Imaginaire & Inconscient
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2913062989
170 pages

p. 29 à 36
doi: en cours

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no 8 2002/4

2002 Imaginaire & Inconscient

La médiation familiale.

Conjugalité et parentalité

Jean-Jacques Beugniez Membre de l’Institut de la Famille de Toulouse Thérapeute Familial, Médiateur Familial Formateur
La médiation familiale, travail sous mandat, est à visée thérapeutique. Thérapie du divorce, elle tente de repérer puis de distinguer la trame conjugale et parentale de la famille qui amorce, par la séparation des parents, un changement de fonctionnement et non d’état. La famille reste la famille puisque c’est la présence des enfants qui la fonde. Le travail de médiation permet l’expression des différences, la clarification des termes du ou des conflits. Son objectif est de dégager le ou les enfants de la violence du conflit des parents. Se faisant les parents pourront alors se responsabiliser d’avantage pour leur(s) enfant(s), pour minimiser toutes les angoisses et souffrances liées à la séparation du couple des parents.Mots-clés : Conflits conjugaux, Médiation familiale, Jeu à sommation nulle, Relation, Relationnel, Contexte, Escalades violentes, Médiateur, Coalitions, Renforcement, Méta communiquer, Confusion de registres, Trama conjugale, Trama parentale, Négociation, Utilité du conflit, Solution-problème. The family mediation, a work under contract, has a therapeutic goal. Divorce therapy, it tries to pin down and distinguish the conjugal and parental thread that leads to a change of condition in the family, not a change of being when separation occurs. The family remains the family as it is based on the having children. Mediation work allows for the expression of differences, the clearance of the conflict(s) components. Its objective is to withdraw the child or the children from the violence of the parental conflict. In doing so parents will be able to take on more responsibilities for their children and minimize the anxieties and hurt inherent to the parents’sepa-ration.Keywords : Conjugal conflicts, Family mediation, One way game, Relationship, Relational, Context, Violent escalations, Facilitator, Coalition, Reinforcement, To meta communicate, Confusion of registers, Conjugal thread, Parental thread, Negotiation, Conflict utility, Resolution/problem.
Je traite ici de la médiation familiale sous ordonnance du juge aux affaires familiales. Sans être une thérapie, la médiation se déroule dans un moment de vie tout à fait singulier des familles; la phase de séparation ou de divorce selon le cas. C’est ainsi que je qualifierai plutôt ce travail de « thérapie du divorce ».
Les conflits conjugaux peuvent, rapidement parfois, déboucher sur une procédure de séparation en cas d’union libre, de divorce pour un couple marié. De plus en plus sollicité le juge aux affaires familiales peut dorénavant, dans l’un et l’autre cas, utiliser la médiation familiale. Le but est de dégager un accord sur le nouveau fonctionnement de la famille, surtout lorsque la querelle des parents porte, pour l’essentiel, sur le ou les enfants. Comment comprendre et intervenir dans un contexte de médiation familiale ? Comment tenter de dégager les enfants des enjeux dont ils sont les objets ?
La médiation familiale est un processus ordonné par l’autorité judiciaire; les deux membres du couple sont sensés l’accepter. Il revient au médiateur de vérifier les attentes de chacun et de fixer un cadre précis pour les rencontres et d’expliquer à quelles règles [1] devront se soumettre les partenaires.
La commande de travail se résume à l’ordonnance. C’est un contrat passé entre le juge et le couple, base de la mise en place de la médiation. Bon nombre de couples qui sollicitent le juge aux affaires familiales, acceptent explicitement la proposition de médiation. Implicitement, ils voient cette instance comme une possibilité de convaincre l’autre, de le soumettre en présence d’un tiers : le médiateur. Or la médiation doit être un jeu à sommation nulle, c’est-à-dire où chacun est gagnant, et non comme un jeu ou les gains de l’un sont les pertes de l’autre [2]. Si une médiation est ordonnée c’est que la qualité des relations fait obstacle à la mise en place d’une nouvelle organisation. En effet, le Juge est souvent très préoccupé par l’aspect organisationnel. Il comprend que le litige du couple divorçant porte sur le relationnel; d’où l’incitation à la médiation.
Dans la médiation, l’exploration des enjeux du litige, la traduction en termes de relation [3] de la différenciation nécessaire à la séparation, la place des enfants, sont autant de points primordiaux. Ce sont ces points qui permettent de prendre connaissance du contexte conflictuel et de responsabiliser les parents. Dans ces contextes « judiciarisés » de séparation il est plus facile, moins angoissant de partir en pensant et vivant l’autre comme coupable, plutôt que de se quitter en bon termes; du moins c’est ce type de situation que nous avons à traiter en médiation familiale. Le travail de médiation va aussi consister à ce que chaque partenaire fasse le deuil du conjugal pour ne se consacrer qu’au parental.
Ainsi M. D., qui a demandé le divorce et qui depuis que la procédure est lancée, a beaucoup de difficulté à voir et prendre son fils, comme le stipule l’ordonnance de non-conciliation. Il a demandé au juge une médiation familiale que Mme M. a acceptée. Mme M. veut sans cesse ramener à des reproches d’ordre conjugaux ce à quoi M. D. répond inlassablement par : « nous sommes ici pour notre fils ». Mme M. s’emporte très vite alors, accusant M. D. de « profiteur ». M. D. répond par « arrête de délirer ! Tu sais très bien et tout notre entourage le dit, que tu n’a pas été correcte avec moi, malgré tous mes efforts ! » Le ton monte. Mme M. : « c’est toujours la même chose ! On ne peut rien te dire, tu t’emportes de suite ».
Concrètement, les couples se reprochent mutuellement une incompétence conjugale, assortie d’exemples où indifférence, égoïsme, abandon traduisent l’amertume de chacun. Il y a des mouvements de révolte où tous les griefs émergent en une explosion émotionnelle, où chacun se vit lésé par l’autre. Comme si chacun imagine que l’autre imagine qu’il est possible de divorcer sans envisager que cela ait des conséquences. Chacun se vit comme manipulé par l’autre. Cela suscite des escalades violentes.
Dans une relation conjugale, c’est le fait qu’aucun des deux partenaires n’accepte d’être dominé par l’autre. Il s’en suit alors une « escalade symétrique » qui peut aller jusqu’à la violence physique. Chacun veut imposer à l’autre sa manière de définir la relation.
(Concept extrait des travaux de Grégory Bateson qui l’a baptisé « escalade symétrique », schismogénèse. « La symétrie s’accroît par exagération des comportements similaires ». Ici comportement est à entendre comme réaction à un message).
En séance, ce qu’observe et vit le médiateur durant cette phase est la contradiction entre les points de vue de chacun. Chaque protagoniste est présent au récit de l’autre et réagit souvent très vivement. Le jeu des coalitions, c’est-à-dire du deux contre un, est à son paroxysme : en effet chacun tente d’enrôler le médiateur dans son camp. Celui-ci se retrouve dans la position du tiers spectateur, à qui est posée la question de la partialité; l’impartialité apparaît comme une traîtrise.
En écoutant chacune des versions, le médiateur en arrive souvent à penser que tous les deux ont raison. Que faire ? La joute oratoire joue à plein. Tout est conflictualisé. Mais, pour qu’il y ait conflit ouvert, il faut que les protagonistes soient d’accord pour aller sur un champ de bataille. Les armées d’antan se poursuivaient avant de se rencontrer. La stratégie consistait à choisir un champ favorable. Soit il y avait accord, sur le terrain choisi, soit il y avait embuscade.
Dans les conflits conjugaux, le processus est analogue. Un mari parle, sa femme réagit souvent à un geste, à un ton de voix, à une date d’un événement, à un mot qui devient pour elle une incitation à l’affrontement. La réaction à cette invitation est immédiate. L’affrontement s’engage, et, très vite, le motif de départ est interprété en termes relationnels plutôt que comme un point de vue, comme une information : il est asséné, et fait mouche de façon redoutable; l’autre vacille, se reprend et repart aussitôt au combat. « Ce n’est pas que tu m’aies trompé qui me choque le plus, c’est que tu m’aies menti en me faisant croire que tu devenais impuissant et que tu avais besoin de te retrouver seul un temps pour faire le point. Mais maintenant c’est moi qui vais m’amuser et toi tu t’occuperas des enfants sans demander où je suis, avec qui je suis et ce je fais ». Mme I. à son mari en instance de divorce après quinze ans de vie maritale; trois enfants. M. I. a les larmes aux yeux. Il rougit. « Je sais que j’ai tous les torts. Mais cela fait plusieurs années que si je ne te demande pas tu ne fais aucun pas vers moi, aucun élan sous des prétextes divers. J’en ai eu marre, voilà tout ! »
M. O. est divorcé de Mme S. depuis 7 ans. Ils ont une fille, Laura 12 ans, qui ne veut plus aller en week-end chez son père depuis six mois. M. O. pense que la mère de Laura, Mme S. l’influence. Laura a déclaré qu’elle ne voulait plus aller chez son père parce qu’il veut tout savoir sur la nouvelle vie de sa mère. En séance Mme S. appelle M. par son nom de famille et lui assène des reproches comme : « le jour de l’anniversaire de la petite tu ne t’es pas manifesté, plusieurs fois tu ne la pas ramené à l’heure convenue ». M. O. lève les yeux au ciel et tente d’expliquer qu’il était hospitalisé ce jour d’anniversaire. Que les retards sont dus à des problèmes de voiture. Ce à quoi Mme S. se met en colère en lui disant que : « les téléphones, ça existe ! » et qu’il peut prévenir. Pour calmer le jeu sans fin des accusations justifications, je les invite à se mettre dos-à-dos. Et de continuer seulement à cette condition. Ils doivent me parler à moi et pas directement à l’autre.
L’autre est souvent diabolisé. L’idéalisation, projet du modèle familial implicite sur lequel reposait leur rencontre, renforce l’agressivité et la déception de chacun. Souvent, sur le banc des accusés, le père doit se défendre, attaquer; il fournit ainsi des arguments supplémentaires à sa protagoniste. L’inverse est aussi vrai : Madame, dans ses réactions, s’y prendra de telle façon qu’elle ne fera que renforcer la position de Monsieur. Et ainsi indéfiniment.
L’écoute des récits de chaque membre du couple s’élabore sur : des vérités inébranlables et plusieurs années de vie commune. Le raisonnement est on ne peut plus logique et pourtant ces deux récits différents, génèrent du conflit. Autrement dit au plan individuel le récit apparaît comme très cohérent. C’est la confrontation des deux qui reste incompatible. La seule intervention possible est de repérer le regard de chacun qui n’est jamais le même et la signification en termes de pouvoir de l’un sur l’autre. Ceci afin que le couple puisse « méta communiquer » sur cette divergence, c’est-à-dire échanger sur leur manière de voir, de regarder, de comprendre, et peut-être accepter cette différence comme une richesse plutôt que comme un handicap pour eux-mêmes et pour leur(s) enfant(s).
Entendre raconter que l’autre est un bourreau, c’est voir celui ou celle qui parle comme une victime : comme irresponsable. La position d’écoute en est complexifiée. Car au-delà des preuves, qu’avancent l’un et l’autre, c’est en terme non de contenu mais de relation, que le récit se fonde. L’autre est mauvais et, en tant que tiers, chacun attend que j’en sois convaincu. Comment ne pas se laisser embringuer dans cette confusion de registres ? La difficulté est de séparer conjugalité-parentalité.
Cette situation dramatique pousse souvent chacun à faire de l’enfant un objet qui a perdu tout indépendance et toute autonomie. L’enfant doit, dans tous les contacts avec papa, avec maman, accepter et montrer que l’absent à toujours tort. Il se transforme très vite en arbitre impuissant du conflit de ses parents.
Ainsi tiraillé, déchiré, il est contraint de répondre à cette contrainte paradoxale devenant cet instrument que tous souhaitent utiliser sans lui accorder la moindre importance en tant que personne. L’histoire du conflit l’a mis dans une place tout à fait singulière. Il devient l’objet soumis de visions tout à fait opposées. La trame conjugale de la relation entre les adultes, se confond avec la trame parentale. Alors l’enfant confirme à chacun le bien-fondé de la querelle et la renforce malgré lui.
La situation de crise conjugale-parentale ainsi explorée, avec ses règles rigides, le médiateur doit l’expliquer et la soumettre à un autre enjeu : la négociation.
Quand il est reformulé, le conflit ouvert entre les deux parents trouve son utilité : il met l’accent sur la séparation comme solution-problème. En tant que couple, ils ont choisi une solution : le divorce. Mais celui-ci est un problème sur le registre parental. Pourtant parents ils sont, parents ils resteront. Comment vont-ils répondre à cette nouvelle donne qui la plupart du temps est vécue et comprise comme contradictoire ?
Tous les deux sont responsables de la situation du ou des enfants. Que souhaitent-ils faire ? Vont-ils continuer à se battre à travers l’enfant ou peuvent-ils mettre en place des règles simples sur le nouveau fonctionnement familial ?
Par exemple, les parents sont censés se tenir mutuellement informés de la vie et de l’évolution de l’enfant, des problèmes posés et des solutions à mettre en place; les décisions importantes, comme l’orientation scolaire, les soins médicaux, les autorisations, doivent être prises d’un commun accord; cette prérogative est incontournable; elle est inscrite dans le code de la famille. Comment vont-ils y répondre ? Comment vont-ils continuer à être parents, avec ce que cela comporte, de devoirs d’éducation, de protection, etc. ?
Distinguer le conjugal du parental est pour les couples en conflit une opération difficile. Car dans la famille le conjugal et le parental sont présents et la plupart du temps confondus. Dans la vie courante ce clivage entre conjugal et parental, est plutôt topographique : la chambre des parents n’est pas celle des enfants; temporel : les moments conjugaux sont distincts des moments parentaux. La frontière générationnelle parents-enfants est active. Lorsque le couple se disloque, cette frontière se fragilise par la remise en question brutale de chacun des parents.
La médiation familiale se doit de distinguer la trame parentale de la trame conjugale pour dégager l’enfant des conflits de loyauté dont il est l’objet, et pour établir une relation de coopération entre les parents.
Mme B. et M. R. ont vécu ensemble pendant dix ans. De cette période de leur vie est née une fille, Stéfanie, qui a sept ans au moment de la médiation familiale. Fait exceptionnel, c’est Monsieur R. qui a la résidence de sa fille. Mme B. qui avait abandonné le foyer conjugal s’est vue refuser la résidence et n’a qu’un droit de visite, pas d’hébergement car au moment de leur séparation elle n’avait ni adresse, ni travail, du moins c’est ce que stipule l’ordonnance du juge dans ses attendus. Mme B. s’est stabilisée après une période d’errance. Elle a un nouvel ami qui la soutient, ce qui lui a permis de redemander la résidence de Stéfanie. M. R. conteste et ne veut rien céder à Mme B. La situation s’est tellement envenimée entre eux qu’ils ont porté plainte respectivement l’un contre l’autre pour violences aggravées. M. R. a été condamné à six mois de prison avec sursis et cinq mille francs, à l’époque, de dommages et intérêts, à verser à ses ex-beaux parents. Il leur a dégradé à coups de barre de fer, les portières de leur voiture. Devant la violence de cette situation, le dossier du juge aux affaires familiales a été transmis au juge pour enfants. Un droit de visite a été accordé à Mme B. pour qu’elle puisse rencontrer sa fille. Ce droit de visite, ordonné dans un lieu indépendant et qualifié de « neutre », m’a été confié. J’ai donc organisé ces visites en évitant dans un premier temps que Mme et M. se rencontrent. Pris entre les deux récits au combien convaincant de l’un puis de l’autre, j’ai fini par demander au juge pour enfants de mettre au point une ordonnance des plus précise pour les visites de Stéfanie à sa mère. Tout était prévu avec une précision extrême. Tant et si bien que, d’une situation où chacun tentait de me monter contre l’autre, ils en sont venus à se surveiller l’un l’autre par rapport au respect scrupuleux du contenu de l’ordonnance. Ce qui a dégagé Stéfanie du conflit de loyauté dans lequel elle était, ce qui m’a permis d’être plus à distance en tant qu’intervenant et de pouvoir petit à petit faire porter le regard de chacun des parents sur les progrès de leur fille. Ils ont annoncé, à un mois d’intervalle, qu’ayant refait leur vie chacun de leur côté, que Stéfanie allait avoir un frère et/ou une sœur. Rien n’était encore déterminé. Un an et demi de travail, à raison d’une séance tous les quinze jours.
La médiation familiale se propose de gérer une rupture qui est la seule solution possible en renforçant les frontières. Ce qui est aussi d’ordre thérapeutique.
Il y aurait trois points fondamentaux :
  • la séparation ou le divorce sont à la fois solution et problème.
  • le conflit conjugal se joue à travers le parental.
  • la famille disloquée par le divorce définit des droits et des devoirs des deux parents. Dans son nouvel état, cette famille reste inchangée sauf en ce qui concerne la conjugalité et la résidence officielle de l’enfant, et cela en regard de la loi.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  BENOIT J.C., MALAREWICKZ J.A., BEAUJEAN J., COLAS Y., KANAS S. (1988) Dictionnaire clinique des thérapies familiales systémiques. Paris : ESF.
·  BOYER A. (2001) Guide philosophique pour penser le travail éducatif et médicosocial. Tome 1 : La loi de l’échange, tome 2 : L’institution et la violence. Ramonville-Saint-Agne : Erès.
·  ELKAÏM M. (1989) Si tu m’aimes ne m’aime pas. Paris : Le Seuil, coll. Points.
·  TRAPPENIERS E. et BOYER A. (2001) Se former à la thérapie familiale. Paris : Dunod.
·  WATZLAWICK P. (1972) Une logique de la communication. Paris : Le Seuil, coll. Points.
 
NOTES
 
[1]Règles : – L’ordonnance du juge aux affaires familiales fixe un délai, à savoir trois mois renouvelable une seule fois; ce qui fait au plus six mois. – Le médiateur se doit, lui aussi, d’énoncer un certain nombre de règles. – La présence obligatoire des deux membres du couple à chaque séance fixée. La séance dans un cas contraire n’aurait pas lieu. – Le calendrier de toutes les séances de travail, du début à la fin de la mesure. En cas de contretemps, chacun s’engage à prévenir au plus tard, vingt-quatre heures à l’avance. La séance peut être remplacée. – Le respect : l’espace des séances est un moment d’échange. Chacun sera invité à réagir aux propos de l’autre avec l’autorisation du médiateur. C’est au médiateur de gérer les temps de parole, d’orienter les échanges, de faire respecter le cadre ainsi posé. Il est interdit de venir aux séances sous l’effet d’un quelconque produit (alcool, drogue). Les insultes, la violence physique sont interdits et susceptibles de poursuites. – Un compte-rendu, sur la forme et non sur le fond, sera élaboré avec le couple à l’avant dernière séance, avant de le remettre aux greffes du tribunal concerné par la mesure. Ce compterendu contiendra le nombre des séances, les différents thèmes abordés, les points litigieux, les accords dégagés.
[2]La théorie des jeux : Outil mathématique servant à l’analyse des relations sociales des hommes; introduit en 1928 par Von Neumann et appliqué, à l’origine, aux stratégies de la prise de décision dans le comportement économique, il est maintenant utilisé pour toutes sortes de comportements interpersonnels. Jeux à sommation nulle : situations dans lesquelles le gain d’un joueur égale toujours la perte de son adversaire, ce qui veut dire qu’on se trouve en présence de la rivalité pure, puisque la perte d’un joueur est le gain de l’autre. Jeux à sommation non-nulle : situations dans lesquelles le gain et la perte ne sont pas fixés en raison inverse l’un de l’autre : ils ne s’annulent donc pas forcément; ils peuvent être fixés soit entièrement (collaboration pure), soit en partie seulement (motifs combinés).
[3]« Relation : Dans toute communication, on distingue deux niveaux : le contenu et la relation. La relation concerne les rapports entre celui qui émet le message et celui qui le reçoit, et détermine la façon dont le contenu de ce message sera perçu. Ainsi, si le message est communication, la relation est méta communication. La relation est rarement définie de façon explicite, et toute communication est une tentative implicite de définir la relation ». E. Trappeniers in : Benoit J.C., Malarewickz J.A., Beaujean J., Colas Y., Kanas S. (1988) Dictionnaire clinique des thérapies familiales systémiques. Paris : ESF.
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