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I2D – Information, données & documents

2015/1 (Volume 52)


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Éric Nosal
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La littérature grise, terme générique, désigne les documents produits par l’administration, l’industrie, l’enseignement supérieur et la recherche, les services, les ONG, les associations, etc., qui n’entrent pas dans les circuits habituels d’édition et de distribution. Il s’agit surtout de rapports, travaux non publiés (working papers), thèses, conférences, présentations, mémoires, etc. Imprimés ou en format numérique, ces documents sont souvent difficiles à identifier et à acquérir.

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Pourtant, ce gisement d’information sans pareil a trois atouts.

  • Sa fraîcheur. Ces documents contiennent souvent des informations avant qu’elles ne soient publiées dans des articles ou livres, voire qui ne sont jamais publiées ailleurs.

  • Sa richesse. Les données, résultats, synthèses etc., sont souvent bien plus nombreux et détaillés que dans les revues ou les livres.

  • Sa proximité avec le terrain, avec une équipe de recherche, une communauté, un milieu culturel et linguistique, une région, une branche d’activité etc. Dans certains secteurs, c’est la source principale d’information.

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La littérature grise est victime d’un paradoxe : on en trouve partout, dans les services documentaires et bibliothèques, sur Internet, dans les portails, archives ouvertes, moteurs de recherche et systèmes de veille, etc. Selon les domaines et pays, elle représente jusqu’à 30 % de la production scientifique. Mais le terme « littérature grise » reste mal défini, imprécis, avec des contours flous. Ses deux handicaps font partie de sa définition : identification, accès et acquisition sont souvent difficiles, et qualité et fiabilité ne sont pas toujours assurées.

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Le concept est historique et professionnel. Il est issu des stratégies d’acquisition et de veille des grands centres d’information, à la recherche de sources et ressources riches d’information unique, détaillée et fraîche. Son âge d’or fut les années 80 et 90, avec la mise en place des grandes bases de données, des réseaux documentaires, des dispositifs de veille et des grands services d’information et de documentation.

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Qu’en est-il aujourd’hui, dans un tout autre environnement ? Pour certains, Internet et Google répondent à la question. Pour d’autres, ces documents restent un challenge, une mine d’information pertinente pour la recherche, l’industrie et l’intelligence économique. On peut aussi y voir une alternative à l’édition traditionnelle, un espace de liberté et de partage, à l’instar du mouvement du libre accès et des biens communs sur Internet.

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Notre dossier fait le point. Tout d’abord, il introduit le concept et présente quelques collections, réseaux, producteurs et points d’accès. Faut-il parler de la littérature grise au singulier ou au pluriel ? Faut-il parler de littérature ? Le deuxième pôle se focalise sur la typologie, avec différents formes et formats, en mettant l’accent sur leur développement et leur dynamique. Le troisième pôle souligne les enjeux et évolutions actuels et à venir de la littérature grise, sous ses aspects juridique, technologique, politique, professionnel, etc. Quelques sources et ressources permettront aussi d’approfondir la question.

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Et si ce dossier n’a pas l’ambition de répondre à toutes les interrogations, il s’efforce toutefois de poser les « bonnes » questions.

Résumé

Français

Gisement d’information sans pareil et omniprésent, la littérature grise reste mal connue et source d’interrogation : est-elle fiable ? Où la trouver ? Comment la traiter ? Parfois considérée comme littérature de moindres qualité et intérêt, elle est en même temps une alternative intéressante à la documentation commerciale, un espace de liberté et de partage, à l’instar du mouvement du libre accès et des biens communs sur Internet. Le dossier fait le point.

English

“Grey” literature, from the shadows into the spotlightAn omnipresent, unparalleled accumulation of information, grey literature is relatively unfamiliar and a source of questions such as, can it be trusted? Where can we find it? How should we deal with it? Often considered to be of lesser quality and interest, it nevertheless presents an interesting alternative to commercial documentation: an area of freedom and sharing that can be likened to the movement for free access and common goods on the Internet. This is the subject of our dossier.

Español

Literatura “gris”: de la sombra a la luzYacimiento de información único y omnipresente, la literatura gris sigue sin conocerse y supone un interrogante, ¿es fiable? ¿Dónde se puede encontrar? ¿Cómo debemos tratarla? Aunque quizá esté considerada una literatura de menor calidad e interés, al mismo tiempo es una alternativa interesante a la documentación comercial, un espacio de libertad e intercambio, además de un movimiento de acceso libre y bienes comunes en Internet. El dosier lo analiza.

Deutsch

„Graue“Literatur: Vom Schatten zum LichtWenngleich graue Literatur eine reiche Informationssammlung darstellt und omnipräsent ist, bleibt sie zu wenig bekannt und generiert Fragen: Ist sie zuverlässig? Wo ist sie zu finden? Wie muss sie verarbeitet werden? Manchmal als Literatur von minderer Qualität und Interesse angesehen, ist sie doch gleichzeitig eine interessante Alternative zur kommerziellen Dokumentation, und ein Raum der Freiheit und des Teilens, dem Beispiel von Open access und Internet folgend. Eine Bestandsaufnahme.

Pour citer cet article

Schöpfel Joachim, « Littérature « grise » : de l’ombre à la lumière », I2D – Information, données & documents 1/2015 (Volume 52) , p. 28-29
URL : www.cairn.info/revue-i2d-information-donnees-et-documents-2015-1-page-28.htm.


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