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I2D – Information, données & documents

2015/2 (Volume 52)


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Bibliothèques d’aujourd’hui : à la conquête de nouveaux espaces. Sous la dir. de Marie-Françoise Bisbrouck ; préf. d’Anne Verneuil et Christophe Péralès, Nelle édition. – Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2014. – 437 p. + un disque. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). – ISBN 978-2-7654-1429-2 : 69 €

« Faire de la bibliothèque nouvelle un organisme vivant en osmose avec les usages »

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C’est un fait que l’innovation se déploie très souvent au sein d’un dialogue, dialogue de points de vue, dialogue de méthodes, dialogue de métiers, dialogue de compétences... L’éclosion des nouveaux espaces bibliothécaires ne saurait démentir ce constat et Marie-Françoise Bisbrouck, dans l’avant-propos de cette nouvelle édition de Bibliothèques d’aujourd’hui : à la conquête de nouveaux espaces, insiste sur ce point.

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Par ailleurs, il est clair que l’innovation spatiale a un impact fort sur les pratiques professionnelles et, partant, sur les métiers mêmes de la bibliothèque. La fonction de médiation ne serait-elle que la seule, au cœur de la bibliothèque d’aujourd’hui, l’impact serait déjà énorme. Les jours sont comptés du magasinier qui attend l’usager derrière sa banque de prêt. Tout est mouvement, fluidité, circulation, qu’il s’agisse du savoir, des documents, des usagers ou des professionnels. Et la mission de l’espace bibliothèque est de proposer l’aisance nécessaire à cette circulation - qui doit être efficace, c’est-à-dire productrice de savoirs, d’échange de savoirs. À l’usager de s’approprier cet espace ; au professionnel de faciliter cette appropriation. On comprendra donc que le soin apporté au bâti et à l’aménagement d’un tel espace est primordial. On entre ici dans une dialectique serrée entre le dur et le mou (on pourrait parler de souple, de flexible, de vivant…) - où le premier doit, dans sa dureté même, permettre toute expression du second, qu’elle soit prévue ou imprévisible à ce jour. Il faut finir par insuffler la possibilité d’une respiration qui fera de la bibliothèque nouvelle un organisme vivant en osmose avec les usages qui peuvent l’habiter. Bref, il faut parvenir à rendre la vie possible dans la bibliothèque, dans ses débordements et ses contournements possibles.

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La lame de fond que représente la création des learning centers pointe un usage ancestral mais de plus en plus affiché de la bibliothèque universitaire. La fonction Formation devient un des éléments-clés de la fonction Médiation. Et quand on sait que, depuis plus de vingt ans, la formation se qualifie de multiples façons (formelle, informelle, non formelle, autodirigée, etc.), on comprend l’enjeu de la configuration de la bibliothèque. La pédagogie inversée accroît l’importance du rôle de la lecture préalable au face à face pédagogique, alors que la pédagogie par projet doit proposer aux étudiants des lieux de travail collectif voire collaboratif, en groupes de taille variable. Enfin, l’avènement du presque-tout-numérique, y compris pédagogique, impose quelques contraintes physiques qu’il s’agit de respecter voire d’anticiper si l’on veut optimiser le potentiel d’usages que représente la bibliothèque quant à l’apprentissage et à l’appropriation des savoirs.

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Jean-Philippe Accart a présenté dans ces colonnes la première édition de l’ouvrage (Doc-SI, n°1, 2012). Loin de moi l’idée de ne pas renvoyer le lecteur à cette présentation. Reste à pointer les nouveautés de la présente édition qui, comme la précédente, propose à la fois des éléments de réflexion sur la question des espaces et des présentations d’expériences et de réalisations.

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Ainsi, trois textes ne sont plus imprimés mais disponibles en PDF sur le CD-Rom qui accompagne le volume et qui contenait déjà une série d’éléments techniques et descriptifs. Il s’agit par exemple de la préface de Daniel Renoult, remplacée dans la nouvelle édition par un dialogue entre deux professionnels de la bibliothèque, Anne Verneuil et Christophe Péralès. Globalement, l’édition est plus importante (une soixante de pages), quelques textes laissant la place à de nouvelles contributions.

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Assurément, comme disait Michel Mélot (BBF, n°3, 2011), « un livre qui [fait] date et que tout bibliothécaire, apprenti ou vétéran, doit avoir lu, d’un bout à l’autre de ses [437] pages chargées de tout ce qui fait question dans les bibliothèques d’aujourd’hui ».

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Analyse de Bruno RICHARDOT

Trois bibliothèques européennes face à Google. Aux origines de la bibliothèque numérique (1990-2010), Gaëlle Béquet, Paris : École nationale des Chartes, 2014. – 474 p. – (Mémoires et documents de l’École des Chartes). – ISBN 978-2-35723-058-3 : 38 €

Histoires de transition vers la bibliothèque numérique

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Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France, est au cœur du patrimoine culturel numérique. Plus que cela, Gallica est devenue un modèle incontournable pour tout projet de numérisation et valorisation d’anciennes collections, aussi bien en France qu’en Europe. Tellement incontournable qu’on oublie parfois l’historique, les débats, les acteurs, les enjeux, les choix politiques, les impasses.

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Gaëlle Béquet [1][1] Gaëlle Béquet est conservateur des bibliothèques, a... raconte les deux décennies de la création et de l’essor de Gallica sous la double perspective de l’innovation et de l’organisation, en appliquant recherche historique et approche sociologique aux sciences de l’information et de la communication. Le résultat est convaincant : il s’agit probablement de l’étude la plus riche de cette transition vers le numérique au sein de la Bibliothèque nationale de France - riche de détails, riche de la parole des acteurs, riche aussi d’analyse scientifique.

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Quatre chapitres retracent pour le lecteur le développement de la bibliothèque numérique, depuis l’impulsion politique et la première collection numérique à la Bibliothèque de France (1988-1993), les années charnières de la création de la BnF et la mise en œuvre de Gallica (1994-1997) jusqu’à la consolidation comme produit de l’innovation courante (1998-2004), le renouvellement du réseau sociotechnique et l’ajustement de la politique documentaire de Gallica 2 (2005-2010). Sur une petite centaine de pages, Gaëlle Béquet fait revivre ces années, avec une vision globale des évolutions politiques, économiques et technologiques.

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Ces quatre chapitres à eux seuls méritent la lecture. Mais l’auteure a réussi l’exploit d’ajouter deux autres études de cas, plus courtes mais également intéressantes, sur la British Library et la Bibliothèque nationale d’Autriche. L’approche est la même : étudier la transition vers la bibliothèque numérique, donner la parole aux acteurs, suivre l’évolution technologique et organisationnelle, analyser les liens entre politique, innovation et organisation. La British Library a toujours été mise face à la question cruciale du financement, de la rentabilité et du retour sur investissement, avec parfois des choix managériaux et stratégiques contestables mais tout à fait cohérents avec la politique des années Blair, comme l’interdépendance avec le secteur privé à travers de nombreux partenariats public/privé et l’exploitation commerciale des collections numérisées.

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L’Österreichische Nationalbibliothek, quant à elle, a dû développer sa stratégie numérique dans un environnement politique, culturel et économique pas toujours favorable et marqué d’une certaine inertie. Par ailleurs, c’est probablement la seule étude approfondie en France sur cette bibliothèque nationale.

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Analyse de Joachim SCHÖPFEL

Stratégie Big data, Thomas Davenport ; Hervé Soulard (trad.), Montreuil : Pearson, 2014. – 264 p. – (Village mondial). – ISBN 978-2-7440-6617-7 : 28 €. La Révolution Big data : les données au cœur de la transformation de l’entreprise, Jean-Charles Cointot, Yves Eychenne, Paris : Dunod, 2014. – 236 p. – ISBN 978-2-10-071142-0 : 24 €

Le défi du Big data

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Ces deux livres s’adressent à un autre public que la revue I2D – Information, données & documents. Ils sont écrits pour des chefs d’entreprise, des managers et cadres supérieurs dans l’industrie et les grands services, pour convaincre de la nécessité d’une stratégie Big data et pour expliquer comment faire. Néanmoins, les lecteurs de la revue I2D peuvent en tirer profit, pour trois raisons.

Big Data, késako ?

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Tout le monde en parle. Le Big data est mis à toutes les sauces. Difficile d’y échapper. Hier le web et les médias sociaux, aujourd’hui les données. Données publiques, données de la recherche, données ouvertes, big data, small data, smart data, open data, linked data, etc. Autant savoir de quoi il est question. Les deux livres aident à mieux comprendre. Pour Ravenport, Big data est un terme mal choisi, une « expression fourre-tout [qui] désigne des données dont la taille ne permet pas de les caser dans les conteneurs habituels » (p. 1). Trop volumineuses pour tenir sur un seul serveur, dépourvues d’une structure pour être stockées dans des bases de données orientées lignes et colonnes, en constant changement et arrivant en flux permanent sans pouvoir être conservées dans un entrepôt de données statique. Leur complexité réside dans leur manque de structure. La définition est encore plus large chez Cointot et Eychenne. Ici, le terme Big data recouvre « l’ensemble des technologies, des métiers, des approches conceptuelles permettant d’exploiter l’ensemble des données générées par les hommes de façon consciente ou non et par tous les objets connectés ou non » (p. 3). Le lecteur l’aura compris : le Big data désigne davantage un défi à relever qu’un type de donnée particulière.

Pourquoi s’y intéresser ?

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Les deux livres (notamment celui de Davenport) sont construits sur un argumentaire en faveur des big data. Il faut maîtriser cette énorme masse d’information, « canaliser le flot de données incessant généré en interne ou en externe » (Cointot et Eychenne, p. 3) et en tirer l’information nécessaire à une prise de décision efficace. Même son de cloche chez Ravenport qui voit le Big data dans la tradition des outils d’aide à la décision, de traitement analytique en ligne et de business analytics (p. 11). Il faut s’y intéresser pour deux raisons. D’une part, ces grandes masses d’information non structurée sont devenues une réalité incontournable, à tous les niveaux (réseaux sociaux, vente en ligne, objets, réseaux de communication, etc.), et il faut s’en accommoder. D’autre part, savoir transformer cette information en stratégie de management et de marketing est indispensable pour développer une activité industrielle ou de service. Les deux livres conseillent comment relever le défi du Big Data pour rester compétitif et surpasser les concurrents.

L’impact sur les métiers

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Les ressources humaines ne sont pas au centre des deux livres. Mais ils en parlent. Ravenport (dans une traduction pas très heureuse) décrit le profil du nouveau métier de « scientifique des données » (data scientist), avec cinq facettes (p. 89-117). Le data scientist doit être un hacker avec la capacité de coder et de comprendre les architectures technologiques du Big Data ; il doit être un savant, impatient, tourné vers l’action, capable de prendre des décisions dans des situations incertaines et d’improviser ; il doit être un conseiller fiable, doublé d’un bon communicant ; il doit être un analyste quantitatif (statistiques, graphiques, apprentissage automatique, données non structurées) ; et, pour finir, il doit être bon commercial et connaître le secteur et le marché. Des moutons à cinq pattes ? Davenport explique où les trouver, comment les recruter et les retenir. Cointot et Eychenne de leur côté définissent les compétences nécessaires au niveau de l’organisation (p. 91-141). La gestion des données (acquisition, stockage, outils d’analyse) relève des compétences de l’informatique. L’extraction de l’information mobilise de nouvelles compétences qui sont plutôt du domaine mathématique ou statistique - c’est le cœur du métier data scientist qui doit être à l’aise avec les outils et la modélisation, mais capable aussi de comprendre les différents enjeux et besoins (production, marketing, vente, etc.), de visualiser les résultats (infographie) et de les rendre lisibles et intéressants (storytelling). Les auteurs soulignent ici le rôle d’une bonne communication et du management et décrivent, dans un deuxième temps, comment cette démarche changera les différents métiers de l’entreprise (marketing et vente, production et logistique, ressources humaines).

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Les deux livres ne font pas le lien entre le profil du data scientist et les métiers de l’information (cf. la contribution de François Lainée dans le n° 1-2015 d’I2D, sur le chief data officer). Pourtant, les parallèles sont là : la compréhension de l’architecture des données, l’extraction de l’information, la maîtrise des outils, la transversalité de la fonction, la représentation des résultats, la communication. Par exemple, l’exploitation des données d’usage en milieu bibliothécaire mobilisera ce genre de compétences. Cela dit, le data scientist est certes une perspective intéressante pour les professionnels de l’information, mais il ne faut pas fermer les yeux sur tout ce qui les sépare, notamment par rapport à la modélisation statistique et mathématique et au codage.

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Analyse de Joachim SCHÖPFEL

Wissensorganisation, Entwicklung, Aufgabe, Anwendung, Zukunft [Organisation du savoir. Évolution, mission, application, perspectives], Ingetraut Dahlberg, Würzburg : Ergon Verlag, 2014. - 175p. - ISBN 978-3-95650-065-7 : 28 €

Organisation du savoir : un ouvrage aux idées novatrices

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L’auteure, fondatrice et éditrice de International Classification/Knowledge Organization et ex-présidente de l’ISKO, présente dans ce petit ouvrage la quintessence de ce qu’elle entend par « organisation du savoir ».

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Classer les connaissances en systèmes se fait depuis le XVIIIe s. (Linné) ; or, on classe des concepts qui, selon Gottlob Frege [2][2] Gottlob Frege : 1848-1925, logicien et philosophe ..., résultent sous forme de désignation, terme ou code des attributs distinctifs (Merkmale) d’un référent, de sorte que l’ensemble de ses caractéristiques font du concept une unité du savoir. Des caractéristiques similaires conduisent à des corrélations qui, par arborescence, constituent des systèmes conceptuels à caractère classificatoire.

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Ingetraut Dahlberg distingue trois familles relationnelles : 1° quatre relations logiques (identité, implication, intersection et disjonction) ; 2° quatre relations catégorielles (entité, qualité, activité et dimension) ; et 3° quatre relations substantielles (abstractive/générique, partitive, complémentaire et fonctionnelle). Ce sont les relations d’implication/intersection ou les relations abstractives/partitives qui forment les hiérarchies d’un système ordonné. Ces classifications à facettes offrent une très grande souplesse et se prêtent idéalement à toute exigence de représentation. Par la famille des 4 relations substantielles, l’auteure introduit une nouvelle théorie définitionnelle, car une définition explicite le contenu d’un concept (son sens). Par la hiérarchisation, un système classificatoire devient du coup un ample système définitoire.

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Un système nécessite aussi pour fonctionner un cadre numérique allocataire. En adoptant le registre 3 x 3, nommé « systémificateur », l’auteure développa pour sa thèse de doctorat, parue en 1974 sous le titre de « Fondements de l’ordre universel du savoir », son idée d’un système classificatoire des connaissances échelonné par niveaux intégrants, en s’appuyant sur les catégories ontologiques d’Aristote reprises par Nicolai Hartmann [3][3] Nicolai Hartmann : 1882-1950, ontologicien, épistémologue.... Cette nouveauté, appellée Information Coding Classification (ICC), ne part pas de disciplines mais de neuf échelons ontologiques évolutifs :

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I - prolégomènes : 1° forme et structure, 2° matière et énergie, 3° cosmos et terre,

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II - domaine du vivant : 4° biosphère, 5° homosphère, 6° sociosphère,

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III - produits du vivant : 7° produits matériels (technique et économie), 8° produits intellectuels (connaissances et information) et 9° produits de l’esprit et de la culture (y compris religion).

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Les disciplines et domaines du savoir visés par ces 9 échelons ontologiques se regroupent sous 9 notions catégorielles figurant sur une grille sous l’échelon zéro (0). Le codage des concepts, se faisant par le langage universel des nombres décimaux, sert aussi de moyen mnémotechnique, car les mêmes contenus occupent toujours les mêmes positions chiffrées.

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L’ouvrage reprend, après l’exposé de l’ICC, les 12 principes le régissant et insiste sur ses perspectives non seulement pour classer les généralités catégorielles en tête de la grille opératoire, mais surtout pour dessiner des encyclopédies, aménager des plans d’étude, agencer des archives, encadrer le web sémantique, créer un lexique des connaissances, aider à la normalisation, servir de langage unifié aux connaissances ou de liaison entre systèmes classificatoires.

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S’il est vrai que les biblio-classifications universelles commentées (DDC, UDC, LCC, BC, CC et la BBK russe) hébergent déjà énormément de données et qu’un nouveau système peut sembler superfétatoire, il n’empêche que l’ICC va bien au-delà des textes en visant le cœur de la Connaissance vivante. S’il est reconnu que le domaine de l’organisation du savoir mérite le rang d’une discipline scientifique, l’auteure préconise d’établir une institution de recherche et de développement dédiée, peut-être sous forme d’académie. C’est du moins son espoir et le but intrinsèque de son ouvrage.

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Si, selon Aristote, « le tout est plus que la somme de ses parties », il importe dès lors de les identifier, classer et intégrer selon la réalité de leurs corrélations arborescentes, car l’intelligence des choses se trouve dans la reconnaissance de leurs liens, comme le sens des mots ressort de leur contexte. Et l’ICC permet de faciliter cette intelligence.

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Analyse de Herbert EISELE

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Docteur en droit

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Ex-directeur de terminologie à l’ISIT - Institut catholique, Paris

Économie du savoir : dossier, Jean-Pierre Bouchez, Corinne Baujard, Claire Duchesne, Nathalie Gagnon, N° de Savoirs, 2014, n°34. – ISBN 978-2-343-03181-1 : 13 € (diffusion L’Harmattan)

Une synthèse complète sur l’économie du savoir

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Qui veut savoir rapidement ce qui s’est dit de l’économie du savoir sera ici comblé. L’auteur nous livre une authentique synthèse bibliographique ou plutôt documentaire : sur un fonds de 80 références ne sont mobilisées que les idées et les informations qui permettent à l’auteur de la synthèse d’étayer et d’illustrer la problématique qui est la sienne.

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Cette problématique, nous la connaissons : Marie-France Blanquet en a fait état lorsqu’elle présentait pour Doc-SI[4][4] http://www.adbs.fr/l-economie-du-savoir-constructi... l’ouvrage que Jean-Pierre Bouchez publia en 2012, L’économie du savoir : construction, enjeux et perspectives. De cet ouvrage, la présente note de synthèse reprend, d’une part, la seconde partie, intitulée « Un nouveau régime de croissance autour de l’économie de la connaissance et de l’innovation » (p. 147-230), en en condensant drastiquement le propos et, d’autre part, la conclusion (p. 353-362).

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L’auteur commence par exhiber ce qu’il appelle les « composantes de l’économie du savoir », c’est-à-dire le savoir, les finances, les nouvelles technologies de l’intellect et le territoire, autant de pôles dont les « liaisons interactives » produisent la « dynamique de l’économie du savoir ». Dans ce fonctionnement apparaissent assez nettement les antagonismes entre le pôle du savoir et celui des finances, au sein d’une relation « globalement asymétrique » qui débouche fatalement sur la privatisation et la « marchandisation excessive du savoir », dit l’auteur, avec la captation et la codification des connaissances, la propriété intellectuelle étant qualifiée de dispositif ambivalent où le brevet finit par empêcher l’innovation.

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Parmi les pistes évoquées pour libérer l’innovation, outre la nécessaire sanctuarisation des dépenses publiques d’investissement en R&D et en éducation, l’auteur revient à un concept forgé par l’économiste néoclassique Paul A. Samuelson au milieu des années cinquante, celui de « bien public mondial ». Un bien public satisfait en même temps à deux exigences : celle de « non rivalité » (bien inépuisable, sa consommation par un usager ne réduisant pas la consommation par les autres) et celle de « non exclusion » (bien dont l’accès n’est pas soumis à condition, d’où sa gratuité notamment). Le fameux rapport publié par la PNUD en 1999 (Global public goods) mettait le savoir au rang des biens publics mondiaux…

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Qui veut savoir rapidement ce qui s’est dit de l’économie du savoir sera ici servi. Mais qui veut se poser les bonnes questions au sujet du savoir et de son économie pourra poursuivre sa route avec Jean-Pierre Bouchez, par exemple en lisant son ouvrage de 2012. Et, comme disait Pierre Caspar, éditorialiste de la livraison de Savoirs, « face à l’amplitude et à la complexité de cette analyse, nous pouvons nous demander ce qui peut avoir un impact direct sur nous ; en particulier lorsqu‘on exerce les ʺ métiers du savoirʺ chers à Jean Pierre Bouchez ».

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Les documentalistes et autres gestionnaires de l’information ne sont-ils pas des professionnels du savoir, ces « piétons du savoir » dont parlait Serge Cacaly il y a trente ans [5][5] « Les piétons du savoir : la profession de documentaliste... et dont Suzanne Briet revendiquait haut et fort la teneur intellectuelle du métier il y a plus de soixante ans ?

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Analyse de Bruno RICHARDOT

Une brève histoire de tous les livres, Lucien X. Polastron, Actes Sud, 2014. - 240 p. - ISBN : 978-2-330-03716-1 : 22,00 €

Coup de cœur

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Presque par hasard, je suis tombé sur cette « histoire du livre par le biais des matières qui le constituent ». Il était là, petit objet (19 cm*10 cm*2 cm) au milieu du présentoir des nouvelles acquisitions de la section SIC de la BU, entouré d’ouvrages bien plus imposants sur des langages de programmation, le confort des lecteurs et l’information science. Trois cent quatre-vingts cm3 de lecture sur un peu plus de 200 pages, ce sont quelques trajets de métro. En plus, il est simplement beau, composé en Garamond Premier Pro corps 12,4, imprimé sur Vergé Ivoire dans un format agréable à tenir dans la main. Alors je l’ai emprunté. Puis, je ne l’ai plus quitté. J’avoue, j’ai failli le garder (« dérober des livres n’est pas voler », vieux dicton chinois) mais le surmoi aidant, j’ai fini par l’acheter avant même de le retourner à la bibliothèque.

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L’écrivain Lucien X. Polastron, auteur d’ouvrages sur la calligraphie, la destruction des bibliothèques et la numérisation des collections, a souhaité « ramasser en quelques pages ce que [lui] ont appris les livres sur eux-mêmes » (p. 16). Entreprise réussie. Les Éditions Actes Sud sont rompues aux voyages à travers les littératures d’autres pays et continents. Voici un voyage dans le temps, à travers les siècles et cultures avec comme fil rouge l’objet-livre. Ce guide touristique au pays des livres est composé d’anecdotes, d’histoires, de formules spirituelles et aussi de quelques méchancetés bien ciblées. Mais laissons parler le livre pour lui-même. Voici quelques morceaux choisis, glanés ici et là au hasard de la lecture :

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« Lire est un sentier qui se négocie ».

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« Chaque lecteur réécrit le livre au fur et à mesure qu’il le lit ».

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« Un livre annoté en vaut deux ».

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« On reconnaît un ouvrage important à ce qu’il a été volé au moins deux fois ».

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« Payer ses livres est […] un mal bienheureux dans la mesure où […] ils vous apparaissent alors tels les esclaves affranchis, si ce n’est anoblis ».

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« Les religions n’existent que pour combler la vacuité du ciel par un ensemble de réglementations alambiquées. »

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« La douceur animale de l’objet-lecture est ancrée dans notre inconscient ».

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Les couvertures, « embarcadères du rêve et du désir ».

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Le lecteur bibliophile trouvera ainsi au tournant des pages quelques passages lumineux et passionnés, et j’avoue (deuxième aveu) que j’étais, comme on dit, « plié de rire » de lire les remarques de Lucien Polastron sur la politique de numérisation du ministère de la Culture (« la logorrhée emmitoufle une absence quasi totale de perspective historique »), sur les livres numériques, tablettes et autres « machinalires » et leurs « dix harems » (DRM), sur la gadgétisation apparente de la lecture, mais également sur les différentes façons de ranger une collection privée, sur les plaisirs secrets de l’ouverture d’un livre non coupé ou encore sur ce que la book art fait du livre (« son destin n’est plus la transmission du savoir mais l’évocation d’un savoir échappé »).

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L’annexe présente le cas d’une « chasse buissonnière » d’un bibliophile hors la loi du commerce. Sa profession de foi : « Érudition est le nom d’une pioche, qui permet de faire reculer chaque jour davantage les murs de notre prison mentale […] Vivre est une occupation plutôt facile quand on a compris que la terre est une grosse pelote de livres agglutinés ». Bien vu. Mdr.

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Je m’arrête là. On n’est pas nécessairement d’accord avec tout ce que l’auteur dit. Mais que c’est bien écrit… Ce petit livre est un joli cadeau qu’on adore lire (ah - les « sensuelles délices » que la lecture prodigue…) et qu’on ferme à regret (« qui n’a pas ressenti une infinitésimale alarme quand les pages restant à dextre se font de plus en plus légères, signe que proche est fin de l’extase »).

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À propos, voici quand même la définition du livre selon Polastron : « un parallélépipède garni d’un titre et constitué de feuillets en papier assemblés, sur lesquels apparaissent des caractères organisés en une mise en page et parfois une illustration, le tout ayant pour but de signifier quelque chose ».

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Et son pronostic concernant le numérique ? « [Il] ne va pas tuer la littérature mais seulement certains de ces habillages les moins anciens, comme le livre de poche, en canalisant tout ou partie de la publication marchande, éphémère, légère, vite lue, vers un support qui lui va comme un gant jetable, ce qui laissera le champ libre à une édition recentrée sur ses savoir-faire essentiels ». Lesquels ? Il faudra lire le livre pour le savoir…

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Analyse de Joachim SCHÖPFEL

L’Histoire sans fin des technologies de l’écrit. Traité de bricolage réfléchi pour épris de curiosité, Béatrice Vacher, Isabelle Le Bis, Paris, Presses des Mines, 2014. - 108 p. – (Les carnets de Lilith). - ISBN 978-2-3567-1145-8 : 15 €

« Bricoler sereinement avec les technologies »

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Le titre de l’ouvrage donne le ton. Il y a beaucoup d’humour et d’intelligence dans ces quelque cent pages qui se moquent gentiment de notre besoin, voire (pour certains) de notre amour du classement dont les auteures relativisent, avec brio, l’efficacité. Vouloir agir rationnellement, raisonnablement, quoi de plus légitime pourtant !

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Mais, dans le 1er chapitre, on découvrira que la technologie, « conçue pour retrouver facilement nos documents, en favorise la dispersion, voire la perte », dans le 2e chapitre que, « conçue pour simplifier la vie », elle fabrique « du contrôle à grands coups de normes figées » et, dans le 3e que, « conçue pour conserver, partager », elle est « source d’amnésie, voire d’exclusion ». Un constat qui se vérifie au fil du temps et qui serait terrible, angoissant si ce n’est qu’il donne l’occasion de mettre l’accent sur le poids de l’humain, du dialogue, de la « puissance de l’écoute flottante en action » ou encore sur le partage et le « bricolage collectif quotidien », « la reconnaissance mutuelle », qui résolvent bien des problèmes. Ou lorsque mépris et inattention, souligne-t-on aussi, sont les sources des difficultés rencontrées bien plus que les complications techniques trop souvent mises en avant.

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« Fais-moi un plan de classement » ! Oui. Pourquoi pas ? Mais les classements sont multiples, nous le savons, les buts collectifs ne sont pas toujours clairs, les préférences des uns et des autres « vagues, contradictoires et évolutives » et il y a toujours des choses que l’on « a du mal à caser » ou que « tout le monde ne case pas au même endroit », soit autant d’obstacles pour le public et de perplexité pour les gestionnaires de l’information.

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Ce désir d’ordre, bien ancré (chez certains du moins), reste donc un vœu pieu, face à cette technologie, parée pourtant de toutes les vertus, « qui fabrique du désordre ». Les anecdotes pour le prouver foisonnent, comme ces abréviations des moines copistes imaginées pour copier plus vite qui se traduisent par des pertes de temps lorsqu’il s’agit de les reconstituer ou, encore, sur un autre plan, lorsque l’on passe insensiblement de « l’organisation bienfaisante au contrôle pernicieux », comme le démontrent un grand nombre d’autres exemples. Les solutions, comme on le constatera, de prime abord judicieuses, engendrent complexité, embarras, incompréhension, confusion, exclusion… voire même des litiges. Et que dire des manières d’aborder le classement, si différentes et si fascinantes dans d’autres cultures, non occidentales ?

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Il n’y a pas de progrès permanent en matière de classement, on l’aura compris, et le numérique n’y change rien. Ce sont une foultitude de « petits arrangements », la débrouillardise de l’humain, sans lesquels rien ne fonctionnerait, qui ont la part belle. Vous ne trouverez d’ailleurs pas de solutions dans cet ouvrage mais, après l’avoir lu, vous serez indéniablement « armés pour bricoler sereinement avec les technologies » qui ne manqueront pas de s’offrir à vous.

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Voici un ouvrage brillant, émaillé d’histoires amusantes et étonnantes, qui fait appel à l’histoire, à la philosophie, à la sociologie, à l’économie, etc. Il est publié dans une collection qui « se penche sur des faits de manière joyeuse et critique ». Voilà qui devrait attiser votre curiosité.

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Analyse de Michèle BATTISTI

Open Access and the Humanities. Contexts, Controversies and the Future, Martin Paul Eve, Cambridge : Cambridge University Press, 2014. - 209 p. - ISBN 978-1-107-09789-6 (Hardcover) : 30,00 £

« Une investigation critique et nuancée » sur le libre accès

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Accueilli outre-Manche comme indispensable et « lecture essentielle », ce livre de Martin Paul Eve paru fin 2014 fait la jonction entre le mouvement du libre accès à l’information scientifique et les humanités numériques. L’idée du libre accès est simple ; sa mise en place l’est beaucoup moins. Comment l’Open Access (OA) va-t-il changer la communication scientifique et la recherche dans les sciences humaines et sociales ? Quels sont les obstacles, quelles sont les conditions favorables à la réussite du libre accès ? Le livre apporte des éléments de réponse et de réflexion en cinq chapitres.

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Le 1er chapitre sur le contexte et l’historique de l’OA livre 12 pages très pertinentes consacrées à l’opposition des chercheurs, éditeurs et bibliothécaires (Why not open access ?), où l’auteur délivre une analyse originale des raisons financières, scientifiques et politiques d’une résistance hétéroclite (pages 30-42). Pour Martin Paul Eve, le mouvement du libre accès est quelque part pris au piège par les domaines de l’économie et de la valeur, en termes financiers mais aussi d’échange de capital symbolique.

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L’économie numérique est le sujet du 2e chapitre. À partir des travaux de Pierre Bourdieu, Martin Paul Eve dissèque les liens entre prestige scientifique, diffusion des résultats et qualité des publications, et il n’hésite pas à considérer la production en libre accès comme commodity ou marchandise. Est-ce que l’édition en libre accès peut devenir financièrement abordable, est-ce que les SHS peuvent supporter les coûts de la transition du modèle traditionnel vers le libre accès ? L’auteur est assez honnête pour admettre que personne n’a de réponse définitive à cette question. Néanmoins, il voit la solution dans une sorte de crowdfunding scientifique, via le financement collectif d’une édition en libre accès par les bibliothèques scientifiques. Le chapitre se termine par quelques exemples et initiatives internationaux.

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Le 3e chapitre porte sur les conditions juridiques de la diffusion en ligne et en particulier sur les licences Creative Commons. Les pages sur le text and content mining (au cœur des discussions aussi en France) et sur les questions de l’intégrité scientifique et d’une réutilisation indésirable (pages 100-111) sont particulièrement intéressantes.

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Si l’analyse s’est limitée en grande partie à l’édition des revues jusqu’ici, le 4e chapitre met l’accent sur l’édition des monographies ou ouvrages et sur les modèles émergents pour financer leur diffusion sur Internet, tels qu’un financement par l’édition imprimée, par l’institution, par des services à valeur ajoutée (Freemium) ou par un partenariat collectif.

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Le 5e et dernier chapitre sur les innovations d’une édition en libre accès concerne essentiellement la question de la sélection des articles et livres par le système de peer review. Comme alternative, Martin Paul Eve suggère la « curation sociale » après la diffusion en ligne (post-review) et la restauration de la fonction éditoriale pour les épi-journaux.

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Le livre séduit par sa taille (151 pages sans les annexes), sa structure claire et simple et son argumentation engagée. Il se présente comme un petit traité, un essai au même titre que l’incontournable Open Access de Peter Suber. Mais le lecteur ne doit pas s’attendre à une lecture facile. Il ne s’agit pas d’une énième introduction pour comprendre l’Open Access, avertit l’auteur dès le début, mais d’une investigation critique et nuancée. De ce côté, il relève davantage des recherches en humanités numériques que du mouvement OA. On peut lui reprocher un certain « UK centrisme ». Certains passages sont assez denses et ardus, notamment dans le long chapitre sur l’économie numérique, et il faut tenir bon. L’effort en vaut la peine.

À propos de l’auteur

Martin Paul Eve est enseignant-chercheur à l’Université de Lincoln, membre de la fondation OAPEN [6][6] http://www.oapen.org et directeur scientifique de la Open Library of Humanities [7][7] https://www.openlibhums.org. Son expertise et son engagement pour la cause du libre accès sont reconnus [8][8] https://www.martineve.com. Publié par les prestigieuses Presses Universitaires de Cambridge, ce petit livre apporte une contribution inédite et originale au développement de la communication scientifique dans les sciences humaines et sociales. Il existe en plusieurs formats dont une version gratuite en ligne sur la plateforme Cambridge Books Online [9][9] http://www.cambridge.org/martineve. On lui souhaite beaucoup de lecteurs attentifs !

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Analyse de Joachim SCHÖPFEL

Notes

[1]

Gaëlle Béquet est conservateur des bibliothèques, a été directrice de la bibliothèque de l’École des Chartes, dirige depuis 2014 le Centre International ISSN et préside le comité ISO/TC46 Information et documentation. Son livre est issu d’une thèse sur l’innovation et le patrimoine numérique dans trois bibliothèques nationales européennes, soutenue en décembre 2011 à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris-3.

[2]

Gottlob Frege : 1848-1925, logicien et philosophe allemand

[3]

Nicolai Hartmann : 1882-1950, ontologicien, épistémologue allemand

[5]

« Les piétons du savoir : la profession de documentaliste en France aujourd’hui ». Compte rendu de l’enquête sur la situation des documentalistes en France en 1984. Documentaliste-Sciences de l’information, 1985, vol. 22, n°6, p. 208-215

Titres recensés

  1. Bibliothèques d’aujourd’hui : à la conquête de nouveaux espaces. Sous la dir. de Marie-Françoise Bisbrouck ; préf. d’Anne Verneuil et Christophe Péralès, Nelle édition. – Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2014. – 437 p. + un disque. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). – ISBN 978-2-7654-1429-2 : 69 €
    1. « Faire de la bibliothèque nouvelle un organisme vivant en osmose avec les usages »
  2. Trois bibliothèques européennes face à Google. Aux origines de la bibliothèque numérique (1990-2010), Gaëlle Béquet, Paris : École nationale des Chartes, 2014. – 474 p. – (Mémoires et documents de l’École des Chartes). – ISBN 978-2-35723-058-3 : 38 €
    1. Histoires de transition vers la bibliothèque numérique
  3. Stratégie Big data, Thomas Davenport ; Hervé Soulard (trad.), Montreuil : Pearson, 2014. – 264 p. – (Village mondial). – ISBN 978-2-7440-6617-7 : 28 €. La Révolution Big data : les données au cœur de la transformation de l’entreprise, Jean-Charles Cointot, Yves Eychenne, Paris : Dunod, 2014. – 236 p. – ISBN 978-2-10-071142-0 : 24 €
    1. Le défi du Big data
      1. Big Data, késako ?
      2. Pourquoi s’y intéresser ?
      3. L’impact sur les métiers
  4. Wissensorganisation, Entwicklung, Aufgabe, Anwendung, Zukunft [Organisation du savoir. Évolution, mission, application, perspectives], Ingetraut Dahlberg, Würzburg : Ergon Verlag, 2014. - 175p. - ISBN 978-3-95650-065-7 : 28 €
    1. Organisation du savoir : un ouvrage aux idées novatrices
  5. Économie du savoir : dossier, Jean-Pierre Bouchez, Corinne Baujard, Claire Duchesne, Nathalie Gagnon, N° de Savoirs, 2014, n°34. – ISBN 978-2-343-03181-1 : 13 € (diffusion L’Harmattan)
    1. Une synthèse complète sur l’économie du savoir
  6. Une brève histoire de tous les livres, Lucien X. Polastron, Actes Sud, 2014. - 240 p. - ISBN : 978-2-330-03716-1 : 22,00 €
    1. Coup de cœur
  7. L’Histoire sans fin des technologies de l’écrit. Traité de bricolage réfléchi pour épris de curiosité, Béatrice Vacher, Isabelle Le Bis, Paris, Presses des Mines, 2014. - 108 p. – (Les carnets de Lilith). - ISBN 978-2-3567-1145-8 : 15 €
    1. « Bricoler sereinement avec les technologies »
  8. Open Access and the Humanities. Contexts, Controversies and the Future, Martin Paul Eve, Cambridge : Cambridge University Press, 2014. - 209 p. - ISBN 978-1-107-09789-6 (Hardcover) : 30,00 £
    1. « Une investigation critique et nuancée » sur le libre accès

Pour citer cet article

« Notes de lecture », I2D – Information, données & documents, 2/2015 (Volume 52), p. 80-87.

URL : http://www.cairn.info/revue-i2d-information-donnees-et-documents-2015-2-page-80.htm


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