Images de la violence dans le Nouveau Testament
Jean-Louis Souletie
Le Nouveau Testament est rempli de violence institutionnelle, religieuse, physique et verbale. Cela culmine dans
l’exécution du Christ sur une croix d’esclave. Cependant cette
violence est comme oubliée dans l’approche la plus répandue de
l’évangile de nos jours. Loin d’être neutre, l’oubli de cette
violence indique les résistances que l’évangile continue de
susciter chez ses lecteurs. Les multiples projections qu’éveille la
figure diversifiée du Christ dans le N.T. aujourd’hui comme hier,
viennent buter contre le scandale de la croix. Celle-ci vient
inquiéter la mémoire qui enjolive les souvenirs pour en atténuer
sa violence. Au rendez-vous de la croix, l'évangile atteint ce qui
est trouble dans le lecteur car il touche ce qu’il ne maîtrise pas.
Il nous atteint d’abord là où nous pouvons l’entendre difficilement, dans ces régions archaïques chez tous et que le
théologien appelle pré-chrétiennes. La croix du Christ apparaît
comme une sorte de « trou noir » de l’imaginaire sur Dieu,
comme un défi imposé à la pensée. Sur elle, viennent buter nos
projections et se casser la bulle de nos images de Dieu. Une
liberté peut alors être retrouvée car les images ne font plus écran
à la vie, qui paradoxalement doit consentir à la mort pour être la
vie, pour accepter qu’une autre, qu’une nouvelle « image » de
Dieu lui soit révélée.Mots-clés :
Violence, Passion, Projection, Image, Mémoire.
The New Testament is full of institutional, religious, physical and verbal violence. This culminates with the
execution of Christ on a cross used for slaves. Nevertheless,
this violence looks like oblivion as of today’s most approach
of the Gospels. Far from being neutral, this oblivion points to
the resistances the Gospel still induces in its readers. The multiple projections that the multifaceted figure of Christ in the
NT provokes today as it always has, come across the scandal
of the Holy Cross. It torments the memory, which embellishes
one’s recollections and lessens its violence. When meeting
with the Cross, the Gospel reaches for what is in its reader
because it touches what has not been mastered. It reaches first
of all where we can’t hear it, in our own archaic places that
theologians call pre-christian. The Holy Cross looks like a
kind of « black hole » of the imagery about God, some kind of
challenge to thinking. Our projections will come across it and
break through the « bubble » of our images of God.A piece of
freedom can be found back then, since the images don’t veil
life anymore. As a paradox, life has to accept death to be alive
and another, a new « image » of God will come forth.Keywords :
Violence, Passion, Projection, Image, Memory.
• Les images de Dieu crucifiées
• Garder la mémoire de la violence
• Une mémoire dangereuse
• La violence de la lecture
• Le jugement libérateur
• Bibliographie