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Histoire & Sociétés Rurales

2013/1 (Vol. 39)


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L’étude des thèmes taurins en Espagne a été réalisée par des aficionados en marge de l’Université. Les facultés de sciences sociales et d’humanités des universités espagnoles n’ont montré que peu d’intérêt pour l’étude des différents aspects liés au monde des taureaux. En général, on l’a considéré comme simple folklore et étranger aux projets de recherche universitaire. Au-delà des positions pro ou anti-taurines, on ne peut ignorer l’importance culturelle que le phénomène taurin a eue en Espagne, avec une longue tradition pluriséculaire de célébration de spectacles taurins auxquels ont participé toutes les catégories sociales du pays et toutes les régions qui forment la complexe mosaïque territoriale espagnole. De même, d’un point de vue économique, le monde des taureaux a revêtu une grande importance. L’organisation des spectacles comme l’élevage des taureaux de combat sont des activités dont le poids économique est loin d’être négligeable. Aujourd’hui, des centaines de milliers d’hectares de terre sont consacrés en Espagne à cet élevage, dépassant considérablement les superficies dédiées à beaucoup d’autres activités agropastorales qui ont beaucoup plus retenu l’attention des historiens de l’économie [1][1] Les études les plus récentes sur l’histoire de l’élevage....

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Dédaigner les études des thèmes taurins à cause de leur prétendu caractère folklorique, populaire ou anecdotique, ou bien parce qu’on défend des positions opposées à la célébration de ce type de festivités, c’est ignorer le rôle que les taureaux ont joué dans la culture espagnole des derniers siècles. Heureusement, cette situation est en train de changer et des institutions ont été créées qui essaient de récupérer les thèmes taurins au sein de l’Université, en montrant qu’ils méritent, que l’on soit d’accord ou non avec la célébration de tels spectacles, une analyse sérieuse et rigoureuse de type académique. Parmi ces institutions, il faut citer la Fundación de Estudios Taurinos, placée sous le patronage de la Real Maestranza de Caballería de Séville qui publie la Revista de Estudios Taurinos et la collection de monographies « Tauromaquía », la chaire de tauromachie « Ignacio Sánchez Mejías », créée par l’Université de Séville ou le Centro Etnográfico del Toro de Lidia, sous le patronage de la Junta de Castilla y León, entre autres institutions.

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Notre travail essaie d’analyser l’origine et le développement de l’élevage du taureau de combat dans la vallée du Guadalquivir, le fleuve taurin par excellence [2][2] Sur l’histoire de l’élevage des taureaux en Espagne,.... Les origines de cet élevage peuvent remonter à l’Antiquité avec les mythiques « bœufs de Géryon ». Mais si nous nous en tenons aux aspects de cet élevage pour lesquels nous pouvons nous appuyer sur des documents, ceux-ci nous ramènent au Moyen Âge. Cependant, cette ancienneté ne signifie pas que l’élevage des taureaux de combat soit resté identique tout au long de son histoire, au contraire : il a connu des changements, causés par des facteurs propres au phénomène taurin ou par des éléments extérieurs. Ce sont ces divers éléments que nous allons analyser ici pour ébaucher l’évolution qu’a connue l’élevage des taureaux de combat.

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Parmi les facteurs propres au monde taurin, il faut signaler les changements qui se sont produits dans l’organisation et la célébration des fêtes autour du taureau [3][3] La bibliographie disponible sur l’histoire de la tauromachie.... Une des premières pratiques documentées fut l’utilisation de ces animaux par la noblesse pour s’entraîner à la guerre [4][4] Campos Cañizares, 2007.. En même temps, les taureaux étaient utilisés pour célébrer des festivités populaires qui voyaient la participation collective du village, soit en courant les taureaux, soit en pratiquant certains jeux avec eux [5][5] Sur la tauromachie populaire, on se reportera à l’œuvre.... Enfin, à partir du xviiie siècle, s’est produite l’institutionnalisation de la tauromachie à pied avec le développement et la réglementation des corridas [6][6] Le premier règlement taurin connu a été élaboré au....

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Parmi les facteurs extérieurs au monde strictement taurin, les plus importants sont ceux qui sont liés à l’économie [7][7] En 2005, la Revista del Instituto de Estudios Económicos.... Par exemple, la nécessité d’avoir des bœufs de labour pour réaliser les travaux des champs dans les latifundios andalous ; l’existence de grands troupeaux de bovins pour approvisionner les marchés urbains ; la nationalisation des biens de mainmorte qui libéra des centaines de milliers d’hectares, dont beaucoup furent utilisés par les éleveurs pour l’élevage des taureaux ; la modernisation de l’agriculture espagnole, qui chassa les taureaux des terres qu’ils occupaient traditionnellement pour les reléguer dans des zones marginales, surtout montagneuses.

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Cet élevage, s’agissant d’une activité très extensive, est très étroitement lié au système latifundiaire de la vallée du Guadalquivir. Ce système s’appuie sur l’existence de grandes exploitations agricoles où l’on cultive des céréales à côté d’autres cultures comme l’olivier et où l’on pratique l’élevage. Elles occupent des centaines, voire des milliers d’hectares et sont toutes dirigées par un seul entrepreneur, un gros laboureur. Ces domaines ne sont pas forcément la propriété de celui-ci, bien au contraire : les locations prédominent, si bien qu’il s’agit plutôt d’un grand fermier. La base de l’exploitation est la ferme (cortijo) vouée aux céréales, presque toujours en suivant un assolement triennal extensif permettant d’associer la culture céréalière et l’élevage qui fournit les animaux de trait nécessaires.

Tableau 1 - Taille de quelques exploitations agricoles de la vallée du Guadalquivir (xviiie-xxe siècle)*,**,***,****Tableau 1

* : Fermiers du duc d’Osuna à Morón, Osuna, Arahal et Puebla de Cazalla.

** : Il s’agit de 17 municipalités de la plaine et du rebord méridional de la Sierra Norte.

*** : Provinces de Jaén, Cordoue, Séville, Cadix et Huelva.

**** : Ce sont les 8 plus grands propriétaires de la province de Séville.

Source : Royaume de Séville, 1751, Drain, 1977; Utrera, 1908, AMU, libro 678, Expediente tramitado para el recuento general de la ganadería existente en este término municipal y su agregado Los Molares, 1908; Morón: Sánchez Lora, 1997; fermiers du duc d’Osuna: Contreras, J. 1979: Carmona: xiiie siècle, Drain, 1977; 1750 et 1850, Cruz Villalón, 1980; Jerez: 1819, AHPCA, Cuadernos de apeos de predios rústicos…; 1854, AMJF, Amillaramiento, Contribuciones, 426-429; 1907, Montañés, 1997; Marchena, 1863, lib. 1502, Cuaderno General de Riqueza; Écija, AME; province de Séville, Drain, 1977; Région Bétique, 1932, Carrión, 1975

Origines de l’élevage du taureau de combat. Les éleveurs occasionnels

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L’origine de l’élevage des taureaux de combat dans la vallée du Guadalquivir est à mettre en relation, d’une part, avec le grand nombre de bovins dans les grandes exploitations agricoles de la plaine, et de l’autre, avec les troupeaux élevés dans les zones de montagne et qui sont destinés à la consommation des centres urbains [8][8] Bernal et Drain, 1975. Pour l’élaboration de ce travail,....

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Les premières données disponibles sur l’existence de taureaux dans cette vallée datent des xve, xvie et xviie siècles. Déjà, au milieu du xive siècle, 17 taureaux figurent dans le troupeau de l’exploitation agricole, sise à Lebrija, d’un échevin sévillan, le jurat Fernán García de Santillán, entre 1358 et 1366 [9][9] Collantes de Terán Sánchez, 1976.. Enrique Otte a pu repérer, dans les actes notariés de Séville, la vente de presque 200 taureaux adultes ou âgés de quatre ans dans la première moitié du xvie siècle [10][10] Otte, 2008.. Pour la province de Jaén, les mentions de taureaux sont également abondantes, comme celles qui apparaissent dans les chroniques du connétable de Castille don Miguel Lucas de Iranzo, datant de la seconde moitié du xve siècle, où l’on voit ce seigneur ordonner que l’on fasse venir des taureaux de ses terres pour la célébration de « jeux de taureaux et cannes » [11][11] López Martínez, 2002b..

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Déjà dans ces premiers documents, la présence de taureaux est mise en relation avec la célébration de spectacles taurins et de jeux avec taureaux. Dans les Papiers du Majordome de la municipalité de Séville, est mentionnée l’acquisition de plus de 200 taureaux par cette institution pour célébrer diverses fêtes dans la ville au xve siècle et commencement du xvie[12][12] Romero Abao, 1991.. Une bonne partie de ces animaux provenaient de municipalités voisines de Séville, comme Utrera et Alcalá de Guadaira, où se trouvaient de vastes exploitations agricoles ou des fermes (cortijos) qui élevaient des bœufs de labour. C’est une information similaire que fournissent les actes notariés de Jaén, où figure l’acquisition de 64 taureaux à des éleveurs de cette ville pour célébrer des festivals taurins à Grenade et dans quelques municipalités de la province de Jaén, tout au long du xviie siècle [13][13] López Molina, 1999.. Ces taureaux, comme ceux du connétable Iranzo cité plus haut, étaient originaires des zones montagneuses qui bordent la vallée du Guadalquivir.

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Ces acquisitions présentent une série de caractéristiques communes. Entre autres, l’absence de spécialisation de ces fournisseurs de taureaux qui se livrent à cette activité de manière ponctuelle, en correspondance avec l’éventualité de la célébration des festivals taurins, qui n’étaient montés que pour commémorer des événements extraordinaires. Et c’est ainsi que ces fournisseurs apparaissent seulement en quelques occasions, vendant un ou parfois quelques taureaux dans chaque cas. La plupart d’entre eux restent dans l’anonymat comme ceux qui cèdent les animaux à la municipalité sévillane, dont on connaît le nom pour seulement un tiers d’entre eux. Souvent, les procédures d’acquisition ne sont pas celles du marché. Les moines de la Chartreuse de Jerez, par exemple, protestent contre la coutume qu’ont les habitants de s’emparer des taureaux qu’ils gardent pour la reproduction pour célébrer des fêtes populaires. Dans d’autres cas, la fourniture de taureaux fait partie des clauses des contrats d’afferme des abattoirs ou des biens communaux par lesquels les municipalités obligent les fermiers à en fournir un certain nombre chaque année pour les fêtes de la localité. La pénurie de taureaux et la prolifération de ce type de fêtes obligent les villes, comme Cordoue ou Grenade, à envoyer des commissaires dans des villages plus ou moins éloignés, en quête d’animaux pour les fêtes. C’est le cas aussi de la Real Maestranza de Caballería de Séville dans la première moitié du xviiie siècle, face à la déficience de ses fournisseurs habituels, qui est obligée d’agir de même durant certaines années [14][14] López Martínez, sous presse, p. 79, n. 40..

Au xviiie siècle. Noblesse et monastères

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Au xviiie siècle, a lieu l’institutionnalisation des fêtes taurines et apparaît la corrida comme nous la connaissons aujourd’hui. À cette époque, coexistent trois tauromachies distinctes. D’une part, la tauromachie nobiliaire qui est sur le déclin et qui disparut alors. La corrida à cheval actuelle (rejoneo) n’est d’ailleurs qu’une reprise des anciens « jeux de taureaux et lances » de la noblesse. Les spectacles populaires avec des taureaux furent relégués dans les zones rurales, où ils ont survécu de manière un peu marginale, et connaissent même aujourd’hui un regain de popularité. C’est au xviiie siècle précisément qu’apparut le toreo à pied et que fut réglementée la corrida de taureaux qui remplaça les anciennes fêtes. Ces changements eurent une influence importante sur l’élevage de ces animaux. La tauromachie nobiliaire comme la populaire n’exigeaient pas un type précis de taureau, tous pouvant être utilisés. Mais la célébration de la corrida dans une enceinte fermée, à laquelle on ne peut accéder qu’en payant, où l’animal est soumis à un rituel institutionnalisé, requiert des taureaux de certaines caractéristiques qui ne peuvent être obtenues que par la pratique de la sélection, ce qui implique une plus grande spécialisation des éleveurs [15][15] Sur certaines pratiques de l’élevage et de la sélection....

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La règlementation de la corrida a été rendue possible grâce à la régulation des dates des fêtes taurines, qui abandonnent le caractère ponctuel qui était le leur auparavant et qui commencent à être célébrées de manière régulière dans chaque localité à une date précise. Cela entraîna la régularisation de la demande et permit le développement de l’offre d’animaux de la part de certains éleveurs de plus en plus intéressés par cette activité. En même temps, certaines institutions obtenaient des licences royales pour célébrer des corridas ; tel est le cas des Maestranzas de Séville en 1729 et de Ronda en 1739 ou de quelques hôpitaux [16][16] En 1768, l’hôpital de la Providencia du Puerto de Santa.... Cette continuité dans la célébration des spectacles taurins et le caractère exclusif que conféraient à ces institutions les licences royales, les conduisirent à édifier les premières arènes permanentes qui commencèrent alors à faire partie du paysage des villes espagnoles.

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Plusieurs sources permettent de nous faire une idée de l’importance des fêtes taurines à l’époque et de l’influence qu’elles eurent sur l’orientation de certaines exploitations agricoles vouées de plus en plus à la production de taureaux pour le marché. Nous faisons allusion au Cadastre de Ensenada élaboré dans les années 1750 pour évaluer la richesse de la Castille afin d’instaurer un nouvel impôt, l’Unique Contribution, et au mémoire que commanda le comte d’Aranda, président du Conseil de Castille [17][17] AHN, Consejos, liasse 17.679, document 3, Varios C..., afin de connaître le nombre de troupeaux de vaches et de taureaux ainsi que de spectacles taurins dans chaque municipalité du royaume. Les livres de comptes de la Real Maestranza de Caballería de Séville, conservés dans ses archives, où sont enregistrés tous les achats de taureaux effectués par cette institution, avec l’indication du nom du vendeur et du prix [18][18] Sur l’importance de la Real Maestranza de Caballería.... Enfin, on ne peut négliger les archives notariales où figurent de nombreuses références aux éleveurs, des inventaires de biens, écritures d’achats-ventes et contrats de location de domaines ruraux. Cette prolifération de sources sur l’élevage des taureaux de combat au xviiie siècle contraste avec leur rareté aux époques précédentes.

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Dans la réponse donnée par le royaume de Séville au questionnaire du comte d’Aranda, et qui fut élaborée par l’intendant don Pablo de Olavide, est mentionnée la célébration de corridas à Cadix, durant lesquelles 120 taureaux furent combattus en 1768, au Puerto de Santa María, avec 100 taureaux, à Séville, 86 taureaux, à Carmona, 34 et à Algésiras et Arcos, 20 chacune. En sus de ces fêtes institutionnalisées, on donnait des festivals dans différentes localités, de manière irrégulière. C’est ce que l’on observe dans la réponse de Morón de la Frontera où l’on dit que « dans cette ville, on ne donne pas de corridas de taureaux avec mise à mort, mais, avec licence de la municipalité, on tue deux ou trois taureaux appartenant aux éleveurs de la ville » [19][19] AHMMF, liasse 182..

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Les livres de comptabilité de la Real Maestranza de Caballería de Séville sont le document le plus important sur la célébration de fêtes taurines : on y mentionne l’acquisition par la Real Maestranza de 4 224 taureaux provenant de 302 fournisseurs entre 1730 et 1800 [20][20] ARMCS.. Une partie d’entre eux présente des caractéristiques semblables à celles que nous avions constatées aux siècles précédents puisque plus de la moitié de ceux qui vendent des taureaux à la Maestranza le font de manière occasionnelle et se contentent de vendre un ou deux animaux de temps à autre. Mais, d’un autre côté, commencent à apparaître quelques fournisseurs qui vendent des dizaines et des centaines de bêtes de façon régulière, ce qui permet de leur attribuer le qualificatif d’éleveurs de taureaux spécialisés [21][21] Pour l’étude de ces fournisseurs de taureaux de combat.... Parmi eux se détachent quinze individus qui vendent près de deux mille taureaux à la Maestranza, soit près de la moitié de ceux qu’elle achète au xviiie siècle.

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Parmi ces grands éleveurs figurent des membres de l’oligarchie locale, généralement liés en tant que membres à la Maestranza, mais il faut signaler la présence de quelques institutions monastiques et aussi un groupe d’éleveurs résidant dans des localités proches de Séville, notamment ceux d’Utrera [22][22] Drain, 1968 et Araujo Miguelez, 1999.. Parmi eux apparaissent quelques noms qui vont occuper une place de choix en étant à l’origine des élevages modernes, comme ceux de Maestre et Ibarburu à Séville, Ulloa et Domínguez à Utrera ; ou aussi quelques nobles titrés comme le marquis de Vallehermoso, le comte del Águila ou le marquis de Tablantes, entre autres. Parmi les ecclésiastiques, des monastères comme la Chartreuse et le couvent de Santo Domingo de Jerez, le collège de jésuites de San Hermenegildo et le couvent dominicain de San Jacinto, ces deux de Séville. Et signalons enfin, au sein du clergé, un personnage singulier, Pedro Manuel de Céspedes, un des principaux fournisseurs de la Real Maestranza, que fut chanoine de la Cathédrale, recteur de l’Université et l’un des fondateurs de la Société Royale des Amis du Pays de Séville [23][23] C’est un exemple de la position confuse des hommes....

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C’est à la fin du xviiie siècle et au commencement du xixe que se sont formés les grands élevages sévillans qui furent à l’origine des lignées de taureaux de combat, ce que l’on appelle les « castes fondatrices » [24][24] López Martínez, 2001.. Nous voulons parler des grands éleveurs d’Utrera, le comte de Vistahermosa, et Rafael Cabrera y Angulo, et du sévillan Vicente José Vázquez y Adorna, comte de Guadalete, dont les troupeaux comptaient des milliers de têtes [25][25] L’élevage de Vicente José Vázquez au moment de sa mort,....

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Tous ces grands éleveurs de taureaux, laïcs comme ecclésiastiques, présentent quelques traits communs, comme celui d’être de gros laboureurs, qui exploitent des centaines, voire des milliers d’hectares de terres, en propriété et affermées [26][26] Un bon exemple de ce type de gros laboureurs andalous.... Les fournisseurs de taureaux pratiquaient d’autres activités agricoles comme laboureurs ou éleveurs. En tant que gros laboureurs, ils avaient besoin de plusieurs dizaines de paires de bœufs pour les travaux des champs. Pour des raisons économiques et agronomiques, le remplacement de ces animaux de trait était réalisé au sein de l’exploitation, le cortijo, ils avaient donc besoin de grands troupeaux de vaches pour assurer la reproduction des bœufs [27][27] López Martínez ,1998.. Ces troupeaux se composaient de centaines de vaches reproductrices et des portées successives d’élèves jusqu’à ce qu’elles arrivent à l’âge adulte. Parmi eux, il y a toujours des mâles qui peuvent être utilisés à la reproduction, conduits aux abattoirs des villes pour la boucherie ou, quand l’occasion se présente, vendus aux institutions organisatrices pour être combattus dans les arènes. Dans les troupeaux, on ne fait pas la distinction entre les vaches destinées au remplacement des bœufs ou à la production d’animaux de boucherie, et celles qui se consacrent à la production de taureaux. Il n’y a donc pas de différenciation entre l’élevage des animaux domestiques et celui des taureaux de combat, qui, alors, ne se pratiquaient pas différemment.

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Cela rattache, clairement, les origines de l’élevage du taureau à la grande exploitation agricole andalouse. Le troupeau bovin et l’exploitation se renforçaient mutuellement. Le troupeau se nourrissait pendant l’année sur les friches et les jachères des cortijos et, en été, après la moisson, sur les chaumes. Quant à l’exploitation, elle profitait du travail des bœufs et du fumier fourni par le troupeau. C’est là le type d’exploitation caractéristique du cortijo andalou, qui était une exploitation mixte, agricole et pastorale, l’assolement triennal extensif permettant cette interaction [28][28] La clôture de ces fermes, c’est-à-dire le maintien.... C’est pour cela que les exploitations où l’on élevait les taureaux étaient situées, au xviiie siècle, dans des terroirs particulièrement aptes à la culture, comme la plaine et la vallée. Les marais jouaient un rôle important pour l’élevage des bovins en Basse Andalousie, car les bêtes y trouvaient de l’herbe fraîche durant les mois de sécheresse estivale.

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Dans le reste des provinces qui forment la vallée du Guadalquivir, l’évolution de l’élevage des taureaux de combat fut différente de celle que nous venons de décrire pour la province de Séville. Moins lié à l’agriculture, l’élevage des bovins s’orientait vers l’approvisionnement des boucheries des villes, surtout celles de Madrid. C’est le cas des provinces de Jaén et de Cordoue. La situation de l’élevage bovin dans ces deux provinces apparaît dans le rapport commandé par le comte d’Aranda en 1768 et dans le Cadastre de Ensenada. Le premier signale neuf municipalités de la province de Jaén où l’on élevait des taureaux, Castellar, étant la plus importante (trois propriétaires y possédaient 237 taureaux), puis Úbeda avec 130 taureaux, Iznatoraf avec 88 et Villacarrillo avec 66. Même si dans ce document ne figure pas Andújar, le cadastre de Ensenada permet de pallier cette déficience, car il montre clairement l’importance de l’élevage dans cette ville. Trois propriétaires y possèdent près de 200 taureaux et un seul d’entre eux, le comte de la Quintería, gros laboureur et grand éleveur, en maintient 150 dans ses pâturages de Sierra Morena. Le cadastre apporte des précisions intéressantes sur cet élevage dans cette région : en hiver le troupeau montait vers les pâturages de Sierra Morena, où, en l’absence de neige, l’herbe était abondante ; en été, ces pâtures étaient mises en défens et le bétail gagnait les bords du fleuve où se trouvaient de frais pâturages dans ces fonds de vallée humides. Cette petite transhumance entre les zones de montagne et la vallée a été décrite aussi pour la province de Cordoue. Cette dernière n’a pas été d’une grande importance pour l’élevage des taureaux comme le montre le fait que l’on doit nommer des commissaires municipaux pour aller en chercher dans la province de Jaén lors de la célébration de fêtes taurines à Cordoue. En outre, la lecture de la comptabilité municipale de Cordoue datant du xviiie siècle, montre que seul un petit nombre de taureaux achetés pour les fêtes de la ville provenaient de la province.

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En ce qui concerne celle de Cadix, il convient de distinguer la plaine des alentours de Jerez où l’élevage des taureaux présente de nombreuses analogies avec ce que nous avons vu pour celle de Séville, et les zones de la montagne – Medina Sidonia, Alcalá de los Gazules ou Vejer de la Frontera –, où le troupeau était très abondant, en relation avec l’approvisionnement des boucheries de Cadix, où l’on sacrifiait chaque année entre 8 et 10 000 bovins dans les dernières décennies du xviiie siècle [29][29] Cette grande quantité de viande bovine, calculée à.... Il est possible que ces troupeaux montagnards aient fourni une bonne partie des taureaux combattus dans les arènes de Cadix, qui, comme nous l’avons vu, était la ville où l’on en toréait le plus de toute l’Andalousie.

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Beaucoup de grands laboureurs-éleveurs se consacrèrent à l’élevage des taureaux de combat pour une simple et bonne raison : les profits générés par cette activité. Ils purent bénéficier, en outre, de l’augmentation du prix de vente des animaux destinés aux arènes (figure 1) et de la régularité de la demande de ces animaux en conséquence de l’institutionnalisation des festivals taurins célébrés dans les arènes des principales villes du pays. Nous devons tenir compte, de plus, du fait que le coût de l’élevage des taureaux ne différait guère de celui d’un troupeau d’animaux domestiques, alors que leur prix de vente était bien plus élevé. Il ne faut pas aller chercher plus loin la cause de l’extension que connut l’élevage des animaux de combat en Espagne, non seulement en Andalousie, mais également dans la province de Salamanque [30][30] Crisis, 1888, p. 367..

Figure 1 - Prix moyen des taureaux achetés par la Real Maestranza de Séville (1730-1800)Figure 1
Source : Livres de Comptabilité de la Real Maestranza de Caballería de Séville
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À cause du prestige atteint par les taureaux andalous, la demande dépassa les limites de l’Andalousie et ils furent combattus dans d’autres régions du pays. La demande madrilène fut la plus notable : l’Hôpital Général et celui de la Passion, qui avaient le monopole de l’organisation des corridas à Madrid, envoyaient tous les ans, à partir de 1790, une commission pour acheter des taureaux en Andalousie [31][31] ARCM, liasses 5 033, 5 040, 5 049 et 5 062.. Tous les ans, plus de cent, en provenance des élevages andalous de plus de crédit, faisaient le voyage en suivant les drailles de la Mesta [32][32] López Martínez, 2006. La Mesta est l’association des....

Au xixe siècle. Vente des biens de mainmorte et début de la sélection

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Au cours du xixe siècle se produisirent toute une série d’évènements, liés au monde du taureau comme tout à fait étrangers à ce milieu, qui entraînèrent des changements dans l’élevage des taureaux en Andalousie. D’une part, il faut considérer le développement de la tauromachie comme un phénomène de masse grâce à l’apparition de ses premières grandes figures, les villages andalous édifiant alors des arènes, ce qui se traduisit par une forte croissance de la demande de taureaux.

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D’autre part, il se produisit d’autres changements d’ordre socio-économique qui eurent d’importantes répercussions sur l’élevage des taureaux, en premier lieu, la vente des biens de mainmorte [33][33] La bibliographie sur la vente des biens de mainmorte... : ce fut un processus long et complexe qui occupa presque tout le xixe siècle et dont le résultat fut la mise sur le marché de centaines de milliers d’hectares de terre en Andalousie (figure 2) et l’apparition de nouveaux propriétaires, parmi lesquels de nombreux éleveurs de taureaux de combat [34][34] Pour élaborer ce graphique, nous avons analysé l’acquisition....

Figure 2 - Achats de terres par les éleveurs de taureaux sévillans au xixe siècleFigure 2
Source : Contrats d’achats-ventes de terres (AHPSE, PN)
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Si grâce aux actes notariés, nous nous penchons sur l’origine des terres achetées par les éleveurs de taureaux dans la province de Séville, nous constatons que ces acquisitions ont été effectuées lors des différentes phases du processus de vente des biens de mainmorte. Et même, lorsqu’il s’agit d’achats à des particuliers, ceux-ci pouvaient avoir acquis ces biens précédemment, lors de phases antérieures de ce même processus (figure 3).

Figure 3 - Origine des terres achetées par les éleveurs de taureaux andalous dans la seconde moitié du xixe siècle (%)Figure 3
Source : Contrats d’achats-ventes de terres (AHPSE, PN)
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En même temps, la vente des biens de mainmorte entraîna la disparition de quelques-uns des principaux éleveurs de la période précédente, en particulier des ecclésiastiques qui perdirent leurs propriétés, et de la noblesse titrée, laquelle, grâce à la dissolution des majorats, eut la possibilité de mettre ses terres en vente. L’exemple de la privatisation des marais du Guadalquivir dans la province de Séville, autrefois propriété publique dans leur quasi-totalité, montre comment les éleveurs profitèrent de cette opportunité pour passer du statut de fermiers à celui de grands propriétaires terriens (tableau 2) :

Tableau 2 - Statut des terres tenues par les éleveurs de taureaux des marais du Guadalquivir (1850-1920)Tableau 2

Données en ha

Source : González Arteaga, 1993, p. 336-343
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Le passage du statut de fermier à celui de propriétaire eut d’importantes conséquences sur la gestion et le fonctionnement des élevages de taureaux. En premier lieu, il permit une plus grande continuité des élevages, qui n’étaient plus soumis au renouvellement des baux. En second lieu, il permit d’approfondir la sélection des animaux reproducteurs qui constituent la base de cet élevage. Enfin, il accentua la spécialisation de l’élevage bovin, stimulé par la demande, toujours plus orienté vers la production de taureaux pour les arènes. Cet élevage gagna en importance au sein des grandes exploitations agricoles. Le fameux élevage de la famille Miura nous en fournit un exemple paradigmatique [35][35] López Martínez, 2007a.. Ce mythique élevage sévillan avait été créé par Juan Miura, un industriel sévillan, fabricant de chapeaux, qui, dans les années 1840, développa une grande exploitation agropastorale, dont une partie était consacrée à l’élevage des taureaux de combat [36][36] Partage des biens de Juan Miura Rodríguez, AHPSE, PN,.... À sa mort en 1854, on utilisait les mêmes vaches reproductrices pour l’obtention de taureaux et des bœufs de labour. Les vaches et les élèves, comme le reste du troupeau, étaient nourris sur les jachères et les chaumes, tandis que les taureaux – 66 de plus de trois ans – étaient placés dans les pâturages de la zone des marais. L’élevage des taureaux, tout en s’intégrant parfaitement dans l’ensemble de l’exploitation, permettait aux propriétaires de bénéficier des prix élevés qu’avaient atteint ces animaux.

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À la mort de Juan Miura, l’élevage, même s’il appartenait nominalement à sa veuve, María Josefa Fernández, passa sous la direction de son fils, Antonio Miura, qui mena à bien une série de transformations, dont la plus importante fut sans doute la séparation du bétail domestique et des bêtes de combat, comme cela apparaît dans l’inventaire de l’élevage en 1869, après le décès de sa mère. On y différencie les vaches reproductrices domestiques des braves, ce qui n’avait pas été fait dans l’inventaire précédent, datant de 1854, ce qui indique le plus haut degré de spécialisation atteint par l’élevage à cette période. L’inventaire effectué à la mort de María Josefa Fernández permet d’apprécier l’importance de l’élevage des taureaux dans l’économie familiale puisqu’il représente 22% de la valeur des biens inventoriés [37][37] Partage des biens de Josefa Fernández, veuve de Juan....

Modernisation de l’agriculture et chemin de fer

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Dans les dernières années du xixe siècle et le début du xxe, se produisirent toute une série d’évènements qui eurent d’importantes répercussions dans la gestion de l’élevage des taureaux dans la vallée du Guadalquivir : la modernisation de l’agriculture andalouse ; l’utilisation des moyens de transport modernes pour le déplacement des taureaux ; la création de l’association des éleveurs des taureaux de combat.

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La modernisation de l’agriculture andalouse se produisit principalement à partir de la progressive réduction des jachères, de la mise en culture de terres vaines d’origine communale et de l’assèchement des marais [38][38] Sur la modernisation de l’agriculture, voir Sumpsi,.... Cette évolution eut une influence marquée sur l’élevage des taureaux, puisque, jusque-là, leur entretien avait dépendu de ces trois éléments. Les jachères et les friches, avec les chaumes, avaient été la base de la nourriture de ce bétail dans les latifundia de la vallée du Guadalquivir. De leur côté, les terres des marais avaient permis de les maintenir en été quand les pâtures étaient mises en défens et que les seuls pâturages frais se trouvaient au bord des fleuves.

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L’utilisation de ces espaces par la culture entraîna le déplacement des taureaux vers des terres marginales, surtout dans les montagnes. Ce processus se produisit dans l’ensemble de la vallée du Guadalquivir, mais on peut en trouver de nombreux autres exemples dans la province de Séville comme le montre le tableau 3.

Tableau 3 - Localisation des fermes pratiquant l’élevage des taureaux dans la province de Séville du xviiie au xxe siècleTableau 3
Source : López Martínez, 2002a
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Un des aspects les plus délicats de la commercialisation des taureaux concernait les déplacements. Le transfert des animaux de combat posait des problèmes importants, à cause du danger, ce qui faisait que leur transport était très coûteux. Ces voyages à plus ou moins grande distance duraient longtemps et nécessitaient un nombre considérable d’hommes pour les mener à leur terme. Et c’est ce qui explique que les éleveurs aient été très réceptifs aux innovations qui se produisirent dans le domaine du transport, chemin de fer, bateaux à vapeur et, plus tard, camions [39][39] Sur le transport des taureaux par voie ferrée, voir....

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Le transfert des taureaux à longue distance donna lieu à une lutte entre les différents moyens de transport pour s’emparer de ce marché. Chacun avait ses avantages et ses inconvénients qui, selon les circonstances, favorisaient l’un ou l’autre. Le moyen de transport le meilleur marché était logiquement la marche à pied le long des sentiers réservés au bétail, mais il présentait un grave inconvénient : sa lenteur, rédhibitoire sur les longues distances, sans oublier le danger pour les régions traversées [40][40] Le trajet à pied de Séville à Madrid d’un troupeau....

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Dans le cas des ports – Barcelone, Valence, La Corogne – le transport maritime s’imposait car il était bon marché. Il permettait de charger dans des caisses tous les taureaux dont on avait besoin et facilitait aussi le transport des bouviers qui les accompagnaient. Le principal problème était la durée du trajet : huit jours entre Séville et Barcelone, contre trois par chemin de fer.

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Ce dernier s’imposa comme moyen de transport le plus rapide et le plus aisé pour le transfert des animaux, mais il était considérablement plus cher que les autres. Il finit par s’imposer à cause de sa rapidité et des facilités qu’il présentait, mais pour cela il dut offrir de nombreux rabais sur les tarifs et des facilités pour les déplacements. Très tôt, les transferts des taureaux en Espagne furent liés à ce nouveau moyen de transport [41][41] Sans préjuger d’autres documents qui pourraient avancer.... De même, très tôt, il fut utilisé pour transférer des élevages entiers d’une région à une autre.

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Les imprésarios des arènes commencèrent à demander des tarifs spéciaux pour le transport des animaux ; en échange, ils promettaient d’assurer une certaine régularité dans les envois et un nombre déterminé de transferts. Les archives de la Fondation des Chemins de Fer Espagnols (ffe) conservent un grand nombre de demandes dans ce sens, particulièrement celles des imprésarios des arènes de Madrid, Niembro et Mazzantini, à la compagnie ferroviaire mza pour amener des taureaux andalous en provenance de Séville jusqu’à la capitale [42][42] La documentation relative à ce transfert comme celle.... Ils demandaient des prix spéciaux pour le transfert des taureaux, le transport gratuit pour les bouviers qui les accompagnaient et le retour gratuit des caisses, offrant en échange d’envoyer un assez grand nombre d’animaux pour justifier la formation d’un train spécial. Les négociations entre les impresarios et le comité de direction de mza furent fructueuses, ce qui permit d’affréter chaque année de Séville à Madrid des trains spéciaux composés de 15 à 20 wagons, chacun transportant six caisses. Les expéditions de taureaux de Séville à Madrid, dont les archives de la ffe conservent la trace, sont les suivantes (figure 4) :

Tableau 4 - Expéditions de taureaux de Séville à Madrid par chemin de ferTableau 4
Source : AFFE, série Servicio Comercial de la Compañía de Madrid a Zaragoza y Alicante (mza)
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Le succès du transport par chemin de fer jusqu’à Madrid poussa les imprésarios des arènes de Barcelone et de Valence à demander des conditions spéciales pour leurs taureaux. Même s’il est certain que le transport maritime était meilleur marché, jusqu’à 50 % moins cher selon l’imprésario de Valence, la durée du trajet était telle qu’il était préférable de recourir au train.

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Un tableau statistique élaboré par la compagnie mza et datant du commencement du xxe siècle récapitule le nombre de taureaux envoyés par chemin de fer de Séville à Barcelone et Valence, et de ceux qui embarquèrent sur le port sévillan entre mars 1906 et mai 1907. Entre ces deux dates, sortirent de Séville en direction de Barcelone et Valence 364 caisses avec des taureaux, vers les destinations suivantes :

  • 226 caisses par chemin de fer pour Barcelone ;

  • 80 caisses par chemin de fer pour Valence ;

  • 58 caisses vers le port de Séville pour y être embarquées.

Comme on peut le voir, le chemin de fer finit par gagner la partie face aux autres moyens de transport, même face au bateau en direction les villes portuaires, puisque seulement 16 % des taureaux qui y furent envoyés empruntèrent la voie maritime, tandis que le reste utilisait la voie ferrée.

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Enfin, le troisième concurrent du train sur le marché du transport des taureaux et celui qui finalement devait le remplacer, fut la voie terrestre, le camion. Après la Première Guerre mondiale le réseau ferré ne pouvait plus s’étendre et les compagnies ne semblaient pas très disposées à investir dans la modernisation du réseau, c’est-à-dire à l’électrifier. Cela ne leur permit pas de continuer leur politique de rabais sur les tarifs comme elles l’avaient fait jusqu’alors, si bien que ceux-ci se maintinrent au même niveau.

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En revanche, le réseau routier bénéficia de nombreux investissements durant la Dictature de Primo de Rivera et la Seconde République (vers 1920-vers 1935). Le réseau des routes nationales passa d’environ 45 000 km en 1913 à quelque 70 000 km en 1935, tandis que le réseau des chemins vicinaux augmenta de 8 000 à 20 000 km entre ces mêmes dates [43][43] Herranz Loncán, 2004, p. 50.. En même temps, se produisit la motorisation du transport. Tout ceci entraîna une considérable réduction des tarifs appliqués par le transport routier et une notable augmentation de la vitesse moyenne, surtout à partir de 1930, ce que permit à la route de concurrencer le chemin de fer sur les moyennes et longues distances [44][44] Ibid., p. 198..

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Tout au long du xixe siècle, grâce à la modernisation des transports, on a assisté à la mise en place d’un véritable marché national du taureau de combat, ces animaux pouvant se déplacer de manière régulière dans toute la péninsule en provenance des régions spécialisées dans leur production. Des 236 élevages qui se présentent pour la première fois dans les arènes de Madrid dans la première moitié du xixe siècle, 85% proviennent de six provinces, certaines aussi distantes que Cadix, Séville ou la Navarre. Dans la seconde moitié dudit siècle, seulement 36% des élevages qui débutent à Madrid sont originaires des provinces de Séville et de Cadix.

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Actuellement, on n’élève des taureaux de combat que dans 21 provinces espagnoles. Les quatre cinquièmes du troupeau se concentrent dans six provinces et la moitié dans deux d’entre elles : Salamanque et Séville. Comme il n’a pas été possible de disposer du prix des taureaux [45][45] On estime qu’il existe un marché national pour une..., nous avons dû utiliser la concentration des élevages dans un petit nombre de provinces comme indicateur de l’existence d’un marché national pour ce type de bétail [46][46] Sánchez Belda, 1980..

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Il est certain que le processus de spécialisation provinciale de l’élevage des taureaux avait commencé avant le triomphe du chemin de fer pour leur transport. Il est également évident que d’autres facteurs sont intervenus dans ce processus, comme la vente des biens de mainmorte et la modernisation de l’agriculture espagnole, qui a chassé les taureaux des terres les plus fertiles. Cependant, il est indubitable que le transport des taureaux en train a joué un rôle de premier plan dans la forte concentration géographique qui s’est produite dans l’élevage du bétail de combat.

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La statistique élaborée par l’Union des Éleveurs de Taureaux de Combat en 1932 reflète une autre évolution et un pas de plus vers la configuration de l’élevage andalou moderne [47][47] L’Union des Éleveurs de Taureaux de Combat a été fondée.... On peut y voir la progressive séparation entre les activités agricole et pastorale, avec l’apparition de ceux que nous pourrions appeler de simples éleveurs, c’est-à-dire des éleveurs qui se consacrent presque exclusivement à la production de taureaux et pour lesquels l’activité agricole est subordonnée à ce but. Dans cette enquête, apparaît aussi une autre catégorie d’éleveurs qui sont ceux qui ne pratiquent pas d’autres activités et qui pourraient être dénommés éleveurs purs. Ainsi, une partie des éleveurs qui figurent dans l’enquête ne cultivent pas de terres et n’ont que quelques autres animaux de peu de valeur par rapport aux taureaux de combat. D’autres cultivaient moins de 100 ha de terre, en donnant dans ce cas une plus grande importance à l’exploitation agricole par rapport à l’élevage des taureaux. C’est ainsi que seulement un tiers des éleveurs de taureaux pratique exclusivement ou de façon prédominante cette activité. L’élevage du taureau de combat tend donc à se détacher du reste des activités agraires et ne peut être considéré comme une alternative rentable à l’agriculture que sur de terres marginales, comme dans le cas de la Sierra Morena.

Les élevages de taureaux aujourd’hui

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Actuellement, la vallée du Guadalquivir est la région espagnole la plus importante pour l’élevage de taureaux de combat comme le démontrent ces chiffres datant de 2010 : on comptait alors dans la vallée du Guadalquivir 291 élevages qui consacraient 160 000 ha, divisées en 557 fermes, à l’élevage de 112 000 bêtes. Et sur ce nombre, 16 500 têtes de bétail de combat de toutes catégories ont été commercialisées cette année-là.

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Tout au long de ce travail, nous avons vu comment les élevages de taureaux ont peu à peu évolué jusqu’à devenir de véritables entreprises pastorales. En tant qu’entreprises, elles recherchent l’augmentation continue de leurs sources de revenus, comme les subventions de l’Union Européenne (Politique Agricole Commune, pac), et l’optimisation de leurs ressources moyennant la diversification de leurs activités, par le tourisme et les pratiques cynégétiques.

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Le bétail de combat ne dispose d’aucun système d’appui spécifique au sein de la pac, bien qu’il soit inclus dans les dispositions de l’Organisation Commune de Marché (ocm) concernant la viande bovine [48][48] Bardaji Azcárate, 2005.. Les premières ocm des bovins (1968), comme celles qui concernaient d’autres produits agricoles, étaient basées sur la protection du marché et l’intervention. Elles établissaient un régime de prix minima pour le marché de la viande au-dessous desquels les organismes communautaires intervenaient en achetant de la viande. De forts tarifs douaniers, protégeant la viande communautaire face à l’entrée de celle qui provenait de pays tiers, s’ajoutaient à ces mesures.

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La situation allait changer avec les ocm postérieures qui introduisirent de nouveaux critères pour l’obtention des aides. L’ocm de 1992 est la première qui affecta l’Espagne après son entrée dans l’Union en 1986, à la fin de la période de transition établie par les accords d’adhésion. Elle abandonnait les critères précédents de protection du marché et d’intervention et les remplaçait par la concession de primes directes aux producteurs. Ces primes étaient calculées en fonction du nombre d’animaux de chaque exploitation (vaches allaitantes et bovins mâles) tout en exigeant de ne pas dépasser une certaine charge de bétail par exploitation, ce qui signifiait qu’elle visait à privilégier l’extensification. Cette nouvelle norme favorisait spécialement les exploitations de bétail de combat, caractérisées par un grand nombre de têtes par exploitation et par son caractère extensif.

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Le régime d’aides établi par l’ocm de 1992 pour les bovins à viande établissait les primes suivantes :

  1. Prime aux vaches allaitantes, qui consiste en une prime communautaire de 200 euros/tête/an, plus une autre prime nationale de 24,5 €, à condition que la charge soit inférieure à 1,8 ugb/ha ;

  2. Prime pour les taureaux de 210 €/tête/an ;

  3. Prime pour l’extensification de 100 € pour chaque animal des exploitations ayant une charge inférieure à 1,4 ugb/ha dans les fermes dont plus de 50% de la superficie est consacrée à l’élevage ;

  4. Prime spéciale pour les producteurs de bovins mâles de 150 € par mâle âgé de plus de 7 mois pour les exploitations ayant une charge inférieure à 1,8 ugb/ha, à condition de ne pas dépasser 180 animaux par exploitation. Cette prime est particulièrement intéressante pour le bétail de combat puisque la majorité des mâles, destinés aux spectacles taurins, ne sont vendus que lorsqu’ils sont âgés de plusieurs années ;

  5. Prime de 80 € par tête pour l’abattage d’animaux de plus de 8 mois ;

  6. Prime additionnelle payée par l’État de 30 € chaque année pour tous les animaux d’une exploitation ayant une charge inférieure à 1 ugb/ha.

Ces aides représentent 43,3% des revenus des élevages de taureaux, le reste provenant de la vente des animaux aux arènes (50,1%) et du bétail de rebut destiné à la boucherie (6,6%) [49][49] Caballero de la Calle, 2005, p. 45.. Comme on le voit, les subventions de la pac sont devenues une des bases économiques de l’élevage des taureaux en Espagne. Le montant des primes reçues par ces exploitations n’a cessé de croître depuis la mise en pratique de l’ocm de 1992 et, plus tard, de l’ Agenda 2000, comme le montre clairement la figure 4.

Figure 4 - Primes reçues de la pac par une exploitation type de 200 vachesFigure 4
Source : Pulido, Mesías et Del Solar, 2005, p. 61 et 63
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Cette forte augmentation des subventions perçues par les éleveurs de taureaux – 250% – entraîna une forte croissance du nombre d’animaux de combat espagnols, qui, dans le cas des mâles marqués au fer, passa de 26 000 en 1993 à 33 000 en 2003, soit 27% de plus. Et même, dans certaines exploitations durant cette période, se produisit une reconversion de l’élevage traditionnel vers celui des taureaux, étant donné le meilleur traitement dont il bénéficiait de la part de la pac. En même temps, le nombre de fermes consacrées à l’élevage des taureaux ne cessa de croître pendant ces années : en 1993, il y en avait 944, tandis qu’en 2010 on en comptait 1 350, soit une augmentation de 43%.

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Il n’y a pas de données séparées qui permettraient de connaître quelles sommes a reçues le secteur de l’élevage des taureaux en provenance de la pac, car le gouvernement espagnol ne publie pas les données. Cependant, nous avons pu calculer les quantités reçues par quelques-uns des éleveurs les plus importants de la vallée du Guadalquivir, ceux qui ont vendu le plus de bêtes pour les corridas (tableau 5).

Tableau 5 - Subventions reçues par quelques éleveurs de la vallée du Guadalquivir de la part de la pac, 2003-2010Tableau 5
Source : http://www.farmsubsidy.org/ (Explore European Common Agricultural Policy Farm Subsidy Payments)
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Par ailleurs, les éleveurs essaient de tirer plus de bénéfices des possibilités des vastes étendues de pâturages où sont élevées leurs bêtes, en développant des programmes de visites guidées de leurs élevages, durant lesquelles ils permettent aux visiteurs de connaître de près la vie au sein de l’exploitation et les activités qui s’y déroulent, et leur offrent le contact avec la nature, étant donné la qualité des paysages des zones où l’on élève les taureaux de combat. Il peut s’agir d’initiatives individuelles de tel ou tel éleveur, comme c’est le cas dans la province de Séville, où au moins onze élevages peuvent être visités ; d’autres essaient de s’insérer dans les circuits touristiques des congrès professionnels que se tiennent dans la capitale de la province, ou encore de faire partie des diverses offres touristiques qui sont proposées aux nombreux visiteurs de la ville tout au long de l’année.

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Dans d’autres cas, les visites se déroulent conjointement dans plusieurs élevages de la région. C’est le cas de ce que l’on appelle le Train Taurin du Condado, une initiative qui vit le jour en 2000 et a comme objectif de transporter les visiteurs en train de Madrid à Vilches dans la région du Condado (province de Jaén), où existent de nombreux élevages de taureaux. Une fois dans cette localité, la visite se poursuit en véhicules tout terrain dans les différentes fermes d’élevage, le tout combiné avec des repas champêtres et le logement sur place [50][50] D’après Lamet, rédacteur du journal économique Expansión,....

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Enfin, les activités cynégétiques sont une autre des initiatives prises par les éleveurs pour essayer de rentabiliser les fermes où ils élèvent leurs bêtes. Nous disposons des données de cette activité pour quelques fermes de la province de Cadix, pour les années 1981-1985, extraites des documents figurant dans le Projet de Réforme Agraire de la Junte d’Andalousie (tableau 6).

Tableau 6 - Activités cynégétiques dans des fermes pratiquant l’élevage des taureaux dans la province de Cadix, 1981-1985Tableau 6

Superficies en ha ; revenus en pesetas

Source: AHPCA: Expedientes de fincas sujetas al Proyecto de Reforma Agraria de la Junta de Andalucía, 1986
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La vallée du Guadalquivir constitue un observatoire privilégié pour interpréter l’évolution qu’a connue l’élevage des taureaux de combat durant une longue période de temps qui remonte au Moyen Âge et se poursuit jusqu’à nos jours. Dès le premier moment, cette vallée a abrité des domaines qui, directement ou indirectement, se sont livrés à l’élevage des taureaux. Ce processus a connu une évolution claire : on est passé d’une activité circonstancielle et conjoncturelle qui visait à fournir des animaux pour les spectacles à une profession permanente, celle d’éleveur de taureaux de combat, et à une spécialisation qui privilégie ce type d’élevage par rapport aux autres activités agropastorales qui peuvent être pratiquée dans les fermes.

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Au cours de cette longue période, l’élevage des taureaux a connu un processus de rationalisation, recherchant l’optimisation des bénéfices de l’exploitation. Les taureaux ont abandonné les terres où d’autres spéculations étaient plus avantageuses parce qu’elles faisaient l’objet d’améliorations en vue d’obtenir de meilleurs bénéfices agricoles. C’est ce qui s’est produit dans les terres de la plaine, susceptibles d’être bonifiées grâce à l’irrigation, ou des terres marécageuses, qui, grâce au drainage, pouvaient être utilisées pour d’autres cultures, comme celle du riz.

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Ainsi, les élevages de taureaux ont été relégués sur des terres marginales comme celles des zones de montagne lesquelles, grâce à la forte productivité de cette activité, résultant des prix de vente élevés des animaux de combat, pouvaient être utilisées avec plus d’avantages que n’importe quelle autre activité agropastorale. Ces terres, de qualité inférieure, auraient pu être exploitées autrement, mais aucune autre activité n’aurait été plus rentable que l’élevage des taureaux. En même temps, les éleveurs ont essayé d’obtenir de plus hauts revenus de leurs exploitations, soit en recherchant des subventions, soit en étendant et en variant l’éventail des activités pratiquées sur leurs fermes dans le but d’améliorer leur rentabilité.


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    —, «Ganadería, cerramientos y sistema de cultivo al tercio en los latifundios andaluces» in Congost Rosa et Lana José Miguel (éd.), Campos cerrados debates abiertos. Análisis histórico y propiedad de la tierra en Europa (siglos xvi-xix), Pamplona, Universidad Pública de Navarra, 2007b, p. 311-325 ;
    —, «El ferrocarril y el transporte de toros en España», communication présentée au ve Congreso de Historia Ferroviaria, tenu à Palma de Mallorca, 2009 ;
    —, El Mercado taurino en los inicios de la tauromaquia moderna, Séville, sous presse.
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  • Zapata Blanco, Santiago, La Producción agraria de Extremadura y Andalucía Occidental, 1875-1935, Madrid, Universidad Complutense, Servicio de Reprografía, 1986, 2 vol..

Notes

[1]

Les études les plus récentes sur l’histoire de l’élevage espagnol et andalou ont totalement ignoré l’existence de l’élevage des taureaux de combat : G.E.H.R., 1978 et 1979.

[2]

Sur l’histoire de l’élevage des taureaux en Espagne, Ruiz y Peña, 1876, El Toreo, 1888, Olmedo, 1897, Vera, 1961, Uriarte, 1969, Barga Bensusán, 1998 et López Martínez, 2002a.

[3]

La bibliographie disponible sur l’histoire de la tauromachie est très abondante. On se contentera de signaler ici quelques ouvrages : Gómez De Bedoya, 1989, Guillaume-Alonso, 1994, Bennassar, 2000, Boto Arnau, 2001, Shubert, 2002, Velázquez y Sánchez, 2004, Campos Cañizares, 2007 et García-Baquero González, 2008.

[4]

Campos Cañizares, 2007.

[5]

Sur la tauromachie populaire, on se reportera à l’œuvre de Julián Pitt-Rivers, réunie dans les numéros 14 et 15 de la Revista de Estudios Taurinos (2002), sous le titre « Antropología completa de la tauromaquia: Obra completa taurina de Julián Pitt-Rivers ».

[6]

Le premier règlement taurin connu a été élaboré au Puerto de Santa María en 1785 : Disposiciones y Reglamentos de la Plaza de Taureaux de El Puerto de Santa María 1785-1862-1880, El Puerto de Santa María, 2005, Club Taurino El Rabo.

[7]

En 2005, la Revista del Instituto de Estudios Económicos a publié un numéro monographique sur l’économie des taureaux de combat, d’un grand intérêt pour la question que nous traitons ici (année 2005, n° 3).

[8]

Bernal et Drain, 1975. Pour l’élaboration de ce travail, nous avons consulté les dépôts d’archives suivant : Archivo Histórico Nacional (AHN) ; Archivo General de Simancas (AGS) ; Archivo Regional de la Comunidad de Madrid (ARCM) ; Archivo Histórico Provincia de Cádiz (AHPCA) ; Archivo Histórico Provincial de Córdoba (AHPCO) ; Archivo Histórico Provincial de Jaén (AHPJ) ; Archivo Histórico Provincial de Séville, Sección de Protocolos Notariales (AHPSE, PN) ; Archivo Municipal de Arcos de la Frontera (AMAF) ; Archivo Municipal de Alcalá de los Gazules (AMAGA) ; Archivo Municipal de Alcalá de Guadaira (AMAGU) ; Archivo Municipal de Arahal (AMAR) ; Archivo Municipal de Aznalcázar (AMAZ) ; Archivo Municipal de Cádiz (AMCA) ; Archivo Municipal de Carmona (AMCAR) ; Archivo Municipal de Castilblanco de los Arroyos (AMCAS) ; Archivo Municipal de Coria del Río (AMCR) ; Archivo Municipal de Dos Hermanas (AMDH) ; Archivo Municipal de Écija (AME) ; Archivo Municipal de Jerez de la Frontera (AMJF) ; Archivo Municipal de Guillena (AMG) ; Archivo Municipal de Lebrija (AML) ; Archivo Municipal de Lora del Río (AMLR) ; Archivo Municipal de Marchena (AMM) ; Archivo Municipal de Morón de la Frontera (AMMF) ; Archivo Municipal de Medina Sidonia (AMMS) ; Archivo Municipal de Puebla del Río (AMPR) ; Archivo Municipal de La Rinconada (AMR) ; Archivo Municipal de Séville (AMSE) ; Archivo Municipal de Utrera (AMU) ; Archivo de la Real Maestranza de Caballería de Séville (ARMCS) ; Archivo de la Fundación de Ferrocarriles Españoles (AFFE).

[9]

Collantes de Terán Sánchez, 1976.

[10]

Otte, 2008.

[11]

López Martínez, 2002b.

[12]

Romero Abao, 1991.

[13]

López Molina, 1999.

[14]

López Martínez, sous presse, p. 79, n. 40.

[15]

Sur certaines pratiques de l’élevage et de la sélection du bétail de combat, voir Domecq y Díez, 1994.

[16]

En 1768, l’hôpital de la Providencia du Puerto de Santa María, connu populairement comme l’Hospitalito, obtint la licence royale pour célébrer 10 corridas chaque année dans le but de contribuer à son entretien.

[17]

AHN, Consejos, liasse 17.679, document 3, Varios Curiosos.

[18]

Sur l’importance de la Real Maestranza de Caballería de Séville pour les débuts de la corrida moderne, Rojas Solís, 1917, Solís y Sánchez-Arjona, 1992, García-Baquero, Romero de Solís et Vázquez Parladé, 2001 et Toro Buiza, 2002.

[19]

AHMMF, liasse 182.

[20]

ARMCS.

[21]

Pour l’étude de ces fournisseurs de taureaux de combat à la Real Maestranza, nous avons analysé les sources les plus diverses, de caractère privé – registres des notaires –, comme publics, principalement de type fiscal, cadastres et amillaramientos (registres municipaux d’évaluation de la richesse). Les archives consultées figurent dans la note 8.

[22]

Drain, 1968 et Araujo Miguelez, 1999.

[23]

C’est un exemple de la position confuse des hommes des Lumières face aux corridas. Alors que les uns y étaient opposés, comme Jovellanos, Céspedes fut, quant à lui, un éleveur distingué de taureaux de combat qu’il vendait à la Real Maestranza.

[24]

López Martínez, 2001.

[25]

L’élevage de Vicente José Vázquez au moment de sa mort, en 1830, comptait plus de 4 000 bovins, parmi lesquels figuraient un peu moins de 300 taureaux de quatre ans et plus, aptes pour les arènes : López Martínez, 2004.

[26]

Un bon exemple de ce type de gros laboureurs andalous du xixe siècle in Heran, 1980, qui peut être considéré comme un modèle de l’évolution de la grande bourgeoisie agraire andalouse contemporaine.

[27]

López Martínez ,1998.

[28]

La clôture de ces fermes, c’est-à-dire le maintien de leur exploitation dans un cadre strictement individuel, en marge des contraintes collectives, commença à se généraliser en Basse Andalousie dès le xve siècle et, s’amplifia au xviie, lorsque les difficultés des finances de la monarchie la conduisirent à vendre des centaines de permis d’enclore. Sur ces clôtures, López Martínez, 2007b.

[29]

Cette grande quantité de viande bovine, calculée à partir des taxes municipales, était nécessaire pour l’approvisionnement d’une population élevée et en constante croissance (environ 80 000 habitants) et pour avitailler le grand nombre de navires, plus de mille chaque année, qui s’amarraient dans son port.

[30]

Crisis, 1888, p. 367.

[31]

ARCM, liasses 5 033, 5 040, 5 049 et 5 062.

[32]

López Martínez, 2006. La Mesta est l’association des éleveurs de moutons transhumants (NdT).

[33]

La bibliographie sur la vente des biens de mainmorte en Espagne est très abondante. Pour le cas andalou, signalons les œuvres suivantes : Mata Olmo, 1987, López Estudillo, 1992 et Jiménez Blanco, 1996.

[34]

Pour élaborer ce graphique, nous avons analysé l’acquisition de 38 600 ha de terre par des éleveurs de taureaux sévillans (AHPSE, PN).

[35]

López Martínez, 2007a.

[36]

Partage des biens de Juan Miura Rodríguez, AHPSE, PN, liasse 17 322p, p. 2 727 et suiv.

[37]

Partage des biens de Josefa Fernández, veuve de Juan Miura, AHPSE, PN, liasse 17 306p, p. 1 452 et suiv.

[38]

Sur la modernisation de l’agriculture, voir Sumpsi, 1978, Zapata Blanco, 1986, Simpson, 1997 et Martínez Ruiz, 2000.

[39]

Sur le transport des taureaux par voie ferrée, voir l’abondante documentation dans les archives des chemins de fer (AFFE).

[40]

Le trajet à pied de Séville à Madrid d’un troupeau de taureaux pouvait durer environ 40 jours, tandis qu’en chemin de fer, il pouvait se faire en 3 jours. Le transport par bateau de Séville à Barcelone d’une corrida de 6 taureaux durait de 8 à 10 jours, tandis qu’en chemin de fer, il suffisait de trois à quatre jours.

[41]

Sans préjuger d’autres documents qui pourraient avancer la date, signalons que les Archives municipales de Séville conservent le rapport du vétérinaire municipal qui supervisa l’embarquement dans un train d’une corrida de taureaux destinée à Valence en 1863, c’est-à-dire très peu de temps après l’arrivée du chemin de fer à Séville : AMSE, Colecciones Alfabéticas, siglo xix, liasse 926.

[42]

La documentation relative à ce transfert comme celle qui concerne le reste des accords signés par la compagnie mza pour le transport de animaux de combat se trouve aux AFFE, série Servicio Comercial de la Compañía de Madrid a Zaragoza y Alicante (mza).

[43]

Herranz Loncán, 2004, p. 50.

[44]

Ibid., p. 198.

[45]

On estime qu’il existe un marché national pour une marchandise donnée quand il se produit une convergence des prix de cette marchandise dans les différents marchés du pays. Cette méthode est difficile à appliquer dans le cas des taureaux de combat, à cause, d’abord, de l’opacité du secteur en ce qui concerne les prix de vente et, ensuite, à cause de la variation du prix des taureaux en fonction des élevages. Un taureau de 4 ans, c’est-à-dire en âge d’être toréé, peut coûter le double ou le triple selon qu’il provient d’un élevage ou d’un autre.

[46]

Sánchez Belda, 1980.

[47]

L’Union des Éleveurs de Taureaux de Combat a été fondée à Madrid en 1905 comme association de défense des intérêts des éleveurs qui pouvaient justifier que leurs bêtes descendaient de ce que l’on appelait les « castes fondatrices ». Appartenir à l’Union, c’était la condition nécessaire pour faire combattre des taureaux dans les principales arènes. Les données de la statistique que nous citons ont été publiées par García Aleas, 1932, appendice.

[48]

Bardaji Azcárate, 2005.

[49]

Caballero de la Calle, 2005, p. 45.

[50]

D’après Lamet, rédacteur du journal économique Expansión, « selon les chiffres de l’Institut National de la Statistique, les recettes obtenues dans les arènes espagnoles et les données officielles du gouvernement sur la consommation, les taureaux apportent chaque année 700 millions d’euros au secteur touristique » : conférence prononcée au Séminaire « Vision et nouveaux défis de la Tauromachie face au xxie siècle » à l’Université Internationale Menéndez Pelayo à Séville, le 16 novembre 2012.

Résumé

Français

La superficie consacrée à l’élevage des taureaux de combat en Espagne est d’environ 500 000 ha, ce qui correspond à plus de 3% de la superficie cultivée du pays et à presque 8% de la superficie en prairies et pâturages. Malgré l’opacité du secteur, on peut estimer qu’il reçoit quelque 2 millions d’euros par an et crée des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects. Cependant, malgré l’importance du secteur, les études universitaires consacrées à l’économie de cette activité sont très rares. La vallée du Guadalquivir accueille approximativement un tiers des entreprises pastorales espagnoles. C’est là qu’ont été créés la plupart des élevages les plus prestigieux; l’élevage des taureaux de combat y est le fruit d’une longue tradition. Malgré son ancienneté, il a connu une série de transformations dues, soit à des évolutions dans la tauromachie elle-même, comme l’apparition du toreo à pied ou la réglementation de la corrida, soit à des éléments extérieurs comme les transformations qu’a connues l’agriculture non irriguée dans les latifundia andalous, la vente des biens de mainmorte et la modernisation de l’agriculture andalouse.

Mots-clés

  • Andalousie
  • chasse
  • exploitation agraire
  • élevage
  • latifundium
  • modernisation agraire
  • pac
  • taureaux de combat
  • vente de biens de mainmorte

English

In Spain, around 500,000 ha. are devoted to raising fighting bulls, which comes to over 3 % of the total cultivated land of the country, and almost 8% of its meadows and pastures. In spite of the lack of transparency of the industry, the amount of subsidy received can be estimated at some 2 million euros a year, generating tens of thousands of direct and indirect job creations. In spite of its weight, however, the economy of this particular branch has generated very little research at the University level. The Gualdaquivir valley hosts approximately a third of all pastoral farming businesses in Spain. Most of the most prestigious breeding farms were created there, a fruit of the long tradition of raising fighting bulls in the area. In spite of its antiquity, this tradition has undergone a series of transformations, either because of evolutions taking place in bullfighting itself, such as the development of the torero on foot or the process of regulation of corridas, or because of external elements such as the transformation of dry farming in the Andalusian latifundia, the selling of mortmain property, or the modernization of agriculture in the region.

Keywords

  • Andalusia
  • hunting
  • farming business
  • breeding
  • latifundium
  • agrarian modernization
  • cap
  • fighting bulls
  • sales of mortmain property

Español

La superficie dedicada a la cría de los toros de lidia en España es, aproximadamente, de unas 500.000 hectáreas, lo que equivale a más del 3% de toda la superficie cultivada del país y a casi el 8 % de la superficie dedicada a prados y pastizales. A pesar de la opacidad del sector, se puede considerar que factura unos 2.500 millones de euros cada año, creando directa e indirectamente decenas de miles de puestos de trabajo. Sin embargo, a pesar de la importancia de los números anteriormente referidos, son muy escasos los estudios académicos que han tenido como protagonista esta actividad económica. El Valle del Guadalquivir acoge aproximadamente a un tercio de las empresas ganaderas españolas. Aquí se han criado una buena parte de las ganaderías de toros de lidia más prestigiosas que han existido. La cría de toros de lidia ha tenido una larga tradición en el valle del Guadalquivir. A pesar de su antigüedad ha conocido una serie de transformaciones debidas, tanto a motivaciones del propio ámbito taurino, como son la aparición del toreo a pie y la normalización de la corrida de toros, como por elementos ajenos a dicho ámbito. Entre estos elementos ajenos que han influido a la evolución de la ganadería destacan los cultivos de secano en los latifundios andaluces, las desamortizaciones y la modernización de la agricultura andaluza.

Palabras claves

  • Andalucía
  • desamortización
  • explotación agraria
  • ganadería
  • latifundio
  • modernización agraria
  • pac
  • toros de lidia

Plan de l'article

  1. Origines de l’élevage du taureau de combat. Les éleveurs occasionnels
    1. Au xviiie siècle. Noblesse et monastères
    2. Au xixe siècle. Vente des biens de mainmorte et début de la sélection
    3. Modernisation de l’agriculture et chemin de fer
    4. Les élevages de taureaux aujourd’hui

Pour citer cet article

López Martínez Antonio Luis, « L'élevage des taureaux de combat dans la vallée du Guadalquivir. Une spécialisation économique (XVIIIe-XXIe siècle) », Histoire & Sociétés Rurales, 1/2013 (Vol. 39), p. 97-125.

URL : http://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2013-1-page-97.htm


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