2002
Imaginaire & Inconscient
La médiation familiale.
Conjugalité et parentalité
Jean-Jacques Beugniez
Membre de l’Institut de la Famille de Toulouse Thérapeute Familial, Médiateur Familial Formateur
La médiation familiale, travail sous mandat, est à
visée thérapeutique. Thérapie du divorce, elle tente de repérer
puis de distinguer la trame conjugale et parentale de la famille
qui amorce, par la séparation des parents, un changement de
fonctionnement et non d’état. La famille reste la famille puisque c’est la présence des enfants qui la fonde. Le travail de
médiation permet l’expression des différences, la clarification
des termes du ou des conflits. Son objectif est de dégager le
ou les enfants de la violence du conflit des parents. Se faisant
les parents pourront alors se responsabiliser d’avantage pour
leur(s) enfant(s), pour minimiser toutes les angoisses et
souffrances liées à la séparation du couple des parents.Mots-clés :
Conflits conjugaux, Médiation familiale, Jeu à sommation nulle, Relation, Relationnel, Contexte, Escalades violentes, Médiateur, Coalitions, Renforcement, Méta communiquer, Confusion de registres, Trama conjugale, Trama parentale, Négociation, Utilité du conflit, Solution-problème.
The family mediation, a work under contract, has
a therapeutic goal. Divorce therapy, it tries to pin down and
distinguish the conjugal and parental thread that leads to a
change of condition in the family, not a change of being when
separation occurs. The family remains the family as it is based
on the having children. Mediation work allows for the expression of differences, the clearance of the conflict(s) components.
Its objective is to withdraw the child or the children from the
violence of the parental conflict. In doing so parents will be
able to take on more responsibilities for their children and
minimize the anxieties and hurt inherent to the parents’sepa-ration.Keywords :
Conjugal conflicts, Family mediation, One way game, Relationship, Relational, Context, Violent escalations, Facilitator, Coalition, Reinforcement, To meta communicate, Confusion of registers, Conjugal thread, Parental thread, Negotiation, Conflict utility, Resolution/problem.
Je traite ici de la médiation familiale sous ordonnance du juge aux
affaires familiales. Sans être une thérapie, la médiation se déroule dans un
moment de vie tout à fait singulier des familles; la phase de séparation ou
de divorce selon le cas. C’est ainsi que je qualifierai plutôt ce travail de
« thérapie du divorce ».
Les conflits conjugaux peuvent, rapidement parfois, déboucher sur une
procédure de séparation en cas d’union libre, de divorce pour un couple
marié. De plus en plus sollicité le juge aux affaires familiales peut
dorénavant, dans l’un et l’autre cas, utiliser la médiation familiale. Le but
est de dégager un accord sur le nouveau fonctionnement de la famille, surtout
lorsque la querelle des parents porte, pour l’essentiel, sur le ou les enfants.
Comment comprendre et intervenir dans un contexte de médiation familiale ?
Comment tenter de dégager les enfants des enjeux dont ils sont les objets ?
La médiation familiale est un processus ordonné par l’autorité judiciaire;
les deux membres du couple sont sensés l’accepter. Il revient au médiateur
de vérifier les attentes de chacun et de fixer un cadre précis pour les rencontres et d’expliquer à quelles règles
[1] devront se soumettre les partenaires.
La commande de travail se résume à l’ordonnance. C’est un contrat passé
entre le juge et le couple, base de la mise en place de la médiation. Bon
nombre de couples qui sollicitent le juge aux affaires familiales, acceptent
explicitement la proposition de médiation. Implicitement, ils voient cette
instance comme une possibilité de convaincre l’autre, de le soumettre en
présence d’un tiers : le médiateur. Or la médiation doit être un jeu à
sommation nulle, c’est-à-dire où chacun est gagnant, et non comme un jeu
ou les gains de l’un sont les pertes de l’autre
[2]. Si une médiation est ordonnée
c’est que la qualité des relations fait obstacle à la mise en place d’une
nouvelle organisation. En effet, le Juge est souvent très préoccupé par l’aspect
organisationnel. Il comprend que le litige du couple divorçant porte sur le
relationnel; d’où l’incitation à la médiation.
Dans la médiation, l’exploration des enjeux du litige, la traduction en
termes de relation
[3] de la différenciation nécessaire à la séparation, la place
des enfants, sont autant de points primordiaux. Ce sont ces points qui
permettent de prendre connaissance du contexte conflictuel et de responsabiliser les parents. Dans ces contextes « judiciarisés » de séparation il est plus
facile, moins angoissant de partir en pensant et vivant l’autre comme
coupable, plutôt que de se quitter en bon termes; du moins c’est ce type de
situation que nous avons à traiter en médiation familiale. Le travail de
médiation va aussi consister à ce que chaque partenaire fasse le deuil du
conjugal pour ne se consacrer qu’au parental.
Ainsi M. D., qui a demandé le divorce et qui depuis que la procédure
est lancée, a beaucoup de difficulté à voir et prendre son fils, comme le
stipule l’ordonnance de non-conciliation. Il a demandé au juge une médiation
familiale que Mme M. a acceptée. Mme M. veut sans cesse ramener à des
reproches d’ordre conjugaux ce à quoi M. D. répond inlassablement par :
« nous sommes ici pour notre fils ». Mme M. s’emporte très vite alors,
accusant M. D. de « profiteur ». M. D. répond par « arrête de délirer ! Tu sais
très bien et tout notre entourage le dit, que tu n’a pas été correcte avec moi,
malgré tous mes efforts ! » Le ton monte. Mme M. : « c’est toujours la même
chose ! On ne peut rien te dire, tu t’emportes de suite ».
Concrètement, les couples se reprochent mutuellement une incompétence
conjugale, assortie d’exemples où indifférence, égoïsme, abandon traduisent
l’amertume de chacun. Il y a des mouvements de révolte où tous les griefs
émergent en une explosion émotionnelle, où chacun se vit lésé par l’autre.
Comme si chacun imagine que l’autre imagine qu’il est possible de divorcer
sans envisager que cela ait des conséquences. Chacun se vit comme manipulé
par l’autre. Cela suscite des escalades violentes.
Dans une relation conjugale, c’est le fait qu’aucun des deux partenaires
n’accepte d’être dominé par l’autre. Il s’en suit alors une « escalade
symétrique » qui peut aller jusqu’à la violence physique. Chacun veut
imposer à l’autre sa manière de définir la relation.
(Concept extrait des travaux de Grégory Bateson qui l’a baptisé « escalade
symétrique », schismogénèse. « La symétrie s’accroît par exagération des
comportements similaires ». Ici comportement est à entendre comme réaction
à un message).
En séance, ce qu’observe et vit le médiateur durant cette phase est la
contradiction entre les points de vue de chacun. Chaque protagoniste est
présent au récit de l’autre et réagit souvent très vivement. Le jeu des coalitions, c’est-à-dire du deux contre un, est à son paroxysme : en effet chacun
tente d’enrôler le médiateur dans son camp. Celui-ci se retrouve dans la
position du tiers spectateur, à qui est posée la question de la partialité;
l’impartialité apparaît comme une traîtrise.
En écoutant chacune des versions, le médiateur en arrive souvent à penser
que tous les deux ont raison. Que faire ? La joute oratoire joue à plein. Tout
est conflictualisé. Mais, pour qu’il y ait conflit ouvert, il faut que les protagonistes soient d’accord pour aller sur un champ de bataille. Les armées
d’antan se poursuivaient avant de se rencontrer. La stratégie consistait à
choisir un champ favorable. Soit il y avait accord, sur le terrain choisi, soit
il y avait embuscade.
Dans les conflits conjugaux, le processus est analogue. Un mari parle, sa
femme réagit souvent à un geste, à un ton de voix, à une date d’un
événement, à un mot qui devient pour elle une incitation à l’affrontement.
La réaction à cette invitation est immédiate. L’affrontement s’engage, et, très
vite, le motif de départ est interprété en termes relationnels plutôt que comme
un point de vue, comme une information : il est asséné, et fait mouche de
façon redoutable; l’autre vacille, se reprend et repart aussitôt au combat.
« Ce n’est pas que tu m’aies trompé qui me choque le plus, c’est que tu
m’aies menti en me faisant croire que tu devenais impuissant et que tu avais
besoin de te retrouver seul un temps pour faire le point. Mais maintenant
c’est moi qui vais m’amuser et toi tu t’occuperas des enfants sans demander
où je suis, avec qui je suis et ce je fais ». Mme I. à son mari en instance de
divorce après quinze ans de vie maritale; trois enfants. M. I. a les larmes
aux yeux. Il rougit. « Je sais que j’ai tous les torts. Mais cela fait plusieurs
années que si je ne te demande pas tu ne fais aucun pas vers moi, aucun élan
sous des prétextes divers. J’en ai eu marre, voilà tout ! »
M. O. est divorcé de Mme S. depuis 7 ans. Ils ont une fille, Laura 12 ans,
qui ne veut plus aller en week-end chez son père depuis six mois. M. O.
pense que la mère de Laura, Mme S. l’influence. Laura a déclaré qu’elle
ne voulait plus aller chez son père parce qu’il veut tout savoir sur la nouvelle
vie de sa mère. En séance Mme S. appelle M. par son nom de famille et
lui assène des reproches comme : « le jour de l’anniversaire de la petite
tu ne t’es pas manifesté, plusieurs fois tu ne la pas ramené à l’heure
convenue ». M. O. lève les yeux au ciel et tente d’expliquer qu’il était hospitalisé ce jour d’anniversaire. Que les retards sont dus à des problèmes de
voiture. Ce à quoi Mme S. se met en colère en lui disant que : « les téléphones,
ça existe ! » et qu’il peut prévenir. Pour calmer le jeu sans fin des accusations
justifications, je les invite à se mettre dos-à-dos. Et de continuer seulement
à cette condition. Ils doivent me parler à moi et pas directement à l’autre.
L’autre est souvent diabolisé. L’idéalisation, projet du modèle familial
implicite sur lequel reposait leur rencontre, renforce l’agressivité et la déception de chacun. Souvent, sur le banc des accusés, le père doit se défendre,
attaquer; il fournit ainsi des arguments supplémentaires à sa protagoniste.
L’inverse est aussi vrai : Madame, dans ses réactions, s’y prendra de telle
façon qu’elle ne fera que renforcer la position de Monsieur. Et ainsi indéfiniment.
L’écoute des récits de chaque membre du couple s’élabore sur : des vérités
inébranlables et plusieurs années de vie commune. Le raisonnement est on
ne peut plus logique et pourtant ces deux récits différents, génèrent du conflit.
Autrement dit au plan individuel le récit apparaît comme très cohérent. C’est
la confrontation des deux qui reste incompatible. La seule intervention
possible est de repérer le regard de chacun qui n’est jamais le même et la
signification en termes de pouvoir de l’un sur l’autre. Ceci afin que le couple
puisse « méta communiquer » sur cette divergence, c’est-à-dire échanger sur
leur manière de voir, de regarder, de comprendre, et peut-être accepter cette
différence comme une richesse plutôt que comme un handicap pour eux-mêmes et pour leur(s) enfant(s).
Entendre raconter que l’autre est un bourreau, c’est voir celui ou celle
qui parle comme une victime : comme irresponsable. La position d’écoute
en est complexifiée. Car au-delà des preuves, qu’avancent l’un et l’autre,
c’est en terme non de contenu mais de relation, que le récit se fonde. L’autre
est mauvais et, en tant que tiers, chacun attend que j’en sois convaincu.
Comment ne pas se laisser embringuer dans cette confusion de registres ?
La difficulté est de séparer conjugalité-parentalité.
Cette situation dramatique pousse souvent chacun à faire de l’enfant un
objet qui a perdu tout indépendance et toute autonomie. L’enfant doit, dans
tous les contacts avec papa, avec maman, accepter et montrer que l’absent
à toujours tort. Il se transforme très vite en arbitre impuissant du conflit de
ses parents.
Ainsi tiraillé, déchiré, il est contraint de répondre à cette contrainte
paradoxale devenant cet instrument que tous souhaitent utiliser sans lui
accorder la moindre importance en tant que personne. L’histoire du conflit
l’a mis dans une place tout à fait singulière. Il devient l’objet soumis de
visions tout à fait opposées. La trame conjugale de la relation entre les
adultes, se confond avec la trame parentale. Alors l’enfant confirme à chacun
le bien-fondé de la querelle et la renforce malgré lui.
La situation de crise conjugale-parentale ainsi explorée, avec ses règles
rigides, le médiateur doit l’expliquer et la soumettre à un autre enjeu : la
négociation.
Quand il est reformulé, le conflit ouvert entre les deux parents trouve son
utilité : il met l’accent sur la séparation comme solution-problème. En tant
que couple, ils ont choisi une solution : le divorce. Mais celui-ci est un
problème sur le registre parental. Pourtant parents ils sont, parents ils
resteront. Comment vont-ils répondre à cette nouvelle donne qui la plupart
du temps est vécue et comprise comme contradictoire ?
Tous les deux sont responsables de la situation du ou des enfants. Que
souhaitent-ils faire ? Vont-ils continuer à se battre à travers l’enfant ou
peuvent-ils mettre en place des règles simples sur le nouveau fonctionnement
familial ?
Par exemple, les parents sont censés se tenir mutuellement informés de
la vie et de l’évolution de l’enfant, des problèmes posés et des solutions à
mettre en place; les décisions importantes, comme l’orientation scolaire, les
soins médicaux, les autorisations, doivent être prises d’un commun accord;
cette prérogative est incontournable; elle est inscrite dans le code de la
famille. Comment vont-ils y répondre ? Comment vont-ils continuer à être
parents, avec ce que cela comporte, de devoirs d’éducation, de protection,
etc. ?
Distinguer le conjugal du parental est pour les couples en conflit une
opération difficile. Car dans la famille le conjugal et le parental sont présents
et la plupart du temps confondus. Dans la vie courante ce clivage entre
conjugal et parental, est plutôt topographique : la chambre des parents n’est
pas celle des enfants; temporel : les moments conjugaux sont distincts des
moments parentaux. La frontière générationnelle parents-enfants est active.
Lorsque le couple se disloque, cette frontière se fragilise par la remise en
question brutale de chacun des parents.
La médiation familiale se doit de distinguer la trame parentale de la trame
conjugale pour dégager l’enfant des conflits de loyauté dont il est l’objet,
et pour établir une relation de coopération entre les parents.
Mme B. et M. R. ont vécu ensemble pendant dix ans. De cette période
de leur vie est née une fille, Stéfanie, qui a sept ans au moment de la
médiation familiale. Fait exceptionnel, c’est Monsieur R. qui a la résidence
de sa fille. Mme B. qui avait abandonné le foyer conjugal s’est vue refuser
la résidence et n’a qu’un droit de visite, pas d’hébergement car au moment
de leur séparation elle n’avait ni adresse, ni travail, du moins c’est ce que
stipule l’ordonnance du juge dans ses attendus. Mme B. s’est stabilisée après
une période d’errance. Elle a un nouvel ami qui la soutient, ce qui lui a permis
de redemander la résidence de Stéfanie. M. R. conteste et ne veut rien céder
à Mme B. La situation s’est tellement envenimée entre eux qu’ils ont porté
plainte respectivement l’un contre l’autre pour violences aggravées. M. R.
a été condamné à six mois de prison avec sursis et cinq mille francs, à
l’époque, de dommages et intérêts, à verser à ses ex-beaux parents. Il leur
a dégradé à coups de barre de fer, les portières de leur voiture. Devant la
violence de cette situation, le dossier du juge aux affaires familiales a été
transmis au juge pour enfants. Un droit de visite a été accordé à Mme B.
pour qu’elle puisse rencontrer sa fille. Ce droit de visite, ordonné dans un
lieu indépendant et qualifié de « neutre », m’a été confié. J’ai donc organisé
ces visites en évitant dans un premier temps que Mme et M. se rencontrent.
Pris entre les deux récits au combien convaincant de l’un puis de l’autre, j’ai
fini par demander au juge pour enfants de mettre au point une ordonnance
des plus précise pour les visites de Stéfanie à sa mère. Tout était prévu avec
une précision extrême. Tant et si bien que, d’une situation où chacun tentait
de me monter contre l’autre, ils en sont venus à se surveiller l’un l’autre par
rapport au respect scrupuleux du contenu de l’ordonnance. Ce qui a dégagé
Stéfanie du conflit de loyauté dans lequel elle était, ce qui m’a permis d’être
plus à distance en tant qu’intervenant et de pouvoir petit à petit faire porter
le regard de chacun des parents sur les progrès de leur fille. Ils ont annoncé,
à un mois d’intervalle, qu’ayant refait leur vie chacun de leur côté, que
Stéfanie allait avoir un frère et/ou une sœur. Rien n’était encore déterminé.
Un an et demi de travail, à raison d’une séance tous les quinze jours.
La médiation familiale se propose de gérer une rupture qui est la seule
solution possible en renforçant les frontières. Ce qui est aussi d’ordre thérapeutique.
Il y aurait trois points fondamentaux :
- la séparation ou le divorce sont à la fois solution et problème.
- le conflit conjugal se joue à travers le parental.
- la famille disloquée par le divorce définit des droits et des devoirs des
deux parents. Dans son nouvel état, cette famille reste inchangée sauf en
ce qui concerne la conjugalité et la résidence officielle de l’enfant, et cela
en regard de la loi.
·
BENOIT J.C., MALAREWICKZ J.A., BEAUJEAN J., COLAS Y., KANAS S.
(1988) Dictionnaire clinique des thérapies familiales systémiques. Paris : ESF.
·
BOYER A. (2001) Guide philosophique pour penser le travail éducatif et médicosocial. Tome 1 : La loi de l’échange, tome 2 : L’institution et la violence.
Ramonville-Saint-Agne : Erès.
·
ELKAÏM M. (1989) Si tu m’aimes ne m’aime pas. Paris : Le Seuil, coll. Points.
·
TRAPPENIERS E. et BOYER A. (2001) Se former à la thérapie familiale. Paris :
Dunod.
·
WATZLAWICK P. (1972) Une logique de la communication. Paris : Le Seuil, coll.
Points.
[1]
Règles :
– L’ordonnance du juge aux affaires familiales fixe un délai, à savoir trois mois renouvelable une seule fois; ce qui fait au plus six mois.
– Le médiateur se doit, lui aussi, d’énoncer un certain nombre de règles.
– La présence obligatoire des deux membres du couple à chaque séance fixée. La séance
dans un cas contraire n’aurait pas lieu.
– Le calendrier de toutes les séances de travail, du début à la fin de la mesure. En cas de
contretemps, chacun s’engage à prévenir au plus tard, vingt-quatre heures à l’avance. La séance
peut être remplacée.
– Le respect : l’espace des séances est un moment d’échange. Chacun sera invité à réagir
aux propos de l’autre avec l’autorisation du médiateur. C’est au médiateur de gérer les temps
de parole, d’orienter les échanges, de faire respecter le cadre ainsi posé. Il est interdit de venir
aux séances sous l’effet d’un quelconque produit (alcool, drogue). Les insultes, la violence
physique sont interdits et susceptibles de poursuites.
– Un compte-rendu, sur la forme et non sur le fond, sera élaboré avec le couple à l’avant
dernière séance, avant de le remettre aux greffes du tribunal concerné par la mesure. Ce compterendu contiendra le nombre des séances, les différents thèmes abordés, les points litigieux,
les accords dégagés.
[2]
La théorie des jeux :
Outil mathématique servant à l’analyse des relations sociales des hommes; introduit en
1928 par Von Neumann et appliqué, à l’origine, aux stratégies de la prise de décision dans le
comportement économique, il est maintenant utilisé pour toutes sortes de comportements interpersonnels.
Jeux à sommation nulle : situations dans lesquelles le gain d’un joueur égale toujours la
perte de son adversaire, ce qui veut dire qu’on se trouve en présence de la rivalité pure, puisque
la perte d’un joueur est le gain de l’autre.
Jeux à sommation non-nulle : situations dans lesquelles le gain et la perte ne sont pas
fixés en raison inverse l’un de l’autre : ils ne s’annulent donc pas forcément; ils peuvent être
fixés soit entièrement (collaboration pure), soit en partie seulement (motifs combinés).
[3]
« Relation : Dans toute communication, on distingue deux niveaux : le contenu et la
relation. La relation concerne les rapports entre celui qui émet le message et celui qui le reçoit,
et détermine la façon dont le contenu de ce message sera perçu. Ainsi, si le message est communication, la relation est méta communication. La relation est rarement définie de façon explicite,
et toute communication est une tentative implicite de définir la relation ».
E. Trappeniers in : Benoit J.C., Malarewickz J.A., Beaujean J., Colas Y., Kanas S. (1988)
Dictionnaire clinique des thérapies familiales systémiques. Paris : ESF.