2001
Imaginaire & Inconscient
Rêve-éveillé et psychosomatique
Extension du champ analytique
Monique Aumage
Membre du G.I.R.E.P 11 Avenue du Poitou 92330 Sceaux
Des aménagements originaux de la cure analytique
par le rêve-éveillé permettent une extension du champ analytique à des territoires inconscients annulés, déniés, scotomisés, clivés et un traitement du pôle archaïque. Le cadre du
rêve-éveillé apporte quelques réponses techniques aux difficultés transférentielles rencontrées en psychosomatique. La
bipolarité du cadre du rêve-éveillé, avec alternance des
séances de rêve-éveillé et celles de reprise du texte de rêveéveillé et l’alternance des positions (le patient allongé sur le
divan ou assis en face à face) renforce la fonction miroir du
thérapeute, son action identifiante et le processus de symbolisation. Le thérapeute peut parfois avoir recours à des objetssupports tels que le génogramme, le sociogramme, des photos, des dessins, pour aborder les télescopages des signifiants
dataux, nominaux et les problématiques transgénérationnelles
et les difficultés avec le réel.Mots-clés :
Cadre, Fonction-miroir du thérapeute, Génogramme, Problématique transgénérationnelle.
Original readpustments of the analytical treatment
through waken-dream permit both an extension of the analytical field to unconscious, nullified, denied, scotomized, splitted territories, and a treatment of the archaic pole. The framework of waken-dream brings a few technical answers to the
transferential difficulties met in psychosomatics. The bipolarity of the framework of waken-dream with an alternation of
the sessions of waken-dream and that of return to the wakendream text, and an alternation of the positions – the patient
lying on the couch or seated face to face with the therapist –
strengthens the miror function of the latter, his identifying
action and the process of symbolization. Sometimes, therapist
can resort to support objects such as genogram, sociogram,
photographies, drawings, to approach the telescoping of date
and name signifiers and transferential problematics as well as
difficulties with reality.Keywords :
Framework, Mirror function of the therapist, Genogram, Transferential problematics.
Les difficultés d’approche analytique des noyaux psychosomatiques sont
nombreux : on les exprime, entre autres soit :
-
en terme de carence, défaut de mentalisation, pauvreté de la pensée
métaphorique, absence de rêve, oubli des souvenirs, déficit de l’activité
projective, rupture du tissu symbolique, problématique annulée, déniée, clivée,
etc.
-
en terme de compétence, richesse des défenses de type opératoire ou
logique, transfert massif, violence sous-jacente proche de l’animalité (Christophe Dejours), trop grande prégnance du réel, etc.
-
en terme de difficultés de repérage de signifiants.
Quelle que soit la mosaïque des handicaps précités faisant obstacle à
l’analyse, le noyau psychosomatique est immergé dans le narcissisme paradoxal
et l’archaïque et doit être traité en tant que tel dans un “revécu” d’affects, d’émotions, par l’image puis le mot.
Acertaines de ces difficultés, le R.E., par un aménagement original de la cure,
peut apporter un confort technique dans l’abord des processus défensifs ou
carentiels propres au noyau psychosomatique. Il peut permettre une extension
du champ analytique, aux territoires inconscients, annulés, déniés, scotomisés,
clivés et un traitement plus particulier du pôle archaïque.
Bipolarité du cadre analytique du rêve-éveillé
1) Le pôle transférentiel et le pôle Rêve-Éveillé
On attribue classiquement deux pôles à l’analyse par le rêve-éveillé, le pôle
transférentiel et le pôle rêve-éveillé, au patient de trouver selon le moment de
la cure le pôle privilégié. Il est bien sûr quelque peu artificiel d’isoler ainsi deux
pôles de fonctionnement, le flux transférentiel infiltre bien sûr toute la cure, les
scénarios de rêves-éveillés comme les séances entre les rêves-éveillés.
Cependant, cet aménagement particulier apporte quelques réponses techniques
aux difficultés transférentielles rencontrées en psychosomatique. Le ou les
transferts, sont des relations d’objet, des déplacements d’objet. Le “transfert est
une maladie d’amour, mais d’un amour qui comme bien des amours se trompe
d’objet”. Mais, en analyse, c’est la règle du jeu. L’analyste n’est qu’un leurre,
un portemanteau à fantasmes, voire un vestiaire à fantasmes. Comme le fait
remarquer avec beaucoup d’humour Gilbert Maurey
[1] en parlant du paradoxe de
la situation analytique : “L’analyste se porte en quelque sorte garant de l’illusion
qu’il représente”.
Les termes des prémices du discours amoureux issus des noyaux psycho-somatiques sont pour le moins paradoxaux, ambigus, ambivalents, contradictoires. C’est la coexistence possible de la palette des extrêmes, de la relation
apparemment pauvre au transfert massif mortifère.
L’inconscient est parfois hérétique, il ignore et dédaigne l’orthodoxie des
règles classiques du parfait fonctionnement de la cure analytique. L’inconscient ne s’engouffre pas que dans le transfert ou dans les transferts, tout comme
la verbalisation n’est que l’écume de la représentation.
La souplesse du cadre du rêve-éveillé donne la liberté aux avatars des
contenus des noyaux psychosomatiques de se transférer aussi et ailleurs que dans
les transferts. Les processus multiformes issus des noyaux psychosomatiques
vont pouvoir entre autre, se “re-vivre” différemment, se déplacer, se déployer
dans les scénarii rêves-éveillés qui sont un des moments forts de la cure mais
qui s’inscrivent toujours dans la palette d’un continuum du processus analytique.
Les séances du rêve-éveillé sont en quelque sorte, non le temps de l’interprétation, mais le temps du traitement, le temps du soin, des transferts difficiles, impossibles, inavouables ou meurtriers.
Ce n’est pas un mince avantage en psychosomatique que de pouvoir
proposer un libre champ possible au jeu de la violence incluse dans les noyaux
psychosomatiques. Dans les scénarii du rêve-éveillé, que l’on compare parfois
à des psychodrames individuels, peuvent se vivre s’apprivoiser, se métaboliser
(partiellement bien sûr) l’agressivité, le négatif, les multiples partitions attribuées aux registres de Thanatos, sans mettre en péril la demeure c’est-à-dire le
cadre analytique, comme c’est souvent le cas. Le rêve-éveillé aura pour fonction
de dériver, de métaboliser, d’expliciter autrement les affects transférentiels
insoutenables, intolérables pour le patient.
2) Les alternances dans le Rêve-Éveillé
Un autre aspect de la bipolarité dans le rêve-éveillé est l’utilisation des alternances dans la forme des séances :
- Alternance des séances de rêve-éveillé et des séances de reprise ou relecture
du texte du rêve-éveillé.
- Alternance de la position du corps. Pendant les séances de rêve-éveillé, le
patient est allongé, tandis qu’il est le plus souvent en face à face pendant les
séances de reprise du texte rêve-éveillé. Ce sont là de fécondes originalités du
cadre du rêve-éveillé.
A) Alternances des séances du rêve-éveillé et des séances de reprise ou
relecture du texte du rêve-éveillé
Entre les séances de rêve-éveillé proprement dit, ces moments forts de la cure,
s’exprimeront dans la libre association et le transfert des rejetons de l’inconscient avec son arsenal défensif. On racontera entre autre les rêves nocturnes, les
autres rêves, le quotidien, le passé, le présent, l’ébauche du futur. Mais ici, la
libre association pourra s’étayer sur le matériel du rêve-éveillé. En effet, de ces
rêves-éveillés demeure un texte, et c’est de ces textes dont il sera beaucoup
question dans l’intervalle des rêves-éveillés. Les signes graphiques consignés
par la main de l’analyste dans le dossier-mémoire du patient sont comme la
pointe de l’iceberg de son inconscient.
Ce texte peut être qualifié de “brut” comme on parle ailleurs d’art brut. Ce
texte est le témoin d’un moment de régression particulier du rêve-éveillé,
pendant lequel il est permis d’égarer les outils de la pensée logique et opératoire.
Ce texte est souvent comme un noyau de condensation, un ferment sursaturé de
sens. Ce texte va être utilisé comme un objet support et va induire le cheminement
associatif.
Les modalités de reprise de ce texte varient d’un sujet à l’autre, et au cours
d’une cure. Certains patients se souviennent de leur rêve-éveillé, d’autres
presque pas et nous demandent de relire.
Il s’agit moins de disséquer un texte pour en extraire le sens, comme au
baccalauréat de français, que de susciter des percées, des ponts associatifs. Le
discours va s’abreuver, se ressourcer aux représentations du rêve-éveillé,
véritables nœuds de condensation de contenus psychiques.
Le va-et-vient entre le texte ancien et le discours présent interpelle différents
niveaux de l’organisation psychique du prégénital au génital. Il facilite une
libération de l’activité fantasmatique dont témoigne souvent la richesse, la
densité des rêves-éveillés et des rêves nocturnes et la liberté, la fluidité du
discours associatif.
“Les rêves-éveillés permettent souvent la mémorisation des rêves nocturnes.
Rêves-éveillés et rêves nocturnes s’articulent étroitement, ils sont le
laboratoire
l’un de l’autre. Parfois, les rêves nocturnes peuvent être relus en séance comme
un rêve-éveillé, d’autres fois, la bribe d’un rêve nocturne pourra constituer le
point de départ d’un rêve-éveillé. Souvent, le rêve nocturne ponctue un moment
clé de la dynamique inconsciente et vient
comme entériner le travail de réélaboration du rêve-éveillé”
[2].
On peut se demander avec les théoriciens de la mémoire qui s’interrogent
sur les bases biologiques de celle-ci, si dans la reprise du texte du rêve-éveillé
nous n’aidons pas le matériel advenu pendant les séances à se transformer de
mémoire courte en mémoire longue. On peut ainsi faciliter une meilleure
intégration de ce qui se rejoue et combler aussi certaines brèches de l’univers
psychique chez ces patients.
B) Alternance des positions
Le plus souvent avec les patients psychosomatiques, les séances de rêveéveillé se font allongées tandis que les autres séances se poursuivent en face à
face. Cependant, les pratiques varient souvent en fonction de la personnalité du
patient et de celle du thérapeute.
Personnellement, nous voyons dans cette possibilité d’alternance de
positions bien des avantages thérapeutiques.
On a beaucoup insisté, à juste titre, sur la prudence nécessaire et le besoin
de pare-excitation des patients psychosomatiques, à certains moments de la
cure. Le cadre du rêve-éveillé permettra de réguler avec une certaine souplesse
cette prudence nécessaire. Le face à face est souvent plus rassurant, car la
position allongée a souvent une connotation mortifère. Le face à face souvent
dédramatise et permet au sujet de se situer dans une référence collective et dans
un imaginaire partagé. Mais les avantages du face à face en psychosomatique
ne conduisent pas à la paralysie analytique. Bien au contraire, ces séances vont
parfois permettre d’utiliser d’autres objets supports au cheminement associatif.
Il se peut parfois que dans une étape intermédiaire, le dessin, la pâte à
modeler ou des photos soient nécessaires. Il me semble judicieux avec certains
patients, même adultes, d’avoir à portée de la main, du papier, des crayons, des
feutres, de la pâte à modeler pour ce qui ne peut pas s’associer en mots, s’élabore
d’abord en dessins, formes ou couleurs. Ce sont souvent des contenus très
morcelés ou très agressifs que nous livrent alors certains patients.
Le génogramme du patient sera un autre objet-support. Il sera toujours à la
portée de la main, toujours en perpétuelle gestation et remaniement pendant la
cure. Ce ne sera pas un objet fétiche, mais un instrument de travail, un support,
un nouveau registre sur lequel viendront se transférer, se transcrire les multiples
et variables états civils du patient et de sa lignée. Je n’insisterai pas sur l’importance en pathologie psychosomatique des identifications imaginaires, des
pathologies transgénérationnelles, des télescopages des signifiants dataux et
nominaux.
Le sociogramme du patient, pourra parfois devenir un autre objet-support.
Souvent la réalité est trop prégnante, elle rend dérisoire le retour sur le passé.
Établir avec le patient le sociogramme de l’entreprise où il travaille ne me
semble pas déshonorant pour un analyste. Etablir avec le patient un socio-gramme permet de mieux faire comprendre au couple patient-thérapeute ce qui
se passe dans un certain réel, et de mieux percevoir parfois comment le patient
projette son propre génogramme et recrée au sein de l’entreprise sa propre
situation familiale.
Aider à exorciser le champ de perceptions et le champ du réel ne me semble
pas indigne du travail du psychanalyste, surtout lorsqu’on connaît la virulence
de certains chocs avec le réel en clinique psychosomatique.
Dans tout ce cheminement, le patient se sent accompagné de l’écoute, du
regard de l’analyste. Le dossier mémoire et les reprises du texte en font foi. Ces
actes renvoient à la fonction miroir du regard des instances parentales dans
lequel l’enfant a recherché son identité. Souvent, chez les patients psychosomatiques, ce regard fut défaillant, et les ruptures nombreuses. Beaucoup ont
souligné l’absence de l’angoisse du 8e mois, et les altérations de l’image spéculaire dans la genèse des troubles psychosomatiques. Pendant la cure, le thérapeute sera un nouveau miroir, venant suppléer les défaillances anciennes. Ce
nouveau regard servira d’étayage à de nouvelles et de meilleures identifications, il aura une fonction identifiante.
Rêve-éveillé et narcissisme paradoxal
Le narcissisme paradoxal est un concept surtout utilisé par les analystes
d’enfants psychotiques et les analystes thérapeutes familiaux. Il semble utile et
opératoire dans la compréhension du noyau psychosomatique qui nous
confronte à la paradoxalité avec des éléments violents, contradictoires, inconciliables, non opposables.
D. Anzieu, S. Decobert, P.C. Recamier ont défini une position narcissique
paradoxale qui précéderait la position schizoparanoïde de M. Klein. Cette
position narcissique primaire est bipolaire. Elle comprend un pôle de liaison
narcissique positif ou vivant, Eros en quelque sorte, et un pôle narcissique
négatif (Green) encore appelé par Pasche antinarcissique, non vivant ou
Thanatos. Cette position négative est caractérisée par des angoisses catastrophiques de non intégration. C’est bien des angoisses catastrophiques d’étouffement, d’écrasement, de chute dans le vide, de précipitations, de sidération, de
chaleur, de refroidissement qui sont jouées, vécues, rejouées, revécues dans les
scénarii rêve-éveillé.
J.-P. Caillot et G. Decherf notent : “La défense normale contre ces angoisses
catastrophiques est liée à la capacité du sujet à instaurer un rythme d’oscillations satisfaisant entre deux pôles”, c’est-à-dire un rythme satisfaisant entre
Eros et Thanatos. C’est bien ce travail de distanciation entre ces deux pôles, qui
sera l’objet du rêve-éveillé, cela par la médiation de vécus rythmiques et
contrastés. Comme l’écrit Geneviève Haag
[3] : “les structures rythmiques de type
oscillatoire, pendulaires ou tourbillonnaires semblent être à la fois la forme,
l’expression et la représentation de l’instinct de vie, des pulsions vitales dans
leurs racines les plus biologiques”.
En rêve-éveillé, on peut évoquer des vécus rythmiques ou contrastes,
opposés ou contradictoires en suggérant de percevoir, par exemple, des rythmes
musicaux, ou des opposés tactiles ou de couleurs (chaud-froid, rond-pointu,
noir-blanc), etc.
Cette interpellation ne se fait pas au hasard, elle est guidée par le contenu
latent du matériel de l’analyse des patients psychosomatiques. Ce matériel est
particulièrement prégnant dans les cures des patients asthmatiques, allergiques,
dans certaines stérilités lorsqu’en particulier le temps cyclique est altéré.
En psychosomatique, l’étau se resserre entre Eros et Thanatos, mais toutes
les confusions de signifiants épinglées dans les lignées, les biographies et les
chronologies des patients psychosomatiques resteraient lettres mortes s’ils ne
venaient bouillir dans la marmite rêve-éveillé, avec la pâte archaïque qui leur
a permis d’advenir. Les rythmes qui permettent au paradoxal de se métaboliser
s’articulent avec les rythmicités symboliques de la cure dont nous avons déjà
parlé, alternances des rêves-éveillés, et des séances autres, et alternances des
séances en position allongée et en position assise.
En centrant à certains moments de la cure sur le revécu, la réexpérimentation de la souffrance et d’affects, nés de propositions contradictoires, nous
induisons le travail symbolique là où il puise son exigence première.
En effet, ce travail de symbolisation puise sa nécessité dans la souffrance née
de l’écart des vécus bipolaires, paradoxaux, ambigus, dans le désarroi né des
opposés psychiques qui s’articulent autour des couples présence-absence, pleinvide, plaisir-déplaisir, puissance-impuissance, vie-mort.
L’activité symbolique est une activité de maîtrise et de remplacement dont
l’objet est de remplacer le disparu, le blanc, le vide, l’écart par une manifestation,
un signe, une représentation.
Gérard Decherf
[4] écrit : “la relation d’objet paradoxal est une relation
contenant-contenu réversible, dans laquelle le rythme paraît jouer un rôle fondamental. Elle est aux confins de l’irreprésentabilité et elle engendre au niveau de
la pensée l’indécibilité”. Certes nous sommes aux limites de l’indicible et de
l’indivisible mais le rêve-éveillé permet, ose là une représentation et un début
de symbolisation.
Rêve-éveillé, genèse et deuil
La maladie psychosomatique met en échec l’élan vital. Celui-ci puise son
souffle dans les identifications primaires et les structures langagières et prélangagières qui l’ont sponsorisées. Aussi ne serons-nous pas étonnés qu’une cure
de patients psychosomatiques soit plus qu’une autre, une quête sur les origines,
une interrogation sur la scène primitives et le rêve-éveillé une matrice dans
laquelle vont se retrouver, dans la métaphore, les traces de vécus très anciens,
et se remodeler les identifications primaires et plus tardives.
Le symptôme psychosomatique exhibe un deuil, témoigne d’une perte, c’est
une assertion devenue banale, encore faut-il savoir quoi et qui enterrer dans
cette chasse aux fantômes. Les aménagements particuliers de la technique du
rêve-éveillé pourront parfois nous permettre d’ouvrir des pistes interdites et
d’organiser nombre de funérailles.
Problématiques annulées, déniées, clivées, ignorées, nous ne nous
prononçons pas sur les lieux géographiques des territoires à explorer, nous
savons qu’ils peuvent concerner la série génitale et prégénitale.
Les thèmes sont parfois des agents techniques intéressants dans cette exploration. Ils sont le plus souvent libres, autrement, ils sont des hypothèses interprétatives utilisées à un moment de la cure pour guider ou aider le patient dans
un imaginaire redouté. Par exemple, dans un cas de pelade où il y a surinvestissement de la pulsion scopique et du couple voir-être vu, l’analyse n’a été
possible que grâce à des bandeaux ou des caches apposés au regard voyeur.
Nous avons pu ainsi avoir accès, entre autre, à la problématique relevant de la
scène primitive et des origines. La liste serait longues de ces hameçons tendus,
les énumérer les connoterait de gadgets, ce qu’ils ne doivent surtout jamais être.
Ces thèmes sont la formulation de nos interrogations, sur nos intuitions de
certaines hypothèses émises et possibles à propos de telle ou telle maladie pour
mieux accompagner le patient au moment venu dans l’analyse d’espaces
psychiques fortement interdits et pour cela pathogènes.
Bien sûr, pouvons-nous nous interroger sur le sens et le non sens de ces
constructions fantasmatiques, le sens découvert est-il le vrai sens, n’avons-nous fait que donner du sens, et ce sens n’est-il qu’un leurre, bouche-trou à
d’autres béances ? Cependant, certains résultats cliniques étonnent : que penser
après 3 ans 1/2 d’analyse marquée par un long travail de deuil, de la programmation inconsciente de l’accouchement d’un enfant le jour même de la mort de
son père, chez une patiente adressée pour stérilité ?
Cette stérilité était liée à une anovulation apparue 7 ans plus tôt lors du décès
de son père.
La pratique clinique rend prudent et modeste, le rêve-éveillé n’a pas de
réponse à tout, mais cependant, nous sommes autorisés a penser que bien
souvent il permet une extension du champ analytique et rend possible une
analyse chez des patients chez qui les processus défensifs la rendaient difficile,
voire impossible.
·
AUMAGE M. (1983). Cheminement analytique par le Rêve-Eveillé d’un patient atteint
de maladie de Hodgkin. Études Psychothérapiques, n°51.
·
AUMAGE M. (1984). Temps et espace inscrits dans le corps ou les temps enchevêtrés
(une cure d’asthme). Études Psychothérapiques, n°55.
·
AUMAGE M. (1984). Interprétation du déni. Cahiers du GIREP, n°15.
·
AUMAGE M. (1984). Cure et environnement professionnel. Études Psychothérapiques,
n°58.
·
AUMAGE M. (1985). Quelques aspects de l’approche par le Rêve-Eveillé en psycho-somatique. Psychiatrie Française, n°5.
·
AUMAGE M. (1987). Le cadre du Rêve-Eveillé et extension du champ analytique,
Revue de Psychosomatique, n°9.
·
Par les membres du groupe de psychosomatique, (1983). Intérêt du Rêve-Eveillé dans
les cures de patients psychosomatiques. Études Psychothérapiques, n°51.
·
FABRE N., MAUREY G. (1985). Le Rêve-Éveillé analytique, Toulouse : Privat ed.
·
LAUNAY J., LEVINE J., MAUREY G. (1975). Le Rêve-Eveillé Dirigé et l’inconscient.
Bruxelles : Dessart et Malaga Ed.
[1]
FABRE N., MAUREY G. :
Le Rêve-Eveillé analytique, Privat, 1985.
[2]
AUMAGE M. : Le cadre du rêve-éveillé et extension du champ analytique.
Revue de Psycho-somatique, n°9,1987.
[3]
HAAG Geneviève : Hypothèses sur la structure rythmique du premier contenant.
GRUPPO,
n°2,1986.
[4]
DECHERF Gérard, CAILLOT J.-P. : La position narcissique paradoxale,
revue GRUPPO,
n°1,1985.