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Hypothèses

1997/1 ()



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"Item, je vueil qu’on sonne à bransleLe groz beffroy qui est de voirre,Combien qu’il n’est cueur qui ne trembleQuant de sonner est à son erreSauvé a mainte belle terre,Le temps passé, chacun le scet :Feussent gens d’armes ou tonnoireAu son de luy, tout mal cessoit"
François Villon, Testament.
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Les anthropologues ont souligné l’importance des bruits – cris, chansons rituelles, injures... – dans les rituels [1]  Cf. Par exemple V. W. Turner, Le phénomène rituel,... [1] , en particulier dans les rites d’initiation. À leur suite, nous aimerions proposer quelques réflexions sur le rôle des expressions sonores à l’occasion des rituels de paix pendant la Guerre de Cent ans, autour des cris et des sonneries de cloches.

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Les XIVe et XVe siècles connaissent de nombreuses négociations de paix tant à l’intérieur même du royaume de France (entre les princes du Royaume, notamment lors de la guerre civile opposant Armagnacs et Bourguignons) qu’avec ses adversaires et alliés. De nombreuses trêves sont signées, ainsi que deux traités importants entre les Français et les Anglais (Brétigny-Calais, 1360 ; Troyes, 1420). Cette répétition même permet de penser en terme de ritualité. Dans le processus de paix, deux moments sont très ritualisés. En simplifiant :

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La négociation entre princes et/ou ambassadeurs, rencontre qui constitue un rite limité par ses participants.

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La publication de l’accord de paix (trêve, traité…), qui peut être lue comme un véritable rite par le morcellement des gestes et la répétition plus ou moins à l’identique des différents moments [2]  Cf. à ce sujet N. Offenstadt, "Annoncer la paix, publication... [2]  : lecture solennelle de la paix ou de la trêve par les hérauts et crieurs, puis Te Deum et sonneries de cloches à toute volée, et enfin fête publique avec tables dressées, feux et danses.

Cris de paix, cris pour la paix

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Les cris interviennent à trois moments dans le rituel de la paix.

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1) À l’instant même de la réconciliation entre les princes. Les entourages princiers, ambassadeurs, chevaliers, écuyers ou bien le peuple de la ville où se déroule la négociation se mettent à crier. Ainsi à Arras en 1435 : "Lequelle chose le peuple veant le familiarité et amistié que avoient les deux prinches ensemble, de rechief crierent "Noël" a haulte voix" [3]  Antoine de la Taverne, Journal de la paix d’Arras,... [3] . La littérature politique singularise aussi le moment. Le songe d’Hugo, écrit par un clerc liégeois (1342), raconte que lors de la réconciliation [fictive] entre Edouard III et Philippe VI, après qu’une blanche colombe leur eut insufflé l’esprit de paix, les deux princes s’exclamèrent "pax, pax" [4]  F. Unterkircher, P. G. Schmidt éd., Peregrinarius Hugo... [4] .

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2) Après la publication. Une fois entendu le contenu de la paix, les sujets crient : "Noël" [5]  Comme lors de la publication de la même paix d’Arras... [5] .

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Dans ces deux cas, le cri "Noël" apparaît comme la réponse à un acte, un geste du pouvoir, celui de la réconciliation puis de sa publication, tel un dialogue entre les princes et leurs sujets.

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3) Lors de la fête publique avec feux de joie, les sujets qui se réjouissent émettent des cris variés [6]  Notamment lors des paix de la guerre civile entre Armagnacs... [6] , comme en 1409 après la paix de Chartres "et quant le peuple de Paris sourent que l’acort estoit fait et que le roy et touz noz nos seigneurs de Frence venoient, crièrent Noël et les feulz comme à la Sainct-Jehan, et démenèrent grant joye" [7]  "Chronique normande de Pierre Cochon", in Chronique... [7] .

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À un premier niveau d’analyse les cris s’inscrivent dans le temps long. La paix se crie. On retrouve là la fonction apotropaïque du bruit, son aspect incantatoire. Il s’agit de conjurer le retour de la guerre, d’éloigner les forces mauvaises et diaboliques [8]  La guerre au Moyen Âge est très fréquemment présentée... [8] . Une vieille tradition d’invocation à la paix se laisse saisir depuis – au moins – la paix de Dieu. Au XIe siècle, le moine Raoul Glaber rapporte les cris des participants aux assemblées de paix qui crient ensemble "paix, paix" [9]  Raoul Glaber, Les cinq livres de ses histoires, M. Prou... [9] .

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Dans un second temps, il convient de différencier les moments propres à notre période. À l’instant de la réconciliation et lors de la publication, les cris célèbrent comme un miracle, une intervention divine, celle du Dieu faiseur de paix. La paix désirée semble se réaliser par les gestes de réconciliation des protagonistes puis par la publication de l’accord. Par l’émotion et la dramatisation, on est au cœur du rituel. Pendant les feux de joie, il y a bien cette même célébration. Mais en plus il s’agit de procurer aussi "une jouissance sensible" [10]  Selon l’expression d’A. Corbin, Les cloches de la terre,... [10] dans le rite. Tous les sens doivent se tourner vers la joie : l’ouïe comme la vue (attirée par les feux). Les cris célèbrent dès lors l’unité retrouvée.

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Le cri "Noël", cri de la Nativité, salue également les naissances d’importance [11]  Cf. A. Tobler, E. Lommatz, Altfranzösiches Wörterbuch…,... [11] et les entrées royales [12]  Pour les enjeux politiques du cri, cf. B. Guenée, Un... [12] . Il marque donc le passage et la rupture. Ici, il ferme symboliquement la période de la guerre et ouvre celle de la paix. Signe de la naissance, il l’est ici de la renaissance de la paix.

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Les cris soudent donc la communauté reconstituée. Pourquoi s’agit-il de cris rituels et non pas tout bonnement d’émotions spontanées ? Parce que le cri est un acte attendu. Il sanctionne le bon déroulement des diverses phases de la négociation et du processus cérémoniel. La poésie politique en témoigne. En 1424, Pierre de Nesson, officier et poète armagnac, décrit la paix – dans l’idéal – quand le duc de Bourgogne aura bien voulu y consentir.

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"Et tous les bons faire les feux de joye,Et tout partout trestous crier monjoye,Et drecer tables par my ces carrefours,Aporter vin, rostz et patez de fours,Acollant l’ung l’autre par bonne amour.Chanter, dancer, criant jusques au jour"Nous avons paix ! Dieu en soit loué !"Tant que chascun sera tout enroué.Et l’endemain, en grans dévotions,Qui reverra a ces processions(65) Venir corant et jeunes et chenuzEn chemise, joinctes mains et pies nuz,Plorant de joye, crians a Dieu mercy"
                    [13]
                 Pierre de Nesson, "Lay de guerre", in A. Piaget, E. Droz,...
                    [13]
                .
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Rien n’est oublié : feux, tables dressées, danses… Trois cris fictifs scandent la description. C’est dire leur centralité et leur caractère nécessaire à la "bonne paix" telle qu’elle est imaginée. En 1468, lors de la paix de Péronne entre Louis XI et Charles le Téméraire, le bourguignon George Chastellain fait dire au roi de France dans sa Paix de Péronne : "Or fasse France feste et joie ! Tout bon cœur soit criant : monjoye ! [14]  Les deux écrivains mettent le cri "Montjoie" au centre... [14] Et se resjoye. De ceste salutaire voye." [15]  Georges Chastellain, "La paix de Péronne", Œuvre, VII,... [15] Le cri – élément nécessaire – a bien une fonction rituelle. Le même Chastellain dans son autre œuvre liée à la paix de Péronne (Le Livre de paix) dénonce, par la bouche d’"entendement pénétrant" [16]  Qui dialogue dans l’œuvre avec "Sens superciel" sur... [16] , cette "fonction rituelle" qui selon lui masque les enjeux réels : "Le monde crye à grant joye : "paix, paix," et tu, le héraut du fol du monde, légèrement aussy tu la paix escryes, et en la qualité que tu congnois que c’est de paix, en celle qualité aussi tu fais rapport qui est tout vuyt [vide]. Paix est une noble chose et de grant estime, de léger escry, mais de chier possès et atteinte" [17]  Georges Chastellain, "Le livre de paix", Œuvre, VII,... [17] .

Campanis pulsantibus

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Les cloches sont un des sons les plus familiers à l’homme du Moyen Âge. Outre leurs diverses fonctions liturgiques, elles assument des fonctions sociales multiples. Comme les cris, elles ont une fonction apotropaïque. Elles défendent la communauté contre ses ennemis – hommes, esprits malins et forces naturelles [18]  Cf. N. Lemaitre, "Les cloches du Limousin, voix de... [18] . Leur rôle est encore juridique et politique : elles convoquent et sanctionnent, fêtent et accueillent [19]  Pour le rôle juridique des cloches qui participent... [19] . L’association des cloches et de la paix semble se confondre avec leur histoire même. Selon les recherches de Heinrich Otte, Friedrich Schubart et Karl Walter, les inscriptions les plus fréquentes au Moyen Âge sur les cloches sont des invocations au Dieu de Paix [20]  Cf. H. Otte, Glockenkunde, Leipzig, 1884, p. 121 et... [20] (O Rex glorie veni cum pace). Elles semblent remonter à la Paix de Dieu, et par là se mêler aux enjeux du temps (recherche de la paix, recours au sacré lors des conciles de paix par des invocations multiples…) et demeurent largement utilisées au XVe siècle [21]  F. Schubart insiste sur le lien entre l’inscription,... [21] . L’entrée en vigueur de la "paix" se marque par la sonnerie des cloches comme l’indique le synode de Reims de 1119 [22]  In quartia feria sole jam occidente pulsentur campanae... [22] .

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L’Angélus à la fin du Moyen Âge confirme l’association de la paix et du bruit des cloches. Cette prière au son de la cloche est entendue, à de multiples reprises, par les autorités religieuses et laïques, comme une prière pour la paix [23]  Voir les notices "Angelus" dans les différents dictionnaires... [23] . Louis XI demande à ses sujets de prier au son de la cloche "pour donner bonne paix et union du royaume" [24]  Lettre de Louis XI à l’évêque de Mende, 3 janvier 1476,... [24] . La paix relève bien de l’appel au sacré et de l’incantation. L’écoute rassemble la communauté autour d’un des fondements de son existence : la paix, celle de Dieu, mais aussi celle du rex pacificus (ici Louis XI).

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Outre cet aspect pacifico-liturgique, la sonnerie complète le rituel de la publication de la paix. Les cloches font rayonner la publication "en conférant l’épaisseur du vrai" [25]  A. Corbin, op. cit., p. 164. Pour une analyse similaire... [25] . Elle comporte par là une fonction informative. L’autorité légitime dit la paix.

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Lors des paix, les cloches sonnent à toutes volées, produisant un effet stéréophonique qui participe de la "joie" du moment, comme lors des entrées royales et princières [26]  G. Nijsten écrit pour les entrées du duc de Gueldre... [26] . Johan Huizinga introduisait par là son Automne du Moyen Âge : "Qu’on se représente l’espèce de griserie causée par les cloches de toutes les églises et de tous les couvents de Paris, lorsqu’elles tintaient du matin au soir, et même toute la nuit, pour annoncer qu’un pape était élu … ou qu’une paix était conclue." [27]  J. Huizinga, L’automne du Moyen Âge, Paris, rééd. 1989,... [27] Cette joie marque les chroniqueurs médiévaux qui s’émeuvent de la beauté auditive des sonneries, tel Jean de Venette rapportant la paix de Brétigny-Calais (1360) : "ainsi la paix jurée et confirmée, le peuple fut rempli de joie et aussitôt toutes les cloches de la cathédrale sonnèrent à grands bruits avec une pieuse mélodie, tous les chanoines et les clercs chantant joyeusement et dévotement un Te Deum Laudamus, priant Dieu et lui rendant de justes actions de grâces pour la paix. Il en fut de même dans toutes les églises et collégiales de la ville" [28]  Pace igitur sic firmata et jurata ineffabile, gaudium... [28] . Le bourgeois de Paris raconte qu’après l’armistice d’Arras entre le dauphin et Jean sans Peur en 1414 "… ne vîtes, ni ouïtes oncques plus belle sonnerie à Paris qu’on y fit celui jour, que depuis le matin jusqu’au soir en tous les moutiers [Églises] de Paris on sonnait, et faisait-on grande joie pour l’amour de la paix" [29]  Journal d’un Bourgeois de Paris de 1405 à 1449, texte... [29] . L’officier bourguignon Thierry Gherbode rapporte qu’après l’ordonnance de paix en février 1415 "l’en a cessé jusques à la nuyt de sonner en toutes les esglises et plac[es, comme je] croi que l’en fist pour le beau roy Philippe ou pour le roy saint Loys…" [30]  Lettre du 23 février 1415, in P. Thomas, "Lettres de... [30] . Les cloches de la paix ne laissent donc pas indifférents les contemporains. Elles rompent bien avec les sonneries les plus courantes. Mais les cloches et la joie décrite qui les accompagne doivent aussi être lues comme une phase attendue du rituel qui produit une émotion normée et elle aussi attendue. Les cloches sonnent en effet même dans des paix où la tension reste forte. À Péronne, en 1468, la paix est signée alors que Louis XI subit la pression du duc de Bourgogne. Commynes, présent, rapporte : "Et tanstost furent sonnées les cloches par la ville, et tout le monde fut fort esjouy" [31]  Philippe de Commynes, Mémoires, I, J. Calmette éd.,... [31] . Souvent les cloches sonnent pendant la célébration du Te Deum [32]  Ainsi lors des paix de la guerre civile (paix d’Auxerre,... [32] . Comme lors de la publication de la paix d’Arras et de la prestation du serment à Auxerre : "… le contenu esdictes lectres dont lecture a este faicte qui tres agieablement joieusement et de bon cuez a este oye et receue en louant et regratiant diece nostre createur par chanter te deum laudamus a sons de cloiches et autrement en grant joye et solempnité…" [33]  Archives nationales, J 948, 8, édité in D. Dubois,... [33] .

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Cloches et cris ont un aspect égalisateur [34]  A. Corbin écrit pour le XIXe siècle qu’il y a dans... [34] dans un rite. Tout le monde entend ou crie au même titre, à la différence d’autres composantes des cérémonies rituelles qui sont soit cachées et réservées à une partie des participants, soit très hiérarchisées (tel le serment).

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Ils sont, à ce titre, facteurs importants de l’agrégation de la communauté (déjà Raoul Glaber rapportait que l’on criait unanimiter) lors de l’unité retrouvée [35]  N. Lemaître parle, dans son étude du Limousin, de la... [35] . Ces sons partagés contiennent ou plutôt lissent les tensions sous-jacentes pour un temps donné, au moins celui du rite lui-même.

Notes

[1]

Cf. Par exemple V. W. Turner, Le phénomène rituel, structure et contre-structure, Paris, 1990, notamment p. 58-59 ; p. 80 et suiv., 101 et suiv.

[2]

Cf. à ce sujet N. Offenstadt, "Annoncer la paix, publication et sujétion pendant la Guerre de Cent ans", Cahiers d’histoire, revue d’histoire critique, 66 (1997), p. 23-36.

[3]

Antoine de la Taverne, Journal de la paix d’Arras, 1435, A. Bossuat éd., Arras, 1936, p. 82. Pour la paix de Pouilly, où l’on s’écrit "Noël", cf. Chronique du religieux de Saint-Denys, contenant le règne de Charles VI de 1380 à 1422, éd. et trad. M.L. Bellaguet, réédition CTHS, Paris, 1994, volume III, Livre XL, p. 333.

[4]

F. Unterkircher, P. G. Schmidt éd., Peregrinarius Hugo Von Lüttich, Leyde, 1991, p. 63.

[5]

Comme lors de la publication de la même paix d’Arras à Reims, cf. J. Chartier, Chronique française, A. Vallet de Viriville éd., Paris, 1858, p. 212.

[6]

Notamment lors des paix de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

[7]

"Chronique normande de Pierre Cochon", in Chronique de la Pucelle… A. Vallet de Viriville éd., Paris, 1859, p. 401.

[8]

La guerre au Moyen Âge est très fréquemment présentée comme l’œuvre du diable. Pour le rôle des formules incantatoires dans la société médiévale depuis le Haut Moyen Âge, cf. L. Little, "La morphologie des malédictions monastiques", Annales ESC, (1979), p. 43-62. Un texte de malédictions (IXe siècle) à prononcer par les moines de Saint-Wandrille précise que le prêtre priera pour que la communauté soit délivrée de ses ennemis en récitant une série de malédictions, puis les cloches sonneront.

[9]

Raoul Glaber, Les cinq livres de ses histoires, M. Prou éd., Paris, 1886, p. 104 : Quibus universi tanto ardore accensi ut per manus episcoporum baculum al celum eleverant, ipsique palmis extensis ad Deum, "Pax ! pax ! pax !" unanimiter clamarent, ut esset videlicet signum perpetui pacti de hoc quod spoponderant inter se et Deum.

[10]

Selon l’expression d’A. Corbin, Les cloches de la terre, paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle, Paris, 1994, p. 42. Souligné par l’auteur.

[11]

Cf. A. Tobler, E. Lommatz, Altfranzösiches Wörterbuch…, vol. 6, p. 695. Clément Marot écrit au XVIe siècle "la belle pucelle a un fils du ciel advoué chantons Noé Noé Noé".

[12]

Pour les enjeux politiques du cri, cf. B. Guenée, Un meurtre, une société. L’assassinat du duc d’Orléans. 23 novembre 1407, Paris, 1992, p. 57-58.

[13]

Pierre de Nesson, "Lay de guerre", in A. Piaget, E. Droz, Pierre de Nesson et ses œuvres, Paris, 1925, p. 64-65.

[14]

Les deux écrivains mettent le cri "Montjoie" au centre de leur description. Il faut sans doute ici lui attribuer un double sens : expression de la joie pure mais aussi appel au sacré, garant de la paix. Ce caractère "magique" du cri et d’appel à l’aide a bien été souligné par A. Lombard-Jourdan, "Montjoie et saint Denis", le centre de la Gaule aux origines de Paris et Saint-Denis, Paris, 1989, p. 50 et suiv. et 325-330. L’étymologie francique (Mund-Gawi) et le sens primitif du terme ("Protège-pays") n’ont pas de rapport direct avec son emploi ici. Pour les débats à ce sujet, ibid. Déjà Orderic Vital (XIIe s.) avait latinisé le terme en Meum Gaudium en le détournant de ce sens premier.

[15]

Georges Chastellain, "La paix de Péronne", Œuvre, VII, Kervyn de Lettenhove éd., Bruxelles, reprint, Genève, 1971, p. 445.

[16]

Qui dialogue dans l’œuvre avec "Sens superciel" sur la nature de la paix en cours.

[17]

Georges Chastellain, "Le livre de paix", Œuvre, VII, Kervyn de Lettenhove éd., Bruxelles, reprint, Genève, 1971, p. 378.

[18]

Cf. N. Lemaitre, "Les cloches du Limousin, voix de Dieu, voix des hommes", in Les signes de Dieu aux XVIe et XVIIe siècles, Clermont-Ferrand, 1993, p. 239-256.

[19]

Pour le rôle juridique des cloches qui participent à l’entrée en vigueur de coutumes et règlements cf. E. Lippert, Glockenläuten als Rechtsbrauch… Fribourg-en-Brisgau, 1939 [uniquement sur l’Allemagne]. Et plus largement P. Price, Bells and Man, Oxford…, 1983.

[20]

Cf. H. Otte, Glockenkunde, Leipzig, 1884, p. 121 et suiv. ; K. Walter, Glockenkunde, Ratisbonne, 1913, p. 162 et suiv.

[21]

F. Schubart insiste sur le lien entre l’inscription, la prière de paix de la messe et la paix et la trêve de Dieu, in Die Glocken im Herzogtum Anhalt, ein Beitrag zur Geschichte und Altertumskunde Anhalts und zu Allgemeinen Glockenkunde, Dessau, 1896, p. 535 et suiv.

[22]

In quartia feria sole jam occidente pulsentur campanae per parochias et ab illa hora usque ad feriam secundam oriente sole observertur pax : F. Schubart, op. cit., p. 543.

[23]

Voir les notices "Angelus" dans les différents dictionnaires d’histoire et de théologie catholique ainsi que F. Esser, "Das Ave-Maria Laüten und "Engel des Herrn" in ihrer geschichtliche Entwicklung", Historisches Jahrbuch (1902), p. 22-51 ; 247-269 ; 775-825.

[24]

Lettre de Louis XI à l’évêque de Mende, 3 janvier 1476, in H. Dubois éd., Louis XI, Lettres choisies, Paris, 1996, p. 322 ; Jean de Roye, Journal… connu sous le nom de Chronique scandaleuse, 1460-1483, B. de Mandrot éd., Paris, I, 1894, p. 272. Voir aussi P. R. Gaussin, Louis XI, roi méconnu, Paris, 1976, p. 430.

[25]

A. Corbin, op. cit., p. 164. Pour une analyse similaire à l’époque moderne, cf. M. Fogel, Les cérémonies de l’information dans la France du XVIe au XVIIIe siècle, Paris, 1989, p. 139.

[26]

G. Nijsten écrit pour les entrées du duc de Gueldre The sounds, joining with visual aspects, made the subjects’ sensory experience as full as possible. "The Duke and his Towns. The Power of Ceremonies, Feasts, and Public Amusements in the Duchy of Guelders (East Netherlands) in the Fourteenth and Fifteenth Centuries", in B. Hanawalt ; K. Reyerson, City and Spectacles in Medieval Europe, Minneapolis, 1994, p. 247.

[27]

J. Huizinga, L’automne du Moyen Âge, Paris, rééd. 1989, p. 11.

[28]

Pace igitur sic firmata et jurata ineffabile, gaudium adfuit toti plebi, et statim in ecclesia illa omnes campanae cum magno mugitu et devota melodia sunt pulsatae, canonicis omnibus et clericis Te Deum Laudamus laete et devote cantatibus, et Dominum laudantibus, et pro pace reddentibus deo gratiarum debitas actiones. Et si factum est quasi eadem hora per universas ecclesia et collegia dictae urbis., Jean de Venette, Continuations Chronici Guillelmi de Nangiaco pars tertia (1340-1368), H. Geraud éd., Paris, 1843, p. 311.

[29]

Journal d’un Bourgeois de Paris de 1405 à 1449, texte original et intégral présenté et commenté par Colette Beaune, Paris, 1990, p. 80.

[30]

Lettre du 23 février 1415, in P. Thomas, "Lettres de Thierry Gherbode", Revue historique, CXVIII (1915), p. 313.

[31]

Philippe de Commynes, Mémoires, I, J. Calmette éd., Paris, 1981, p. 145.

[32]

Ainsi lors des paix de la guerre civile (paix d’Auxerre, Pontoise, Arras). Pour cette association des Te Deum et des cloches, cf. S. Zak, "Das Te Deum als Huldigungsgesang", Historisches Jahrbuch, 102/1 (1982), p. 1-32. L’auteur constate cette association depuis le IXe jusqu’au XVIIIe siècle pour les sacres, fiançailles, intronisation et entrées diverses.

[33]

Archives nationales, J 948, 8, édité in D. Dubois, Recherches sur les serments prêtés au roi de France à la fin du Moyen Âge, Mémoire de D.E.A., sous la direction de P. Contamine, Université de Paris IV, Juin 1990, p. 147.

[34]

A. Corbin écrit pour le XIXe siècle qu’il y a dans l’écoute des cloches "une certaine égalité symbolique entre les individus", op. cit., p. 84.

[35]

N. Lemaître parle, dans son étude du Limousin, de la capacité des cloches "à créer l’universitas, le principe même de la communauté et sa personnalité, qui est à la fois terrestre et céleste…", art. cit., p. 245.

Plan de l'article

  1. Cris de paix, cris pour la paix
  2. Campanis pulsantibus

Pour citer cet article

Offenstadt Nicolas, « Cris et cloches. L'expression sonore dans les rituels de paix à la fin du Moyen Âge », Hypothèses 1/ 1997 (), p. 51-58
URL : www.cairn.info/revue-hypotheses-1997-1-page-51.htm.

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