2002
Imaginaire & Inconscient
« Phantasia »
Source des images symboliques
Luis-M. Moix
Docteur en psychopathologie fondamentale et psychanalyse Psychanalyste5 rue Cavalloti 75018 Paris
Dans l’histoire du concept de «phantasia» se trouvent aussi les fondements des images-symboles (image symbolique). La notion grecque de « lekton» est probablement
l’origine de l’image-symbole, quelque part entre le fantasme
inconscient et le signifiant lacanien.Mots-clés :
Phantasia, Imagination, Symbole, Image symbolique.
In the history of « phantasia’s» concept there are
also the foundations of the symbol-images. The greek notion
of lekton is probably the origin of symbol-image; somewhere
between inconcious fantasy and lacanian « significant».Keywords :
Phantasia, Imagination, Symbol, Symbol-images.
Le terme imagination, – s’imaginer –, a été très bien étudié en littérature et
en philosophie, beaucoup plus que celui de fantaisie – «
phantasia». Des travaux
philosophiques récents
[1] signalent que c’est le terme moderne d’imagination qui
coïncide avec la dérive du terme grec «
phantasia»
.
Dans la théorie de la connaissance, tant pour Platon qu’Aristote, ce qui trouve son origine dans les sens est une forme mineure de la connaissance : c’est le
cas de la fantaisie – «phantasia» – étroitement liée au visuel et à la vue. Pour la
philosophie stoïcienne en revanche, les sens sont la forme majeure, centrale
dans la théorie de la connaissance. Quand le platonisme s’associe, s’imbrique au
stoïcisme, «phantasia» devient une notion essentielle; une série de transformations de la perception, portée par la «phantasia», amène à acquérir la connaissance de la réalité. Quand l’esprit ou l’âme peuvent se détacher du corps par la
connaissance rationnelle, ceci entraîne une catégorie de savoir différente de
celle qui est assujettie au corps.
Le Théététe est d’une grande richesse dans l’analyse de la théorie de la
connaissance et il a été probablement le dialogue le plus important pour les
Stoïciens. La description de Platon de la «phantasia» comme combinaison de
« l’aesthésis » (sensation) et du jugement porté à l’intérieur de l’âme est très
proche de la «phantasia logiké» pour laquelle ce qui est représenté convient au
discours. C’est à cause du lien avec le sens de la parole, «logos», que pour les
stoïciens, toute «phantasia» humaine est «logikai». D’une manière similaire,
Platon semble croire, dans le Théetete, que «phantasia» est le terme le plus indiqué pour la perception sensorielle et que chaque «phantasia» est aussi un jugement, une sorte de formulation discursive. Néanmoins, Platon pense que pour
les niveaux plus abstraits – les plus élevés de l’activité humaine – il faut dépasser la «phantasia». Les stoïciens par contre réservent une place centrale à la «
phantasia » qui est considérée comme «metabatike» (composition) associée au
«logos endiatethos» (discours intérieur). Pour les Stoïciens, c’est le discours «
intérieur » qui permet de canaliser la sensation, grâce à la capacité de compréhension du signe et de ce qui peut être exprimé, lekton, ce dernier étant surtout
la capacité à lier.
Il y a dans l’imbrication de la pensée stoïcienne et platonicienne, l’ambiguïté du mot « logos » chez les premiers. Le logos, le langage que nous parlons et
nous écoutons est aussi d’ordre matériel. Sextus Empiricus dit des stoïciens
qu’ils différenciaient le parler extérieur (
phoné) du parler intérieur (
endiathétos
logos), qui est le parler de la raison, et en ceci l’homme se différencie des animaux. La différence consiste aussi dans la «
phantasia», propre aux hommes;
les humains ont une «
phantasia» de transition et de composition
[2]. Les deux
notions de « logos interne » et de «
phantasia de transition et composition »
(
metabatike), sont proches, et ce lien explique pourquoi «
lekton» est compris
comme ce qui subsiste en conformité avec la «
phantasia logike ». Ainsi la «
phantasia logike » est ce transport vers la parole, ce qui est représenté et qui
peut être véhiculé par la parole. Le
lekton doit être compris comme ce qui peut
être exprimé, ce qui existe comme expression
[3]. Ce n’est pas le mot, ni l’objet,
ni la pensée, – tous des objets de l’ordre de la matière pour les stoïciens –, c’est
le lien existant entre le monde extérieur et nous-mêmes, et entre nous-mêmes et
l’univers. C’est la connexion que nous les humains exprimons par le langage. Je
l’appellerai aujourd’hui avec Tezvan Todorov, le symbole et le fait symbolique.
L’image prise dans le symbole
Pensée fantasmatique, théorie sexuelle infantile et Complexe d’Œdipe sont
quasiment équivalents dans un regroupement de représentations mentales des
pulsions tendres et agressives, orientées par la curiosité sexuelle de l’enfant qui
est en même temps activité intellectuelle.
Fantasmes originaires et Œdipe, ne sont pas articulés, pour Freud. Nous
avons souligné chez Laplanche et Pontalis
[4] le point de vue et pris note de leur
commentaire : «...cette conception réaliste qui a engagé Freud à faire coexister
au côté du complexe d’Œdipe, et sans souci d’articulation, la notion de fantasme originaire ». Cela pourrait indiquer que la structure de l’Œdipe achemine le
sujet à l’intérieur du fantasme, à l’intérieur même d’une trame constituée par
les désirs inconscients. Comme ce bruit du déclic de l’appareil photo qu’une
patiente paranoïaque a cru entendre et que Freud
[5] interprète comme provenant,
par déplacement du clitoris de la femme prise dans la fantasmatique d’une scène
primitive, d’autres indices, un signal, voire un symbole, sont captés et mis en
forme à l’intérieur du fantasme. Je pense que ces indices, ces signes, peuvent
être intégrés dans les fantasmes des origines – comme être à l’écoute de la scène
primitive – et former un ensemble plus ou moins cohérent, ou bien se maintenir
en marge, au ban des grandes structures fantasmatiques allant s’organiser autour
de l’Œdipe.
Il me semble que les signifiants phoniques occupent une place particulière
avant l’organisation du désir et de l’image visuelle mnésique de satisfaction, pouvant s’intégrer ou non dans celle-ci et donnant un dégradé de qualité d’images du
rêve d’une grande diversité et hétérogénéité. Nous pensons que les fantasmes
constitués à partir de ces expériences infantiles précoces, au niveau du signal
phonique par exemple, gardent une qualité particulière inhérente à leurs origines,
donnant forme aux symboles-images. Le visuel a pris dans son pouvoir de signification, ramassé à l’intérieur de ses constructions figurales, des éléments qui ne
peuvent être entendus dans la séance exclusivement dans leur pente langagière.
Ces images-symboles garderaient leur prégnance et leur force la vie durant et
nous les rencontrerons dans la constitution de rêves différents tout au long des
analyses d’une durée prolongée. Certains produits « fantasmatiques » de l’élaboration secondaire d’un rêve se prêtent parfaitement à ce type de présentation. Je
pense que ce type d’images-symboles est un des éléments caractéristiques de la
constitution des significations et des fantasmes infantiles qui, refoulés, sont à la
source des rêves et symptômes des adultes, sans être les seuls constituants des
désirs infantiles refoulés. En effet, ceci accroît leur organisation « représentationnelle », leur complexité et intrication au fur et à mesure que le langage contribue par la « pente des mots », à produire des images plus en relation avec la sub-stitution par expressions verbales. Nous pensons que loin d’être l’apanage de la
petite enfance, ces images-symboles devraient se produire activement, l’enfant
étant déjà dans la période de latence. Elles se mélangent dans leur composition
avec la voie régressive qui suit les pensées dans la formation des contenus du
rêve. À cet égard le souvenir-écran de l’« Homme aux loups » suivi d’un rêve est
bien éloquent. C’est le souvenir d’« un beau papillon rayé de jaune, dont les
grandes ailes se terminaient par des appendices pointus »
[6]. Or le mot
« Babouchka », qui veut dire grand-mère en russe, mais aussi papillon, « cache »
le souvenir du mot « Groucha ». Dans sa langue, poire se dit « Groucha » et tel
était aussi le nom de sa bonne. La poire au goût délicieux avait sur la peau des
rayures jaunes comme le papillon. Mais, dans un autre contexte, on apprendra
que le mouvement des ailes du papillon renvoyait à l’image d’une femme qui
écartait les jambes. Freud signale l’aspect « franchement infantile des processus
associatifs ». En effet, il écrit : «
L’attention des enfants [...] est attiré bien plus
par des mouvements que par des formes immobiles...»
. Voici un exemple d’imagesymbole sous-jacente à un phonème. Par la suite l’« Homme aux loups » fera
un rêve élucidant la valeur langagière et symbolique des ailes d’une guêpe.
L’image-symbole ou image symbolique
Ces images symboles portées par les fantasmes originaires, ces trames
constituées par les désirs inconscients et structurés par l’Œdipe suivraient ainsi
les règles caractéristiques des symboles freudiens : leur silence, l’écart vis-à-vis
du langage, la consistance différente repérée par la conscience, la détermination
par des liens multiples au contexte.
Ainsi, dans un premier moment, l’imagination de l’enfant nourrie par la sensation
des plaisirs masturbatoires suit une chaîne d’éléments dans le cheminement de
l’Œdipe : mystères et danger de la naissance, origine des enfants, relation entre les
parents. Le « Bilderonanist » est le constructeur des premières structures fantasmatiques du fait d’imaginer l’activité sexuelle des parents en partant de ses
gratifications masturbatoires; ce qui ressort d’un débat à la société de Vienne en
1907 et 1909. Le plaisir auto-érotique est le sensible dans l’image.
La symbolisation hystérique dans un deuxième moment, par contiguïté temporelle dans la mémoire et rapport à l’innervation musculaire
[7], est un paradigme de formation de symboles et probablement de cette formation par rapport
aux signaux phoniques se trouvant dans l’étape pré-verbale de formation.
Il y a dans ce deuxième modèle de formation de symboles, l’idée que les
névroses sont les conséquences de l’activité de pensée infantile et que ce qui
conduit à la masturbation sont les contenus de fantasmes primitifs refoulés
[8]
concernant le père et la mère. L’échec défensif contre les motions pulsionnelles
dans l’activité sexuelle infantile est à l’origine des névroses et de certaines créations de symboles que l’on retrouve dans l’âge adulte dans la constitution des
symptômes et de fantasmes.
La sexualité infantile et ses créations théoriques sexuelles mettent en rapport
étroitement la curiosité de l’activité intellectuelle avec les émois tendres et
agressifs. Ces éléments ont conduit rapidement M. Klein à concevoir les difficultés dans le maniement de symboles chez les enfants psychotiques comme des
inhibitions excessives et précoces concernant la sexualité. On devrait cependant
analyser plus en détail si le symbole kleinnien est similaire au freudien et surtout dans quelle mesure un « Œdipe précoce » est à même de fournir les matériaux nécessaires à la construction du symbole en termes freudiens.
C’est sur ce point que l’on voit une relation étroite avec la «phantasia»
grecque et comment cette notion aide à comprendre que la voie de l’imagination se nourrit du sensible dans la construction de ce monde qui reste différent
de celui de la raison. On comprend aussi comment un aspect peut empiéter –
inhiber – l’autre, mais essentiellement, comment imaginer est l’accès, probablement le plus fondamental à la construction d’images-symboles et de fantasmes. Ce qui concerne le monde des fantasmes, est bel et bien « le sexuel »
essentiellement, s’intégrant lentement dans un éparpillement de symboles vers
les ensembles œdipiens fantasmatiques.
La référence au maternel, est-elle l’essentiel du rapport à l’image en tant
qu’elle véhicule le contact du sensible des premières expériences de la peau, ce
monde du sensible qu’il faut à tout prix « sauver » en exécutant l’acte du
« meurtre-identification au père » ? En effet, vers 1909, Freud avançait l’hypothèse que la tentative de « sauver » la bien-aimée comme comportement amoureux découle d’une fixation infantile de la tendresse à la mère
[9].
Le Complexe d’Œdipe, structure de représentations fantasmatiques aurait-il
dans ce rapport spécifique, « meurtrier » à l’égard du père, un axe producteur
des symboles particulièrement différenciés de ceux qui seraient produits à
l’égard du « sauvetage » de la mère ?
Le symbolisme permet de comprendre les dérivés de l’inconscient tandis
que le complexe d’Œdipe permet d’éclaircir, d’ordonner en permettant une simplification de la fantasmatique des théories sexuelles infantiles; il organise et
éclaircit les désirs primaires en typifiant les représentations.
Lacan ne cesse de dire que si régression il y a, elle se fait dans le langage.
Or, il est clair que pour Freud, le symbolisme est à concevoir dans les associations produites par le patient, ainsi que dans la compréhension de l’histoire du
langage. Quand il étudie la « régression archaïque » dans le proto-égyptien
[10], il
cherche quelque chose qui est la « réanimation » des usages archaïques du langage. De même, les mécanismes des rêves sont étudiés par rapport aux stades
précoces de l’évolution d’une langue. Ainsi Freud, place le symbolisme comme
secondaire aux deux autres fonctionnements représentationnels : représentation
de mot et de chose. Le symbolisme reste attaché à la représentation de mot
comme une dérive. Je propose de voir le symbolisme comme une stratification
entre le mot et la chose, dans le psychisme. En effet cet idée apparaît déjà chez
Freud, sauf qu’il ne parle pas de symbole-image comme je le propose, mais du
désir infantile qui lui, est une sorte de scène. Concernant la stratification symbolique où il parle des études faites par O. Rank, Freud fait le commentaire suivant : «
... Fréquemment le rêve paraît avoir plusieurs significations. Non seulement il accomplit plusieurs désirs; mais un sens, l’accomplissement d’un désir
peut en cacher d’autres, jusqu’à ce que, de proche en proche on tombe sur un
désir de la première enfance...»
[11].
Les dessins d’enfants dans les thérapies montrent clairement comment il y a
quelque chose d’irréductible dans ces images qui nous permettent de concevoir
des histoires en les reliant les unes aux autres. Elles restent toujours plus ou
moins à l’écart d’un autre chemin qui se profile dans leurs lectures qui sont les
phrases plus ou moins affirmatives qui en découlent. Les images-symboles
seraient des « enveloppes » des idées générales, probablement une manière
archaïque de la capacité d’abstraction. Elles ont ainsi une manière de donner du
sens et une certaine unité à un regroupement de caractéristiques en les mettant
dans la même enveloppe
[12]. En ce sens, il n’est pas illégitime de concevoir des
projections de surfaces de la peau dans une image-symbole sans que cela veuille
« dire » quelque chose du corps. En ce sens le corps est un des référents habituels
du rêve, mais on ne pense pas nécessairement que c’est du corps dont il s’agit
dans la pensée du rêve. Certains postulats kleinniens sur la précocité et l’importance des fantasmes inconscients primitifs doivent se comprendre comme
éléments intégrés des rapports mère-enfant, en termes de symboles-images
d’abord, et seulement ensuite s’organisant comme fantasmes à proprement parler, dans les modalités des « UR-Fantasies ». Les images sont d’abord symboles
pouvant se différencier clairement des symboles langagiers
[13].
Il est important de voir que pour Freud, le symbolisme n’occupait pas une
position essentielle dans la méthode interprétative, bien qu’il soit une pièce maîtresse d’accès à l’inconscient. Les symboles étaient reconstruits, faisant parti du
travail interprétatif, l’intérêt de Freud se centrant dans la production des pensées
de la petite enfance, nous met sur la piste d’une certaine correspondance entre
la névrose infantile et la production de symboles et tout particulièrement de ces
symboles-images. Freud voyait dans les symboles en général la thématique de
la représentation de mots, dans la mesure où il pensait qu’ils étaient le produit
du refoulement et de la régression de l’appareil psychique. Je crois intéressant
d’évoquer ce processus d’image qui se produit dans l’esprit de l’analyste dans
lequel une certaine dose de régression et même de refoulement produisent des
représentations mentales qui le surprennent. L’analyste reconnaît qu’il s’agit
d’un produit du réseau associatif du patient. C’est une donnée clinique simple à
constater et qui nous met tout droit en face de cette caractéristique de la « consistance » différente du symbole freudien pour la conscience. Comme si la chaîne
associative du patient avait produit chez l’analyste la levée du refoulé d’un élément plus ou moins proche des séries représentationnelles de sa propre névrose
infantile. Voici un aspect du registre du contre transfert. En ceci on devine la
capacité métaphorique et de figurabilité des images symboliques. Cette capacité nous permet de considérer d’une certaine manière que les métaphores sont
attachées de très près aux aspects inconscients précisément dans les imagessymboles, permettant de configurer rapidement des récits imagés, ou des histoires picturales, avec les qualités d’atemporalité et d’absence de négation. On
peut dire que le mouvement de la métaphore, son élan interne, constitué par des
organisations picturales profondes, enracinées dans les fantasmes œdipiens,
constitue l’essentiel du désir infantile refoulé qui sera à la base des rêves de
l’adulte. Je leur donne une certaine « forme », au sens qu’elles apparaissent dans
les récits des nouvelles associations chaque fois que l’on interprète ces imagessymboles. C’est ainsi que l’on voit apparaître une « langue primitive » derrière
ces symboles par bribes, par apposition picturale.
Le monde des formes, son appréciation sensorielle, est un monde d’un symbolisme non discursif. Le monde des formes et ses symboles est trop infiniment
compliqué et subtil pour être « projeté » dans le monde discursif sans perte. Le
langage musical, celui des conteurs etc., est d’une complexité extrême et doit
attirer notre attention pour les considérer comme des symbolismes non discursifs à part entière, séparé des langues connues
[14].
Il ne faut pas négliger le travail langagier qui consisterait à « extraire » des
images de rêve par exemple, les « couches d’image-mot » c’est-à-dire les signifiants associés par le patient et qui ont trait aux substitutions par expression verbale. Je suis conscient ainsi de rester ouvert cliniquement parlant, à la théorie du
signifiant comme le développe Lacan dans « Les formations de l’inconscient »,
malgré les limitations théoriques de ce concept, tel qu’il les a utilisées. Ce n’est
pas ici, entre deux paragraphes, que l’on peut développer ces questions. Elles
tournent autour de : la place du fantasme dans les trois registres et les contenus
de l’inconscient.
L’étude des différentes façons de saisir et de définir le fait symbolique est
d’une grande importance pour la théorie freudienne. Simplement, il faudrait dire
pour indiquer son champ, qu’il s’agit de : « Comment l’évocation symbolique
vient se greffer sur la signification directe, d’un mot, d’une image ». C’est de
cela que nous croyons qu’il s’agit quand on se pose la question de l’image et de
son champ dans la cure. Parler de métaphore, de déplacement, d’image de rêve,
de désir infantile, de mythes est parler du symbole et de l’action qu’il imprime
au sens. Des faits symboliques peuvent être étudiés aussi par de multiples disciplines : la philosophie du langage, la poétique, la sémantique, l’esthétique, la
rhétorique, l’hermeneutique
[15]. Nous croyons néanmoins que la cure analytique,
de par le couple transfert-interprétation qui est son moteur, produit souvent des
« pseudos » de tous types qui nous amènent à transformer, à « tordre » ce que
l’on caractérise clairement parfois dans les dites disciplines. La torsion, la déformation (entstellung) agit sur le désir, le défigurant dans le rêve, aussi bien que
dans la cure.
[1]
WATSON G. (1988). « Phantasia in Classical Though » in
Galway Univ. Press.
[2]
Vers la fin du livre
L’Interprétation des Rêves Freud sépare trois sortes de réalités : la réalité matérielle, la réalité des pensées de liaison et de transition et finalement la réalité du désir inconscient.
[3]
Lekton : Ce qui est lié à la capacité de compréhension des signes et ce qui est exprimé ainsi.
Il y a un rapport de proximité conceptuelle entre, d’une part, « phantasia logike » et représentation
préconsciente, et d’autre part, « phantasia » platonicienne et représentation inconsciente freudienne.
[4]
LAPLANCHE et PONTALIS J.B. (1985).
Fantasme Originaire. Hachette, p. 49.
[5]
FREUD S. (1973). « Communication d’un cas de paranoïa en contradiction avec la théorie
psychanalytique », in
Névrose, Psychose et perversion. Paris : P.U.F.
[6]
FREUD S. (1954).
Cinq Psychanalyses. Paris : P.U.F, page 393-397.
[7]
FREUD S. (1956).
Études sur l’hystérie. Paris : P.U.F. p. 142.
[8]
Minutes de la Société de Vienne. Tome I et II. Par exemple p. 229 du tome II. Gallimard.
[9]
FREUD S. (1993).
D’un type particulier de choix d’objet... (1910) O.C., P.U.F, page 194.
[10]
FREUD S. (1993).
Du sens opposé des mots originaires. (1910) O.C., P.U.F, page 170.
[11]
FREUD S. (1967).
L’interprétation des rêves. P.U.F, page 193 et note (1) de la même page.
[12]
ANZIEU D. (2000).
Les enveloppes psychiques. Paris : Dunod.
[13]
ROSOLATO G. (1985).
Éléments de l’Interprétation. Paris : Gallimard.
[14]
J’utilise ici la classification de : Langer S. (1943).
Philosophy in a new key. Harvard : New
York.
[15]
Ceci ne veut pas dire que la psychanalyse soit une herméneutique