Horizons stratégiques 2006/2
Horizons stratégiques
2006/2 (n° 2)
192 pages
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AuteursNathalie Bassaler du même auteur


S. D. Levitt et S. J. Dubner, Freakonomics, Paris, Denoël, février 2006, 298 p. [édition originale : avril 2005]

1


Steven Levitt, célèbre économiste, aidé d’un journaliste du New York Times, tente ici de répondre à des questions « saugrenues » (freak) à partir de tests économétriques et des nouvelles théories économiques. Pourquoi les dealers habitent-ils chez leurs parents ? Qu’est-ce qui, d’une piscine ou d’une arme à feu, est le plus dangereux ? Comment Superman a-t-il détruit le Ku Klux Klan ? Outre le caractère délicieusement drôle de ce livre, celui-ci présente un double intérêt. Tout d’abord, en partant de questions a priori saugrenues, on parvient à des réponses qui mettent en lumière des fausses vraies vérités en sciences humaines. Ainsi, par exemple, il ressort très nettement que ce ne sont ni les nouvelles méthodes policières ni le vieillissement de la population ni encore le durcissement des peines de mort qui expliquent la diminution de la criminalité aux États-Unis, mais bien plus la légalisation de l’avortement : depuis 1985, les États à fort taux d’avortement ont connu un recul de la criminalité supérieur d’environ 30% à celui des États à faible taux d’avortement. Ensuite, ce livre est une bonne introduction à la compréhension de l’histoire récente des États-Unis. Du KKK aux problèmes de ségrégation, en passant par le crack au milieu des années 1980, les cent dernières années aux États-Unis ne sont-elles pas avant tout l’histoire complexe des relations entre les Blancs et les Noirs américains ?
O. H.

Jacques Donzelot, Quand la ville se défait. Quelle politique face à la crise des banlieues ?, Paris, Le Seuil, mars 2006, 190 p.

2


Le sociologue Jacques Donzelot réagit éditorialement et intellectuellement aux violences urbaines de novembre 2005 en publiant un court ouvrage, synthèse de ses analyses. L’auteur, qui a accompagné et promu une certaine forme de politique de la ville à la française (« L’État animateur »), se fait le critique de ce qu’il a contribué à développer. Il milite désormais pour une politique non pas de la ville mais pour la ville. Les pouvoirs publics répondent aux disparités socio-économiques et aux difficultés sociales par une aide au bâti (programmes de démolitions/reconstructions des grands ensembles). L’État ne s’investit pas dans l’aide aux – et avec – les habitants. Pour Donzelot, l’action publique s’évertue à traiter, sans cohérence d’ensemble, la question urbaine qui traduit d’abord un problème social. Les orientations contemporaines sont, toujours selon l’ancien élève de Michel Foucault, d’essence néolibérale et conduisent à une « désétatisation de la gouvernementalité ». Pour remédier à toutes ces tensions et ces impasses, une voie : reconnaître la « ville réelle » en faisant de l’agglomération urbaine une entité démocratique à part, surplombant les communes. Une solution donc : l’intercommunalité pour des actions s’intéressant plus aux gens qu’aux lieux.
J. D.

Pierre Manent, La raison des Nations : réflexions sur la démocratie en Europe, Paris, Gallimard, mars 2006, 100 p.

3


Philosophe et historien des idées, l’auteur s’attache à défendre le concept d’État-nation dont le déclin l’alarme. À cet effet, il rappelle ce que l’État-nation a signifié d’inventivité et combien il a permis un véritable « vivre ensemble », grâce notamment à la démocratie représentative. Ceci ne l’empêche cependant pas de dénoncer les ambiguïtés de l’État providence. Il s’inquiète également d’une construction européenne parfois trop sensible à une gouvernance reposant essentiellement sur la règle de droit. À cet égard, pour ceux qui s’intéressent à l’évolution de l’Union européenne, la force de l’ouvrage réside dans des propos plus incisifs sur la question de l’adhésion turque et certains non-dits de l’élargissement. Selon Pierre Manent, il ne s’agit pas tant de se référer de manière quasi hypnotique à des valeurs que de promouvoir une vaste délibération politique et civique. Alors qu’Angela Merkel a relancé le débat sur l’héritage chrétien dans le préambule de la Constitution européenne, les réflexions sur le religieux (et l’islam) incitent à ne pas s’en tenir à la seule objection de la laïcité. Proposant une vaste analyse des dimensions de la démocratie, de la nation, de la religion, cet ouvrage peut parfois sembler s’interdire de franchir certaines limites, et donc paraître quelque peu inachevé. Mais c’est une invitation bienvenue à relancer la délibération politique autour de notions telles que la communion et la séparation, l’existence du peuple, la volonté collective de représentation, la recherche de sens.
M.-C. M.

Dominique Sellier, La communication gouvernementale en Europe. Analyse comparative, Paris, L’Harmattan, mars 2006, 108 p.

4


L’ouvrage est le double fruit d’une recherche sur les pratiques des services de communication de l’Union européenne et d’une longue expérience au sein du service d’information du Premier ministre. À l’occasion de la Convention sur le projet de traité constitutionnel européen, le Club de Venise (coordination de professionnels en charge de la communication institutionnelle sur l’Europe) avait défendu le droit des citoyens européens à la communication institutionnelle, que cette dernière émane des institutions nationales ou communautaires. À partir d’une feuille de route idéale pour les services d’information gouvernementaux de l’Union européenne, qui pourrait se résumer à « faire connaître, faire comprendre et faire accepter », l’auteur s’interroge sur les pratiques concrètes de communication de ces services d’information. Or, les réponses apportées par la communication gouvernementale demeurent avant tout nationales. Elles sont en grande partie déterminées par l’histoire, la culture ou le rapport au politique. Au demeurant, les frontières de la communication gouvernementale sont confrontées à une alternative : informer ou communiquer. L’intérêt de l’ouvrage réside dans les exemples concrets du COI (Centre Office of Information) britannique et de la pratique allemande des relations avec la presse et le porte-parolat. Face à ses pratiques, la France se caractérise par une analyse poussée de l’opinion. Alors que le dialogue et le débat européens ont été relancés en vue de formuler un nouveau consensus sur la direction future de l’Union européenne, l’auteur illustre l’importance de la communication institutionnelle et incite à ce qu’une attention particulière soit portée à la gestion de l’information et à la communication en relation avec le processus de l’intégration européenne, dans une logique de coopération multi-niveaux.
J.-L. S.

Jean-Pierre Maulny, La guerre en réseau au XXIème siècle. Internet sur les champs de bataille, Paris, le Félin, avril 2006, 120 p.

5


Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'IRIS, est responsable des questions liées à l'industrie d'armement et aux ventes d'armes. La « guerre réseau-centrée » ou Network Centric Warfare (NCW) est la capacité de relier entre elles les différentes armées ainsi que les armées de pays alliés, de récupérer des informations grâce à des drones, des satellites, de les diffuser en temps réel. Comment des pays tels que la France ou le Royaume-Uni repensent-ils leurs armées ? L’Union européenne a-t-elle les moyens de créer une Europe de la défense « hight tech » et doit-elle copier le modèle américain ? Ces performances technologiques sont-elles efficaces dans la lutte contre le terrorisme ou les guérillas urbaines ? Quelles sont les entreprises concernées, pour quels enjeux financiers et industriels ? Comment utiliser le NCW dans la gestion de catastrophes naturelles ? L’ouvrage répond à ces questions pour ceux qui s’intéressent aux nouvelles technologies, à la stratégie militaire et à leurs implications géopolitiques et économiques.
C. Y. 

Pascal Boniface, Football & mondialisation, Paris, Armand Colin, avril 2006, 173 p.

6


Pascal Boniface s’intéresse aux liens entre ce sport et la géopolitique, soit à travers le prisme de relations internationales, soit sous l’angle de la mondialisation ou de l’identité nationale. Né en Angleterre, se propageant successivement par la mer, par les chemins de fer et les médias de masse, le football s’est bâti un empire de manière pacifique, avec l’adhésion et l’enthousiasme des peuples conquis. Il est aujourd’hui un phénomène largement mondialisé, plus fédérateur que la démocratie ou Internet : sport populaire, aux vertus collectives, à faible coût, pratiqué souvent sans terrain ni ballon, etc. La fuite des crampons y alimente le cosmopolitisme des équipes. Selon l’auteur, le football vient plutôt renforcer l'identité nationale. Revenant en particulier sur le mythe de la France « black blanc beur » de 1998, il présente le foot comme une arme contre le racisme ou l’exclusion sociale, même s’il ne doit pas être un alibi pour ne rien faire. Prenant parti dans le débat qui oppose la FIFA et le G14 – groupement des clubs européens les plus riches – Pascal Boniface en appelle à une nouvelle régulation du sport qui ne suive pas seulement les lois économiques. Selon lui, il faudrait revoir les règles des transferts, du nombre de joueurs nationaux par équipes, imposer un contrôle de gestion plus strict. Quant à l’Union européenne, si elle a principalement œuvré avec l’arrêt Bosman pour la dérégulation, elle devrait jouer un rôle de protection de l’exception sportive.
N. B.

« Les priorités du Canada », Options politiques, Montréal (Québec) : IRPP (Institut de recherche en politiques publiques), vol. 27, n˚ 4, avril-mai 2006

7


La question du choix et de la cohérence des priorités est aujourd’hui au cœur de la stratégie de Lisbonne en ce qui concerne la construction européenne. Elle se classe aussi, probablement, parmi les premières difficultés de l’action publique en France. En effet, pourquoi courir après un ensemble infini de solutions, en développant un maquis toujours plus compliqué de dispositifs, quand les principaux problèmes à traiter et les objectifs prioritaires à atteindre restent flous ? L’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) s’est, sur ce dossier, livré à un exercice de « priorisation » des problèmes publics canadiens. En réunissant une douzaine d’experts de très haut niveau, d’horizons et de sensibilités variés, l’IRPP a pu dégager des priorités pour le Canada, conçues pour être examinées et discutées. Au terme de leurs échanges, un consensus a émergé autour de quelques orientations essentielles de politiques publiques : 1/ l’amélioration du système d’enseignement, de la petite enfance à l’âge adulte ; 2/ le renforcement de la durabilité économique et écologique du capital naturel ; 3/ le développement accru de la coopération au sein de la fédération canadienne ; 4/ la réforme des politiques sociales pour faire face au vieillissement, mais au-delà, c’est la méthode et l’enjeu qui méritent d’être soulignés. Qui pourrait, en effet, dire ce que sont actuellement les 10 ou 15 priorités de politique publique en France ?
J. D.
>http://www.irpp.org/fr/po/archive/po0406.htm

Loïc Wacquant, Parias Urbains. Ghetto, Banlieues, État, Paris, La Découverte, mai 2006, 331 p.

8


Essai de sociologie comparée, Parias urbains rend compte des formes spécifiques de la marginalité urbaine des ghettos noirs américains et des cités populaires françaises ainsi que des processus socio-historiques et politiques respectifs qui les fabriquent de part et d’autre de l’Atlantique. Loïc Wacquant y défend la thèse que les banlieues françaises déshéritées ne seraient pas des ghettos à l’américaine, en proie à une prétendue dérive communautariste : ici, ni segmentation ethnique ni identité commune ni reconnaissance d’une altérité culturelle mais un régime de marginalité propre nourri par un processus de fragmentation de l’univers ouvrier construit lors de l’ère industrielle fordiste, la concentration spatiale puis la stigmatisation qui en découle, le recul de l’État providence et son rôle dans la stratification sociale ainsi que dans le maintien des inégalités urbaines.
N. B.

« L’enfant consommateur et la publicité », CRIOC, mai 2006, 55 p.

9


Le Centre belge de recherche et d’information des organisations de consommateurs (CRIOC) publie une étude fondée sur 2 304 interviews d’enfants âgés de 9 à 18 ans. Cette étude montre que la publicité influence les croyances, les perceptions et l’apprentissage des valeurs symboliques de l’enfant, bien qu’elle soit peu appréciée et que, dès 10 ans, les jeunes soient conscients de ses intentions persuasives. Le CRIOC pointe par ailleurs du doigt les pratiques commerciales qui relèvent de la manipulation, notamment le neuromarketing fondé sur l’analyse des besoins psycho-émotionnels de l’enfant, la promotion des produits hors publicité et en particulier via le sponsoring scolaire, la publicité participative ainsi que le marketing tribal et l’underground qui consistent à disséminer des informations commerciales sur les forums de discussion et sur des sites non dédiés qui servent de lien et d’outils de reconnaissance aux plus jeunes. Pour que l’enfant ne soit pas que ce qu’il consomme, il est urgent que les pouvoirs publics encouragent le développement d’une « éthique publicitaire ».
http://www.oivo-crioc.org/textes/pdf/1701fr.pdf
C. M.

Bernard Harcourt, L’illusion de l’ordre. Incivilités et violences urbaines : tolérance zéro ?, Paris, Descartes et Cie, mai 2006, 140 p.

10


Faut-il renoncer à la politique de « tolérance zéro » vis-à-vis de la petite délinquance ? C’est la thèse développée par un universitaire franco-américain. Professeur de droit à l’université de Chicago, Bernard Harcourt s’est intéressé aux effets réels des politiques mises en œuvre dans certaines villes américaines, souvent montrées en exemple pour leur volontarisme en matière de sécurité. L’analyse des évolutions observées tend à invalider la théorie des « fenêtres cassées », selon laquelle une politique efficace de lutte contre la criminalité passe avant toute chose par une plus grande fermeté à l’endroit des incivilités. Extrêmement onéreuses, ces orientations ne semblent pas produire les résultats escomptés, selon l’auteur. Certes, on constate dans des villes comme New York une baisse de la criminalité, mais dans des proportions semblables à ce que l’on peut relever sur l’ensemble du territoire national. Dans le même temps, le nombre des plaintes déposées suite à des bavures policières a considérablement augmenté (+68% à New York, entre 1993 et 1996). En définitive, le renforcement de la présence policière a créé les conditions d’une conflictualité sociale exacerbée cependant que la réorientation des priorités d’action des forces de l’ordre a eu tendance à laisser prospérer la grande criminalité. Aussi, l’auteur semble même considérer que la politique de « tolérance zéro » aux États-Unis pourrait se révéler, à terme, contre-productive.
M. M.

Nanotechnologies, nanoparticules. Quels dangers, quels risques ?, Comité de la Prévention et de la Précaution, Paris, ministère de l’Écologie et du Développement durable, mai 2006, 64 p.

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Le Comité de la prévention et de la précaution (CPP), indépendant, a rendu son avis concernant les risques et les dangers liés aux nanoparticules et les « moyens d’accompagner correctement la croissance des usages et des disséminations de nanoparticules manufacturées ». Il faut recenser, identifier et connaître, en mobilisant et coordonnant les recherches. La précaution s’impose en milieu professionnel mais pas seulement : des dispositions de protection sont recommandées, surtout en l’absence de connaissances approfondies sur les impacts sur l’homme et les écosystèmes. Alors que d’autres rapports étrangers avaient estimé que le corpus réglementaire traitant des substances chimiques pouvait s’appliquer aux nanoparticules, le CPP recommande qu’un dispositif réglementaire désigne spécifiquement ces particules : les codes de conduite volontaires, certes bien intentionnés, sont insuffisants. Enfin, compte tenu des enjeux économiques, sociaux et éthiques, le CPP considère que les nanotechnologies posent un problème public qui requiert un débat national et local, l’évaluation de l’utilité de ces technologies au regard des risques encourus, et questionne l’éthique de façon inédite par exemple en rendant possible la transformation des capacités humaines. Le principe de précaution se veut néanmoins un principe d’action en faveur et non à l’encontre de la promotion de ces nouvelles technologies.
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/Nanotechnologies_juin_2006.pdf
J.-L. P.

Jean-Louis Rocca, La condition chinoise. La mise au travail capitaliste à l’âge des réformes (1978-2004), Paris, Karthala, mai 2006, 323 p.

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Jean-Louis Rocca, chargé de recherche au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, spécialiste de la Chine contemporaine, livre une synthèse extrêmement documentée et théoriquement construite sur la « question sociale » en Chine. Parmi ses analyses, on retient particulièrement la mise en évidence d’une dynamique de construction de l’État social conséquente des progrès du libéralisme économique dans le cadre politique maintenu du parti unique en Chine. Prenant au sérieux « l’économie socialiste de marché » comme nouvel horizon idéologique de la Chine depuis 1992, l’auteur donne à voir l’État chinois dans son désormais double rôle d’« instituteur du capitalisme » et de « protecteur de la société ». L’impératif du développement économique, conçu comme le fondement de la puissance chinoise, conduit à une marchandisation du travail qui défait les anciennes protections liées au statut ouvrier ou villageois dans la Chine populaire. En réponse à la déstabilisation sociale d’une part importante de la population, le développement des politiques sociales, impulsées par le centre politique bien qu’essentiellement mises en œuvre au niveau local, devient un axe majeur de l’action publique.
M. B.

Centre national de la fonction publique territoriale et Dexia, Les fonctions publiques locales dans les 25 pays de l’Union européenne, Dexia Éditions, mai 2006, 228 p.

13


Les publications sur l’emploi dans les collectivités locales en Europe sont trop rares pour ne pas signaler cette synthèse réalisée par la Direction des études de Dexia Crédit Local, avec le concours du Centre national de la Fonction publique territoriale. Cet ouvrage reprend l’édition originale de 2001 intitulée « Le personnel des collectivités locales dans les quinze pays de l’Union ». La structure demeure : une synthèse, des monographies. La problématique ne change pas : il y aurait convergence vers un modèle « européen » de fonction publique territoriale porté par des facteurs aussi divers que vagues (l’influence du Conseil de l’Europe, de l’Union européenne, etc.). Ce modèle à venir serait fondé sur un « recentrage des fonctionnaires sur les fonctions régaliennes ». In fine, cette deuxième édition a, pour principal mérite, d’introduire les monographies des dix nouveaux États membres.
M. L.

Kristina Borjesson, Media Control, Paris, Les Arènes, mai 2006, 293 p.


14 Après Black List en 2003, où quinze journalistes d’investigation relataient les pressions exercées par leurs rédactions, Kristina Borjesson publie Media Control, un livre d’entretiens construit autour d’une question centrale : comment la presse américaine, longtemps considérée comme un modèle de professionnalisme et d’indépendance, s’est-elle montrée si servile à l’égard de l’administration Bush et a-t-elle joué le rôle d’organe de la propagande gouvernementale ? Membres de l’élite médiatique des États-Unis, les huit interlocuteurs de Kristina Borjesson, tous politiquement modérés, s’alarment de la disparition du pluralisme dans les médias américains. Au fil des pages, ils nous font pénétrer dans les coulisses du complexe politico-médiatique aux États-Unis : mensonges, manipulations, système de fuites institutionnalisé par la Maison Blanche, connivences d’une presse courtisane propageant l’idéologie du va-t’en-guerre et le mythe d’un Saddam Hussein détenteur de la bombe atomique, etc. L’ouvrage montre comment une vérité post-11 septembre a été progressivement mise en place. Il se veut aussi un plaidoyer pour l’esprit critique qui résiste au système de management des médias par le pouvoir politique : « Le rôle d’un patriote, c’est souvent de se comporter en dissident », déclare Chris Hedge, grand reporter au New York Times.
N. B.

Gunnar Trumbull, Consumer Capitalism : Politics, Product Markets, and Firm Strategy in France and Germany, New York, Cornell University Press, mai 2006, 186 p.

15


Professeur de sciences politiques à la Harvard Business School, Gunnar Trumbull livre les conclusions d’une étude comparée des politiques de protection du consommateur en France et en Allemagne. L’auteur commence par rappeler que c’est l’avènement de la société d’abondance qui a rendu nécessaire la mise à disposition d’informations sur la qualité des produits. La grande distribution faisant disparaître le rapport interpersonnel acheteur- vendeur, l’État est amené à assurer une fonction structurante de sécurisation de l’achat. En Allemagne, il le fera en garantissant aux consommateurs l’accès à une information fiable sur les produits tandis qu’en France, c’est la protection contre le risque-produit qui est privilégiée. Pour l’auteur, ces approches différenciées expliquent que le consommateur allemand, vigilant, préfère des produits aux caractéristiques sûres et à l’utilité additionnelle démontrée tandis que le consommateur français, confiant, est enclin à la nouveauté, même radicale. L’auteur montre que, via ces préférences induites, les politiques de protection du consommateur influencent aussi les producteurs et la nature des avantages compétitifs nationaux.
M.-C. M.

Chris Abbott, Paul Rogers et John Sloboda, Global Responses to Global Threats. Sustainable Security for the 21st Century, Oxford Research Group, Briefing Paper, juin 2006, 40 p.

16


Chris Abbott, Paul Rogers et John Sloboda viennent de rendre publique une étude pour le compte du Oxford Research Group. Ils analysent les différentes menaces qui risquent de peser sur le « système international ». Faut-il davantage craindre le changement climatique, le terrorisme ou encore la compétition pour les ressources rares ? Estimant que les menaces ne doivent pas être analysées indépendamment les unes des autres, le rapport souligne la trop forte concentration des dépenses de l’État américain allouées à la question terroriste. Par ailleurs, cette politique de sécurité réduit d’autant les dépenses nécessaires pour gérer d’autres menaces plus importantes, comme le changement climatique. Les auteurs préconisent, par conséquent, de repenser la gestion des menaces et parmi elles de prendre plus au sérieux celles qui sont plus « durables et plus destructrices ». Ils plaident ainsi en faveur de politiques de gestion de risques responsables intégrant une approche soutenable de la sécurité.
http://www.oxfordresearchgroup.org.uk/publications/briefings/globalthreats.pdf
O. H.

No Global Warming Alarm in the U.S., China. America’s Image Slips, but Allies Share U.S. Concerns over Iran Hamas, 15-Nation Pew Global Attitudes Survey, The Pew Global Attitudes Project, Washington : Pew Research Center, juin 2006, 62 p.

17


La dernière livraison du Pew Global Attitudes Project, en date du 13 juin, rassemble des résultats de sondages d’opinions effectués à l’échelle mondiale. L’érosion continue de l’image des États-Unis dans le monde et la baisse du soutien à la « guerre contre le terrorisme » sont à la une de ce dernier rapport, véritable mine de données sur des sujets aussi variés que l’Iran et le nucléaire, la victoire du Hamas, le réchauffement climatique, l’actualité mondiale et la perception de la France dans le monde. Selon ce rapport, dans chaque pays où les données sont disponibles, l’image de la France a considérablement décliné depuis 2005, à commencer par l’Indonésie (de 68% à 52% d’opinions favorables), la Turquie (de 30% à 18%), et... la Grande Bretagne (de 71% à 59%). Le Pew Research Center attribue cette baisse à l’agitation qu’a connue le pays ces derniers mois, comme les émeutes urbaines de l’automne dernier ou les protestations contre le CPE. Cependant – exception notable –, l’image de la France s’est améliorée aux États-Unis avec à présent 52% d’opinions favorables. Mais comme le souligne le rapport, on est encore en dessous des 79% d’opinions favorables de février 2002, avant la guerre en Iraq – mais bien au-dessus des 29% de mai 2003.
http://pewglobal.org/reports/display.php?ReportID=252 ; http://people-press.org/files/Global61306.pdf
N. B.

Jesse Norman et Janan Ganesh, Compassionate Conservatism. What it is, Why we Need it, Londres, Policy Exchange, juin 2006, 75 p.


18 On se souvient que Georges Bush avait, lors de sa première campagne présidentielle, plaidé pour un « conservatisme compassionnel ». L’expression est désormais reprise par les conservateurs britanniques, et par leur nouveau dirigeant, le quadragénaire David Cameron. Derrière les mots, au format de slogan, il y a le projet de concurrencer Tony Blair et sa « troisième voie », en visant une métamorphose et une modernisation du parti conservateur, de ses objectifs et de ses doctrines. Qu’entendre par « conservatisme compassionnel » ? Deux choses : il faut aider les plus infortunés, et ce n’est certainement pas l’État qui peut tout faire. Ce n’est pas véritablement original, mais les experts du think tank Policy Exchange, proche de Cameron, soulignent que le conservatisme « moderne » n’est pas la condescendance paternaliste traditionnelle. Concrètement, il s’agit de responsabiliser les individus, de décentraliser les politiques, et de renforcer les communautés. D’où d’ailleurs l’intérêt prononcé de Cameron et des conservateurs compassionnels pour tout ce qui relève du « tiers secteur » (associations, églises, etc.). L’expression est donc lancée, mais on trouve encore peu de contenu, et, surtout, peu de cohérence pouvant valablement offrir une alternative idéologique à la « troisième voie », à laquelle, au fond, le conservatisme compassionnel ressemble à bien des égards…
J. D.

A. Prüss-Üstün et C. Corvalán, Preventing Disease through Healthy Environments. Towards an Estimate of the Environmental Burden of Disease, World Health Organization, juin 2006, 106 p.

19


Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé constitue une première dans la compréhension des liens entre certaines maladies, qui s’avèrent être les plus mortelles (diarrhée, infections des voies respiratoires, lésions involontaires et paludisme), et l’impact d’un environnement à risques. Un quart des maladies dans le monde ont comme origine l’exposition à des risques liés à l’environnement et plus de 13 millions de décès sont dus annuellement à des causes environnementales évitables. En luttant contre les risques environnementaux, près de 4 millions d’enfants pourraient être ainsi sauvés par an dans le monde, en particulier dans les pays en voie de développement où un meilleur traitement des eaux et une limitation de la pollution atmosphérique réduiraient considérablement la mortalité. Une stratégie efficace repose également sur une collaboration étroite entre secteurs concernés (énergie, transports, agriculture et industrie).
http://www.who.int/quantifying_ehimpacts/publications/preventingdisease.pdf
N. B.

Les jeux en réseau massivement multi-joueurs. « Du virtuel au réel », Le Forum des droits sur l’Internet, en partenariat avec JeuxOnLine, juin 2006, 34 p.

20


Le Forum des droits sur l’Internet a rendu public fin juin son rapport sur les jeux en réseau massivement multi-joueurs, qui établit une synthèse complète des usages, modèles économiques ou risques inhérents au développement de ce type de jeux. Le document rappelle l’importance du phénomène qui touche 13 millions d’abonnés dans le monde. Il démonte aussi quelques idées reçues, notamment sur le profil des joueurs : un cinquième seulement des joueurs sont des mineurs, la moyenne d’âge se situe plutôt entre 26 et 30 ans, et plus de la moitié travaillent à temps plein. Le document confirme le caractère addictif des jeux multi-joueurs – le temps moyen de jeu serait supérieur à 10 heures par semaine – mais souligne néanmoins que les hardcore gamers ne représenteraient qu’une très faible minorité (1 à 2% des joueurs maximum). Enfin, si certaines prémices d’une forme de culture sont décelées, pour autant, le rapport conclut qu’il « manque un sentiment commun d’appartenance. Un jeu et un langage ne suffisent pas à constituer une culture ».
http://www.foruminternet.org/telechargement/documents/dossier-jeux-20060626.pdf
N. B.

Danilo Martuccelli, Forgé par l’épreuve. L’individu dans la France contemporaine, Paris, Armand Colin, juin 2006, 480 p.

21


Comment nos sociétés fabriquent-elles les individus ? Quels sens ces individus donnent-ils à leurs expériences sociales ? Comment leurs itinéraires personnels s’inscrivent-ils dans les structures collectives ? Pour répondre à ces questions, l’auteur s’appuie sur les résultats d’une large enquête de terrain menée sur plusieurs années. Son approche, innovante par rapport aux travaux récents sur l’individualisme, consiste à centrer l’analyse sur les « épreuves » de la vie. Ces épreuves se succèdent, au fur et à mesure que nous avançons en âge, et les solutions que nous adoptons pour les surmonter contribuent à façonner notre identité et notre trajectoire biographique. Au fil des chapitres, Danilo Martuccelli aborde un grand nombre de domaines (système scolaire, travail, famille, vie urbaine, etc.), ses interprétations sont fouillées, précises, vivantes, et soutenues par une solide culture sociologique. On retiendra en particulier certaines de ses conclusions relatives à la sphère politique : a) les acteurs d’aujourd’hui disposent de marges d’action personnelles qui les dissuadent de s’investir dans les projets collectifs ; b) de façon ambivalente, ils affirment leur liberté tout en réclamant des politiques publiques pour les protéger des aléas ; c) ils sont moins sensibles aux inégalités qu’au caractère irréversible de ces dernières.
B. H.

Encourage Corporate Measuring and Reporting on Research and other Forms of Intellectual Capital, rapport à la Commission européenne du groupe d’experts de haut niveau RICARDIS (Reporting Intellectual Capital to Augment Research, Development and Innovation in SMEs), juin 2006, 164 p.

22


Alors que l’Australie (avec la « Society for Knowledge Economics ») et le Japon (avec un modèle de reporting volontaire des actifs intellectuels) ont développé un ensemble de lignes directrices et de normes communes applicables au reporting du capital intellectuel, l’Union européenne ne dispose que de quelques directives. De même, seuls quelques pays européens ont essayé d’inclure ce type d’informations dans les normes de présentation de rapport annuel des sociétés : le Danemark en 2001, l’Allemagne et l’Autriche en 2002. Dans le présent document, un groupe d’experts appelle la Commission européenne à jouer un rôle moteur dans l’adoption du reporting sur le capital intellectuel par les PME et le développement de normes globales pour ce type d’informations.
http://www.eurosfaire.prd.fr/7pc/doc/1155831589_ricardis_2006_2977_web1.pdf
N. B.

Europe’s Muslims More Moderate. The Great Divide : How Westerners and Muslims View Each Other, 13-Nation Pew Global Attitudes Survey, Washington, juin 2006, 62 p. / Few Signs of Backlash From Western Europeans. Muslims in Europe : Economic Worries Top Concerns about Religious and Cultural Identity, 13-Nation Pew Global Attitudes Survey, Washington, juillet 2006, 38 p.

23 Au printemps de cette année, une enquête du Pew Research Center, menée dans 13 pays dont la France, s’est intéressée aux opinions des musulmans, qu’ils vivent eux-mêmes dans un pays à forte majorité musulmane, ou bien qu’ils constituent, dans des pays européens, une minorité culturelle. En France, on a ainsi interrogé par téléphone 900 personnes, dont 400 « Français musulmans » (en fait, sans doute des personnes, françaises ou non, résidant en France et issues de l’immigration nord-africaine ou turque). Cette enquête laisse penser qu’en France les « musulmans » sont plus proches des « non musulmans », dans leurs opinions et attitudes, que dans les autres pays européens. « Musulmans » et « non musulmans » formulent des opinions sensiblement plus favorables les uns vis-à-vis des autres que dans les autres pays étudiés, même s’ils sont majoritaires à juger mauvais l’état des relations entre musulmans et Occidentaux. Par ailleurs, les « musulmans français » sont significativement plus nombreux (42%) à se définir par leur nationalité plutôt que par leur religion, que leurs coreligionnaires britanniques (7%), espagnols (3%) ou allemands (13%).
http://pewglobal.org/reports/
P.-Y. C.

Department for Education and Skills (Royaume-Uni), Parenting Support, juin 2006, 16 p. ; Teenage Pregnancy Next Steps : Guidance for Local Authorities and Primary Care Trusts on Effective Delivery of Local Strategies, juillet 2006, 68 p.

24


Le Department for Education and Skills propose une présentation de sa stratégie d’accompagnement à la fonction parentale au travers de deux documents de synthèse. Partant de l’idée selon laquelle l’éducation parentale aurait un impact plus significatif sur le développement de l’enfant que la classe sociale de ses parents et leur niveau d’éducation, Parenting Support détaille les programmes visant à soutenir les parents dans leurs tâches éducatives, particulièrement de suivi de la scolarité. Autre priorité, la prévention des grossesses adolescentes, dont l’impact négatif sur le devenir des jeunes mères et de leurs enfants est généralement souligné. Teenage Pregnancy Next Steps décrit les programmes d’éducation sexuelle mis en œuvre et suggère de les compléter par des programmes de réussite scolaire, notamment de poursuite de la scolarité après 16 ans. La création, d’ici un an, d’une National Parental Academy, à vocation de centre national d’appui technique, est étudiée. Elle pourrait parachever le processus de développement, d’évaluation et de standardisation de ces dispositifs initié depuis la fin des années 1990.
http://www.everychildmatters.gov.uk/
M. B.

Duncan Chappel et Vittorio di Martino, Violence at Work, Third edition, Genève, International Labor Office, juillet 2006, 360 p.

25


La violence au travail, de l’intimidation au mobbing (harcèlement collectif de la part de leurs collègues), en passant par les menaces de collaborateurs psychologiquement instables, jusqu’au harcèlement sexuel et l’homicide, augmente dans le monde entier pour atteindre même des « niveaux épidémiques » dans certains pays, d’après la troisième édition du rapport du Bureau international du travail sur les violences au travail. Cette étude relève également que les professions autrefois considérées comme à l’abri de ce genre de violences (l’enseignement, les services sociaux, les bibliothèques ou les services médicaux) sont désormais exposées à une violence croissante, tant dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. Cette violence a un coût pour les sociétés occidentales. En Australie, le coût estimé pour les employeurs serait de 3,5 à 7,5 milliards d’euros, soit 1,5% du PIB 2004 et, dans d’autres régions comme l’Union européenne, les études montrent une corrélation significative entre les arrêts maladie et l’exposition à la violence au travail.
http://www.ilo.org/public/french/bureau/inf/pr/2006/33.htm
Y. C.

Aleš Vlk, Higher Education and GATS : Regulatory Consequences and Stakeholders’ Responses, Center for Higher Education and Policy Studies, juillet 2006, 286 p.

26 Comment l’intégration des services d’éducation dans les négociations sur l’Accord général sur le commerce et les services (AGCS) affecte-t-elle les politiques publiques d’éducation ? Cette question est au cœur de l’étude qu’a rendue publique le Center for Higher Education and Policy Studies. Son auteur, Aleš Vlk, montre qu’actuellement le programme, lancé en 1995 sous les auspices de l’Organisation mondiale du commerce, n’affecte guère les capacités d’autogestion des États en matière d’enseignement supérieur, et que la non prise en compte de la complexification du secteur (libéralisation, internationalisation, etc.) pourrait constituer un handicap dans le développement de l’offre de formation. L’étude livre des clés de compréhension des enjeux de l’inclusion de l’enseignement supérieur dans l’AGCS, en particulier sur les initiatives prises par les États nationaux ainsi que sur l’impact de cet accord à la fois sur les systèmes éducatifs et sur leurs acteurs. Au-delà, l’auteur propose un cadre méthodologique pour l’observation de l’AGCS dans ses dimensions statique (règles) et dynamique (point de vue des acteurs).
http://www.utwente.nl/cheps/documenten/thesisvlk.pdf
N. B.

Philipp Notter et al., Lire et calculer au quotidien. Compétences des Adultes en Suisse, Office Fédéral de la Statistique, Neuchâtel (Suisse), juillet 2006, 106 p.

27


Selon un rapport de l’Office fédéral de la statistique (OFS), rendu public le 26 juillet, une part importante de la population résidant en Suisse présente de sévères lacunes dans les compétences de base : ils sont 800 000 (16% des 16 à 65 ans) à ne pouvoir lire et comprendre un texte simple, et 400 000 (8%) à ne pouvoir converser dans la langue du lieu où ils vivent. Plusieurs déterminants concourent à expliquer cette situation : le niveau de formation, l’âge, le sexe, la naissance ou non en Suisse, le niveau de formation des parents. Alors qu’en Suisse, un quart de la population adulte est composée d’immigrés, l’OFS observe que les nouveaux immigrants – entrés ces 5 dernières années –, plus qualifiés que les arrivants précédents, ne se distinguent pas des adultes nés en Suisse lorsqu’ils en partagent la langue. L’OFS note presque partout une légère diminution de la proportion des très mauvaises performances – associées à l'illettrisme – par rapport à l’enquête Adult Literacy and Lifeskills Survey publiée l’an dernier.
http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/publikationen.html?publicationID=2262
N. B.

Sophie Ponthieux, Le capital social, Paris, La Découverte, juillet 2006, 122 p.

28


La notion, relativement vague, de « capital social » est en vogue. Depuis une dizaine d’années, des experts discutent et se disputent autour de ce qui est présenté comme un indicateur de bien-être des individus et des groupes. Les promoteurs du concept désignent par là la densité des relations sociales. Alors que le capital physique fait référence à des objets concrets et le capital humain à des propriétés individuelles, le capital social fait référence à la fois à des connexions entre individus, à l’importance des relations sociales réciproques et à ce qu’on appelle parfois le « sens civique ». Bien évidemment, il est difficile de mesurer une telle entité dont la désignation est en fait cousine du « lien social » franco-français. Plus le capital (ou lien) social est important, mieux les individus et la société se portent. Cette thèse est vivement discutée dans l’ouvrage de Sophie Ponthieux dont l’objet est certes de proposer un « repère » sur la question, mais aussi d’invalider théoriquement l’emploi d’une telle notion pour la conduite des politiques publiques. Les efforts pour mesurer le capital social sont en fait vains, dans la mesure où ce dernier est par nature indéfinissable et indélimitable. Et Sophie Ponthieux de souhaiter en conclusion de son essai très instruit un « usage plus parcimonieux du concept ». Reste que les analyses en termes de capital ou de lien social, désignant toujours quelque chose d’imprécis mais de tout à fait plausible, importent pour tenter d’évaluer l’impact de la confiance, de la participation et de la réciprocité sur l’engagement civique et la croissance économique. Le capital social ne peut certes pas être érigé valablement en catégorie statistique. Il n’est pas plus opérant qu’un autre mot comme « fraternité », mais il est probablement tout aussi important…
J. D.

Theresa Pardo, G. Brian Burke et Hyuckbin Kwon, Preserving State Government Digital Information : a Baseline Report, Center for Technology in Government, University of Albany, juillet 2006, 126 p.

29


Alors que la Commission européenne poursuit son projet de bibliothèque numérique entre les 25 États membres, outre-Atlantique, le Center for Technology in Government publie un rapport sur la préservation des archives numériques dans les États américains. Sa rédaction a mobilisé un panel d'experts provenant de musées, d'associations spécialisées, de bibliothèques publiques dont la Library of Congress, initiatrice en 2005 du National Digital Information Infrastructure and Preservation Program destiné à développer les partenariats relatifs à l'archivage numérique au sein des États. Six constats majeurs sont dressés : 1/ la faible capacité de préservation des archives numériques des États ; 2/ l’absence de démarche commune en matière de préservation des informations « à risque » ; 3/ des décisions variées en matière de normes à appliquer et des responsabilités dispersées entre diverses autorités ; 4/ le déficit de coordination des efforts des branches exécutive, législative et judiciaire ; 5/ le manque d’insertion des actions de préservation des archives numériques dans les projets d'architecture d'entreprise ; 6/ la tendance à privilégier des actions à courte vue, les rigidités des mécanismes de financement et de recrutement, comme autant de freins au développement de l'archivage numérique.
h http://www.ctg.albany.edu/publications/ reports/ digital_preservation_baseline/ digital_preservation_baseline.pdf
N. B.

David Wright, Kerstin Dressel et Myriam Merad, Risk Communication Practices in EU Member States, Selected other Countries and Industries, Stakeholders in Risk Communication (STARC), juillet 2006, 296 p.

30


En 2002, l’Organisation internationale de normalisation a défini la communication sur les risques comme étant « l’échange ou le partage d’informations sur les risques entre le décideur et les autres parties prenantes ». Pour évaluer dans quelle mesure cette définition reflète la communication sur les risques dans la pratique et élaborer des recommandations quant aux politiques à mettre en œuvre, le consortium STARC (Stakeholders in Risk Communication), un projet soutenu par le sixième programme-cadre communautaire, a enquêté sur l’utilisation et les pratiques de communication sur les risques des 25 États membres de l’Union européenne et de six autres pays – Australie, Canada, Japon, Norvège, Suisse et États-Unis. L’enquête révèle une grande diversité de pratiques : le modèle danois met fortement l’accent sur la communication d’informations exactes et en temps utile au public et aux médias ; le modèle finlandais exige que les industries réglementées fournissent des précisions sur la communication et la gestion des risques ; le modèle britannique comporte des plans de communication sur les risques par secteur spécifique, ainsi que des conseils génériques, etc. Les auteurs du rapport recommandent à la Commission européenne de créer un forum annuel d’échange de bonnes pratiques.
http://starc.jrc.it/
N. B.

Pascale Beaupré, Pierre Turcotte et Anne Milan, « Quand fiston quittera-t-il la maison ? Transition du domicile parental à l’indépendance », Statistique Canada, Tendances sociales canadiennes, n˚ 11-008, août 2006, p. 8-15

31 Une étude de Statistique Canada menée sur cinq générations de jeunes adultes nés entre 1947 et 1976 confirme l'existence du phénomène des jeunes adultes qui demeurent plus longtemps qu'auparavant au domicile de leurs parents ou qui y reviennent après un premier départ. Le nombre de jeunes adultes (25-29 ans et 30-34 ans) demeurant toujours chez leurs parents a doublé entre 1981 et 2001, période de récession pour le Canada. La probabilité de quitter la maison pour la première fois avant l’âge de 22 ans a diminué : de 49% à 59% pour les hommes de la première vague du baby-boom, elle se situe entre 46% et 53% pour des hommes de la génération « X » (nés entre 1967 et 1976). Le phénomène des enfants « boomerang » — ceux qui reviennent au domicile de leurs parents après un premier départ — est aussi confirmé. Ainsi, 22% des jeunes adultes de la génération « X » sont revenus au domicile de leurs parents après un premier départ, contre 14% chez les jeunes adultes de la première cohorte du baby-boom.
h http://www.statcan.ca/francais/ freepub/ 11-008-XIF/ 2006002/ pdf/ 11-008-XIF20060029274.pdf
N. B.

Jo Williams, « Innovative Solutions for Averting a Potential Resource Crisis - The Case of One-person Households in England and Wales », Environment, Development and Sustainability, n˚ 10668, Springer Netherlands Publisher, août 2006, p. 1-30

32


Au Royaume-Uni, le nombre de ménages individuels ne cesse d’augmenter : leur part dans l’ensemble des ménages est passée de 12% à 30% entre 1971 et 2001 et pourrait atteindre 38% en 2026. Le profil de la personne vivant seule a également évolué ces dernières années. À la veuve, peu dépensière et au budget serré, se substitue progressivement une personne plus jeune et en meilleure santé. Or, selon une étude d’un chercheur de l’University College London qui analyse l’impact écologique de la hausse du célibat en Angleterre et au Pays de Galles, une personne seule achète 38% de produits, 42% d’emballages, 55% d’électricité, et 61% de gaz de plus que si elle faisait partie d’un foyer composé de quatre membres. Ce qui entraîne aussi une plus grande production de CO2. Dans un foyer de ce type, chacun produit 1 000 kilogrammes (kg) de déchets par an contre 1 600 kg pour les personnes vivant seules. Pour diminuer l’empreinte écologique des célibataires, l’étude préconise notamment d’instaurer une taxe pour les personnes utilisant trop d’espace sans s’interroger sur l’équité sociale d’une telle mesure.
http://www.ucl.ac.uk/media/library/sololiving
N. B.

Financial Support to Fisheries : Implications for Sustainable Development, OCDE, 22 août 2006, 374 p.

33


Les soutiens des pays de l’OCDE au secteur s’élèvent à 6,4 milliards de dollars par an sous des formes très diverses et souvent assez opaques. Le rapport détaille les effets induits et contreproductifs sur le moyen et long terme, dans une analyse globale et exhaustive. La critique des soutiens ne s’appuie pas sur la distorsion de marché et ses conséquences économiques mais avant tout sur les effets directs et indirects néfastes au secteur : distorsion des coûts, dépendance du secteur induisant son inertie, surcapacité, surpêche, sorties de flotte inefficaces, internalisation des soutiens dans le capital. L’importance particulière de l’intervention publique est néanmoins pointée : connaissance scientifique nécessaire, renforcement des contrôles, individualisation des droits porteuse de stratégies plus économiques, transparence et éventuellement aides transitoires à l’adaptation sont nécessaires pour redonner des perspectives économiques durables et quantitatives au secteur, stratégie suivie avec succès par certains pays étudiés dans ce rapport.
http://www.oecd.org/document/63/0,2340,en_2649_33901_37322047_1_1_1_1,00.html
J.-L. P.

Commission européenne, DG recherche, Projet de Rapport sur les résultats de la Consultation publique sur la coopération transnationale en matière de recherche et le transfert de connaissances entre les organisations publiques de recherche et l’industrie, septembre 2006, 22 p.

34


La Commission européenne rend compte des résultats de la consultation publique qu’elle vient de mener sur la recherche transnationale et le transfert des connaissances. Il en ressort qu’aux yeux d’une grande partie des répondants, il est crucial pour la compétitivité européenne d’exploiter davantage les résultats de la recherche publique. Pour une large majorité des sondés, en outre, la coopération entre les organismes de recherche financés sur fonds publics (OFP) et les partenaires industriels est jugée difficile ou très difficile, a fortiori lorsqu’il s’agit de partenariats transnationaux. Concernant ce dernier aspect, les répondants estiment que le principal obstacle législatif concerne les droits de propriété intellectuelle (DPI). À ce sujet, ils se révèlent cependant divisés sur l’opportunité qu’il y aurait à introduire un dispositif législatif comparable au Bayh-Dole Act américain (1980), qui a attribué aux OFP eux-mêmes les DPI sur les résultats de leurs recherches.
R. L.

James B. Hunt Jr. et al., Measuring up 2006 : The National Report Card on Higher Education, National Center for Public Policy and Higher Education, San Jose, Californie, septembre 2006, 32 p.

35


Le National Center for Public Policy and Higher Education vient de publier son rapport biennal 2006 sur les performances des institutions américaines d’enseignement supérieur. Le rapport met l’accent sur deux tendances préoccupantes : l’intégration qui stagne et présente des disparités selon l’origine socio-économique et le coût des études qui devient de plus en plus prohibitif (+ 350% en 20 ans contre + 95% pour l’indice général des prix). Certaines comparaisons internationales paraissent également inquiétantes : les États-Unis se classent seulement au 7ème rang selon la proportion de diplômés de l’enseignement supérieur âgés de 25-34 ans (n˚ 1 : Canada, 53%, France : n˚ 10, 37%). Le taux de réussite serait aussi préoccupant : pour l’intégration des élèves de l’enseignement secondaire, les États-Unis occupent le 5ème rang mondial (n˚ 1 : Corée, 48% ; France : n˚ 8, 31%), mais seulement le 15ème pour la réussite des études (n˚ 1 : Japon, 26% de la tranche d’âge ; France : n˚ 99, 20%). Selon les auteurs, l’enseignement supérieur américain doit trouver un nouveau modèle pour répondre à l’économie du savoir.
http://measuringup.highereducation.org/_docs/2006/NationalReport_2006.pdf
N. B.

American Energy : The Renewable Path to Energy Security, Worldwatch Institute and Center for American Progress, septembre 2006, 40 p.

36


Selon un rapport de l’Institut Worldwatch et du Center for American Progress publié le 18 septembre, les énergies renouvelables, qui représentent un peu plus de 6% de l’énergie produite aux États-Unis, pourraient bientôt devenir aussi rentables que les énergies fossiles sur le sol américain. Depuis 2000, la production d’énergie éolienne a triplé, celle des cellules solaires a été multipliée par six, celle du bioéthanol a doublé et celle du biodiesel quadruplé. Leurs forts taux de croissance entraînent une réduction des coûts et encouragent les avancées technologiques. Depuis 1995, les investissements globaux annuels dans les « nouvelles » énergies renouvelables ont augmenté de 600%. Selon ce rapport, les ressources en énergies renouvelables aux États-Unis pourraient satisfaire une part croissante de la demande nationale en énergie : un quart des terres américaines subit par exemple des vents suffisamment forts pour produire une électricité aussi bon marché que le gaz naturel et le charbon ; et l’ensoleillement de sept États du Sud-Ouest du pays suffirait pour multiplier la capacité actuelle de production électrique par dix. Pour rejoindre les leaders mondiaux en énergies renouvelables, le rapport plaide pour des politiques énergétiques plus concertées au niveau du local, des États et du fédéral.
http://images1.americanprogress.org/il80web20037/americanenergynow/AmericanEnergy.pdf
N. B.

Mind to Market : A Global Analysis of University Biotechnology Transfer and Commercialization, Milken Institute, septembre 2006, 320 p.

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Centré sur les questions économiques, le think tank californien Milken Institute a publié le 20 septembre une étude sur la valorisation de la recherche publique avec une première partie consacrée au domaine des biotechnologies. La batterie d’indicateurs utilisée confirme globalement la suprématie incontestée des États-Unis, même si certains des critères retenus paraissent biaisés en faveur des universités américaines. Ainsi, seuls les brevets déposés aux États-Unis sont considérés. Au-delà des seules biotechnologies, l’étude propose également différents éléments de comparaison plus généraux et qui ne concernent pas les seules universités mais prennent en compte des organismes tels que l’Inserm. Il en ressort, qu’à dépenses égales en recherche et développement, les centres de recherche européens sont dans l’ensemble largement distancés par leurs homologues nord-américains pour la plupart des indicateurs retenus (notamment publications, obtention de brevets et revenus des licences qu’ils génèrent), même si la hiérarchie s’inverse pour le nombre de créations d’entreprises (start-ups).
http://www.milkeninstitute.org/pdf/mind2mrkt_2006.pdf
R. L.

Peter Auer et Bernard Gazier, L’introuvable sécurité de l’emploi, Paris, Flammarion, octobre 2006, 195 p.

38


Présentant le marché du travail comme un marché sous influence de la macroéconomie, Peter Auer (Bureau International du Travail) et Bernard Gazier (université Paris I) s’interrogent, dans cet ouvrage grand public, sur le moyen de ré-articuler son fonctionnement aux besoins d’une économie globalisée. Pour eux, il s’agit d’imaginer une organisation sociale des marchés du travail permettant à la fois de sécuriser les personnes et de satisfaire à une exigence accrue de flexibilité. À l’ordre organisant la « protection de l’emploi » – caractéristique de la « France des marchés internes » où les situations d’outsider ont proliféré – un nouvel ordre public social orienté vers la « protection des mobilités » serait mis en place. L’ouvrage n’est pas un livre de recettes et l’expérience danoise de la flexicurité n’y fait pas, comme ailleurs, figure de solution packagée. Les références permettent essentiellement de clarifier l’horizon normatif de notre propre processus de réforme : pour les auteurs, il est indispensable d’équiper les gens pour le marché, en renforçant leur employabilité ; il est surtout nécessaire d’équiper le marché pour soutenir les transitions professionnelles. Selon eux, inutile, en la matière, de « brûler le modèle social français ». L’examen des dispositifs étrangers n’est en effet profitable que s’il permet d’en produire chez nous des équivalents fonctionnels.
L. D.

Boosting Innovation and Productivity Growth in Europe : the Hope and the Realities of the EU’s « Lisbon agenda », Centre for Economic Performance, London School of Economics, 10 octobre 2006, 10 p.

39


Dans une courte étude datée du 10 octobre, la London School of Economics (LSE) estime que l’Union européenne aura de grandes difficultés à réaliser l’objectif qu’elle s’est fixé au titre de la Stratégie de Lisbonne. Outre la faiblesse des réformes du marché du travail, cette étude insiste sur l’absence d’initiatives déterminantes pour combler les retards européens en matière d’innovation. Premier exemple : déposer un brevet européen coûte toujours entre 37 500 et 57 000 euros, soit près de 5 fois plus qu’aux États-Unis. Deuxième exemple : la part de l’investissement en capital risque reste 3 fois moins élevée dans l’UE (de l’ordre de 0,12% du PIB) qu’aux États-Unis. Troisième exemple : la fuite des cerveaux continue vers les États-Unis, faute de progresser vers l’objectif des 3% du PIB en matière de R & D, avec à la clé la création de 700 000 postes de chercheurs dans l’UE. Si la LSE souligne également les lacunes de la méthode ouverte de coordination, elle ne fait pourtant aucune proposition opérationnelle complémentaire, et se contente d’en appeler à une évaluation plus rigoureuse des efforts accomplis au niveau national.
http://cep.lse.ac.uk/briefings/pa_lisbon_agenda.pdf
Y. B. & M.-C. M.

Emmanuel Davidenkoff et Sylvain Kahn, Les universités sont-elles solubles dans la mondialisation ?, Paris, Hachette, octobre 2006, 214 p.

40


Le phénomène de l’internationalisation de l’enseignement supérieur est une réalité mais le discours dont il fait l’objet se fige trop souvent sur des idées reçues : « les facs à l’américaines sont ultra-libérales », « la mondialisation livre les universités au marché », « le modèle européen d’enseignement supérieur est en péril », etc. En les prenant pour point de départ, les auteurs montrent comment elles freinent la mise en œuvre des réformes qui permettraient à l’université de s’adapter aux défis de la mondialisation (augmentation des droits d’inscription, sélection à l’entrée, accueil des étudiants étrangers, etc.). Dénonçant le risque des tentations centripètes qui conduiraient à la création d’un « G14 universitaire » sur le modèle du groupement des clubs européens de football les plus riches, les auteurs, partisans de l’harmonisation européenne des diplômes en marche avec l’adoption du LMD (Licence-Master-Doctorat), plaident en faveur de la construction d’un « Espace européen d’enseignement supérieur ». Ils en appellent ainsi à un « Plan Marshall des universités » : création d’un Fonds d’investissement européen pour l’enseignement supérieur, logements étudiants, systèmes de bourses, campus numériques, etc.
N. B.

Éric Porcellato, Childhood Obesity, Parental Choices and the Best-Interest Standard : a Common Sense Solution to Morally Unjustifiable Problem, mémoire, Université du New Brunswick, 2006, 14 p.

41


Le gagnant du concours de thèses du Réseau canadien en obésité, organisme national parrainé par le gouvernement fédéral, soulève une question controversée : les parents sont-ils moralement contraints à prévenir l’obésité chez leurs enfants ? Dans son travail, le jeune chercheur Éric Porcellato constate que l’obésité des enfants est imputable à des choix parentaux, notamment un mode de vie sédentaire et une consommation excessive d’aliments riches en calories. Ces enfants sont ainsi soumis à un préjudice injustifiable. Il souligne que les parents ont le devoir moral d’encourager, voire contraindre leurs enfants à l’adoption d’un mode de vie « sain ». Leur autorité sur l’enfant se fonde sur « la norme d’intérêt véritable », c’est-à-dire une ligne directrice légale et morale qu’on emploie typiquement pour prendre des décisions ayant trait aux personnes incompétentes et dépendantes. Actuellement, plus de 5,5 millions d’adultes canadiens sont obèses, de même que 500 000 enfants. Ils sont exposés à des risques plus élevés d’infirmité ou de mort précoce, d’une qualité de la vie amoindrie et d’une capacité affaiblie de contribution à l’économie du pays. L’obésité est estimée à plus de 1,25 milliard d’euros en coûts directs dans le système canadien de soins de santé.
http://www.obesitynetwork.ca/files/CON_Student_Thesis_Winnner2006_Porcellato5703431.pdf
N. B.

Interviews for the Future, European Patent Office, Munich, 2006

42 L’Office européen des brevets (OEB) vient de publier les premiers résultats d’un important exercice de prospective engagé début 2005, à l’horizon 2020, sous l’intitulé « Scenarios for the Future ». L’ouvrage en question se compose essentiellement d’une soixantaine d’entretiens réalisés auprès d’experts originaires de différents continents et présentant des profils très variés. La synthèse de ces entretiens montre que les points de vue exprimés à ce sujet sont très largement divergents, mais s’accordent presque tous sur la nécessité de profondes transformations en la matière. 85% des personnes consultées mettent ainsi en avant de multiples tensions dans divers domaines : contrefaçon, concurrence nouvelle des pays émergents, problèmes d’articulation avec le droit à la santé, difficulté à délivrer des brevets de qualité, etc. Il en ressort également que cette situation découle, notamment, des nouvelles formes du changement technologique et de la mondialisation, qui font du savoir le cœur de la création de richesse et placent la propriété intellectuelle au centre du partage des richesses ainsi créées.
R. L.

 

PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Nathalie Bassaler et al. « Comptes rendus », Horizons stratégiques 2/2006 (n° 2), p. 138-152.
URL :
www.cairn.info/revue-horizons-strategiques-2006-2-page-138.htm.