Hypothèses 2003/1
Hypothèses
2003/1 ()
366 pages
Editeur
Site Web
I.S.B.N. 285944503X
A propos de cette revue Site Web
Alertes e-mail

Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.

S'inscrire Alertes e-mail - Hypothèses

Être averti par courriel à chaque nouvelle parution :
d'un numéro de cette revue
d'une publication de Yann Potin
d'une citation de cet article

Votre adresse e-mail

Gérer vos alertes sur Cairn.info

Cairn.info respecte votre vie privée

Vous consultezCollections et trésors

Représentations sociales et politiques de l’accumulation

AuteurYann Potin du même auteur


« Corporation nationale des bienheureux gardiens de collections et leurs maisons de collections (toutes les maisons de collections, et idem, les maisons-dépôts, magasins, archives, musées, cimetières, prisons, asiles, instituts d’aveugles, etc., et aussi l’ensemble des employés desdits établissements). [Collection : exemple : des archives gardent une collection de procès verbaux ; un cimetière garde une collection de cadavres ; une prison garde une collection de prisonniers, etc.] »[1] [1] J. Cortázar, Marelle (1963), trad. fr. , Paris, 1966, p.  541. ...
suite
.

Le délire verbal du Zéphyrin de Marelle semble sortir de la tour de Babel. L’univers de Borges, sous-tendu par le texte de Cortázar, inventaire éternellement réversible du monde, constitue en quelque sorte le spectre du mythe moderne de la collection. L’exergue a valeur de mise en garde : catégorie généreuse, il est aisé de sombrer avec elle dans la répétition et le lieu commun, à l’image des collectionneurs de collections que sont Bouvard et Pécuchet. Parvenant à se contenir elle-même, la collection risque de devenir sa propre fin.

2 Alors que la multiplication des supports virtuels menace les cadres traditionnels de la conservation, les banques de données d’images numériques détrônant le pouvoir de la présence réelle des œuvres, la pratique traditionnelle de la collection semble susciter un intérêt aussi coupable que nostalgique. Les événements médiatiques provoqués par la dispersion de collections célèbres – la vente Breton en 2003 en dernier lieu – confirment une impression sourde : les collectionneurs sont à la mode. La réflexion autour de la conservation matérielle des supports de la création n’est pas seulement concomitante de la propagation d’une « fièvre patrimoniale ». Elle s’inscrit aussi dans le contexte d’une crise interne à la discipline historique. La « nouvelle érudition », portée par le souffle d’une « histoire en miettes », a délibérément replacé au cœur de la méthode la critique des modes de transmission de la documentation historique elle-même. Objet d’étude à part entière, la collection n’en forme pas moins une métaphore de la méthode historique : le corpus des sources de l’historien est aussi une collection. En ce sens, elle entretient une relation de miroir avec la démarche de l’historien. L’histoire des collections, réservée il y a peu aux seules œuvres artistiques, s’affirme désormais comme un champ de recherches conquérant, à même d’accueillir toutes les productions de l’activité humaine, de l’objet de consommation aux classifications scientifiques[2] [2] La nature des articles publiés depuis 1989 dans la revue...
suite
.

3 À tout seigneur, tout honneur. La définition proposée par Krzysztof Pomian, qui, depuis une trentaine d’années, consacre l’essentiel de ses recherches au phénomène de la collection, permet d’ouvrir largement le débat :

4

« Ensemble d’objets naturels ou artificiels, maintenus temporairement ou définitivement hors du circuit d’activités économiques, soumis à une protection spéciale et exposés au regard dans un lieu clos aménagé à cet effet [et exposé au regard], la collection est un fait universel, coextensif dans le temps à Homo sapiens et attesté, fût-ce sous une forme rudimentaire, dans toutes les sociétés humaines. Car toutes, elles procèdent à des échanges avec l’invisible et c’est au sein d’un tel échange que se forment les collections »[3] [3] K. Pomian, Des saintes reliques...
suite
.

5 Qu’y a-t-il en effet de plus immédiat que l’acte de collectionner, c’est-à-dire de rassembler des objets divers pour leur donner un sens ? Peut-on historiciser un objet si tragiquement universel ? La logique qui préside à tel ou tel regroupement n’est souvent qu’apparente, et les raisons de la collection sont parfois difficiles à déterminer. Le terme est évasif et s’il survient en français dès le xive siècle, le verbe « collectionner » et le substantif « collectionneur » n’apparaîtront que beaucoup plus tard, sous la plume de Balzac en 1839. Conformément à ses racines étymologiques (colligere), le terme fut longtemps cantonné dans le domaine de l’écrit : la collection est au départ un assemblage de livres ou de textes, un acte de reliure en somme, mais dont la sèche connotation descriptive se charge peu à peu d’une signification fonctionnelle d’autant plus fertile qu’elle étend son assise matérielle. Si la collection est un concept historique opératoire, il est probable que celui-ci dépende du balancement perpétuel entre ces deux derniers pôles, entre la liste et la classification, entre la fabrication d’un inventaire et l’émergence d’un discours. L’élargissement et la matérialisation croissante de la notion culmine dès lors que cette dernière finit par désigner une pratique culturelle et sociale autonome. Elle rencontre alors les figures de l’amateur, de l’antiquaire ou du curieux, qui ne sont pas censées surgir, en Europe tout du moins, avant le xvie siècle, voire le xviiie siècle.

6 Une séance de réflexion sur la collection n’a donc pas seulement pour but de saisir une catégorie méthodologique fuyante, c’est aussi une tentative d’histoire rétrospective au risque de l’anachronisme. En tant qu’institution culturelle, la collection est considérée comme une forme transitoire entre le trésor et le musée. Elle puise en effet ses racines dans l’antique modèle du Musée alexandrin, pour mieux le réinventer au cours du xixe siècle, sans pour autant dénigrer une parenté formelle avec le trésor médiéval, ecclésiastique ou princier. Pratique d’appropriation et d’accumulation des objets et des œuvres, la collection peut tout à la fois procéder d’une mise en scène de soi, comme de la formation d’une économie des biens symboliques ou de l’expression du pouvoir.

7 Normalisation de l’hétérogène, la collection est une mise en série légitime du monde des objets, qui tend, comme le suggère Pomian, à les extraire du domaine de l’utile ou du fonctionnel[4] [4] J. Baudrillard, Le Système des objets, Paris, 1968 et K. ...
suite
. Indissociable de la constitution des savoirs naturalistes et antiquaires entre le xvie et xviiie siècle, à travers le modèle du cabinet de curiosités, la collection est aussi un des principaux lieux de constitution de la culture artistique occidentale. Une certaine histoire des sciences a d’ailleurs pu montrer combien ces deux composantes étaient complémentaires[5] [5] H. Bredekamp, La Nostalgie de l’antique : statues,...
suite
. Francis Haskell a ainsi situé la collection au cœur d’un processus de formation de l’expertise et du connoisseurship[6] [6] F. Haskell, L’Amateur d’art, Paris, 1997 (recueil d’articles...
suite
. La révélation de l’existence même de l’œuvre de certains artistes aujourd’hui considérés comme fondateurs, comme Vermeer, n’a même parfois pu avoir lieu que par le biais de leur agrégation au sein des musées modernes. Matrice objective des savoirs théoriques qu’elle ne semble qu’illustrer, la collection est une forme-sens réfléchissante, à la fois image et laboratoire des disciplines scientifiques et artistiques[7] [7] B. Latour, « Ces réseaux que la raison ignore : laboratoires,...
suite
. Entre inventaire et classification du monde naturel ou artificiel, la collection est bien un discours qui tente de mettre en adéquation les mots et les choses.

8 Institution historiquement déterminée d’une forme de rapport social légitime aux objets, la collection est aussi une pratique privée et privative, liée à la figure de l’amateur, dont elle construit la réputation. La caractérisation psychologique de l’accumulation fait naturellement partie des fondements de la psychanalyse : entre le fétichisme primitif et le collectionnisme psychiatrique se déploie toute une gamme de névroses, explorée par Freud lui-même, grand collectionneur de statuettes égyptiennes et d’œuvres d’art[8] [8] L. Gamwell et R. Wells éd. , Sigmund Freud and Art. His...
suite
. Par-delà le profil psychique, la figure du collectionneur circonscrit une identité sociale autonome, susceptible de constituer un titre à part entière. Forme objectivée du capital culturel, notamment dans le cas de la bibliothèque, la collection devient le corollaire et la projection matérielle d’une identité – singulière ou institutionnelle – dans l’espace et dans le temps. Une histoire critique des collections ne peut donc éviter le détour par une sociologie des biens, qui propose de saisir les formes de commutation entre la valeur économique et la valeur sociale ou culturelle[9] [9] P. Bourdieu, « Le marché des biens symboliques », L’Année...
suite
. Cette piste débouche alors sur la « vie sociale des objets », problématique au départ héritée du questionnaire archéologique[10] [10] A. Appaduraï dir. , The Social Life of Things, Cambridge,...
suite
. En tant que moment privilégié d’immobilisation et de sédentarisation des objets, la collection intervient dans la formation de leur valeur d’échange et participe indirectement à la régulation des marchés. Au regard de l’anthropologie économique, accumulation et circulation se trouvent dès lors irrémédiablement associées dans une commune certification de la valeur symbolique : le paradoxe réversible du keeping while giving[11] [11] A. Weiner, Inalienable Possessions. The Paradox of Keeping...
suite
, « donner pour garder », réconcilie la fabrique de l’inaliénable à la logique du don, également situées au cœur des pratiques du collectionneur privé ou du conservateur public.

9 Par l’intermédiaire des musées et des bibliothèques, les collections s’immiscent dans les lieux du pouvoir, en assurent la mise en scène, au point de participer à l’élaboration de sa mémoire, par le biais des ces autres collections que sont les archives. La période révolutionnaire représente pour la France un moment décisif de redistribution des pièces et des fonds, qui achève de construire le modèle d’un État collectionneur[12] [12] D. Poulot, Musée, Nation, Patrimoine (1789-1815), Paris,...
suite
. L’invention en conséquence de la notion de Patrimoine, indissociable de la formation des identités nationales, introduit les principes d’une prise en charge collective de la sauvegarde des objets du passé, tout en affirmant la nécessité d’en effectuer le tri. La naissance des musées publics consacre donc l’institutionnalisation de la collection et sanctionne un nouveau rapport entre l’accumulation et le pouvoir. Sur ce point crucial, les avis des historiens de la collection « classique » divergent. Pour Antoine Schnapper, la relation entre la collection et le pouvoir fait partie de ces

10

« […] vérités si évidentes qu’elles n’ont pas besoin d’être prouvées […] et qui font partie de l’édifice branlant mais toujours accueillant du néo-marxisme. Quand un prince rassemble des objets, ce ne peut être que pour des raisons de propagande monarchique : il veut manifester sa gloire et sa puissance, devant ses sujets ébahis, qui se laisseront mieux gouverner, et devant les étrangers, qui se laisseront intimider. J’ai dit ailleurs, à propos des rois français du xviie siècle, que c’était confondre “collection” et “mécénat” »[13] [13] A.  Schnapper, Collections...
suite
.

11 La valeur politique de la collection ne pèserait pour finir pas grand-chose au regard de la puissance d’évocation et de domination de l’architecture. Si la mise en garde ainsi proférée peut s’avérer précieuse, on peut toutefois poser la question suivante : un palais (comme une maison) vide de tout objet est-il vraiment un palais ?

12 Au terme de ce qui n’est qu’un très bref parcours dans l’univers protéiforme de la collection, nous proposons ici de réfléchir sur les limites, entre public et privé, entre sacré et profane, d’un objet historique qui résiste à la systématisation, car porteur d’un discours sur lui-même[14] [14] La bibliographie indicative placée à la suite de cette...
suite
. Ceci explique sans doute la précaution du sous-titre, qui restreint le champ d’investigation aux représentations sociales et politiques de l’accumulation. Il s’agit donc d’éprouver, plus que de définir, diverses voies d’analyse de la collection, en soumettant cette dernière à un questionnaire sur les formes variées de sa matérialisation dans l’espace et dans le temps.

13 La séance se segmente en deux axes complémentaires. Le premier axe se concentre sur la figure classique de la collection, telle qu’institutionnalisée entre xviiie et xixe siècles. Véronique Long nous propose tout d’abord de pénétrer dans l’espace intérieur de la collection privée et de son ordonnancement interne. Charlotte Guichard cherche, quant à elle, à travers les catalogues de vente, à comprendre ce qui transforme cette même collection privée en objet de représentation publique. Le second axe interroge les limites chronologiques de cette représentation sociale et politique qu’est la collection moderne, à l’amont comme à l’aval de la période privilégiée par l’historiographie. Je tenterai pour ma part de présenter les enjeux politiques qui président à l’institution de la collection au xive siècle, afin d’éclaircir le cousinage qu’elle entretient avec la figure proprement médiévale du trésor. Il revient enfin à Vincent Huguet, à partir du cas de la collection personnelle de Georges Pompidou, de poser la question de la dématérialisation contemporaine de la collection, au travers du prisme mouvant de ses expositions temporaires. Alain Schnapp a bien voulu conclure cette demi-journée : qu’il en soit vivement remercié. Il apporte tout autant le point de vue d’un archéologue, spécialiste de l’Antiquité, que son expérience de président de l’Institut national d’histoire de l’art, où se joue sans doute une part de la destinée des collections de demain.

Bibliographie

La collection : jalons bibliographiques Ouvrages de référence

Instruments de travail et méthodologie

S. J. Knell éd., A Bibliography of Museum Studies, Cambridge, 1994.

D. Poulot, Bibliographie de l’histoire des musées de France, Paris, 1994.

C. de Benedictis, Per la storia del collezionismo italiano. Fonti e documenti, Florence, 1991.

Travaux collectifs

L. Bertrand-Dorléac dir., Le Commerce de l’art de la Renaissance à nos jours, Besançon, 1992.

La collection, numéro spécial, Romantisme, 112 (second semestre 2001), 2002.

J. Elsner et R. Cardinal éd., The Cultures of Collecting, Londres, 1994.

J. Guillermé dir., Collections : fables et programmes, Seyssel, 1993.

O. Impey et A. Mc Gregor dir., Journal of the History of Collections, Oxford, depuis 1989.

P. Nora dir., Les Lieux de Mémoire : la Nation, section « Le patrimoine », Paris, 1986.

S. Pearce éd., Museum Studies in Material Culture, Leicester, 1989.

S. Pearce, R. Flanders, M. Hall et F. Morton éd., The Collector’s Voice : Critical Readings in the Practice of Collecting, 4 vol., Leicester, 2000-2002.

Essais et synthèses

J. Alsop, The Rare Art Traditions. The History of Art Collecting and its Linked Phenomena, Londres, 1982.

J.-P. Babelon et A. Chastel, « La notion de patrimoine », La Revue de l’Art, 1980 (Rééd, Paris, 1994).

R. Chevallier, L’Artiste, le collectionneur et le faussaire : pour une sociologie de l’art romain, Paris, 1991.

F. Haskell, L’Amateur d’art, Paris, 1997. (Recueil d’articles parus entre 1981 et 1994)

S. Pearce, On Collecting. An Investigation into Collecting in the European Tradition, Londres, 1995.

K. Pomian, Collectionneurs, amateurs et curieux, Paris, 1987.

K. Pomian, Des saintes reliques à l’art moderne. Venise-Chicago, xiiie-xxe siècle, Paris, 2003.

D. Poulot, Patrimoine et musées : l’institution de la culture, Paris, 2001.

A. Schnapp, La Conquête du passé. Aux origines de l’archéologie, Paris, 1993.

Approches anthropologiques et sociologiques

Sociologie des biens et anthropologie des objets

A. Appaduraï dir., The Social Life of Things, Cambridge, 1986.

J. Baudrillard, Le Système des objets, Paris, 1968.

R. W. Belk, Collecting in a Consumer Society, Londres, 1995.

W. Benjamin, Je déballe ma bibliothèque. Une pratique de la collection, Paris, 2000 (éd. originale, 1972).

P. Bourdieu, L’Amour de l’art. Les Musées européens et leur public, Paris, 1969.

P. Bourdieu, « Le marché des biens symboliques », L’Année sociologique, 22 (1971), p. 49-126.

S. Cavell, « Le monde comme choses. Collection de pensées sur la collection », Cahiers du Musée national d’Art moderne, 60 (1999), p. 5-41.

J.-L. Déotte, Le Musée, l’origine de l’esthétique, Paris, 1993.

J. Goethe, Le Collectionneur et les siens, Paris, 1999 (écrit en 1799).

B. Latour, « Ces réseaux que la raison ignore : laboratoires, bibliothèques, collections », dans Le Pouvoir des bibliothèques. La mémoire des livres en Occident, M. Baratin et C. Jacob dir., Paris, 1996.

L. Marin, « Fragments d’Histoire de Musées », Cahiers du Musée national d’Art moderne, 17-18 (1986), p. 8-17.

R. Moulin, « Le marché et le musée », Revue Française de Sociologie, 27 (1986), p. 369-395.

Les collectionneurs : approches psychologiques et historiques

E. Bonaffé, Les Collectionneurs de l’ancienne France : notes d’un amateur, Paris, 1873.

P. Cabanne, Les grands collectionneurs. T. 1 : Du Moyen Âge au xviiie siècle, Paris, 2003.

J.-R. Gaborit et J.-Y. Ribault, Mécènes et collectionneurs. t. I : Les variations d’une passion, t. II : Lyon et le Midi de la France, Actes du 121e Congrès National des Sociétés Savantes (Nice, 1996), 2 vol., Paris, 1999.

L. Gamwell et R. Wells éd., Sigmund Freud and Art. His Personal Collection of Antiquities, Londres, 1989.

W. Muensterberger, Le Collectionneur, anatomie d’une passion, Paris, 1996.

M. Rheims, Les Collectionneurs : de la curiosité, de la beauté, du goût, de la mode et de la spéculation, Paris, 1981. (1re édition, 1957)

R. G. Saisselin, Le Bourgeois et le bibelot, Paris, 1990. (éd. originale, 1986)

C. Wainwright, The Romantic Interior. The British Collector at Home 1750-1850, New Haven, 1989.

Itinéraires : du cabinet de curiosités au musée contemporain

Quelques textes fondateurs

J. von Schlösser, Die Kunst und Wunderkammern der Spätrenaissance, Leipzig, 1908.

F. Taylor, The Taste of the Angels. A History of Art collecting from Rameses to Napoleon, Boston, 1948.

A. S. Wittlin, The Museum, its History and its Tasks in Education, Londres, 1949.

Le cabinet de curiosités et la Kunstkammer

O. Bonfait, M. Hochmann, L. Spezzaferro, B. Toscan éd., Geografia del Collenizionismo. Italia e Francia tra il XVI et il XVIII secolo, Rome, 2001.

H. Bredekamp, La Nostalgie de l’antique : statues, machines et cabinets de curiosités, Paris, 1996. (éd. originale, 1993).

J. Brown, Kings & Connoisseurs : collecting Art in seventeenth-century Europe, New Haven, 1995.

S. Castellucio, Les Collections royales d’objets d’art en France de François Ier à la Révolution, Paris, 2002.

P. Falguières, La Chambre des merveilles, Paris, 2003.

P. Findlen, Possessing Nature. Museums, Collecting and Scientific Culture in Early Modern Italy, Berkeley et Los Angeles, 1996.

G. von Habsburg, Trésors des princes d’Europe, Paris, 1997.

F. Haskell, Par amour de l’antique. Statuaire gréco-romaine et goût européen (1500-1900), Paris, 1988 (éd. originale, 1981).

O. Impey et A. MacGregor éd., The Origins of Museum : the Cabinet of Curiosities in Sixteenth- and Seventeenth-Century Europe, Oxford, 1987.

G. Labrotet alii, Collections of Paintings in Naples : 1600-1780, Munich, 1992.

A. Lugli, Naturalia et mirabilia : les cabinets de curiosités en Europe, Paris, 1998 (éd. originale, 1983).

A. Schnapper, Collections et collectionneurs dans la France du xviie siècle, t. I : Le Géant, la licorne et la tulipe, t. II : Curieux du Grand siècle, 2 vol., Paris, 1988-1994.

La Révolution française, l’invention et l’essor du musée contemporain

C. Blanckaert, C. Cohen, P. Corsi et J.-L. Fischer dir., Le Muséum au premier siècle de son histoire, Paris, 1997.

N. Dias, Le Musée d’ethnographie du Trocadéro : 1878-1908. Anthropologie et muséologie en France, Paris, 1991.

T. W. Gaehtgens, Versailles : de la résidence royale au musée historique. La galerie des batailles dans le musée historique de Louis-Philippe, Paris, 1994.

C. Georgel dir., La Jeunesse des Musées. Les Musées de France au xixe siècle, Catalogue de l’exposition du Musée d’Orsay (7février-8 mai 1994), Paris, 1994.

A.-F. Laurens et K. Pomian éd., L’Anticomanie. La collection d’antiquités aux xviiie et xixe siècles, Paris, 1992.

A. Mc Clellan, Inventing the Louvre, Cambridge, 1994.

A. Mc Gregor éd., Sir Hans Sloane : Collector, Scientist, Antiquary, Founding Father of the British Museum, Londres, 1994.

E. Pommier éd., Les musées en Europe à la veille de l’ouverture du Louvre, Paris, 1995.

D. Poulot, Musée, Nation, Patrimoine (1789-1815), Paris, 1997.

Et après ?

J. Cuisenier dir., Destins d’objets, Paris, 1988.

J. Galard éd., L’Avenir des Musées, Actes du colloque du Louvre (23-25 mars 2000), Paris, 2001.

Passions privées : collections particulières d’art moderne et contemporain en France, [exposition], musée D’art moderne de la Ville de Paris, décembre 1995-mars 1996, Paris, 1995.

J. Pedro Lorente, Cathedrals of Urban Modernity. The first Museums of Contemporary Art 1800-1980, Aldershot, 1980.

 

Notes

[ 1] J. Cortázar, Marelle (1963), trad. fr., Paris, 1966, p. 541.Retour

[ 2] La nature des articles publiés depuis 1989 dans la revue Journal of the History of Collections, O. Impey et A. Mc Gregor dir., Oxford, en témoigne.Retour

[ 3] K. Pomian, Des saintes reliques à l’art moderne. Venise-Chicago xiiie-xxe siècle, Paris, 2003, p. 333.Retour

[ 4] J. Baudrillard, Le Système des objets, Paris, 1968 et K. Pomian, op. cit.Retour

[ 5] H. Bredekamp, La Nostalgie de l’antique : statues, machines et cabinets de curiosités, Paris, 1996 (éd. originale, 1993).Retour

[ 6] F. Haskell, L’Amateur d’art, Paris, 1997 (recueil d’articles 1981-1994).Retour

[ 7] B. Latour, « Ces réseaux que la raison ignore : laboratoires, bibliothèques, collections », Le Pouvoir des bibliothèques. La mémoire des livres en Occident, M. Baratin et C. Jacob dir., Paris, 1996.Retour

[ 8] L. Gamwell et R. Wells éd., Sigmund Freud and Art. His Personal Collection of Antiquities, Londres, 1989.Retour

[ 9] P. Bourdieu, « Le marché des biens symboliques », L’Année sociologique, 22 (1971), p. 49-126.Retour

[ 10] A. Appaduraï dir., The Social Life of Things, Cambridge, 1986.Retour

[ 11] A. Weiner, Inalienable Possessions. The Paradox of Keeping while Giving, Berkeley, 1992.Retour

[ 12] D. Poulot, Musée, Nation, Patrimoine (1789-1815), Paris, 1997.Retour

[ 13] A. Schnapper, Collections et collectionneurs dans la France du xviie siècle, t. I : Le Géant, la licorne et la tulipe, t. II : Curieux du Grand siècle, 2 vol., Paris, 1988-1994, t. I, p. 7.Retour

[ 14] La bibliographie indicative placée à la suite de cette introduction permet de prolonger quelque peu le panorama historiographique de la collection.Retour


POUR CITER CET ARTICLE

Yann Potin « Collections et trésors », Hypothèses 1/2003 (), p. 13-22.
URL :
www.cairn.info/revue-hypotheses-2003-1-page-13.htm.