2002
Imaginaire & Inconscient
Éditorial
Claire Doz-schiff
Nicole Fabre
Au commencement, était-ce l’image ?
Nous nous sommes interrogés avec des praticiens venant de divers horizons sur
le rôle que revêt l’image dans la psychanalyse, et ce depuis les origines.
Nous avons donc commencé par faire une incursion dans le monde des romantiques allemands dont nous savons que Freud s’en est inspiré tout en s’en défiant.
Ambivalence féconde que nous retrouverons tout au long de notre histoire. De
même, les débuts, tardifs, de la psychanalyse en France sont contemporains du
mouvement surréaliste pour lequel se manifeste un intérêt certain mais prudent.
Les auteurs de ce numéro se sont situés tantôt sur un registre où domine la
pensée théorique se référant à un courant spécifique, tantôt sur le registre plus
clinique où l’on voit utiliser l’image et le symbole et qui, bien évidemment, est la
mise en œuvre d’une pensée théorique.
Au-delà des divergences ou des différences conceptuelles, apparaît une même
interrogation sur l’image et sur sa place dans la psychanalyse.
La présentation initiale de la maison onirique de Picassiette nous ouvre à une
réflexion sur la richesse et le pouvoir de l’imaginaire en même temps que sur sa
misère, lorsque l’absence de relation, notamment transférentielle, en interdit le
déchiffrage. En effet, comme le montrent de nombreux articles, c’est à ce déchiffrage que, par des voies diverses et face à des problématiques différentes,
s’attachent le thérapeute et le psychanalyste.
Nous n’avons consacré au rêve éveillé en psychanalyse aucun article qui lui soit
propre. Il est cependant présent dans les documents et dans les analyses des deux
ouvrages récents qui lui ont été consacrés. Présent aussi dans notre revue, qu’il
inspire en priorité.
Nous nous interrogions au tout début sur nos commencements. Peut-être
pouvons-nous conclure que, si au commencement était le verbe – ou l’action, ou
l’amour – l’image y était aussi.