Accueil Revues Revue Numéro Article

Humanisme et Entreprise

2008/2 (n° 287)


ALERTES EMAIL - REVUE Humanisme et Entreprise

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 77 - 95
1

Nous sommes aujourd’hui de plus en plus amenés à découvrir d’autres cultures, identités, croyances, face à des interactions qui s’étendent rapidement au-delà de ses propres frontières.

2

Les échanges humains, culturels et économiques entre les nations ne cessent de se développer. Certains pays, essentiellement occidentaux, ont depuis plusieurs décennies accueilli des immigrants venus de divers continents. Ces vagues d’immigration ont forgé des sociétés multiculturelles et une immigration plus ou moins intégrée.

3

Le mélange des cultures s’accélère. Nos sociétés deviennent progressivement des organisations multiculturelles que facilite la circulation des biens et des flux migratoires. De même les identités culturelles régionales et les groupes religieux s’expriment de manière plus libre. A l’opposé, on assiste à une domination de la culture américaine qui tend à favoriser une certaine homogénéisation des croyances et des valeurs. Autant d’évolutions parfois contradictoires qu’il s’agit aujourd’hui de prendre en compte, de comprendre et de gérer.

4

On habite tous sur la même planète, mais on ne vit pas dans le même monde, ce qui fait notre richesse mais aussi engendre des difficultés pour vivre ensemble.

5

Si au siècle dernier nous avons géré et organisé ces flux migratoires avec en règle générale une bonne intégration après deux ou trois générations, aujourd’hui la machine se détraque.

6

Comment aborder ce phénomène ? Pour gérer il faut déjà observer, analyser, comprendre et bien souvent se servir du passé pour construire l’avenir.

Transmission et impact de la culture

7

« Oui, nos sociétés sont malades et nous le voyons bien tous les jours. Et elles sont malades de leur culture, de notre culture. » (C. Julien(1)).

Cultures et civilisations

8

Il a été beaucoup dit sur la culture et les civilisations (J. Demorgon(2)). De nombreux auteurs ont tenté de décrire ce phénomène qui se montre tout aussi inéluctable aujourd’hui qu’en début du processus d’observation et d’explication. De Thucydide à Machiavel, de Ranke à Michelet, de Toynbee à Braudel, tous ont essayé d’illustrer l’image finale, le concept rassembleur de ce qu’est la culture et sa place dans ce que l’on nomme la société. On a décrit les civilisations comme de grosses cultures, de molécules construites à partir du matériau élémentaire, des atomes que sont les cultures. Dans ce contexte, « une culture peut être décrite comme une civilisation qui n’a pas encore atteint sa maturité, son optimum, ni assuré sa croissance. »….. La règle ordinaire c’est que les civilisations jouent et gagnent et l’emportent sur les cultures. Mais la victoire des civilisations est fragile et souvent partielle. (G. Leclerc(3)) C’est encore plus vrai aujourd’hui que la technologie des communications met en évidence et en contact constant les divers éléments culturels présents dans toute société tournée vers la mondialisation. Cet état de fait transforme une société en un bouillon de culture incessant et en mode réactif. Cela traduit un phénomène à la fois dynamique mais instable.

9

L’assimilation d’une culture nécessite d’apprendre et de respecter certains codes. Le processus de transmission d’une culture est appelé « socialisation » pour une personne qui ne connait pas d’autre culture et qui découvre sa propre culture ou « acculturation » lorsque cette culture est transmise à de nouveaux membres d’une société possédant déjà une culture. Le phénomène d’assimilation n’est nullement passif et celui d’acculturation de nouveaux venus donne naissance à des réactions de résistances contradictoires et controversées telles que :

10

Ségrégation : La ségrégation à travers la création de zones et de quartiers où domine la culture d’origine comme en Californie où la population mexicaine et asiatique varie entre 30 et 50% de la population globale.

11

Acculturation inversée, où la culture dominante se développe lorsque le nombre de nouveaux venus atteint un seuil critique au point de façonner un autre mode de vie.

12

Ces phénomènes non contrôlés peuvent avoir des conséquences importantes en termes de risques et d’incertitudes pour une nation. Chaque société, quelle soit individualiste ou collectiviste, dominée par des comportements masculins (valeurs matérielles) ou féminins (harmonie et environnement) a ses propres façons de réagir devant les incertitudes et les risques de la vie.

13

Ainsi on peut identifier au sein d’une société une culture dominante à laquelle adhère la majorité des citoyens, et une ou plusieurs sous-cultures qui ne reconnaissent pas ou rejettent les valeurs dominantes, les remplaçant par des valeurs ou des croyances singulières (J.C. Deschamp(4), S. Moscovici(5)). Ce désengagement voire cette opposition progressive ou radicale est vécue comme oppressante et pesante qui conduit généralement au départ d’une contre-culture de rejet. Les membres de cette communauté vont vouloir imposer leur propres valeurs et références qui leur permettent de se démarquer du reste de la société. Lorsque ces tendances se structurent et rassemblent un nombre suffisamment important de personnes, la contre-culture se transforme en un nouveau courant de pensée que l’on appelle sous-culture.

14

La sous-culture peut-être représentée comme un art de vivre avec des pratiques et des moyens différents de la culture dominante (M. Brake(6)). Son apparition suppose à la fois la reconnaissance d’une culture globale, son opposition à travers un désengagement de cette dernière ou un rejet (J. Schouten et J. Mc. Alexender(7)) et un nombre de membres suffisant qui s’y reconnaissent. Cette sous-culture est composée d’une combinaison de situations sociales intégrant les classes sociales, les affiliations religieuses, les composants ethniques, les langues… (R. Calatone, M. Morris et J. Johar(8) ; T. Lenartowicz et K. Roth(9)).

15

L’appartenance à un groupe peut être soit objective, déterministe et extérieure soit subjective, volontariste et personnelle. La méthode « objective » qui repose sur un nombre déterminé de critères socioculturels est jugé limitative et contraignante, puisqu’elle décide de manière arbitraire d’étiqueter les individus. A l’opposé, la méthode subjective détermine l’appartenance à partir d’une déclaration d’intention générée par l’individu lui-même.

16

Une troisième voie est envisageable combinant les deux précédentes qui permet de tirer avantage et de limiter les contraintes inhérentes aux méthodes précédentes (D. Handleman(10)) ce qui permet de mesurer le degré d’intensité d’affiliation à un groupe ethnique à travers des critères mesurables et prédéterminés.

17

Les caractéristiques qui permettent d’analyser l’appartenance à un groupe peuvent se faire à partir de critères tels que :

18

La langue parlée à la maison et la double formation linguistique qui permet de montrer le degré avec lequel les groupes ethniques s’imprègnent de la culture nationale dominante et ses valeurs et leur contribution à la diversité culturelle du pays.

19

L’acculturation qui mesure le degré de ce qu’un individu a appris dans sa nouvelle culture comparée à ce qu’il avait appris au cours de sa vie antérieure.

20

Le revenu familial. On constate le plus souvent que les groupes émigrant dans un nouveau pays installés dans les différents pays occidentaux ont des revenus inférieurs à la moyenne nationale.

21

Le niveau d’éducation est généralement corrélé au niveau de revenus et l’accès aux grandes formations le plus souvent payantes leurs sont interdits.

22

Les caractéristiques familiales varient de manière sensible selon l’origine des émigrants comme le nombre d’enfants, l’âge des parents, le rôle du chef de famille et le poids de la religion dans le processus décisionnel.

23

La classe sociale, qui est généralement celle des personnes les moins favorisées, jouera un rôle important pour l’assimilation d’une culture et leur fragilité par rapport à toutes les influences qu’elles pourront subir.

C’est en se penchant sur cette dimension systémique que présente l’organisation d’une société et en essayant de décrire les conditions du phénomène à partir d’une vision mécanique et empirique, que nous tentons dans ces lignes d’appréhender le phénomène de la perspective systémique des conditions optimales de vie d’une société en mode pensée organisation.

Nous croyons que toute société, civilisation ou culture doit fonctionner en phase optimum dans un processus d’échanges et d’interpénétration constant afin de vivre et de rayonner. Par contre, il existe certaines conditions systémiques incontournables que l’on doit respecter si l’on veut atteindre cet objectif et s’y maintenir.

Culture et intégration

La vigueur de la pensée-organisation

24

Trois grandes questions demeurent, qu’un pays ne saurait éluder sans aller vers de sérieuses difficultés :

25

Comment mettre en évidence la pensée-organisation d’un pays ? Toute société doit régir son rapport aux mondes, mais aussi à sa propre culture. Plus elle sera riche, plus sa maille sera fine, mais plus ses lignes de force seront visibles, et plus pertinente sera la grille de lecture offerte aux dirigeants pour maîtriser le monde au sens large, leur nation État au sens restreint.

26

Comment créer un langage commun entre les différents acteurs d’un pays qui permette les échanges, la compréhension et la coopération dans le traitement des situations qui sera l’outil des dirigeants politiques dans cette pensée-organisation ?

27

Comment modifier, en prenant appui sur les forces du pays, l’architecture et le contenu de la pensée-organisation, généralement réservés au gouvernement ?

28

Au-delà de la mise en œuvre de techniques de motivation, de techniques de projets, de techniques de communication globale, c’est l’extension du potentiel managérial et décisionnel des politiciens qui est en jeu. D’où l’importance de la notion de culture d’organisation et de gestion des valeurs.

29

Par rapport au management d’une organisation tout événement qui ne s’inscrit pas dans la continuité culturelle de l’organisation suscitera spontanément : méfiance, malaise, déni, résistance et défiance (P. Dupriez, S. Simon(11)).

30

Il convient donc d’anticiper le décalage culturel qui sera créé par cet événement ou ce projet de changement, et de prévoir une action ou de créer les conditions qui en faciliteront l’acceptation (K. Oberg(12)).

Les rapports internationaux se situent dans une démarche de ce type où le citoyen, son besoin, son mode de penser et son approche sociale seront différents, éloignés de notre culture et de nos organisations. Si l’approche méthodologique reste la même d’une façon globale, l’empathie culturelle sera le point clé nécessaire de la réussite des interactions entre citoyens d’un même pays et ses relations avec les autre peuples (E. Dunbar, E. Ehrlich(13)).

Le multiculturalisme

31

Aujourd’hui toute organisation est multiculturelle. Les entreprises, les associations, les États engendrent d’abord leur propre culture laquelle est différente de celle de ses partenaires, de ses alliés ou de ses ennemis. De plus, chaque métier, chaque entreprise, chaque région, chaque communauté, chaque religion, chaque pays se caractérise par son langage, ses rites et ses traditions souvent incompréhensible par les personnes étrangères à cette culture même. Enfin, les citoyens d’un même pays se différencient par leur rang social et des valeurs qui leurs appartiennent provenant de zones géographiques de plus en plus diversifiées avec des croyances religieuses différentes qui caractérisent les origines de chacun des groupes représentés dans cette société.

32

Dans ce contexte les rapports deviennent de plus en plus complexes et nécessitent une structure particulière de gestion et d’organisation. Ce mode de fonctionnement demande rigueur, méthode et cohésion. Il est clair que si l’on veut limiter le risque que chacun agisse pour son propre compte au détriment des objectifs assignés au bonheur de tous, il est nécessaire de mettre en place un certain nombre de règles et de procédures.

33

Ces règles et/ou procédures se situent à deux niveaux : un niveau général qui concerne l’ensemble des rapports et des liens du pays et un niveau particulier qui est spécifique à chaque citoyen et communauté pour une meilleure maîtrise de la diversité et de la complexité.

34

La complexité n’est pas l’apanage à la vie internationale (J. March, H. Simon(14)). Elle infiltre la pensée dans toutes les disciplines scientifiques et l’action humaine partout où elle s’exprime. Il n’en est pas moins vrai que le système social, et donc les décisions de management, gagnent en complexité du fait de la prise en compte de sa dimension internationale. A titre d’exemple, on pourrait citer la nécessité de fournir des soins de santé et hospitaliers reflétant les besoins et valeurs de la clientèle de plus en plus multiculturelle et versée dans des approches et rites particuliers. Dans ce contexte, les risques se multiplient en nombre et en nature, la variété culturelle, le grand nombre d’acteurs et les réseaux qui les lient sont autant de facteurs susceptibles de semer la confusion.

35

La connaissance des lois du système ne garantit certes pas le contrôle de l’imprévisible. Le rôle de l’aléatoire ou du hasard demeure, mais l’imprédictibilité recule.

36

L’individu pourra accéder à une masse croissante d’informations, grâce aux progrès des télécommunications, il peut acquérir un pouvoir auparavant inimaginable à condition de savoir gérer ce potentiel dans un esprit de progrès social.

37

De plus en plus, les entreprises et les sociétés de tout secteur comme les télécommunications, les constructeurs automobiles, l’aéronautique, les banques, la pharmacie, la chimie… ont recours à des alliances stratégiques comme moyen de s’imposer sur le marché international. Il en résulte un accroissement de la multiculturalité dans tous les pays.

Chaque nation est confrontée à des flux migratoires d’individus avec des cultures géographiques différentes mais également des cultures sociales, religieuses et d’éthiques morales souvent opposées aux cultures d’accueil. Si le multiculturalisme est une force extraordinaire de développement, c’est aussi une difficulté pour une intégration et une homogénéisation de l’ensemble des individus. Il reste à transformer le handicap initial en un progrès social et culturel.

Le fonctionnement interculturel

38

Entre culture et individus peuvent se développer des interactions fécondes. Dès lors qu’un individu rencontre des cultures différentes, il se trouve en situation d’établir une relation interculturelle conduisant à l’interculturalité. Le façonnement d’un nouveau langage à partir d’éléments culturels et conceptuels étrangers est un exemple de notre propos. Ce nouveau langage traduisant plus fidèlement une réalité dans laquelle la multiculturalité du langage est souverainement présente. Pour se parler, il faut se comprendre.

39

L’interculturel est depuis longtemps présent à travers les stratégies humaines comme genèse des cultures communautaires (D. Bollinger, G. Hofstede(15)). Cet interculturel géo-historique résulte donc de l’existence d’interactions intrasociétales et intersociétales.

40

Depuis longtemps aussi ces regroupements, plus ou moins bien unifiés à partir de violences militaires ou d’héritages dynastiques, ont à un moment ou un autre révélé des faiblesses qui les ont fait imploser ou les ont conduits à s’associer à d’autres. Les activités économiques des hommes ont toujours été présentes.

41

L’échange et la recherche interculturels sont soumis à de multiples soucis de bricolage pratique dans tous les domaines où ils ont commencé à intervenir techniquement. Mais les modalités nouvelles de coprésence étendue et intensive des cultures et de leurs membres dans les mondialisations en cours : économique, géopolitique, informationnelle conduiront (à travers leurs insistances liées aussi aux intérêts, aux aspirations, aux échecs encourus) à d’autres développements et à d’autres recherches.

42

Ces types de discrimination permettent de comprendre la nature des difficultés que vont rencontrer les dirigeants d’un pays pour animer et gérer des équipes pluriculturelles éparpillées de par le monde dans des contextes culturels eux aussi différents. Il apparaît en tout état de cause que les données culturelles vont infléchir les dirigeants dans leurs principaux rôles de coordinateur, de communicateur et de négociateur. A titre d’exemple, cette façon de faire est constante dans le secteur privé œuvrant en contexte international. La performance et le rendement guident la voie.

43

La prise en compte de l’information, de la communication et l’art de la négociation sont les pierres angulaires d’une approche interculturelle réussie.

44

Les dirigeants doivent envisager de multiplier les supports et les flux d’informations au sein du pays afin de limiter les erreurs de jugements ou de comportements. Plus les structures d’un pays sont éclatées, plus ce besoin est fort.

45

La communication concerne les relations avec les acteurs locaux. Le respect de l’autre passe par l’attention qu’on leur témoigne. Les pays qui gagnent sont ceux qui savent aussi être à l’écoute de leurs concitoyens sans verser nécessairement dans le populisme.

46

L’attention apportée aux éléments culturels permet de prévoir certaines sources de conflit et de mieux sentir les affinités entre pays voisins. Elle facilite ainsi la préparation d’alliances régionales (G. Hofstede(16)). Enfin, cela permet un assouplissement des organisations.

47

Dans le contexte international complexe et multiculturel, il n’est plus possible d’aborder une démarche stratégique à partir d’un seul point de vue. Il s’agit le plus souvent d’adopter une perspective radicalement différente de celle qui serait conçue uniquement à partir du pays d’origine.

48

L’interculturalité est une approche qui, reconnaît l’existence de cultures locales et qui tente d’intégrer ces valeurs sur lesquelles reposent ces cultures et qui présentent des possibilités d’enrichissement réelles pour la société qui les accueille.

La mise en œuvre de l’interculturalité consiste surtout en une capacité à remettre en question des types de relations qui ont pourtant fait leurs preuves dans le passé et de s’ouvrir à d’autres modèles de société.

L’approche intraculturelle

49

La culture désigne et détermine les modes de penser, de sentir, de percevoir, de communiquer, d’agir et de produire des objets concrets pour un groupe donné. Elle se compose d’un certains nombres de codes, de symboles, de langues, de mythes, de croyances et de valeurs qui lui donne sa morpholo-gie spécifique. L’ensemble de ces éléments constitue un cadre qui formalise notre rapport à nous-mêmes, aux autres et au monde extérieur. L’intraculturalité, c’est d’acquérir l’ensemble de ces paradigmes d’une autre culture et de les faire siennes.

50

La culture fournit à ses membres des codes conceptuels qui conditionnent la perception et le vécu des situations auxquelles ils sont confrontés. Elle leur propose une grille de décodage des stimuli, qu’il est nécessaire d’acquérir, provenant de l’environnement, induisant vis-à-vis de ces stimulations des attitudes, des représentations mentales ainsi que des réactions comportementales (certains gestes sont polysémiques, c’est-à-dire que leur sens varie selon les contextes culturels). Toute culture constitue un horizon de compréhension et d’interprétation des choses de la vie en préstructurant la vision du monde de ses membres. C’est une programmation collective de l’esprit humain à travers des matrices de réflexion et de comportement ayant leur logique propre. Ces prêts à penser et ces modes de réaction sont sélectionnés à partir d’une infinie variété de combinaisons possibles qu’il est souvent difficile d’acquérir quand les cultures en présence sont très éloignées l’une de l’autre.

51

La culture prescrit à ses membres des modèles d’identification qui sont d’autant de formes d’humanité et de socialité qu’ils vont conjuguer à travers des rôles appris au cours du processus de socialisation. Elle est au fondement de l’identité psychosociale, ainsi les relations interpersonnelles ne sont pas immédiates ni improvisées, mais médiatisées par des rôles qu’apprennent et incarnent ceux qui doivent les jouer selon des scénarios prescrits par la socio-culture (C. Ammi(17)).

52

La scolarisation nous enseigne une partie de la culture par l’apprentissage des matières fondamentales (sciences et techniques, histoire et géographie…) : c’est le savoir théorique dispensé d’une manière officielle par le système éducatif. Cette culture s’apprendra uniquement à partir de la deuxième génération d’immigrants.

La culture acquise est inculquée avant et hors scolarisation par les parents, la famille et sa communauté d’origine et celle d’adoption. Elle porte sur les règles tacites du comportement relationnel devant être respectées dans les circonstances les plus diverses. Elle renvoie à des modèles stéréotypés de conduite qui servent de cadre de référence et de guide pour toutes les situations que rencontre un individu dans sa vie personnelle et professionnelle. Cette grammaire culturelle détermine et représente le savoir-faire, le savoirêtre et le savoir-vivre nécessaires pour une intégration de tout immigrant. Ce patrimoine culturel contient des paradigmes qui sont transmis d’une manière informelle qui mettent du temps à être assimilés et nécessitent plusieurs générations pour faire sienne sa culture d’adoption.

Mondialisation et intégration

Approche culturelle de l’intégration

53

Depuis la chute du mur de Berlin le monde a changé, l’ouverture des marchés de l’Est, le passage à la monnaie unique en Europe et la mondialisation ont été les catalyseurs d’une ouverture des marchés à l’international ayant pour conséquence une circulation plus importante des personnes et des biens.

54

En conséquence, les difficultés rencontrées sont nombreuses et les confrontations multiculturelles s’amplifient. Il devient nécessaire d’appliquer un certain nombre de règles pour harmoniser et rendre possible ces chocs culturels. Nous sommes confrontés à trois grands niveaux d’intégration (figure 1).

Figure 1 - La pyramide de l’intégrationFigure 1
55

Le premier niveau est de vivre dans un contexte multiculturel, ce qui est le cas pour tous les individus quel que soit le pays où l’on vit. En effet aujourd’hui chaque nation est pluriculturelle.

56

Le deuxième niveau est de s’adapter à la culture du pays dans lequel on est venu vivre, c’est le cas de tous les émigrants.

57

Le troisième niveau correspond à l’intégration complète dans un pays d’adoption.

Dans cette approche le degré d’investissement culturel est progressif et est schématisé dans la pyramide de l’intégration (S. Raynal18 ; S. Raynal, M. Chédru(19)).

La vision comportementale observable

58

On entend souvent proclamer que la richesse potentielle d’une équipe est proportionnelle à son degré de multiculturalité. La condition nécessaire à cette affirmation est de savoir tirer parti de cette diversité. Le risque d’incompréhension, voire de conflit suit la même règle. On ne saurait réfléchir sur les enjeux et les difficultés d’intégration dans la diversité culturelle sans se poser le problème de langue. Afin de communiquer entre personnes de nationalités différentes, la langue apprise est représentative de notre structure mentale et de notre comportement social (B.L. Whorf, J.B. Carroll(20)), même si cette hypothèse a été critiquée, la langue en tant qu’outil de communication demeure un élément basique des choix culturels et influence nos comportements. Pour s’intégrer dans une nouvelle culture il est donc important d’en comprendre le langage

59

On constate qu’après plusieurs années de pratique, le vocabulaire technique, à quelques exceptions près, ne pose pas de problèmes insurmontables. En revanche, le vocabulaire non technique, la syntaxe et la grammaire sont intégralement maîtrisés par les personnes ayant atteint un niveau de maturité d’intégration déjà très important.

60

Le langage est l’instrument de la pensée, il permet l’abstraction et la conceptualisation. C’est en nommant un objet que l’on prend de la distance par rapport à lui et qu’on peut le manier dans un raisonnement intellectuel.

61

Une autre manière de surmonter les différences consiste à développer la connaissance mutuelle des partenaires de manière à ce qu’ils puissent mettre au point empiriquement des usages et des modes de fonctionnement qui conviennent à tous, c’est-à-dire les référentiels d’une culture. Les échanges quotidiens nécessaires pour l’accomplissement du travail commun, de même que des opérations de socialisation hors du cadre strict du travail, tels les dîners, participent à l’établissement de relations de complicité ou d’amitié entre les membres d’une société. La connaissance personnelle de l’autre à travers le partage et la découverte de systèmes référentiels, l’appren-tissage du comportement des autres, favorisent l’empathie réciproque et améliorent la compréhension mutuelle que l’on appellera empathie comportementale.

62

Cette connaissance constitue une adaptation à l’autre sans distinction de ce qui relève de sa personnalité ou de ses cultures nationale, régionale, ethnique, d’entreprise, de métier. Toutefois, le succès de l’intégration ne saurait être uniquement attribuable aux qualités intrinsèques de ses membres. Communiquer avec l’autre ne relève ni de la bonne volonté, ni de la spontanéité intuitive. En l’absence de références communes issues d’une culture partagée, les émigrants engagés dans une démarche d’intégration comptent sur la culture métier et la culture d’entreprise pour homogénéiser les pratiques et aplanir les différences dans le cadre du travail. En effet le travail est un vecteur d’intégration et le métier est un élément fédérateur par son propre langage quelle que soit notre origine ethnique.

63

Le succès de l’intégration nécessite de « sur-communiquer » sur une vision partagée. L’ajustement entre les individus de différentes origines ne se faisant pas de gré à gré, mais par la convergence des comportements vers une norme institutionnelle. Dans une certaine mesure, la culture-pays remplit une fonction de sécurisation à travers la prescription de rituels.

64

Une gestion de l’intégration efficace suppose la réunion de certaines conditions concernant les registres structurels et stratégiques. De plus, cette gestion/organisation repose sur des principes négociés par les participants et adaptés aux particularités des différentes ethnies.

Cette base de la pyramide qu’on peut appeler couche observable est la réalité apparente de symboles plus profonds de la culture qui est le reflet des normes et des valeurs d’un groupe d’individus. Cependant sans cette connaissance minimale linguistique et des traditions comportementales de vie et de gestion des personnes participant à une équipe pluriculturelle, il ne peut y avoir interculturalité. Il faut des affinités en présence.

La compréhension sociale

65

Ce deuxième palier demande un degré supplémentaire de compréhension culturelle pour que l’individu assimile les valeurs et les normes du pays concerné afin d’éviter les erreurs pouvant le conduire à se retrancher de la société de ce pays.

66

Les normes représentent l’ensemble des contraintes et des rôles acceptés par la majorité d’une société qui définissent le comportement « acceptable » de la vie en société. Les valeurs sociales et culturelles sont les valeurs partagées par le plus grands nombre au-delà des valeurs individuelles. En effet, il convient de dissocier les valeurs sociétales partagées dans une société donnée, des valeurs individuelles qui peuvent emprunter d’autres références à des cultures étrangères, religieuses ou sociétales différentes (M. Rokeach(21). On distingue ainsi deux types de valeurs : les valeurs terminales qui font référence aux finalités de l’existence telles que la paix, la justice, l’égalité des chances et les valeurs instrumentales qui correspondent à des comportements et des manières d’être des individus pour atteindre ces aspirations.

67

Ces valeurs, d’un nombre limité, sont stables dans le temps et acceptées généralement dans un système culturel donné.

68

Les valeurs et les normes représentent les croyances des différents groupes à l’intérieur d’une société.

69

La culture influence profondément la façon dont les individus se perçoivent et se transposent dans les limites de valeurs et de normes collectives. Ces perceptions sont difficilement exprimées mais elles se perçoivent par les comportements et les modes de consommations. C’est une façon d’exprimer sa personnalité, son appartenance à une société à travers des stéréotypes qui permettent d’identifier immédiatement une représentation culturelle.

70

Tout individu quelle que soit sa culture cherche d’abord à satisfaire ses besoins vitaux physiologiques correspondant aux deux premiers échelons de la pyramide de (A.H. Maslow(22)). Cependant les besoins d’affirmation de soi et de reconnaissance sont différents d’une culture à une autre, l’appartenance sociale et la reconnaissance sociale sont beaucoup plus importantes en occident. La modernisation joue un rôle important en tant qu’ascension sociale et non en tant que reconnaissance individuelle. L’enracinement de la culture traditionnelle influe fortement l’éducation et les traditions ancestrales ont un poids important sur le comportement des individus. Il en est de même pour tous les pays qui ont un passé culturel très riche et où tradition et modernisme sont pour certains incompatibles et pour les individus de ces pays une norme essentielle de survie. Nous parlons ici de l’impossible distinction à faire entre l’histoire fondée sur les faits et la mythologie qui entache le discours.

71

Nous voyons que dans ce deuxième degré d’adaptation culturelle l’individu souhaitant s’intégrer dans un pays de culture différente de la sienne devra intégrer la dimension sociale de la région concernée ce que nous appellerons empathie environnementale.

La difficulté venant de l’abstraction de sa propre culture pour accepter la culture de l’autre et tout mettre en œuvre pour s’adapter à cette dimension sans perdre son référentiel et sa propre culture.

L’intimité neuronale

72

C’est l’approche la plus profonde de la culture. Quand un individu souhaite s’implanter à l’étranger et que généralement une partie de sa famille s’expatrie, la réussite dépendra essentiellement de la possibilité de ses expatriés à pouvoir entrer dans cette intimité neuronale pour pénétrer la pensée d’une autre culture que la sienne. Cela équivaut à une pénétration et à l’absorption de l’essence même du pays par ces personnes et leur identification graduelle avec la culture du pays d’adoption (J.L. Cerdin(23)).

73

Il convient de différencier deux types d’expatriation. La première est constituée de personnes voulant s’implanter définitivement à l’étranger. La seconde population d’expatriés est constituée de personnels qui effectuent un séjour d’une durée significative (généralement de 3 à 5 ans) dans un autre pays.

74

Ces deux objectifs essentiels de toute recherche interculturelle orientée vers l’action sont de diminuer les malentendus culturels pour ensuite créer des synergies interculturelles.

75

La tolérance, la politesse particulière et le respect vis-à-vis de l’autre jouent certainement un rôle. A l’étranger les individus doivent constamment s’adapter aux situations inattendues et remettre en question leurs propres valeurs.

76

La connaissance d’autres systèmes culturels qui doit inclure une certaine connaissance de l’histoire, de la littérature, de la politique économique ou du système éducatif d’un pays est important pour comprendre les images de l’homme, l’univers des sentiments, les motivations et les modes d’action d’une culture pour pénétrer la pensée culturelle du pays où l’on souhaite s’implanter. Nous dirons ici faire de l’empathie cérébrale.

77

Pénétrer au cœur de la pensée d’une autre culture pour un étranger peut présenter plusieurs difficultés :

78

L’éloignement géographique.

79

L’éloignement de sa propre culture.

80

La non-intimité de la langue du pays dans ses racines profondes.

81

La sociabilité du pays pour lui et son conjoint très éloignée de ses propres valeurs.

82

L’acceptation des autochtones pour sa culture et ses différences culturelles.

83

Les expatriés qui réussissent sont ceux qui sont capables de franchir toutes ses barrières. Le chemin encouru par les personnes qui pénètrent au cœur de la pensée culturelle d’un autre pays est le passage d’une intégration interculturelle à une intégration intraculturelle c’est-à-dire à une identification de la culture étrangère et une abstraction de sa propre culture. Ce phénomène ne peut se faire qu’après la deuxième ou la troisième génération d’émigration. Un processus qui a été parfaitement réalisé en France au siècle dernier avec les Polonais, les Italiens, les Espagnols et les Portugais. Aujourd’hui cette intégration est plus difficile avec une émigration issue d’autres continents. Cela provient de deux facteurs importants : les différences culturelles dues essentiellement à la religion et au flux important d’émigrants qui entraine une difficulté d’assimilation rapide de ces nouveaux arrivants.

Si ce chemin n’est pas réalisé, il conduit au communautarisme et l’isolement et la marginalisation en sont les conséquences ; il conduit également à de nombreux excès qui peuvent être graves tant pour le pays d’accueil que pour l’intégration sociale de l’individu.

Construire le futur

Le mécanisme de la construction

84

La multiculturalité que l’on peut assimiler à la juxtaposition de cultures différentes est une réalité quotidienne, l’interculturalité que l’on peut schématiser comme l’interpénétration des cultures est une nécessité pour l’équilibre et la survie du monde actuel. La multiculturalité sans interculturalité conduit au communautarisme, à l’affrontement des communautés dans un climat de haine, la recherche d’une reconnaissance d’identité des cultures non reconnues et aux malaises sociaux. Seule une synergie des cultures peut conduire à la performance d’un pays et d’une nation. Deux conditions sont nécessaires : vouloir et pouvoir. Cela nécessite une volonté de chaque « ingrédient » que forme une nation.

85

La mondialisation a fait émerger un monde où les frontières n’ont pas disparues mais où les distances se sont considérablement réduites. Seules les barrières de civilisation et de langue font aujourd’hui obstacle à une communication internationale transparente et à un modèle de développement mondial unifié.

86

Dans un climat de concurrence internationale accrue, il est capital d’anticiper l’impact des cultures sur l’économie. En effet, les cultures n’influencent pas seulement nos comportements individuels mais surtout nos conceptions de l’entreprise, de la stratégie, du management, du droit, de la finance… C’est pourquoi dans le nouveau cadre multiculturel de la mondialisation économique, une préparation aux différences culturelles peut s’avérer décisive dans la réussite d’une mission, d’une collaboration, d’une négociation ou d’une implantation.

87

Pour chacun, mieux appréhender les différences de civilisation devient une nécessité pour se situer dans les sociétés de plus en plus multiculturelles et pour optimiser les rapports avec des interlocuteurs étrangers.

88

Un minimum de connaissances sur le fonctionnement interculturel est indispensable a tout citoyen mais insuffisant pour garantir des relations harmonieuses avec les étrangers qui partagent notre culture. Dans ce nouveau contexte international, il convient de rechercher ce qui rapproche plutôt que ce qui divise. Il est donc important de prendre conscience des différences de valeurs, de comportements et de procédures chez les étrangers, mais il est plus important encore de mettre en évidence la culture professionnelle, la culture d’entreprise et les objectifs communs qui vont favoriser l’émergence d’une même culture opérationnelle. Pour mener à bien ces différentes démarches, les entreprises ont un rôle essentiel d’interface culturelle. On observe que c’est plus une question de comportement que de connaissance.

89

Finalement, c’est la recherche commune de valeurs humaines profondes placées au sommet de la pyramide de l’intégration culturelle qui fera la différence dans le succès de la relation et qui représente la pierre angulaire de l’ascenseur social pour tout émigrant. Elle dépend de l’acceptation des autochtones et de la volonté d’intégration de l’émigré. L’essentiel est la différence, la comprendre, la prendre en compte sans céder à la tentation de la réduire. Toute personne qui veut s’intégrer dans un nouvel environnement doit savoir accepter une cécité temporaire qui souvent aiguise sa lucidité et lui permet d’ouvrir son champ de conscience. C’est accepter de recevoir de l’extérieur une donnée qui peut bouleverser, remettre en question, modifier notre système de pensée et notre vision du monde.

L’apologie d’un mode de pensée unique correspondant à sa propre culture conduit au communautarisme et à la marginalisation des individus.


Bibliographie

  • 1 –  Julien C. ; Culture : de la fascination au mépris. Editions Fides, Montréal, 1990.
  • 2 –  Demorgon J., ; L’histoire interculturelle des sociétés, 2ème édition, Editions Anthropes, 2002
  • 3 –  Leclerc G., ; La Mondialisation culturelle- Les civilisations à l’épreuve. Éditions du PUF, 2000.
  • 4 –  Deschamp J.C., « Socialidentity and relations of power between group », in Tajfeld, Social identity and intergroup relations, Cambridge University press, 1982.
  • 5 –  Moscovici S., Psychologie des minorités actives, Quadrige, PUF, 1979.
  • 6 –  Brake M., Comparative Youth cultures: the sociology og youth culture and youthsubcultures in America, Routledge, 1985.
  • 7 –  Schouten J., Mc. Alexander J., « subcultures of consumption: an ethnography of the new bikers », Journal of consumer research, p. 43-61, 1995
  • 8 –  Calatone R., Morris M., Johar J., A cross cultural benefit segmentation analysis to evaluate the traditional assimilation model International Journal Research of Marketing, p. 207-217, 1985
  • 9 –  Lenartowicz T., Roth K., « Does subculture within a country matter? A cross cultural study of motivational domains and business performance in Brazil », Journal of international business studies, vol.32, p.305-325, 2001.
  • 10 –  Handleman D., « The organization of ethnicity, in Ethnic groups » p.187-200, 1977.
  • 11 –  Dupriez P., Simon S., ; La résistance culturelle : fondements, application et implication du management interculturel, Editions de Bœck Université, 2002.
  • 12 –  Oberg K.; Culture shock: Adjustment to new cultural environment. Practical Anthropologist, 7, pp. 177-182, 1960.
  • 13 –  Dunbar E., Ehrlich M. ; International Human Resources Practices, Selecting, Training and Managing the International Staff: A Survey Report. The project on International Human Resources. New York: Columbia University, 1987.
  • 14 –  March J., Simon H., ; Les organisations, problèmes psychosociologiques, Dunod, Paris, 1991.
  • 15 –  Bollinger D., Hofstede G., ; Les différences culturelles dans le management, comment chaque pays gère-t-il ses hommes ? Éditions d’Organisation, 1989.
  • 16 –  Hofstede G., ; Cultures and organisations: Software of the mind, Harper Collins Business, London, 1997.
  • 17 –  Ammi C., « Marketing ethnique, utopie ou réalité » Hermes science, 2005.
  • 18 –  Raynal S., ; Projets Internationaux : interculturalité et rationalité, La Revue des Sciences de Gestion- Direction et Gestion des Entreprises. N° 208-209, p. 67-79, 2004
  • 19 –  Raynal S., Chédru M., ; Intégration culturelle en management de projets, Congrès francophone du management de Projet « Projets, Entreprise, Intégration » Paris, 2004.
  • 20 –  Whorf B.L., Carroll J.B., Language, thought and Reality, MIT P., Boston, 1956.
  • 21 –  Rokeach M., The nature of human values, free press, New York, 1973
  • 22 –  Maslow A.H., Toward a Psychology of Being, D; van Nostrand, 1961 (3ème édition Wiley, 1998), Vers une psychologie de l’être, Fayard, 1972.
  • 23 –  Cerdin J.L., ; La mobilité internationale : Réussir l’expatriation, Éditions d’organisations,

Résumé

Français

Pour mener au mieux les destinées d’une nation, il est capital d’anticiper l’impact de l’ensemble des cultures sur les stratégies à conduire pour gérer au mieux l’économie, le climat social et la vie au quotidien de ses citoyens.
L’intégration culturelle devient un facteur important, qui influence non seulement nos comportements individuels mais essentiellement la conception et la destinée d’une nation. C’est pourquoi nous avons essayé de comprendre cette "alchimie" par comparaison avec des éléments scientifiques pour transformer la multiculturalité en intraculturalité et le communautarisme en intégration.

Mots-clés

  • intégration
  • culture
  • mondialisation
  • organisation
  • stratégies

English

To better guide the destiny of a nation, it is essential to anticipate the impact cultures may have upon strategies selected to best manage economy, social climate and the daily life of the citizens.
Cultural integration thus becomes a key factor in influencing individual behaviour as well as for the conception and the destiny of a nation. That is why we have attempted to understand that ’alchemy’ by comparing such phenomena with scientific elements in order to transform multiculturality into intraculturality and communitarism into integration.

Keywords

  • integration
  • culture
  • globalization
  • organization
  • strategies

Plan de l'article

  1. Transmission et impact de la culture
    1. Cultures et civilisations
  2. Culture et intégration
    1. La vigueur de la pensée-organisation
    2. Le multiculturalisme
    3. Le fonctionnement interculturel
    4. L’approche intraculturelle
  3. Mondialisation et intégration
    1. Approche culturelle de l’intégration
    2. La vision comportementale observable
    3. La compréhension sociale
    4. L’intimité neuronale
  4. Construire le futur
    1. Le mécanisme de la construction

Pour citer cet article

Raynal Serge, Ferguson Louis B., « L'intégration : du multiculturel à l'intraculturel », Humanisme et Entreprise 2/2008 (n° 287) , p. 77-95
URL : www.cairn.info/revue-humanisme-et-entreprise-2008-2-page-77.htm.
DOI : 10.3917/hume.287.0077.


Article précédent Pages 77 - 95
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback