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L’exemple de la diplomatie pontificale en France durant les guerres de ReligionAuteurBertrand Haan[*] [*] Archiviste paléographe, agrégé d’histoire et auteur...
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L’unique prétention de ces lignes est de fixer quelques jalons d’une réflexion qui mériterait une étude d’une autre ampleur. Néanmoins, le choix d’embrasser une période d’une quarantaine d’années permet de souligner la continuité des problèmes posés aux souverains pontifes et des solutions qu’ils y apportèrent[1] [1] Les études d’ensemble sur cette question sont déjà...
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2 La réaffirmation par les papes de la Réforme catholique de leurs prérogatives spirituelles s’accompagna d’une redéfinition des grandes orientations de leur diplomatie en France, fondée dès lors sur une mise en application du concile de Trente, une lutte implacable contre le protestantisme, le maintien de la paix avec l’Espagne et la constitution d’une ligue contre les Turcs. Soit des prises de position s’opposant radicalement à la politique religieuse et extérieure des rois Très Chrétiens.
3 Pourtant, la diplomatie pontificale, dans ses rapports avec les gouvernants français[2] [2] Le présent article se limitera à cet aspect. ...
suite, opta presque continuellement pour la négociation, exception faite de l’interruption de toutes relations officielles entre 1589 et 1595. Dans un contexte troublé, elle dut rechercher perpétuellement un équilibre entre les avantages procurés par celle-ci – avec, pour corollaire, l’acceptation des pratiques diplomatiques, les concessions qu’elle suppose – et les devoirs du gardien de l’orthodoxie catholique, la défense des prérogatives du souverain pontife.
4 Il semble donc légitime de s’interroger sur la manière dont le Saint-Siège fit usage des procédés de la négociation. L’analyse de quelques aspects de son intervention en France permet d’en donner un éclairage partiel, mais, espérons-le, suffisant : le choix de ses représentants, les moyens d’action utilisés et la marge de manœuvre qu’il s’accorda par rapport à la diplomatie, à travers l’exemple de quelques grandes affaires.
5 Les nonces ordinaires furent les agents privilégiés de la mise en œuvre de la politique pontificale. Le Saint-Siège s’était engagé précocement dans la diplomatie permanente : les légats, dotés d’importants pouvoirs spirituels, envoyés pour des missions courtes et circonscrites, avaient définitivement fait place, depuis 1535, à des agents résidant à la cour de France. Néanmoins, dans le contexte particulier de la rupture diplomatique déjà mentionnée puis de son règlement, les papes s’en remirent presque exclusivement à des légats[3] [3] P. Blet,
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6 Les nonces de France, en tant que délégués apostoliques, étaient les détenteurs de facultés spirituelles limitées. Les résistances gallicanes les avaient privés de juridiction[4] [4] P. Blet, « La double mission du nonce auprès du roi...
suite. Leur mission prit un caractère religieux plus marqué dans la seconde moitié du XVIe siècle. Car, comme tout ambassadeur ordinaire, ils avaient une éminente fonction de représentation et devaient incarner « toutes les vertus idéales » de leur souverain, auprès du roi et des prélats[5] [5] A. Tallon, La France et le concile de Trente (1518-1563),...
suite. Cela supposait une dignité de vie, une orthodoxie parfaites et qu’ils fussent d’ardents défenseurs de la réforme de l’Église.
7 Les nonces furent dès lors tous des clercs, tous des évêques à partir de 1581 ; ils répondirent tous à ces exigences, à une exception près[6] [6] B. Barbiche, « La nonciature de France au XVIe...
suite. Trois d’entre eux furent même des évêques tridentins accomplis : Giovanni Battista Castelli, Girolamo Ragazzoni et Gasparo Silingardi, respectivement nonces en 1581-1583, 1583-1586 et 1599-1601. Choisis en raison de leur longue expérience épiscopale, leur séjour correspondit à des épisodes importants de la négociation pour la réception du concile de Trente.
8 Les nonces présentaient une certaine originalité au sein du monde des diplomates, du fait de leur qualité de clercs – alors que les autres princes faisaient de moins en moins appel à eux –, de leurs pouvoirs spirituels et de la vocation pastorale de leur mission. Pour le reste, ils présentaient d’assez nombreuses similitudes avec les autres ambassadeurs.
9 Le premier critère dans le choix d’un nonce était son appartenance à la clientèle du pape ou du cardinal neveu. On veillait aussi à ce qu’ils fussent agréables au roi de France, et la plupart d’entre eux furent originaires des États pontificaux du royaume ou d’États italiens alliés à la France. De surcroît, cette nonciature, une des plus prestigieuses, ne constituait qu’une étape au sein d’une carrière dans l’administration pontificale. Hormis les exceptions déjà mentionnées, les candidats étaient des hommes d’appareil, guère mieux préparés que les évêques tridentins à l’exercice de fonctions diplomatiques. Presque tous partaient en France sans aucune expérience antérieure. L’envoi répété du même personnage pouvait cependant pallier ce défaut. Fabio Mirto Frangipani ne fit pas moins de cinq séjours en France, étalés entre 1574 et 1587. Seuls les parcours de Prospero Santa Croce, plusieurs fois nonce, de Frangipani et de Giovanni Francesco Morosini (qui fut ambassadeur de Venise puis nonce de 1587 à 1589) furent marqués par des expériences diplomatiques longues[7] [7] B. Barbiche, op. cit. , p. 66-67 et 88-90. ...
suite. Cela ne signifie nullement que les autres candidats furent médiocres. L’absence de professionnalisation des diplomates était la règle générale, et les agents pontificaux furent aussi habiles à négocier que leurs homologues laïques[8] [8] Comme en témoignent le profil social et le déroulement...
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10 Les pratiques et les moyens d’intervention diplomatiques du Saint-Siège font ressortir, eux aussi, l’originalité de son adaptation à la diplomatie permanente. Le pape et ses représentants, comme à l’époque de la Renaissance, continuaient à y être parfaitement intégrés. Membres à part entière de la vie de cour et du corps des diplomates, les nonces avaient même la préséance sur ceux des autres souverains. Ils figuraient donc en bonne place aux cérémonies officielles. Une des conditions du bon exercice de leur charge, outre celle d’être agréable au Très Chrétien, était de s’attirer la sympathie de ses conseillers. Sous Henri III puis Henri IV, Pomponne de Bellièvre et Villeroy comptèrent parmi leurs meilleurs appuis. Et comme tout ambassadeur, ils étaient chargés d’expédier des comptes rendus fréquents sur la situation française. Il leur fallait donc se mettre en quête d’informations fiables. Leurs contacts privilégiés avec les ministres, des intimes du roi, tels les Gondi, les représentants vénitiens et espagnols, les prélats, de grands seigneurs, leur furent précieux. En outre, les nonces possédaient leurs propres réseaux d’informateurs. Leurs dépêches font malheureusement preuve d’une extrême discrétion à ce sujet.
11 Pourtant, les impératifs liés à la lutte engagée par la papauté contre le protestantisme, le respect de l’interdiction de n’entretenir aucun contact avec une personne frappée d’hérésie, les conduisirent à enfreindre les usages de la diplomatie et de la courtoisie. Ils s’indignaient de devoir côtoyer des réformés dans l’entourage du roi, fussent-ils membres de sa famille, conseillers, ambassadeurs. Ils cherchaient en général à n’entretenir aucune relation avec eux, et réclamaient leur éloignement ou leur conversion au catholicisme. Le comportement des nonces surprit, voire irrita. Il allait à l’encontre de la relative tolérance religieuse qui régnait dans le monde des cours et celui des diplomates ; mais ils en tirèrent un certain prestige[9] [9] A. Tallon, « Diplomatie et religion au temps des confessions »,...
suite. Néanmoins, si au cours des premiers contacts ils adoptaient d’emblée une attitude rigide, ils furent amenés, dans la pratique, à évoluer vers des positions plus conciliantes. Durant sa nonciature, Silingardi refusa catégoriquement toute relation avec Rosny, futur duc de Sully. Toutefois, le rôle modérateur de ce dernier dans les négociations du traité de Lyon (1601) fut apprécié par le Saint-Siège, qui accepta dès lors d’entretenir des relations cordiales avec ce huguenot point intransigeant.
12 La papauté utilisa donc l’ensemble des procédés offerts par la diplomatie, tout en respectant une éthique propre. Elle disposait aussi d’armes spirituelles, rendues plus tranchantes par la réaffirmation du caractère religieux de la mission du vicaire du Christ.
13 La nouveauté du ton et des arguments employés par les papes et leurs représentants dans leurs rapports avec le Très Chrétien en est une illustration. Castelli fut sans doute le plus redoutable en cette matière. Il agit avec force sur la conscience de Henri III. Pour l’inciter à publier le concile de Trente, il n’hésita pas à le menacer du courroux divin. Car en tant que souverain, Henri III était responsable du bien spirituel de son peuple, dont il devrait se justifier devant Dieu. Les rois, pour leur part, ne s’offusquèrent pas et admirent cet état de fait[10] [10] R. Toupin, Correspondance du nonce en France Giovanni Battista...
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14 L’attribution de bénéfices fut aussi un procédé diplomatique à caractère spirituel utilisé couramment. Elle servit de manière occasionnelle à récompenser les bons offices d’un conseiller du roi, d’un grand seigneur, d’un ambassadeur. Bellièvre obtint, en 1599, l’archevêché de Lyon pour son fils aîné. Il s’agissait sans doute de remercier un ferme soutien de l’influence pontificale ainsi que de préparer une nouvelle offensive pour la réception du concile de Trente.
15 Le Saint-Siège disposait encore de pouvoirs spirituels employés de manière plus exceptionnelle. Il pouvait être tenté d’en faire aussi des instruments au service de sa diplomatie ; mais il semble qu’il en fit un usage mesuré et prudent.
16 En matière matrimoniale, la coutume voulait que l’on fît appel à la juridiction pontificale lorsque les personnes concernées étaient de naissance royale. Au début des années 1570, Grégoire XIII refusa d’accorder la dispense de consanguinité qui aurait permis le mariage entre Marguerite de Valois et le huguenot Henri de Navarre. La décision du pape fut guidée par la volonté de lutter contre l’influence protestante à la cour, de ne pas apporter la caution pontificale à une union qui heurtait sa conscience ; mais il estima aussi ne pas pouvoir cautionner un mariage mixte sans enfreindre le droit canon. Il se montra ferme sur les principes et fixa la conversion du prince comme préalable à l’octroi de la dispense[11] [11] P. Hurtubise, « Mariage mixte au XVIe siècle. ...
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17 Durant la période d’interruption de toutes relations diplomatiques officielles, de 1589-1595, le Saint-Siège se départit de ces principes. Il ne jugea plus la négociation possible et choisit d’intervenir directement dans les affaires françaises. Sans plus se reposer sur le pouvoir royal, il employa les armes temporelles et spirituelles les plus radicales. Tout d’abord la rupture diplomatique, à la suite de l’exécution du cardinal de Guise par Henri III, puis de l’avènement d’un roi réformé. Des corps expéditionnaires et des subsides vinrent même soutenir les efforts ligueurs et espagnols. Henri IV avait encouru les foudres pontificales depuis 1585. Sixte Quint, pressé par l’Espagne et les Guise, l’avait excommunié et privé de ses droits au trône. Cette mesure fut renforcée par deux monitoires de Grégoire XIV, excommuniant les cardinaux et les laïques restés fidèles au nouveau roi (1591). L’arme spirituelle suprême, mise au service d’intérêts politiques, manqua son objectif. Elle ne parvint pas à entraver la prise puis la conquête du pouvoir par Henri IV. Son impact sur les catholiques français fut limité et les ligueurs n’en avaient nul besoin pour se convaincre qu’ils ne pouvaient être gouvernés par un huguenot. En revanche, elle provoqua des déchaînements gallicans et eut pour résultat de faire sortir momentanément la France de l’obédience pontificale.
18 L’absolution de Henri IV par Clément VIII mit fin à cette situation. Il fallut près d’un an et demi au Béarnais pour convaincre le pape que sa conversion avait été sincère. Les considérations politiques passèrent cette fois au second plan. Cette absolution est l’exemple de l’arme spirituelle employée avec discernement. Elle établit des liens de confiance entre les deux souverains. Et les représentants romains ne manquèrent pas de rappeler au roi les engagements auxquels il avait alors souscrit. Clément VIII sut allier exigences de son ministère et habileté diplomatique.
19 En pratique, moyens d’action temporels et spirituels furent bien entendu utilisés conjointement[12] [12] A. Tallon, art. cit. ...
suite. Mais, dans ses rapports avec le roi, le Saint-Siège s’en remit avant tout aux procédés classiques de la négociation diplomatique. Cela même dans des affaires purement ecclésiastiques[13] [13] Ainsi, la provision des bénéfices fut marquée, au XVIe...
suite. On pourrait même ajouter que ce furent sans doute les plus efficaces.
20 L’attitude du Saint-Siège à l’égard de problèmes politiques et religieux cruciaux permet de mieux mesurer la marge de manœuvre qu’il s’accorda par rapport à la négociation.
21 Face aux édits de pacification, il montra sa relative souplesse. Ceux-ci ne donnèrent lieu à aucune crise diplomatique. Les papes affirmèrent leur refus catégorique de la liberté de conscience, de la reconnaissance officielle d’une minorité protestante, échecs cuisants pour leur diplomatie. Mais, estimant sans doute qu’ils ne pouvaient véritablement les empêcher, ils ne s’associèrent jamais réellement à l’opposition catholique. Ils s’y résignèrent comme à un mal nécessaire, qu’ils espéraient temporaire. Dès les édits du début des années 1560, Charles Borromée initia une ligne de conduite, largement suivie jusqu’à l’édit de Nantes. Les nonces firent pression sur le roi, l’engageant à appliquer les édits favorables aux intérêts catholiques et à ne pas respecter les dispositions qui profitaient aux protestants. Ils préconisèrent souvent d’imposer la religion catholique aux officiers. Sans succès. Cet instrument de pouvoir était trop précieux aux souverains pour imposer leur autorité à l’ensemble de leurs sujets. Néanmoins, quelques concessions furent ponctuellement accordées au Saint-Siège. Innocenzo Del Bufalo, nonce de 1601 à 1604, obtint que l’édit de Nantes entre en vigueur dans les territoires acquis par la France aux termes du traité de Lyon. Il faut dire que figurait parmi ceux-ci le pays de Gex, où le catholicisme avait été aboli une dizaine d’années auparavant. Rome feignait d’ignorer l’existence d’un acte honni, mais accepta ponctuellement de négocier sa mise en application lorsqu’elle favorisait le catholicisme[14] [14] A. Tallon, « Rome et les premiers édits de tolérance,...
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22 Les démarches pour la réception du concile de Trente montrent, au contraire, les limites de l’utilisation de la diplomatie par le Saint-Siège. L’aval du roi était nécessaire à sa mise en application. Mieux, une reconnaissance officielle aurait permis, en l’intégrant à la législation française, une adoption rapide de mesures devant assurer la réforme de l’Église de France. La dernière grande tentative pour l’obtenir eut lieu durant la nonciature de Silingardi. Celui-ci vint à bout des réticences du roi et de son Conseil. Et en décembre 1601, Henri IV fit présenter au pape un projet de lettres patentes. Clément VIII n’y répondit jamais. Il faut dire que l’acte contenait toutes les clauses restrictives qui avaient toujours paru inacceptables aux souverains pontifes[15] [15] V. Martin, Le gallicanisme et la réforme catholique. Essai...
suite. Respecter les droits de la Couronne, c’était admettre la possibilité pour le pouvoir temporel d’intervenir en matière spirituelle. Grégoire XIII s’était élevé hautement contre l’ordonnance de Blois (1579) pour ce motif. Celle-ci reprenait une partie de l’œuvre réformatrice du concile, sans jamais le mentionner. Quant aux libertés de l’Église gallicane, leur seule évocation était insupportable à la curie. Elles rappelaient les velléités de l’Église de France de faire reconnaître son identité propre. Enfin, une condition portant sur l’observation des édits de pacification était tout aussi inacceptable. Certes, depuis le début des guerres de Religion, les papes avaient dû se résigner à n’appliquer les décisions du concile qu’aux seuls catholiques. Mais ce fut leur seule concession, contraints qu’ils y étaient par les circonstances. Car les souverains pontifes ne souffrirent aucune limite aux prérogatives qu’ils considéraient être celles du chef de l’Église.
23 Le Saint-Siège s’est forgé ce qu’on pourrait appeler une raison d’Église : il accepta de faire preuve d’un certain pragmatisme dans les affaires politiques comme religieuses. L’attitude romaine s’explique en grande partie par les réalités du moment. Tout d’abord par la conscience que le succès de ses entreprises était largement conditionné par le soutien royal ; en second lieu par la recherche d’un contrepoids à l’influence espagnole, condition d’une certaine liberté d’action dans le domaine diplomatique et dans le gouvernement de l’Église ; enfin, par le double souci de maintenir à tout prix la France dans le camp catholique et de l’empêcher de prendre la voie du schisme. Cette raison d’Église avait tout de même ses limites : la négociation avec un roi protestant, l’atteinte aux pouvoirs du souverain pontife.
24 En définitive, le Saint-Siège ne parvint à imposer ses vues, ni dans le règlement de la question protestante ni en matière de politique internationale : le Très Chrétien n’abandonna pas ses alliés réformés et ottomans, il n’y eut aucune paix durable entre la France et l’Espagne. Néanmoins, son influence fut notable dans le domaine religieux, comme en témoigne la mise en application progressive de la Réforme catholique, avec l’accord du pouvoir royal.
25 C’est donc finalement par l’utilisation de la diplomatie permanente, mais dans le respect de l’esprit de la Réforme catholique, fondement de l’autorité et du prestige du pape, que le Saint-Siège parvint à peser sur les destinées politiques et religieuses de la France : par un compromis entre négociation et religion.
Notes
[ *] Archiviste paléographe, agrégé d’histoire et auteur d’une thèse de l’École nationale des chartes dirigée par Bernard Barbiche et soutenue en 1999 : Diplomatie et Réforme catholiques : Étude et édition de la correspondance du nonce en France Gasparo Silingardi, évêque de Modène (1599-1601). Ce travail sera publié par l’École française de Rome dans la collection des Acta nuntiaturae Gallicae en 2001.
[ 1] Les études d’ensemble sur cette question sont déjà anciennes. Parmi celles-ci, signalons : F. Rocquain, La France et Rome pendant les guerres de Religion, Paris, 1924. Elles ont été renouvelées par les récentes éditions et études de nonciatures. Pour une bibliographie exhaustive, voir Kurie und Politik. Stand und Perspektiven der Nuntiaturberichtsforschung, A. Koller dir., Rome, 1998, p. 460-464 (Bibliothek des Deutschen Historischen Instituts in Rom, t. 87). Sur la diplomatie pontificale en général, I. Cardinale, Le Saint-Siège et la diplomatie, Paris, 1962.
[ 2] Le présent article se limitera à cet aspect.
[ 3] P. Blet, 
[ 4] P. Blet, « La double mission du nonce auprès du roi Très Chrétien », dans L’invention de la diplomatie. Moyen Âge - Temps modernes, L. Bély dir., Paris, 1998, p. 249-261.
[ 5] A. Tallon, La France et le concile de Trente (1518-1563), Rome, 1997, p. 32.
[ 6] B. Barbiche, « La nonciature de France au XVIe et XVIIe siècles : les nonces, leur entourage et leur cadre de vie », dans Kurie und Politik, op. cit., p. 64-97.
[ 7] B. Barbiche, op. cit., p. 66-67 et 88-90.
[ 8] Comme en témoignent le profil social et le déroulement de la carrière des ambassadeurs de Henri III (Les affaires étrangères et le corps diplomatique français, P. Baillou dir., Paris, 1984, t. I, p. 187-188).
[ 9] A. Tallon, « Diplomatie et religion au temps des confessions », Liame, 2 (juil.-déc. 1998), p. 25-52, aux p. 30-32.
[ 10] R. Toupin, Correspondance du nonce en France Giovanni Battista Castelli (1581-1583), Rome, 1967, p. 38-41 ; A. Tallon, « Diplomatie, réforme catholique et conscience nationale : la papauté au miroir de la monarchie française pendant les guerres de Religion », Annuaire-bulletin de la société de l’histoire de France, à paraître.
[ 11] P. Hurtubise, « Mariage mixte au XVIe siècle. Les circonstances de la première abjuration d’Henri IV à l’automne de 1572 », Archivum historiae pontificiae, t. 14 (1976), p. 103-134.
[ 12] A. Tallon, art. cit.
[ 13] Ainsi, la provision des bénéfices fut marquée, au XVIe siècle, par un processus de politisation. Le règlement des cas les plus importants fut confié à la diplomatie. Le cardinal de Florence, chargé de remettre de l’ordre dans l’Église de France à l’issue des troubles, préconisa cette solution au pape pour les bénéfices majeurs, tant pour faire reconnaître les évêques nommés par le roi sans investiture que ceux choisis ou agréés par le pape sans l’accord royal, et aussi pour libérer certains sièges contrôlés par des protestants. Voir O. Poncet, La papauté et la provision des abbayes et des évêchés français de 1595 à 1661. Recherches sur l’esprit des institutions pontificales à l’époque de la Réforme catholique, thèse de l’Université de Paris IV, 1998, dactylographiée, p. 630 sq.
[ 14] A. Tallon, « Rome et les premiers édits de tolérance, d’après la correspondance du nonce Santa Croce », dans Coexister dans l’intolérance (1598), M. Grandjean et B. Roussel dir., Genève, 1998, p. 339-352 ; C. Hirschauer, La politique de saint Pie V en France (1566-1572), Paris, 1922, p. 44-62 ; B. Barbiche, Correspondance du nonce en France Innocenzo Del Bufalo […], Rome-Paris, 1964, p. 700 ; et B. Haan, « Les réactions du Saint-Siège à l’édit de Nantes », dans Coexister dans l’intolérance, op. cit., p. 353-368.
[ 15] V. Martin, Le gallicanisme et la réforme catholique. Essai historique sur l’introduction en France des décrets du concile de Trente (1563-1615), Paris, 1919 ; B. Haan, Diplomatie et Réforme catholiques : Étude et édition de la correspondance du nonce en France Gasparo Silingardi, t. I, p. 198-218.
POUR CITER CET ARTICLE
Bertrand Haan « Négociation et religion », Hypothèses 1/2000 (), p. 163-169.
URL : www.cairn.info/revue-hypotheses-2000-1-page-163.htm.




