Imaginaire & Inconscient
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2913062644
170 pages

p. 115 à 118
doi: en cours

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no 2 2001/2

 
TRANSFERT CONTRE-TRANSFERT Jean Guillaumin Ed. L’Esprit du Temps, 1998,266 p.
 
 
Ce livre est fait d’une série d’articles parus pendant 20 ans dans diverses revues. Le premier interroge le désir de guérir, qui devient maintenant la réclamation de bien-aller et pose la question essentielle : “Qui guérit qui ?”. Pollux s’est-il guéri seul de son envie de ne pas guérir ?
Puis vient “la douleur est-elle un inanalysable ?”. Il ne suffit pas d’être un psychanalyste pour avoir une écoute psychanalytique (ce qui nous paraît vrai, hélas). La neutralité bienveillante est-elle compatible avec l’expérience de la douleur ? L’écoute flottante en tout cas apparaît peu compatible. Le soi-disant Œdipe se voit lorsque des organisations narcissiques se masquent en début de cure sous une névrose œdipienne comme Domitien. Peut-on accéder à la couche profonde du contre-transfert dans le travail psychanalytique et le doit-on ? Quatre exemples de cures montrent que le patient est toujours capable de détruire au dernier moment les quelques progrès qu’il semble avoir fait. L’idée de clivage du moi est difficile à penser. Et faut-il la réserver aux seules perversions et psychoses ? Son analyse est certainement risquée, car selon Bayle “Tu cliveras ton prochain comme toi-même”.
Le chapitre 6 traite de la technique et pratique chez Freud en 1920 à 64 ans sur un cas d’homosexualité féminine (une Dora II ?). Contre-transfert et filiation traite du fait que le contre-transfert est au centre de la transmission psychanalytique. Mais qu’en est-il alors puisque selon Freud le transfert se caractérise par des méprises psychiques ? Le nouveau praticien en vient-il à emprunter à son parent analytique son identité de contre-transférant ? Et dans ce phénomène qui séduit qui ?
On ne donne jamais que ce que l’on n’a pas et surtout en psychanalyse. Il faut en effet donner à un autre ce qu’on a reçu d’un précédent (ce que certains ont nommé la passe), donc on transmet le présence de l’absent (le didacticien du didacticien), c’est cela l’institution psychanalytique. La part transmise c’est la capacité de tolérer la frustration au prix du renoncement à nos rêves de toute puissance narcissique.
La transmission en négatif se trouve dans le processus de transformation par lequel quelqu’un devient analyste. Le négatif c’est l’insu, le laissé pour compte, l’ombre des parents. C’est ainsi que l’on reçoit de l’autre ce qu’il n’est pas. Car ce qui est donné sans deuil arrime narcissiquement le donataire au donateur, au lieu de le libérer (certes, rien n’est plus ridicule que ces analystes imitateurs et clones de leur didacticien). La formation ne peut pas être un gavage surmoïque de procédés. Si la part obscure est ignorée, elle rend l’analyse inachevable.
Les contrebandiers du transfert transmettent donc une part mystérieuse de négatif. Cela vient de ce que transfert et contre-transfert naissent ensemble lors de la rencontre analytique dans une complicité originellement nébuleuse et s’appuient l’un sur l’autre tout au long de la cure.
 
LE TRANSFERT, étude psychanalytique Michel Neyraut Paris, PUF, 1974
 
 
L’originalité du livre de Neyraut a été, dès 1974, de proposer la précession du contre-transfert sur le transfert. Cela paraît paradoxal, car selon la conception logique, on ne peut être contre quelque chose qui n’existe pas encore. Le malheur est que Gegen, contre, ne signifie pas opposé ou après mais aussi à côté et lié. Neyraut définit la transfert par la répétition bien plus que par la relation a l’analyste : “L’essence du transfert est dans le mouvement qui transfère et répète un mode de relation, il n’est pas cette relation, il en est le transfert”. Il y a donc lieu de le considérer comme un point d’arrivée toujours surprenant, énigmatique et toujours à découvrir. “Le transfert est un quiproquo à contre-temps. Son déplacement consiste à le renvoyer à qui de droit et à sa place”. Donc Neyraut a parfaitement raison de faire remarquer que le contre-transfert doit préceder le transfert car celui-ci met du temps à s’installer dans la cure, alors que l’analyste l’attend (donc de façon contre-transférentielle). Dès le rêve fondateur de l’injection faite à Irma le contre-transfert de Freud était présent. Le transfert est un concept apparu après-coup et conçu dès le début comme un obstacle. Il a donc été précédé par le contre-transfert qui est son antécédent historique. Les deux proviennent de la même source. Mais le lieu d’où l’on parle est différent et c’est ainsi que peut se soutenir le déséquilibre de la situation analytique.
Toute interprétation est, dit-on, une interprétation dans le transfert. Certes. Mais plus réellement elle est une interprétation dans le contre-trans-fert, selon Neyraut. Au lieu de concevoir le transfert comme un obstacle au contre-transfert, il faut penser au contraire le contre-transfert comme l’obstacle au libre déroulement du transfert dans la cure. En effet une partie du transfert est déterminée en réaction au contre-transfert de l’analyste. (Ce qui nous paraît maintenant évident). Quand à l’analyste il cherche certes l’élucidation de tout le discours du patient, mais surtout l’élucidation de tout ce qui se passe en lui et de tout ce qu’il éprouve.
En fait Neyraut élargit la notion de contre-transfert, en le définissant comme “tout ce qui ressort de l’analyste”. Il lui restait à déterminer l’origine du contre-transfert.
 
LIVRES SUR LE TRANSFERT
 
 
AMBROSI J. 1998, Transfert et relation de sympathie, Paris, L’Harmattan
BONNET G. 1991, Le transfert dans la clinique psychanalytique, Paris, PUF
BONNET G. 1996, La violence du voir, Paris, PUF
BOUVET M. 1968, Résistances, transfert, Paris, Payot
CHINOSI P. 1996, Transfert et structure en psychanalyse, Paris, L’Harmattan
FEDIDA P. 1992, Crise et contre-transfert, Paris, PUF
FREUD S. 1912, La dynamique du transfert, in De la technique psychanalytique, ch.6, Paris, PUF, 1953
FREUD S. 1915, Vue d’ensemble sur les névroses de transfert, Paris, Gallimard, 1987
FUA T.H. 1994, L’idéal du moi dans le contre-transfert, Lyon, Césura
GATTÉGNO J.P. 2000, Mortel transfert, Paris, LGF poche
GODFRIND J. 1992, Les deux courants du transfert, Paris, PUF
GUILLAUMIN J. 1998, Transfert, contre-transfert, Bordeaux, L’Esprit du temps.
HASSÉ Y. 1984, Transfert, Paris, éd. Demeure
HEIMANN P. 1950, On counter-transference, Inter. J. of Psychoanalysis, 31, p. 81-84
KAUFMANN E. 1991, Transfert, Paris, éd. des femmes
KLEIN M. 1995, Transfert et autres écrits, Paris, PUF
KSENSÉE A. 2000, La psychanalyse d’Alice D. un témoignage, Paris, Calman-Lévy
LACAN J. 1991, Le séminaire, livre 8, Paris, Le Seuil, ch. 13 Critique du contre-transfert, p. 215-232
LAGACHE D. 1952, Le transfert, Paris, PUF
MESBAH M. 1999, Le transfert dans le champ freudien, Paris, L’Harmattan
M’UZAN (de) M. 1966, Transferts et névrose de transfert, in Revue fr. de Psychanalyse, 32,2, p. 235-241
M’UZAN (de) M. 1977, De l’art à la mort, Paris, Gallimard, 202 p.
M’UZAN (de) M. 1994, La bouche de l’inconscient, Paris, Gallimard
NACHT S. 1969, Du transfert et du contre-transfert, La théorie analytique, Paris, PUF.
NEYRAUT M. 1974, Le transfert, étude psychanalytique, Paris, PUF.
NEYRAUT M. 1978, Les logiques de l’inconscient, Paris, Hachette
SAFOUAN M. 1988, Le transfert et le désir de l’analyste, Paris, Seuil
SANDLER J. 1976, Contre-transfert et rôle en résonance, Revue française de psychanalyse, 3
SEARLES H. 1981, Le contre-transfert, Paris, Gallimard.
STEIN C. 1999, Les Erinyes d’une mère, Toulouse, Eres
TOWER L. 1955, Contre-transfert, Paris, Navarin
WINNICOTT D.W. 1991, De la pédiatrie à la psychanalyse, Paris, Payot
 
REVUES
 
 
1952, Le problème du transfert, Revue française de Psychanalyse
1983, Le psychanalyste et son patient, Collectif, Privat
1985, L’amour de transfert, Etudes freudiennes
1986, Transfert et transferts, Etudes psychothérapiques
1989, Le contre-transfert, Journal de psychanalyse de l’enfant
1991, Du transfert, Psychanalyse à l’Université, 64
1992, Des états limites, de l’alliance thérapeutique, Collectif, Des Femmes
1993, Le transfert dans tous ses errata, Collectif, Paris, Epel
1994, Travail de contre-transfert et fonction contenante, Revue Française de Psychanalyse, LVIII
1999, A propos du transfert en psychanalyse, collectif, Paris, Cerf
2000, Transfert négatif, Collectif, PUF
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