2001
Imaginaire & Inconscient
Les traces de la violence cachée
Marianne Simond
Psychologue Psychanalyste Rêve-Éveillé87 rue Nicolas Chorier 38000 Grenoble
L’auteur s’interroge sur l’utilisation des images dans le
travail d’élaboration de la violence. Elle fait appel à la notion de
trace, la met en lien avec différentes caractéristiques spécifiques des
images.
Dans des exemples empruntés au cinéma, puis à la littérature et
enfin à la clinique du rêve-éveillé, elle analyse l’effet produit ou
rencontré de la trace de trace.
La catégorie du direct et de l’indirect se trouve ici prise comme
repère. Des degrés peuvent être affectés à son repérage. Ce repérage
peut nous aider à nous situer au cœur de la cure, en particulier dans
le travail de retour sur le traumatisme initial.Mots-clés :
Élaboration, Image, Trace, Traumatisme, Violence.
The author questions the use of images in the working out of violence. She draws on the notion of trace, connects
it with different characteristics proper to images.
In examples borrowed from the cinema, then from literature and
finally from the awakened dream practice, she analyzes the effect
made or met of the trace of the trace.
Direct or indirect classification is used as reference mark.
Degrees can be affected to this marking, especially regarding the
working and looking back on the initial. traumaKeywords :
Working out, Image, Trace-Trauma, Violence.
L’interrogation sur la violence, sur sa place dans notre quotidien, sur les
attitudes mentales et concrètes que l’on peut adopter à son égard, apparaît largement
diffusée ces dernières années.
Le sociologue, l’analyste, le psychologue sont conviés, chacun face à des
attentes diverses, à apporter leur éclairage à ce qui est souvent présenté comme une
augmentation des manifestations de la violence.
Au cours de sa vie, chacun, en analyse ou hors analyse, est amené à se proposer
à soi-même des attitudes intellectuelles et concrètes, relationnelles, intérieures, au
contact de la violence… des autres. Au contact de la sienne propre, le travail
éducatif d’origine parentale et sociale contribue à la rendre contrôlable (c’est l’idée
qu’elle l’est qui est essentielle); au-delà, tout individu peut se questionner et la
démarche analytique peut permettre une intégration de la force pulsionnelle et une
nouvelle gestion des expressions de cette force.
Dans le contexte de l’analyse, se pose également la question du traumatisme
qu’a pu opérer une forme ou une autre de violence. La « construction de l’espace
analytique » (9), en rêve-éveillé, intègre un travail sur les images, qui sont sollicitées
chaque fois que c’est possible et, le cas échéant, dans un ensemble appelé rêveéveillé, à distinguer du rêve de sommeil et dont les images participent également
à l’architecture – gros œuvre et finitions – de la cure. Les liens entre violence et
images, les effets possibles de l’une sur les autres et réciproquement peuvent donc
faire l’objet d’un questionnement, à la fois pour échanger sur nos hypothèses et pour
faire travailler notre métier, notre ouvrage.
Mon objectif sera donc de poser des jalons, à la mesure de ce travail en analyse
rêve-éveillé. Auparavant, je détaillerai diverses caractéristiques concernant
violence et images, traces, détour et usage des mots, puis quelques exemples puisés
dans le cinéma et la littérature éclairant l’effet de trace, avec la particularité de la
trace de trace.
Le mot renvoie, dans les premières définitions à la notion de force (« force
violente »). Dans l’origine historique (7), on trouve les adjectifs impétueux,
emporté, dont l’idée se retrouve, dans des définitions plus récentes, avec l’adjectif
brutal. Ce qualificatif relève de l’animal, du non-travaillé, du sauvage auquel
s’apparente la violence, comme la discipline s’applique au domestiqué.
Pourtant, la violence peut exister aussi du côté de la discipline; elle relève, par
exemple, du registre de la contrainte, du registre de l’intensité, de la manière dont
est exercée la discipline.
Je retiens, de cela, deux champs d’extension du terme violence : la violence
comme force en action, force qui peut se diriger vers la destructivité, éventuellement destructivité elle-même ou encore simplement force, pour le premier de ces
champs et, pour le deuxième, l’intensité, la qualité, la caractéristique d’une action,
la manière dont elle s’exerce. Il s’agit alors d’un certain type d’intensité. Elle peut
également alors comporter une part de destructivité, une part de sauvagerie.
Un élément doit être ajouté à ces deux champs, à mon sens : l’effraction; même
si la destructivité n’est pas présente ni effective, l’effraction, elle, peut l’être : c’est
alors une action, l’effet d’une action, celle de briser, de casser, de rompre, brutalement ou effectivement, de rompre l’unité de la chose ou du sujet, de la personne,
d’en rompre l’enveloppe à la fois protectrice et garante d’une unité interne.
Quand il s’agit du sujet, le moi que l’enveloppe protège peut être divisé à l’intérieur. L’hypothèse que ce soit par l’effet d’une effraction antérieure se pose toujours.
Car l’effraction divise. Elle rend le sujet multiple.
Dans les actes, violence directe
La violence est aussi de multiples sortes, de multiples sources. Ce mot peut
décrire la terre entière ou une partie de la terre, sur un temps bref ou interminable,
dans la répétitivité ou la progression. Il peut concerner des êtres vivants de la terre
qui peuvent être, parmi d’autres, des humains. Les humains, à leur tour, peuvent être
à la source de violence dans leurs propres actes.
Dans le discours, le détour
Face à ces menaces de division, de destruction, de disparition, privilégier l’acte,
la violence directe ne peut se conjuguer, dans nos conditions habituelles de vie, avec
le durable. Il faut cesser un jour. Ou plutôt, on s’aperçoit un jour qu’on ne peut plus;
on (il ?) a d’ores et déjà cessé. Comment s’est opéré ce changement ? L’épuisement,
l’inventivité, la créativité, le désir, le plaisir ? Le langage se met en place ou plutôt
le langage s’est mis en place; il fait vivre d’autres plans, d’autres pans de l’activité
humaine, ouvre sur un nouvel univers.
S’il répond à la violence, le langage la déplace, la déplace dans le temps, dans
la pensée du réel.
Le langage utilisé pour décrire la violence est aussi paradigme de lutte contre
la destructivité de la violence; le langage employé pour traduire, exprimer la
violence est une forme de lutte contre la mort, la folie qui guette (« On parle pour
ne pas rester seul avec sa folie »(4)). Il lie, il fait vivre, il maintient, il soutient, il
crée, il invente, il détourne.
Ainsi joue-t-il parfois le double jeu de dire la violence, de la perpétuer, la
prolonger voire la produire et, sur un autre versant, de la dompter, la circonscrire,
la transformer.
Les premières traces sont des traces de passages. Images, elles peuvent être les
empreintes des pattes qui ont couru dans le sol meuble ou marché dans la neige. Les
voir dans le lieu où, après le passage de l’animal, de l’être vivant, elles demeurent
plus ou moins longtemps nous donne à penser l’image de l’animal, de l’être vivant
qui est passé par-là. Les empreintes sont des traces d’identité.
Le mot trace s’inscrit dans l’univers que l’être humain habite. C’est aux yeux
du sujet que se manifeste, avec ce sens, ce qui est une marque, un reste. C’est aux
yeux du sujet que cette marque se détermine comme trace, donnant des indications,
des éléments de connaissance, de reconnaissance, de catégorisation, mais invitant
aussi aux associations entre la trace et l’animal qui l’a laissée, émoi et frayeur par
exemple, curiosité et excitation joyeuse également dans d’autres cas. La trace
annonce la rencontre, crainte ou désirée, cette rencontre, peut-être à venir, fait de
la trace un avant, alors qu’elle est fondamentalement un après. La trace se trouve
donc, par sa nature, au cœur du vivant et au cœur de l’édifice du langage, sur deux
plans qui peuvent alors se conjuguer, celui de la connaissance et celui de l’affectivité, de l’émotion.
L’effraction récente, elle aussi, laisse des traces. Il s’agit moins facilement
d’images aussi manifestes que les empreintes de pas. Les traces d’effraction sont
les marques de la brisure, du forçage. Elles peuvent apparaître comme effritements,
débris, éraflures, meurtrissures, blessures, hématomes, plaies ouvertes.
La violence, celle qui détruit, modifie brutalement et en profondeur, détruit aussi
parfois ses propres traces dans le tourbillon de son effectivité. Les traces qui restent
sont celles de la dernière violence.
Images et images, directes ou indirectes
Le même mot (images) peut recouvrir des entités radicalement différentes. Je
ne chercherai pas ici à faire un catalogue exact, logique, exhaustif. Je me contente
de spécifier telle similitude, telle divergence entre les images qui naissent des mots,
mots écrits ou mots prononcés, lus ou entendus et les images directes, proposées
de manière directe et définie, par la photographie, le film, l’exposition, l’exposé,
l’illustration mais susceptibles d’être reflétées par des mots, dans un registre donc
différent.
La catégorie du direct et de l’indirect est ainsi retenue, comme pour le discours.
Le texte mais aussi la séquence utilisent et organisent un discours. Le message
– pluriel éventuellement – plus ou moins direct ou complexe, traduit le sens.
Des caractéristiques liées à l’imaginaire et aux cortèges affectifs doivent aussi
distinguer les images nées des mots et les images directes. On peut penser, en effet,
voire constater, que ces cortèges, ces affects plus ou moins organisés en souvenirs,
en histoires, en constructions psychiques accompagnent de manière plus libre les
images initialisées par les mots, qu’ils se déploient, dans ce cas, plus facilement,
se diversifient plus largement.
Là aussi, images et mots se conjuguent; l’affect les accompagne et c’est le
travail du sens, qui se fraie son chemin dans les conjugaisons et les musiques, les
combinaisons et les mosaïques, qui sous-tend l’indication portée de cette méthode
thérapeutique.
Les images sont indirectes, ne se partagent que sur la valeur de l’échange, de
l’écoute, de l’acceptation que chacun image le rêve dit en séance et l’image donc,
probablement, à sa façon. Pour l’analysant, l’imagerie précède le mot; la plupart
du temps, les mots décrivent un en-train-de-se-voir. Puis un croisement s’opère sur
un mot qui, à son tour, fait image. Ou bien, un lapsus fait bifurquer le regard et le
fil des mots. Ou encore, le rêveur hésite, cherche à dire et les mots qui finissent par
jaillir, émerger, précèdent, à leur tour, l’image qui vient les étoffer.
Ce jeu entre les images et les mots se diversifie différemment en analyse rêveéveillé, en texte littéraire, en production cinématographique.
Pour la première, images et mots sont le fruit de détours, quand le registre de
l’imaginaire est concerné. Dans le texte écrit, les mots sont visibles sur des supports
concrets, les images et le sens s’en échappent. Les images du film sont des images
capturées puis libérées à chaque projection, grâce à l’écran, la surface qu’elle
peuvent venir colorer. À ces images directes, succèdent, pour le spectateur, d’autres
images, images indirectes, des mots aussi, encore différents, des mots qui disent le
sens.
Les images directes comme celles de la publicité utilisent, à leur manière, des
figures de style, qui sont transposées du discours littéraire. L’ouvrage de Fontanier
(1), par son titre (Les figures du discours) reflète bien ce mouvement qui peut aller
des images aux mots et des mots aux images et cela d’autant plus qu’il peut être
utilisé lui-même pour ce décryptage éclairé.
Les images, directes mais construites, des illustrations animées qui constituent
le film, peuvent être, elles aussi, une transposition du discours littéraire.
À ce stade je ne me situe pas dans une problématique de réflexion sur la place
des images entre les mots et les choses, aux côtés des mots et des choses, ni dans
la représentation, ni dans les places respectives du processus primaire et du
processus secondaire, toutes réflexions pourtant d’importance pour la théorie de
l’analyse rêve-éveillé.
Je limite, en effet, mon propos à la présentation et à une rapide analyse de
quelques images, directes pour certaines, indirectes pour d’autres, dans lesquelles
on constate les traces, les empreintes laissées par la violence, par l’effraction, la
force de destructivité. Cette présentation, cette analyse conduira à une recherche
du sens, que ces images, leur repérage peuvent revêtir pour nous, au cours de
l’analyse, entre autres, par rapport au traumatisme.
Si le travail de distanciation et d’élaboration permet de traiter la violence, ce
n’est donc pas dans l’ici et maintenant mais dans le juste après, juste à côté, ou un
peu après, un peu à côté, voire longtemps après, et loin de là. La trace est parfois
accessible, dans l’un de ces contextes.
Le regard de Méduse avait le pouvoir de pétrifier. Violence froide mais
destructive. L’image d’un tout premier détour, d’une toute première distanciation
peut être donnée par le recours au « bouclier parfaitement poli dans lequel la
Gorgone se reflétait sans que son assaillant ne risque d’être pétrifié par son regard »
(6). Le pouvoir destructeur du regard de la Gorgone se retourne contre elle-même,
son image lui est ainsi renvoyée.
Par la même occasion, le bouclier sert d’écran à cette image, à la fois la
présentant, sur sa face polie et l’empêchant d’atteindre Persée par l’envers opaque
de cette face polie. Ce détournement d’image constitue une des réponses possibles
à la violence initiale.
Cependant, il serait vain de croire qu’ainsi, Persée disposerait d’une image
(acceptable, assimilable sans mourir) de la violence du regard de Méduse. Il ne fait
que l’éviter.
Les images qui sont traces, empreintes laissées, permettent-elles un travail
d’élaboration secondaire ou permettent-elles d’en reconnaître plus facilement les
étapes ?
Dans ces images, le sujet rencontre la violence, elle n’est plus en acte mais il se
transmet encore, venant d’elle, une tendance destructive ou une intensité particulière, qui peuvent être décrites par le terme d’effraction ou de tentative d’effraction.
Le théâtre, la tragédie grecque tout particulièrement, offre au spectateur un
double intermédiaire avec l’acte odieux, avec l’acte de violence, avec l’effet de cet
acte sur la personne sur laquelle il s’exerce. Cet intermédiaire est réalisé, d’une part,
par la transposition de la scène réelle (ou imaginée comme réelle) en scène représentée, jouée : l’acteur n’est pas vraiment Œdipe, par exemple. Il est également,
d’autre part, concrétisé par le chœur, réalisé par la mise à distance du personnage
principal, d’Œdipe, vis-à-vis de tout assistant à la scène (5).
Les images documentaires, prises sur le vif (mais le vif de la violence est proche
de la rupture du vivant) constituent un type de relais qui cherche parfois à diminuer
au maximum l’effet médiateur du procédé utilisé, à traduire de manière brute ce à
quoi le cameraman ou le réalisateur assiste et dont est protégé le futur spectateur,
par la distance réelle à laquelle il se trouve, par rapport à la scène filmée.
Images violentes, traces détaillées
Dans le générique des Rivières pourpres (3), Matthieu Kassovitz accueille (ou
agresse d’entrée ?) le spectateur, avec des images de cadavre en décomposition. Ces
images, assemblages et successions de couleurs et de formes qui mettent mal à
l’aise, constituent une forme d’effraction. L’expression cadavre en décomposition,
une fois que le spectateur parvient à la penser (mais au bout de combien de
secondes ?), résout en partie cette effraction, donne sens aux images, aux alternances d’ombre et de lumière. Du fait qu’il s’agit du générique, de l’accueil,
disais-je, je peux penser que, dans le rapport entretenu avec le film, le spectateur
que je suis n’a pas encore eu le temps de se constituer une enveloppe commune avec
lui, une interface qui gère la rencontre, la permet, en maintenant le ou les filtres
appropriés.
Ce cadavre ou plutôt ces lambeaux de chair mal identifiables, aux couleurs
brunâtres, noirâtres, rougeâtres – que reste-t-il de ces couleurs, hormis leur connotation dérangeante ? – ces morceaux de peau, mal identifiés d’abord, entraînent
malaise et interrogation interne : Qu’est-ce que c’est ? Est-ce bien cela ? Le terme
de mutilation me vient à l’esprit. Il n’y a pas d’unité à ce corps, même atteint de
multiples blessures, parce qu’atteint de trop multiples blessures. Je me rappelle
vaguement qu’en anglais le mot corpse signifie cadavre. Je pourrais dire aussi corps
déchiqueté mais l’absence d’image totalisante ne me permet de garder véritablement que l’idée de déchiqueté et non pas celle de corps; Je me perçois bien aussi
devant une image de l’humain mais j’en reste là, à cet avant-le-sens, que m’adresse
cette succession d’images. Ma pensée tente de secondariser, de réunir ces éléments
visuels en une unité de sens et peut-être y parvient-elle à travers la question : Qu’est-il donc arrivé ? Et à travers la suivante, quelle violence est responsable de cet état
pour de l’humain ? Violence naturelle ? Violence animale ? Violence d’un meurtre ?
Bien entendu, le souvenir du prix payé pour occuper cette place m’amène à retenir
cette troisième possibilité.
Dans ce générique de film, la violence se dit à travers la trace que l’image
détaille. Le réalisateur choisit de réduire au maximum le filtre qui rendrait supportable cette violence. On peut d’ailleurs s’interroger sur sa motivation dans ce choix;
comme ce n’est pas là mon sujet, je ne m’y arrête pas. En revanche, il me paraît
opportun de souligner que la trace de la violence, ici, renvoie bien à la violence
d’origine (dans la suite du scénario en particulier), même si, selon ce que j’ai
cherché à montrer, elle se faisait aussi violence directe elle-même; trace de
violence, violence elle-même, serais-je tentée de dire.
Dans ce même film, d’autres images de cadavres violentés se prêtent à la même
observation, cependant, l’image la plus violemment spectaculaire représente un
corps ayant conservé quelque chose de son unité, ce qui n’était pas le cas dans
l’exemple du générique.
Peut-on dire, dans ces cas extrêmes, que l’image, quand elle est trace de
violence, remplit sa fonction médiatrice auprès du spectateur, face à la violence dont
le réalisateur veut faire ici l’exposé ? Ma tendance serait de répondre affirmativement à cette question, dans la mesure où les spectateurs (leur groupe constitue
aussi un espace d’accueil collectif de ce qui se passe sur l’écran, surtout quand ce
spectacle est à la limite de l’insoutenable) s’abstiennent de hurler (une telle
expression ferait, à son tour, effraction vis-à-vis des autres membres du groupe),
restent assis dans leur siège (n’est-ce pas aussi grâce aux bras du fauteuil qu’ils se
sentent contenus…?) et s’intéressent à la suite. Cependant, le débat reste ouvert.
Si j’ai évoqué, de manière allusive, Œdipe, sur la scène du théâtre, c’est principalement pour son acte meurtrier et ses actes incestueux; dans l’exemple
cinématographique que je viens de citer, le meurtre était une deuxième fois le
paradigme de la violence. Il parcourt de si nombreux romans et films policiers que
les exemples suivants s’y rapportent également. Ces exemples parlent de violence,
violence de meurtres dont des traces sont analysables et permettent le scénario,
l’histoire. On y trouve, c’est cela qui m’intéresse, un redoublement de la fonction
de trace et c’est ce que j’appelle la trace de trace.
Dans Scènes de crimes de Frédéric Schoendoerffer (8), les enquêteurs
constatent, cherchent, trouvent, après la découverte du cadavre ou de la disparition, les traces du crime. Traces laissées par la personne vivante : la vie
comme la violence laisse des traces; ou bien par l’acte meurtrier, par l’assassin. Quand ils l’ont retrouvée, ils constatent les traces laissées sur le corps de
la victime par l’acte meurtrier. C’est l’analyse de ces traces qui met les policiers sur la trace de celui qui laisse libre cours à une violence meurtrière et
sadique. Cet assassin fait le ménage après son passage, après les horreurs qu’il
accomplit, non pour supprimer le crime, mais pour rompre le lien qui le relierait aux traces qu’il aurait laissées.
Pourtant, même dans ce qui apparaît propre et clair, on peut trouver des restes
qu’il ne peut avoir vus. Traces invisibles à l’œil nu, comme par exemple le ou les
poils de chien et surtout les traces de la maladie de ce chien dont est porteur le poil
retrouvé. Trace sur trace.
L’image de la trace de trace, je la trouve dans l’utilisation d’une autre de ces
nouvelles techniques de la recherche policière. Dans la villa en construction, au
cœur d’un chantier interrompu durant des semaines, la trace a mené les policiers. Plusieurs signes leur indiquent que c’est là qu’a dû se produire la séquestration puis la mise à mort. Aucune trace, tout est propre et récuré. Le procédé
de mise en évidence des traces de sang recrée de manière spectaculaire un élément visuel de la scène violente : les éclaboussures de sang, les endroits où elles
se répartissent alors que rien d’autre ne subsiste et que, avant cette révélation
(au sens photochimique), rien ne les laissait soupçonner. Dans ces traces-là, la
répartition, les contours des taches, des éclats, font images. De ces traces-là, se
déduit, à l’évidence (avec cette fois un jeu de mot possible évidence, espace
évidé), la place du corps, la place de l’absent, la place de la jeune fille violentée, torturée, assassinée.
Si le meurtrier n’avait pas fait disparaître ces traces de sang, la découverte de
certains aspects du crime aurait été plus rapide. En fait le procédé chimique utilisé
ne fait pas revenir les traces de sang, il en signale seulement l’abondance et les
contours, la distribution dans l’espace, il en affirme la présence passée. C’est
pourquoi il me semble pouvoir appliquer à ce qui est alors mis en évidence la qualification de trace de traces. Cet exemple montre aussi comment le lien à l’émotion
forte est maintenu par la trace, recréé, revivifié. Ce mot « revivifié » concerne
l’affect, non le vivant; l’enquête policière, même avec des techniques de plus en
plus modernes, ne peut remédier à la mort mais se concentre sur l’énigme de sa
survenue. Elle aussi est tentative d’assimilation de la destructivité de la violence.
Dans certains ouvrages, on a parfois affaire à des traces qui transmettent avec
acuité cette violence destructrice ou intense. Ce ne sont que des mots écrits et pourtant ils nous font ressentir un malaise aussi actuel que tout ce que peut faire éprouver
une affaire de cet ordre, dans l’actualité de notre environnement. P.D. James,
médecin légiste de formation, écrivain hors pair pour ce qui est de l’intrigue comme
de la construction littéraire, s’allie à T.A. Critchley pour écrire Les meurtres de la
Tamise (2). Les crimes (deux séries de meurtres) remontent à décembre 1811. Il ne
peut y avoir de témoin oculaire. Il n’y a pas non plus de traces, de corps, de restes.
Il ne demeure que des traces écrites. Celles-ci sont essentiellement des éléments de
correspondance administrative (entre bureaux communaux et Ministère de
l’Intérieur), des journaux et revues (sept titres sont cités) qui ont relaté les interrogatoires, les audiences, les témoignages et des ouvrages de topologie (le Londres
d’aujourd’hui n’est pas le Londres de 1811). La bibliographie s’augmente d’un
grand nombre de publications où ont pu être exposés les récits des assassinats
étudiés et de divers ouvrages pouvant éclairer tel ou tel point de la recherche.
À partir de ces traces écrites, les deux auteurs analysent les faits consignés dans
les récits, mettent en relation les observations qu’ils relèvent et dressent petit à petit
des portraits qui tiennent compte à la fois d’aspects physiques et psychologiques.
Les traces sont utilisées cette fois-ci dans un sens donc différent mais qui peut avoir
quelques similitudes avec le travail que nous sommes amenés à conduire, avec un
sujet, dans l’espace protégé de notre lieu de travail, cadre de la parole mais non de
l’acte. Ce texte écrit se fait lui-même porteur de vies terminées dans la réalité, de
souffrances physiques et morales probablement éprouvées dans la réalité, mais ici
seulement recréées.
Concernant la violence, je souhaite rapporter un bref passage de cet ouvrage.
Il montre que les auteurs sont également à même d’imaginer avec précision,
d’imager, ce qui a pu se produire, ce qui a dû se produire. Le mot profiler, en
français profileur (?) n’était pas encore d’usage courant ni peut-être d’usage tout
court, mais c’est bien d’un tel travail qu’il s’agit, d’autant que nous sommes dans
des séries de meurtres. C’est donc ainsi que les auteurs arrivent à proposer en lieu
et place du coupable désigné à l’époque, le véritable assassin probable et que le
lecteur ne peut qu’acquiescer à la démonstration. Ils produisent alors une image,
la seule de tout le livre qui décrive l’acte de violence proprement dit, alors même
que, encore une fois, il ne s’agit que de constructions de la pensée et non d’observations directes. On ne se situe pas dans le roman pour autant mais bien dans un
travail qui tient du documentaire et de l’essai.
Ce bref passage se situe une vingtaine de pages avant la fin de l’ouvrage. Les
auteurs posent la question : « Donc qui a commis ces crimes ? » Ils détaillent ensuite
les caractéristiques qui leur paraissent décrire l’assassin. Ce long paragraphe se
conclut ainsi : « Les deux crimes portaient la marque du professionnel et des
procédés caractéristiques du corps à corps : chaque fois une sortie brusque, un
assaut immédiat avec le maximum de force, une boucherie systématique et
impitoyable, comme détachée, et l’utilisation d’un avantage momentané quand la
porte était ouverte et le terrain dégagé » (C’est moi qui souligne).
Les expressions « sortie brusque », « assaut immédiat », « avec le maximum de
force », « boucherie systématique et impitoyable » décrivent des mouvements, une
intensité de la violence mise en acte, une actualisation de la violence.
Au cours de l’ouvrage, c’est là la seule évocation de l’acte de violence lui-même, au cours des deux séries de meurtres.
Dans cet exemple, ce que j’ai appelé précédemment trace de la violence, à savoir
ce qui témoigne qu’un ou des meurtres ont eu lieu, n’existe plus que dans le ouï-dire.
Les auteurs suivent pourtant ces traces écrites, à la trace du véritable meurtrier. Ce sont
les nouvelles traces écrites par ces deux auteurs qui seraient traces de traces et c’est
donc aussi ce court passage cité qui tente de donner une image directe, la seule de cette
catégorie, de l’acte criminel. Cette image est, pour moi, trace de traces. De plus, ces
quelques phrases sont une tentative de saisir une trace visible du mouvement de l’acte.
De ces exemples et avant de les relier à certains aspects de notre travail sur les
images en analyse rêve-éveillé, il me paraît possible de retenir que les traces sont des
tentatives de conserver l’acte; probablement non pas tant pour glorifier la violence
(mais ce devrait être aussi une hypothèse à explorer ?) que pour, au contraire, lutter
contre l’angoisse de l’engloutissement par le temps, ce temps qui mène à la mort,
conserver un peu de l’existence précédente. La mémoire joue son rôle dans cet effort
digne de Sisyphe. Mais le travail élaboratif construit, structure de manière plus
efficace cet effort, qui, finalement, est un effort de lutte contre la mort.
Les traces sont imparfaites en ce sens qu’elles ne peuvent garder trace que d’un
seul aspect ou d’aspects limités, elles ne peuvent garder que trace et encore ne la
garderont-elles pas durablement.
On pourrait dire que la trace est le résidu que le filtre ou les filtres considérés
ont retenu dans leur treillis.
Quand cette trace est image, quand, de cette image, peuvent naître d’autres
déploiements, le filtre s’enrichit d’une fonction de transmission, de création supplémentaire.
Trace, émotion, connaissance
Toutes les images ne sont pas traces et toutes les traces ne sont pas images.
Leur point commun, partagé également avec les mots, réside dans leur capacité
de contenance, qui renvoie, au moins potentiellement, à l’ordre de la connaissance
et à l’ordre de l’émotion, ce qui a déjà été signalé plus haut.
L’émotion transmise par les images est probablement plus modulable, plus
sujette à variation multiple que celle née de la trace. Dans les deux cas, on peut
souligner que l’effet de transmission, soit d’une connaissance, soit d’une émotion,
par le biais de la trace, reste limité. C’est peut-être là que réside la possibilité pour
la trace de jouer un rôle de limiteur du traumatisme de la violence, comme si, par
cette limitation, la trace ne transmettait qu’une part, assimilable parce que limitée,
de la violence toute entière, celle qui était contenue dans l’acte, qui a pu être insoutenable.
Dans leur rapport à la violence, les images directes ne transmettent-elles pas une
intensité trop forte du contenu effractif ? Le passage par la trace ne permet-il pas,
ainsi, de mettre à portée du psychisme, à portée de saisie par la connaissance, les
contenus terribles, dévastateurs, destructeurs ?
Le chien tenu en laisse, le limier (« dérivé inattendu » du mot lien (7)) est devenu
« personne qui suit une piste ». C’est redire ainsi la place de l’humain dans ce
parcours vers le sens, depuis la violence brute jusqu’à sa transformation en contenu
recevable, assimilable. C’est aussi faire allusion à la sublimation possible de la
violence de la chasse dans l’effort et la quête du policier.
L’analyste est-il un limier ? La composante que ce substantif représenterait, faite
de quête avide, assoiffée de vie, de prédation ne peut être ignorée dans l’approfondissement de notre attitude de travail, dans l’approfondissement des jeux du
transfert et du contre-transfert.
Plus banalement, la recherche du sens nous amène à relever des pistes. Dans
l’origine de ce mot, on note qu’il s’agit d’abord d’un « terme de manège pour
désigner les lignes déterminées au sol par les passages successifs des chevaux »
(7). Pas ou très peu de violence potentielle mais on relève la notion de pluralité. Comme au tennis, après plusieurs passages, la trace exige une grande attention pour la distinguer d’autres identiques. La piste naît de leur concours, de
l’effacement mutuel de chaque trace et de la conjugaison des traces. Effacement
devant la piste.
Les traces que nous pouvons repérer en analyse, elles aussi se transforment en
pistes; nous avons alors des éléments pour ne plus voir la trace individuelle, mais
un chemin creusé par des passages qui se ressemblent, qui semblent se situer au
même endroit.
Une personne en souffrance
La violence n’est pas présente de manière directe dans le cabinet de l’analyste;
la souffrance, si. Dans le début de cette cure, une image de personne blessée apparaît
lors d’une tentative, écourtée, de rêve-éveillé. Cette image est difficile à soutenir,
à décrire. La souffrance en découle; mais, du côté de la source, on peut poser
l’énigme de la blessure, de sa survenue, de la violence qui l’a accompagnée.
Plus tard dans la cure, se construit en moi la question, de quelle violence ce sujet
a-t-il été la victime ? En effet, je relève, au titre de ce que je pourrais appeler traces,
une conjonction d’éléments qui se présente de manière itérative : une image de
passage resserré, parfois de tunnel, de conduit, une sensation de froid, de malaise,
de nausées, parfois un sentiment de honte. Lorsque plusieurs éléments de cette
conjonction se présentent, succède, en général, dans les séances qui suivent, un
nouveau repli sur soi qui fait retour sur l’image de personne blessée. Ces traces
fonctionnent pour moi comme une piste que j’apercevrais parfois et à propos de
laquelle j’attendrais de voir où elle mène, qui l’a tracée, quand et comment. Cette
attente est là, flottante, en moi, s’éveillant lors qu’un des indices-traces se présente.
Si j’appelle traces ces éléments, c’est à la lumière, d’une part, des affects et des
pensées qu’ils ont pu produire en moi, à divers moments de la cure, lors de leur
premier passage puis lors de leurs retours, et d’autre part, des reflets de ces éléments
chez l’analysant, au cours des séances, reflets qui se disent parfois de manière
négative dans l’absence ou dans la fréquence accélérée ou l’intensité des affects
communiqués. Au titre des images, l’effet de traces ne se circonscrit pas comme
l’empreinte, mais plutôt comme renvoi à l’origine qui l’a produite.
Dans une période ultérieure (mais d’autres développements feront encore suite),
toute une période de la cure sera marquée par le retour à la prise en compte
consciente, les yeux ouverts, par l’analysant, d’une scène marquée par la violence,
en partie à cause de sa brusquerie mais surtout du fait de l’impossibilité dans
laquelle il était alors de mettre des mots sur la scène.
Un rêve-éveillé se fait intermédiaire entre cette prise en compte, en la permettant
d’abord, et ce qui est peut-être une reconstruction que va opérer le sujet : le rêveéveillé décrit initialement une fenêtre, dont le sujet s’approche, d’où il regarde à
l’extérieur, mais, à l’extérieur, il fait sombre, le passage entre les murs voisins est
étroit. Il a peur, il entend d’abord un cri, pense à des animaux qui se battent mais
reconnaît un couple dont les gestes et attitudes sont mi-amoureux, mi-brutaux. Il
croit reconnaître des personnes qu’il craint, pour diverses raisons.
Dans les séances suivantes, l’analysant précise que cette scène l’a marqué, mis
en souci, mal à l’aise; puis qu’elle lui évoque, d’abord des récits faits par des
camarades, dans l’enfance, enfin, l’évocation d’une dispute violente et aux conséquences relativement graves, entre deux adultes de son entourage, qu’il n’est pas
sûr d’avoir véritablement vue mais que d’autres souvenirs relient de manière
complexe à son histoire.
Y a-t-il eu scène initiale, traumatique ? Le penser soutient une partie de ma position.
Je suppose ainsi que les traces laissées par la scène possible, modèle, mais peut-être simulacre ou analogon de scène primitive restaient chargées d’ambiguïté, de
violence, d’émotions complexes. Le mot traces leur convient si on cherche à
souligner qu’elles n’avaient rien de précis. Pour le sujet, ces traces ne pouvaient,
directement, mettre sur la piste du sens. Ce n’est que par l’intermédiaire des traces
de traces, leur répétitivité, le soulignement qui a pu en être fait dans la cure, qu’elles
sont devenues des traces de cette scène. Ce n’est que par l’intermédiaire de l’écho
qu’elles ont fait entendre en moi que, petit à petit, la violence qu’elles contenaient,
de manière principalement fantasmatique, a pu être approchée, par étapes, par
reflets supportables. L’écho de l’énigme qu’elles représentaient a aussi pu jouer un
rôle de transposition dans la destination de cette violence, comme si, à partir d’un
certain moment, le sujet ne l’avait plus pressentie dirigée contre lui, mais au-delà
de lui, dans un mouvement qui pouvait englober le couple analytique, la terre
entière et comme si, à partir de ce moment-là, il avait pu accéder à un autre regard
sur la scène et sur la violence qu’elle avait contenue.
Parfois les images qui se révèlent être des traces sont en fait des contre-traces :
elles masquent, par un effet d’antithèse ou plutôt d’antiphrase, la scène réelle à
laquelle elles renvoient. Elles se font traces de l’absence, traces de l’absent. Les
images de tableau vierge, de lettre illisible, formes d’hallucination négative,
renvoient à ce type d’absence de traces, de traces d’absence, significatives.
Quand il s’agit de violence, le travail qui insiste sur les images, en rêve-éveillé,
en particulier, mais également en rêve de sommeil et dans les associations en
séance, peut s’arrêter parfois, quelques temps ou quelques instants sur ce qui
m’apparaît traces : celles-ci renvoient à d’autres éléments, de l’ordre des affects, de
l’ordre des pensées, essentiellement. La manière dont ces images-traces
fonctionnent me paraît résider dans un rôle de pivot. Ce pivot, circonscrit à la trace
et à ce dont elle est trace mais cela peut déjà être beaucoup, met en relation, d’une
part, un effet de reflet, la trace renvoie alors au passé, au passage antérieur, aux
souvenirs, parfois aux blocages, et, d’autre part, un effet de nouvelle source
lumineuse, de création nouvelle, avec évocation de nouvelles associations et en
interposition dans les jeux transférentiels : c’est pour l’analyste, en effet, que la trace
peut se révéler trace de trace, en évoquer d’autres, en quelque sorte. Des déblocages
peuvent alors s’opérer par l’action de ce pivot.
On peut souligner également que les traces, les images, directes et indirectes,
les traces de traces, quand il y a redoublement de cette fonction de reflet, opèrent
un mouvement de renvoi d’image, d’un côté, de mise à distance, de l’autre, de filtre
proposé en direction de la violence, contribuant à faire à son égard un travail d’élaboration spécifique, dans lequel les étapes sont aussi mesurables à l’aune du rapport
à la trace, rapport simple, redoublé, dédoublé.
Il faut noter enfin que c’est à partir de cette fonction de pivot que les images,
avec leurs différentes caractéristiques possibles (traces, directes ou indirectes…),
ponctuent le travail d’élaboration de la violence, le rendent visible mais également
le facilitent, voire, dans certains cas, le rendent possible. Tout cela, bien entendu,
à condition que place leur soit faite dans le travail analytique, dans le champ
référentiel de l’analyste.
Après l’évocation d’un certain nombre de scènes de violence, de diverses sortes,
de diverses présentations, il me semble pouvoir conclure en tentant de les réunir à
nouveau dans ce qui a été pour moi le creuset de cette réflexion : un des modèles
possibles de notre travail d’élaboration face à la violence. Il s’agit, en particulier,
de celle qui a fait effet d’effraction, parce qu’elle s’est présentée au sujet, à un
moment trop précoce ou dans des circonstances marquées par l’excès, le trop-plein.
Ce dernier, de ce fait, n’a pas pu, en son temps, en opérer l’intégration suffisante,
qui lui aurait permis de passer à autre chose. Dans les divers exemples cités, le
mouvement élaboratif diffère sensiblement, dans sa durée, ses appuis et ses directions (du passé vers le présent, du présent vers le passé), dans ses liens avec la
violence interne, externe, selon qu’il s’agit d’une scène cinématographique, d’une
scène littéraire, ou d’un matériel analytique. Cependant, dans les différents cas, les
traces perçues comme telles, avec leurs caractéristiques variées, permettent, dans
le cas de la violence, un travail ou l’ébauche d’un travail, d’assimilation de la part
de destructivité, de la part intensive et, le cas échéant, effractive, de la violence.
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(1) FONTANIER P. (1977). Les figures du discours. Paris : Flammarion, 505 p.
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(2) JAMES P.D., Critchley T.A. (1994). Les meurtres de la Tamise. Paris : Fayard, 319 p.
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(3) K ASSOVITZ M. (2000) Les rivières pourpres. (film)
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(4) M ENAHEM R. (1986) Langage et folie. Paris : Belles Lettres, 259 p.
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(5) N IETZSCHE F. (1964) La naissance de la tragédie. Genève : Gonthier, 195 p.
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(6) PINSET J. (1986). Dieux et déesses de l’Olympe. Paris : Laffont, 144 p.
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(7) R EY A. (Sous la direction de). (1992) Dictionnaire Historique de la Langue Française.
Paris : Robert, 2391 p.
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(8) S CHOENDOERFFER F. (2000) Scènes de crimes. (film).
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(9) V IDERMAN S. (1982) La construction de l’espace analytique. Paris : Gallimard, 348 p.