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Humanisme et Entreprise

2011/5 (n° 305)


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En matière de gestion de la diversité, les Etats pluralistes ont à leur disposition plusieurs paradigmes, déclinés en modèles locaux. Ainsi, les Etats-Unis ont leur propre version du multiculturalisme (Ingram, 2000), comme le Canada a officiellement la sienne depuis 1971. Il y a donc le paradigme multiculturel, et par exemple le modèle multiculturaliste canadien. Le 10 mars 2010, Gérard Bouchard a donné à l’Université Laval une conférence intitulée « Diversité et Malaise dans la modernité [2][2] Voir le chapitre consacré par Joseph Yvon Thériault... » dans laquelle il a vanté les mérites de l’interculturalisme québécois par rapport au multiculturalisme canadien. Selon lui, il y a au Québec « un fort consensus en faveur de l’interculturalisme, [et une] façon pionnière de le développer ». L’interculturalisme québécois résulterait du « rejet du multiculturalisme ET de l’assimilationnisme » ; il s’agirait plus « d’une direction, pas vraiment d’un concept fermé » [3][3] Je suis ici largement tributaire de cette conférence.... Il y aurait donc, d’après Bouchard, un paradigme interculturel et un modèle interculturel québécois. Pour autant, à force de présenter l’interculturalisme québécois comme une réponse – nationaliste - québécoise au multiculturalisme canadien, la frontière entre paradigme et modèle se trouve brouillée. Ainsi, l’interculturalisme québécois est-il un paradigme ou un modèle ? est-il une version francophone du multiculturalisme anglo-saxon ? Bref, y’a-t-il une voie québécoise [4][4] En référence à La Voie Canadienne : Repenser le Multiculturalisme..., ou seulement une voix québécoise ? La réponse à cette question se joue au niveau « micro », à l’intérieur des relations Canada/Québec. Dans ce sens, trois axes permettent de dégager des pistes de réflexion : la « diversité » [5][5] La notion étant très vaste et loin d’être épuisée,... au Canada, et au Québec, la concurrence des nationalismes entre le Canada et le Québec, et la nature des deux projets nationaux.

1 - Le contexte : la diversité au Canada et au Québec [6][6] Voir le rôle de la Révolution Tranquille et de l’ère...

1.1 - Le multiculturalisme canadien

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A l’origine, dans un contexte anglo-saxon nord-américain, le multiculturalisme est une politique de reconnaissance et de respect de la diversité, prioritairement dans le domaine de l’éducation puis étendue en général à tous les aspects du pluralisme, liée aux politiques de respect (et non de justice sociale) (Glazer, 1997 ; Ingram, 2000). Par métonymie, « multiculturalisme » désigne les modalités de relations, ou de non relations, entre communautés ou groupes sociaux (le terme n’ayant pas tout à fait la même connotation en français et en anglais) (Taylor, 2009 [1994]). Au Canada, il existe une définition institutionnelle du multiculturalisme tel qu’il se décline dans un contexte canadien (Seidle, 2009). Sa caractéristique principale est qu’est admise la multiplicité d’affiliations identitaires des citoyens canadiens, qu’ils soient issus des deux nations fondatrices, des nations autochtones, ou de l’immigration (c’est-à-dire que la diversité soit polyethnique ou multinationale (Kymlicka, 2001)). Il est fondé sur le paradigme de la diversité, et contrairement aux critiques souvent formulées, il est sensé encourager la participation active de tous les citoyens à la vie publique [7][7] « En 1971, le Canada a été le premier pays au monde..., et non un repli timoré sur la communauté au sens le plus étroit du terme (Kymlicka, 2001).

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Le schéma du multiculturalisme tel qu’il est généralement représenté (souvent par ses détracteurs) revient soit à une majorité entourée de plusieurs minorités qui n’entretiendraient probablement pas ou peu de liens l’une avec les autres, et les unes avec les autres ; soit des minorités, sans qu’aucune ne l’emporte numériquement et/ou politiquement, qui n’entretiendraient pas ou peu de liens les unes avec les autres.

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La critique principale énoncée contre le multiculturalisme canadien émane des nationalistes québécois qui lui reprochent sa « vision individualiste et uninationale du pays dans l’univers symbolique anglo-canadien » (Maclure, 2000, p 181-215). En ce sens, l’interculturalisme est pensé comme une réponse à ce manquement.

1.2 - L’interculturalisme québécois

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Contrairement au multiculturalisme, l’interculturalisme ne « bénéficie » pas d’une définition institutionnelle pour le moment (Rocher et Labelle, 2010 ; Seidle, 2009 ; Commission Bouchard Taylor, 2010). Son énoncé découle directement des conséquences des années 1960 au Québec et du contexte de la crise des accommodements raisonnables et de la Commission Bouchard-Taylor en 2006-2007 (Rocher et Labelle, 2010).

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Entre les définitions politiques et académiques, il est possible de brosser à grands traits un « portrait-robot » de l’interculturalisme. Deux caractéristiques le distinguent principalement du multiculturalisme :

  1. son attachement à l’égal traitement entre minorités et majorités, sans qu’il y ait de « eux » et de « nous » (Armony, 2010) (la même préoccupation se retrouve dans le Manifeste pour un Québec Pluraliste (Manifeste pour un Québec pluraliste, 2010)) avec un attachement tout particulier à la réciprocité (B. Gagnon, 2010, p 13) ;

  2. la dimension linguistique (Rocher, Labelle, Field, Icart, 2007). D’autres éléments comprennent entre autres le passage du paradigme de la diversité (dans le multiculturalisme) à celui du pluralisme (dans l’interculturalisme) (A.-G. Gagnon, 2000) et le fait que l’interculturalisme québécois s’adresse prioritairement à la nation québécoise.

Schématiquement, l’interculturalisme pourrait être représenté comme suit : une majorité, et des minorités, en interaction l’une avec les autres et les unes avec les autres.

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Bien qu’il ait été question d’interculturalisme avant les accommodements raisonnables, et avant la Commission Bouchard-Taylor (A.- G. Gagnon, 2010), c’est ce contexte qui donne son sens à la question de l’interculturalisme, paradigme ou modèle.

1.3 - La crise des accommodements raisonnables et la Commission Bouchard-Taylor

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Avec un recul de quelques années, les auteurs s’accordent à dire que la crise des « accommodements raisonnables » avait à l’époque été largement exagérée par les média (B. Gagnon, 2010 ; Seidle, 2009). On se souvient de l’affaire du kirpan, des fenêtres givrées du YMCA en face d’une yeshiva montréalaise et du débat sur l’autorisation ou non de construire des souccot sur les balcons de condos. Ces incidents ont conduit à la mise en place d’une commission de consultation à l’automne 2007 (Laforest, 2010). Son mandat était clairement centré sur ces « accommodements raisonnables » (Commission Bouchard-Taylor, 2010). Tentative de synthèse entre deux personnalités – Bouchard et Taylor (incarnant deux avenues philosophico- politiques) - elle l’a été aussi entre deux voies, le républicanisme et le multiculturalisme (Thériault, 2010). Le rapport de la Commission est pour le moins discret à propos de la politique (pan-)canadienne (Laforest, 2010). L’interculturalisme devrait donc fournir un modèle plus « adapté à la réalité québécoise » (Commission Bouchard-Taylor, 2010). Ce qui finalement est très révélateur : c’est là, dans ce qui est tu, que se joue l’avenir de la nation québécoise, et donc de ses rapports avec le Canada (Laforest, 2010).

2 - La concurrence des nationalismes canadien et québécois [8][8] La littérature sur les politiques de la reconnaissance...

2.1 - Réaction et contre-réaction : le pas de deux canado-québécois

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Au moins depuis les années 60, une lecture de l’histoire donne l’impression que le Québec répond au Canada et que le Canada répond au Québec sans pour autant écouter ce que l’autre a à dire. C’est en mettant les discours – politiques et universitaires – sur le multiculturalisme « en perspective » que l’observateur peut se rendre compte à quel point politiques de la reconnaissance et concurrence des nationalistes sont liées au Canada (alors même que le cliché voudrait que ces politiques concernent surtout les « groupes ethniques ») (Kymlicka, 1998 : 25-39). Will Kymlicka a exprimé cette idée à plusieurs reprises : au Canada, le fédéralisme et le multiculturalisme sont des réponses directes aux défis posés par la diversité constitutive du pays [9][9] “In thinking about social unity, therefore, we must.... Et l’interculturalisme est une réponse au multiculturalisme, à l’obligation de rester dans la fédération canadienne, et à souscrire au moins a minima à l’identité canadienne telle que Trudeau l’a souhaitée.

2.2 - Le Québec, une position inconfortable

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Guy Laforest a souligné deux « invariants » de l’histoire québécoise, particulièrement pertinents pour comprendre les questions de politiques de la reconnaissance et de nationalisme au Québec (Laforest, 2010) : 1) l’angoisse existentielle du minoritaire et 2) le double statut, majoritaire au Québec, minoritaire en Amérique.

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Cette tension quasi agnostique - dans le sens où toute demande de reconnaissance est une lutte (Maclure, 2003) - s’ajoute aux remises en causes du modèle de l’État-nation moderne normal (Laforest, 2010 ; Seymour, 2000) et de la nation comme tout englobant pouvant se permettre de ne pas prendre en compte « la pluralité des lieux identitaires » (Maclure, 2000). Tous les ingrédients se trouvent réunis pour une recette identitaire particulièrement compliquée. Cette situation s’ajoute aux évolutions internes au(x) nationalisme(s) québécois (Maclure, 1998 ; Maclure, 2000) et à la confusion que bien des critiques du multiculturalisme feignent d’entretenir entre nations minoritaires et minorités nationales (mais aussi entre minorités nationales et minorités ethniques) (Seymour, 2000 ; Seymour, 2008). Le Québec est une nation minoritaire, pas une minorité nationale (parmi d’autres) (Seymour, 2002 ; Seymour, 2008). Il ne saurait être question, dans le cadre d’une politique de la reconnaissance libérale, et favorable aux droits des groupes, de traiter une nation minoritaire comme une minorité nationale, particulièrement si l’enjeu est celui de son éventuelle sécession.

Tableau 1 - Résumé synthétique des définitions thématiques de l’interculturalisme et du multiculturalismeTableau 1

2.3 - La recherche d’une voie québécoise en réponse à la voie canadienne

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Les identités canadienne et québécoise ont pour point commun d’être toutes deux en cours d’élaboration, surtout depuis les années 1960/1970, à la recherche de leur propre voie, une voie suffisamment consensuelle pour être « notre » voie (Kymlicka, 1998). Pour Kymlicka, bien sûr, il ne saurait être question d’une voie québécoise si ce n’est que comme parallèle à la voie canadienne, et encore (Kymlicka, 2002). C’est notamment cette impression de parallèle qui pose problème dans l’interculturalisme, surtout si l’ambition est d’en faire un paradigme autonome. L’interculturalisme devrait servir de voie québécoise, comme le multiculturalisme a servi de voie canadienne, ce qui n’écarte pas une possibilité de conflit entre inter- et multiculturalisme. En ce sens, l’interculturalisme est présenté comme un contre-multiculturalisme. Comme le multiculturalisme a été utilisé pour consolider la fédération canadienne, l’interculturalisme est né du processus de construction nationale québécois.

3 - Deux projets nationaux en cours d’élaboration

3.1 - Le Canada comme démocratie multinationale multiculturelle

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Au Canada, le multiculturalisme a servi à « (…) la construction d’une identité nationale pancanadienne (…) » (Bourque et Duchastel, 2000). Les nationalismes des minorités nationales au Canada (autochtones et québécoise) étant perçus comme une menace à la stabilité de la fédération, il fallait trouver un moyen de garantir une cohésion aussi solide que possible de la fédération pan-canadienne multinationale, en « prenant le nationalisme au sérieux » (Kymlicka, 1998) : ce moyen a été le multiculturalisme. Cette politique donc est directement liée au processus de construction nationale du Canada comme pays uni. Après, il s’est agit de formuler le patriotisme canadien dans des termes plus contemporains, en valorisant par exemple la fierté que les citoyens peuvent ressentir d’appartenir à un pays qui s’est doté d’une Charte des Droits et Libertés (Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada, 2011).

3.2 - Le Québec interculturaliste : une tentative de synthèse de deux paradigmes

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La Commission Bouchard-Taylor s’était fixé pour mandat de « (…) proposer une synthèse entre républicanisme et multiculturalisme. » (Thériault, 2010 ; Commission Bouchard-Taylor, 2010), soit entre républicanisme à la française et multiculturalisme à la canadienne (Thériault, 2010). Pour cela, il fallait se détacher des deux paradigmes, et rejeter leurs traits les plus saillants : l’assimilationnisme républicain et la valorisation de la diversité à tendance communautariste, jugée insuffisamment intégrative (Thériault, 2010). Réussir cette tâche aurait peut-être signifié la création d’un nouveau paradigme de la reconnaissance ; échouer (Thériault, 2010), et ça a été un modèle, avatar local et bricolé des deux paradigmes.

3.3 - Les errances de l’interculturalisme

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L’interculturalisme semble s’exposer à trois écueils qui l’empêchent – et le Québec avec lui – de gagner son autonomie par rapport au multiculturalisme et au Canada. Le premier concerne les enjeux nationalistes, au mieux sous estimés, passés sous silence pour éviter le problème (Kymlicka, 1998). 1995 n’est pas si vieux, et n’a de toute évidence pas été « digéré » ; le deuxième est lié au fait que le Québec soit toujours pensé par rapport au Canada (ce qui se comprend - ne serait-ce que pour tout ce qui relève de la politique fédérale, et même provinciale – mais qui entretient une certaine tension), et dans une bien moindre mesure, par rapport à la France (c’est le sens de la recherche d’une synthèse entre multiculturalisme et républicanisme, qu’elle soit ratée ou non, peu importe ici (Thériault, 2010) ; le troisième porte sur la démarche qui consiste à construire l’interculturalisme à partir d’une côte du multiculturalisme : en concevant l’interculturalisme contre le multiculturalisme, c’est s’empêcher de le penser en dehors de cette politique. C’est pour cette raison que les politiques de la reconnaissance au Canada et au Québec peuvent être considérées comme des outils de construction nationale, « directe » dirait Daniel Weinstock (Weinstock, 2004).

Conclusion

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La fédération canadienne est une zone de diversités avec tous les défis sociétaux que cela peut représenter. Un formidable laboratoire d’expérimentation – il y a une dose d’expérimentation dans tous les pays, mais particulièrement dans les pays neufs, surtout s’ils mettent un point d’honneur à se montrer innovants – fascinant pour les observateurs en sciences politiques et en philosophie politique. Ainsi, les différences dans la manière de gérer la diversité au Canada et au Québec portent les traces d’un agenda : celui de la concurrence des nationalismes sur fond de constructions nationales, canadienne et québécoise, en compétition l’une avec l’autre. La lutte peut alors prendre une tournure dramatique, dans la mesure où l’un des projets annule l’autre.

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Sur le plan des politiques de la reconnaissance, l’interculturalisme ne pourra devenir un paradigme comme tel – et permettre de soutenir un pays dans sa pluralité - tant qu’il ne s’affranchira pas de la tutelle, ne serait-ce qu’épistémique, canadienne.


Références

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  • Bourque, G. et J. Duchastel (2000) « Multiculturalisme, Pluralisme et Communauté Politique : le Canada et le Québec », dans Elbaz, M., et D. Helly, Mondialisation, Citoyenneté et Multiculturalisme, Québec, Presses de l’Université Laval L’Harmattan, pp 147-169
  • Commission Bouchard-Taylor (2011) http://www.accommodements.qc.ca/, page consultée le 3 août 2010.
  • Gagnon, A.-G. (2000) “Plaidoyer pour l’Interculturalisme”, Possibles, 24 : 4, pp 11-25.
  • Gagnon, A.-G. (2010) « La Diversité et la Place du Québec au Sein de la Fédération Canadienne », dans Gagnon, B. (dir.), La Diversité Québécoise en Débat : Bouchard, Taylor et les Autres, Montréal, Québec Amérique, pp 247-262.
  • Gagnon, B. (2010) « Introduction », dans Gagnon, B. (dir.), La Diversité Québécoise en Débat : Bouchard, Taylor et les Autres, Montréal, Québec Amérique, pp 11-26.
  • Glazer, N. (1997) We Are All Multiculturalists Now, Cambridge Mass., Harvard University Press.
  • Ingram, D. (2000) Group Rights: Reconciling Equality and Difference, Lawrence (Kansas), University Press of Kansas.
  • Kymlicka, W. (1998) Finding Our Way: Rethinking Ethnocultural Relations in Canada, Toronto-New York, Oxford University Press.
  • Kymlicka, W. (2001 [1995]) La Citoyenneté Multiculturelle : une Théorie Libérale du Droit des Minorités, Montréal, Boréal.
  • Kymlicka, W. (2002) La Voie Canadienne : Repenser le Multiculturalisme, Montréal, Boréal.
  • Kymlicka, W. (2005) “Federalism, Nationalism, and Multiculturalism”, dans D. Karmis et W. Norman, Theories of Federalism: a Reader, New York City, Palgrave MacMillan.
  • Laforest G. (2010) « La Commission Bouchard-Taylor et la Place du Québec dans la Trajectoire de l’État-Nation Moderne », dans Gagnon B. (dir.) La Diversité Québécoise en Débat : Bouchard, Taylor et les Autres, Montréal, Québec Amérique, pp 125-142.
  • Maclure, J. (1998) « Authenticités Québécoises. Le Québec et La Fragmentation Contemporaine de l’Identité », Globe. Revue Internationale d’Études Québécoises, 1 : 1, pp 1-21.
  • Maclure, J. (2000) Le Québec à l’Épreuve du Pluralisme, Montréal, Éditions Québec Amérique.
  • Maclure, J. (2003) “The Politics of Recognition at an Impasse? Identity Politics and Democratic Citizenship”, Canadian Journal of Political Science, 36: 1, pp 3-21.
  • Manifeste pour un Québec pluraliste (2011) http://www.pourunquebecpluraliste.org/, page consultée le 12 février 2011).
  • Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada, 2011, http://www.cic.gc.ca/francais/multiculturalisme/citoyennete.asp, page consultée le 12 février 2011.
  • Rocher, F. et Micheline Labelle (2010) « L’Interculturalisme comme Modèle d’Aménagement de la Diversité : Compréhension et Incompréhension dans l’Espace Public Québécois », dans Gagnon, B. (dir.), La Diversité Québécoise en Débat : Bouchard, Taylor et les Autres, Montréal, Québec Amérique, pp 179-203.
  • Rocher, F., M. Labelle, A.-M. Field, J.-C. Icart (2007) « Le Concept d’Interculturalisme en Contexte Québécois : Généalogie d’un Néologisme : Rapport Présenté à la Commission de Consultation sur les Pratiques d’Accommodement reliées aux Différences Culturelles (CCPARDC) », Commission Bouchard-Taylor, [en ligne] http://www.accommodements.qc.ca/documentation/rapports/rapport-3-rocher-francois.pdf, page consultée le 26 août 2010.
  • Seidle, L. F. (2009) “Testing the Limits of Minority Accommodation in Quebec : The Bouchard-Taylor Commission”, dans J. E. Fossum, J. Poirier et P. Magnette (dir.), The Ties that Bind, Bruxelles, PIE-Peter Lang, pp 77-104.
  • Seymour, M. (2000) « Le libéralisme, la politique de la reconnaissance et le cas du Québec », dans W.Kymlicka et S. Mesure, Comprendre : Les Identités Culturelles, Paris, PUF, pp 119-138.
  • Seymour, M. (2002) « Qu’est-ce qu’une minorité nationale ? », dans E. Féron et M. Hastings (dir.), L’Imaginaire des Conflits Communautaires, Paris, L’Harmattan, pp 63-81
  • Seymour, M. (2008) De la Tolérance à la Reconnaissance : une Théorie Libérale des Droits Collectifs, Montréal, Boréal.
  • Taylor, C. (2009 [1994]) Multiculturalisme: Différence et Démocratie, Paris, Flammarion.
  • Thériault, J.Y. (2010) « Entre Républicanisme et Multiculturalisme : La Commission Bouchard-Taylor, une Synthèse Ratée », dans Gagnon, B. (dir.), La Diversité Québécoise en Débat : Bouchard, Taylor et les Autres, Montréal, Québec Amérique, pp 143-156.
  • Weinstock, D. (2004) “Four Kinds of (Post-) Nation-Building”, dans M. Seymour (dir.), The Fate of the Nation-State, Montréal, McGill-Queen’s University Press, pp 51-68.

Notes

[1]

Doctorante en philosophie politique à la Sorbonne (Paris Descartes) - eva.segura@wanadoo.fr

[2]

Voir le chapitre consacré par Joseph Yvon Thériault (2010) à ce « malaise dans la modernité »

[3]

Je suis ici largement tributaire de cette conférence donnée par Gérard Bouchard à l’Université Laval le 10 mars 2010. Je lui dois l’idée de distinguer entre paradigme et modèle. Les guillemets indiquent que ce sont ses termes, non les miens, pour ce paragraphe.

[4]

En référence à La Voie Canadienne : Repenser le Multiculturalisme (Kymlicka, 2002).

[5]

La notion étant très vaste et loin d’être épuisée, il ne s’agira pas de la traiter de manière exhaustive, loin de là.

[6]

Voir le rôle de la Révolution Tranquille et de l’ère Trudeau dans les relations Canada/Québec.

[7]

« En 1971, le Canada a été le premier pays au monde à adopter une politique officielle de multiculturalisme. Ce faisant, il a proclamé la valeur et la dignité de tous les Canadiens et Canadiennes, sans égard à leurs origines raciales ou ethniques, à leur langue ou à leur confession religieuse. La politique canadienne du multiculturalisme de 1971 a confirmé également les droits des peuples autochtones et le statut des deux langues officielles du pays. Le multiculturalisme canadien découle, à la base, de notre conviction que tous les citoyens sont égaux. Il permet à tous les citoyens de conserver leur identité, d’être fiers de leurs ancêtres et d’éprouver un sentiment d’appartenance. L’acceptation donne aux Canadiens un sentiment de sécurité et de confiance en soi qui les rend plus ouverts aux diverses cultures et plus tolérants envers celles-ci. L’expérience canadienne a prouvé que le multiculturalisme encourage l’harmonie raciale et ethnique ainsi que la compréhension interculturelle. » (Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada, 2011)

[8]

La littérature sur les politiques de la reconnaissance au Canada et au Québec contient en général en creux l’idée que la concurrence des nationalismes entre Ottawa et Québec est une variable permettant d’expliquer l’insistance du Québec à ériger l’interculturalisme en paradigme (et non en modèle) quitte à faire un peu violence à son contenu. Cependant, je ne l’ai pas trouvée traitée en tant qu’hypothèse de recherche comme telle.

[9]

“In thinking about social unity, therefore, we must be modest in our aims. The sort of unity that we can achieve in a multination federation is different from that which uni-national states often possess. We cannot expect the Québécois to express unconditional allegiance to Canada, or to put ?Canada first?. The only sort of unity we can achieve is one which allows national minorities to give equal standing, or even primacy, to their national identity, and to give conditional allegiance to Canada.” (Kymlicka, 2005, p.288).

Plan de l'article

  1. 1 - Le contexte : la diversité au Canada et au Québec
    1. 1.1 - Le multiculturalisme canadien
    2. 1.2 - L’interculturalisme québécois
    3. 1.3 - La crise des accommodements raisonnables et la Commission Bouchard-Taylor
  2. 2 - La concurrence des nationalismes canadien et québécois
    1. 2.1 - Réaction et contre-réaction : le pas de deux canado-québécois
    2. 2.2 - Le Québec, une position inconfortable
    3. 2.3 - La recherche d’une voie québécoise en réponse à la voie canadienne
  3. 3 - Deux projets nationaux en cours d’élaboration
    1. 3.1 - Le Canada comme démocratie multinationale multiculturelle
    2. 3.2 - Le Québec interculturaliste : une tentative de synthèse de deux paradigmes
    3. 3.3 - Les errances de l’interculturalisme
  4. Conclusion

Pour citer cet article

Segura Eva, « L'interculturalisme québécois, alternative au multiculturalisme canadien ? Voie québécoise ou voix québécoise », Humanisme et Entreprise 5/2011 (n° 305) , p. 81-88
URL : www.cairn.info/revue-humanisme-et-entreprise-2011-5-page-81.htm.
DOI : 10.3917/hume.305.0081.


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