Imaginaire & Inconscient
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2913062644
170 pages

p. 7 à 19
doi: en cours

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no 2 2001/2

2001 Imaginaire & Inconscient

L’évolution du concept de transfert chez Freud

Jacques Natanson Professeur honoraireUniversité Paris X Nanterre Membre associé du G.I.R.E.P.450 allée du clair vallon 76230 Bois-Guillaume
La notion de transfert apparaît dans l’œuvre de Freud dès 1895. Il s’agit surtout de la relation médecinmalade. Dans la cure de Dora, comme dans celle de l’Homme aux rats, il est question des transferts autant que du transfert, qui joue cependant un rôle décisif, éclairci dans les textes postérieurs, à la fois comme résistance et comme moteur de la cure.Mots-clés : Transfert, Cure, Traitement, Résistance, Dynamique. The notion of transference appears in Freud’s works as early as 1895. It primarily concerns the practitionerpatient relation. In Dora’s treatment as well as in the Rat Man’s one, transferences are in question as much as transference which plays, however, a decisive role, enlightened in later texts, both as resistance to and motor of treatment.Keywords : Transference, Treatment, Resistance, Dynamics.
Selon Le vocabulaire de psychanalyse de Laplanche et Pontalis, la notion de transfert (Ubertragung en allemand, transference en anglais) désigne “le processus par lequel les désirs inconscients s’actualisent sur certains objets dans le cadre d’un certain type de relation établi avec eux et éminemment dans le cadre de la relation analytique. Il s’agit là d’une répétition de prototypes infantiles vécue avec un sentiment d’actualité marqué.”
Freud ne parle jamais du transfert sans en souligner l’étrangeté – le caractère surprenant, gênant, incongru. Beaucoup de ces passages sont connus. Celui-ci l’est moins. A la fin de Psychanalyse et médecine, Freud vient de parler de l’influence personnelle de l’analyste, qui est le vrai moteur de la cure, car c’est la foi et l’attachement du névrosé envers l’analyste qui le poussent à travailler à sa propre guérison et à surmonter les résistances. Tout ne va-t-il pas alors au mieux ? demande l’auditeur impartial. “Oui, cela devrait être, répond Freud. Mais alors surgit une complication inattendue. Ce fut peut-être la plus grande des surprises pour l’analyste : le sentiment que le malade se met à lui porter est d’une nature toute particulière. Le premier médecin – ce n’était pas moi [1] – qui tenta une analyse se heurta à ce phénomène et en fut décontenancé. Ce sentiment est en effet, pour parler clair, de nature amoureuse. Voilà qui est curieux, n’est-ce pas ?” [2]. Freud note que ce sentiment est en contradiction avec l’attitude réservée de l’analyste, et le fait que souvent il n’a rien d’un séducteur : les rapports du malade avec l’analyste “ne devraient comporter qu’une certaine dose de respect, de confiance, de reconnaissance et de sympathie humaine” [3]. Or on trouve toujours dans la situation analytique cet amour compulsionnel, “sans qu’on en puisse trouver une explication rationnelle”.
Freud note cependant que le caractère compulsionnel n’est pas étranger aux autres amours. Et il indiquera que le transfert est “un phénomène humain général, il domine toutes les relations d’une personne donnée avec son entourage humain” [4]. S’agissant de l’amour “analytique”, poursuit Freud dans le texte que j’ai commencé à citer, on finit par comprendre ce qui se passe : “le malade répète, sous la forme de cet amour pour l’analyste, des événements psychiques qu’il a déjà une fois vécus – il a transféré sur l’analyste des attitudes psychiques qui étaient déjà prêtes en lui et sont en rapport intime avec sa névrose. Et il répète aussi sous nos yeux ses réactions de défense d’alors; il aimerait reproduire, dans ses rapports avec l’analyste, toutes les vicissitudes oubliées de sa vie. Ce qu’il nous montre est ainsi le noyau de son histoire intime, il le reproduit de façon palpable, présente, au lieu de s’en souvenir [5].
Il me semble qu’on trouve dans ce texte l’essentiel de la définition du transfert comme répétition en acte, opposée à la remémorisation – et aussi les ambiguïtés qui ont conduit par la suite à poser un certain nombre de problèmes sur lesquels les différents courants de la psychanalyse ne sont pas d’accord aujourd’hui. Le transfert est-il une notion très générale, s’appliquant à tous les aspects de la vie affective et relationnelle – et en ce sens on peut parler de transfert en éducation, en médecine, dans les relations de travail et les institutions ? Ou faut-il limiter l’usage du terme de transfert à la situation analytique, dans le cadre de laquelle il a été découvert ? Et dans cette dernière hypothèse, faut-il appeler transfert l’ensemble de la relation entre l’analysant et l’analyste – ce que semble faire parfois Freud lui-même – ou le réserver, comme cela semble être le cas dans le texte que je viens de commenter, à la phase où les sentiments de l’analysant prennent la forme, jugée plus ou moins excessive et étonnante, de l’amour de transfert, voire même à la phase appelée parfois névrose de transfert ? Rappelons à ce propos que le terme de névrose de transfert a deux sens. Il peut désigner :
  • soit les névroses comme l’hystérie ou la névrose obsessionnelle, qui, par opposition aux névroses narcissiques, comportent un déplacement de la libido du moi sur des objets, et se prêtent à la constitution d’une névrose de transfert au sens suivant;
  • soit la névrose artificielle dans laquelle tendent à s’organiser les manifestations du transfert.
Nous essayerons d’abord de retrouver les premières ébauches de la notion de transfert dans l’histoire de la découverte par Freud de la psychanalyse.
Le transfert apparaît bien dans la première expérience de traitement d’une malade par ce qu’elle appelait elle-même la “talking cure”. Il s’agit du cas d’Anna 0., traité par Breuer en 1880-1882, alors qu’il ne connaissait pas encore Freud, et rapporté à Freud par la suite, avant d’être décrit dans leur livre commun Etudes sur l’hystérie, de 1895. Mais Breuer ne parlait guère de l’issue du traitement, au grand étonnement de Freud. Il disait d’ailleurs que chez cette malade le facteur sexuel ne jouait aucun rôle. Mais Freud finit par reconstruire cette issue à partir de certaines remarques de Breuer : “Après que le travail cathartique eût semblé terminé, s’était tout à coup produit chez la jeune fille un état d’“amour de transfert” qu’il n’avait plus alors rapporté à sa maladie, ce qui fait que tout interdit il avait pris la fuite” [6]. C’est peu après que Freud fait lui-même la première expérience du transfert, qui est une des raisons de sa décision d’abandonner l’hypnose, dont “les plus beaux résultats eux-mêmes s’évanouissent soudain, dès que la relation personnelle au patient était troublée. Ils reparaissaient, certes, lorsqu’on avait trouvé le chemin de la réconciliation, mais on avait appris que la relation affective personnelle était plus puissante que tout travail cathartique et justement ce facteur se soustrayait à notre maîtrise. Puis je fis un jour une expérience qui me montra sous un jour des plus crus ce que je soupçonnais depuis longtemps. Comme ce jour-là je venais de délivrer de ses maux une de mes plus dociles patientes, chez qui l’hypnose avait permis les tours de force les plus réussis, en rapportant ses crises douloureuses à leurs causes passées, ma patiente, en se réveillant, me jeta les bras autour du cou. L’entrée inattendue d’une personne de service nous évita une pénible explication, mais nous renonçâmes de ce jour, et d’un commun accord, à la continuation du traitement hypnotique. J’avais l’esprit assez froid pour ne pas mettre cet événement au compte de mon irrésistibilité personnelle et je pensais maintenant avoir saisi la nature de l’élément mystique agissant derrière l’hypnose. Afin de l’écarter, ou du moins de l’isoler, je devais abandonner l’hypnose” [7].
Freud revient sur cet aspect affectif de la relation médecin-malade dans les Etudes sur l’hystérie, en commençant par la relation vue du côté du médecin, sous l’aspect qu’on appellera par la suite le contre-transfert : “le procédé en question (la psychothérapie telle qu’il la pratique en 1890, où il n’a pas encore abandonné l’hypnose) est fatigant pour le médecin, lui prend un temps considérable et présuppose chez lui un grand intérêt pour les faits psychologiques et beaucoup de sympathie personnelle pour les malades qu’il traite” (souligné par moi, J.N.).
Freud indique que la difficulté concerne aussi les malades : “l’adhésion totale des patients, leur entière attention, mais surtout leur confiance sont indispensables puisque l’analyse nous entraîne toujours vers les faits les plus secrets, les plus intimes. Bien des malades, parmi ceux auxquels le traitement se prêterait le mieux, échappent au médecin dès qu’ils ont le moindre soupçon de la voie où va les entraîner cette investigation. Pour ceux-là, le médecin est demeuré un étranger (souligné par moi, J.N.). D’autres se décident à se livrer au médecin, à lui témoigner une confiance que l’on n’accorde généralement que par choix libre et sans qu’elle soit jamais exigible. Pour ces patients-là, il est presque inévitable que les rapports personnels avec leur médecin prennent, tout au moins pendant un certain temps, une importance capitale. Il semble même que cette influence exercée par le médecin soit la condition même de la solution du problème” [8].
Freud enfin, toujours dans ce même chapitre, se penche sur les cas où la relation avec le malade est “troublée” de telle sorte que cesse la docilité du malade vis-à-vis du médecin, et que la prise de conscience des idées pathogènes est rendue plus difficile.
Ce trouble se produit dans trois cas :
  • la malade se croit négligée, humiliée ou offensée par le médecin;
  • la malade a peur de trop s’attacher au médecin, d’en être trop dépendante ou même de lui être “sexuellement asservie”;
  • la malade craint de reporter sur la personne du médecin les représentations pénibles nées du contenu de l’analyse : “le transfert au médecin est réalisé par une fausse association” [9]. Une patiente complètement bloquée au cours d’une séance finit par avouer à Freud qu’elle avait éprouvé pour lui, au cours de la précédente, le même désir d’être embrassée qu’elle avait éprouvé longtemps auparavant lors d’une conversation avec un autre homme. “Le contenu du désir, explique Freud, avait surgi dans le conscient de la malade, mais sans être accompagné du souvenir des circonstances accessoires susceptibles de situer ce désir dans le passé. Le désir actuel se trouva rattaché, par une compulsion associative, à ma personne… Dans cette mésalliance (en français dans le texte) – à laquelle je donne le nom de faux rapport – l’affect qui entre en jeu est identique à celui qui avait jadis incité ma patiente à repousser un désir interdit”. La solution, à cette époque (antérieure à la découverte de Œdipe), est toujours de “ramener l’obstacle au conscient du malade” [10].
C’est dans le texte Fragment d’une analyse d’hystérie, paru en 1905, qu’apparaît pour la première fois clairement la notion de transfert. Il s’agit du fameux cas de Dora, une jeune fille que Freud traita pendant les trois derniers mois de l’année 1899. Le cas de Dora est relativement un échec puisque Dora interrompt la cure au bout de trois mois, alors que Freud envisageait une année. Mais Freud lui-même, dans le texte qu’il publie, attribue cet échec à la méconnaissance du transfert, ou du moins à un traitement inadéquat du transfert.
On sait que Dora est plus ou moins coincée dans un réseau de relations entre ses parents – surtout son père – et un couple d’amis de ses parents, M. et Mme K. Mme K. est la maîtresse du père de Dora – mais il y avait eu aussi une intimité quasi amoureuse entre Mme K. et Dora. Par ailleurs, l’occasion de certains troubles chez Dora ayant donné lieu à la demande de traitement avait été fournie par une tentative de séduction de M. K. sur Dora, essayant de l’embrasser et recevant une gifle.
Commentant le départ de Dora, Freud semble l’interpréter dans un premier temps comme une vengeance dirigée contre le fait qu’il a réveillé en elle “les pires démons incomplètement domptés au fond de l’âme humaine”. Et il se demande :
“Serais-je parvenu à retenir la jeune fille si j’avais moi-même joué vis-à-vis d’elle un rôle, si j’avais exagéré la valeur qu’avait pour moi sa présence et si je lui avais montré un intérêt plus grand, ce qui, malgré l’atténuation qu’y eût apporté ma qualité de médecin, eût un peu remplacé la tendresse tant désirée par elle ? Je ne sais.” Et il poursuit : “Comme une partie des facteurs qui s’opposent à nous en tant que résistance nous restent, dans tous les cas, inconnus, j’ai toujours évité de jouer des rôles et me suis contenté d’une part psychologique plus modeste. Malgré tout l’intérêt théorique, tout le désir qu’a le médecin d’être secourable, je me dis qu’il y a des limites à toute influence psychique et je respecte de plus la volonté et le point de vue du patient” [11].
Dans la conclusion, analysant de façon plus systématique, et sans doute avec plus de recul, les causes de l’échec de la cure de Dora, Freud renvoie précisément à la notion de transfert, en indiquant clairement que dans un certain nombre de cas “le retard apporté à la guérison ou à l’amélioration n’est en réalité dû qu’à la personne du médecin” [12].
Il définit les transferts (le pluriel doit être noté) comme “de nouvelles éditions, des copies des tendances et des fantasmes qui doivent être éveillés et rendus conscients par les progrès de l’analyse, et dont le trait caractéristique est de remplacer une personne antérieurement connue par la personne du médecin” [13]. Des états psychiques antérieurs revivent, non comme états passés, mais comme états actuels, orientés sur la personne du médecin. Ce que résume ainsi Michel Neyraut dans son livre Le transfert : “ le transfert est un quiproquo à contre-temps. Son dépassement consiste à le renvoyer à qui de droit et à sa place” [14].
Le transfert, poursuit Freud, ne peut être évité, “il faut combattre cette nouvelle création de la maladie comme toutes les précédentes”, mais c’est plus difficile. Car le malade fournit du matériel pour l’interprétation avec les rêves et les associations, “c’est le malade lui-même qui donne toujours le texte. Mais le transfert, par contre, doit être deviné sans le concours du malade, d’après de légers signes et sans pêcher par arbitraire. Cependant, le transfert ne peut être évité, car il est utilisé à la formation de tous les obstacles qui rendent inaccessible le matériel, et parce que la sensation de conviction relative à la justesse des contextes reconstruits ne se produit chez le malade qu’une fois le transfert résolu” [15].
On voit que l’accent est mis sur le transfert comme résistance, même s’il y a une allusion au fait que l’interprétation – construction n’entraîne la conviction du patient qu’une fois qu’on est passé par le transfert et qu’on l’a dépassé.
Toutefois, un peu plus loin, Freud va jusqu’à écrire : “le transfert, destiné à être le plus grand obstacle à la psychanalyse, devient son plus puissant auxiliaire si on réussit à le deviner chaque fois et à en traduire le sens au malade” [16]. Ici, la notion de transfert est généralisée (le transfert) et envisagée comme un processus global, présent non seulement dans la cure psychanalytique, mais dans tous les processus de guérison (dans les maisons de santé, dans l’hypnose) où ce qui est décisif ce sont “les transferts que le malade effectue régulièrement sur la personne du médecin”. Mais dans les cas autres que la cure psychanalytique il s’agit de “transferts affectueux et amicaux”, et le malade se détache du médecin qui ne lui est pas “sympathique” (les guillemets sont de Freud). Par contre, dans le traitement psychanalytique, “même les tendances hostiles doivent être réveillées, utilisées pour l’analyse en étant rendues conscientes; ainsi se détruit sans cesse à nouveau le transfert”. On voit ici apparaître la différenciation entre la simple bonne relation affective et confiante au médecin sympathique, et une utilisation systématique du transfert en tant qu’émergence de tendances inconscientes, aussi bien négatives que positives, qui peuvent être analysées – et aussi “détruites” en tant que perturbatrices inconscientes.
Dans le cas de Dora, explique Freud, l’empressement avec lequel elle mit à sa disposition une partie du matériel pathogène “me fit oublier de prêter attention aux premiers signes de transfert qu’elle préparait au moyen d’une autre partie de ce même matériel, partie qui me restait inconnue”. Il apparaissait clairement à Freud que Dora lui associait l’image de son père – ce qui l’empêcha de voir ce qu’il aurait dû voir, à savoir que c’est aussi bien l’image de M. K. que Dora transférait sur lui. Notamment, p. 53 et suivantes, Dora raconte que le matin au réveil elle perçoit une odeur de fumée – ce qui évoque pour Freud le fait que lui-même énonce souvent, quand il interprète, l’adage : “il n’y a pas de fumée sans feu”. Freud, par la suite, assimilera ce fantasme au désir de recevoir un baiser de fumeur, comme celui qu’elle avait reçu de M. K. En fait, tout se passe comme si Dora assimilait Freud à M. K., en vertu d’un facteur inconnu qu’il dit ne pas avoir réussi à découvrir, et elle se vengeait de Freud en le quittant comme elle avait quitté M. K. pour le punir de l’avoir abandonnée au profit d’une gouvernante qui lui avait raconté son aventure avec M. K. – le récit de cette gouvernante étant rapporté par Dora dans la dernière séance. Freud avait bien repéré quelque chose de ce processus, mais, explique-t-il, “je négligeai ce premier avertissement, je me dis que j’avais encore largement le temps puisqu’il ne se présentait pas d’autres signes de transfert et que le matériel de l’analyse n’était pas épuisé. Ainsi, je fus surpris par le transfert et c’est à cause de ce facteur inconnu par lequel je lui rappelais M. K. qu’elle se vengea de moi, comme elle voulait se venger de lui; et elle m’abandonna comme elle se croyait trompée et abandonnée par lui. Ainsi, elle mit en action une importante partie de ses souvenirs, au lieu de la reproduire dans la cure” [17]. Ce qui confirme Freud dans cette hypothèse, c’est que Dora, quinze mois plus tard, vient le trouver pour une névralgie faciale qui dure depuis quinze jours, et Freud lui fait reconnaître qu’elle a lu il y a quinze jours une nouvelle le concernant. La névralgie faciale est interprétée comme autopunition de la gifle donnée à M. K., assimilé à Freud.
C’est seulement dans une note de la page 90 en 1923 que Freud, avec plus de recul, prend conscience de sa véritable erreur : il n’avait pas perçu que la tendance psychique inconsciente de Dora était son amour homosexuel pour Mme K. dont elle vantait la blancheur de la peau, qui faisait l’objet de sa jalousie pour ses rapports avec son père et avec M. K., et qui avait été son initiatrice sexuelle, ce qui explique que Dora est capable de comprendre le sens d’associations qui impliquent des connaissances anatomiques précises (nymphes – petites lèvres, par exemple). Freud ajoute cette remarque qui situe bien le lien entre perception du transfert et contre-transfert : “avant que je reconnusse l’importance des tendances homosexuelles chez les névrosés, j’échouais souvent dans des traitements ou bien je tombais dans un désarroi complet”.
Avec L’homme aux rats, nous avons une cure achevée, dont non seulement le texte est publié, mais pour laquelle nous avons tout à fait exceptionnellement conservé les notes de Freud, qu’il détruisait d’habitude et dont il existe aux P.U.F. une édition bilingue avec une traduction d’Elga Ribeiro Hawelka. Celle-ci note dans son commentaire qu’un transfert amical réciproque s’établit dès le premier entretien. Le patient, Ernst Lehrs, porte le même prénom que le second fils de Freud, lui-même ainsi prénommé en hommage à Ernst Brücke, le professeur vénéré de physiologie de Freud. Et de façon étonnante, l’amie du patient s’appelle Gisela, comme l’objet du premier amour de Freud adolescent, Gisela Fluss.
Dès la deuxième séance, le patient raconte l’histoire du capitaine cruel qui décrivait le supplice oriental des rats introduits dans l’anus, mais il s’interrompt en demandant à Freud de lui faire grâce des détails, ce que Freud refuse tout en l’assurant qu’il n’a quant à lui aucun penchant pour la cruauté, moyennant quoi le patient l’appelle plusieurs fois “mon capitaine” [18]. “Tout en se plaignant de l’incompréhension des médecins, il me loue discrètement et mentionne qu’il a lu un extrait de ma théorie sur les rêves” [19].
Au cours des séances suivantes, Freud entreprend de persuader le patient qu’il a souhaité la mort de son père. Après avoir résisté un moment, le patient donne libre cours à son agressivité contre Freud. Mais pour qu’il se décide à accepter ses sentiments inconscients envers son père, “il lui fallut, écrit Freud, passer par la voie douloureuse du transfert… Aussi finit-il par m’injurier dans ses associations, moi et les miens, de la façon la plus grossière et la plus ordurière, cependant que consciemment il n’éprouvait pour moi que le plus grand respect. Son comportement, pendant qu’il me faisait part de ses injures, était celui d’un désespéré : “Comment pouvez-vous supporter, Monsieur le Professeur, disait-il, de vous laisser injurier par le sale type que je suis ? Il faut que vous me mettiez à la porte; je ne mérite pas mieux” [20]. Il s’agite dans la pièce, comme s’il avait peur d’être frappé, ou, s’il est sur le divan, protège sa tête avec ses mains. Au terme de ce processus, écrit Freud, “il ne put se soustraire à l’effet convaincant de l’analogie complète entre les fantasmes de transfert et la réalité de naguère” [21]. Par exemple, l’ambivalence envers le père s’exprime dans le rêve suivant : la mère de Freud est morte. Il veut venir faire ses condoléances, mais craint d’avoir le rire impertinent qu’il a eu dans des occasions analogues; il préfère donc laisser sa carte en y écrivant p.c. (pour condoléances) qui devient p.f. (pour féliciter). Autre fantasme : il prend pour la fille de Freud une jeune fille rencontrée dans l’escalier, elle lui plaît; il pense alors que si Freud est si bon avec lui, c’est qu’il souhaite lui voir épouser la fille en question, mais du coup il va devenir infidèle à son amie – et incestueux qui plus est puisqu’il se vit comme fils de Freud; ceci l’amène à revivre d’une part des jeux sexuels avec une de ses sœurs, d’autre part la volonté de sa famille de lui voir épouser une fille riche au lieu de son amie – d’autant plus que son père, lui, l’avait fait – il avait abandonné une fiancée jolie mais modeste pour épouser sa mère, élevée par de riches industriels chez qui le père avait pu se faire une belle situation. On voit comment les fantasmes transférentiels se greffent sur des bribes quasi imaginaires pour reconstituer tout un roman familial. Et cela passe par l’injure. Ce qu’il faut remarquer à propos de l’injure, c’est le contraste entre le texte publié et le manuscrit, le texte publié étant quasi complètement épuré, ou expurgé, de ce que la fantasmatique transférentielle peut avoir de scabreux et choquant, et que nous pouvons reconstituer grâce au manuscrit.
Par exemple, le patient voit le corps nu de la mère de Freud, “le bas-ventre et surtout le sexe sont entièrement dévorés par moi et les enfants” [22]. Au cours d’une séance suivante, “autre irruption d’une idée des plus horribles : il se fait envoyer ma fille dans sa chambre, en m’ordonnant de l’amener pour qu’il la lèche”, ce qui fait affleurer entre autres le calembour sur le nom de Freud : Freudenhaus Mädchen (“fille de maison de joie”) [23].
Quelque temps après, écrit Freud, “il interrompt l’analyse pour me communiquer un transfert”. On notera ici que le terme désigne un scénario imaginaire, un fantasme qui a un rapport avec l’analyste : “plusieurs enfants sont couchés par terre et il s’approche de chacun d’eux et leur fourre dans la bouche”. L’un d’eux est le fils de Freud, représentant le frère du patient qui a mangé ses excréments à l’âge de deux ans. “Ensuite, changement : c’est moi (Freud), et je le fais à ma mère”. L’interprétation renvoie notamment au père du patient qui était volontiers vulgaire et aimait beaucoup des mots comme “cul” et “chier”, ce qui épouvantait sa mère [24].
Par la suite, lui revient le ressentiment contre sa mère qui veut lui faire épouser une riche héritière, comme son père lui-même a abandonné sa fiancée pauvre au profit de sa mère plus riche. Cela se manifeste par une grande irritation contre Freud, des insultes : “il me reproche de me fourrer les doigts dans le nez, refuse de me donner la main, pense qu’on finira bien par dresser un pareil cochon.… il se défend visiblement contre la tentation de fantasier qu’il épouserait ma fille au lieu de sa cousine, et aussi contre celle d’injurier ma femme et ma fille. Un transfert s’exprime crûment par : Mme F. peut le lécher dans le cul (révolte contre la famille la plus considérée) [25].
On remarquera que dans ce texte un transfert désigne un fantasme se rapportant à l’analyste, bien souvent à travers sa famille, et renvoyant aux rapports du patient avec sa propre famille.
On voit donc apparaître ici en action ce que Freud va appeler, à partir de l’article de 1912 sur La dynamique du transfert, le transfert négatif, qui joue un rôle nécessaire dans la cure comme favorisant l’émergence du refoulé, certes revécu plutôt que remémoré mais permettant à travers l’interprétation un accès à la remémoration.
Freud est désormais en possession d’une définition plus précise du transfert, de ses diverses formes, de son rôle dans la cure. Le transfert est un déplacement, une “mésalliance”. A l’origine du phénomène sous sa forme la plus générale, il y a le fait que “chaque individu, de par l’action concomitante d’une prédisposition naturelle et des faits survenus pendant son enfance, possède une manière d’être personnelle, déterminée, de vivre sa vie amoureuse… On obtient ainsi une sorte de cliché (quelquefois plusieurs), cliché qui, au cours de l’existence, se répète plusieurs fois, se reproduit quand les circonstances extérieures et la nature des objets le permettent” [26].
Sous sa forme négative, ou sous sa forme positive érotique, le transfert peut favoriser la résistance au traitement : car un désir interdit peut plus difficilement être avoué s’il s’est fixé sur la personne de l’analyste. Par contre, le transfert positif sous sa forme modérée, sympathie ou estime, est un facteur de succès dans la mesure où il pousse l’analysant à progresser pour complaire à l’analyste. Toutefois, ce type de formulation, qu’on trouve dans l’article sur La dynamique du transfert, n’est qu’un premier niveau de la vérité. Car, comme on le voyait bien dans la cure de “l’homme aux rats”, le transfert négatif a lui-même un rôle positif : d’une part parce qu’il manifeste la résistance et que cette manifestation rend possible le travail sur la résistance, et d’autre part parce qu’il contribue à fournir un matériel qui peut être interprété et donc contribuer à la levée du refoulement.
Pourquoi le transfert est-il indispensable au progrès de la cure ? Freud donne une réponse métaphorique mais suggestive : “Ce fragment de vie affective qu’il ne peut plus rappeler dans son souvenir, le patient le revit dans ses relations avec le médecin; et ce n’est qu’après une telle reviviscence par le transfert qu’il est convaincu de l’existence comme de la force de ses mouvements sexuels inconscients. Les symptômes qui, pour emprunter une comparaison à la chimie, sont les précipités d’anciennes expériences d’amour (au sens le plus large du mot), ne peuvent se dissoudre et se transformer en d’autres produits psychiques qu’à la température plus élevée de l’événement du transfert. Dans cette réaction, le médecin joue, selon l’excellente expression de Ferenczi, le rôle d’un “ ferment catalytique ” qui attire temporairement à lui les affects qui viennent d’être libérés” [27]. Au-delà de la métaphore, l’explication, telle qu’elle apparaît notamment dans l’Introduction à la psychanalyse, se réfère au mécanisme de la constitution de la névrose. La névrose est due au refoulement, on la guérit en levant le refoulement, en remplaçant l’inconscient, en transformant le conflit pathogène parce qu’inconscient en conflit conscient normal. Mais nous avons cru à tort que la chose était simple, qu’il nous “suffisait de découvrir l’inconscient et de le mettre sous les yeux du malade”. Car le refoulement est maintenu par la résistance, la névrose est un compromis qui comporte un certain équilibre et des bénéfices secondaires : le malade, poursuit Freud, “a besoin d’une puissante impulsion qui fasse pencher la décision dans le sens… de la guérison.” [28] Ce n’est pas l’ignorance du refoulé qui est le facteur pathogène, mais la résistance qui l’a provoquée et la maintient : la simple connaissance ne suffit pas plus que ne pourrait le faire en cas de famine la distribution de menus aux affamés. Pour vaincre cette résistance, il faut que puisse entrer en jeu une compulsion à reproduire en acte les situations qui ont fait l’objet du refoulement : “Les émois inconscients tendent à échapper à la remémoration voulue par le traitement, mais cherchent à se reproduire suivant le mépris du temps et la faculté d’hallucination propre à l’inconscient. Comme dans les rêves, le patient attribue à ce qui résulte de ses émois inconscients réveillés un caractère d’actualité et de réalité. Il veut mettre en actes ses passions, sans tenir compte de la situation réelle. Or le médecin cherche à le contraindre à intégrer ces émois dans le traitement et dans l’histoire de sa vie, à les soumettre à la réflexion et à les apprécier selon leur réelle valeur psychique. Cette lutte entre le médecin et le patient, entre l’intellect et les forces instinctuelles, entre le discernement et le besoin de décharges, se joue presque exclusivement dans les phénomènes du transfert. C’est sur ce terrain qu’il faut remporter la victoire dont le résultat se traduira par une guérison durable de la névrose. Avouons que rien n’est plus difficile en analyse que de vaincre les résistances, mais n’oublions pas que ce sont justement ces phénomènes-là qui nous rendent le service le plus précieux en nous permettant de mettre en lumière les émois amoureux secrets et oubliés des patients et en conférant à ces émois un caractère d’actualité. Enfin, rappelons-nous que nul ne peut être tué in absentia ou in effigie [29].
C’est pour maintenir cette dynamique que Freud est amené à énoncer un certain nombre de règles concernant l’attitude du médecin, qui “doit demeurer impénétrable et, à la manière d’un miroir, ne faire que refléter ce qu’on lui montre” [30]. C’est le maniement du transfert qui permet d’enrayer l’automatisme de répétition et de le transformer en une raison de se souvenir [31], et “le nom de psychanalyse ne s’applique qu’aux procédés où l’intensité du transfert est utilisée contre les résistances” [32]. C’est pourquoi aussi le traitement doit se pratiquer dans l’abstinence, en ce sens “qu’il faut laisser subsister chez le malade besoins et désirs, parce que ce sont là des forces motrices favorisant le travail et le changement”. “Répondre à la demande d’amour du patient reviendrait à imiter le prêtre invité au chevet d’un agent d’assurances mécréant : à la sortie de leur long entretien, le mécréant ne s’est pas converti, mais le prêtre a contracté une assurance” [33].
Notons enfin que, dans son article Observations sur l’amour de transfert, Freud semble nuancer ce qu’il a dit ailleurs sur le caractère illusoire de l’amour de transfert. Certes, cet amour est déterminé par la situation analytique, et non par les mérites personnels de l’analyste. Certes, il faut maintenir le transfert comme quelque chose d’irréel. Mais en disant cela nous ne disons pas toute la vérité. Même si dans l’amour de transfert la résistance joue un rôle important, ce n’est pas elle qui a créé cet amour. Qu’il soit une réédition de réactions infantiles ne constitue pas non plus une preuve de son irréalité, car c’est le propre de tout amour, d’où il tient son caractère compulsionnel et frisant le pathologique. Bref, “rien ne nous permet de dénier à l’état amoureux, qui apparaît au cours de l’analyse, le caractère d’un amour “véritable” [34]. S’il est interdit à l’analyste de répondre à l’amour de transfert, ce n’est pas tant pour des raisons morales que pour des raisons techniques, car cette réponse serait la fin de l’analyse. Quelques remarques pour finir.
En premier lieu, l’existence du transfert contribue à donner un caractère très particulier à la connaissance de l’inconscient. Le type de savoir qu’implique la théorie psychanalytique se caractérise par un rapport particulier à la clinique. Or l’expérience clinique n’est accessible qu’à celui qui a fait l’expérience de la psychanalyse, et qui a donc suivi la voie du transfert pour accéder à la connaissance de soi – condition pour pouvoir aider d’autres sujets à parcourir ce chemin.
Tout se passe comme si un tel savoir ne pouvait donc s’acquérir que par un chemin qui est de l’ordre de l’initiation.
En second lieu, le transfert est ambivalent dans tous les sens du mot, et notamment par son rôle et par ce qu’il représente dans l’histoire du sujet. A la fois positif et négatif, à la fois résistance et source de levée du refoulement, à la fois régression et progression, il est le domaine où se vit de la façon la plus dramatique le rôle du temps dans l’existence du sujet humain. Le sujet humain est une histoire à laquelle sa préhistoire est toujours à la fois présente et absente, le temps de cette histoire est toujours en vérité d’une certaine façon un temps retrouvé, ou à tout le moins à retrouver. “Le temps du transfert, écrit Eliane Amado – et c’est pourquoi le sujet s’y laisse toujours prendre – est la résurgence d’une vie primitive et naïve, il est le temps vécu dans sa verdeur première. Mais il est aussi, vécu hic et nunc à travers les différents aspects de la situation actuelle, l’effort du sujet pour saisir le présent. Il est le germe d’une durée régénérée” [35]. Mais ceci passe par le temps de l’interprétation, avec sa dimension de perlaboration. Le sujet ne peut retrouver le souvenir en échappant à la pure répétition que dans le dialogue avec autrui. Je conclurai encore avec Eliane Amado : “L’appel du sujet tend au dialogue. Il s’oriente vers un temps de la réponse. Le transfert ne constitue une “révélation” que par le temps de l’interprétation qui… réponse de l’autre… libère quelque chose du sujet qui est sa fonction même” [36].
 
NOTES
 
[1]On sait qu’il s’agit de Breuer, après l’épisode d’Anna O. Cf. Ma vie et la psychanalyse, p. 39.
[2]Psychanalyse et médecine, pp. 193 - 194.
[3]Ibid., p. 194.
[4]Ma vie…, p. 65.
[5]Psychanalyse et médecine, p. 196.
[6]Ma vie et la psychanalyse, p. 39.
[7]Ibid., pp. 4 4-41.
[8]Etudes sur l’hystérie, 214.
[9]Ibid., p. 245.
[10]Ibid., p. 246.
[11]Cinq psychanalyses, p. 82.
[12]Ibid., p. 86.
[13]Ibid., pp. 86-87.
[14]Neyraut M. (1974), Le transfert, Paris : P.U.F., p. 131.
[15]Cinq psychanalyses, p. 87.
[16]I bid., p. 88.
[17]Ibid., p. 89.
[18]Ibid., p. 209.
[19]Manuscrit, p. 12 - non reproduit dans l’article publié.
[20]Cinq psychanalyses, p. 235.
[21]Ibid. p. 229.
[22]Ibid., p. 155.
[23]Ibid., p. 159.
[24]Ibid., p. 163.
[25]Ibid., p. 181.
[26]La technique psychanalytique, op. cit., p. 51.
[27]Cinq leçons sur la psychanalyse, p. 61.
[28]Introduction à la psychanalyse, p. 477.
[29]La technique psychanalytique, p. 60. Cf. aussi p. 103 : « Le traitement analytique, en utilisant les énergies prêtes à être transférées, fournit les quantités d’affects nécessaires à la suppression des résistances ».
[30]Conseils aux médecins, loc. cit., p. 69.
[31]Remémoration, répétition et élaboration, loc. cit., p. 113.
[32]Le début du traitement, loc. cit., p. 103.
[33]Observations sur l’amour de transfert, loc. cit., p. 123.
[34]Ibid., p. 127.
[35]Amado E. (1972), Le dialogue psychanalytique, Paris : P.U.F., p. 71.
[36]Ibid., pp. 73-74.
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[3]
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[4]
Ma vie…, p. 65. Suite de la note...
[5]
Psychanalyse et médecine, p. 196. Suite de la note...
[6]
Ma vie et la psychanalyse, p. 39. Suite de la note...
[7]
Ibid., pp. 4 4-41. Suite de la note...
[8]
Etudes sur l’hystérie, 214. Suite de la note...
[9]
Ibid., p. 245. Suite de la note...
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Ibid., p. 246. Suite de la note...
[11]
Cinq psychanalyses, p. 82. Suite de la note...
[12]
Ibid., p. 86. Suite de la note...
[13]
Ibid., pp. 86-87. Suite de la note...
[14]
Neyraut M. (1974), Le transfert, Paris : P.U.F., p. 131. Suite de la note...
[15]
Cinq psychanalyses, p. 87. Suite de la note...
[16]
I bid., p. 88. Suite de la note...
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Ibid., p. 89. Suite de la note...
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Ibid., p. 209. Suite de la note...
[19]
Manuscrit, p. 12 - non reproduit dans l’article publié. Suite de la note...
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Cinq psychanalyses, p. 235. Suite de la note...
[21]
Ibid. p. 229. Suite de la note...
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Ibid., p. 155. Suite de la note...
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Ibid., p. 159. Suite de la note...
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Ibid., p. 163. Suite de la note...
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Ibid., p. 181. Suite de la note...
[26]
La technique psychanalytique, op. cit., p. 51. Suite de la note...
[27]
Cinq leçons sur la psychanalyse, p. 61. Suite de la note...
[28]
Introduction à la psychanalyse, p. 477. Suite de la note...
[29]
La technique psychanalytique, p. 60. Cf. aussi p. 103 : « L...
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[30]
Conseils aux médecins, loc. cit., p. 69. Suite de la note...
[31]
Remémoration, répétition et élaboration, loc. cit., p. 113. Suite de la note...
[32]
Le début du traitement, loc. cit., p. 103. Suite de la note...
[33]
Observations sur l’amour de transfert, loc. cit., p. 123. Suite de la note...
[34]
Ibid., p. 127. Suite de la note...
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Amado E. (1972), Le dialogue psychanalytique, Paris : P.U.F...
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Ibid., pp. 73-74. Suite de la note...