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Humanisme et Entreprise

2008/3 (n° 288)


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Introduction

1 - Observation

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En tant qu’éditrice et auteur d’un ouvrage récent traitant de la question du développement durable [1][1] Maud Tixier, Communicating on sustainable development,..., une recherche approfondie a été conduite sur le développement durable dans l’hôtellerie ainsi que dans ce qui se targue de relever du tourisme durable. L’observation, les lectures (revues académiques et brochures), les conférences étaient le lieu d’expression de contenus et opinions faux et biaisés sur ce thème et, paradoxalement, d’idées largement acceptées et rarement remises en question.

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La demande pour des voyages responsables, éthiques ou durables fait aussi l’objet de déclarations vagues et contradictoires : en dépit d’une prise de conscience en progression, d’une préoccupation et d’un intérêt manifestes, les preuves démontrant que les touristes ont réellement entrepris de modifier leurs habitudes de voyage manquent [2][2] Maud Tixier, « Flawed, partial, simplistic, baseless,....

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Une dizaine d’interviews rapides dans les agences de voyages classiques d’une grande ville française [3][3] Aix-en-Provence/Marseille, région PACA -Provence/Alpes/Côte... confirment qu’elles n’ont que peu entendu parler du concept, qu’elles n’ont pas de brochures à proposer sur ce type de voyages et que, d’ailleurs, on ne le leur en demande pas…. La phase de recherche d’agences spécialisées et de feuilletage de leurs brochures ne couvrant que rarement ce que l’on devrait entendre par tourisme durable oblige au constat d’une offre atomisée et peu lisible.

2 - Enquêtes et statistiques

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Celles-ci sont tout aussi difficiles à obtenir mais elles existent ! Ces enquêtes doivent inviter à la prudence car les 7 % d’interviewés très intéressés par ce type de tourisme n’ont généralement jamais fait de voyages de ce type [4][4] Enquête de l’UNAT (Union Nationale des Associations.... De plus, ces enquêtes ne couvrent généralement que l’un ou l’autre type de voyage dit durable (exemple : tourisme solidaire pour l’UNAT), ce qui rend encore plus délicate l’évaluation chiffrée de ce marché. Pour Club Aventure, ce tourisme représente environ 150 000 à 200 000 voyageurs par an en France. On estime que 1 à 2 % des touristes français partant à l’étranger privilégient ce type de démarche et qu’ils seront 5 % assez rapidement ; cette niche du marché touristique progresse en effet deux fois plus vite que l’industrie touristique dans son ensemble [5][5] Yves Godeau, créateur du Club Aventure, Les Echos du....

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Cependant, il a été suggéré que l’un des obstacles majeurs à l’expansion du tourisme durable était que les touristes se désintéressent généralement de la durabilité de leur voyage. En 2001, les voyageurs interrogés ne se sentaient pas directement responsables des effets pervers du tourisme : le temps des vacances, ils ne veulent pas entendre parler de problèmes. Des enquêtes menées sur les visiteurs et l’expérience terrain suggèrent que l’attrait général perçu d’une destination –un des attraits étant le prix– l’emporte de loin sur la préoccupation de l’impact du voyage, sauf si les facteurs précédents sont considérés d’importance égale dans le choix de séjours.

Un concept mal défini, incompris, vague, partiel et rarement équilibré

1 - Un concept mal défini

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Les enquêtes précédentes (UNAT) montrent que 30 % des interviewés ayant entendu parler de tourisme alternatif ou éthique l’associent au commerce équitable ; 26 % au soutien des populations locales ; 17 % à la notion de respect ; 16 % à celle d’échange. Dans cette enquête [6][6] UNAT, mars 2005, il est difficile de savoir s’il s’agit de tourisme durable, solidaire, responsable, éthique, équitable, alternatif…

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Les dénominations ne manquent pas, ni leur fausse utilisation qui en pervertissent l’idée ; solidaire, écologique, vert, éthique, équitable, responsable, alternatif, durable, participatif, autochtone, écotourisme, tourisme communautaire, tourisme de nature, tourisme d’aventure, agrotourisme… Le concept cache trop d’incompréhension ; les définitions sont floues et nombreuses, les termes employés deviennent dénués de sens de par leur utilisation abusive. Le manque de clarté et de lisibilité est patent pour le touriste.

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Par ailleurs, ces termes peuvent désigner tout et n’importe quoi. La moto dans les dunes ou les parcs privés mexicains, gros consommateurs de ressources, peuvent prendre la dénomination d’écotourisme puisque l’activité se déroule dans la nature ! Certains opérateurs de voyages utilisent ces termes à des fins promotionnelles…

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Aussi est-il compréhensible que certains voyagistes, plus consciencieux dans leurs pratiques, refusent d’avoir la même étiquette que d’autres, -des faussaires- plus laxistes, voire même opportunistes. Les voyagistes se font la guerre : « si l’un applique 1/3 des principes, celui qui les appliquera à 100 % ne voudra pas porter la même étiquette que l’autre [7][7] Tourisme solidaire, Petit Futé, 2006».

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Au vu de cet imbroglio de définitions, certains créent leur propre référence tel « Sus Travel » (sus pour sustainable, en anglais : durable) ; d’autres additionnent les termes comme Echoway qui a décidé d’utiliser le terme d’écotourisme solidaire pour clarifier dans l’esprit du touriste les deux principes phares de l’activité au niveau social comme écologique. Pour sa part, Lonely Planet parle de « Sustainable Travel and Responsible Tourism (START) ».

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Pour notre part, il y manque encore le volet financier/économique qui est le troisième pilier du développement durable. Aussi, préférerons-nous conserver le terme de durable ou responsable dans ce qui suit.

2 - Un concept incompris

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Une position très simpliste oppose habituellement le marché de masse et les voyagistes spécialisés lorsque l’on aborde la question du tourisme durable. Or, les poids lourds du marché de masse doivent être tout aussi durables que les petits voyagistes spécialisés. Il en va de même pour les établissements de luxe vis-à-vis des gîtes ruraux ou autre hôtellerie à prix réduit.

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Une multitude de projets à petite échelle constituent des initiatives louables mais ne semblent pas aborder la question du tourisme durable sur un front large. De nombreux projets de tourisme durable semblent en effet fournir au mieux une micro-solution à un macro-problème. Le tourisme de masse est associé au chemin battu et aux larges groupes tandis que les petits éco-tour opérateurs convient des groupes réduits à devenir les acteurs et non les spectateurs de leur séjour.

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Néanmoins, les grands voyagistes proposent désormais de plus en plus de durabilité sous la forme d’excursions et de courts compléments aux traditionnels voyages organisés. On peut trouver des voyagistes commercialisant des voyages nature ou des voyagistes sensibles aux impacts, qui soutiennent la protection de l’environnement.

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Les organisateurs de salons et les multinationales participent eux aussi au mouvement (Kuoni, Nouvelles Frontières, TUI, Club Med, Air France/KLM, Accor, Fram, Jet Tours, iDTGV, Marsans, Voyageurs du Monde, Asia, VVF, etc…). Les actions sont multiples mais ces entreprises ne vendent pas pour autant des voyages appelés « durables ». On doit par conséquent inciter tous les touristes à devenir plus conscients des impacts de leur voyage et à faire montre de plus de considération envers les populations d’accueil. Etre à l’affût du touriste durable n’est peut-être pas la réponse au tourisme durable…

3 - Un concept trop vague

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La plupart des brochures et des sites Internet étudiés se contentent de déclarations assez vagues et trop semblables pour que le voyageur puisse distinguer clairement leurs offres.

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Citons-en trois à titre d’exemples :

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« Tous nos voyages sont basés sur les principes du tourisme solidaire et équitable : partenariat sur le long terme, contractualisation concertée, juste rémunération et formation de nos partenaires locaux, tourisme pensé dans l’optique d’un développement local, transparence, droit et devoir d’information des voyageurs et respect des populations ».

(TDS)
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Ou « Nous travaillons en partenariat avec des agences réceptives et des associations culturelles de tourisme rural. Notre charte est de vous proposer un tourisme différent et équitable où vous en serez l’acteur : en participant à des projets de développement durable dans les villages, en participant aux différentes tâches communautaires ».

(Terres d’Emotions)
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Ou encore « le voyage s’inscrit dans un environnement économique mais aussi culturel, social et écologique. S’inspirant de la Charte Ethique du Voyageur, nous nous inscrivons très clairement dans une démarche équitable et responsable, le prix de nos séjours ne se détermine pas au détriment des populations locales… Le discernement dans vos choix est essentiel pour l’avenir d’un tourisme que nous souhaitons tous conscient et responsable ».

(Taïla Root)
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Ce qu’impliquent ces projets pour « voyager autrement », « donner du sens à ses vacances » ou « être sensibilisé aux actions de développement » du pays visité est par trop insuffisant pour positionner un programme touristique.

4 - Un concept partiel et déséquilibré

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Trop de voyagistes utilisent le terme de « durable » pour décrire des voyages qui ne sont que « nature » ou « solidaires » et trop peu évoquent les facteurs économiques, administratifs et financiers de tels voyages ou la satisfaction du client. Quand ils le font, ils se cantonnent à un ou deux aspects seulement de critères qui en contiennent beaucoup d’autres ainsi que nous le verrons dans la méthodologie utilisée dans la recherche qui suit. Ceci entraîne des biais, une vision partielle, partiale et déséquilibrée du « tourisme durable » chez les voyageurs chaque fois que le terme de « durable » est utilisé à tort.

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Ces déséquilibres s’expliquent souvent par l’origine des prestataires plus que par leurs partis-pris. Ce sont des associations humanitaires visant le développement économique (Vision du Monde, TDS, Point Afrique), des voyagistes spécialisés randonnée/monde rural (La Balaguère, La Burle), des tours opérateurs venus du tourisme d’aventure, de nature ou à connotation culturelle (Club Aventure, Terres d’Aventure, Saïga, Terra Incognita).

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Dans leurs brochures ou leurs sites internet, certains insistent davantage sur l’aspect environnemental du tourisme durable : ce sont, par exemple, Lonely Planet (l’observation de la nature, les pratiques de braconnage, l’hygiène, la pollution de l’eau, les excursions dans des contrées reculées, l’eau et l’énergie, vacances vertes ou juste grimées en vert ? le choix du mode de transport …) ; la fondation Allibert (respect des sites, action de nettoyage, déchets collectés, serres solaires, etc…). Peu d’environnemental chez TDS (économiser les ressources naturelles, gérer les déchets), chez Chemins Solidaires ou chez Voyager Autrement où rien n’est encore fait dans ce domaine. Par contre, les reportages des médias sont souvent accusés, notamment en télévision, de laisser de côté l’élément humain et de ne traiter que de la nature.

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A l’inverse, Vision du Monde est à dominante solidaire appelée « éthique », « durable » ou « équitable ». Les aspects financiers y sont totalement rattachés. D’autres comme « Rencontres au bout du monde » veulent offrir des voyages « responsables, équitables et solidaires » ; ils alignent tous les termes : aide au développement, solidarité, santé, responsabilité touristique, échanges interculturels, tourisme équitable et durable, voyage équitable et solidaire, tourisme responsable et équitable. Seul l’environnement n’y a pas sa place… De son côté, La Balaguère, agence de voyage militante, privilégie aussi le social en tant que membre de l’ATR. C’est aussi le cas de Touristsport Company primée en 2007 en région PACA.

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Toutes ces inflexions expliquent pourquoi dans les sondages [8][8] UNAT, mars 2005 30 % des interviewés ayant déjà entendu parler de tourisme solidaire l’associent spontanément au commerce équitable et citent les populations locales comme les principales bénéficiaires de l’activité ; 77 % l’identifient à la participation à des chantiers et à la pratique du bénévolat. 40 % l’associent à « voyager pour pas cher ». Ces statistiques résultent sans nul doute des distorsions au concept de tourisme durable.

5 - Un certain équilibre social/environnemental

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Le respect des équilibres écologiques et humains sont un des thèmes récurrents chez Terre d’Aventure afin de concourir à un développement harmonieux. Il en est de même chez Club Aventure : dignité et respect des populations, préservation de l’environnement, responsabilité y sont des mots clés, déclinés avec force d’exemples sur le site internet et les brochures, suivant en cela la démarche responsable de l’association ATR (Agir pour un Tourisme Responsable) dont il est l’un des membres fondateurs. Dans une démarche similaire, Allibert enracine ses valeurs dans les populations (aide au développement local) et l’environnement (restauration du patrimoine culturel, actions de nettoyage, préservation des ressources locales).

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Il manque cependant à toutes ces démarches des éléments de transparence financière présents chez certaines associations de tourisme solidaire. Il y manque des éléments de satisfaction client et les éléments tant sociaux qu’environnementaux y sont trop incomplets pour mériter le terme de « durable ».

Méthodologie

1 - Les contours de l’étude

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Afin de limiter l’étude et le tourisme durable prenant ses racines dans le tourisme de randonnées et d’aventure, nous nous sommes concentrés sur l’offre des voyagistes qui, en France, offrent des circuits en montagne, dans les îles et dans les déserts, notamment autour de la Méditerranée mais pas exclusivement [9][9] The Quebec Declaration on Ecotourism (2002) states....

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Les tour-opérateurs consultés n’offrant pas généralement de tels voyages –en dépit de toutes leurs actions en ce sens– nous nous sommes plus particulièrement concentrés sur l’offre de voyagistes spécialisés (annexe 1) ; en effet, ce sont les seuls à « concevoir » de la durabilité dès le lancement des projets et à s’assurer que toutes les personnes impliquées s’alignent sur les mêmes principes de durabilité. Par contre, ont été exclus les séjours de type éco-volontariat [10][10] Exemples d’organismes d’éco-volontariat : A pas de.... Le choix a été de ne conserver que ceux qui ont de véritables brochures et sont une référence dans cette niche (les principaux opérateurs).

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Parmi les médias utilisés, nous nous sommes concentrés sur les brochures et les sites internet de ces voyagistes. Ceux-ci font, en effet, peu de publicité (trop coûteuse), sont peu présents sur les salons autres que spécialisés et le bouche à oreille est certainement le média le plus adapté à leur situation ; leur taux de fidélisation est élevé avec beaucoup de familiers fidèles de ce type de voyage [11][11] Bouche à oreille : souvent autour de 30-40 % et taux... ; la presse généraliste ou spécialisée parle plus fréquemment de leur existence [12][12] Par exemple L’Echo Touristique, 20 octobre 2006, « Des....

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Les nouvelles technologies comme internet permettent aux petites organisations touristiques de communiquer directement, à faible coût, avec leurs clients potentiels. Se concentrer sur une niche de marché est une force sur le web ; plus les agences sont spécialisées, plus leurs savoir-faire y est facile à promouvoir car les informations données ont toutes une valeur ajoutée auprès d’un public dont la confiance est quasi acquise. Les sites thématiques ont donc une place de choix sur internet. Nous avons donc privilégié ce média dans notre étude.

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Le nombre d’initiatives durables mentionnées reposait sur deux sources : les codes de conduites ou description de la politique générale correctement documentés des voyagistes retenus pour l’étude d’une part, les actions précises décrites dans les séjours commercialisés d’autre part. Celles-ci, étant intégrées dans les programmes des voyagistes, peuvent être considérées comme des preuves en ce qui concerne certains des sous-critères. D’autres ne peuvent pas être aussi facilement validées.

2 - Les critères de durabilité

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A l’intérieur des trois piliers du développement durable et du tourisme durable, de nombreux « sous-critères » nous ont apparu très importants pour jauger la durabilité d’une offre de voyage.

2.1 - Les critères environnementaux

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Nous incluons dans ces critères la protection des sites, de la faune, de la flore ; le tri et le management des déchets ; la gestion de l’eau, de la consommation d’énergie et de ressources naturelles (panneaux solaires, etc …) de la pollution (CO2, effet de serre), des transports, des impacts liés au nombre de touristes, la sensibilisation des clients, l’architecture conforme à l’environnement et au climat, la restauration des sites… Les Anglos-Saxons se réfèrent aux sous-thèmes de : « intégrité physique, diversité biologique, efficacité en matière de ressources, pureté environnementale » [13][13] UNEP, 2005, «The relationship between the 12 aims and....

2.2 - Les critères sociaux

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Ils sont nombreux telles que la bonne rétribution et les bonnes conditions de travail des employés, le recrutement et la formation des guides locaux, des gestionnaires locaux vers des postes de managers autonomes (acteurs de leur développement), les achats locaux, le commerce équitable, la culture culinaire locale, les partenariats avec des familles et associations ou ONG locales, le respect des cultures, traditions et cultes sacrés locaux, les impacts sociaux culturels, la rencontre des touristes et des locaux, leur sécurité, la prostitution et le travail des enfants, les comportements des touristes susceptibles de choquer, mécénat, projets de développement locaux, etc …. Là encore, les Anglo-Saxons se réfèrent aux sous-thèmes de : « équité sociale, épanouissement du visiteur, contrôle local, bien-être de la communauté, richesse culturelle et qualité de l’emploi [13][13] UNEP, 2005, «The relationship between the 12 aims and... »

2.3 - Les critères financiers, administratifs et économiques

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Il s’agit tout d’abord de la viabilité c’est-à-dire de la rentabilité économique d’une entreprise, d’une association ou de ses projets/produits touristiques en l’absence desquels toute durabilité est exclue. Cela concerne la transparence financière globale et celle de produits particuliers. Le financier comporte une composante client : prix correct que les clients sont prêts à payer, satisfaction du client souvent liée au prix payé ; pourcentage du prix payé versé à des projets de développement local, intégration du voyage dans l’économie locale et retombées économiques pour les locaux. Chez les Anglo-Saxons, on trouve : « viabilité économique » et « prospérité locale [13][13] UNEP, 2005, «The relationship between the 12 aims and... ».

Résultats par critère tourisme durable

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L’étude reprend les brochures et les sites internet des voyagistes sélectionnés dans la méthodologie à la lueur des critères décrits ci-dessus dans le détail. Selon les critères détaillés, nous verrons que le touriste est plus ou moins bien informé et que certains éléments de critères clés sont totalement absents des descriptifs.

1 - Environnement (annexe 2)

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Un certain nombre de brochures et de sites web décrivent une destination comme étant “verte” et exhibent les réussites dans le domaine de l’environnement; les opérateurs accrédités incluent des références au système de certification dans leur support promotionnel à destination des touristes qui s’intéressent aux expériences respectueuses de l’environnement ou qui s’identifient comme étant verts ou des éco-touristes.

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Sont le plus souvent évoqués :

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La collecte ou le tri sélectif des déchets par exemple au Toubkal au Maroc, en Equateur (2006), en Chartreuse (2006), Mercantour, Indonésie, Mauritanie, Tibet… pour ne citer que quelques actions récentes chez Allibert.

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Les chartes éthiques du voyageur comme chez Atalante. Celle-ci décrit en détail les responsabilités du voyageur vis-à-vis de la gestion des déchets dans le pays d’accueil, celle de l’eau potable et tout ce qui concerne l’observation des animaux ou la protection des espèces. De même chez Club Aventure, la charte « Déserts Propres » est respectée par l’ensemble des équipes sahariennes en expliquant clairement pourquoi le désert est vulnérable à tout type de pollution.

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Critères de compagnie aérienne : ceux-ci sont très détaillés chez TUI qui sélectionne des partenaires aériens ayant amélioré leur flotte dans le respect des critères écologiques : réduction de la pollution et des nuisances sonores, rachat envisagé des émissions de CO2 : d’importants tours opérateurs français comme Voyageurs du Monde proposent, depuis 2007, à ses clients de compenser le CO2 émis par l’avion qui les transporte en finançant des projets écologiques. Des compagnies aériennes comme British Airways et SAS prennent aussi des engagements de ce type ; Lonely Planet dans son « Climate care » a un calculateur de carbone (« quel sera le coût réel de votre prochain vol ? »). Allibert est membre du club « Planète gagnante » qui vise la réduction des gaz à effet de serre (serres solaires, etc …). Allibert propose ainsi des solutions de covoiturage dans les Alpes (2006) ; Atalante régule l’utilisation des 4 x 4 ; Club Aventure sélectionne les modes de déplacement pour qu’ils restent en harmonie avec l’environnement traversé.

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• D’autres actions telles les diagnostics environnementaux (Allibert en Inde), les reboisements (Allibert au Kenya et en Bulgarie), le soutien financier d’une ONG de protection de l’environnement marin (La Balaguère au Sénégal), des opérations de nettoyage dans les oasis (Allibert en Mauritanie). D’autres voyagistes comme Croq’Nature ont été, dès le départ, créés autour d’un projet de sensibilisation à l’écologie. Afin de minimiser l’impact de leur activité sur l’environnement, des voyagistes comme Terres d’Aventure demandent même à leurs clients de leur signaler tout fait qu’ils jugeraient contraire aux valeurs qu’ils défendent. Par ailleurs, tous participent à la valorisation du patrimoine local sans laquelle ils ne pourraient poursuivre leur cœur d’activités (par exemple, le nettoyage des sites archéologiques au Pérou pour Club Aventure).

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D’autres encore comme Croq’Nature prennent en compte le train de vie des locaux dans la gestion de leurs voyages et décident –par exemple au Mali– de ne pas organiser plus de deux voyages par semaine afin de ne pas perturber la communauté.

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• Enfin, l’économie de papier concerne tous ceux qui ont de volumineux catalogues : blanchis sans chlore pour Allibert et TUI, à 80 % recyclé dans la section prix (TUI) ou non recyclé pour Chamina Voyages qui préfère du papier issu d’une gestion durable de forêt en Scandinavie et qui travaille avec un imprimeur possédant le label Imprim’ vert délivré par l’ADEME.

2 - Social (annexe 3)

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Au niveau social, les voyagistes assurent de bonnes conditions de travail pour les locaux, les rémunèrent équitablement (juste répartition des revenus) pour leur permettre de vivre dignement de leur travail et leur transmettent du savoir-faire. Ils sensibilisent les voyageurs à l’importance de la sauvegarde des cultures et nouent parfois des partenariats avec des familles, associations et agences locales. Ils prônent également le respect des hommes et des traditions et s’adressent au voyageur responsable ayant pris conscience que son attitude et ses actes sur place peuvent être pour les populations d’accueil, autant un élément déstabilisateur qu’un facteur de développement, de rencontre et d’amitié (Croq’Nature).

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Une des critiques fréquentes des initiatives du secteur est qu’elles se préoccupent quasi uniquement de l’environnement et ne prennent que peu en compte les climats sociaux et économiques. Des voyages spécialisés privilégient par contre la rencontre, le respect des peuples visités, la solidarité et les opportunités de développement.

2.1 - La rencontre : citons quelques exemples :

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Arvel (Tourisme solidaire – Des voyages vers l’essentiel) est l’un des pionniers du tourisme social en France ; l’association a pour objectif de faire de ses voyages un temps fort de découverte des pays et de rencontre avec les populations. Croq’Nature (Voyages Croq’Nature et amitié Franco-Touareg) privilégie la rencontre : ainsi sont sélectionnés des hébergements et des hôtes associant tradition et rencontres (chambre d’hôtes au Maroc…) ; Vacances Bleues (Vacances Bleues – Voyager autrement…) : propose une manière différente de voyager, qui repose sur la rencontre avec les locaux et la compréhension de leurs modes de vie ; La Balaguère insiste sur l’importance d’avoir un esprit de rencontre, d’échange et de respect des réalités locales. Le voyagiste propose des voyages privilégiant le contact, la rencontre, l’échange avec les populations locales.

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Cet esprit de rencontre se matérialise par des partenariats avec des familles et des associations locales. Croq’Nature, par exemple, veut travailler avec les plus démunis. Le voyagiste a également lié un partenariat avec l’ONG « Tara Amour » qui réalise et contrôle les projets et l’ADDS (Alliance pour un Développement Durable et la Solidarité) qui gère tous ses projets et mène des actions auprès des populations du Nord Niger les plus démunies. En Mauritanie, Croq’Nature a noué un partenariat avec l’association El Velah, qui gère les projets de développement (achat de graines, d’outils et d’arbres fruitiers).

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De leur côté, Les partenariats conclus entre Arvel et les ONG ont pour objectif de sensibiliser les voyageurs à l’action locale menée et d’y apporter une aide financière. Arvel est considéré comme une structure d’appui, c’est-à-dire une association qui contribue à la promotion et à la commercialisation de voyages de tourisme solidaire dont elle n’est pas forcément l’initiatrice. En Mauritanie, Vacances Bleues – Voyager Autrement (VBVA) soutient l’association Vents du Sud qui travaille, en particulier, à la scolarisation des enfants du monde rural. De son côté, La Balaguère noue un partenariat avec une collectivité locale pour un projet de développement et apporte les moyens financiers de mise en œuvre mais non la main-d’œuvre, en évitant de tomber dans le piège de l’assistance permanente. Club Aventure soutient également l’ONG Handicap International.

2.2 - Le respect des cultures est le leitmotiv des voyagistes qui s’adressent au voyageur responsable

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Allibert s’engage à respecter les modes de vie des populations locales et le patrimoine culturel du pays et même à restaurer celui-ci. Déserts prône le respect du monde nomade en privilégiant un tourisme responsable et durable. Ils s’inscrivent dans le respect des hommes et des traditions. Club Aventure s’engage à respecter et à encourager l’héritage culturel et la dignité des populations locales ainsi que leurs us, leurs coutumes et leurs croyances.

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Ces orientations sont décrites très précisément au niveau des principes puis déclinées en actions comme le fait Atalante dans le volant social de sa Charte Ethique du Voyageur (gestes et pensées d’usage, photos, invitations, cadeaux, médicaments, usage de l’alcool, prières, rites, tenue vestimentaire, différences de niveaux de vie, rythme de vie, etc …). Les termes de respect, de dignité, d’humilité, d’absence de jugement, sont souvent utilisés par les voyagistes spécialisés.

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Saluons au passage l’attitude intelligente de Club Aventure vis-à-vis des impacts socioculturels liés au tourisme en les citant : « Quel est notre impact ? Notre impact peut-il effacer peu à peu la singularité de chaque peuple ? La richesse de l’histoire s’alimente des échanges entre les hommes. Ne figeons pas certaines populations dans des parcs musées ! L’évolution est la respiration de tous les peuples ».

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De même, Croq’Nature écrit, parlant de l’Afrique : « A moins de la protéger de toute visite étrangère au nom de la conservation du patrimoine et autres fantasmes ethnologiques, notre destin commun est, sans aucun doute, dans l’échange avec conscience ».

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Les initiations aux coutumes locales font partie de l’esprit rencontre. Au Niger, Allibert fait vivre un temps aux touristes la réalité des caravaniers qui est une expérience intense ; ils partagent avec le cuisinier, la recette de la galette traditionnelle et sont initiés au bâtage pour découvrir le mode de vie séculaire des nomades qui se déplacent de puits en puits. Le voyageur participe ainsi à la promotion des productions locales.

2.3 - Accompagner et impliquer les populations locales dans le développement

2.3.1 - Aide au développement local

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La plupart des projets de ce type visent l’aide en matière de santé ou de scolarisation : forage d’un puits, reconstruction d’une école, centre de nutrition pour nourrissons, repas aux écoliers, dispensaire, pharmacie sociale, centre pour handicapés, cantine scolaire, sanitaires, alphabétisation, bibliothèque, latrines, orphelins, personnes âgées, infirmiers, garderies, hôpitaux, etc…. D’autres visent les communautés rurales : structures d’accueil, fonctionnement d’une ferme, coopérative de pêcheurs, artisanat, moulin à grain, gîtes, potagers, irrigation, pistes et sentiers, apiculteurs, centre d’agroécologie, prêt de vélos, barrage anti-sel, ferme-école, ferme pilote. Des voyagistes comme Club Aventure insistent sur le fait qu’ils ne sont pas une association humanitaire. Leur but est de créer des ressources pour les économies locales, par exemple en employant des guides et des cuisiniers locaux, en louant des bêtes aux paysans, en achetant de la nourriture locale.

2.3.2 - Rémunération, formation et conditions de travail

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Beaucoup s’engagent à rémunérer équitablement tous les intervenants du voyage (Terdav) et plus particulièrement les travailleurs locaux (Allibert). Les prix des voyages Club Aventure permettent aux populations locales de conserver un « revenu normal ». Atalante assure de bonnes conditions de travail pour les locaux et les rémunère « à leur juste valeur » ; Croq’Nature garantit une juste répartition des revenus et des salaires permettant à tous les acteurs de vivre dignement de leur travail. C’est en Algérie qu’a été organisé le premier voyage de Croq’Nature au Sahara. Les salaires des accompagnateurs d’Algérie ont été fortement majorés pour leur permettre de réaliser des investissements personnels.

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Côté formation, la plupart assurent la formation de personnel local (La Balaguère, Terdav). Chez Terdav, chaque année des journées de formation (métier de guide ; informations médicales – milieux arides, mal aigu des montagnes ; environnement…) sont programmées dans l’un ou l’autre des pays visités.

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Le transfert des compétences va de pair avec l’information et la formation des guides. Ainsi, Allibert participe au Népal à la formation technique des sherpas d’altitude (action 2006), finance la formation au français des équipes locales non francophones au Kenya, en Bolivie et au Pérou et envoie des livres français pour soutenir les organismes locaux responsables de ces formations.

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Ainsi, TDS (Tourisme et Développements Solidaires) veut promouvoir un tourisme maîtrisé, imaginé comme une œuvre sociale collective pouvant servir de point d’appui au développement des communautés visitées. Afin de faire des locaux les acteurs de leur développement, TDS consolide et pérennise ses réseaux de Villages d’Accueil pour une autonomie progressive sur trois ans (exemple : Burkina Faso) avant de les étendre à d’autres destinations (Bénin, Amérique Latine).

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D’autres voyagistes comme Touristsport Company à Marseille font ce même travail sur leur lieu d’origine qui en a tout autant besoin que les populations d’accueil [14][14] Primé 2007 des trophées régionaux sur la RSE de la....

2.4 - Participation à la restauration du patrimoine culturel

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Pour Atalante, le patrimoine culturel inscrit l’histoire des générations futures. Il faut à la fois préserver et sauvegarder pour l’avenir cet héritage (ex : restauration de fresques…). Les gestes de préservation du patrimoine y sont aussi consignés dans la Charte Ethique du Voyageur. Allibert cherche à renforcer les échanges interculturels : certains guides locaux sont encouragés à découvrir les us et coutumes d’un autre pays. Pour plusieurs voyagistes, le social est intimement mêlé à la culture et davantage qu’aux actions humanitaires (exemple : école du cirque et dîner Boma en Afrique du Sud, leçon de calligraphie en Chine, visite d’une maison-atelier de tissage au Mexique…).

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Il est cependant à noter que certains thèmes normalement abordés dans les aspects sociaux du développement durable ne font pas, ou peu, l’objet de descriptifs dans le tourisme. C’est le cas du tourisme sexuel et de la prostitution (Atalante y fait allusion). Le commerce équitable est peu abordé dans le fond ; le travail des enfants est quasi absent des sites et brochures. La sécurité est rarement traitée. Atalante, toutefois, décrit le collectif de sécurité dont tous les partenaires sont solidaires. Peu de voyagistes renseignent sur la sécurité des employés ou celle des clients. Peu font référence aux handicapés afin de leur ouvrir le tourisme alors que la durabilité, dont ils se targuent, l’inclut.

3 - Managérial : financier, économique, administratif (annexe 4)

3.1 - Rentabilité économique : le critère de durabilité qui sous-tend tous les autres est celui de la viabilité ou rentabilité économique d’un projet quel qu’il soit

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Certaines associations comme Croq’Nature ont à cœur d’adresser un rapport d’activité à chaque voyageur et de prouver que, comme toute organisation commerciale, celle-ci se doit d’être transparente et économiquement viable.

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Allibert, avec l’association Globetrekkeurs, garantit une transparence financière complète ! En vérité, les médias se penchent peu sur la durabilité financière ou sur la saine autogestion d’une destination. On apprend dans des interviews que des associations comme Croq’Nature, Rencontres au Bout du Monde, TDS ou Vision du Monde tiennent la route commercialement tout en respectant leur conviction de départ [15][15] www.Tourmag.com/III-Sandrine-Bot-Nos voyageurs-veu.... On sait aussi que « Voyager Autrement » vit, adossée à un grand groupe, « Vacances Bleues » et peut ainsi faire un important travail de sensibilisation. De même, Déserts est une marque de Comptoir des Voyages dont on peut facilement vérifier la santé économique et est aussi membre d’APS [16][16] Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme,....

3.2 - Transparence des répartitions financières : les voyagistes répondent plus volontiers sur l’utilisation de l’argent du voyage

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Une des attentes que les voyageurs ont de ce genre de tourisme. Beaucoup certifient la transparence des répartitions financières (Croq’Nature) ; d’autres avouent qu’il est difficile de connaître la répartition exacte du prix du voyage ainsi que des retombées locales (Voyager Autrement). Tous réagissent contre un tourisme où les retombées économiques pour les populations locales sont faibles, les intermédiaires s’accaparant la majeure partie des revenus (Vision du Monde). Ils promeuvent des voyages qui engendrent des profits pour les communautés d’accueil et opèrent selon des principes de commerce équitable (Lonely Planet).

3.3 - Projets de développement : les voyagistes aident les populations locales en apportant leur soutien financier pour des projets ou par le biais du mécénat

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Environ 5 à 6 % du prix d’un séjour est reversé à leurs partenaires caritatifs à travers le monde en vue de projets spécifiques [17][17] Croq’Nature, Chemins Solidaires, la Route des Sens,..., parfois moins, parfois davantage [18][18] For instance, Vision du Monde 3% expect in Mali 7 %.... D’autres donnent des chiffres en pourcentage des profits comme Lonely Planet ou du chiffre d’affaires comme Tourisme et Développement Solidaires (TDS), ce qui rend les comparaisons difficiles. Les chiffrages extrêmement détaillés de certains (par exemple Point Afrique) n’apportent donc pas nécessairement plus de transparence. Certains voyageurs sont invités à participer –sur une base facultative chez Vacances Bleues– en souscrivant l’adhésion solidaire de 15 à 25 euros. Des alternatives existent comme l’octroi des crédits pour la création de micro-entreprises, le financement de structures d’accueil par des prêts remboursables (exemple : Croq’Nature). Les sommes peuvent être reversées prioritairement aux pays les plus démunis (Niger et Mali pour Croq’Nature).

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Parmi ceux qui donnent beaucoup d’informations sur l’utilisation des fonds collectés pour le développement, TDS et Point Afrique sont des cas intéressants. A cette fin, un rapport complet en fin de saison est adressé à chaque participant (Croq’Nature, Chemins Solidaires…). Les prestations assurées par les populations locales sont également indiquées. On sait aussi si un comité de gestion et une convention gèrent ces fonds solidaires, qui décide de l’utilisation des fonds ; c’est parfois une commission chargée des projets de développement qui encadre les actions dans les différentes destinations (exemple : Vision du Monde). Des critères d’éligibilité et une grille de sélection des projets sont alors mis en place.

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Le but est de valoriser les échanges économiques et de mieux intégrer le développement touristique dans l’économie locale en nouant des relations équitables avec les autochtones. Les bénéfices sont réinvestis dans les pays desservis, dans les villages, au niveau des associations et coopératives locales.

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Les approches les plus intéressantes sont celles de projets exprimés par les partenaires, sous forme de réel partenariat (chacun apporte ce qu’il possède) ; ils sont viables : ils sont une aide au démarrage par opposition à de l’assistance permanente

3.4 - Prix juste

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Dans cette approche, la qualité du voyage et la satisfaction du client - éléments importants d’un tourisme durable- sont parfois oubliés. La dimension loisir du voyage n’est plus considérée primordiale. Ainsi, M & D (Migrations et Développement) rappelle que voyage solidaire n’est pas synonyme de « voyage galère » et que ce type de voyage n’est pas limité « aux baroudeurs de l’extrême » !

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Le client veut toujours en avoir pour son argent… ce à quoi Déserts répond que « le meilleur prix n’est pas le prix le plus faible, mais celui qui permet au chamelier de maintenir son activité dans la relation la plus équitable possible ». Le meilleur rapport qualité/prix du marché tient donc compte d’une juste rémunération des équipes locales. Des voyagistes comme Club Aventure expliquent aussi clairement comment les prix sont calculés, ce qu’est un « prix juste », le calcul de leurs marges, la réévaluation des prix d’année en année, la prise en compte du « yield management » dans l’aérien, etc… Comme dans toute forme de tourisme, « il s’agit de développer les mécanismes de marché permettant de garantir que les touristes payent le prix réel des produits qu’ils achètent et des ressources qu’ils consomment. La question clé est celle du pourcentage de visiteurs prêts à payer davantage pour ces expériences à valeur ajoutée.

3.5 - Outil de développement

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A terme, les locaux doivent être en mesure de maîtriser l’activité touristique. Chez TDS, un Conseil Villageois de Développement, élu par les habitants, gère les bénéfices ; le tourisme ne remet pas en cause la vocation première du village mais assure seulement un complément de revenus ; il devient ainsi un outil de développement. Les bénéfices dégagés représentent environ 20 % du chiffre d’affaires ; le réinvestissement des revenus dans l’économie locale est total ; les soutiens techniques, économiques, logistiques ont pour but la mise en place d’une économie pérenne du voyage et l’autonomie des populations dans cette activité (La Route des Sens). Ceci contraste fortement avec une activité touristique « qui ne serait pas une fin en soi mais devrait seulement permettre de financer des activités de développement durable bénéficiant à la communauté » (Vision du Monde).

Résultats et limites de l’étude

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Les résultats démontrent que les actions sociales menées excédent de loin les dimensions environnementales et économiques du tourisme durable, 37 sous-critères dans le champ social étant mis en place contre seulement 26 dans le domaine environnemental et 24 dans le domaine économique.

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En termes de résultats globaux (annexe 5), deux voyagistes se distinguent par les plus beaux scores en marquant 12 points pour Club Aventure et 11 points pour Atalante. Cependant, quand on examine la répartition, les deux mettent fortement l’accent sur des critères environnementaux et sociaux mais se référent très peu (1) ou pas (0) aux aspects économiques de la durabilité. A l’inverse, deux entreprises dont l’évaluation est légèrement moins bonne, Croq’Nature (9) et Vacances Bleues (7), ont une bien meilleure répartition des 3 critères (3-4-2 et 2-3-2) ; ceux-ci sont vraiment équilibrés et ces entreprises méritent le label “durable” même s’il reste des efforts à faire. Il est également intéressant de remarquer que Vacances Bleues, un tour opérateur généraliste, offre plus de critères durables que sa filiale spécialisée Voyager Autrement. Les résultats démontrent également que huit voyagistes répondent aux trois critères, 11 répondent à 1 ou 2 critères tandis que 19 ne répondent à aucun d’entre eux.

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Les limites de ceci sont doubles : la première est que les sous-critères ne sont pas pesés, ce qui ne serait pas réalisable étant donné que ceci dépend de nombreuses variables externes. La seconde est l’absence de preuves suffisantes quant à la mise en œuvre de ces sous-critères, bien que l’affirmation repose à la fois sur les codes de conduite et leur mise en œuvre lors de séjours spécifiques. Il faut cependant souligner que les réclamations de la part de voyageurs sur les sites web des voyagistes ne concernent quasiment jamais les caractéristiques de durabilité des séjours proposés ; il s’agit, la plupart du temps, des réclamations habituelles telles que des vols annulés ou retardés, une organisation qui laisse à désirer, etc….

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Quant aux études futures, il serait des plus utiles de recueillir les retours clients concernant des séjours achetés auprès de voyagistes spécialisés et généralistes. Les réactions sur internet ne suffisent pas et les entretiens doivent concerner tous les sous-éléments de chacun des trois critères de durabilité. Ceci offrirait aux prospects un meilleur retour d’information et aux voyagistes une perspective bien plus exacte de l’aspect demande du voyage qui pourrait ensuite être comparé aux résultats du côté offre.

CONCLUSIONS : confirmation des hypothèses et ouvertures

1 - Le manque d’informations

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Face à une offre très atomisée, le voyageur est désemparé et manque d’informations. Les enquêtes nous le disaient déjà et l’examen des sites et brochures, nous l’avons vu, le confirme en soulignant tous les aspects flous et peu lisibles [19][19] Voir Les Echos, 17/03/05, Le manque d’information générale.... L’information est soit inefficace soit insuffisante et ceci est probablement la raison principale pour laquelle des initiatives durables de qualité mises en place dans des pays en voie de développement n’arrivent pas à attirer de visiteurs. Ceci est confirmé par Atalante qui, dans sa charte éthique écrit : “il n’y a pas de mauvais touristes, seulement des voyageurs mal informés”.

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Ceux qui s’adressent aux voyagistes classiques sont tout autant mal informés. Tout d’abord parce que ceux-ci ont refusé pendant longtemps de faire connaître leurs actions vers plus de responsabilité et de solidarité (Club Med, Thomas Cook, Jet Tours, Nouvelles Frontières). Depuis longtemps et sans faire de bruit, beaucoup, comme Terres d’Aventure, œuvrent pour un tourisme responsable. Des entreprises prospères admettent désormais qu’intégrer des pratiques commerciales responsables au sein de leur activité traditionnelle peut engendrer de nombreux bénéfices sous réserve qu’elles soient bien communiquées [20][20] An example: conclusions of the first regional conference....

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Le même manque d’information atteint la vente de voyages sur internet [21][21] Les Echos, 20/12/06, p. 34, « La DGCCRF critique une... qu’elle soit ou non dédiée à des voyages responsables. Pour tous les voyages, la stratégie et la politique du tourisme durable devraient être clairement diffusées si l’on souhaite susciter un engouement pour celui-ci.

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Cela prendra du temps. En effet, les activités du tourisme responsable ont besoin de voyageurs formés et responsabilisés, informés et formés avant même qu’ils ne partent en voyage et voire même avant qu’ils ne prennent la décision du choix de ce voyage [22][22] Respect du désert, Atalante : « s’informer avant le....

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Si l’on souhaite que les touristes soutiennent les initiatives de tourisme durable, les entreprises doivent porter leurs efforts sur les sources d’informations disponibles en amont. Les sites Web et brochures doivent constituer un levier utile pour attirer et mettre en valeur ces expériences. Ils doivent clairement indiquer leurs références environnementales et sociales pour permettre aux visiteurs d’identifier les choix responsables.

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Pour cela, l’information doit être exacte, objective, claire et nullement trompeuse. L’absence d’une information indépendante, pertinente et détaillée sur le tourisme responsable déçoit. Le touriste avisé aura du mal à faire le tri entre le bon grain et l’ivraie du tourisme pour trouver de véritables projets durables.

2 - Une information partielle, déséquilibrée

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C’est souvent seulement en se rendant sur place que les voyageurs se rendront compte qu’il manque plusieurs des dimensions clé de la définition, à ce qui est commercialisé comme relevant du tourisme durable.

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En effet, parler de tourisme durable implique de considérer les trois piliers financier, environnemental et social. Encore faut-il en gérer les interfaces : on cite trop peu les principes auxquels il renvoie : transversalité, multidisciplinarité, convergence, réconciliation, cohérence, globalité, intégration, équilibre, harmonie. Il implique l’utilisation de deux autres groupes de mots clés : ceux d’arbitrage, de choix, de compromis d’une part ; ceux de progrès, de démarche, de processus, de cheminement, de méthode d’autre part [23][23] Maud Tixier, Communiquer sur un concept flou, Communiquer....

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Dans toutes les brochures et tous les sites consultés, l’un des piliers -environnemental ou social- y a un poids plus grand. Quant au pilier financier, il est souvent négligé. Lorsque les deux piliers environnement et social sont présents et équilibrés, la dénomination écotourisme solidaire peut, peut-être, s’appliquer. Un tourisme appelé responsable peut inclure les trois piliers, tout comme un tourisme dit « durable ». L’utilisation de ces termes mérite d’être contrôlée.

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Par ailleurs, et malgré son nom réducteur, la définition que donne la Société Internationale de l’Ecotourisme (TIES) de l’écotourisme correspond assez bien à des critères de durabilité ; celle-ci se décline dans sept principes qui l’accompagnent et qui ont été reconnus dans la Déclaration de Québec en 2002 [24][24] La TIES a tranché et donné une définition de l’écotourisme.... Notons également que, dans ses objectifs, la Conférence Internationale de l’Ecotourisme 2007 met l’accent sur le volet financier de la durabilité : « garantir que les voyages et le tourisme demeurent un secteur viable de l’économie globale et que celui-ci est écologiquement ainsi que financièrement durable» [25][25] In May 2007 in Oslo, Norway, a conference that is held....

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Certaines brochures et certains sites nous sont apparus assez équilibrés dans leurs descriptifs. Citons, par exemple, ceux de Lonely Planet, de Chamina Voyages, d’Allibert [26][26] Allibert : « Une démarche responsable ; populations..., d’Ecotours [27][27] Tel que sélectionné par le Petit Futé : « Tourisme....

3 - Un tourisme qui rencontre son public

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La question repose aujourd’hui sur la façon de « faire le pont entre le nombre fortement croissant de touristes s’intéressant à un authentique tourisme responsable et les entreprises touristiques de petite envergure axées sur les communautés mais qui échouent dans leurs ambitions car les touristes et l’industrie ne sont pas informés de leur existence [28][28] Justin Francis : responsibletravel.com (RT), cofondateur...».

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Parallèlement à cela, c’est aussi de faire en sorte que toute forme de tourisme, de masse ou pas, devienne responsable et durable ! Donc, comment promouvoir et rendre accessible la durabilité du tourisme pour tous ?

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Comment susciter la confiance afin que le voyageur intéressé par un tourisme responsable fasse le distinguo entre l’approche cosmétique, frauduleuse ou artificielle adoptée par de nombreuses organisations touristiques et des voyages organisés vraiment plus responsables ou durables que les voyages classiques ? Ceux pour qui l’engagement est sérieux doivent le rendre compréhensible par le plus grand nombre à travers tous les médias usuels, notamment leurs brochures et sites internet, y compris les prix, certifications et labels. La pression dans ce sens de la part des touristes devra être très importante pour que le tourisme durable se développe. La formation du consommateur est pour cela essentielle à sa sensibilisation et à la stimulation de la demande. A l’avenir, l’offre des voyagistes est susceptible d’être modelée par la demande touristique, la législation des gouvernements –que les voyagistes cherchent à éviter– ou les deux.

4 - Les solutions

4.1 - Chez les voyagistes spécialisés, ceci est réalisé par la gestion de la relation client ou par le biais de grands principes édictés ou les deux à la fois

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L’internet est l’outil privilégié pour le client, on l’a vu, il l’est aussi pour le voyagiste en matière de communication, de commercialisation et de promotion pour ce qui concerne le créneau du tourisme durable : prise de conscience des consommateurs, formation à l’environnement, possibilité de mutualiser et de travailler de manière collaborative. Internet permet à des organisations touristiques d’envergure modeste de communiquer directement, à faible coût, avec leurs prospects tout comme le font les multinationales ; ensemble ils peuvent constituer une offre adéquate. Ils peuvent aussi publier des commentaires de clients qui donnent leur avis ; ceci crée un espace de convivialité, les fidélise et les rassure.

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Au-delà des voyages, les clients adhérents peuvent être invités à des dîner-rencontre ou à des présentations comme le font, par exemple, l’association Arvel ou Club Aventure et recevoir des informations (newsletter) sur tous les événements touchant à leur créneau touristique. Par ailleurs, de petites entreprises possédées localement ont mis en place des consortiums marketing dans lesquels les ressources sont mises en commun afin de rivaliser avec de plus larges organisations et d’avoir un impact plus fort sur le marché.

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Le regroupement en réseau se fait généralement autour de la formalisation et de l’harmonisation des valeurs communes qui animent ces opérateurs de tourisme et de leurs pratiques professionnelles. C’est ainsi qu’est né ATR (Agir pour un Tourisme Responsable), le réseau certainement le plus avancé à ce jour. Les réseaux se structurent autour de chartes, de codes de conduite et de labels. Le label ATR, contrôlé par Afaq Afnor, s’inscrit dans une logique économique en y associant des engagements tant humains qu’environnementaux. Cependant, les aspects financiers liés à la viabilité des projets est absente. On comprend donc pourquoi nombre des adhérents et futurs demandeurs du label ne se prononcent pas sur des critères financiers. Ou bien ont-ils choisi de ne pas les communiquer aux clients, qui, dans ce type de créneau pourtant, sont probablement intéressés par la gestion de tels projets. Estiment-ils qu’il n’est pas nécessaire de communiquer sur ces aspects financiers aux clients ? Ceci dénoterait un certain mépris, en tout cas certainement pas une attitude « durable » !

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Ainsi, grâce à leur mise en réseau, ces voyagistes se fédèrent, éditent des brochures communes ou se mobilisent autour de causes partagées. D’autres réseaux existent à l’international comme le Tour Operators’ Initiative. D’autres encore se créent : STI (Sustainable Travel International) et NSF International viennent de lancer un nouveau programme global d’éco-certification dans le domaine du tourisme durable, intitulé STEP (Sustainable Tourism Eco-certification Program) [29][29] CRC News, February 2007 and www.ecocertification.org ;.... Toutefois, le besoin de normes officielles et de systèmes de labellisation s’impose afin d’inciter le consommateur à acheter davantage de produits issus du tourisme durable.

4.2 - Chez les tours opérateurs classiques

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Certains, étant soumis à des règles précises –par exemple s’ils sont cotés en bourse– publient des bilans financier, social et environnemental (le triple bilan), apportant des garanties en matière de développement durable mais le plus souvent inconnues de leurs clients. Mais, parmi ceux qui s’emploient à embrasser des principes de durabilité sans être des voyagistes spécialisés, rares sont ceux qui les ont appliqués dans la création de leurs programmes. Or, pour que le tourisme durable prenne réellement son envol, il faudrait que les grands du métier s’y intéressent à leur tour. De plus, l’Initiative des Tour Opérateurs (TOI) réunit, certes, de grands groupes parmi lesquels Accor, Exodus et Thomas Cook ainsi que des institutionnels (UNESCO, PNUE, OMT) mais leur engagement d’intégrer le développement durable dans leurs pratiques professionnelles n’implique aucune obligation. Une pression venue d’agences de voyages sur internet telles que responsibletravel.com ou Tourism Concern visant de grandes agences de voyage a réussi à leur imposer de publier des politiques d’entreprises responsables [30][30] Voir l’initiative d’Anita Roddick, 2004, site : ww.... Les voyagistes d’affaires rejoignent aussi des associations éthiques [31][31] Exemple : Public System Voyages et Sagarmantha avec... et incitent même leurs clients à financer des projets…

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Mais pourquoi certains réseaux de voyagistes classiques n’hébergeraient-ils pas dans leurs catalogues l’offre d’associations ou d’ONG ? Au-delà du militantisme, ces petites structures doivent, en effet, mettre en place de vrais outils de commercialisation. L’UNAT ne semble pas enthousiaste à l’idée que ces voyages durables puissent être revendus par les grands circuits, moins enclins à prendre le temps nécessaire à leur vente [32][32] Sandrine Bot, 12/02/07, www.Tourmag.com.. Des accords ponctuels existent bien, telle la proposition de Clio, spécialiste des voyages culturels, qui, après trois décennies de ventes directes, propose aux agences de le distribuer.

4.3 - La tendance vers le “sustainable travel lite”

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Ceci –en plus de la collaboration avec des médias spécialisés dans le tourisme– s’avèrerait être un moyen utile de faciliter l’accès au marché à des entreprises trop petites pour l’aborder seules. Seraient-elles en danger d’y perdre leur âme ? La tendance vers le “sustainable travel lite” –c’est-à-dire une forme plus douce et agréable de voyage responsable– semble gagner tous les opérateurs car la dimension loisir reste primordiale pour tous et les voyagistes spécialisés tout autant que généralistes ont besoin de se mettre au diapason de la réalité actuelle du marché. Si les deux offres tendent à se rejoindre dans l’avenir, elles devront toutes deux mériter ces termes de responsables et de durables dans toutes leurs acceptions.


Annexe

Liste des tours opérateurs consultés et conservés pour l’étude

Résultats : critères environnementaux

Résultats : critères sociaux

Résultats : critères économiques

Résultats globaux : actions menées sur les trois piliers du tourisme durable

Bibliographie

  • Butler, Richard W., (1999). Sustainable tourism: a state of the art review, Tourism Geographies, 1-1, 7-25.
  • Middleton, VTC., & Hawkins, R., (1998). Sustainable Tourism: A Marketing Perspective, Butterworth Heinemann, Oxford.
  • Hamele, H., (2002). Ecolabels for tourism in Europe: moving the market toward more sustainable practices, in M. Honey (ed), Ecotourism and certification: setting standards in practice, Washington, DC: Island, 187-210.
  • Honey, M., (2002). Conclusion. In M. Honey (ed). Ecotourism and certification: setting standards in practice, Washington: Island, 357-371.
  • Honey, M., and Stewart, E. (2002). Introduction, in M. Honey (ed), Ecotourism and certification: setting standards in practice, Washington: DC Island, 1-29.
  • Kang, M., & Moscardo, G., (2005). Shades of green: cross-cultural differences in attitudes towards responsible tourist behaviour. In S. Suh and Y. Hwang (Eds.), New Tourism for Asia Pacific (1028-1037). Pusan, Korea: Dong-A University.
  • Weaver, D., & Lawton, L., (2001). Attitudes and behaviour of ecolodge patrons in Lamington National Park, Research Report, CRC Sustainable Tourism.
  • Weaver, D., Lawton, L., (1999). Sustainable tourism: a critical analysis, CRC Tourism.
  • Wheeller, B., (1991). “Tourism’s troubled times: responsible tourism is not the answer”, Tourism Management, 12 (2), 91-6.
  • WTO (2001). The concept of sustainable tourism, on http://www.world-tourism.org/sustainable/concepts.htm. Accessed 24.3.02.
  • Zhenhua Liu, Michael (2003). Sustainable tourism development: a critique, Journal of Sustainable Tourism, 11-6.

Notes

[1]

Maud Tixier, Communicating on sustainable development, Editions d’Organisation, Paris, Avril 2005

[2]

Maud Tixier, « Flawed, partial, simplistic, baseless, biased or unrealistic notions of sustainable development », Ehlite Magazine, numéro 16, mars 2007

[3]

Aix-en-Provence/Marseille, région PACA -Provence/Alpes/Côte d’Azur-, été 2006, « Je ne vois pas ce que vous voulez dire » fut la réponse la plus positive obtenue.

[4]

Enquête de l’UNAT (Union Nationale des Associations de Tourisme, Les Echos, 17 mars 2005) réalisée par la Sofrès, commandée par le Ministère des Affaires Etrangères en mars 2005. Ceux qui se sentent concernés sont majoritairement des CSP+, ont plus de 34 ans, un niveau d’études élevé et vivent dans le bassin parisien. Ceci confirme une étude de l’OMT conduite en Europe, au Canada et aux USA en 2003 : le touriste « éthique » est décrit comme urbain, célibataire, âgé de 35 ans à 55 ans, CSP+. Allemands et Britanniques se montrent les plus réceptifs. Pour Croq’Nature, ces vacanciers sont à 80 % les mêmes que les adeptes du bio (réunion de journalistes, Paris, septembre 2006).

[5]

Yves Godeau, créateur du Club Aventure, Les Echos du 11/07/03 et 17/03/05 : « le tourisme solidaire, en vogue mais vague ». Martine Robert.

[6]

UNAT, mars 2005

[7]

Tourisme solidaire, Petit Futé, 2006

[8]

UNAT, mars 2005

[9]

The Quebec Declaration on Ecotourism (2002) states that “ecotourism lends itself better to independent travellers as well as to organized tours for small size groups”. Website at: http://www.world-tourism.org/sustainable/IYE/quebec/index.htm.

[10]

Exemples d’organismes d’éco-volontariat : A pas de Loup, Echoway et certaines activités de Saïga.

[11]

Bouche à oreille : souvent autour de 30-40 % et taux de fidélisation ? 30 % par exemple chez Croq’Nature.

[12]

Par exemple L’Echo Touristique, 20 octobre 2006, « Des TO qui aiment l’authenticité », p. 37 Les Echos, mars 2005, « Tourisme durable : peut mieux faire ? », Greenhotelier, January 2006, Finance and Sustainable Tourism, p. 11.

[13]

UNEP, 2005, «The relationship between the 12 aims and pillars of sustainability», Making Tourism more sustainable.

[14]

Primé 2007 des trophées régionaux sur la RSE de la région PACA.

[16]

Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme, une garantie en cas de défaillance financière de l’agent de voyage.

[17]

Croq’Nature, Chemins Solidaires, la Route des Sens, Migrations et Développement, Alternative Travels, etc…

[18]

For instance, Vision du Monde 3% expect in Mali 7 % (but other financing sources add on to these), Case d’Alidou 15 %, Arvel 2 %

[19]

Voir Les Echos, 17/03/05, Le manque d’information générale est évoqué par 29.4 % des personnes intéressées par le concept ainsi que le peu d’information sur les formes alternatives de tourisme.

[20]

An example: conclusions of the first regional conference for Africa, Tourcom: Africa & Americas, Mali 2006

[21]

Les Echos, 20/12/06, p. 34, « La DGCCRF critique une mauvaise information »

[22]

Respect du désert, Atalante : « s’informer avant le départ est le premier pas dans les dunes et le désert », site web : www.atalante.fr.

[23]

Maud Tixier, Communiquer sur un concept flou, Communiquer sur le développement durable, Editions d’Organisation, Paris, 2005.

[24]

La TIES a tranché et donné une définition de l’écotourisme qui est aujourd’hui la référence en la matière : « un voyage responsable qui participe à la conservation de l’environnement et au bien-être des populations locales ». Ce postulat implique sept principes :

  • réduire l’impact du tourisme sur l’environnement et la population locale,

  • favoriser la sensibilisation à l’environnement et à la culture et le respect qui leur est dû,

  • multiplier des expériences positives pour les visiteurs et les hôtes,

  • générer des avantages financiers directs pour la conservation,

  • générer des avantages financiers pour la population locale et renforcer son autonomie,

  • accroître la sensibilité au climat politique, environnemental et social du pays hôte,

  • soutenir les ententes internationales relatives aux droits de la personne et au travail.

A noter qu’il existe d’autres définitions de l’écotourisme où le poids de l’environnement l’emporte sur celui du volet social. Celle de l’Union Mondiale pour la Nature (UICN) :

Ecotourisme : voyage responsable sur le plan environnemental et visite de milieux naturels relativement peu perturbés dans le but d’apprécier la nature – ainsi que toute manifestation culturelle passée ou présente observable depuis ces milieux – encourageant la conservation, ayant un impact négatif très limité et s’appuyant sur une participation active des populations locales dans le but de générer des avantages. Cité dans Echoway, l’écotourisme solidaire. www.echoway.org.

[25]

In May 2007 in Oslo, Norway, a conference that is held every five years. Web site : www.ecotourismglobalconference.org.

[26]

Allibert : « Une démarche responsable ; populations et environnement : des valeurs enracinées ».

[27]

Tel que sélectionné par le Petit Futé : « Tourisme solidaire », p. 53, 2006.

[28]

Justin Francis : responsibletravel.com (RT), cofondateur et directeur général lors de son rapprochement avec Conservation International (CI).

[30]

Voir l’initiative d’Anita Roddick, 2004, site : www.responsibletravel.com.

[31]

Exemple : Public System Voyages et Sagarmantha avec TDF (Tourism for Development).

[32]

Sandrine Bot, 12/02/07, www.Tourmag.com.

Résumé

Français

La sphère du tourisme durable implique les trois fameux piliers du développement durable, soit les questions économiques, sociales et environnementales qui doivent être abordées et gérées.
Il est difficile d’évaluer si la rencontre entre l’offre et la demande a réellement lieu dans ce domaine. Les études concernant la demande réelle sont rares, tout comme les enquêtes de satisfaction des touristes responsables. Sur l’offre, elle est, par contre pléthorique, bien que compliquée à discerner sur un marché de niche spécialisé, étroit et atomisé.
Les mots employés pour décrire ce qui relève plus ou moins du tourisme durable sont nombreux et utilisés de façon abusive, ce qui contribue à la confusion générale qui entoure ce concept.
Parmi les médias employés, les brochures et sites Internet ont été étudiés en détail afin de clarifier l’offre en matière de tourisme durable. A partir des exemples décrits, nous avons tiré des conclusions concernant les voyagistes dont l’offre s’identifiait le mieux à une vision équilibrée du tourisme durable. Nous avons ensuite tiré des conclusions sur le rôle du choix du client dans la sélection d’un voyage et son influence sur l’offre future.

Mots-clés

  • tourisme
  • durabilité
  • sociaux
  • financiers
  • environnementaux

English

The sphere of sustainable tourism involves the well-known three pillars of sustainable development i.e. the economic, social and environmental issues that need to be managed.
Whether offer and demand actually meet in that area is hard to assess. Research on actual demand is scarce, just like satisfaction surveys from those types of holiday-makers. Offer on the other hand is plentiful, although hard to come by in a specialized and small size fragmented niche market.
The words used to describe what comes more or less close to sustainable tourism are many and abused, which participates in the general confusion surrounding the concept.
Among the media used, brochures and Internet sites were studied in detail to clarify the offer side of sustainable tourism. From examples described, we draw conclusions on who are the tour-operators that come closest to a balanced view on sustainable tourism. We then draw conclusions on the role of customer choice in selecting a journey and influencing future offer.

Keywords

  • tourism
  • sustainability
  • social
  • financial
  • environnemental

Plan de l'article

  1. Introduction
    1. 1 - Observation
    2. 2 - Enquêtes et statistiques
  2. Un concept mal défini, incompris, vague, partiel et rarement équilibré
    1. 1 - Un concept mal défini
    2. 2 - Un concept incompris
    3. 3 - Un concept trop vague
    4. 4 - Un concept partiel et déséquilibré
    5. 5 - Un certain équilibre social/environnemental
  3. Méthodologie
    1. 1 - Les contours de l’étude
    2. 2 - Les critères de durabilité
      1. 2.1 - Les critères environnementaux
      2. 2.2 - Les critères sociaux
      3. 2.3 - Les critères financiers, administratifs et économiques
  4. Résultats par critère tourisme durable
    1. 1 - Environnement (annexe 2)
    2. 2 - Social (annexe 3)
      1. 2.1 - La rencontre : citons quelques exemples :
      2. 2.2 - Le respect des cultures est le leitmotiv des voyagistes qui s’adressent au voyageur responsable
      3. 2.3 - Accompagner et impliquer les populations locales dans le développement
        1. 2.3.1 - Aide au développement local
        2. 2.3.2 - Rémunération, formation et conditions de travail
      4. 2.4 - Participation à la restauration du patrimoine culturel
    3. 3 - Managérial : financier, économique, administratif (annexe 4)
      1. 3.1 - Rentabilité économique : le critère de durabilité qui sous-tend tous les autres est celui de la viabilité ou rentabilité économique d’un projet quel qu’il soit
      2. 3.2 - Transparence des répartitions financières : les voyagistes répondent plus volontiers sur l’utilisation de l’argent du voyage
      3. 3.3 - Projets de développement : les voyagistes aident les populations locales en apportant leur soutien financier pour des projets ou par le biais du mécénat
      4. 3.4 - Prix juste
      5. 3.5 - Outil de développement
  5. Résultats et limites de l’étude
  6. CONCLUSIONS : confirmation des hypothèses et ouvertures
    1. 1 - Le manque d’informations
    2. 2 - Une information partielle, déséquilibrée
    3. 3 - Un tourisme qui rencontre son public
    4. 4 - Les solutions
      1. 4.1 - Chez les voyagistes spécialisés, ceci est réalisé par la gestion de la relation client ou par le biais de grands principes édictés ou les deux à la fois
      2. 4.2 - Chez les tours opérateurs classiques
      3. 4.3 - La tendance vers le “sustainable travel lite”

Pour citer cet article

Tixier Maud, « Voyage " durable " et voyageur mal avisé : celui-ci peut-il s'en faire une juste représentation ? », Humanisme et Entreprise, 3/2008 (n° 288), p. 69-99.

URL : http://www.cairn.info/revue-humanisme-et-entreprise-2008-3-page-69.htm
DOI : 10.3917/hume.288.0069


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