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Humanisme et Entreprise

2009/2 (n° 292)


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L’exclusion des plus pauvres du système bancaire formel a conduit à la création et au développement des institutions de microfinance (IMFs) dans les pays en voie de développement mais également dans les pays occidentaux comme la France, l’Italie ou la Finlande. Les IMFs proposent une vaste gamme de services financiers à des personnes du secteur informel et à des personnes exclues du secteur bancaire, en raison de la faiblesse de leurs revenus et de l’absence de garanties de paiement. Ces services financiers comprennent à la fois le micro-crédit, l’épargne, la micro-assurance, le micro-leasing et le transfert de fonds. Les prêts octroyés dans le cadre du micro-crédit répondent également à des finalités diverses. Ils peuvent être utilisés pour la création d’entreprise, pour la consommation, pour faire face à la maladie ou encore pour l’éducation des enfants.

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A l’heure actuelle, la grande majorité des institutions de microfinance ne sont pas rentables. En 1999, seuls 1% des IMFs étaient financièrement autosuffisantes (Morduch, 2000). Cela signifie que la quasi-totalité des institutions de microfinance ne parvenaient pas à couvrir leurs coûts financiers par l’intermédiaire des taux d’intérêts pratiqués. De ce fait, les IMFs ont besoin des subventions des gouvernements et d’autres donateurs pour couvrir leurs charges. Ces institutions se trouvent donc doublement dépendantes de la bonne volonté des pouvoirs publics et de celle des donateurs privés. Depuis quelques années, les IMFs se sont lancées dans la course à l’autosuffisance (sustainability), afin d’élargir leurs sources de financement pour répondre ainsi à une demande sans cesse croissante. En effet, selon Gibbons et Meehan (2002), les sources de financement des IMFs sont restreintes. Les institutions de microfinance peuvent se financer par des capitaux propres ou des quasifonds propres (en obtenant des prêts à long terme à des conditions privilégiées), par des subventions des pouvoirs publics, par l’épargne collectée ou encore en ayant recours au refinancement. Face à une diminution des subventions accordées, les IMFs font de plus en plus souvent appel à des ressources financières externes. Celles-ci auraient été multipliées par 12 entre 1996 et 2000 (Gibbons et Meehan, 2002). Or ce recours aux capitaux privés n’est toutefois pas neutre pour les IMFs dans la mesure où les acteurs privés exigent de leur part une rentabilité minimale qui ne peut être obtenu qu’au prix d’une réforme de leur mode de management et d’une redéfinition de leur activité.

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Dès lors, l’autosuffisance des IMFs semble être à la fois une condition nécessaire et un obstacle au développement de la microfinance (Rhyne, 1998). En effet, la raison d’être des IMFs est de réduire la pauvreté afin de contribuer au développement économique d’un pays et à l’amélioration du bien-être social. Il n’est pas de réaliser des profits. La quête de l’autosuffisance financière ne risque-t-elle pas de détourner les institutions de microfinance de leur mission ?

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Cette question est l’objet d’un vif débat en économie financière opposant deux écoles de pensée : la vision welfariste et la vision institutionnaliste. L’opposition entre ces deux visions est désignée par Morduch (2000) comme le schisme de la microfinance dans la mesure où ces deux approches proposent une conception différente de ce que devraient être les priorités et la fonction des institutions de microfinance (Woller, Dunford et Woodworth, 1999).

L’objectif de cet article est de contribuer au débat en montrant la nécessité de dépasser l’opposition traditionnelle entre ces deux visions, qui répondent en fait à deux étapes distinctes du développement de la microfinance. Notre étude met ainsi en exergue les enjeux qui entourent la question de la viabilité financière des institutions de microfinance en esquissant les conditions de leur pérennité et de leur essor. Après avoir présenté la vision welfariste, puis la vision institutionnaliste, nous montrerons en quoi il est non seulement possible mais nécessaire de concilier la mission sociale des IMFs et leur rentabilité financière.

1 - L’approche du bien-être social

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Selon l’approche du bien-être social (approche welfariste) non seulement les institutions de microfinance peuvent être pérennes sans être financièrement autosuffisantes, mais elles ne doivent pas rechercher l’autosuffisance à tout prix, car la recherche de leur rentabilité financière conduirait inévitablement à un effacement de leur mission sociale. En détournant la microfinance de ses fondements idéologiques, la recherche de la performance financière constituerait un frein à l’innovation et à la réduction de la pauvreté (Roy, 2006).

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Les tenants de l’approche welfariste s’appuient sur un argument relatif à la qualité des donateurs. Les investisseurs sociaux qui subventionnent les IMFs ne sont pas nécessairement motivés par la recherche personnelle du profit financier. Ils sont plutôt motivés par la volonté de contribuer à la réduction de la pauvreté. Ces investisseurs sociaux, soucieux avant tout de se donner bonne conscience, sont, en cela, comparables aux investisseurs des fonds socialement responsables. En effet, l’investissement socialement responsable est en général moins rentable que les autres types d’investissements (Burlacu et al., (2004)). Cette sous-performance des titres éthiques serait en quelque sorte un sacrifice financier auquel consentiraient les investisseurs comme prix de leur engagement social (Dupré et al. (2006)). Ce sacrifice témoignerait de l’existence de préoccupations altruistes de la part des investisseurs. En effet, selon Simon (1993), les acteurs économiques ne recherchent pas uniquement à maximiser leurs profits financiers, ils recherchent d’une manière plus large à maximiser leur fonction d’utilité, ce qui peut impliquer des préoccupations altruistes [1][1] Pour une vision plus approfondie de la notion d’altruisme....

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Ainsi, la majorité des donateurs des IMFs en Europe de l’Ouest sont soit des acteurs publics (collectivités territoriales par exemple) soit des fondations de banques ou de grandes entreprises (Evers et al., 2007). Ces donateurs sont avant tout soucieux de réaliser un rendement social ou « intrinsèque » en oeuvrant pour le bien-être public. Les collectivités territoriales recherchent quant à elles les retombées positives des microcrédits en terme d’emploi et de redynamisation de leurs territoires. Les banques et les grandes entreprises sont motivées par leur engagement social et les retombées positives en terme d’image. A ce titre, ces multiples donateurs s’attendent à dégager des rendements financiers inférieurs à ceux des fonds indiciels. Dès lors, ils acceptent la sous-performance des IMFs comme une contrepartie du rendement social ou intrinsèque obtenu.

Dès lors, la recherche de nouvelles sources de financement ne s’imposerait pas, parce que les investisseurs des IMFs seraient avant tout motivés par une forme d’altruisme qui garantirait leur engagement à long terme dans le financement de ces institutions. Au contraire, la commercialisation de la microfinance, découlant de la pression exercée par de nouveaux investisseurs induirait des effets pervers, tels qu’une marginalisation des plus pauvres au profit des clients présentant un moindre risque de non-paiement.

2 - L’approche institutionnaliste

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Au contraire, selon l’approche institutionnaliste, les IMFs doivent non seulement être capables de couvrir leurs frais opérationnels et financiers grâce à leurs propres revenus d’activité mais elles doivent également dégager des profits, afin d’assurer leur viabilité financière et leur pérennité. En effet, les institutions de microfinance sont des structures capitalistes comme les autres, dont l’une des finalités est la recherche de la rentabilité.

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A l’appui de cette thèse, les institutionnalistes soulignent l’existence d’un fossé entre, d’une part, les besoins de financement et, d’autre part, les ressources financières actuellement mobilisées pour la microfinance. Actuellement les institutions de microfinance sont essentiellement financées par des donateurs privés (notamment des fondations de grandes entreprises) et par les pouvoirs publics, par l’intermédiaire de subventions. Or, ces sources de financement sont, selon les institutionnalistes, à la fois rares, limitées et instables. Elles rendent les IMFs dépendantes des effets de mode et de la place accordée à la microfinance dans la définition de la politique économique. Cela est problématique car cette dépendance à l’égard des donateurs privés et des pouvoirs publics est considérée comme un obstacle à leur contribution à la réduction de la pauvreté.

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C’est pourquoi, les IMFs doivent nécessairement faire appel à de nouvelles sources de capitaux, notamment en ayant recours au refinancement. Or le recours aux capitaux privés par les IMFs (le refinancement) n’est envisageable qu’à la condition que l’institution ait atteint un niveau d’autonomie financière suffisante depuis au moins cinq ans (Gibbons et Meehan, 2002). Pour cela, les IMFs doivent se rapprocher des standards de performance financière des banques commerciales, faute de quoi elles ne pourront pas attirer de nouveaux investisseurs et seront donc dans l’impossibilité de répondre à une demande croissante. En bref, la rentabilité des institutions de microfinance détermine leur autosuffisance, qui détermine elle-même leur pérennité et par suite leur contribution à la réduction de la pauvreté. Ce n’est qu’en assurant leur rentabilité financière que ces institutions pourront être capables de lever plus massivement de nouveaux capitaux au taux du marché afin d’accroître et d’intensifier leur activité. Au contraire, une absence de rentabilité financière des IMFs risquerait à moyen ou à long terme de conduire à l’échec des programmes de microfinance et de sonner le glas d’un nouveau mode de lutte contre la pauvreté.

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Une des critiques formulée à l’encontre de l’approche institutionnaliste repose sur les conséquences sociales de la recherche de la viabilité financière. En se concentrant sur la recherche de la rentabilité financière, les IMFs pourraient être tentées d’exclure les plus pauvres des programmes de microfinance. S’il n’existe pas à ce jour de modèle économétrique permettant d’analyser le lien qui existe entre l’autosuffisance financière et l’accessibilité des programmes de microfinance aux plus pauvres, certaines études tendent à montrer que les institutions qui ciblent les populations les plus démunies peuvent atteindre la même rentabilité financière que les autres (Churchill, 2000 ; Gibbons et Mehan, 2002). Cependant, un risque réel d’exclusion des plus pauvres existe, pour deux raisons principales. D’une part, l’idée selon laquelle les plus pauvres sont de mauvais payeurs est un préjugé répandu bien que non fondé scientifiquement. D’autre part, plus un prêt est de faible importance, plus son coût unitaire est élevé. Dans une perspective purement comptable, les IMFs auraient donc intérêt à abandonner les micro-prêts accordés aux plus pauvres.

Les différences repérées entre la conception welfariste et la conception institutionnaliste sont synthétisées dans le tableau ci-dessous.

Tableau 1 - L’opposition classique entre l’approche welfariste et l’approche institutionnalisteTableau 1

3 - Deux visions complémentaires

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Tandis que la plupart des chercheurs se focalisent sur les différences existant entre l’approche institutionnaliste et l’approche welfariste, en choisissant l’une de ces deux approches, il nous semble qu’elles relèvent en fait de deux manières d’aborder une même réalité, en vue d’atteindre un objectif identique, à savoir la réduction de la pauvreté.

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Dans l’approche welfariste, l’altruisme des apporteurs de fonds constitue le moteur d’une activité basée non sur la recherche du profit, mais sur la recherche de l’utilité sociale. L’altruisme est considéré comme un trait invariant de la psychologie des donateurs des IMFs, qui devrait assurer à lui seul la pérennité de ces institutions. Les donateurs n’attendant pas une rentabilité élevée de leur investissement, les IMFs peuvent se concentrer sur les populations les plus pauvres en négligeant les coûts générés par les prêts d’un très faible montant. De cette manière, l’activité des institutions de microfinance permettra de soulager immédiatement l’extrême pauvreté.

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Dans l’approche institutionnaliste, les IMFs peuvent choisir de financer en priorité les actifs des moins pauvres. Ceux-ci pourront créer leur entreprise ce qui leur permettra non seulement d’assurer leur propre activité mais également de générer des emplois, favorisant ainsi la croissance économique et le bien-être général (Ayayi, 2007). Dans ce contexte, la rentabilité financière est considérée comme un facteur de pérennisation de la microfinance. Elle permet à la fois de garantir la viabilité des IMFs contre les effets de mode ou les changements de politique économique et d’élargir les sources de financement et donc le volume des programmes d’action financés. En obtenant de nouvelles sources de financement auprès des investisseurs classiques, les institutions de microfinance pourront développer leur activité et toucher une fraction plus importante de la population. Cependant, la nécessité d’assurer aux investisseurs une rentabilité financière minimale peut conduire les IMFs à revoir leur mode de sélection des projets financés et à se rapprocher des modes de management des banques commerciales. Les plus pauvres pourraient ainsi être exclus des programmes de microfinance, alors même que la microfinance leur est destinée.

Graphique 2 - Les approches welfariste et institutionnaliste de la microfinanceGraphique 2
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Au lieu d’opposer radicalement ces deux visions, il pourrait être utile d’en faire la synthèse en dépassant le manichéisme idéologique auquel elles renvoient. Il est probable en effet que pour réduire la pauvreté il soit nécessaire à la fois de financer des programmes destinés aux populations les plus pauvres et d’élargir les possibilités d’action des IMFs en mobilisant des sources de financement élargies. L’approche welfariste permet d’impulser un processus qui pourrait être étendu à une plus large échelle dans l’optique de l’approche institutionnaliste. Selon Otero (1990), l’avenir de la microfinance se situe justement à l’intersection de ces deux approches qu’il s’agit de combiner. L’approche welfariste et l’approche institutionnaliste ne représentent pas deux modèles de structuration de la microfinance parmi lesquels il faudrait choisir, mais plutôt deux étapes de développement de la microfinance.

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Ainsi l’approche welfariste permet d’enclencher un processus en soulageant immédiatement les plus pauvres. Mais seul un élargissement des sources de financement rendu possible par l’approche institutionnaliste permet de rendre pérennes les institutions de microfinance et d’espérer ainsi améliorer le bien-être général.

Á ce jour, l’approche institutionnaliste semble dominer dans la recherche académique (Morduch, (2000) ; Woller et al., (1999a) ; Brau et Woller, (2002)), ce qui favorise une commercialisation des IMFs (Labie, (2004) ; Woller (2002)). Comme le souligne Guérin (2002), les institutions de microfinance sont en train de vivre une phase de pérennisation. Cette phase suppose de trouver des mécanismes juridiques et financiers propres à favoriser un équilibre entre les approches évoquées et d’éviter deux écueils. Le premier conduirait les institutions de microfinance à oublier leur marché cible pour rechercher des profits immédiats, susceptibles de satisfaire leurs nouveaux investisseurs. Le second pousserait à négliger les principes fondamentaux de la finance, ce qui pourrait conduire à l’échec des programmes de microfinance.

Conclusion et pistes de recherches futures

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Au lieu d’opposer d’une manière radicale les visions institutionnaliste et welfariste, nous avons souligné l’intérêt de mettre en avant les points de complémentarité entre ces deux approches. Les institutions de microfinance ne doivent pas choisir entre leur mission sociale et la consolidation de leurs sources de financement. Il faut au contraire voire la consolidation et l’élargissement de leurs sources de financement comme un moyen au service de leur mission sociale. Il s’agit dès lors pour les chercheurs d’explorer les moyens qui permettraient aux institutions de microfinance de trouver un équilibre entre l’impératif financier et leurs aspirations humanitaires, en associant les méthodes et les savoirs de différentes disciplines. Dans ce contexte, les prati-ciens attendent justement des chercheurs des pistes qui leur permettraient de mettre en œuvre les méthodes les plus efficaces pour réduire la pauvreté et assurer la viabilité des IMFs. Cela passe notamment par une réflexion sur les modes d’organisation des IMFs et sur les outils qui leur permettraient de se développer.

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Or une telle approche ne peut se concevoir que dans et par la combinaison de plusieurs champs disciplinaires. Réfléchir aux enjeux posés par la microfinance implique en effet de se positionner à un carrefour disciplinaire et méthodologique. Ainsi l’essor de la microfinance interpelle naturellement les économistes dans la mesure où l’une de ses finalités est de réduire la pauvreté et de contribuer au développement. La question de l’impact de la microfinance sur la réduction de la pauvreté se révèle dès lors centrale (Mosley, (2001).

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Mais pour comprendre la manière dont la microfinance peut contribuer à la réduction de la pauvreté et au développement, il faut également dévoiler les mécanismes à l’œuvre dans les institutions de microfinance et le comportement des acteurs impliqués. Dans cette perspective, l’apport de la sociologie est également crucial. En effet, seule une analyse des comportements des acteurs individuels et collectifs permet de cerner les conséquences économiques et non économiques des programmes de microfinance. En facilitant la compréhension des attentes et des habitudes des groupes cibles, la sociologie pourrait contribuer à l’adaptation de l’offre des IMFs aux besoins réels des populations.

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De telles approches combinant notamment l’économie, la sociologie mais également la finance et le droit, pourraient être utilement mobilisées par les chercheurs s’intéressant à la microfinance. Or une démarche intégrative, associant les approches complémentaires de chaque discipline, fait aujourd’hui encore cruellement défaut. Comment en effet cerner la manière dont la microfinance contribue au développement sans se poser la question des outils juridiques et financiers mobilisables ou encore la question du rôle des pouvoirs publics dans la diffusion et la promotion de ces nouveaux outils opérationnels ? De même, est-il seulement possible de comprendre comment les IMFs peuvent et doivent assurer leur rentabilité financière en faisant l’économie d’une analyse sociologique des comportements et des repères propres aux groupes cibles ?

Face au défi de la microfinance, les chercheurs ne peuvent se contenter d’une attitude analytique, qui consisterait simplement à décrire et à comprendre les facteurs clefs de succès ou d’échec de la microfinance. Ils doivent être capables d’enclencher une attitude prospective, c’est-à-dire une réelle capacité à inventer de nouveaux outils propres à assurer un développement pérenne des institutions de microfinance.


Références

  • Attali J., (2006), “La microfinance aujourd’hui”, Rapport moral su r l’argent 2006, pp. 151-158.
  • Ayayi Ayi (2007) “Microfinance: Debt or Equity? What are the Implications for Profitability and Social Welfare” Unpublished Working Paper Banque Populaire Chair in Microfinance.
  • Ballet J., (2000), “Altruisme et biens collectifs : une revue de la littérature”, Revue économique, vol. 51, n°4, juillet, pp. 789-811.
  • Brau J.C., Woller G.M. (2002), “Microfinance: A comprehensive review of the existing literature”.
  • Burlacu R., Girerd-Potin I., Dupré D., (2004), “Y-a-t-il un sacrifice à être éthique ? Une étude de performance des fonds socialement responsables américains“, Banque et Marchés, vol. 69, mars-avril.
  • Churchill C.F., (2004), “La microfinance est-elle une priorité pour les pauvres ? Comprendre la demande de services financiers de gestion des risques”, ADA Dialogue, n°33, juin, Luxembourg, pp. 11-30.
  • Dupré D., Girerd-Potin I., Jimenez-Garces S., Louvet P., (2006), “Les investisseurs paient pour l’éthique. Conviction ou prudence ? ”, Banque et Marchés, N°84, Septembre-Octobre, pp. 45-59.
  • Evers J., Jung M., Lahn S. (2007), “Status of microfinance in Western European Union- An academic review”, European Microfinance Network, March, Issue paper,
  • Gibbons D. S., Meehan J. W. (2002), “Financing microfinance for poverty reduction”, http://www.microfinancegateway.org/content/article/detail/3565/
  • Guérin I., (2002), “Microfinance dans les pays du sud : quelle incompatibilité entre solidarité et pérennité”, Revue d’Economi e Financière, pp. 145-164.
  • Labie M., (2004) “Microfinance : un état des lieux”, Mondes en développement, Vol. 32, 2004/2, N°126, pp. 9-23.
  • Mosley P., (2001), “Microfinance and poverty in Bolivia”, The journal of development studies, 37, pp. 101-132.
  • Morduch J., (1999), “The Microfinance promise”, Journal of Economic literature, Vol. 37, pp. 617-629.
  • Morduch J., (2000), “The Microfinance schism”, World development, 28, N°4, pp. 617-629.
  • Rhyne E., (1998), “The yin and yang of microfinance: reaching the poor and sustainability”, Microbanking Bulletin.
  • Roy, D., (2006), “La participation et l’appropriation dans l’utilisation de la microfinance comme outil de développement”, http://www.er.uqam.ca/nobel/ieim/IMG/pdf/DannyRoy_microfinance2.pdf
  • Simon H.A., (1993), “Altruism and economics”, American Economic Review, vol. 83, n°2, mai, pp. 156-161.
  • Woller G., Dunford C., W. Woodworth (1999), “Where to microfinance”, International Journal of Economic Development,1, pp. 29-64.

Notes

[1]

Pour une vision plus approfondie de la notion d’altruisme des investisseurs, il est possible de se rapporter à la synthèse dressée par Ballet (2000) et notamment aux études empiriques de Burlaca et al. (2004) et de Dupré et al. (2006).

Résumé

Français

L’objectif de cet article est double. D’une part, il s’agit de faire la synthèse des débats qui traversent le champ de l’économie financière en ce qui concerne la question de l’autosuffisance des institutions de microfinance. D’autre part, il s’agit de dépasser l’opposition traditionnelle entre ces deux conceptions en montrant qu’elles correspondent à deux phases du développement de la microfinance. La pérennité des programmes de microfinance suppose ainsi de mettre en relief les complémentarités relevées entre ces deux conceptions.

Mots-clés

  • institution de microfinance
  • welfarisme
  • institutionnalisme
  • autosuffisance financière

English

First this paper provides a selective survey and synthesis of recent debates in upon financial economics concerning microfinance institutions sustainability. Secondly, it puts them into perspective, suggesting a conciliation of these two conceptions and showing they are two steps of the development of microfinance. Poverty allievationalleviation among financially and socially excluded can only be achieved by focusing on links between these two conceptions.

Keywords

  • microfinance institutions
  • welfarism
  • instutionnalism
  • financial sustainability

Plan de l'article

  1. 1 - L’approche du bien-être social
  2. 2 - L’approche institutionnaliste
  3. 3 - Deux visions complémentaires
  4. Conclusion et pistes de recherches futures

Pour citer cet article

Noël Christine, Ayayi Ayi, « L'autosuffisance des institutions de microfinance est-elle une nécessité ? Contributions à un débat clef de l'économie financière », Humanisme et Entreprise, 2/2009 (n° 292), p. 65-75.

URL : http://www.cairn.info/revue-humanisme-et-entreprise-2009-2-page-65.htm
DOI : 10.3917/hume.292.0065


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