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Humanisme et Entreprise

2011/4 (n° 304)


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Les théories dites de la firme, d’inspiration économique, considèrent l’entreprise comme une fonction de production dont l’existence et l’agencement sont subordonnés à une logique de maximisation du profit. Dans la lignée des réflexions ouvertes par Coase, le courant dominant dans le champ de l’économie des organisations privilégie la facette contractuelle de l’entreprise : celle-ci, réceptacle de contrats, existe car elle permet mieux que le marché, dans certaines conditions, de minimiser les coûts de gouvernance des activités économiques selon Williamson (1975). Ce faisant, la passation et le suivi des contrats entraînent des coûts, dits coûts d’agence, notamment entre dirigeants de l’entreprise et propriétaires des moyens de production, en particulier dans le cas des entreprises cotées à actionnariat diffus dans la vision financière de la firme de Jensen et Meckling (1976). Cette conception contractualiste tend à se désintéresser, de fait, de l’entreprise réelle comme lieu de conception et de réalisation de biens ou de services, activités qui supposent la construction et le déploiement d’un ensemble de ressources et de compétences. Ce désintérêt, corollaire de l’attention presque exclusive portée au marché, conduit en même temps à ignorer les problématiques de management de ces activités fondamentales. Considérant que le marché fera son œuvre en sélectionnant les entreprises les plus efficaces, celles qui sont les plus habiles à incarner une rationalité allocative, maximisatrice d’efficience technique et économique, cette conception n’entre guère en effet dans les préoccupations concrètes de management, autrement du moins que selon une logique calculatoire simplificatrice, et ne fait guère de place réelle à l’entrepreneur, pas plus qu’aux activités de conception au sens de Simon.

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S’inspirant précisément des perspectives introduites par Simon, Cyert et March, et dans la lignée des travaux de Penrose, la théorie évolutionniste (Nelson et Winter, 1982) appréhende clairement l’entreprise comme un répertoire de pratiques, de compétences et de connaissances, fruits d’un processus d’apprentissage. Si la sélection par le marché est toujours à l’œuvre, mais cette fois dans une perspective d’efficience dynamique, la firme point ou boite noire des économistes néoclassiques, laisse place à l’entreprise identifiable avec ses routines et son histoire propres. Une vraie rupture est ainsi affirmée : la théorie de l’entreprise en général, sorte de fait stylisé, laisse place à une théorie de l’entreprise particulière, c’est-à-dire saisie dans sa singularité. En d’autres termes, chaque entreprise est considérée comme l’expression singulière du phénomène général de construction et de déploiement d’une fonction de production et comme lieu de production endogène de connaissances. Dans sa formulation initiale, la théorie évolutionniste se présente cependant davantage comme l’expression des micro-fondements d’une théorie dynamique de la concurrence que comme une nouvelle théorie de la firme à proprement parler. Elle repère les manifestations structurelles et technologiques de l’évolution mais peine à établir une relation entre ces éléments et les actions et les rationalités qui les produisent et ce, faute d’intégrer l’adaptation consciemment pensée et la manipulation des structures internes sédimentaires – les routines – et des structures externes institutionnalisées. Dit autrement, faute d’introduire les compétences et les intentions des acteurs l’approche reste essentiellement behavioriste et élimine le problème de l’intentionnalité (Child, 1997).

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Les chercheurs en sciences de gestion ont bien compris qu’ils disposaient, avec ces regards renouvelés, d’un matériau théorique à même de leur permettre d’analyser leur objet, l’entreprise dans ses environnements, dans une perspective stratégique ou concurrentielle. De ce fait, depuis sa première formulation l’approche évolutionniste s’est enrichie en prenant davantage en compte les actions proactives de nature stratégique, ce que suggérait Winter dès 1987, et en s’articulant plus précisément avec le courant des ressources et des compétences, voire des capacités dynamiques. Pour autant, la question de la naissance des entreprises, qui est celle des phénomènes entrepreneuriaux au sens large, ainsi que celle de ce qui peut constituer le point focal de leur trajectoire d’évolution, restent largement le parent pauvre dans l’effort de théorisation. Ce dernier, qui devrait traduire la perspective artificialiste au sens de Simon, ne peut se circonscrire à la prise en compte de la simple rationalité allocative et des arguments de maximisation d’efficience qui fondent les lectures contractualistes et évolutionnistes. Il convient en effet de faire toute sa place à l’activité de conception, irréductible aux seuls aspects calculatoires. Le normatif est inéluctablement présent, ne serait-ce que parce qu’un phénomène entrepreneurial exprime un choix d’avenir.

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Prenant acte des théorisations disponibles et de leurs limites, la théorie de l’entreprise, plus largement de l’action collective, fondée sur le projet ou Project-Based View (PBV) s’inscrit clairement dans une perspective artificialiste et retient le cadre d’une rationalité projective à l’échelle individuelle et collective. A l’échelle individuelle, il s’agit de reconnaître un agir créatif et d’anticipation qui englobe les considérations axiologiques et instrumentales (Bréchet et Desreumaux, 2010 ; Emirbayer et Mische, 1988 ; Joas 1999). A l’échelle collective, dans une même perspective englobante, la PBV pose que le projet collectif fonde l’entreprise comprise dans sa réalité d’artefact original, contingent au sens radical du terme, conçu et réalisé pour s’adapter à ses environnements (Simon, 1969). La théorie de l’entreprise fondée sur le projet se comprend alors comme une théorie ontogénétique, c’est-à-dire comme une théorie qui s’intéresse à la naissance et au devenir d’une entreprise singulière. Ce faisant, elle s’affirme par sa nature à la fois subjective, multidimensionnelle et processuelle.

1 - Une théorie générale de l’ontogenèse de l’action collective

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La PBV s’intéresse à l’entreprise dans sa singularité phénoménologique, dans sa manifestation concrète et singulière, par opposé au fait stylisé des économistes qui a pris de multiples expressions. Ce n’est pas pour autant une théorie dont la portée ne serait pas générale, bien au contraire. Ce que la PBV pose comme prémisse fondamentale, c’est que toute entreprise, par extension toute forme d’action collective sur le continuum organisation-marché (Friedberg, 1993), se comprend d’abord comme un projet. La PBV s’intéresse à la naissance et aux transformations qui conditionnent ou déterminent la vie de l’entreprise, à son caractère d’organisation en perpétuelle construction. Elle permet de réintroduire l’entrepreneur et les phénomènes entrepreneuriaux (Bréchet, Schieb-Bienfait et Desreumaux, 2009) et, avec eux, la question de l’origine et de la nature des choix qui font l’entreprise, qui la construisent et la déconstruisent ou la mettent en mouvement. On peut considérer que la PBV répond aux questions suivantes: d’où viennent les règles (normes, valeurs, principes, critères) qui orientent le système de gestion ? Qu’est-ce qui fait qu’elles apparaissent ? Qui les initie, leur donne vie ? Comment se transforment-elles ?

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Pour répondre à ces questions la PBV et l’agir projectif qui la fonde se situent dans des positions englobantes au regard des arguments axiologiques ou instrumentaux. La PBV n’exclut nullement l’exercice d’une rationalité allocative ou d’une rationalité axiologique, mais elle se pose comme une théorie qui les articule et les mêle dans la conception et la construction de l’action collective. La PBV a en son cœur la conduite d’un projet productif et les arguments inéluctablement mêlés que cette conduite recouvre.

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En résumé, la PBV est une théorie ontogénétique, qui s’intéresse à la vie singulière d’une action collective qui se conçoit et se construit, donc aux multiples dimensions qu’engage cette ontogenèse et pas seulement à une facette. Elle se comprend alors dans la triple perspective subjectiviste, multidimensionnelle et processuelle qu’elle affirme.

2 - Une perspective subjectiviste

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Dire que la PBV correspond à une perspective subjectiviste, c’est tout d’abord affirmer, avec Simon, les lectures régulationnistes en sociologie [3][3] Analyse stratégique des organisations de Crozier et...et les perspectives anthropologiques [4][4] Boutinet (1990); Emirbayer et Miche (1998); Joas (..., que la rationalité est toujours une rationalité située, élargie ou limitée, qu’elle engage une inventivité ou une créativité, bref que l’agir est celui, singulier, d’un acteur qui existe et s’affirme confronté à la complexité et aux incertitudes de l’action. C’est également considérer, avec Boutinet, que le concept de projet, dans ses dimensions existentielles et opératoires mêlées, trouve sa raison d’être dès lors qu’il y a pronominalisation (un acteur qui s’affirme), singularité (une action non routinière ou standardisée) et complexité (confrontation aux incertitudes de l’environnement et de l’action elle-même). Tout projet d’entreprise, porté par un acteur, individuel ou collectif, se comprend comme un projet singulier, avec ce qu’il comporte d’imagination, d’interprétation, de jugement.

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C’est une perspective que l’on peut naturellement qualifier aussi d’entrepreneuriale. Les phénomènes entrepreneuriaux revêtent cette dimension de subjectivité, recouvrent des projets portés, manifestent des énergies de changement propres, des contenus de projet toujours originaux sur l’un ou l’autre de leurs facettes, ne serait-ce qu’à travers le profil du porteur lui-même, qu’il soit individuel ou collectif.

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La PBV est donc une théorie qui affirme la singularité de chaque entreprise, en reconnaissant le caractère inéluctablement subjectif et situé de la rationalité des acteurs individuels et collectifs. Pour le dire encore autrement, au cœur de la PBV, il y a la reconnaissance de la singularité irréductible des conditions d’émergence et de vie de toute organisation, des phénomènes d’auto-éco-organisation devrait-on dire avec Morin (1977, 1980). Toute entreprise, expression d’une rationalité projective située, se comprend comme une conception/construction originale, contingente au sens fort, portée par des acteurs singuliers, dans un temps et un espace propres, dans des positions et des dispositions qu’on ne peut ignorer. La PBV est une théorie générale qui permet de se saisir du singulier (une entreprise donnée) sans exclure que l’on puisse imaginer des enseignements à l’échelle des particularités que pourraient manifester certains profils d’entreprises ou d’organisation.

3 - Une perspective multidimensionnelle

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Dans le droit fil des arguments précédents, on dira immédiatement que la rationalité projective, et donc subjective, est aussi de nature multidimensionnelle. Comme l’a très bien montré Joas (1999) dans son remarquable travail sur la créativité de l’agir, reprenant les travaux sociologiques majeurs, et notamment ceux de Weber, on ne peut comprendre l’agir créatif que comme englobant eu égard à l’agir instrumental et l’agir axiologique. La créativité suppose la subjectivité précédemment évoquée et implique que les arguments instrumentaux et axiologiques ne jouent pas comme des déterminismes. L’action mêle les multiples dimensions de rapport aux personnes, à l’espace et au temps qu’elle recouvre. Les valeurs et les calculs ne sont pas extérieurs à l’action qui les produit (Reynaud et Richebé, 2007). Cette compréhension vaut pour l’agir individuel et l’agir collectif.

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On distinguera toutefois plusieurs façons, en réalité difficilement dissociables, de se saisir de la perspective multidimensionnelle : de façon substantive et d’un point de vue processuel.

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Le point de vue substantif renvoie au projet-contenu, entendu comme un ensemble de règles ou de critères qui visent à orienter l’action. Le projet-contenu porte sur les pourquoi de l’action (ce qui induit inévitablement un rapport à la Cité et donc une responsabilité sociétale), les quoi (les choix de mission et de métier) et les comment (les modalités d’organisation et d’animation). En d’autres termes, tout projet précise à un degré ou un autre, des contenus de finalisation, d’organisation, et d’animation de l’action (Tabatoni et Jarniou, 1975). On peut dire également que tout projet possède une triple facette au sens où il est à la fois projet politique, projet économique, projet organisationnel. C’est aussi un rapport à l’espace, aux personnes et au temps.

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Le projet mêle des considérations existentielles (ce qui exprime la singularité de l’acteur sous les multiples dimensions de sa vie) et opératoires. D’un point de vue praxéologique, il encadre ou englobe l’action. A ce titre le projet productif de l’entreprise, est un projet de production de biens et de services avant d’être un projet social, mais les choix économiques et organisationnels qu’il exprime sont indissociables de considérations politiques ou normatives. Que ce projet revête aussi une dimension sociale, est une évidence, l’économique et le politique étant indissociables du social, toute entreprise étant à la fois un agent de production, une organisation sociale et un système politique.

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D’un point de vue processuel, sur lequel nous allons revenir ci-dessous, la perspective multidimensionnelle du projet renvoie simplement aux multiples facettes des régulations, dans le cadre de la perspective régulationniste que nous retenons.

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Selon l’expression que prendra le projet, il sera évidemment plus ou moins précis sur telle ou telle facette qu’il recouvre. Il peut s’étudier en tant que tel, dans les manifestations plurielles qui sont les siennes dans divers contextes d’organisation, mais on ne doit pas oublier que la lecture régulationniste dans laquelle la PBV s’inscrit impose de garder à l’esprit que c’est bien l’activité de régulation qui fait la règle et que le projet-contenu ne doit jamais faire perdre de vue la dimension processuelle.

4 - Une perspective processuelle

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Le projet se comprend comme conception et régulation de l’action, comme processus dans une réalité elle-même processuelle. C’est un processus dans les processus, une régulation dans les régulations : l’action est conçue et régulée sur un mode intentionnel et volontaire, mais elle est indissociable de phénomènes systémiques et émergents dans lesquels elle s’inscrit et qu’elle contribue à produire.

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Considérant le projet essentiellement comme une dynamique, une construction progressive, jamais achevée, la PBV ne peut être que processuelle. Elle se focalise sur la dynamique de développement des projets productifs, plutôt que sur l’entreprise considérée comme une entité, une morphologie, dont la forme à un moment donné n’est qu’une manifestation éphémère de la conduite du projet.

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Les différentes facettes du projet, de sa dynamique et de l’organisation qui l’incarne, ont suscité en théorie des organisations différentes traditions d’analyse (techno-économique, sociopolitique, cognitive-culturelle) dont l’intégration reste largement en chantier.

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La PBV se donne pour ambition de contribuer à cette intégration, mais en reconnaissant, comme phénomène à expliquer, le fait que les pratiques réelles expriment le plus souvent des logiques de segmentation ou de hiérarchisation de ces facettes. Dès lors, une question importante mérite d’être posée et comprise dans sa richesse et sa difficulté. Comment le réel ou les pratiques segmentent ou hiérarchisent cette réalité processuelle qui mêle et imbrique ?

Lexique

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La théorie de l’entreprise fondée sur le projet ou Project-Based View se présente comme une théorie subjective, multidimensionnelle et processuelle. Subjective car le projet, porté par des acteurs en situation d’interaction matérielle et cognitive avec leur environnement, s’élabore et se construit en situation, manifeste une singularité inhérente aux contingences multiples de l’action. Multidimensionnelle de par les facettes axiologiques et instrumentales que le projet recouvre inéluctablement comme expression d’une rationalité projective. Processuelle, car c’est bien l’action collective toujours problématique qu’il s’agit d’inventer, concevoir et réguler [5][5] Dans cette perspective, les sciences de gestion étudient,....

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Le concept de projet comme figure de l’anticipation se comprend avec Boutinet (1993) comme anticipation opératoire de type flou d’un avenir désiré. Tout projet, dès lors que l’on quitte l’univers du management de projet à finalité technique, mêle les dimensions existentielles et opératoires. Tout projet individuel ou collectif est toujours partial (pronominalisation, porté par un acteur individuel ou collectif qui dit « je »), partiel (confrontation à l’incomplétude, à la complexité et l’incertitude) et parcellaire (au sens où l’on ne saurait mettre toute l’organisation en projet au même niveau de détail ou de précision).

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Le projet collectif ou organisationnel, que l’on pourrait qualifier de productif pour en préciser sa nature, se comprend comme conception et régulation. Comme conception dans la perspective artificialiste des sciences de la conception proposée par Simon et comme régulation dans la perspective des théories de la régulation en sociologie, notamment de la théorie de la régulation sociale proposée par Reynaud [6][6] Pour Reynaud, un acteur collectif se constitue à travers.... Le projet peut alors se comprendre comme processus de conception et de régulation de l’action fondé sur l’anticipation. Il se comprend comme projet-contenu et comme projet-processus. On pourrait dire aussi que c’est un projet-visée et un projet-programme indissociables. Ces différentes facettes que l’on peut privilégier étant indissociables des dispositifs qui les font vivre et donc d’un projet-méthode.

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Le projet contenu recouvre les contenus liés de politique générale et de stratégie. A ce titre, il se comprend comme un ensemble de règles (critères, normes, principes) qui visent à concevoir, préparer et conduire l’action collective.

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Le projet processus se comprend, dans le cadre d’une définition de l’action collective comme apprentissage (Hatchuel, 2000, 2005), comme effort de construction des savoirs et des relations fondé sur l’anticipation. Le projet est un processus permanent de médiation entre l’individuel et le collectif, visant à assurer la convergence des comportements et la cohésion du collectif.

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L’agir projectif se définit comme un agir créatif et d’anticipation [7][7] A ce titre, le projet se comprend, parmi les figures.... Cet agir se comprend comme un engagement social situé, comme l’expression d’une rationalité en situation qui met en jeu une créativité et des considérations axiologiques et calculatoires liées (De Certeau, 1990 ; Joas, 1999). Il engage un rapport au temps rassemblé du projet, orienté vers le futur, informé par le passé et ancré dans le présent, pour un acteur confronté à la complexité d’un agir [8][8] D’un agir qui ne se ramène donc pas à un faire instrumental...aux dimensions existentielles et opératoires mêlées (Boutinet, 1993; Emirbayer et Mische, 1998).


Références

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  • Williamson O. E. (1975), Markets and Hierrchies, Analysis and Antitrust Implications, New-York, The Free Press.

Notes

[1]

Professeur en Sciences de Gestion à l’IAE de Nantes

[2]

Professeur en Sciences de Gestion à l’IAE de Lille

[3]

Analyse stratégique des organisations de Crozier et Friedberg (1977) ; Théorie de la régulation sociale de Reynaud (1989)

[4]

Boutinet (1990); Emirbayer et Miche (1998); Joas (1999)

[5]

Dans cette perspective, les sciences de gestion étudient, critiquent et inventent les modalités par les- quelles les collectifs se conçoivent et se construisent.

[6]

Pour Reynaud, un acteur collectif se constitue à travers les règles qu’il se reconnaît, qui fixent ses frontières et participent de la construction de son identité. Les règles n’ont de sens que rapportées aux fins d’un projet, portées par un ou des acteurs capables d’imposer leur respect. En ce sens, elles sont obligatoires et instrumentales (Reynaud, 1997, p. 80, 81). A la théorie de la régulation sociale (TRS) de Reynaud, on associe l’analyse stratégique des organisations (Crozier et Friedberg, 1977 ; Friedberg, 1993), très proche dans ses fondements de la TRS.

[7]

A ce titre, le projet se comprend, parmi les figures de l’anticipation, comme anticipation opératoire de type flou d’un avenir désiré (Boutinet, 1993).

[8]

D’un agir qui ne se ramène donc pas à un faire instrumental (Baechler, 2008).

Plan de l'article

  1. 1 - Une théorie générale de l’ontogenèse de l’action collective
  2. 2 - Une perspective subjectiviste
  3. 3 - Une perspective multidimensionnelle
  4. 4 - Une perspective processuelle
  5. Lexique

Pour citer cet article

Brechet Jean-Pierre, Desreumaux Alain, « La théorie de l'entreprise fondée sur le projet ou Project-Based View : une théorie ontogénétique », Humanisme et Entreprise, 4/2011 (n° 304), p. 57-64.

URL : http://www.cairn.info/revue-humanisme-et-entreprise-2011-4-page-57.htm
DOI : 10.3917/hume.304.0057


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