Horizons stratégiques
La Doc. française

I.S.B.N.sans
310 pages

p. 245 à 249
doi: en cours

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n° 4 2007/2

 
10-12 JANVIER 2007 – DÉMOCRATIE, GOUVERNANCE EUROPÉENNE ET SCIENCES SOCIALES
 
 
La conférence qui s’est tenue à Paris a été organisée par le CNRS, l’Association française des Sciences politiques et la Commission européenne pour valoriser les résultats des projets de recherche en sciences sociales soutenus par l’Union européenne. Les intervenants se sont penchés sur le possible malentendu entre une recherche, qui s’interroge sur les bonnes questions, et le politique, qui demande surtout des réponses. Ils ont notamment pointé le danger d’un excès de modélisation mathématique pour décrire les réalités sociales. Ils ont cité quelques solutions concrètes relevant du processus démocratique, de la gouvernance économique, de la communication et de l’information, des relations avec la société civile : réorientation du budget européen, modification de l’organisation des élections au Parlement européen, plus grande connexion entre les niveaux nationaux, communautaire et mondial en abordant les grands sujets tels la Turquie, les valeurs européennes et le modèle social. Plus largement, il a été dit que la « gouvernance européenne » ne doit pas relever de la seule pédagogie mais de la construction d’une vérité via le débat contradictoire.
M.-C. M.
 
22 JANVIER 2007 – CONFÉRENCE DE CITOYENS SUR LES NANOTECHNOLOGIES
 
 
Les recommandations du panel de quinze Franciliens, rassemblé par le Conseil régional d’Île-de-France, ont été rendues publiques à l’issue d’un processus de plusieurs mois. Sensible aux potentialités médicales, environnementales, techniques mais aussi aux impacts sur l’économie régionale et l’emploi, le groupe se révèle majoritairement favorable au développement des nanotechnologies mais sous certaines conditions : responsabilité claire des industriels, application du principe de précaution, création d’une commission indépendante composée d’hommes politiques, d’experts et de citoyens. Soulignant que l’information sur les nanotechnologies reste difficile d’accès pour des non-spécialistes, il préconise un effort de vulgarisation en la matière. Si certaines recommandations invoquent clairement des dispositions régionales (charte, comité, communication) et répondent ainsi à l’objectif initial d’asseoir la politique francilienne de développement des nanotechnologies, déjà très concrète, d’autres sont d’un niveau différent (national par exemple en ce qui concerne la CNIL, ou européen pour les étiquetages). Ceci montre que cette conférence satisfait, pour une large part, au besoin de débat national et européen actuellement laissé vacant.
J.-L. P.
 
19-20 JANVIER 2007 – LES MÉTHODES EXPÉRIMENTALES EN SCIENCES SOCIALES
 
 
Ce colloque international et interdisciplinaire a permis de réaliser un premier état des lieux du développement de ce type d’enquête. Le nombre de publications en économie et en psychologie sociale, fondées sur des expériences de terrain ou de laboratoire, croît fortement depuis cinq ans, autour du fonctionnement du marché, de la fabrication de la décision ou encore des interactions sociales et de leur dimension émotionnelle. Autre indicateur de cette progression, une place grandissante est faite à ces méthodes dans l’enseignement des sciences économiques. Les décideurs publics comme privés semblent, enfin, d’autant plus intéressés par ces recherches que leur coût est assez limité. En science politique, ce sont des expériences relatives aux modes de scrutin et à la production des opinions qui sont principalement menées. Du point de vue méthodologique, la question de la rémunération des « cobayes » comme celle de l’intégration de variables contextuelles et leurs effets sur le résultat ont été discutées. Sur un plan davantage théorique, des dimensions stratégiques du vote ont pu être mises en évidence, notamment par la répétition d’expériences de vote ou encore par la discussion, avant le vote, des chances de chacun des candidats.
B. V.
 
10-12 FÉVRIER 2007 – FORUM DE PARIS, ÉDITION 2007
 
 
Le Forum de Paris à vocation euro-méditerranéenne a choisi pour sa quatrième édition d’interroger l’état de santé d’un des deux partenaires, l’Union européenne, jugée de prime abord dans un « grand état d’incertitude ». Pour ce qui concerne la sortie de « l’impasse institutionnelle », plusieurs intervenants français de tous bords politiques, mais également italien et belge ont développé une analyse diversifiée. La réunion du 26 janvier rassemblant à Madrid « les amis de la Constitution » a ainsi été présentée soit comme de mauvais augure (inefficace et pour la première fois sans la France), soit comme la volonté des pays ayant ratifié la Constitution de tendre la main à ceux qui ont dit « non ». De même, la présidence allemande a été présentée tour à tour comme dépassée par l’ampleur de la tâche et comme sachant tirer le meilleur parti d’une marge de manÅ“uvre étroite. La très grande majorité des intervenants s’est prononcée contre le recours au référendum et a estimé la formule du traité simplifié comme ayant le plus de chances d’aboutir, même si elle n’est pas forcément la plus satisfaisante.
M.-C. M.
 
6 MARS 2007 – IIIe CONVENTION NATIONALE DES CONSEILS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RÉGIONAUX DE FRANCE : « LES JEUNES, C’EST MAINTENANT » (LYON)
 
 
Afin d’éclairer les conclusions des Assises de la jeunesse organisées par le CES fin 2006 par le point de vue des CESR, cet événement rassemblait des représentants de ces institutions et des jeunes de la région Rhône-Alpes. Le thème de l’orientation et de l’insertion professionnelle a fait l’objet d’un consensus. Les intervenants se sont tous déclarés attachés au principe de flexibilité professionnelle, estimant que peu de jeunes pensent encore exercer le même métier toute leur vie. Pour autant, ceux-ci souhaitent que cette flexibilité résulte d’un choix personnel, impliquant dès lors une amélioration de l’orientation au cours et à la fin de la formation initiale, mais également une révision du système de formation continue. Cette approche a conduit de nombreux participants à souligner la valeur de la formation en alternance et à promouvoir une meilleure reconnaissance des compétences acquises tant dans l’enseignement que dans un emploi ou dans les activités périscolaires. De nombreuses interventions ont convenu qu’il ne fallait pas exagérer la réalité du conflit des générations. Il a finalement été affirmé que la plupart des solutions en matière d’intégration économique et sociale, y compris par le travail, avaient déjà été esquissées dans des rapports publics, comme le rapport Thélot.
A. R.
 
6 MARS 2007 – CONFÉRENCE SUR « LA STRATÉGIE "HAUTES TECHNOLOGIES" DE L’ALLEMAGNE : UNE CONTRIBUTION À LA COMPÉTITIVITÉ DE L’EUROPE », CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE PARIS
 
 
La ministre fédérale de l’Éducation et de la Recherche, Annette Schavan, vient d’exposer à Paris les grandes lignes de la nouvelle stratégie allemande en matière d’innovation. Cette politique se veut transversale et associe tous les acteurs concernés, en particulier les PME et les établissements d’enseignement supérieur. Cette stratégie dégage des priorités concernant dix-sept domaines technologiques considérés comme cruciaux, notamment les nanotechnologies, les technologies de l’information et des communications (TIC), l’énergie, la santé et la sécurité. Il s’agit en particulier de réduire les délais entre les idées et leur traduction en produits commercialisables. Le gouvernement d’Angela Merkel s’est donné pour objectif de faire de l’Allemagne le pays le plus favorable à l’innovation dans le monde, à l’horizon 2020. Sur l’ensemble de la législature 2006-2009, il prévoit un budget total de 14,6 milliards d’euros en faveur de ce programme. L’Allemagne réaffirme ainsi sa volonté de porter le montant total de sa dépense intérieure de recherche et développement (DIRD) à 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2010, contre environ 2,5 % actuellement. Les dernières données d’Eurostat montrent qu’à elle seule, elle a abrité en 2005 28 % de l’ensemble de la DIRD des 27 pays de l’UE, contre 18 % pour la France.
R. L.
 
15-16 MARS – COLLOQUE FRANCO-ALLEMAND : «  LA GESTION DE LA POLITIQUE DE L’INTÉGRATION ET DE L’ÉGALITÉ DES CHANCES AU NIVEAU DES COMMUNES  » (STUTTGART, FONDATIONS ROBERT-BOSCH ET FREUDENBERG)
 
 
Réunissant principalement des représentants de communes, les débats ont également été animés par les interventions d’experts universitaires et de la ministre fédérale déléguée à l’Intégration. L’étude de l’action publique au niveau local a privilégié les solutions concrètes aux débats plus généraux sur la possibilité de réussir l’intégration des populations issues de l’immigration. Les échanges de bonnes pratiques ont permis de souligner les atouts de la France en matière d’apprentissage de la langue nationale grâce à la scolarisation précoce. La tradition allemande consistant à associer les entreprises à la formation initiale d’une majorité d’élèves a pour sa part inspiré de nombreuses initiatives. En matière d’innovation, la décision de la ville d’Essen de renforcer d’abord la maîtrise de la langue de leurs parents par les enfants afin de favoriser plus tard l’apprentissage de l’allemand a provoqué de vifs débats. Le choix de la ville de Mannheim d’associer plus largement les entrepreneurs d’origine étrangère au système de formation en alternance a quant à lui été considéré par tous comme une solution d’avenir. Cet événement avait vocation à enrichir les réflexions initiées dans le cadre de l’Année européenne de l’égalité des chances pour tous.
A. R.
 
15-17 MARS 2007 – SOMMET EUROPÉEN DES AFFAIRES
 
 
Un groupe de chefs d’entreprises s’est penché sur le défi du vieillissement démographique lors du Sommet européen des affaires qui s’est tenu à Bruxelles du 15 au 17 mars 2007. Face à un déficit prévisible de main-d’Å“uvre et dont le coût ira en augmentant, ils estiment devoir porter leurs efforts sur des conditions de travail décentes, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Mettant à nouveau l’accent sur l’employabilité, BusinessEurope, représentant les employeurs, a exhorté les entreprises européennes à garder leurs employés les plus âgés. Ceci suppose un investissement plus important dans des actions de formation tout au long de la vie, mais plus encore un changement des mentalités, avec le soutien des syndicats, pour que les personnes soient prêtes à travailler plus longtemps. Selon l’ensemble des intervenants, les décideurs politiques nationaux peuvent également infléchir la tendance actuelle en mettant en place des politiques publiques plus adaptées, notamment sur le plan de la natalité. En revanche, la migration ne permettra pas de résoudre la question sur le long terme. Quant aux représentants du monde de l’intérim, ils ont particulièrement souligné la nécessité pour les États membres de tirer davantage profit de leur potentiel humain interne.
M.-C. M.
 
19-20 MARS 2007 – CONFÉRENCE SUR LES NANOTECHNOLOGIES
 
 
La « conférence des conférences » sur les nanotechnologies des 19 et 20 mars 2007 à la Cité des Sciences et de l'industrie constituait la réponse du ministère de l’Industrie à l'annonce faite par le Gouvernement à l’été d'un débat public. Tour à tour, se sont exprimés les chercheurs, les industriels, les pouvoirs publics ainsi que les différents organismes qui ont rendu un avis sur ce thème dans les derniers mois. Les dispositifs de vigilance, l’état de l’art, les garanties apportées par les stratégies industrielles, les cadres réglementaires, la responsabilité des pouvoirs publics, l’indépendance des experts sont les ingrédients du débat. Tous s’accordent pour souligner que la maîtrise du nanomètre (dimension égale à un milliardième de mètre) ouvre la voie à une nouvelle révolution industrielle en permettant l’exploitation de propriétés de la matière qui ne se révèlent qu’à cette échelle et que les conséquences sur l’économie s’annoncent considérables. Si les chercheurs constatent que de nombreuses questions doivent faire l’objet de recherches et évoquent parfois l’idée d’un moratoire, force est cependant de constater que les nanotechnologies sont déjà présentes dans notre entourage et qu’une approche plus nuancée reposant sur le principe de précaution est nécessaire. L’une des difficultés actuelles de ce type de débat réside dans le fait que sous le terme de nanotechnologies se cachent en fait des molécules extrêmement différentes : la confusion des potentialités industrielles et des risques pour la santé qui en résulte peut conduire à des situations d’affrontement entre des pour et des contre, alors que le débat mériterait beaucoup plus de nuances.
J.-L. P.
 
20 MARS 2007 – COLLOQUE « LES PRUD’HOMMES : LE DROIT DU TRAVAIL EN PERSPECTIVE CONTENTIEUSE »
 
 
Organisé par l’Association française d’étude des relations professionnelles, ce colloque a rassemblé des sociologues, des juristes et des praticiens, conseillers prud’hommes ou magistrats. Si l’insécurité juridique liée au contrat de travail en France est souvent mise en avant dans le débat public, l’étude du droit du travail en perspective contentieuse permet de nuancer cette idée. La juriste E. Serverin a tout d’abord rappelé que ce contentieux était stable depuis quinze ans. Elle note cependant une augmentation du nombre d’appels (à hauteur de 65 %), transformant ces cours en juridictions travaillistes. Presque la moitié des litiges sont réglés sans étude au fond par les prud’hommes : les accords directs entre les parties, le plus souvent officialisés devant le bureau de jugement, représentent 50 % de ces litiges. Ainsi, le recours aux prud’hommes peut apparaître comme une façon de continuer la négociation avec d’autres moyens. Se développent également de façon volontariste, d’après B. Blohorn-Brenneur, magistrate de la cour d’appel de Grenoble, des procédures de médiation afin de prendre en compte la « souffrance » née du conflit avec un employeur – le procès n’assurant pas la « réparation » de celle-ci. Cette individualisation des conflits du travail, qui « contourne » le droit, n’est pas sans poser problème, notamment aux conseillers prud’hommes. Leur triple légitimité (syndicale, juridique et professionnelle) mise en évidence par L. Willemez, sociologue, les porte, en effet, à produire des jugements dans le but de garantir et de consolider les droits du travail de façon davantage collective.
B. V.
Rédacteurs  : Rémi Lallement, Marie-Cécile Milliat, Jean-Luc Pujol, Arnaud Rohmer, Benoît Verrier.
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