sita prope monasterium de Gurgeio... et qui tenait la mairie, ses dépendances et tout ce qu’il possédait à Curgy, en fief lige de l’abbesse [39][39] Tantum majoriam vero, cum omnibus pertinentiis dicte.... Il était « home de ladite yglise » ou « hons de la dite abbausse et de s’iglisse et digne au fié de ly et de s’iglisse » [40][40] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/3 (1280)., tout en étant le seigneur de Guillaume de La Roche qui tenait de lui en fief des biens à Ancey [41][41] Lieu non identifié., biens qui relevaient de la mairie et seigneurie féodale de l’abbesse [42][42] Recognovit siquidem dictus major quod omnia que Guillermus.... Le maire de Curgy appartenait donc à l’élite du domaine de Curgy et la famille a connu une certaine ascension sociale puisque l’un des fils du dernier maire de Curgy attesté en tant que tel, Guillaume de Curgy, dit le Maire, était damoiseau [43][43] Ibid., h 892/1 (1341), h 976/4, 1374, acte qui mentionne..., ce qui le plaçait sans doute à la limite de la noblesse, voire parmi les plus humbles des nobles locaux.

Charges et responsabilités

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Le rôle du maire de Curgy ne se limitait pas à servir d’intermédiaire entre les religieuses de Saint-Andoche et leurs hommes de Curgy ; il pouvait représenter les religieuses et servir de témoin lors d’une transaction [44][44] Ibid., h 24/23, vers 1150., mais aussi prendre des décisions localement. Un conflit ayant éclaté, en 1213, entre les religieuses de Saint-Andoche et les chanoines de Saint-Symphorien « au sujet de l’étang de Péon et des terre avoisinantes de cet étang », en particulier sur les droits d’usage sur l’étang et de pâturage sur les terres limitrophes, il fut résolu par quatre arbitres – les archidiacres de Flavigny et de Beaune, un archiprêtre et un chanoine d’Autun – dont les décisions furent confirmées par l’évêque [45][45] Ibid., h sup 101; Déléage, 1936, ch. 38, 1213 et Arch.... ; il fut toutefois décidé qu’au sujet de la limite entre une terre appartenant à Saint-Symphorien et une terre appartenant à Saint-Andoche, le prieur, au nom des chanoines, et le maire de Curgy, au nom des religieuses, devraient s’accorder en fonction des anciennes bornes [46][46] Querela ante, de terre que est de super stagnum, per.... Le maire a aussi eu quelques responsabilités en dehors du domaine de Curgy, puisqu’il était chargé du transport du vin produit à Volnay, charge pour laquelle il recevait un setier et demi de vin mesure de Beaune [47][47] Dictus vero major excitare debet et movere Lo Charreem....

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Toutefois, la plupart de ses charges étaient directement liées au domaine de Curgy ; ces charges, et les revenus y afférant, étaient sans doute régis par la coutume et par des accords oraux établis lors de la prise en main de la mairie et du serment de fidélité prêté par le nouvel officier de l’abbaye, jusqu’en 1240. À cette date en effet, un différend étant survenu entre les religieuses et leur maire de Curgy, Guillaume, les droits et devoirs du maire, outre son statut de vassal chasé de l’abbaye, ont été mis par écrit [48][48] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2, 1240., ce qui permet de les connaître de façon précise.

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Le maire de Curgy administrait le domaine et en particulier les masoyers, qui étaient hommes de l’abbaye ; il devait ainsi collecter et conserver « fidèlement » toute une série de redevances dues aux religieuses par les hommes de Curgy – une redevance sur les châtaigniers, la queste due à l’orée de chaque nouvel abbatiat, et toutes les amendes, taxes et autres revenus –, sur lesquelles il ne pouvait rien retenir [49][49] In castaneis vero et in questis quas abbatissa facit.... En revanche, il recevait des tenants de chaque manse deux pains d’un bichet de froment et un setier de vin, et, quand les hommes de Curgy abattaient un porc, ils devaient lui en donner une part : une épaule quand le porc était tué sur un manse du domaine ou une redevance de deux nummi pour les porcs tués ou vendus en dehors du domaine [50][50] Dictus maior, ratione majorie, habet et habere debet.... Il gérait aussi les manses appartenant aux religieuses : lorsqu’un manse était vacant, en particulier s’il avait été abandonné par son tenant, le maire en tenait la maison et l’ouche, tandis que les éléments plus éloignés du manse et les biens mobiliers revenaient à l’abbesse, jusqu’à ce que le manse soit repris ; le maire devait d’ailleurs recevoir les anciens masoyers revenant sur le domaine ou de nouveaux masoyers se présentant et leur attribuer, le cas échéant, un manse vacant ; il recevait alors le tiers des droits d’entrage payés par ce nouveau tenancier [51][51] Si non mansionarius aliquis a manso suo recedat, dictus.... De même, il conservait le tiers des amendes qui étaient infligées ; généralement, c’est lui qui était en charge de la basse justice, dans un domaine où l’abbesse était haute justicière, hormis dans les cas où l’abbesse décidait d’intervenir personnellement ou par l’intermédiaire d’un envoyé (mandatus)[52][52] Debet autem habere dictus major in omnibus emendis.... Il était particulièrement chargé de la gestion des forêts de l’abbaye, sans doute sous la direction d’un autre officier, et était autorisé à ramasser du bois pour son propre usage [53][53] De nemoribus vero Sancti Andochii est subforestarius....

Droits et revenus

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Outre cette part des redevances dues aux religieuses et outre l’usufruit d’une maison, qu’il devait toutefois céder à l’abbesse lors de ses déplacements à Curgy [54][54] Domus non lapidea sita prope monasterium de Gurgeio..., le maire percevait à son profit la dîme sur les habitants de l’un des hameaux de Curgy, Paisey [55][55] Habet autem dictus major ratione majorie decimam de.... Enfin, il recevait de l’abbesse 20 sous dijonnois le jour de la Saint-Andoche (24 septembre) et avait droit aux mêmes distributions que les religieuses à chaque occasion de distribution [56][56] Item debet habere dictus major in festo sancti Andochii,... ; il avait donc quasiment un statut de prébendé et était le seul officier du temporel à bénéficier de ces avantages.

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Ces différents avantages financiers ont permis aux maires de Curgy d’amasser une petite fortune, même s’ils n’étaient sans doute pas pauvres lorsque les religieuses les ont choisis pour maires. En effet, en 1332, Hugues, fils de Guillaume, maire de Curgy, partage entre lui d’une part et ses frères et sœurs – dont deux sont mineures – et sa mère d’autre part, la fortune paternelle ; ce que Hugues reçoit en partage semble être important, même si le détail n’en est pas donné précisément : les possessions de son père dans les finages de La Chassagne et Corpeau, dîmes et terres acensées, ainsi que dans le finage de Vergoncey, une maison à Curgy avec ses droits et dépendances, un jardin et un pré dans la même paroisse [57][57] Ego Hugo, quondam filius Guillermi maioris de Curgeyo... ; son père avait donc des possessions beaucoup plus importantes, compte tenu de celles qui sont revenues à ses autres enfants et à sa veuve. Deux ans plus tard, ce même Hugues hérite de sa sœur Jeannette ; rien ne permet de savoir s’il est le seul héritier ou si son frère et ses autres sœurs cohéritent avec lui, mais lui vend son héritage aux religieuses pour 60 sous [58][58] Ibid., h 915/1 (1334)..

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Le maire de Curgy avait donc une place particulièrement importante auprès des religieuses de Saint-Andoche qui se reposaient sur lui pour la gestion quotidienne du plus important de leurs domaines, le rémunéraient bien et semblent lui avoir fait totalement confiance, ce dont il a pu abuser parfois.

Une confiance bafouée par le maire de Curgy ?

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Au regard du nombre et de l’importance des accusations de l’abbesse Lucette de Saudon, en 1280, à l’encontre d’Hugues [59][59] Ibid., h 888/3-5, 1280, actes liés à un procès entre..., fils de Guillaume, le maire avec lequel les droits et devoirs liés à la charge avaient été mis par écrit, ledit Hugues semble avoir profité de la liberté qui lui était concédée et de l’éloignement des religieuses pour les duper.

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En présence d’un des chanoines de la cathédrale, Hugues de Corrabuef, Lucette reproche tout d’abord à Hugues d’avoir fait abattre deux chênes dans le bois des Châtaigniers et d’en avoir fait transporter un hors du lieu de coupe et de débit, malgré la défense expresse émise par l’abbesse [60][60] « Cum li diz maire eust fait tranchier ou bois dou.... Pour avoir « fait contre la defansse desus dite et brissies les covenances », pour « le torz, le griez et le despit et le injure » [61][61] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/3, 1280., l’abbesse condamne son maire à 100 livres tournois d’amende et interdit qu’il abatte le moindre arbre jusqu’à ce que soit confirmé, ou non, son droit d’en abattre, injonction que ses enfants et sa maisnie ne respectent d’ailleurs pas. Elle le condamne également à 50 livres tournois d’amende pour avoir « aucié et levé contre l’ancien estat la levee d’um estam assis desouz lou mostier de Curge desus lou melin audit maire », ce qui a provoqué des inondations et autres « granz domaiges » sur les pâturages, terres et ouches de Curgy, au détriment des récoltes des « homes de ladite yglisse » [Saint-Andoche], mais aussi « ou tort et ou griez de ladite yglisse » puisque les redevances perçues par les religieuses en ont été diminuées ; outre cette amende, « requiert la dite abbausse ou num desus dit que li diz maires la dite levee abaissoit jusques à tant que ele soit au l’estat ou ele soloit estre et estoit au l’am novelemant trespassé » [62][62] Ibid.. Non content d’être à l’origine d’une baisse des redevances dues aux religieuses, le maire se serait également permis, d’après l’abbesse, de ne pas lui remettre l’ensemble des rentes collectées en son nom et d’en avoir conservé 5 livres 12 sous et 7 deniers, qu’elle lui réclame [63][63] « Li diz maires li doit cent et douz souz et set deners.... De même, pour une part des redevances en nature dues à l’abbaye qu’il a indûment retenue – dix poules par an pendant cinq ans –, l’abbesse revendique la somme de 25 sous viennois [64][64] « Li diz maires un chascun des diz v ans a retenu x.... S’il n’est pas certain qu’Hugues ait agi volontairement quand il a provoqué des dégâts par le rehaussement de la digue – rien ne permet d’ailleurs de savoir pourquoi il a ainsi rehaussé cette digue –, on peut difficilement lui accorder le bénéfice du doute quand il continue à faire abattre des arbres malgré l’interdiction clairement formulée par l’abbesse et, plus encore, quand il néglige de remettre aux religieuses l’ensemble des redevances qui leur étaient dues.

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Enfin, et surtout, au lieu de se rendre auprès de l’abbesse qui l’avait convoqué pour qu’il rende compte de ses fautes, le maire est allé se plaindre auprès du vierg d’Autun [65][65] Cf. Chaume, 1938. Le vierg d’Autun, représentant du... puis a laissé celui-ci prendre des chevaux appartenant à l’abbesse et les utiliser pendant dix-sept jours [66][66] « Lou dit maire et jor assigné à luy sus aucunes recreances.... Lucette considère que, par ce dernier méfait, Hugues, maire de Curgy, a brisé son serment féodal et elle veut que « totes les choses desus dites que il tient au fié de ladite abbausse, de l’iglisse et soient et doigent estre eschaoites à ladite abbausse et à l’iglisse par ce meffait et par ceste injure doudit maire » [67][67] Ibid., outre « douz cent mars d’argent » qu’elle lui réclame. Le maire a également laissé le vierg s’emparer de dix hommes de l’abbesse à Curgy, d’une converse et d’un convers, les emmener dans des conditions indignes – la corde au cou – jusqu’au château de Riveau, à la pointe Sud d’Autun, et les y emprisonner sans feu par grand froid [68][68] « Li diz viers d’Ostun por luy ou por ses genz à la... ; pour ces méfaits, l’abbesse exige de nouveau que le maire de Curgy lui remette tout ce qu’il tenait d’elle en fief outre, là encore, « trois cent mars d’argent » de dédommagement. Elle réduit toutefois la somme qu’elle réclame en dédommagement à 60 livres tournois, malgré l’important préjudice subi [69][69] « Cum elle ne vousit que la dite injure fut faite à..., réparation qui demeure néanmoins extrêmement lourde.

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Les griefs de l’abbesse, liés aux différents aspects du rôle du maire de Curgy, sont donc extrêmement graves et elle demande à Hugues de Corrabuef, en tant que juge, de condamner le maire, tout en se proposant de prouver ses accusations.

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Quelques mois plus tard, le maire de Curgy fait comparaitre des garants afin d’établir certains de ses droits dans les bois de Curgy – droit d’infliger des amendes, si l’abbesse ne retient pas ce droit pour elle, et d’en conserver le tiers – et plus particulièrement dans le bois du Châtaignier – droit de glandée, mais aussi et surtout droit de couper du bois mort ou vif pour son usage [70][70] « Dereche entant à prover li diz maires que il et si.... Ces témoins confirment que le maire peut juger les délits forestiers, qui peuvent lui être rapportés par « I garcun nummié come sergent ou forestier » [71][71] Ibid., envoyé là par l’abbesse, et qu’il possède le tiers des amendes infligées par lui comme par tout représentant de l’abbesse aux contrevenants, points qui ne semblent pas avoir réellement été l’objet de débats. Sur l’épineuse question du droit d’usage dans le bois du Châtaignier, la plupart des témoins disent ne pas savoir quels sont les droits du maire, mais certains relatent des épisodes dont ils ont été témoins : Raoul du Fraigne dit avoir vu le maire et son père couper du bois sans savoir s’ils l’ont fait de leur propre chef ou sur ordre de l’abbesse, mais aussi avoir su que l’abbesse Gile de Vergy (1240-†1272) avait interdit que le maire continue à couper du bois ; Guillaume dou For précise que dix ans auparavant – vers 1270 – le maire a abattu des arbres pour bâtir un moulin, mais aussi que l’abbesse Gile conserva alors la plus grande part du bois coupé à cette occasion et interdit au maire d’user ainsi du bois, hormis sur son ordre, ce que confirment divers autres garants, en particulier Gauthier, vicaire de Curgy [72][72] « Raoul dou Fraine li segans garanz […] dit par sum.... Il semble donc bien confirmé que le maire de Curgy a cherché à exploiter à son profit, et au détriment des religieuses, une part des forêts seigneuriales, même si cela s’est fait à petite échelle.

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Malheureusement, l’issue de ce conflit et le jugement ne sont pas conservés. On peut toutefois noter que Hugues n’est pas mentionné dans les obituaires de Saint-Andoche alors que son père et son oncle bénéficiaient d’un anniversaire et que certains de ses descendants y sont mentionnés en tant que garants de rentes dues pour différents anniversaires [73][73] Notamment Arch. dép. Saône-et-Loire, h 708 et h 709... ; peut-être est-ce là un indice que les relations sont demeurées tendues entre l’abbaye et ce maire de Curgy. Hugues a-t-il été condamné à une forte amende ? A-t-il été destitué de sa charge et a-t-il perdu son fief ? Rien ne permet de le savoir. Mais moins de vingt ans plus tard, alors que lui-même est décédé, c’est l’un de ses fils, Gérard, qui est maire de Curgy [74][74] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 708 fol. 29 (1306/1309),... ; la famille n’a donc pas été définitivement écartée de la mairie et les religieuses ont considéré pouvoir continuer à faire confiance au moins aux fils d’Hugues, à supposer que ce dernier ait été privé de ses responsabilités.

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La charge de maire de Curgy semble disparaître dans le deuxième tiers du xive siècle, sans qu’aucun indice ne permette d’émettre des hypothèses sur cette disparition : Hugues de Curgy est à plusieurs reprises qualifié de fils de Guillaume, maire de Curgy [75][75] Ibid., h 911/1 (1332ns), h 896/1 (1332), h 915/1 (1334),..., mais il n’est jamais indiqué que lui-même ait rempli cet office, pas plus que son frère Guillaume, dit Le Maire.

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Le maire de Curgy, vassal de l’abbesse, avait donc un rôle essentiel dans l’administration d’un des domaines les plus importants des religieuses de Saint-Andoche, et tout particulièrement dans la gestion des manses et de leurs détenteurs, et dans celle des forêts. Son rôle judiciaire était en revanche limité à la basse justice, lorsque l’abbesse ne souhaitait pas l’exercer elle-même ou la faire exercer par un officier plus important. De fait, l’abbesse se reposait donc sur cet officier local et ne se déplaçait sans doute pas aussi souvent à Curgy qu’elle ne le faisait au début du xve siècle quand elle n’avait plus de représentant permanent sur place [76][76] D’après les portions conservées d’un compte pour l’année....

D’autres intermédiaires entre les religieuses et les exploitants ruraux

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L’abbesse de Saint-Andoche, tout comme celle de Saint-Jean-le-Grand, utilisait les services d’autres officiers locaux, d’autres intermédiaires – maires, prévôts ou doyens – pour gérer ses domaines et ses tenanciers. Ces intermédiaires, moins bien connus que le maire de Curgy, intervenaient généralement dans des lieux relativement éloignés d’Autun et surtout dans de vastes domaines :

Carte 2 - Maires, prévots et doyen dépendant des abbayes féminines d’AutunCarte 2

Origine et statut

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Ces différents officiers locaux chargés de la gestion d’un domaine sont souvent mal connus ; parfois même, seule une mention fortuite dans un document permet de savoir que les religieuses ont eu un officier du temporel dans un domaine ou un autre. Les doyens d’Ormancey sont les seuls pour lesquels une généalogie peut être esquissée [77][77] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1036/1-2 (1284), h 1038/1-2..., et encore est-elle moins développée que celle des maires de Curgy, puisque seules trois générations successives de doyens ont pu être identifiées :

Figure 2 - Généalogie des doyens d’Ormancey Figure 2
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Toutefois, il est clair que toutes ces charges étaient héréditaires. Guillaume Loupier fait office de prévôt de Dornes – même s’il n’est pas attesté qu’il en ait porté le titre – et son fils Benoît est prévôt de Dornes trente ans plus tard [78][78] Ibid., h 952/1h 941/24 fol. 13-14v (1236) et h 941/24.... Jean des Choux succéde à son père Gauthier comme prévôt de Charmasse (et de Runchy) et Hugues des Choux, également prévôt de Runchy (et de Charmasse) un demi siècle plus tard, est vraisemblablement leur descendant [79][79] Ibid., h 1363/1 (1282), h 1363/2 (1342) et h 1363/4.... Enfin, Renaud a succédé à son père Hugues comme doyen de Curgy et les religieuses de Saint-Andoche remettent à Jeannette, fille de Renaud et petite-fille d’Hugues, et à son mari, Guillaume de Vevre, une maison et des biens qu’avait détenus son aïeul, avec obligation de résider à Curgy [80][80] Cum religiosis moniales, domina Dannona abbatissa monasterii... ; peut-être est-ce un indice que les religieuses préparent un « héritage » du décanat par le gendre, en l’absence de fils.

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Cette hérédité des charges est lisible dans l’anthroponymie : comme Guillaume, fils du dernier maire de Curgy attesté, certains sont affublés d’un surnom lié à leur charge ou à la charge qui se transmet dans la famille, et ils se passent aussi ce surnom. Ainsi, à Senailly une grange appartient à Pierre dit le Maire [81][81] Juxta grangiam Petri dicti Majoris : Arch. dép. Côte-d’Or,... et le maire de Marcilly à la fin du xive siècle, dans un compte, est appelé « Perrenot le Maret » ou « Perrenot le mairet de Marcilly » [82][82] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1256 fol. 8, 13, 14, 21bis,.... Enfin, exemple le plus marquant, l’un des fils de Jean, doyen d’Ormancey, et ses propres descendants portent le surnom Doyen, alors que ce sont les membres d’une autre branche – aînée ? – qui tiennent l’office de doyen [83][83] Cf. ci-dessus note 77..

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Ces charges ont non seulement marqué l’anthroponymie et donc une famille, mais aussi la toponymie et donc toute la communauté, ce qui prouve leur importance et leur durée ; ceux qui remplissaient l’un ou l’autre de ces offices se transmettaient certains biens, qu’ils soient familiaux ou, plus probablement, liés à leur office. Ainsi, un moulin à Ormancey était toujours appelé le moulin Doyen à la fin du xve siècle et un lieu-dit porte encore ce nom aujourd’hui [84][84] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1037/1 (1336), h 1036/3... ; un manse, qui appartenait traditionnellement au doyen, a conservé ce nom au moins jusqu’au milieu du xve siècle [85][85] Ibid., h 704/1 fol. 59-60v, 1453.. À Curgy, il y avait un « mex qui fut au dyen » ou « mex au dyen » [86][86] Ibid., h 1625 fol. 33v et 36, 1407/08, respectivem... ; à Merceuil, existait une grange du prévôt [87][87] Ibid., h 1099/27-27bis, 1492., qui était d’ailleurs fort proche de la maison appartenant au maire, ce qu’indiquent leurs confins ; à Dornes, un vernois [88][88] Vernois, vernière ou vernet : terre humide et marécageuse... était appelé « le vernois dit le Prévôt » [89][89] Ibid., h 962/3, 1312. ; enfin, à Autun, de nombreux toponymes étaient liés à une mairie, que ce soient un pâturage, des terres, une bruère [90][90] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 761/5, 1351ns, par exemple....

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Ces intermédiaires, bien implantés sur place, appartenaient à la communauté locale ; ce n’étaient pas des Éduens envoyés dans leurs domaines ruraux par les religieuses. En revanche, leur niveau social était très variable. Beaucoup faisaient partie de l’élite de la communauté paysanne, comme Renaud, doyen de Saint-Andoche à Volnay, qui épouse, en secondes noces, la fille d’un closier de l’abbaye en même temps qu’il marie sa propre fille à un autre closier de l’abbaye, alliances qui se nouent d’ailleurs sous l’égide de l’abbesse [91][91] Ego, Jacoba, Sancti Andochii Eduensis abbatissa, notum.... D’autres n’appartenaient pas à la communauté paysanne mais avaient un niveau social supérieur, tel Guillaume Loupier qui remplit l’office de prévôt de Dornes même s’il n’en porte pas le titre, et qui est bourgeois de Saint-Pierre-le-Moûtiers – à une vingtaine de kilomètres de Dornes –, puis son fils Benoît [92][92] Ibid., h 952/1, h 941/24 fol. 13-14v (1236), h 941/24.... Certains relèvent même de la petite noblesse locale, tels ceux qui ont en charge la mairie de Géanges au milieu du xive siècle, Jean de Mimande et Huguenin de Géanges, tous deux écuyers [93][93] Ibid., h 1475/3 (1341)., ou Gauthier des Choux, prévôt de Charmasse en 1282, qui est damoiseau dès 1280 puis chevalier en 1312 [94][94] Ibid., h 1520/2-1 (1280), h 1363/1 (1282) et h 1363/3....

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Toutefois, tous, comme le maire de Curgy, étaient vassaux de l’abbesse. Le décanat d’Ormancey, avec ses droits et dépendances, mouvait en fief et dépendait des religieuses, comme le reconnaît Jean quand il succède à son père et à son frère [95][95] Ego, Johannes, quondam filius Hugonis decani de Ormanceyo,... et devient vassal chasé de l’abbesse Guiotte de Drées qu’il promet de servir fidèlement. De même, la mairie de Merceuil et celle de Géanges étaient tenues en fief, comme la prévôté de Dornes et celle de Runchy [96][96] Respectivement ibid., h 993/1 (1345ns), h 1476/3 (1355),.... Il faut toutefois noter que le prévôt de Runchy devait non seulement prêter serment de fidélité à l’abbesse de Saint-Jean, mais aussi « faire foi » au seigneur de Luzy qui avait la garde de la terre de Runchy pour l’abbesse [97][97] Super querela que vertebatur inter Nicholam, abbatissam,....

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Les religieuses choisissaient, pour servir d’intermédiaires entre elles et leurs paysans, des personnes implantées localement, qui connaissaient les usages, les lieux et les familles, et pouvaient juger au mieux la situation de chacun, prendre des décisions motivées et être efficaces. Les personnes désignées avaient même, le plus souvent, un statut reconnu avant même d’entrer au service des religieuses d’Autun et leur assise financière était sans aucun doute un critère de choix puisque le doyen d’Ormancey devait garantir sur ses propres biens la remise, aux religieuses ou à leur envoyé, des revenus qui leur étaient dus [98][98] Ibid., h 1029/1 (1324).. Leur statut de vassal de l’abbesse favorisait la confiance des religieuses qui leur déléguaient diverses charges et responsabilités.

Charges et responsabilités, droits et revenus

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Les maires, prévôts et doyens devaient essentiellement gérer les manses et les masoyers du territoire qui était sous leur responsabilité. Ils étaient ainsi chargés de collecter les redevances dues aux religieuses et de les leur reverser [99][99] Ibid., h 952/1, h 941/24 fol. 13-14v (1236) pour le... : le prévôt de Runchy collecte les tailles et doit les partager équitablement entre les religieuses et le seigneur de Luzy qui a la garde de leur terre de Runchy, ainsi qu’il le fait pour toute somme qu’il est amené à prélever [100][100] Ibid., h 1590/1-2 (1229), h 1590/3 (1249). ; le doyen d’Ormancey réunit les redevances, lods et amendes, et en est responsable sur ses biens [101][101] Ibid., h 1029/1 (1324).. D’après un compte, le prévôt de Saint-Loup-de-la-Salle doit reverser à l’abbesse le produit de l’amodiation des tierces [102][102] Les tierces, redevance en nature équivalent au champart,..., mais on ne sait pas s’il agit alors en tant qu’intermédiaire ou si c’est lui qui a pris ces tierces en affermage ; il est également présent lorsque des redevances sont apportées aux religieuses [103][103] Ibid., h 1478 fol. 3, 3v (1372-1373) et h 1478 fol. 7v....

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Souvent, ces représentants locaux devaient aussi gérer l’acensement des terres. Le prévôt de Charmasse tient les manses vacants avec leur maison et leurs prés, mais les blés y croissant appartiennent à l’abbesse de Saint-Jean, de même que les tierces ; il peut remettre seul à un paysan un manse vacant jusqu’à trois ou quatre bichets de terre et il fixe le cens à payer en trois fois pour ce manse ; enfin, il doit veiller à ce que le masoyer qui cultiverait un demi-manse sur lequel il n’y aurait pas de maison en fasse construire une dans l’année [104][104] Item, si aliquis recedit de terra qui dimictat mansum.... Le prévôt de Dornes est aussi chargé de choisir les nouveaux bordeliers [105][105] Le bordelage est un mode de tenure très dur pour le..., avec l’accord des religieuses [106][106] Dictus etiam Guillermus non poterit ponere vel debebit....

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Le prévôt de Nolay a en outre un rôle qui n’est pas attesté pour les autres représentants des abbayes [107][107] Ibid., h 1557/1, 1244.. Il doit présenter aux habitants les gardes désignés par l’abbesse de Saint-Jean-le-Grand pour surveiller les vignes, champs et prés et, si la communauté les récuse de façon étayée, il doit en présenter d’autres ; le serment de fidélité de ces gardes au seigneur de Nolay et à la communauté villageoise se fait en sa présence. Il est, de façon explicite, le lieutenant des religieuses sur place puisque tout vendeur qui cède un bien sur lequel est dû un cens à l’abbaye doit en présenter l’acheteur « à l’abbesse ou son prévôt » et « l’abbesse ou son prévôt » peut retenir ce bien [108][108] Si aliquis voluerit vendere terras, vineas, domos,.... De même, le prévôt de Charmasse et Runchy est plus spécifiquement un intermédiaire entre les habitants et l’abbaye dans la mesure où les villageois doivent obligatoirement passer par lui pour entrer en relation avec l’abbesse [109][109] Debent homines venire ad dictam abbatissam vel ad aliam....

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Outre ce rôle de gestion de la terre, un certain nombre de ces représentants locaux des abbayes avaient des pouvoirs de basse justice. En effet, si ceux qui exercent « l’office de maherie » à Géanges ont en charge la « justice et juridiction » [110][110] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1475/3 (1341), h 1476/3..., ce pouvoir se limitait généralement à un droit d’enquête [111][111] Item ego, dictus Gualterinus, in cora prepositiona... et d’amende [112][112] Ibid., h 1590/1-2 (1229) pour le prévôt de Runchy,..., parfois limitée à quelques sous.

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D’autres charges semblent être réservées mais à quelques-uns uniquement. Ainsi, le doyen d’Ormancey doit réunir les corvéables, leur distribuer le travail et les surveiller, ce pourquoi il conserve le treizième des pains fournis par les religieuses aux corvéables [113][113] Item tertiumdecimum panem ex panibus quos debent annuatim... ; le prévôt et le maire de Marcilly doivent également surveiller les corvées [114][114] « Item baillié pour le mere et pour le dien qui furant.... Probablement les autres représentants des religieuses devaient-ils eux aussi s’occuper des corvées et des corvéables, mais cela n’est pas attesté.

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Le prévôt de Charmasse, lui, doit toute une série de redevances à l’abbesse, notamment 5 sous de cens sur diverses terres, un cierge de 3,5 livres de cire pour le besonagium[115][115] Signification exacte non élucidée. de la prévôté, 50 follies – des gâteaux de Noël –, 50 fromages et 50 œufs en numéraire à sept pour un denier [116][116] Ibid., h 1363/1, 1282.. Par ailleurs, comme le maire de Curgy, il a un rôle de surveillance des forêts des religieuses de Saint-Jean-le-Grand où il possède un droit de fouage et de construction – outre un denier par chêne abattu pour l’abbesse –, le droit de glandée après l’abbesse et le droit de panage si l’abbesse n’en use pas.

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Les charges des maires, prévôts et doyens étaient donc locales et consistaient essentiellement à administrer un domaine : veiller sur les biens, droits et revenus des religieuses. Parallèlement, leurs droits et revenus étaient liés à ces charges et à leurs obligations envers les abbayes, reposant essentiellement sur un partage des redevances.

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La plus grande part des rémunérations des auxiliaires locaux des religieuses tenait en effet en une portion des redevances et des amendes qu’ils levaient, portion d’un tiers généralement [117][117] Un tiers des tierces sur les gros blés et des lods.... Encore une fois, le cas du prévôt de Charmasse est différent de celui de ses collègues : il ne peut conserver qu’un cinquième des différentes redevances qu’il collecte au nom des religieuses, sauf le cens dû à la Saint-Jean qui lui revient entièrement [118][118] Sachant que le cens à Charmasse est dû à trois termes,... ; il conserve également toutes les tierces sur les menus blés ainsi que tout ce qui ne dépasse pas 7 sous – et un tiers de ce qui dépasse ce seuil ; enfin, il a droit au tiers du surplus sur les 30 poules, sans doute de coutume, dues aux religieuses chaque année [119][119] In omnibus censibus ibidem deberit nos, predicti moniales....

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Outre ces revenus réguliers, les doyens et prévôts de l’abbaye Saint-Andoche reçoivent 12 deniers quand une nouvelle religieuse obtient une prébende ou quand un curé prend en charge une église au patronage de l’abbaye [120][120] « Item totes celes foiz que l’on done ceanz provande... ; rien ne permet de savoir si tel était également le cas à Saint-Jean-le-Grand.

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Les maires, doyens et prévôts jouissaient également de biens et terres liés à leur charge et laissés en bénéfice par les religieuses [121][121] Ibid., h 1525 fol. 33v, 36 (1407-1408) et h 704/1 fol. 59-60v..., comme le montrent notamment les toponymes formés sur leur office. Ces bien-fonds étaient essentiels pour qu’ils puissent s’affirmer localement au sein de la communauté : ils en tiraient des revenus en les exploitant ou, plus probablement, en les faisant exploiter, ce qui leur permettait de tenir leur rang parmi l’élite locale par la possession de terres qu’ils n’étaient pas contraints de travailler eux-mêmes ; ils se distinguaient alors du reste de la communauté paysanne par un mode de vie différent, ne reposant pas sur le travail de la glèbe. Tout comme les maires de Curgy, les prévôts de Dornes et de Charmasse avaient également des droits d’usage dans les forêts de Saint-Andoche et de Saint-Jean-le-Grand respectivement [122][122] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 952/1, h 941/24 fol. 13-14v....

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D’autre part, tous semblent avoir été des vassaux chasés et la maison dont ils avaient ainsi l’usage est parfois mentionnée : le maire de Merceuil a une maison et son manse [123][123] Ego, Symon de Marsolio, nepos quondam Ylleti de Marsolio,..., le doyen d’Ormancey une maison et une grange de pierre attenante [124][124] « Sur la maison et sur la grange de pierre ou souloit..., et le prévôt de Dorne une maison appelée maison-forte [125][125] Benedictus Louperii, quondam filius deffuncti Guillermi... ; il faut toutefois noter, pour ce dernier exemple, que la maison des Choux n’est peut-être pas directement liée à la charge de prévôt dans la mesure où, quand Hugues des Choux vend « touz les droiz, profiz, rentes et emolumens, actions et raisons que je ay, puis et doy avoir en quelque maniere ne pour quelconques cause que ce soit en tout la prevostey de Runchi et es appartenances d’icelle qui me appertiennent de mon propre et encien heritaige et qui sont et meuvent du fiez des dites religieuses tant en tailles, censives, terres, coustumes, gelines, courvees, usaiges de bois, droiz, emendes, gouvernemens de justices comme en autres choses quelcunques », il réserve la « motte des Choux » [126][126] « Senz en retenir aucune chose à moy fors que la mote..., qu’il se résout à vendre deux ans plus tard [127][127] « Je Huguenin des Choux, escuier, faiz savoir à touz....

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Lorsqu’Hugues des Choux vend à l’abbesse de Saint-Jean ses droits et revenus de la prévôté de Runchy, exceptée la « mote où souloit estre la maison des Choux », il reçoit 70 livres tournois monnaie royale payées en 50 écus d’or [128][128] Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1363/4 (1399).. Un siècle plus tôt, Benoît Loupier retire encore plus d’argent de l’hypothèque puis de la vente de ce qu’il a tenu en fief des religieuses, à savoir la maison-forte de Dornes et la prévôté de Dornes pour l’essentiel : en 1268, il reçoit 108 livres pour l’hypothèque et six ans plus tard, plus de 400 livres tournois lorsqu’il renonce à tous ces biens, ce qui représente une somme considérable [129][129] Respectivement Arch. dép. Saône-et-Loire, h 941/24.... Ces intermédiaires avaient donc des responsabilités locales qui étaient lourdes, mais ils pouvaient y trouver de nombreux avantages, notamment financiers, même si la famille des Choux semble avoir dû faire face à des dépenses qui l’ont conduite à la ruine au cours du xive siècle, pour des raisons inconnues et peut-être tout à fait extérieures à la gestion de la prévôté de Dornes.

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L’administration des domaines ruraux dépendant des abbayes féminines d’Autun n’est pas aussi clairement codifiée que celle des seigneuries rurales de Catalogne, mais il existe entre les maires, prévôts et doyens bourguignons et les baiuli catalans des points communs qu’il convient de souligner [130][130] Benito i Monclús, 2007, p. 111-127.. Les baiuli catalans, qui, à partir de la fin du xiie siècle, devaient l’hommage lige à leur seigneur, étaient originaires du territoire qu’ils géraient et appartenaient le plus souvent à la paysannerie aisée, même si quelques-uns étaient de petits nobles. Vassaux, ils transmettaient de fait, sinon de droit, leur charge de père en fils ou d’oncle à neveu. Comme les intermédiaires entre les religieuses éduennes et leurs exploitants, ils prélevaient, au nom de leur seigneur, les redevances qui lui étaient dues mais aussi les amendes qu’ils infligeaient par délégation des droits de justice ; ils organisaient le travail sur les terres exploitées en faire-valoir direct et géraient l’attribution des manses. En contrepartie, ils conservaient une part des redevances ainsi que le tiers des droits de mutation et des droits de justice. Toutefois, le rôle du baiulus catalan dans la gestion et la mise en valeur de la seigneurie semble avoir été plus important que celui des intermédiaires au service des religieuses d’Autun. Et l’activité financière des baiuli envers les paysans comme envers certains seigneurs, une des bases de leur enrichissement, n’est absolument pas attestée pour les intermédiaires éduens.

La gestion des biens éloignés

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Tout au long des xiiie et xive siècles, comme auparavant sans doute [131][131] Toutefois, quelques indices laissent penser que les..., les religieuses d’Autun s’appuyaient, pour gérer leurs domaines ruraux, sur des intermédiaires chasés dans leurs principaux domaines et sans doute issus de l’élite de la communauté de ces domaines ou de leurs environs. Qu’ils soient nommés maires, doyens ou prévôts, ils semblent avoir eu des fonctions similaires auprès des religieuses, essentiellement de surveillance et de gestion du domaine et de ses occupants, ainsi que de basse justice éventuellement [132][132] Ce rôle est fort proche de celui du maire défini dans..., et leurs revenus consistaient surtout en un partage avec les religieuses des redevances qui leur étaient dues. Pourtant, parfois sont attestés deux de ces représentants locaux sur le même territoire à la même époque – un maire et un doyen à Curgy à la fin du xiiie siècle, un maire et un doyen à Marcilly à la fin du xive siècle [133][133] Respectivement Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/3 (1280),... –, ce qui laisse entendre que leurs fonctions étaient différentes. Toutefois, l’origine, la nomination, les missions des uns et des autres ne sont pas connues avec suffisamment de précisions pour cerner ces différences ; en particulier, le doyen ne semble pas avoir été le chef du village comme il l’était souvent ailleurs [134][134] Brunel, 2004, p. 275..

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Quelles que soient ces différences, tous ces intermédiaires connaissaient bien le territoire et les hommes confiés à leurs soins et pouvaient sans aucun doute assister dans leur tâche les clercs envoyés par les religieuses afin d’établir un terrier ou un censier par exemple. Ils pouvaient être subordonnés à d’autres représentants des religieuses, mais étaient aussi eux-mêmes des représentants, des agents des religieuses. Même s’ils étaient issus des communautés rurales, même s’ils étaient parfois alliés à d’autres familles de la communauté paysanne, ils représentaient, semble-t-il, plus les religieuses auprès des paysans et des habitants que les paysans et les habitants auprès des religieuses. Toutefois, il faut tenir compte de l’origine des sources, issues des abbayes, qui orientent nécessairement le regard ; en effet, on a vu que la communauté de Nolay pouvait récuser les vigniers et messiers nommés par les religieuses de Saint-Jean et présentés par le prévôt et que si leur refus était dûment justifié, le prévôt devait rapporter aux religieuses ce refus et présenter de nouveaux gardes nommés par elles. La communauté pouvait donc également faire connaître à l’abbesse son avis par l’intermédiaire des maires, prévôts et doyens.

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Y avait-il des receveurs, notamment, entre ces représentants locaux et les religieuses aux xiiie et xive siècles ? Rien ne permet de l’affirmer en l’absence de comptes, même si des receveurs étaient attestés dès le xiiie siècle, en Basse-Auvergne par exemple [135][135] Grélois, 2007, p. 379, 382.. En réalité, à la fin du xive siècle, à Autun, cette fonction semble avoir été remplie parfois par des maires : le maire de Marcilly collectait les redevances, rendait compte aux religieuses et était même considéré comme un receveur [136][136] Respectivement Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1256 fol. 24v,... ; un des premiers receveurs de Nolay était probablement un descendant de la famille des maires de Nolay [137][137] « C’est l’état abregié du compte de Guillaume Mairet,.... En fait, les deux charges, de maire et de receveur, semblent se confondre pendant quelques années avant que la seconde ne se substitue à la première.

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En effet, à partir du xve siècle les maires, les prévôts et les doyens ne sont quasiment plus mentionnés dans les sources [138][138] Au milieu du xve siècle, le prévôt de Mazenay, André..., hormis un « maire de Saint-Jean » qui ne peut absolument pas être assimilé aux maires présents dans un territoire rural dans les siècles précédents : il appartenait à un milieu totalement différent et avait une autre fonction. En effet, les maires de Saint-Jean du xve siècle avaient un rôle essentiellement judiciaire au niveau de l’ensemble des possessions de l’abbaye et non sur un domaine rural particulier, et habitaient généralement à Autun ; d’ailleurs, dans un terrier de la fin du xve siècle, les témoins interrogés précisent que « la prevosté de Runchey nommee enciennement la prevosté des Choux appartena[i]t à madicte dame de Saint Jehan en toute seigneurie haulte, moyenne et basse » et qu’« avoit ledit prevost la premiere justice et de luy en appeloit devant le maire de Saint Jehan » [139][139] Soc. Éd. d4 terrier Saint-Jean fol. 229v-230 (1480..., ce qui montre une hiérarchie entre le représentant local des religieuses et le maire de Saint-Jean qui, lui, juge en appel. Ces maires de Saint-Jean-le-Grand, qui se déplaçaient dans les principaux centres domaniaux de l’abbaye pour y rendre la justice [140][140] Un inventaire de la fin du xviie siècle mentionne des..., avaient généralement reçu une formation en droit : ainsi, Renaud Lambert, lieutenant du maire de Saint-Jean en 1469-1470 puis maire ou maire et juge entre 1475 et 1486 [141][141] Respectivement comme lieutenant du maire (ibid., h 1169..., était licencié en lois en 1473 et licencié dans les deux droits en 1475 [142][142] Respectivement comme licencié en lois, Arch. dép. Saône-et-Loire,.... Parfois, ils ne remplissaient pas uniquement la fonction de maire pour les religieuses, mais pouvaient aussi être leur procureur et/ou leur receveur, comme Guillaume Buffot, citoyen d’Autun, qui fut successivement lieutenant du maire, châtelain, receveur et procureur de Saint-Jean, sans compter qu’il fut aussi notaire public, juré de la cour d’Autun et procureur du cardinal Rolin. En effet, les maires de Saint-Jean n’étaient pas uniquement au service des religieuses mais pouvaient être aussi notaire public, conseiller du duc ou du roi… Ces maires de Saint-Jean n’étaient donc plus des vassaux mais sans doute des salariés des religieuses et n’étaient plus chasés ; ils étaient beaucoup plus indépendants que leurs prédécesseurs liés à un domaine rural et ne peuvent plus être considérés comme des intermédiaires entre les religieuses et leurs paysans.

55

Seuls les receveurs peuvent sans doute être considérés comme tels au xve siècle, dans la mesure où ils se déplaçaient dans les domaines pour collecter les redevances dues aux religieuses. Mais, là encore, leur rôle était fort différent de celui des maires, prévôts et doyens des siècles précédents dans la mesure où ils n’étaient pas attachés à un domaine et ne se rendaient sur place que pour collecter ces redevances ou résoudre des problèmes liés à la gestion d’un domaine. Entre la fin du xive et le début du xve siècle, les intermédiaires issus du terroir concerné, appartenant le plus souvent à la catégorie des paysans même s’ils s’en distinguaient, ont peu à peu été remplacés par des agents seigneuriaux, les receveurs notamment, qui s’occupaient de plusieurs domaines et n’étaient pas issus de ce milieu.

56

La gestion de leurs domaines ruraux par les religieuses a donc nettement évolué au tournant des xive et xve siècles. Parallèlement, comme la plupart des établissements religieux, les deux abbayes de femmes autunoises ont affermé un nombre toujours plus important de leurs domaines et des revenus y afférant, en commençant par ceux qui étaient les plus éloignés et donc les plus difficiles à surveiller. Ces deux évolutions ne sont pas seulement concomitantes mais aussi intimement liées l’une à l’autre : quand des revenus, voire des domaines entiers, sont affermés, le seigneur n’a plus besoin d’un représentant permanent ni d’intermédiaires sur place et peut se dispenser de surveiller des agents qui profitaient parfois de la diversité des coutumes locales régissant leurs droits et devoirs, et de l’éloignement des religieuses pour abuser de leur confiance, comme cela a été vu avec l’exemple des maires de Curgy.


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  • Wemple, Suzanne F., Women in Frankish Society Marriage and the Cloister 500 to 900, Philadelphie, 1981.

Notes

[1]

Bourin et Martinez Sopena, (éd.), 2004, p. 18-19.

[2]

Bougard, Feller, Le Jan, (dir.) 2006 ; Bougard, Depreux, Le Jan, 2007 ; Bougard, Iogna-Prat, Le Jan, 2008 ; voir aussi, pour les périodes postérieures, Menant, Jessenne, 2007.

[3]

Feller, 2007 (en particulier chap. 3 et 7) ; Leturcq, 2004 (en particulier chap. 6).

[4]

Duby, 1953 (en particulier 2e partie, chap. viii) ; Fourquin, 1964 (en particulier 1re partie, chap. 2 iii., 2e partie, chap. 4 iv. et 3e partie, chap. 1er iii.) ; Moriceau, 1994 (en particulier chap. iii) ; id, 2002 (en particulier chap. ii, vii, xii).

[5]

Voir toutefois Devroey, 2005.

[6]

La nette coupure entre les religieuses et le monde et la nécessité d’une stricte clôture pour les moniales sont sans cesse répétées dans les règles, les conciles…, et ce bien avant la décrétale Periculoso de 1298, dès les origines du monachisme féminin. C’est une des principales spécificités du monachisme féminin, spécificité qui a toute son importance ici puisque les religieuses ne doivent en aucun cas être en contact avec ceux qui exploitent leurs domaines, du moins en théorie : Rambaud-Buhot, 1956 ; Wemple, 1981, p. 168-169 ; mais aussi Johnson, 1994.

[7]

Verpeaux, 2009.

[8]

Une trentaine d’actes de transmission de biens (achats, ventes, partages, acensements, etc.) ; quelques reconnaissances de fief ; une douzaine de pièces de procédure et de résolution de conflits entre les religieuses et l’un de leurs intermédiaires ou entre les religieuses et un tiers ; une dizaine de comptes ; quelques actes de fondation de messes ou d’anniversaires, quatre obituaires et un livre de rentes dues pour la célébration d’anniversaires ; un « pitancier » inséré à la suite des deux plus anciens obituaires, notamment. L’anthroponymie et la toponymie enfin peuvent renseigner sur l’importance d’une charge, telle qu’elle est perçue par la communauté.

[9]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2 (1240).

[10]

Ibid., h 888/3-5 (1280).

[11]

Bourin et Martinez Sopena, 2004, p. 34.

[12]

MGH, SS viii, 1848, p. 287.

[13]

Charmasse, 1865, t. 1, p. 46-48 (ch. 28) ; Giry et al., 1943, t. 1, p. 56-59 (ch. 23, 843) ; Arch. dép. Saône-et-Loire, h 675 ; Gallia Christiana t. iv, col. 51-54 (858) ; Giry et al., 1943, t. 1, p. 523-524 (ch. 206, 859) ; Lauer, 1949, p. 78-80 (ch. 37, faux daté de 900) ; Dufour, 1978, p. 118-119 (ch. 32, 929).

[14]

Jotsald von Saint-Claude, p. 146. Rien ne permet de remettre en cause le témoignage de cette Vita, rédigée peu après la mort d’Odilon par un de ses proches, même si la prise de voile de l’entourage de celui dont on fait le panégyrique est un topos : Jotsald aurait pu mentionner une prise de voile sans autre précision, or il est ici très précis.

[15]

À la fin du xe siècle, les religieuses de Saint-Andoche possédaient 189 manses, patrimoine foncier important pour une abbaye féminine à l’époque carolingienne (Verdon, 1975), alors qu’au début du ixe siècle le concile d’Aix considérait qu’une grande abbaye masculine possédait une assise foncière seize fois plus importante (Devroey, 2007, p. 52). Les études sur les abbayes féminines portent essentiellement sur leur fondation, les relations entre la noblesse et les religieuses et la vie menée par ces dernières, mais pas sur la gestion quotidienne de leurs ressources. Ainsi, quand Bruce L. Venarde présente quelques abbesses du xiie siècle comme des « managers », elle développe leur capacité à rassembler les biens et les droits mais n’évoque que fort peu leur gestion, se contentant de rappeler que les Institutiones nostrae du Paraclet délèguent la gestion des affaires du monastère à un bailli et d’autres officiers (Venarde, 1996).

[16]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 675; Lauer, 1949, p. 78-80 (ch. 37, faux daté de 900).

[17]

Probablement utilisaient-elles les services d’agents locaux, de ministériaux, même s’ils ne sont que rarement attestés dans l’Autunois des viiie-xie siècles : Bruand, 2009, p. 271-275.

[18]

Droit du seigneur de préempter, au prix de vente, un bien dépendant de sa seigneurie ; selon les lieux et les coutumes, les religieuses possédaient ce droit pendant une semaine ou une année après la vente.

[19]

Pour Saint-Andoche, cette hypothèse est vérifiée : les religieuses possédaient déjà ces domaines constitués autour d’églises dans le Montbardois au milieu du ixe siècle (Arch. dép. Saône-et-Loire, h 675 ; Gallia Christiana t. iv, col. 51-54 ; 858) et dans le Nivernais à la fin du xe siècle (Arch. dép. Saône-et-Loire, h 675 ; Lauer, 1949, p. 78-80, ch. 37 ; faux daté de 900).

[20]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1162/1 (1218), h 1162/2 (1219), h 984/1 fol. 57-58 (1218-1219), h 888/1 (1236as).

[21]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1590/1-2 (1229), h 1590/3 (1249).

[22]

Ibid., h 1162/1 (1218).

[23]

Ibid., h 1363/1 (1282), h 1363/2 (1342), h 1363/4 (1399). La prévôté de Charmasse et celle de Runchy ne font en effet qu’une, appelée du nom de l’un ou de l’autre de ces domaines proches l’un de l’autre : désignée sous le nom de prévôté de Charmasse à la fin du xiiie et au début du xive siècle, et de prévôté de Runchy à la fin du xive siècle, elle est tenue par la même famille pendant au moins 120 ans et est désignée sous le double nom dans un acte de 1414 (ibid., h 1363/5).

[24]

Ibid., h 1259 fol. 12, 15, 15v (1399-1400), h 1260 fol. 17v, 21 (1400-1401), h 1261 fol. 2, 11v, 15 (1401). Après la vente de cette charge en 1399 par Hugues des Choux (ibid., h 1363/4, 1399), la « prévôté de Runchy » n’est probablement plus qu’une expression sans contenu juridique et servant uniquement à définir l’extension d’un territoire ; dans des comptes de la fin du xve siècle, la même réalité n’est plus appelée « prévôté de Runchy » mais « finage de Runchy » (ibid., h 1266 fol. 17, 30v, 32, 1475-1476 ou h 1287 fol. 14v, 26, 27, 1476-1477).

[25]

Ibid., h 708, h 709 ; Bibl. mun. Autun, p 088 (8 mai).

[26]

D’autres épouses de maires de Curgy sont connues, mais jamais elles ne sont qualifiées de « mairesse de Curgy » ; il est vrai que leur nom est mentionné dans des sources différentes. Rien ne permet cependant de savoir pourquoi, dans les obituaires, les religieuses ont fait apparaître cette qualification.

[27]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 24/23 (vers 1150), h sup 101; Déléage, 1936, ch. 38 et 38a (1213), h 888/2 (1240), h 888/3-5 (1280), h 708 fol. 29 (1306/1309), h 709 fol. 30 (1306/1311), h 911/4 (1312), h 1167/3 (1319), h 911/1 (1332ns), h 896/1 (1332), h 926/3 (1333), h 915/1 (1334), h 911/6 (1334), h 962/2 (1334), h 892/1 (1341), h 926/4 (1374).

[28]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 24/23 (vers 1150) ; Hugues, maire de Curgy, est témoin de la cession de biens de Saint-Andoche à La Ferté (partie supérieure d’un chirographe conservé dans le fonds de La Ferté).

[29]

Un Hugues de Curgy est témoin de la cession d’une dîme par Saint-Andoche à La Ferté en 1203 mais, en l’absence de précision explicite, il n’est pas certain qu’il s’agisse d’un maire de Curgy, même si cela est probable (Arch. dép. Côte-d’Or, 14 h 18, partie inférieure d’un chirographe conservé dans le fonds de La Ferté).

[30]

Respectivement Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1167/3 (1319) et h 708 fol. 29 (1306/1309), h 709 fol. 30 (1306/1311) et (1311).

[31]

Guillermo, dicto le Maire, de Curgeyo, domicello, pro se et suis heredibus : ibid., h 892/1, acensement de terres.

[32]

Recognovit etiam dictus major quod, quotienscumque novus heres venit ad majoriam, ipse debet abbatisse et conventui merciamentum sicut alii servientes ecclesie supradicte : ibid., h 888/2, 1240, acte connu par un vidimus de 1272.

[33]

Il s’agit d’un document dont la fonction n’est pas liturgique ; il reprend lieu par lieu les rentes dues pour des anniversaires, liste les occasions de distributions de pitances aux religieuses, résume les fonctions de la sacriste, décrit la cérémonie de réception à l’abbaye de l’évêque nouvellement élu…

[34]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 708 fol. 32v (1306/1309), h 709 fol. 28 (1306/1311).

[35]

Maioris nostri de Curgiaco : Déléage, 1936, ch. 37a ; Arch. dép. Saône-et-Loire, h sup 101; Déléage, 1936, ch. 38 et 38a, actes de 1213 liés à un différend entre Saint-Andoche et Saint-Symphorien à propos, notamment, de la propriété et des droits d’usage sur un étang et les terres attenantes.

[36]

Cum controversia verteretur inter religiosas dominas Egidiam de Vergeio, abbatissam et conventum Sancti Andochii Eduensis, ex una parte, et Guillermum, maiorem suum de Curgeio, ex altera : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2, 1240, acte connu par un vidimus de 1272.

[37]

Respectivement Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2 (1240) et h sup 101; Déléage, 1936, ch. 38 et 38a (1213).

[38]

Domus non lapidea sita prope monasterium de Gurgeio [sic] est majoris : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2, 1240. Tout laisse d’ailleurs penser qu’il s’agit de ce qui fut plus tard le château des religieuses, à proximité immédiate effectivement de l’église paroissiale : cf. croquis de 1515, ibid., h 921/1, ou plan-terrier du xviiie siècle, ibid., h 1626 pl. 1.

[39]

Tantum majoriam vero, cum omnibus pertinentiis dicte majorie et quicquid idem major possidet vel habet in potestate de Gurge […], tenere debet major ab abbatissa Sancti Andochii in feodum ligium et casamentum : ibid., h 888/2, 1240 ; « c’est asavor la maerie de Curge et totes les apartenances de la dite maerie ait perdu et doige avor perdu totes les choses desus dites que il tient au fié de la dite abbausse » : ibid., h 888/3 en 1280, lors d’un différend entre les religieuses et le maire de Curgy. Pourtant, en 1264, Hugues, maire de Curgy, vend personnellement, en son nom propre, et avec l’accord de ses seuls proches, une pièce de terre qui lui rapporte 20 livres viennois : Hugo, maior de Curgeio, non coactus, non circonventus, immo providus ac spontaneus et pro urgenti necessitate ac evidenti utilitate eiusdem Hugonis, ut asserit coram nobis, vendit, tradit, concedit et quitat in perpetuum Guillermo priori et conventui Sancti Symphoriani Eduensis unam peciam terre […] pro viginti libris vien. […] Hanc venditionem, tradicionem, concessionem et quitacionem Elisabeth, mater, et Ysabella, uxor prefati maioris, Girardus et Henricus, liberi dictorum maioris et Ysabelle, in presencia Petri de Colehis, clerici curie nostre jurati […] volunt, laudant pariter et concedunt et ipsam ratam habent atque gratam coram Petro superius nominato : Déléage, 1936, ch. 62, 1264.

[40]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/3 (1280).

[41]

Lieu non identifié.

[42]

Recognovit siquidem dictus major quod omnia que Guillermus de Rocha tenet apud Anceyum ab ipso maiore in feodum sunt de majoria et feodo abbatisse : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2, 1240.

[43]

Ibid., h 892/1 (1341), h 976/4, 1374, acte qui mentionne la succession de ce damoiseau décédé.

[44]

Ibid., h 24/23, vers 1150.

[45]

Ibid., h sup 101; Déléage, 1936, ch. 38, 1213 et Arch. dép. Saône-et-Loire, h sup 101; Déléage, 1936, ch. 38a, 1213 respectivement.

[46]

Querela ante, de terre que est de super stagnum, per priorem Guidonem et maiorem, secundum metas antiquitus positas, terminabitur bona fide : Arch. dép. Saône-et-Loire, h sup 101; Déléage, 1936, ch. 38 et 38a, 1213.

[47]

Dictus vero major excitare debet et movere Lo Charreem de Gurgeio pro vinis abbatisse de Volenai adducendis et curie habere debet, pro pena sua, unum sextarium et dimidium unum ad mensuram beln. : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2, 1240.

[48]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2, 1240.

[49]

In castaneis vero et in questis quas abbatissa facit apud Gurgeium et quas homines de Gurge debent in novitate abbatisse et per certis emendis vel redimendis et in aliis redditibus et proventibus de Gurge, major nichil habet, nec habere debet, sed ea tanquam fidelis serviens recolligere debet et fideliter conservare : ibid., h 888/2, 1240.

[50]

Dictus maior, ratione majorie, habet et habere debet in quolibet manso hominum Sancti Andochii in ballina Gurgei duos panes de frumento factos de uno bicheto, et unum sextarium vini, nec vilioris, nec carioris, ad mensuram ed., et os breve et humerum unius porci, si porcus in manso occidatur ; si vero vendatur vel extra mansum occidatur, habere debet major duos nummos pro predictis : ibid.

[51]

Si non mansionarius aliquis a manso suo recedat, dictus major tenere debet, pro costuma sua, domum et oschiam mansi illius, et omnia alia tenamenta illius hominis cum mobilibus esse debent abbatisse ; cum vero mansionarius redierit, vel aliquis alius in manso vacuo venire voluerit, dictus major ipsum recipere debet et amarare, et in omnibus que habebuntur per intragio illo vel per aliis intragiis, habebit dictus major tertiam partem et due partes erunt abbatisse : ibid.

[52]

Debet autem habere dictus major in omnibus emendis dicte terre tertiam partem et abbatissa Sancti Andochii duas partes : emende vero per abbatissam vel ejus mandatum debent judicari et cause determinari, si abbatissa per se vel per alium voluerit interesse, alioquin fiet per majorem : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/2, 1240.

[53]

De nemoribus vero Sancti Andochii est subforestarius dictus major et, in eis, habet usagium suum sine vendere vel donare ad portas de alveo suo : ibid.

[54]

Domus non lapidea sita prope monasterium de Gurgeio est majoris, ita tamen quod quotienscumque abbatissa venerit apud Gurgeium, dicta domus eidem debet tradi et deliberari pro suo beneplacito in ea faciendo : ibid.

[55]

Habet autem dictus major ratione majorie decimam de Spisi : ibid. Il faut noter que les religieuses de Saint-Andoche, comme celles de Saint-Jean-le-Grand, considéraient généralement les dîmes comme un revenu parmi les autres, qu’elles pouvaient même amodier comme n’importe quel autre revenu.

[56]

Item debet habere dictus major in festo sancti Andochii, in bursa abbatisse, viginti solidos div. pro sua curia facienda, sive fuerit invitatus ab abbatissa, sive non, dum tamen sit presensi. Debet autem habere dictus major in omnibus laudationibus pro quibus fit aliqua distributio monialibus, distributionem quam percipit una monialis : ibid. ; « Item totes celes foiz que l’on done ceanz provande à nonnein novele ou à provoire novel et que l’on done acune de noz eglises à curé novel ou eschange s’eglise, chescune provende en doit avoir ii s. de torn. de pidance et li maires de Curgey altant » : ibid., h 708 fol. 33, 1306/1309 et h 709 fol. 28-28v, 1306/1311.

[57]

Ego Hugo, quondam filius Guillermi maioris de Curgeyo deffuncti, et Symone de Chevigneyo, quondam ejusdem Guillermi uxoris ahuc viventis, notum facio universis quod ego sum pertitus penitus et divisus pro me et meis a Guillermo, Ysabelli, Johaneta et Hugueta, fratibus meis in omnibus bonis paternis et maternis mobilibus et immobilibus, acquisitis et acquirendis, et in omnibus aliis que inter me et ipsos fratres meos erant aut esse poterant, communia et dividenda, a toto tempore rectroacto usque ad diem confectionis presentium literarum ; et habeo et importo, pro partagio meo legitimo et equali bonorum predictorum paternorum et maternorum, res infrascriptas videlicet quicquid juris, actionis et rationis habebat, habere poterat et debebat dictus Guillermus, pater meus, et dictorum fratrum meorum tempore quo vivebat et decessit in villis et finagiis de Chassaignes et de Cropeaulx, tam in decimis quam rebus aliis quibuscumque et quocumque nomine censeantur ; item et quicquid dictus Guillermus pater noster habebat, habere poterat et debebat in bonis quibuscumque in ville et finagio de Vergonceyo dum vivebat ; item et quamdam domum cum fundo et juribus sitis apud Curgeium in cimiterio dicti loci ; item et unum ortum situm in dicta villa de Curgeyo ante dictam domum ; item quoddam pratum, vocatum li prey de Nanteul, situm juxta laucheriam Guillermete de Chamson et juxta pratum liberorum Bernardi Thoart. De quibus predictis que ut dictum est, pro partagio meo bonorum predictorum habeo et importo, me teneo plenarum pro pagato pennitus et contento. Et propter hoc quicto perpetuo et dimicto predicte Symone matri mee, fratris et sororibus meis antedictis pro se et suis totum residium bonorum predictorum : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 911/1, 1332ns.

[58]

Ibid., h 915/1 (1334).

[59]

Ibid., h 888/3-5, 1280, actes liés à un procès entre les religieuses et leur maire de Curgy.

[60]

« Cum li diz maire eust fait tranchier ou bois dou Chastainier, qui est de la dite yglisse, douz chaines, la dite abbausse […] li defandit que les diz chaines n’ostat dou bois […], li diz mairez facanz contre ladite defansse et contre lesdites contenances, acort ou griez et ou despit de la dite abbausse et dou covant et de la dite yglisse, l’um des diz chaines fit charroier fors dou dit bois » : ibid., h 888/3, 1280.

[61]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/3, 1280.

[62]

Ibid.

[63]

« Li diz maires li doit cent et douz souz et set deners de vien. compe restroit fait autre eaux de ses rantes de Curge que il avoit levees autans que li compes fut faiz par quoy ele demande audit maire que les diz deners li rande » : ibid.

[64]

« Li diz maires un chascun des diz v ans a retenu x des dites gelines sanz cause et sam raissum et contre la volunte de la dite abbausse por quoi demende ladite abbausse ou num desus dit au dit maire que lou defaut des dites gelines li rande ou la valour jusque à la valour de xxv s. de vien » : ibid., h 888/3, 1280.

[65]

Cf. Chaume, 1938. Le vierg d’Autun, représentant du duc, administrait les territoires sur lesquels le duc avait juridiction dans la ville et avait des droits de justice, limités, sur ces territoires seulement.

[66]

« Lou dit maire et jor assigné à luy sus aucunes recreances que il li demandoit et sus ceu que li diz maires li avoit demandé cort non suspecte et jorz li fut assignez sus ceu par devant la dite abbaysse et accepté l’avoit li diz maires dedanz lou dit jor li diz maires fut plaintiz au vier d’Ostum de la dite abbausse » et « li diz viers prist ou fit panre les chevaus dou cher à la dite abbausse et por raissum de cel prisse li diz viers les ha detenuz pris ou fait detenir por xvii jors et ceu ont fait li diz maires et li viers à tort et ou griez ou loute et ou despit de la dite abbausse et de l’iglise devant dite et de tant sainte yglise » : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/3, 1280.

[67]

Ibid.

[68]

« Li diz viers d’Ostun por luy ou por ses genz à la requeste dou dit maire ou de ses genz et luy procurant ou sum commandemant fit gaigier la dite abbausse à Curge an la justisse de la dite abbausse et fit panre V homes de la propre maniere à la dite abbausse et une seue converse et un seu convers et V autres de ses homes et les firent mener ou Chasteaul de Riveaul la corde au col dou dit convers par sum serecot […] et furent menez et mis ou plus aut estaige de la tor de Riveaul san feu et sam paille lou samadi apres la Nativité Notre Signour par tel froit cum il facoit et ont demoré an ladite tort par unze jors et devesta lun l’um des homes à la dite abbausse sum serecot » : ibid.

[69]

« Cum elle ne vousit que la dite injure fut faite à ly ne à s’iglisse dout dit maire par tant d’argent mas vausit meoz que la dite yglisse de Saint Andoiche eust à tant perdu et que les domaiges, les costes et les missions que ele a sostenu et receuz par les choses desus dites li rande jusques à la valour de sexantes livres de torn » : ibid.

[70]

« Dereche entant à prover li diz maires que il et si davanciers ont usé an ce bois dou Chastainier, ce est à savoir que si davanciers ont usé par lon tans don memoire d’ome n’est, et il apres eaus jusques au tans dorandoit que ma dame l’ou troble, de celui bois sanz contredit, comme signour, an coper bois, lou mort et lou viz, pour faire lors maissins, lors melins et lors effuaiges et pour mettre an la paissun dou dit bois lors pors de lor propre auge, come cil qui ont la tierce partie des amandes de ceans qui meffont oudit bois » : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/4, 1280.

[71]

Ibid.

[72]

« Raoul dou Fraine li segans garanz […] dit par sum saremant que il non set li maires ha, ne doige avoir, usaige ou bois dou Chastainier, mas il vit que li peres au maire qui gardoit loudit bois et li maires devant dit quant il facoit […]iam charroier ou par lou gran ou par autre tans envoient lor charroin ou dit bois et copoient et tranchaent des branches por eaux chaufer, mas il ne set se cen estoit par raison d’usaige que il enssint ou dit bois, ne ne set se il lou facoient à la seue de l’abbausse ne de sum comandemant, mas quant li abbausse lou savoit ele i anvoioit sum comandemant por garder lou dit bois dou maire et des autres, et a oi dire li tesmoin qui palle que li diz maires il sit à faire marrien et que l’abbause Gille l’on trova charroient et que l’abbausse Gile l’an fit mener à Ostun et que il oit dire que l’abbausse Gille li contredit et deffandit que il ni tranchat plus ne copast », « Guillaumes dou For, li quarz garain dit que il ne sait se li davantiers au maire sont use mas il dit bien que li maires doramdroit il fit une foi à faire bien à x ans et plus intrumen au tans l’abbausse Gille por faire I molin de quoi li abbausse Gille fut mont correoié, dou quel intrumen li maires sit à charroier doues grosses pieces et li remananz demora ou dit bois que l’abbausse Gille ausit mener et la dite abbausse Gille qui a dont venoit de Viavi li defandit et contredit que il n’usat plus ou dit bois sanz sun comandemant » : ibid.

[73]

Notamment Arch. dép. Saône-et-Loire, h 708 et h 709 (14 avril) ; ibid., h 710 et Bibl. mun. Autun, p 088 (11 avril) pour l’anniversaire de Gauterin ; Arch. dép. Saône-et-Loire, h 708, h 709 et Bibl. mun. Autun, p 088 (28 novembre) pour celui de Guillaume.

[74]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 708 fol. 29 (1306/1309), h 709 fol. 30 (1306/1311), h 911/4 (1311ns).

[75]

Ibid., h 911/1 (1332ns), h 896/1 (1332), h 915/1 (1334), h 911/6 (1334).

[76]

D’après les portions conservées d’un compte pour l’année 1407-1408, l’abbesse s’est rendue au moins quatre fois à Curgy, y séjournant au moins à deux reprises : début mai (Arch. dép. Saône-et-Loire, h 722/2 fol. a), mi-août (h 722/2 fol. 30v et h 1625 fol. 13), fin septembre (h 1625 fol. 18), mi décembre (h 722/2 fol. 13v) et à des dates inconnues (h 722/2 fol. 3 et 22v).

[77]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1036/1-2 (1284), h 1038/1-2 (1317ns), h 1038/3-4 (1319), h 1038/5 (1327), h 1029/1 (1324), h 1035/1 (1331), h 1037/1 (1336), h 1036/3 (1337ns), h 1027/1 (xiiie-xvie siècles). Il est souvent difficile de faire la différence entre Jean, doyen d’Ormancey, et Jean Doyen, d’Ormancey, expressions qui en français médiéval, en l’absence de ponctuation et de conventions sur les majuscules, sont absolument identiques. Deux indices permettent toutefois de repérer que « doyen » ne désigne pas l’office rempli par l’homme dont il est question mais un surnom : en français comme en latin, si Jean est accompagné du seul mot « Doyen », sans la précision de lieu, dans certains passages d’un acte (h 1036/1-2, 1284), il s’agit alors du surnom car l’office est toujours accompagné du nom du territoire sur lequel il s’exerce ; en latin, l’absence d’accord entre le prénom et le surnom – non perceptible au génitif dans la mesure où le surnom prend en latin la forme de Decani – est aussi l’indice qu’il s’agit du surnom et non de l’office : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1038/5, 1327 ; h 1035/1, 1331. Ce sont ces deux indices qui ont permis de distinguer les deux branches de la famille, celle qui tenait, et se transmettait, l’office de doyen et celle qui portait le surnom Doyen ou Decani.

[78]

Ibid., h 952/1h 941/24 fol. 13-14v (1236) et h 941/24 fol. 7-8v (1268).

[79]

Ibid., h 1363/1 (1282), h 1363/2 (1342) et h 1363/4 (1399).

[80]

Cum religiosis moniales, domina Dannona abbatissa monasterii Sancti Andochii Eduensis totusque eiusdem loci conventis, de gratia speciali, consideratis gratis serviciis et curialitatibus quas et que eisdem religiosis et earum monasterio diu est impenderunt dictus Hugo, dycani tempore quo vivebat, et postmodum dictus Renaudus, pater dicte Johanete, et Mariona eius uxor, ac Guillermus et Johaneta predicti, dederunt imperpetuum, concesserint et quittaverint prefate Johanete, uxor dicti Guillermi ac filie dictorum Renaudi et Marione, et eius heredibus de suo tunc corpore proprio procreandis, res et bona ipsarum religiosarum inferius annotata sita in finagio de Curgeyo videlicet […] que quidem res et bona erant in bonis et de bonis dicti Hugonis dycani patris quondam dicti Renaudi dycani avi ipsius Johanete tempore quo decessit, […] tamen dicta Johaneta et eius heredes predicti fuerint homines religiosarum ipsarum et monasterii earumdem predicti, et sub justicia et juridictione ipsarum religiosarum et monasterii predicti, ville et finagii de Curgeio predictorum residentiam faciant personalem et non alibi : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 915/2, 1301.

[81]

Juxta grangiam Petri dicti Majoris : Arch. dép. Côte-d’Or, 74 h 1013/1, 1301.

[82]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1256 fol. 8, 13, 14, 21bis, 21bis v, 23, 23v, 24v, 71, 28v, 29, 33 (1380-1390).

[83]

Cf. ci-dessus note 77.

[84]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1037/1 (1336), h 1036/3 (1337ns), h 1032/1 (1396), h 1027/1 fol. 7v (1495). Ce moulin, sur le Serein, est situé à 1 km environ au sud-ouest du hameau.

[85]

Ibid., h 704/1 fol. 59-60v, 1453.

[86]

Ibid., h 1625 fol. 33v et 36, 1407/08, respectivement.

[87]

Ibid., h 1099/27-27bis, 1492.

[88]

Vernois, vernière ou vernet : terre humide et marécageuse où poussent, notamment, des aulnes.

[89]

Ibid., h 962/3, 1312.

[90]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 761/5, 1351ns, par exemple. Bruère, bruerie, brueroi : lande.

[91]

Ego, Jacoba, Sancti Andochii Eduensis abbatissa, notum facio universis quod cum Stephanus clausarius de Volenai, Girardam filam suam, Renaudo decano Sancti Andochii matrimonialiter capulavit […] sciendum est quod dictus decanus Mariam filiam suam, Nicholao clausario de Volenai dedit in uxorem : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1162/1, 1218.

[92]

Ibid., h 952/1, h 941/24 fol. 13-14v (1236), h 941/24 fol. 7-8v (1268), h 941/24 fol. 9-11 (1274).

[93]

Ibid., h 1475/3 (1341).

[94]

Ibid., h 1520/2-1 (1280), h 1363/1 (1282) et h 1363/3 (1312).

[95]

Ego, Johannes, quondam filius Hugonis decani de Ormanceyo, notum facio universis presentibus et futuris quod cum decanatus de Ormanceyo, cum juribus et pertinentiis eiusdem, moveat et pertineat ab antiquo religiosis dominabus abbatisse et conventui Sancti Andochii Eduensis et earum monasterio et dictus decanatus, cum juribus et pertinentiis, fuisset et esset commissus omno dictis religiosis ob deffectum et culpam eundem retroactis temporibus tenentium, videlicet tam domini Ade quondam fratris mei quam patris mei supradicti. Ego, respiciens et actendens meum evidens commodum et utilitatem, deliberato consilio cum amicis meis et peritis, dictum decanatum cum suis juribus et pertinentiis a dictis religiosis dominabus in feodum legium, chasamentum et homagium in perpetuum, pro me et meis heredibus capio et retineo : ibid., h 1029/1, 1324.

[96]

Respectivement ibid., h 993/1 (1345ns), h 1476/3 (1355), h 941/24 fol. 7-8v (1268), fol. 13-14v (1236) ; et h 1363/4 (1399).

[97]

Super querela que vertebatur inter Nicholam, abbatissam, et conventum Sancti Johannis Eduensis ex una parte et Simoninum, dominum Luzeii, ex altera, super talliis et justiciis quas dictus Simoninus exigebat in terra Sancti Johannis que est in custodia dicti Simonini ac dicta abbatissa et conventus ex adverso dicebant dictum Simoninum in eadem terra nullas tallias habere nec justicias, pluribus astantibus et audientibus, compositum fuit in hunc modum, videlicet quod omnes tallie et justicie eiusdem terre communes erunt dicti Simonini et dictarum abbatisse et conventus, ita tamen quod prepositi Sancti Johannis fidelitatem debent facere prefato domino Luzeii : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1590/1-2, 1229.

[98]

Ibid., h 1029/1 (1324).

[99]

Ibid., h 952/1, h 941/24 fol. 13-14v (1236) pour le prévôt de Dornes par exemple.

[100]

Ibid., h 1590/1-2 (1229), h 1590/3 (1249).

[101]

Ibid., h 1029/1 (1324).

[102]

Les tierces, redevance en nature équivalent au champart, dont le taux était variable d’un domaine à l’autre, pouvaient, comme tout autre revenu, être amodiées, allouées contre une somme d’argent globale, pour une ou plusieurs années.

[103]

Ibid., h 1478 fol. 3, 3v (1372-1373) et h 1478 fol. 7v (1372-1373).

[104]

Item, si aliquis recedit de terra qui dimictat mansum vacuum, domus dicti mansi et ortus et prata remanent in dicto Gualterino, et si in terris illius mansi sint bladii, abbatissa predicta, vel abbatissa que pro tempore fuerit, habet tertiam et sunt ille terre ipsius abbatisse vel abbatisse que pro tempore fuerit dum modo ecclesiam terre debeant terciam […] quando ego, dictus Galterinus, admasao possum tradere maseario ad censum, tres quadrigatis feni et quatuor bichetos terre et non plus et debeo et apponere censum competentem, scilicet ut saluat terciam partem census in festo sancti Johannis, terciam partem in festo sancti Martini et aliam terciam partem in marcio. Si liere( ?) non esset domus in manso diviso masontius debet eam facere infra annum : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1363/1, 1282.

[105]

Le bordelage est un mode de tenure très dur pour le preneur, le bordelier, non-libre ; il se retrouve essentiellement dans le Nivernais, même s’il s’est aussi diffusé, au xiiie siècle, aux confins des duchés de Bourgogne, du Bourbonnais et du Berry, ainsi que du comté d’Auxerre : Néraud, 1999, p. 107-141.

[106]

Dictus etiam Guillermus non poterit ponere vel debebit bordelerium aliquem in aliquo dictorum bordelagiorum, sine noster assensu nec nos similiter, sine consensu ipsius, si vero casu fortuito aliquid bordelagiorum premissorum vacuum remanere contingerit : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 952/1, h 941/24 fol. 13-14v, 1236.

[107]

Ibid., h 1557/1, 1244.

[108]

Si aliquis voluerit vendere terras, vineas, domos, prata vel aliqua alia de quibus cens[u]s debeatur ecclesie Sancti Johannis vel costuma, venditor tenetur ad ducere emptorem coram abbatissa vel preposito suo et dicere veritatem et facere fidem de precio vendicionis et tunc, ipsa abbatissa vel prepositus suus possunt dictam vendicionem sibi retinere, si voluerint, vel laudare habitis prius induciis octo dierum saluo censu vel costuma et laudacione sua, scilicet de viginti solidis viginti denariis : ibid.

[109]

Debent homines venire ad dictam abbatissam vel ad aliam que pro tempore fuerit, vel alium, nisi ob deffectum mei dicti Gualterini : Ibid., h 1363/1, 1282.

[110]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1475/3 (1341), h 1476/3 (1355).

[111]

Item ego, dictus Gualterinus, in cora prepositiona mea predicta, habeo cognitionem super homines tamquam prepositus Sancti Johannis nullo loco : ibid., h 1363/1, 1282.

[112]

Ibid., h 1590/1-2 (1229) pour le prévôt de Runchy, h 1363/1 (1282), pour le prévôt de Charmasse, h 1072/1 fol. 1v (1324) pour le doyen d’Ormancey, par exemple.

[113]

Item tertiumdecimum panem ex panibus quos debent annuatim dicte religiose facientibus Corveyas eorumdem : ibid., h 1029/1, 1324.

[114]

« Item baillié pour le mere et pour le dien qui furant avecques les courvees le mardi apres la Marcenche, pour chascun d’eux, vi d. tourn., et pour les despans de chascun d’eux vi d. tourn » : ibid., h 1527 fol. 2v, 1399-1400. Seule une ligne d’un compte mentionne cette charge.

[115]

Signification exacte non élucidée.

[116]

Ibid., h 1363/1, 1282.

[117]

Un tiers des tierces sur les gros blés et des lods et remuages à Ormancey et Mont-Saint-Jean pour le doyen d’Ormancey : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1029/1, 1324 ; un tiers des redevances levées pour les religieuses, des entrages et des amendes et confiscations pour le prévôt de Dornes : h 952/1, h 941/24 fol. 13-14v, 1236 ; un tiers des revenus de la justice pour le maire de Géanges : h 1475/3, 1341 ; h 1476/3, 1355.

[118]

Sachant que le cens à Charmasse est dû à trois termes, dont la Saint-Jean, le prévôt de Charmasse conserve sept quinzièmes des cens perçus, ce qui est finalement nettement plus que le tiers classique ; en revanche, pour les autres redevances, il en conserve moins.

[119]

In omnibus censibus ibidem deberit nos, predicti moniales abbatissa et conventus, vel abbatissa que pro tempore fuerit, habemus quatuor partes, et ego, dictus Gualterinus, habeo quinta partem, exceptis censibus deberit in festo beati Johannis qui integraliter sunt mei, dicti Gualterini […] Item, omnis tercie minurorum bladorum sunt mei, dicti Gualterini. Item, eundem que non transcendunt septem solidorum et eundem septem solidorum et infra sunt tote mei, Gualterini predicti, et in aliis eundis, ego, habeo terciam partem. […] Triginta galline debentur abbatisse predicte, vel illius abbatisse que pro tempore fuerit, quolibet anno, et si contingeret exuunt imposterum quod plures deberentur gualline, illius plures haberet dicta abbatissa, vel abbatissa que pro tempore fuerit, duas partes et ego, dictus Gualterinus, terciam partem : ibid., h 1363/1, 1282.

[120]

« Item totes celes foiz que l’on done ceanz provande à nonnein novele ou à provoire novel et que l’on done acune de noz eglises à curé novel ou eschange s’eglise, […] li doiens, li prevoz, li convers et li converses, chescuns xii d., et li maisnie l’abbasse i preignent segont ce que il sunt plus avant en l’ostal » : ibid., h 708 fol. 33, 1306/1309 et h 709 fol. 28-28v, 1306/1311.

[121]

Ibid., h 1525 fol. 33v, 36 (1407-1408) et h 704/1 fol. 59-60v (1453ns) pour le doyen de Curgy, h 1029/1 (1324) pour le doyen d’Ormancey, h 993/1 (1345ns) pour le maire de Merceuil, h 1363/1 (1282) pour le prévôt de Charmasse par exemple.

[122]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 952/1, h 941/24 fol. 13-14v (1236) et h 1363/1 (1282).

[123]

Ego, Symon de Marsolio, nepos quondam Ylleti de Marsolio, notum facio et recognosco me tenere in feudum a religiosis monialibus, domina abbatissa et conventu Sancti Andochii Eduensis, res inferius nominatas […] item mansum meum et domos meas sitos apud Marsolium inter mansum et domos dictarum monialium et mansum ecclesie de Marsolio : ibid., h 993/1, 1345ns.

[124]

« Sur la maison et sur la grange de pierre ou souloit demorer le dyen d’Ormancy », « sur la maison et grange de pierre où souloit demorer le dyen d’Ormancy » : ibid., h 704/1 fol. 28v-29v et fol. 105-105v, 1453.

[125]

Benedictus Louperii, quondam filius deffuncti Guillermi Louperii de Sancti Petri Monasterio, publice et in jure confessus est, coram nobis, res que inferius annotantur esse et movere de feodo abbatisse et conventus Sancti Andochii Eduensis videlicet Domum fortem de Dorna, cum stagnis et fossatis infra et supra, ob cum omni porprisio et grangiis, videlicet domibus, stabulis, appendiccis et aliis pertinentiis dicte domus : ibid., h 941/24 fol. 7-8v, 1268.

[126]

« Senz en retenir aucune chose à moy fors que la mote où souloit estre la maison des Choux, la place de la grange, les fossez, curtilz et autres aisences d’icelle mote, le bois appellé la garenne et les champs et terres gaignaubles estans au dessoubz desdiz mote de maison et garenne et le prey de la pree de Sermace tant seulement les quelles mote, bois et champs je reserve et retien à moy pour moy et les miens » : ibid., h 1363/4, 1399.

[127]

« Je Huguenin des Choux, escuier, faiz savoir à touz ceulx qui ces presentes letres verront que je […] vend, baille, cede, quicte et delivre et transporte perpetuelment pour moy et mes hoirs et successeurs à Perreaul Quaroillon de Mehevre pour lui, ses hoirs ou aians cause de lui ou temps ad venir une moie mote appellee la mote des Choulx assise ou parroichaige de Mehevre avec le bois assis deu ycelle mote » : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1530/5, 1401.

[128]

Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1363/4 (1399).

[129]

Respectivement Arch. dép. Saône-et-Loire, h 941/24 fol. 7-8v (1268) et h 941/24 fol. 9-11, 1274).

[130]

Benito i Monclús, 2007, p. 111-127.

[131]

Toutefois, quelques indices laissent penser que les domaines les plus lointains des religieuses, Senailly et Saint-Parize-en-Viry d’une part, Colonne d’autre part, étaient peut-être gérés à partir de petits prieurés jusqu’au xiiie siècle.

[132]

Ce rôle est fort proche de celui du maire défini dans le capitulaire De villis (Devroey, 2005, p. 132-136 et Feller, 2008, p. 266). Il en était de même pour le castellanus sive rector de l’abbaye S. Dalmazzo di Pedona (Provero, 2004, p. 570). En Angleterre, c’est un bailli qui collectait les revenus pour leur seigneur et les lui remettait (Harvey, 2007, p. 397 et Mullan, 2007, p. 405), de même qu’en Espagne (Reglero de la Fuente, 2007, p. 436).

[133]

Respectivement Arch. dép. Saône-et-Loire, h 888/3 (1280), h 708 fol 32v (début xive siècle), h 915/2 (fin xiiie siècle) et h 1527 fol. 2v (1399-1400).

[134]

Brunel, 2004, p. 275.

[135]

Grélois, 2007, p. 379, 382.

[136]

Respectivement Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1256 fol. 24v, 27, 28v, 29, 33 (1380-1390) et « Andree le Clerc que paie au Mairez comme recevour de ladite madame » (h 1256 fol. 43v, 1380-1390).

[137]

« C’est l’état abregié du compte de Guillaume Mairet, recevoir de Nolay » : ibid., h 1583 fol. 27v, 1401-1402.

[138]

Au milieu du xve siècle, le prévôt de Mazenay, André Regnault alias Chifflot, de Saint-Sernin du Plain, représente les trois coseigneurs de Mazenay et non les seules religieuses de Saint-Andoche, mais, surtout, il semble ne plus avoir le même rôle que ses prédécesseurs des xiiie et xive siècles : il règle un problème de tutelle et de curatelle d’un enfant mineur : ibid., h 1079/3, 1443.

[139]

Soc. Éd. d4 terrier Saint-Jean fol. 229v-230 (1480).

[140]

Un inventaire de la fin du xviie siècle mentionne des « registres des causes expédiées en la justice et mairie de Saint-Jean au faubourg et aux Chaumotte, à Gueunant, Runchy, Charmasse, Valvin, Mondru », soit à Autun et non loin de la cité : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1169, v, 8, 3 à 6, entre 1463 et 1501 ; mais aussi des « registres de la justice de Marcilly tenus par le maire et juge ordinaire pour les religieuses » : Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1170 xviii, 1, 1, 1409-1486 et h 1170 xviii, 1, 2, 1496-1490.

[141]

Respectivement comme lieutenant du maire (ibid., h 1169 vii, 3, 1469, 1470) et comme maire et maire et juge (h 1169 vii, 3 (1475), h 1169 vii, 3 (1479), h 1169 vii, 3 (1481), h 1169 viii, i, 3 (1481), h 1501/4 (1486)) ; Soc. Éd. d 4-h terrier de Saint-Jean fol. 1v (1480).

[142]

Respectivement comme licencié en lois, Arch. dép. Saône-et-Loire, 3 e 3/2 fol. 34 (1473), fol. 37v-38 (1473), fol. 40-40v (1473), fol. 45v (1473), fol. 85v-86 (1473), fol. 156-156v (1474) et comme licencié dans les deux droits, Arch. dép. Saône-et-Loire, h 1169 vii, 3 (1475), 3 e 3/2 fol. 157-162 (1474), h 1169 i, 1 (1479), h 1571/6 (1479), h 1169 i, 2 (1480), h 1169 viii, i, 3 (1481), 3 e 3/1 fol. 108-109 (1481), fol. 127v-128v (1482), fol. 152-153 (1483), fol. 172-172v (1483), fol. 173-174 (1483), fol. 174-175 (1483), h 952/3 (1483), h 1171/7-8 (1483), h 1501/4 (1486). De la même façon, Antoine Goujon, procureur puis maire de Saint-Jean était, licencié en lois puis décret, Jean de Méru, Jean Corbier et Jean de Mere, maires de Saint-Jean, étaient licenciés en lois.

Résumé

Français

Les intermédiaires entre seigneurs et exploitants sont un rouage essentiel mais mal connu de la seigneurie médiévale. Choisis au sein de l’élite de la société rurale locale par un seigneur qui en faisait ses vassaux, ils connaissaient parfaitement le territoire et les hommes dont la gestion leur était confiée. Ces intermédiaires devaient non seulement prêter hommage à leur seigneur, les religieuses d’Autun, mais aussi reconnaître leur dépendance vis-à-vis d’elles par le versement d’une taxe spécifique. Ils étaient clairement plus les représentants des religieuses auprès des exploitants que l’inverse : ils leur transmettaient les ordres des dames d’Autun et collectaient les redevances en leur nom, en conservant une part pour leur peine ; souvent ils avaient aussi en charge la basse justice. Ces fonctions leur permettaient généralement de s’enrichir, même s’ils possédaient déjà des biens auparavant, et d’intégrer le groupe des notables si ce n’est la noblesse locale, même s’ils appartenaient déjà à l’élite locale auparavant

Mots-clés

  • abbaye féminine
  • Autun
  • Bourgogne
  • doyen
  • élites
  • intermédiaires
  • maire
  • Moyen Âge
  • prévôt
  • redevances
  • seigneurie

English

Intermediaries between lords and farming operators were a crucial but little-known element in medieval seignorial society. Picked by lords among the elite of local rural society to become their vassals, they knew inside out the territory and people entrusted to their management. Not only were they required to give homage to their lords, the nuns of Autun, they also had to pay them a specific tax as a recognition of their status of dependents. Clearly, they were the representatives of the nuns among the agricultural operators rather than the reverse. They would communicate to the latter the orders coming from the ladies of Autun, and collect fees in their name, keeping a share for themselves as a reward. They were also often in charge of low justice. While the were already well-off and belonging to the local elites to begin with, these roles generally gave them the opportunity to accumulate more wealth, and eventually to become local notables, or even nobles.

Keywords

  • Autun
  • Burgundy
  • dean
  • elites
  • fees
  • intermediaries
  • mayor
  • Middle Ages
  • Nunnery
  • provost
  • seigniory

Español

Los intermediarios entre señores y campesinos son un elemento esencial, aunque mal conocido del señorío medieval. Escogidos entre los miembros de la elite de la sociedad rural local por el señor que hacia de ellos sus vasallos, conocían perfectamente el territorio y los hombres que estaban a su cargo. No sólo tenían que prestar homenaje a sus señores, les monjas de Autun, sino también reconocer su dependencia mediante el pago de una cantidad específica. Eran claramente más los representantes de los señores frente a los campesinos que no a la inversa: les comunicaban los órdenes de las señoras de Autun y cobraban los censos en su nombre, reteniendo una cantidad por su trabajo; a menudo, se encargaban además de la baja justicia. Estos cargos les permitían normalmente enriquecerse, más allá de los bienes que poseían previamente, e ingresar en las filas de los notables y hasta de la nobleza local, superando así el nivel que tenían al principio.

Palabras clave

  • abadía femenina
  • alcalde
  • Autun
  • Borgoña
  • censos
  • decano
  • Edad Media
  • elites
  • intermediarios
  • preboste
  • señorío

Pour citer cet article

Verpeaux Nathalie, « Maires, prévôts, doyens, les intermédiaires entre seigneurs et exploitants. À propos du temporel des dames d'Autun (XIIIe-XIVe siècles) », Histoire & Sociétés Rurales, 2/2011 (Vol. 36), p. 7-40.

URL : http://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2011-2-page-7.htm


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