Revue historique
P.U.F.

I.S.B.N.9782130563594
264 pages

p. 857 à 885
doi: 10.3917/rhis.074.0857

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n° 644 2007/4

L’internationalisation de la peinture avant-gardiste, de Courbet à Picasso : un transfert culturel et ses quiproquos

Béatrice Joyeux-Prunel
L’article étudie comment les avant-gardes parisiennes purent rester d’avant-garde et gagner la reconnaissance, alors que le soutien du marché de l’art leur était a priori refusé – et qu’elles le refusaient par principe. C’est d’abord un détour commercial par l’étranger qui leur permit de persister dans leur avant-gardisme. Du réalisme de Courbet et de ses émules dans les années 1850 et 1860, jusqu’au fauvisme et au cubisme, la plupart des artistes d’avant-garde réussirent à exporter une peinture moins novatrice que ce qu’ils exhibaient dans le champ artistique parisien. En jouant sur les décalages entre les champs artistiques nationaux, ils prétendaient en outre à une reconnaissance étrangère qui prouvait le retard parisien, et activaient la jalousie nationaliste de leurs contemporains. Ce détour et ses conséquences symboliques et commerciales furent rendus possibles par un intelligent travail, plus ou moins conscient, de manipulation de sens du message idéologique et esthétique des avant-gardes entre Paris et l’étranger. Ce vaste transfert culturel, des plus réussis, était aussi des plus riches en quiproquos.Mots-clés : 1848-1914, Paris, peinture d’avant-garde, internationalisation, transferts culturels. It is often asked how the various historical avant-gardes were able to persist in their avant-gardism and gain recognition, when support from the art market was denied them out of hand. From the Realism of the 1850s to the virulent varieties of avant-gardism in the 1910s, artistic innovation was made possible by avant-garde painting’s physical as well as symbolic detour abroad. This detour allowed artists to remain avant-garde within the Parisian field while at the same time exporting a more saleable kind of painting. On the symbolic level, especially, it was a basis for the legitimacy of avant-garde claims about the internationalization of their careers, stirring European elites’ national guilty consciences. This internationalization was rendered possible by the large range of cultural divisions among various countries. One could therefore work to adapt avant-garde exhibitions abroad. From the Realist period onward, the artists themselves, then increasingly their dealer friends, critics, and collectors, took charge of this vast movement of cultural transfer, but at the risk of making many compromises. Keywords : 1848-1914, Paris, Avantgarde-painting, Internationalization, Cultural Transfer.
• L’HéRITAGE PRAGMATIQUE DU RéALISME : DIFFéRENCIER SA PRODUCTION
• LE POSTIMPRESSIONNISME TRADUIT POUR L’ÉTRANGER, JUSQU’AU CONTRESENS
• À L’HEURE DE L’INTERNATIONALISATION DE L’ART MODERNE : LES MULTIPLES VISAGES DE LA PEINTURE AVANT-GARDISTE
• CONCLUSION


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