Hypothèses 2000/1
Hypothèses
2000/1 ()
192 pages
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I.S.B.N. 2859444149
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La négociation - Séminaire de l'École doctorale d'histoire coordonné par Pierre Journoud

Vous consultezLa négociation politique internationale

Introduction

AuteurPierre Journoud du même auteur



On nous permettra de procéder d’emblée par « contre-attaques préventives » ou, plus exactement, par « prolepses » puisque telle est l’expression consacrée par les diplomates dans une négociation pour prévenir une objection en la réfutant d’avance. Car si vous cherchez dans les lignes qui suivent les recettes magiques du parfait négociateur, à des fins privées ou professionnelles, mieux vaut ne pas prolonger inutilement cette lecture : le talisman de la négociation ne s’y trouve pas.

2 Non pas qu’une augmentation de salaire, un achat de voiture ou une acquisition de logement soient des actes dénués de rapport avec la négociation : ne perdons pas de vue le lien de parenté étymologique entre négociation et négoce, entre négociateur et négociant[1] [1] On consultera avec profit un site Internet original :...
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. Mais la « négociation politique internationale » – thème sur lequel nous avons choisi de focaliser nos réflexions – n’est pas seulement liée à l’intérêt (qui sous-tend le négoce) ; elle aborde aussi la notion de force ; elle est un « processus d’équilibre de puissance »[2] [2] A. Plantey, De la politique entre les États. Principes...
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qui dépasse les seules considérations mercantiles.

3 Moment particulier d’une relation entre groupes humains, processus inscrit dans le temps, la négociation politique internationale – qu’on la considère plutôt comme une science encore dans l’enfance ; ou plutôt comme un art vieux comme le monde et bonifié par l’expérience des âges[3] [3] Pour s’en convaincre, se reporter aux ouvrages de Sun...
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– est toujours une rencontre d’hommes et de femmes portés au dialogue et choisis pour leur capacité à favoriser un compromis. Rencontre qui, parfois, tend à prendre des allures d’affrontement, de combat, tant les cultures, les conceptions et les intérêts des négociateurs peuvent diverger, tant les pressions qui résultent de l’écho que reçoit la négociation peuvent être fortes. Mais l’objectif suprême de toute négociation réside dans la volonté de passer d’une logique de conflit, dont la guerre est une forme, à une logique de conciliation, voire même de coopération. Cela ne veut pas dire que la considération de la force physique ne soit pas présente derrière le discours : on ne compte plus les exemples où guerre et négociation ont été menées de front, quand la menace implicite de l’usage de la force ne suffisait pas à faire plier l’adversaire. Dans bien des cas, ce n’est pas la volonté d’entente entre les parties qui les a conduites à s’engager dans un processus négociatif, mais le constat plus pragmatique qu’un tel processus était d’un coût inférieur à celui de l’affrontement. Autrement dit, c’est toujours la nécessité qui commande la négociation[4] [4] Ph. M. Defarge, La politique internationale, Paris, 1990,...
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.

4 Force est de constater que la négociation politique internationale est un objet d’études assez neuf chez les historiens. Longtemps en effet, elle est restée l’apanage des politologues, auxquels ont pu s’ajouter de manière ponctuelle quelques juristes, psychologues ou sociologues. Cette longue désaffection de la communauté historienne à l’égard de la négociation est-elle liée au rejet de l’histoire diplomatique traditionnelle par l’École des Annales ? On serait tenté de le croire.

5 Pourtant, à l’ombre de la révolution des Annales, des années 1920 aux années 1950, s’opère un changement épistémologique fondamental, bien que moins remarqué parce qu’il s’exerce dans un domaine plus restreint de l’histoire : le passage, sous l’égide de Pierre Renouvin et de Jean-Baptiste Duroselle, d’une Histoire diplomatique à une Histoire des relations internationales[5] [5] À ce sujet, lire la synthèse de René Girault, dans son...
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. La nuance est de taille et suggère que l’on va désormais transcender le cadre devenu trop étroit des relations entre gouvernements et d’une étude centrée sur les initiatives, les décisions et les intentions des grands hommes, pour s’intéresser aussi à l’histoire des relations entre les peuples et aux « forces profondes », spirituelles ou matérielles, susceptibles d’influencer les relations entre les États. Un nouveau cadre de recherches est né, dont le succès ne se dément pas aujourd’hui.

6 Difficile, dès lors, d’envisager la négociation politique internationale sans s’inspirer des réflexions méthodologiques de l’histoire des relations internationales. Difficile de ne pas tenir compte de ces « forces profondes » chères à Pierre Renouvin, comme les conditions géographiques, les pressions économiques et financières, les mouvements d’idées et les réactions collectives, ou des développements de Jean-Baptiste Duroselle sur les processus de décision[6] [6] P. Renouvin et J. -B. Duroselle, Introduction à l’histoire...
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. Ainsi, pour qui veut comprendre une négociation internationale, il n’est pas sans intérêt d’étudier les pressions humaines, culturelles, économiques ou financières, directes ou indirectes, qui s’exercent immanquablement sur les négociateurs ; ou bien de brosser un portrait de la personnalité des négociateurs en empruntant à Jean-Baptiste Duroselle ses classifications psychologiques et caractérologiques des hommes d’État, lui qui distingue : le lutteur, le conciliateur, l’idéaliste, le cynique, le joueur, l’imaginatif et bien d’autres encore[7] [7] Op. cit. , p.  284-313. ...
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. Déjà, François de Callières écrivait en 1716 :

7

« Comme les passions ou les caprices des hommes en crédit règlent la destinée de ceux qui lui sont soumis, il est du devoir de l’habile négociateur de s’instruire le plus exactement qu’il lui est permis des inclinations, du caractère d’esprit et des desseins des hommes constitués en autorités »[8] [8] F. de Callières, De la manière de négocier avec les souverains,...
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8 On a tenté plus récemment, tout en étant conscient du poids des particularismes individuels, de prendre en compte les différences culturelles pour définir des styles de communication, des modes de raisonnement. Ainsi, dans la négociation, les Américains et les Allemands ne seraient-ils pas défavorables à de longs préliminaires, à la différence des Asiatiques ou des Arabes, plutôt enclins à les prolonger[9] [9] Quelques réflexions utiles pourront être puisées dans...
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 ?

9 Il faut savoir en outre que tout un courant des sciences politiques, venu d’outre-Atlantique dans les années 1970-1980, a remis au parfum du jour le thème de la négociation internationale, en développant une dense littérature et en multipliant les séminaires universitaires, pour former les managers et les négociateurs internationaux sur la base de recherches théoriques et appliquées[10] [10] Entre autres ouvrages venus d’Amérique du Nord :...
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. Nous ne nierons pas les apports indéniables des politologues dans l’étude de la négociation. Il n’est que de se pencher avec Chalom Schirman sur le cas des négociations israélo-palestiniennes pour s’en convaincre[11] [11] C. Schirman, « Leçon de négociation », Revue...
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. Autant les négociations de 1950-1951 ont conduit à l’échec, faute d’une « maîtrise suffisante des processus de négociation », autant les accords de Camp David ont pu être conclus avec succès en 1978, grâce à la contribution de Roger Fisher, professeur à la Law School de Harvard et, en particulier, à l’application de rigoureuses techniques de négociation[12] [12] Roger Fisher a effectivement proposé aux négociateurs...
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10 Les politologues se sont mis à échafauder des théories, des modèles analytiques – comme la célèbre théorie des jeux[13] [13] Cette théorie, d’origine mathématique et née en 1944,...
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– qui furent parés de toutes les vertus. Jusqu’à ce que des voix discordantes – celles des historiens pour ne citer qu’eux – ne viennent jeter quelques pierres dans le jardin des nouveaux théoriciens de la négociation. Citons encore Jean-Baptiste Duroselle : « Il faut réintroduire – et l’historien ne peut manquer de le faire – les notions les plus irrationnelles et les moins quantitatives : l’intuition, le coup d’œil, le bon sens »[14] [14] P. Renouvin et J. -B. Duroselle, op. cit. , p.  426. ...
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11 Le danger de l’approche rationalisante est ici clairement souligné : à vouloir tout subordonner au quantitatif, on risque de négliger le qualitatif, l’irrationnel, l’imprévu, l’environnement ; de perdre de vue, en fin de compte, tout ce qui fait la complexité et la singularité d’une négociation. Charles de Gaulle n’avait-il pas dit en son temps, à propos de la négociation, qu’« à part quelques principes essentiels, il n’y a pas de système universel, seulement des circonstances et des personnalités »[15] [15] Cité dans l’introduction de l’ouvrage de J. -D. Clavel,...
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12 Qui plus est, l’élaboration de modèles théoriques s’accompagne infailliblement d’une certaine simplification à laquelle, en définitive, peut difficilement être réduite une négociation internationale. Les modèles analytiques « négligent souvent, ou même ignorent totalement le contexte plus général. Les modèles formels ont pratiquement pour prémisse d’écarter les facteurs exogènes ou de leur assigner un traitement secondaire […]. Le résultat d’une pareille approche, négligeant le rôle de l’environnement – qui est d’une importance primordiale dans les relations internationales et encore plus dans les relations conflictuelles – a été l’absence de recherches sur le rôle des tiers et du climat politique dans la solution des différends »[16] [16] S. Friedlander, H. Kapur, A. Reszler, L’Historien et les...
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. Du reste, les praticiens expérimentés de la négociation soulignent la spécificité de chaque négociation et ne cessent de mettre en garde le chercheur contre la difficulté et les risques de toute généralisation simplificatrice[17] [17] Entretien avec Claude Cheysson (ancien ministre des Relations...
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13 Aussi bien avons-nous choisi de ne pas fonder le plan de notre séance sur une réflexion exclusivement théorique ni sur une approche purement chronologique. Nous aurions pu en effet ne choisir qu’un axe de réflexion – par exemple, l’évolution des pratiques négociatives à travers l’histoire, depuis l’Antiquité romaine jusqu’à la guerre du Vietnam, en passant par la période carolingienne, les guerres de Religion, etc. Mais nous avons préféré, avec le désir de mieux faire ressortir la substantifique moelle de nos recherches, approfondir quelques thèmes spécifiques, replacés dans une chronologie simple de la négociation. Car toute négociation politique internationale, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, comporte à peu près les mêmes phases : une première que l’on pourrait appeler celle des pré-négociations, ou des contacts préliminaires officieux ; une deuxième qui constituerait le cœur de la négociation : les pourparlers officiels ; et une troisième relative à la conclusion et à l’application d’un accord. Dans chacune de ces catégories s’intègrent deux exposés centrés sur une problématique particulière.

14 Pour la première étape de la négociation, Innocent Kati-Coulibaly traite des « pré-négociations » entre la République romaine et les Numidiens lors de la seconde guerre punique. La question des rapports de force est à l’arrière-plan de cette première intervention : Rome, malgré sa puissance, ne peut se passer de l’alliance des populations africaines pour vaincre Carthage. Aussi maintient-elle pendant longtemps avec ces populations des contacts censés favoriser la négociation d’une alliance.

15 Relevant de la même phase du processus négociatif (les pré-négociations), le deuxième exposé (le nôtre) porte sur le rôle d’un tiers[18] [18] Pour les aspects théoriques liés au rôle d’un tiers...
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– la France – dans l’ouverture de la négociation de paix américano-vietnamienne, de 1965 à 1969. À l’heure où le recours au tiers, au médiateur, tend à s’institutionnaliser dans notre vie sociale et quotidienne (dans les domaines de la justice, de l’école, des transports, de la ville, etc.), à l’heure où l’actualité internationale récente regorge, elle aussi, d’exemples : médiateur du Conseil de l’Europe pour la Tchétchénie, médiateur américain dans les négociations israélo-palestiniennes, etc. ; nous avons choisi de nous interroger plus particulièrement sur les raisons qui conduisent les belligérants, atteints chacun vis-à-vis de l’autre d’une méfiance paroxysmique, à recourir aux « bons offices » de la France, et sur l’efficacité réelle de l’action de cette dernière dans le cadre de l’ouverture du processus négociatif américano-vietnamien.

16 Inaugurant la deuxième phase – celle des négociations officielles –, Leila Choukroune, seule juriste parmi les historiens, nous rappelle ensuite les grandes étapes de l’institutionnalisation relativement récente de la négociation diplomatique en insistant plus particulièrement sur ses aspects multilatéraux. Elle tente surtout de donner une réponse à la question très contemporaine de la juridicisation de la négociation. L’étude de Bertrand Haan, quant à elle, nous permet d’approfondir les rapports entre négociation et religion, d’étudier, en particulier, le concept « négociable – non négociable », puisque l’exposé présente un souverain pontife qui n’admet dans les négociations aucune atteinte à ses prérogatives face aux tentatives d’empiétement du roi de France (protestant). Bertrand Haan montre aussi en quoi la notion tant revendiquée par certains politologues de « diplomatie permanente » peut déjà s’appliquer à la période moderne, à propos de la diplomatie pontificale.

17 L’exposé suivant de Rodolphe Dreillard entame la troisième phase de la négociation : l’accord et son application. En l’occurrence, prenant l’exemple du règlement des différends entre les Francs et Byzance entre 811 et 817 ap. J.-C., Rodolphe Dreillard souligne l’importance du rituel dans la négociation dont il se demande si, à l’époque carolingienne, on peut la qualifier d’« internationale », et illustre l’idée qu’un traité ne clôt jamais un processus de négociation, n’aboutit pas fatalement à la paix et, en fin de compte, n’est jamais qu’un commencement… Nous nous permettons de rappeler à ce sujet que les accords de Paris de janvier 1973 n’ont pas mis un terme à la guerre du Vietnam, mais seulement à l’engagement des Américains dans cette région, et qu’il fallut encore deux ans pour que les armes se taisent, lorsque les troupes communistes nord-vietnamiennes triomphèrent par la force des soldats sud-vietnamiens en 1975. Le dernier exposé se fonde sur une idée plus optimiste : Claire Gantet se propose, à travers l’exemple du congrès de Westphalie qui, en 1648, met fin à la guerre de Trente ans et donne le signal d’une cascade ultérieure de grands congrès européens, d’évoquer la paix, conçue comme une catégorie historique nouvelle.

18 Enfin, Jean-Claude Allain a accepté la redoutable tâche de conclure notre séance et, à ce titre, il mérite nos plus sincères remerciements. C’est à lui, en hommage à sa présence assidue aux réunions de préparation ainsi qu’à sa précieuse et utile contribution intellectuelle, que nous dédions nos modestes travaux.

 

Notes

[ 1] On consultera avec profit un site Internet original : http://www.ifrance.com/negocier/, dont l’ambition est de traiter de la négociation à travers des sujets d’actualité politique, économique ou sociale.Retour

[ 2] A. Plantey, De la politique entre les États. Principes de diplomatie, Paris, 1991, p. 120.Retour

[ 3] Pour s’en convaincre, se reporter aux ouvrages de Sun Tzu (L’Art de la guerre), Machiavel (Le Prince) ou bien encore Von Clausewitz (De la Guerre).Retour

[ 4] Ph. M. Defarge, La politique internationale, Paris, 1990, p. 321.Retour

[ 5] À ce sujet, lire la synthèse de René Girault, dans son introduction à l’ouvrage de P. Renouvin, Histoire des relations internationales, t. I : Du Moyen Âge à 1789, Paris, 1994, p. I-III.Retour

[ 6] P. Renouvin et J.-B. Duroselle, Introduction à l’histoire des relations internationales, Paris, 1991.Retour

[ 7] Op. cit., p. 284-313.Retour

[ 8] F. de Callières, De la manière de négocier avec les souverains, Paris, 1716, cité dans P. Renouvin et J.-B. Duroselle, op. cit., p. 311.Retour

[ 9] Quelques réflexions utiles pourront être puisées dans C. Leeds, « La négociation internationale : principes de base et dimension culturelle », Intercultures, 20 (janvier 1993), p. 67-85 ; ou bien encore dans : G. Fisher, International Negotiation. A Cross-Cultural Perspective, Yarmouth, 1980.Retour

[ 10] Entre autres ouvrages venus d’Amérique du Nord : O. Beylerian, Accords et impasses. Introduction à la négociation internationale par la simulation, Montréal, 1998 ; I.W. Zartman, « The structure of Negotiation » dans International Negotiation. Analysis, Approaches, Issues, V. A. Kremenyuk dir., Oxford, 1991, p. 65 et suiv. ; International Multilateral Negotiation : Approaches to the Management of Complexity, I.W. Zartman dir., San Francisco, 1994 ; The Negotiating Process : Theories and applications, I.W. Zartman dir., Beverly Hills, 1977 ; I.W. Zartman, The Practical Negociator, New Haven, 1982 ; Id., International Negotiation : Actors, Structures/Process, values, 1999. Voir aussi la revue Negotiation Journal, publiée à New-York et à Londres. Quant aux ouvrages français (davantage centrés sur les conflits sociaux), se reporter par exemple à : L. Bellenger, La négociation, Paris, 1984 ; D. Chalvin, L’entreprise négociatrice, Paris, 1978 ; ou R. Launay, La négociation, Paris, 1982.Retour

[ 11] C. Schirman, « Leçon de négociation », Revue des deux Mondes, janvier 1994, p. 33-45. Nous relevons p. 44 cette citation : « Les théoriciens de la négociation ont posé les bases de ce qui est rapidement devenu une nouvelle branche à part entière des sciences humaines, enseignée depuis 10 ans dans les meilleures universités américaines et dans des centres de formation des deux côtés de l’Atlantique. Les même techniques, qui s’avèrent fécondes dans le domaine diplomatique, ont des applications très générales : relations du travail, partenariat d’affaires, gestion des organisations, environnement, gestion de crise, affaires internationales, etc. ».Retour

[ 12] Roger Fisher a effectivement proposé aux négociateurs américains (dans le rôle du médiateur) de suggérer l’introduction dans la négociation israélo-arabe de la technique du « texte unique », innovation qui dresse la liste des intérêts des parties, plutôt que celle de leurs positions et de leurs exigences.Retour

[ 13] Cette théorie, d’origine mathématique et née en 1944, a été vulgarisée à partir de la fin des années 1950, puis appliquée à la négociation dans les années 1960 : J.-P. Ponssard, Logique de la négociation et théorie des jeux, Paris, 1977.Retour

[ 14] P. Renouvin et J.-B. Duroselle, op. cit., p. 426.Retour

[ 15] Cité dans l’introduction de l’ouvrage de J.-D. Clavel, De la négociation diplomatique multilatérale, Bruxelles, 1991.Retour

[ 16] S. Friedlander, H. Kapur, A. Reszler, L’Historien et les relations internationales, Recueil d’études en hommage à Jacques Freymond, Genève, 1981.Retour

[ 17] Entretien avec Claude Cheysson (ancien ministre des Relations extérieures) le 19 décembre 1999 à son domicile.Retour

[ 18] Pour les aspects théoriques liés au rôle d’un tiers dans une pré-négociation, lire H. Raiffa, The Art and Science of Negotiation, Harvard, 1982, p. 22 et suiv., p. 108 et suiv., p. 218 et suiv. et se reporter au troisième exposé, celui de Leila Choukroune.Retour


POUR CITER CET ARTICLE

Pierre Journoud « La négociation politique internationale », Hypothèses 1/2000 (), p. 124-130.
URL :
www.cairn.info/revue-hypotheses-2000-1-page-124.htm.