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Humanisme et Entreprise

2007/5 (n° 285)


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1 - Introduction

1

Pour préserver l’état de santé des personnels militaires projetés, le Service de santé des armées (SSA) a confié à l’Unité de veille sanitaire (UVS) de l’Institut de médecine tropicale du service de santé des armées (IMTSSA) une mission de veille sanitaire de défense définie en 2004 comme la collecte, analyse et diffusion à ceux qui en ont besoin, d’informations sanitaires polymorphes, provenant de populations extérieures à celle de l’organisme de veille, afin d’identifier et de prévenir les risques sanitaires potentiels pour la population sous la responsabilité du veilleur dans le domaine de la défense [4, 14]. Pour répondre à cette mission, elle a développé trois bases documentaires servant de socle de documentation scientifique.

2

La première base capitalise des documents scientifiques et techniques bruts sur les agents du risque biologique, naturel et provoqué, et les toxiques chimiques industriels ou militaires.

3

La seconde base dénommée REDUVES, pour « Recherches et Développements de l’Unité de veille sanitaire », met à disposition des documents de synthèse sur les recherches et les développements en cours sur les agents biologiques et chimiques militarisables.

4

La dernière base dénommée BEDOUIN pour « base épidémiologique de données sur l’outre-mer et l’intertropical » fournit des renseignements sanitaires (médicaux, environnementaux, épidémiologiques, géographiques, économiques et écologiques), sur les différents théâtres d’opérations actuels ou possibles des forces.

5

La mise à jour de ces bases, la détection rapide de nouveautés et de « signaux faibles en émergence » nécessite un processus de veille documentaire scientifique en six phases.

2 - Processus de veille documentaire

6

La veille est un processus normalisé par la norme AFNOR X 50 - 053 [20].

7

En se référant à cette norme, le processus de veille documentaire dans la veille sanitaire de défense a été défini [21].

8

Ce processus (cf. figure 1) comporte la définition des thèmes des documents scientifiques à surveiller, l’identification et la sélection de leurs sources, la collecte, l’analyse, la synthèse et la diffusion de ces documents afin de mettre à jour des bases documentaires qui permettront d’aider le commandement militaire dans l’évaluation du risque sanitaire et l’identification de signaux faibles en émergence, dans le cadre de la conduite et de la planification d’opérations de projection des forces armées.

9

Ce processus nécessite des outils d’accès aux documents, des outils de traitement et des outils de communication.

10

L’épidémiologie géographique est en permanente évolution, de même que les recherches sur les agents pathogènes et toxiques et la production des industries pharmaceutiques et chimiques.

11

Pour répondre à sa mission, le veilleur documentaire doit être informé rapidement de ces changements et des nouveautés publiées sur les thèmes d’intérêt pour les forces armées.

12

Face à cette évolution permanente, le document scientifique validé, de contenu mis à jour, est indispensable dans le processus de veille documentaire.

13

Par exemple, une enquête épidémiologique réalisée dans les standards de qualité de la discipline, et dont les résultats sont publiés dans une revue scientifique avec comité de lecture, a valeur de référence pour confirmer l’existence d’un risque, à un instant donné, dans un lieu donné, pour une population donnée au sein de laquelle une force peut être déployée.

14

L’étape de définition des thématiques à surveiller doit être menée avec rigueur car le flux de documents scientifiques auquel est confronté le veilleur varie en quantité et en qualité.

15

En effet, si les bonnes questions ne sont pas immédiatement posées et les équations de recherches correctement formulées, le veilleur risque d’être vite submergé de documents ne correspondants pas aux thèmes d’intérêts.

16

L’étape de repérage et de sélection des sources documentaires doit se faire sur des critères et une grille stricts [22].

17

La phase de collecte des documents n’est possible que par la surveillance automatisée de ces sources documentaires et par l’application des outils de type push et fil RSS (Really Simple Syndication ou Souscription Vraiment Simple) [11].

18

La nouveauté, l’intérêt, l’application potentielle pour les forces armées et la validité des documents sont analysés par le veilleur documentaire [1, 8]. Des outils bibliométriques et d’aide à l’analyse peuvent le soutenir dans cette étape [23].

19

Les documents qui répondent aux critères sont alors jugés pertinents. Ils sont ensuite synthétisés et diffusés sur l’Intranet du SSA.

3 - Le document scientifique

20

Des recherches en normalisation et en sciences de l’information sont actuellement menées pour tenter de donner une définition au document, notamment scientifique.

21

Une réflexion collective animée par le réseau thématique pluridisciplinaire RTP DOC pourrait conduire à l’élaboration d’une théorie du document [19].

22

Dans ce cadre, le coordinateur de ce réseau, JM Salaun a défini le document comme un contrat ou une convention, entre des hommes, qui fonderait une part de leur humanité, de leur capacité à vivre ensemble et dont les modalités anthropologiques (lisibilité-perception, signe), intellectuelles (intelligibilité-assimilation, texte) et sociales (sociabilité-intégration, médium) doivent non seulement être efficientes prises chacune séparément, mais également cohérentes entre elles. Dans cette perspective, le numérique n’est, selon lui, qu’un vecteur de multiplication, de renouvellement et peut-être un des ferments de la transformation de ces conventions.

23

La norme ISO 11620 de janvier 2003 a défini le document comme l’information enregistrée qui peut être traitée comme unité dans un processus de documentation [18].

24

En ce qui concerne la veille sanitaire de défense, le document scientifique a été défini comme une publication scientifique électronique ou imprimée, objective, c’est-à-dire sans jugements personnels ou partis pris, rédigée par des experts reconnus pour leurs connaissances dans le domaine, validée par leurs pairs, et dont le contenu d’information en rapport avec les thèmes d’intérêts prédéfinis, est inédit ou original [21].

25

Les documents scientifiques collectés par le veilleur documentaire présentent d’importants volumes en constante augmentation, mais cinq formes sont principalement retrouvées : les notices bibliographiques, les articles de revues, les monographies scientifiques de synthèse, les brevets, les rapports techniques et les thèses.

4 - Thématiques a surveiller

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Parmi les thématiques d’intérêt sanitaire pour les forces armées, figure en premier lieu le risque biologique naturel et provoqué (cf. tableau 1). Pour définir ces risques, le veilleur s’appuie sur une liste d’agents biologiques publiée par L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1996 [17].

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Les documents traitant des maladies transmissibles sont donc au premier plan de cette veille de par les conséquences opérationnelles induites par la contagiosité de ces maladies. Les documents sur les agents émergents ou qui ont un impact sanitaire potentiel pour les forces projetées sont examinés en priorité, de même que les documents traitant d’agents faisant l’objet d’une forte médiatisation (dits agents médiatisés). Les publications sur les agents du risque environnemental, en particulier ceux sur le risque industriel et chimique, sont suivies par le veilleur documentaire en raison du contexte urbain et périurbain des déploiements en opérations. Pour le soutenir dans cette surveillance, il s’appuie sur une liste de produits chimiques également publiée par l’OTAN [17].

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Le veilleur doit être vigilant sur les documents scientifiques traitant des pays de projection actuelle des forces françaises, mais aussi sur les zones possibles d’opérations.

29

Enfin, le veilleur documentaire doit être attentif aux recherches et développements pouvant être en relation avec une volonté de militarisation d’agents biologiques et chimiques.

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Une fois les thèmes définis, des critères d’exclusions comme la langue d’édition sont fixés. Seules les publications en anglais, français, italien, espagnol et portugais sont recherchées pour des raisons liées aux ressources humaines actuelles de l’unité de veille.

31

Une limitation sur les années de recherche est généralement effectuée. La période retenue est variable selon les thèmes.

5 - Identification et sélection des sources

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Avant de collecter les documents, l’étape indispensable est le choix des sources de documents scientifiques. Cette étape n’est possible que par un travail préalable de repérage de comparaison et d’évaluation. Le choix se fait en fonction de la couverture thématique et chronologique des bases documentaires, des types de documents recensés dans ces bases, du nombre total de revues indexées, du nombre de titres dans les thèmes de surveillance, du rythme de mise à jour, des droits d’accès (payants, gratuits), de la performance du moteur de recherche, de la convivialité et de la langue d’interface [15].

33

Le veilleur attribue finalement à chaque source documentaire sélectionnée une valeur d’usage [22].

34

Par exemple, l’Unité de veille sanitaire a fait le choix de consulter les notices bibliographiques et les articles de revues de la base documentaire en sciences biologiques et médicales, Medline (MEDical Literature Analysis and Retrieval System on LINS) [5, 7, 12] car elle couvre toutes les thématiques d’intérêts de la veille sanitaire de défense dans le domaine des sciences du vivant et de la santé. De plus, cette base, produite par la National Library of Medicine (NLM) indexe, depuis 1950, les articles de plus de 10 000 revues. Sa couverture chronologique et documentaire est donc très importante. Dans le domaine de l’épidémiologie qui intéresse particulièrement la veille sanitaire de défense, plus de 60 revues sont indexées. Des liens vers les textes en version intégrale sur les sites des éditeurs participants sont également disponibles permettant leur téléchargement éventuel. Le choix de consulter cette base est aussi motivé par le fait qu’elle indexe des revues nationales et internationales notamment américaines. La mise à jour de la base est quotidienne, d’où une relative fraîcheur de l’information. L’interface de recherche est uniquement en anglais. Par contre, les monographies et les résumés de congrès ne sont pas indexés, ce qui constitue un point négatif. La recherche peut se faire en langage naturel ou via le thesaurus de Medline (le Mesh). L’Unité de veille sanitaire a choisi de consulter Medline à partir de PubMed, l’accès à partir de ce site étant gratuit.

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L’Unité de veille sanitaire consulte également les notices bibliographiques issues des bases de données multidisciplinaires Pascal© et Francis© produites par l’INIST-CNRS [6].

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Ces deux bases multilingues sont consultables en abonnement sur Internet à partir de l’interface Silverplatter. Cette consultation est motivée par le fait que ces bases indexent, depuis 1973, plus de 8500 revues nationales et internationales, en sciences de la vie et de la santé pour Pascal© et en sciences humaines et sociales, pour Francis®. Dans ces bases, une place importante est accordée à la littérature française et européenne qui représente 45% des documents signalés. Cette base indexe 88% d’articles de périodiques, mais également de la littérature grise (ouvrages, rapports et thèses, actes de congrès) qui constitue une réelle valeur ajoutée. Sa mise à jour est trimestrielle. La recherche peut se faire en langage naturel ou via un thesaurus.

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Le veilleur documentaire consulte aussi les répertoires de périodiques électroniques et les bases d’archives ouvertes, par exemple, les journaux médicaux et scientifiques mis en ligne immédiatement et gratuitement par les éditions BioMedCentral (150 titres dont BMC Inféctious Diseases, BMC Microbiology…).

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Les répertoires de revues sont aussi consultés. Ainsi, Scielo (Scientific electronic library online) répertorie plus de 175 revues biomédicales d’Amérique latine et d’Espagne. L’interrogation y est trilingue (anglais, espagnol, portugais).

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Certaines revues électroniques mises en ligne directement par les maisons d’éditions sont consultées, telles les revues du Nature Publishing Group (Nature Reviews Microbiology, Nature Medicine, Nature…) pour la correspondance de leurs thématiques avec celles d’intérêt de la veille sanitaire de défense en terme de recherche et développements sur les agents du risque provoqué.

6 - Collecte automatisée

6.1 - Outils de type push

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Ils consistent à apporter ou à « pousser » dans la boite aux lettres électronique de l’utilisateur, directement et automatiquement l’information documentaire qu’il a programmée en fonction des critères qu’il a choisis [11]. Au préalable, un plan de concept traduisant les sujets d’intérêts en mots-clés est établi par le veilleur documentaire. Ce plan permet d’élaborer un profil de recherche avec des équations de recherches, des filtres, une sélection des sujets d’intérêts et une sélection de revues. L’utilisateur enregistre et sauvegarde son profil de recherche sur le site documentaire. Il inscrit ses données personnelles et donne son adresse électronique, ce qui peut poser un problème de confidentialité des thématiques de recherche des armées. Pour ce motif, le veilleur a choisi de multiplier les adresses électroniques de réception de ses courriers. La mise à jour des recherches s’effectue de façon automatique dans la boite aux lettres du veilleur en fonction d’une périodicité définie. Le profil de recherche n’évolue pas automatiquement. Le veilleur doit donc se rendre sur le site s’il veut le modifier. Etant donné que la collecte s’effectue sur plusieurs sites, l’information collectée peut être redondante. L’utilisateur risque donc de voir sa boite aux lettres submergée de documents en double exemplaire. C’est ainsi que nous recevons les nouvelles publications provenant des revues éditées par l’éditeur Elsevier et correspondant à nos thématiques d’intérêts via leur système de diffusion sélective de l’information. Ce service nous permet, après inscription sur le site de Sciencedirect® (http://www.sciencedirect.com), de sauvegarder plusieurs équations de recherche et recevoir les mises à jour de ces équations par courrier électronique. Le système nous permet d’être destinataire des sommaires des derniers numéros de revues sélectionnées, comme Lancet Infections Diseases, ainsi que la mise à jour des nouveaux articles qui citent des articles préalablement sélectionnés sur le site.

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L’UVS reçoit également, par messagerie électronique, les sommaires des derniers numéros de revues éditées par Blackwell, notamment Journal of Travel Medicine.

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Certains agents de surveillance de, pages web ont la fonction push. Ils surveillent automatiquement les contenus des pages web sélectionnées et lorsqu’ils détectent un changement, ils alertent avec la périodicité demandée et par courriel le veilleur. Ces agents intègrent à l’envoi une copie de la page web surveillée dans laquelle les changements sont surlignés. Par exemple, FUVS utilise le logiciel Copernic Tracker® qui surveille des mots spécifiques dans les pages web du site de l’OMS et qui alerte le veilleur par courriel à chaque changement dans les contenus.

6.2 - Outils de syndication des contenus : les fils RSS

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Les flux ou fils RSS sont un format de souscription aux contenus web, codé sous forme XML, permettant de diffuser en temps réel les nouvelles de sites d’information ou de blog [10]. Ceci permet de consulter rapidement ces dernières sans avoir besoin de visiter le site. La lecture de ces fils se fait via un logiciel de lecture des flux RSS. Les fils RSS incluent les titres des articles, les résumés et les liens vers les articles intégraux. L’UVS utilise le lecteur de fil, RSS Reader©. Il est gratuit et son paramétrage est facile. Le veilleur est informé sur son poste de travail via son fil et selon une fréquence qu’il a lui-même déterminée. Cet outil permet un total anonymat car l’adresse électronique n’est jamais dévoilée et surtout il évite le débordement des boites aux lettres électroniques [9].

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Par exemple, L’UVS utilise le service RSS, feed de PubMed pour être informé à chaque fois qu’une nouvelle publication en rapport avec l’équation de recherche (Marburg OR Ebola) est indexée dans Medline.

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Nous mettons également à profit le fil RSS que Blackwell Publishing Press attache à ses revues électroniques, pour être informé des sommaires des derniers numéros publiés par cet éditeur. Nous consultons notamment, par ce service, Journal of Applied Microbiology qui publie régulièrement des articles en rapport avec nos thèmes d’intérêts.

7 - Analyses

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Du fait de la masse importante de documents collectés, les informations les plus pertinentes sont diluées dans un bruit documentaire. Ce bruit représente dans notre processus 99,8 % des documents récoltés (cf. infra « évaluation du processus »). Le veilleur doit donc opérer un traitement intellectuel poussé de ce flux de documents de qualité variable, pour retrouver les documents originaux, facteurs d’avancées scientifiques et technologiques. Ce traitement intellectuel doit être mené avec rigueur en suivant une grille d’analyse définie (cf. tableau 2). Il peut être complété par une analyse automatisée.

7.1 - Traduction du document

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Une recherche menée dans les bases Pascal et Francis avec l’équation (smallpox OR variole) met en évidence que 79 % des documents collectés sont en anglais, 17,8 % en français, 1,6 % en allemand, 1 % en russe, 0,9 % en espagnol, 0,2 % en polonais, 0,1 % en bielorusse, 0,1 % en italien et 0,1 % en roumain. Avant d’envisager tout traitement intellectuel, le veilleur doit traduire les documents. Nous utilisons le logiciel Systran Profèssional® qui intègre en plus un dictionnaire médical français/anglais et anglais/ français de plus de 2000 mots. Ces outils de traduction automatique ne permettent d’avoir qu’une vision lobule sur le sens du texte et ne permettent pas une traduction parfaite.

7.2 - Contrôle du thème

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Le contrôle du thème général du document vise à écarter ceux ne correspondant pas aux priorités et aux thèmes définis par la veille de défense.

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Par exemple, le veilleur est vigilant quand un document traite de recherche et de développements sur les agents biologiques et chimiques militarisables (charbon humain…). Il est attentif face à un document traitant de l’émergence d’un évènement sanitaire inhabituel dans un territoire jusqu’alors indemne de ces évènements ou de leur reémergence inexpliquée (ex: émergence de fièvre hémorragique à virus Marburg en Angola en 2005). Pour l’aider dans ce travail, la liste de l’OTAN des agents biologiques est un outil utile [17]. Cette analyse se fait par la lecture du titre, du résumé du document et éventuellement des mots clefs.

7.3 - Résumé

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Dans le cas où le document n’a pas de résumé ou si le résumé n’est pas significatif ou est trop court, le veilleur appuie son analyse en utilisant des logiciels de résumé automatique du document intégral. Dans le cadre de la veille sanitaire de défense, le choix s’est porté sur le logiciel Copernic Summarizer© qui réduit la taille du document de 50 à 95 % et fournit un résumé de 100 à 1000 mots. Ce logiciel, fondé sur des algorithmes basés sur des calculs statistiques et des données linguistiques, permet en outre d’identifier les concepts clés d’un texte et en extrait les mots clefs et les phrases les plus marquantes. Cet outil est notamment utilisé dans l’extraction des concepts de certains brevets qui font souvent plus de 100 pages et n’ont pas de résumés.

7.4 - Analyse de notoriété

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Estimer la notoriété d’une revue dans laquelle un article est publié parait difficile car de nombreux paramètres entrent en jeu dans cette estimation. Cependant, dans la veille sanitaire de défense, cette évaluation est indispensable car elle est souvent représentative de la qualité des résultats publiés. En effet, un article publié dans une revue réputée présage souvent de sa qualité scientifique et de l’exigence de son comité de lecture, gardien de la réputation. Certains paramètres peuvent cependant permettre de l’évaluer. Une revue diffusée au niveau international a une notoriété plus forte qu’une revue de niveau national ou régional car elle atteint une plus large communauté. Elle a donc un impact et une reconnaissance scientifique supérieurs. Une revue, dont les articles sont souvent cités dans la bibliographie d’autres revues, démontre que les travaux qu’elles publient ont permis d’autres publications, ce qui est le signe de la qualité des résultats publiés puisqu’ils sont repris et diffusés, au-delà de la revue. Une revue qui reçoit beaucoup d’articles pour publication et qui en rejettent une grande proportion à un comité de lecture exigeant dans sa grille d’analyse des résultats.

52

Pour le soutenir dans l’évaluation de cette notoriété, le veilleur documentaire s’appuie sur un indicateur statistique, mis au point par l’ISI (Information Science Institute) et publié dans le Journal of citation report le facteur d’impact [13].

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Ce facteur, qui reprend dans son calcul un certain nombre des paramètres cités, est le rapport, pour une année donnée, entre le nombre de citations sur une période de deux ans des articles publiés par le périodique et le nombre d’articles publiés par la revue. Une revue qui a un facteur d’impact élevé est très citée dans la bibliographie des articles des autres revues. Elle est donc très utilisée par les chercheurs et a une notoriété élevée.

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Un classement de la notoriété des revues, fonction du facteur d’impact, est établi par le veilleur documentaire.

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Les revues dont le facteur d’impact est élevé (supérieur à 3,0) sont considérées comme les plus prestigieuses et classées au premier rang. Ce sont des revues internationales (par conséquent exclusivement en langue anglaise) très exigeantes. Elles publient des articles de recherche novateurs (fréquemment utilisés et cités). Leur couverture d’un champ disciplinaire est très large et actualisé. Le plan de recherche et la méthodologie de leurs publications sont rigoureux. Leur processus d’évaluation, de révision et de publication est difficile et long (environ 2 ans). Deux rapporteurs au minimum analysent chaque manuscrit déposé et le taux de rejet est élevé (environ 80%).

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Les revues dont le facteur d’impact est compris entre 0,3 et 3,0 sont classées au deuxième rang. Ce sont des revues internationales ou nationales exigeantes, parfois dans un domaine couvrant une sous-discipline. Les processus d’évaluation et de publication sont plus rapides, et les taux de rejet moins élevés. Elles sont davantage ouvertes aux revues de littérature, aux recherches exploratoires. La reconnaissance de ces revues peut être variable selon la politique scientifique du moment.

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Les revues de dernier rang ont un facteur d’impact inférieur à 0,3. Elles sont moins exigeantes par rapport aux critères et processus de sélection, à la rigueur méthodologique et au nombre de rapporteurs (un rapporteur peut suffire). Elles sont moins accessibles au plan international. Elles jouissent d’une moindre reconnaissance de la communauté académique. Les articles fondamentaux sont quasiment absents. Ce sont des revues soit destinées à des thématiques très précises, soit à des secteurs d’activité ou des zones géographiques limitées. Les revues aux problématiques précises sont vouées à une communauté scientifique plus restreinte, d’où leur faible facteur d’impact. Cependant, elles sont souvent d’un grand intérêt dans notre mission. Les revues limitées géographiquement peuvent également apporter une plus value car leurs publications sont souvent rédigées par les scientifiques locaux qui relatent des cas princeps ou des faits inhabituels.

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Le veilleur doit rester critique vis-à-vis du facteur d’impact. En effet, un certain nombre d’articles ont été publiés dans des revues à haut facteur d’impact et se sont retrouvés être des fraudes scientifiques, comme par exemple l’article sur la mémoire de l’eau publié en 1988 dans la prestigieuse revue Nature et qui a défrayé la chronique [2].

7.5 - Analyse de l’originalité

59

L’étape suivante analyse la nouveauté, le caractère original ou la plus-value scientifique apportée par le document. C’est une lecture approfondie avec comparaison de son contenu à ceux de documents antérieurs et connus pour les thèmes correspondants.

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Un document ne pourra être considéré comme nouveau que si son contenu décrit un phénomène qui n’était pas connu jusqu’alors ou bien s’il apporte une connaissance inédite ou originale sur un phénomène connu, ou bien s’il fait le point sur un sujet connu.

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Par exemple, la publication dans une revue internationale à comité de lecture, de la mise au point d’un test de diagnostic d’une maladie infectieuse plus rapide et sensible que les méthodes de routine sera considéré comme un nouveau document. D’où l’importance pour le veilleur documentaire de constituer une base de documents bruts solide et exhaustive sur les thèmes d’intérêt des armées et qui capitalise rigoureusement les connaissances sur ces thèmes.

7.6 - Applications pour la défense

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Un document intéressant au contenu novateur mais qui n’a pas d’applications pour la défense car trop fondamental sera rejeté.

63

Par exemple, un document qui élucide une partie de la structure de l’antigène PA du bacille du charbon, bien que novateur, ne sera pas gardé car ses applications pour la défense peuvent être à très long terme. Par contre, un document relatant l’efficacité et l’innocuité sur l’homme d’un nouveau vaccin contenant une partie de cet antigène sera conservé car les applications potentielles pour les forces armées sont de l’ordre du court terme.

7.7 - Analyse de la validité scientifique

64

Elle se fait en appliquant une grille de lecture basée sur des critères rigoureux [1, 8]. Le veilleur se pose la question de l’utilité de l’étude, de ses objectifs et de ses hypothèses de travail.

65

Il détermine quel type d’étude est menée : cas princeps, essai comparatif, étude cas-témoin, de cohorte, descriptive, série de cas et meta-analyse [16].

66

Il décide si le protocole de l’étude est approprié. Pour cela, il analyse la méthode de l’étude. C’est la raison pour laquelle celle-ci est lue après le titre et le résumé. Il identifie qui sont les sujets de l’étude (type de recrutement, inclusion, non-inclusion, perdus de vue). Il détermine si le protocole a été judicieusement conçu. Il vérifie comment les biais ont été évités ou minimisés, puis décrits et commentés par les auteurs. Il vérifie la qualité des mesures et la validité statistique de l’étude. La taille de l’échantillon, la durée et la taille du suivi sont analysés avec attention.

7.8 - Analyse du niveau de preuve du document

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L’analyse intellectuelle doit quantifier le niveau de preuve de l’étude [1], qui permet d’évaluer la qualité de l’information scientifique diffusée.

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Cette quantification tient compte de la méthodologie utilisée et repose sur des scores. Quatre niveaux de preuve permettent de hiérarchiser la qualité de l’information publiée. Les articles de niveau 1 ont une preuve scientifique établie. Ce sont des essais cliniques comparatifs randomisés et de forte puissance statistique et des méta analyses d’essais cliniques comparatifs randomisés. Les articles de niveau 2 ont une présomption scientifique. Ce sont des essais comparatifs randomisés de faible taille, des études comparatives non randomisées bien menées et des études de cohorte.

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Les études de niveau 3 concernent les études cas-témoin et ont un niveau de preuve plus bas que celles de niveau 2.

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Les études de niveau 4 ont le niveau de preuve le plus faible. Ce sont des études comparatives comportant des biais importants, des études rétrospectives, des séries de cas et des études épidémiologiques descriptives (transversale, longitudinale).

7.9 - Analyse automatisée

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Le foisonnement de documents obtenus est tel qu’il ne peut être abordé seulement sous l’angle d’un traitement intellectuel. Il doit également être abordé sous un angle automatisé et avancé afin d’extraire du sens des données brutes et créer de la connaissance.

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Les infologiciels sont donc plus que jamais nécessaires à l’analyse poussée de grands corpus de documents, dont les outils de représentation des connaissances notamment cartographiques forment une part importante. Stanalyst®, outil complet de bibliométrie s’appuyant sur différentes méthodes de comptage, issu des recherches du CNRS-INIST, propose un module de cartographie dynamique des données bibliographiques dont l’utilisation concrète dans notre processus de veille nous a permis de déceler des signaux faibles et des tendances importantes [3]. Ce logiciel est basé sur des algorithmes qui analysent les relations entre les mots, entre les documents et entre les citations et regroupe les « objets » similaires du point de vue de leurs caractéristiques. Ils sont fondés sur le principe de la classification non supervisée ou clustering (comparaison des données pour regrouper les plus ressemblantes, chaque groupe devant être le plus homogène possible, et les groupes devant être les plus différents possibles entre eux).

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Par exemple, le traitement statistique effectué par le logiciel Stanalyst®, sur un corpus de documents structurés obtenus à partir d’une recherche dans les bases Pascal® et Francis® avec l’équation (smallpox OR variole) nous a permis de tirer un certain nombre d’informations statistiques avec différentes représentations allant du simple graphique aux cartographies informationnelles. Ces informations nous ont donné un ensemble d’indicateurs permettant de suivre et comparer le nombre d’articles publiés par année, par auteur, par laboratoire et par pays sur la thématique de la variole. Ces éléments ont ensuite été intégrés à un tableau de bord avec une périodicité de mise à jour fonction de nos attentes. Ces informations nous ont permis de lister les scientifiques et les équipes ayant le plus publié dans le domaine de la variole et les plus impliquées dans ce thème d’intérêt. Ces scientifiques identifiés à partir d’une approche statistique ont été croisés avec des critères plus qualitatifs tels que le nombre de citations ou le facteur d’impact des périodiques de leurs publications. Les résultats de ces études statistiques ont été proposés sous forme de listings classés par zone géographique comprenant l’essentiel des informations disponibles (coordonnées, sites web…). La recherche sus nommée a retrouvée 1008 documents. Stanalyst® permet de déterminer que dans ce corpus, 14 documents sont écrits par E.R Kern, soit 1,4 % du nombre total de publications, ce qui en fait le scientifique le plus prolifique sur le thème. Sur ces 1008 documents, 968 sont des articles publiés dans 384 titres de périodiques différents et 40 articles (4,1 %) sont publiés dans la seule revue Clinical Infectious Diseases. Ce qui en fait la revue la plus utilisée comme support de ce thème et l’une des sources les plus pertinentes. L’année 2003 fut l’année où il y a eu le plus de publications sur ce thème avec 130 publications, ce qui traduit le regain d’intérêt pour cette maladie éradiquée en 1987, à la suite des évènements de 2001 aux Etats-Unis.

8 - Synthèse

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Le veilleur documentaire synthétise et remet en forme les documents pertinents et les transforme en une véritable information utile pour le décisionnaire. Ce traitement des documents bruts prend cinq aspects. Des fiches de synthèse brèves par agent pathogène sont rédigées. Des documents de résumés également par agent sont produits. Des listings sont créés principalement sous la forme d’annuaires d’experts et de laboratoires de recherches dans un domaine précis. Des bulletins de veille documentaire bimestriels sont établis. Enfin, des fiches de veille très succinctes résumant une publication jugée particulièrement sensible sont élaborées. Dans chaque type de synthèse, les sources exactes sont données pour permettre aux décisionnaires l’accès aux documents originaux. La structure et le contenu de chaque document a été défini. Il a fait l’objet d’une procédure qualité validée par l’autorité de tutelle. Ces documents, pour des raisons certaines de facilité de lecture, sont limités en nombre de pages. Les fiches de synthèse et les bulletins de veille documentaire ne dépassent pas 10 pages. Les documents de résumés et les annuaires font environ 20 pages. Les fiches de veille sont des résumés très courts de quelques lignes élaborés de façon pluriquotidienne. La mise à jour de chaque type de document est définie dans la procédure qualité de l’UVS.

9 - Diffusion

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Les synthèses suivront deux types de circuits. Elles sont diffusées aux décisionnaires via la messagerie électronique interne du ministère de la défense selon la technique du push. Ce type de circuit concerne l’envoi de la fiche de veille quand une information est jugée particulièrement pertinente ou sensible. Il concerne également l’envoi bimestriel du bulletin de veille documentaire. Elles sont ensuite indexées et stockées dans des bases documentaires et serviront à la capitalisation des connaissances. Ces bases documentaires sont hébergées sur un réseau sécurisé du ministère de la défense et sont consultables par leurs utilisateurs via l’Intranet du SSA. L’accès à ce réseau n’est possible qu’aux personnels autorisés et détenteurs de cartes spécifiques. Le processus d’indexation manuelle se décompose en deux étapes. D’abord, le contenu du document permet de choisir des concepts représentatifs du document. Ces concepts sont ensuite traduits en descripteurs. Les documents sont finalement classés et stockés dans les bases en fonction des descripteurs attribués, et ceci du descripteur le plus générique vers le plus spécifique. Le descripteur le plus générique choisi par le veilleur est le risque sanitaire en cause (chimique, biologique…), le descripteur le plus spécifique concerne l’agent ou la maladie induite par ce risque (botulisme, charbon, chlore…). Les bases disposent d’une interface homme-machine constituée de pages web au format Html. Les utilisateurs peuvent circuler à l’intérieur du corpus de documents par navigation hypertexte. Les synthèses et les documents bruts, en format Word® ou pdf, pourront être directement téléchargés par l’utilisateur sur son poste de travail.

10 - Evaluation

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Evaluer les résultats atteints par notre processus de veille documentaire et en estimer les potentialités semble difficile, notamment car il s’agit d’un investissement immatériel et dont le produit est un flux d’informations. Cependant, certains indicateurs tangibles de ce processus peuvent être évalués.

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Notre processus de veille est organisé et structuré. Il capitalise un socle de connaissances solide et donne une information directement exploitable. Quand une recherche documentaire est nécessaire sur un thème donné, le temps de collecte est nettement diminué puisque l’information est souvent déjà disponible et structurée dans le système. Dans le cas où cette information ne serait pas disponible ou pas en totalité, les sources étant identifiées, la recherche prend moins de temps que par des méthodes artisanales. Ce gain de temps peut se quantifier. Par exemple, une demande d’un document scientifique de synthèse de moins de trois ans en langue française sur la coqueluche et ses traitements nous a été faite par un de nos utilisateurs. La réponse, diffusion comprise par voie électronique, a été évaluée à moins de 5 minutes. Cette réactivité dans la réponse n’a été possible que par la capitalisation de connaissances dans notre processus de veille documentaire. Autre exemple, un de nos destinataires nous a demandé un document de littérature médicale en français décrivant un ou plusieurs cas de saturnisme dans les stands de tir. Même si aucune information sur ce thème n’était déjà disponible dans notre outil, un document répondant à sa demande a été retrouvé et diffusé en moins d’une heure car les sources étaient déjà identifiées par notre processus.

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Notre système agit au profit d’une collectivité ayant des thèmes de travail en commun. Il évite donc à ses bénéficiaires un travail de veille individuel fastidieux qui s’opérerait de manière manuelle et qui serait inutilement démultiplié. Il leur permet ainsi de gagner du temps.

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En outre, notre processus améliore le volume d’information pour le destinataire et son taux de pertinence (nombre d’informations jugées pertinentes par le veilleur par rapport au nombre d’informations totales collectées). Il développe également l’étendue des thèmes de la veille.

80

Par exemple, 15 000 documents ont été collectés entre le 1er août 2006 et le 30 septembre 2006 sur 30 thèmes d’intérêts, 33 documents ont été résumés et diffusés dans le bulletin de veille documentaire de cette période, 3 documents ont fait l’objet d’une fiche de veille. Ce qui signifie que sur la totalité des 15 000 documents collectés, seulement 0,2 % sont considérés comme pertinents et synthétisés et seulement 0,02% sont jugés particulièrement sensibles et diffusés immédiatement. Cette capacité de notre outil à générer une amélioration de la quantité et de la qualité de l’information recueillie constitue un critère d’évaluation positif et objectif.

81

Un certain nombre de critères d’évaluation de notre système peuvent être jugés encore insuffisants. Par exemple, l’état de déploiement de notre processus ne permet pas le développement de pratiques dites de veille collaborative et la mise en place d’un « effet réseau ».

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Les différentes communautés de notre organisation (médicales, scientifiques, par départements ou services) ont un accès à l’information de la veille sanitaire de défense. Il serait peut être intéressant qu’elles aient également la possibilité de fédérer leurs visions de cette information au sein d’une même et unique plate-forme qui deviendrait un forum, lieu d’échanges et d’analyses.

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Cet « effet réseau » pourrait avoir des conséquences positives pour l’ensemble de l’organisation en terme d’innovation, d’initiatives et de limitation des coûts de l’information. Mais, il pourrait aussi alourdir le système si chaque document, avant sa diffusion, devait recevoir l’accord et les remarques de tous les destinataires. Cependant, cet « effet réseau » permettrait d’évaluer directement l’intérêt des informations du système par rapport aux nombres d’utilisateurs du dispositif de veille.

84

En effet, on peut considérer que plus nombreux sont les utilisateurs connectés, plus efficace sera le dispositif. Notre seul indicateur positif actuel de ce point est le nombre important de retours de satisfaction adressés par nos utilisateurs directement par messagerie électronique.

11 - Conclusion

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Pour répondre à la mission de veille sanitaire de défense, l’Unité de veille sanitaire de l’IMTSSA a mis en place un processus de veille documentaire scientifique original comprenant des étapes automatisées et entraînant pour ses utilisateurs un gain de temps non négligeable. Cependant, la performance de ce processus, en terme d’aide à la décision et d’innovations, reste à évaluer de manière quantitative. Une grille d’évaluation, avec des indicateurs indirects, doit être mise au point. Dans ce cadre, il serait intéressant de suivre l’évolution du taux de fréquentation de nos outils. Des indicateurs directs quantifiant la valeur ajoutée apportée par notre processus en terme de gestion des connaissances mais également en terme de planification, de prise de décision et d’action doivent également être élaborés et pris en compte dans une grille d’évaluation globale du système.


Annexe

Figure 1 - Processus de veille documentaire dans la veille sanitaire de défenseFigure 1
Tableau 1 - Thèmes de la veille documentaireTableau 1
Tableau 2 - Grille d’analyse du document scientifique dans la veille sanitaire de défenseTableau 2

Bibliographie

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Résumé

English

Une des fonctions du Service de santé des armées (SSA) est de préserver la santé des forces projetées. Dans ce contexte, une mission de veille sanitaire de défense a été définie et confiée à l’Unité de veille sanitaire de l’Institut de médecine tropicale du service de santé des armées (IMTSSA). Pour répondre à cette mission, trois bases documentaires ont été créées et diffusées. Leur mise à jour, moteur de détection d’innovations, nécessite un processus de veille documentaire en six phases : définition des thèmes à surveiller, sélection des sources documentaires, collecte, analyse, synthèse et diffusion des documents. Les différentes phases sont décrites dans cet article et le processus est évalué. La définition des thèmes de veille est indispensable pour éviter les documents hors sujet. Les sources sont choisies sur des critères de volumétrie et de couverture. La collecte est automatisée par les outils de type push et fil RSS (Really Simple Syndication). La nouveauté et la validité des documents sont évaluées selon une grille de lecture définie. Les documents sont analysés statistiquement par des outils bibliométriques. Les documents synthétisés sont finalement diffusés via le réseau interne et par messagerie électronique. Ce processus de veille documentaire structuré et organisé entraîne, pour ses utilisateurs, un gain de temps évident. Il permet une amélioration en quantité et en qualité du nombre d’informations pertinentes diffusées. Cependant, il ne permet pas encore de quantifier en temps réel le nombre d’utilisateurs du dispositif.

Keywords

  • armées françaises
  • systèmes de veille scientifique et technologique
  • veille sanitaire
  • veille documentaire
  • document scientifique
  • bibliométrie

Français

The main function of the Defense Health Service is to preserve the health of the projected forces. In this context, a Defense health watch duty was defined and entrusted to the Health observation Unit of the French Forces Institute of Tropical Medicine. To complete this mission, three documentation databases were created and broadcasted. Their updating, depending on innovation detection, requires a process of documentary awareness in six phases : definition of the topics to be supervised, selection of the documentary sources, gathering, analysis, reformatting and diffusion of the documents. The various phases are described and the process is evaluated in this article. The definition of the topics to be supervised shows its essential character to avoid the documents out-of-subject. The sources are selected on criteria of volumetry and cover. The gathering is automated by the tools of « push type » and RSS Feed (Really Simple Syndication). The innovation and the validity of the documents are evaluated according to a grid of definite reading. The documents are analyzed statistically by bibliometric tools. Formatted documents are finally spread via the owner network and by email. This process of documentary awareness, structured and organized, involves, for its users, an obvious saving of time. It allows an improvement in quantity and quality of the number of disseminated relevant information. However, it doesn’t yet allow to quantify in real time the number of users to the device.

Mots-clés

  • french forces
  • scientific and technological watch systems
  • health observation
  • documentary-awareness
  • scientific document
  • bibliometrics

Plan de l'article

  1. 1 - Introduction
  2. 2 - Processus de veille documentaire
  3. 3 - Le document scientifique
  4. 4 - Thématiques a surveiller
  5. 5 - Identification et sélection des sources
  6. 6 - Collecte automatisée
    1. 6.1 - Outils de type push
    2. 6.2 - Outils de syndication des contenus : les fils RSS
  7. 7 - Analyses
    1. 7.1 - Traduction du document
    2. 7.2 - Contrôle du thème
    3. 7.3 - Résumé
    4. 7.4 - Analyse de notoriété
    5. 7.5 - Analyse de l’originalité
    6. 7.6 - Applications pour la défense
    7. 7.7 - Analyse de la validité scientifique
    8. 7.8 - Analyse du niveau de preuve du document
    9. 7.9 - Analyse automatisée
  8. 8 - Synthèse
  9. 9 - Diffusion
  10. 10 - Evaluation
  11. 11 - Conclusion

Pour citer cet article

Tanti Marc, Hupin Christian, Hassanaly Parina, Boutin Jean-Paul, « Processus de veille documentaire scientifique au profit de la veille sanitaire de défense », Humanisme et Entreprise, 5/2007 (n° 285), p. 65-86.

URL : http://www.cairn.info/revue-humanisme-et-entreprise-2007-5-page-65.htm
DOI : 10.3917/hume.285.0065


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