Imaginaire & Inconscient
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2847950133
170 pages

p. 55 à 63
doi: en cours

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no 10 2003/2

2003 Imaginaire & Inconscient

Virilité et violence dans les rêves de Joseph

Mario de Barros-Ferreira Psychiatre15 bis av. de La République 92340 Bourg-la-Reine
Ne connaissant pas le père, Joseph ne pouvait pas désirer sa mort (« Œdipe non plus, et pourtant... » me rappelle le psychanalyste de service). En effet, son géniteur a disparu lorsqu’il avait 2 ans et décédé lorsqu’il en avait 4. Il ne pouvait donc pas tuer le mort. Il n’a pas non plus connu la « phase de latence » freudienne. Le rôle de ses grands-parents s’est en quelque sorte limité à lui forger une religion dont il s’est servi pour contrer ses tendances sadiques. Élevé par une mère séductrice, il l’a désiré en tant que séduit. Sa névrose et son Amour-Haine des femmes en furent, hypothétiquement, le résultat, dont ses rêves paraissent révéler l’origine. Ce cas, parmi tant d’autres, suggérerait que l’Œdipe n’est pas un « Complexe » Universel. Par contre, la séduction de l’enfant par l’adulte des deux sexes est très fréquente et mériterait d’être mieux connue. En effet, il existe très peu de publications sur ce sujet.Mots-clés : Hassidisme, Rêves, Violence, Perversité, Œdipe, Séduction. Not knowing the father, Joseph couldn’t wish for his death (« Œdipus neither, but nevertheless...» says the psychoanalyst on duty). Its genitor disappeared when he was two and died when he was four. So that he could not kill the deceased. He could not either, go through the Freudian « latency stage ». His grandparents’role was then limited to the forging of a religion, which he used to counteract his sadistic impulses. Raised by a seductive mother, he desired her since he was seduced. His neurosis and his Love-Hate of women were the hypothetical result as his dreams tended to reveal it. This study, among numerous others, would suggest that the Oedipus is not a Universal « complex ». On the other hand, the seduction of a child by an adult – both gender applies- is very common and would deserve a better study. Effectively, not so many publications on this topic have been published.Keywords : Hasidism, Dreams, Violence, Perversity, Oedipus, Seduction.
« Je ne crois pas du tout à la psychologie.
Je crois aux situations ».
Jean D’ORMESSON [1].
Le film dramatique israélite Kadosh d’Amos Gitai, de 1999, concernant l’oppression de deux femmes soumises à l’intégrisme religieux masculin juif, a beaucoup de points communs avec l’histoire d’un de mes malades, Joseph, élevé dans le giron d’une religion intégriste (le Hassidisme-[6]). Nous nous sommes rencontrés de 1977 à 1979.
 
I – Joseph
 
 
Malgré ses accès dépressifs périodiques qu’il soignait avec des médicaments, Joseph avait une assez bonne opinion de lui-même : il suivait strictement les préceptes de sa communauté religieuse et ne décidait rien de son avenir ni de celui de sa famille, sans consulter, par écrit ou par téléphone, le Reb, son chef spirituel qui résidait à Brooklyn, USA. Pas question de s’écarter de la « règle ».
Joseph s’habillait de noir de la tête aux pieds et portait une barbe broussailleuse et des « papillotes » (mèches temporales). Il se coiffait d’un chapeau noir.
Il se souvenait de ses tendances sadiques depuis l’âge de 3 ans. Il « jouissait » (sic) quand il suppliciait les animaux et, plus tard, quand il assistait à des scènes de torture à la télévision ou au cinéma dont il affectionnait les films traitant de toutes sortes de violences. Lorsqu’il a commencé à apprendre les comportements « normaux » et les règles religieuses, il se considérait comme un monstre après chaque masturbation. Celle-ci est devenue quasi quotidienne depuis l’âge de 5 ans.
Il aimait « jouir de son corps ». Pendant toute son enfance et son adolescence [2], il tripotait les filles consentantes. Certaines le masturbaient ce qui lui donnait envie de les étrangler après avoir joui. Il les méprisait car les femmes devaient savoir, en toutes circonstances, se retenir sexuellement et faire ce que l’homme voulait et non ce qu’elles désiraient. Sa religion qui prescrivait les devoirs des femmes le rassurait et l’attachait de plus en plus à ses commandements, à ses rituels, à ses exigences puritaines. Il affectionnait l’intensité de leur vie communautaire, leur repli ghettoïque culturel et social, l’usage habituel du yiddish. Il vivait les dernières années de la décade de 70 où les « dérèglements » sexuels féminins étaient de plus en plus généralisés et soutenus par des lois qu’il considérait « iniques » (5). « C’était la faute de Mai 68 ».
Ses parents ont divorcé lorsqu’il avait 2 ans. Son père était mort d’une cirrhose alcoolique à l’âge de 46 ans. Joseph en avait 4. Il n’avait aucun souvenir de son père. Il a été élevé par ses grands-parents, juifs d’origine Russe et par sa mère, non juive et athée. Il s’est investi totalement dans le Hassidisme grâce à sa grand-mère, qui lui a transmis sa croyance dans le Dieu d’Israël.
Édith, sa femme, avait 29 ans (de 2 ans sa cadette) se rasait le crâne et considérait la sexualité comme un devoir. Elle s’occupait de la maison et des 3 enfants qu’ils ont eu, un chaque année. Le troisième était un mâle, enfin !
 
II – Joseph se plaint
 
 
« Lorsqu’on fait l’amour, ma femme cache son corps derrière un drap troué à l’endroit du sexe. Je la couvre, habillé d’un pantalon de flanelle. Je ne l’ai jamais vue toute nue. En regardant sa tête rasée, j’ai l’impression de coucher avec un mannequin chauve ou une poupée gonflable. Depuis la naissance de notre garçon elle est devenue complètement frigide. Elle accepte l’accouplement exclusivement après le bain rituel. Je suis, pourtant, capable d’avoir des rapports tous les jours. Je chercherais d’autres femmes si ma religion ne me le défendait pas ».
« Les refus sexuels de ma femme m’empêchent de dormir pendant une grande partie de la nuit. Lorsque je m’endors, je me venge pendant mes rêves ».
 
III – Joseph rêve [3]
 
 
A – Rêve Nocturne
« Sarah, une jeune femme aux cheveux blonds s’est allongée... Je me suis assis derrière sa tête qu’elle a posé sur mon sexe jusqu’à le sentir volumineux. Puis elle est remontée jusqu’à ma bouche... Nous avons dévoré nos lèvres et nos langues. J’ai avalé du sang. Sarah a défait mon pantalon et m’a sucé le sexe. J’ai éjaculé dans sa bouche. Elle a avalé mon sperme, ce qui m’a dégoûté. Elle a couvert mon corps de baisers. J’ai eu envie de la tuer ! J’ai mis les mains autour de son cou, mais je me suis réveillé avant de l’achever. J’étais inondé de sperme ».
Interprétation de Joseph : « Cette femme avait les cheveux blonds, naturels, très longs comme ma mère. Depuis mon jeune âge, ma mère me couvrait la tête avec ses cheveux “pour rigoler”. Ma tête reposait sur son épaule et sur son cou. La chaleur de son corps me bouleversait. J’avais envie d’embrasser ses cheveux, sa bouche, son cou. Ses attitudes ambiguës et mon désir m’ont toujours révolté parce que ma religion considère l’inceste comme un acte impardonnable et abominable. Dans le rêve, j’ai voulu tuer Sarah... Pourquoi me suis-je réveillé ? Probablement parce qu’il m’était insupportable de faire l’amour avec une femme qui ressemblait trait pour trait à ma mère. Ma mère n’a que 19 ans de plus que moi. Elle est très belle et désirable, même maintenant à l’âge de 50 ans ».
B – Rêves-éveillés
La plupart des thèmes des rêves-éveillés proposés, devenaient rapidement chargés de sexualité ou (et) de violence.
  1. – «... Je suis dans une chambre avec une jeune fille de 10 ans, Sylvette, fille d’un rabbin. Je lui soulève la jupe et met un doigt dans sa fente. Elle se paume de plaisir. Je lui mords son sexe. Elle fait la même chose avec le mien. Elle est toute jeune, toute fraîche. C’est sa première expérience ce qui ne semble pas l’étonner. Son attitude m’exaspère. J’ai un couteau dans la main. Je la transperce de la gorge jusqu’au ventre. Elle me regarde, surprise. Je la bouscule dans le vide. Je suis comme possédé par un démon. Je la suis dans sa chute. Elle vit encore. Je l’étrangle. Elle agonise sur moi tandis que j’éjacule... ».
  2. Interprétation : « J’ai toujours désiré posséder une petite fille. Quand je regarde les filles très jeunes, je bande et j’ai des fantasmes sanguinaires horribles. Alors je pense à mes deux filles et je me dis que je suis un vrai démon... d’autant plus que lorsque je les prends sur mes genoux je ne peux pas empêcher l’érection et l’envie de les tuer ».
  3. Joseph est resté absent pendant 4 mois. Il a donné comme excuse son besoin de plonger dans la Torah « pour tenter de vaincre les démons qu’il sentait vivre en lui. En outre il avait peur de découvrir sa véritable identité ».
  4. – «... Je me trouve dans la chambre de ma jeune tante qui n’a que 2 ans de plus que moi. Elle est allongée sur un lit, nue, les jambes écartées. Elle me tire vers elle et prend mon sexe avec les deux mains et le suce. Ensuite elle l’introduit dans le vagin et jouit plusieurs fois. Je m’aperçois que je suis dans la chambre conjugale de mes oncles. Je la repousse et quitte rapidement la chambre... ».
  5. Interprétation : « L’inceste, je le répète, est un des plus graves péchés de notre religion. Et la chambre conjugale est un lieu sacré, tabou. Seul le couple a le droit d’y faire l’amour. Je m’aperçois que, dans mes rêves, je transgresse tous les interdits de ma religion ».
  6. «... Je trouve un nid où trois oisillons piaillent en attendant leur mère. Je tire une flèche. Le nid tombe et j’écrase les oiseaux un à un. La mère cherche affolée ses petits. Je lui écrase aussi la tête. Je ris comme un dingue. J’aperçois une femme : ma mère me regarde. Je pointe une flèche sur sa tête qui va se ficher sur son front et le traverser. Elle est morte et ses yeux grands ouverts me fixent étonnés ».
  7. Joseph s’assied sur le divan, la tête appuyée sur les mains. Pendant un long moment, il ne bouge pas et pleure.
  8. Interprétation : « Je ne peux pas croire que je suis si méchant. Est-ce que je masque ma véritable personnalité derrière ma religion ? Lorsqu’elle n’a plus de prise sur moi, tous mes monstres intérieurs s’envolent allégrement. Je crois que je prends du plaisir de pouvoir m’évader ainsi. Ma religion exige que nous soyons des purs parmi les purs, des fidèles parmi les fidèles. Tant que je suis éveillé, je ne crains pas de pécher contre mon Dieu, sauf lors de mes différents fantasmes. J’essaie de les contrer et de les oublier en priant et en lisant la Torah ou en travaillant comme un forcené. Mais lorsque je m’endors, mes résistances s’endorment aussi et les démons du sexe et de la violence me dominent. Pourquoi Dieu m’envoie-t-il des rêves pareils, si je suis un modèle de croyant ? Est-ce que je me trompe et que j’ai envie de vivre mes rêves ? ».
  9. Où se trouve-t-il, maintenant, Joseph ? J’avoue que j’étais fasciné par son histoire dont l’anamnèse est restée incomplète à cause de son départ précipité. En effet, depuis « l’assassinat » de sa mère, il n’a plus donné de signes de vie.
 
IV – Que conclure ?
 
 
Après maintes hésitations, je me suis décidé à exprimer certains des « non dits » que je refoulais (retenais) depuis de nombreuses années :
  1. Les tendances sadiques précoces de Joseph sont déterminées par qui ou (et) par quoi ? Les psychanalystes ont beaucoup étudié les perversions dont le sadisme qu’ils considèrent indissociable du masochisme, à la suite de Freud. Auparavant, les auteurs classiques, dont tout n’est pas à rejeter, se sont beaucoup occupés de la sexualité (Krafft-Ebing, Havelock Ellis, etc.). Lanteri-Laura, plus récemment ([2], p. 45), cite Gilles de Rais et le Marquis de Sade « qui appartenait à un monde aristocratique... où l’aspect homicide des perversions pouvait se réaliser ». De son côté Gérard Mendel ([4], p. 102) étudie le sadisme de Sade : le père de celui-ci « lointain, froid, sans bienveillance, avec lequel aucune intimité n’exista », peut être comparé au père de Joseph. Ce manque « d’imagos » et « d’identifications paternelles » est suffisant pour étayer le sadisme de Joseph ? Est-ce que tous les enfants qui ont vécu des situations identiques sont devenus des sadiques comme Sade dans les salons dorés du siècle des lumières et dans sa prison ou comme Joseph dans son lit en rêvant et dans sa vie en marchant ? Est-ce vrai que le sadisme est, comme l’affirme Mendel, « l’intrication... de l’élan amoureux vers l’objet et de la pulsion agressive » ? Qu’est-ce « l’élan amoureux » ? Et que la mère est en arrière-fond de cette « pulsion complexe » ? Ou... « une conséquence de la fixation au stade anal », comme le dit Freud ? Au fait, pense-t-on encore que les trois stades libidinaux décrits par Freud (qui signent, pour celui-ci, la perversité polymorphe originelle de l’enfant) sont une réalité ou une projection-invention du génie freudien ? Est-ce possible « d’injecter » dans la mémoire (certains disent : dans l’Inconscient) ce « savoir » acquis chaque jour, au fur et à mesure du bon vouloir de l’éducateur ou de l’analyste ? Autrement dit : Le psychanalyste ne remplacerait-il pas, insidieusement, les fantasmes du patient par les siens ?
  2. Quoi qu’il en soit, Joseph n’a pas trouvé chez sa femme l’aide sexuelle qui aurait, éventuellement, réduit ses tendances perverses.
  3. Joseph désire sa mère au sens œdipien ? Mais où est le père, « l’autorité frustrante et désirante de l’autre » créatrice du fantasme parricide, comme le dit le Dogme psychanalytique ? Lorsque la mère a des attitudes de séduction, Joseph est irrépressiblement attiré vers cette femme potentiellement incestueuse. Mais c’est elle qui provoque son désir. L’Œdipe s’efface pour donner la place à la mère désirante, séductrice et qui, sait-on jamais, a pu passer à l’acte (caresses diverses...) lors du très jeune âge de Joseph et dont il n’a aucun souvenir. Son « sadisme jouissant » et sa « haine » (désirante) des femmes peuvent êtres expliqués en partie par cette période couverte par l’oubli ?
  4. Ses tendances perverses (pédophilie, sado-masochisme, cannibalisme, matricide, infanticide...) exprimées dans ses rêves, résultent de quoi ? Le père, apparemment, n’y est pour rien sauf si, me dira-t-on, son absence est une « présence » néfaste, productrice de fantasmes parricides post-mortem ! Et l’athéisme de sa mère ? Quel rôle a-t-il joué dans son comportement sexuel après son divorce ? À 22 ans, elle devenait une femme libre, sans les interdits imposés par la religion de ses beaux-parents et de son fils. Celui-ci a toujours éludé les questions concernant la vie sexuelle de sa mère. Il est fort probable et tout à fait naturel qu’elle ait eu des amants. Joseph aurait pu les connaître ou les approcher de près ou de loin. Le comportement paradoxal de sa mère (séduction d’un côté, abandon de l’autre) a-t-il eu un quelconque impact sur ses fantasmes et ses perversions ? L’identification de toutes les femmes à sa propre mère pouvait être la cause de son dégoût et de ses fantasmes meurtriers après avoir joui ? Et l’hérédité, la génétique, dont on souligne le rôle dans maintes maladies mentales jadis considérées comme exclusivement d’origine psychologique ? Lorsqu’il trucide, viole, mange les femmes... dans ses rêves, peut-on évoquer des « mécanismes » négatifs d’identification, ou autres, à sa mère ? Cette femme qui à maintes reprises l’a mis dans des situations de désir non accompli, de frustration quasi irrationnelle ? Qui a possiblement exacerbé sa sexualité lors de l’hypothétique phase de latence ?
  5. Joseph accumule depuis son jeune âge une énorme charge de « haine amoureuse » envers les femmes, déterminée probablement par les différentes situations qu’il a vécues et ci-dessus rapidement rappelées. Cette « haine amoureuse » est contenue par un masque de fer qui le protège, en partie, lors de sa vie vigile, mais qui se rouille lorsqu’il perd, dans les rêves, le contrôle de son inconscient. C’est alors l’avalanche : toutes les femmes, jeunes ou adultes sont méprisables. Elles ne sont que des putains vicieuses et jouisseuses capables de tenter le Diable lui-même. Elles peuvent êtres donc violées, agressées, tuées...
  6. La progressive équivalence sexuelle homme-femme acquise à partir des années 60 grâce à la contraception (préservatif, pilule, stérilet...) et à la légalisation de l’IVG, de l’accouchement sans douleur, etc., doit jouer un rôle dans l’évolution de la personnalité de Joseph. La femme devient, peu à peu, l’égale de l’homme, ce qui est inadmissible. Et elle peut, enfin, jouir sans peur de la grossesse.
  7. Joseph accepte les règles « inhumaines » de sa religion probablement pour ralentir (ou combattre) le phénomène nouveau qui peut le dépouiller de sa prévalence mâle : « l’ascension » des « Maries » au septième ciel, sans peur de « l’enfer » érotique et des grossesses non désirées. Le plaisir a cessé d’être l’apanage de l’homme. Il n’est non plus tout seul à décider si l’enfant doit être conçu.
  8. Pour finir : Aujourd’hui la psychanalyse (lorsqu’elle ne retombe pas dans des interminables interprétations philosophique-mathématico délirantes, selon Sokal et Brikmont-[8]) tourne en rond, ronronne et biberonne. L’enfant mâle ou femelle des pays riches [5] en est le perdant, le « psychanalyste » le gagnant au sens intellectuel spéculatif (parfois pervers) et matériel du mot.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  (1) FREUD S. (1re édition 1956) La naissance de la psychanalyse. Traduit de l’Allemand par Anne Berman. Lettres à Wilhelm Fliess. Notes et plans (1887-1902) publiés par Marie Bonaparte, Anna Freud, Ernst Kris. Paris, P.U.F., 1996.
·  (2) LANTERI-LAURA, Lecture des perversions, Masson. 160 p., 1979.
·  (3) LAPLANCHE J. et PONTALIS J.-B., Vocabulaire de la Psychanalyse, Paris, P.U.F., 1978.
·  (4) MENDEL G., La révolution contre le père. Une introduction à la sociopsychanalyse. Petite Bibliothèque, Paris, Payot, 416 p., 1968.
·  (5) MOSSUZ-LAVAU J., Les lois de l’amour. Les politiques de la sexualité en France (1950-2002), Paris, P.U.F., 502 p., 2002.
·  (6) NAHON G. Judaïsme. Histoire du peuple Juif. Hassidisme, in Encyclopédie Universalis, vol. 9, p. 537, France, pp. 532-541,1969.
·  (7) POUPARD P. sous la direction de, Hassidisme in Dictionnaire des Religions, Paris, P.U.F., pp. 689-690,1984.
·  (8) SOKAL A. et BRICMONT J. Impostures Intellectuelles. Paris, Odile Jacob. Le Livre de Poche, Biblio essais, Collection dirigée par J.P. Enthoven, p. 413,1997.
 
NOTES
 
[1]Entretien radiophonique avec Pascale Clark à France Inter le 27/01/2003 de 9 h 10 à 10 heures.
[2]On sait que Freud (1) avait dit qu’après la résolution de l’Œdipe (5-6 ans) s’installait une « période de latence » qui allait jusqu’à la puberté, période durant laquelle le garçon « oubliait » sa sexualité. Cette période dure, donc, 6 ou 7 ans ! C’est vrai que Freud (in 3, p. 220) dit que « les formations sociales, conjuguant leur action à celle du sur-moi, viennent renforcer la latence sexuelle : celle-ci » «...ne peut provoquer une complète interruption de la vie sexuelle que dans les organisations culturelles qui ont inscrit dans leur programme une répression de la sexualité infantile. Tel n’est pas le cas chez la plupart des primitifs ». Chaque fois que j’ai eu l’opportunité d’interroger des hommes et des femmes de tous les niveaux sociaux et religieux, avec ou sans répression sexuelle lors de leur éducation, « tous » et « toutes » ont eu des activités sexuelles (suivies ou par intermittences) masturbatoires, homosexuels ou hétérosexuels lors de la « période de latence ». Et ils ne sont pas devenus pervers pour autant. L’exemple de Joseph (et des millions d’autres), pervers dans l’inconscience des rêves, prouve qu’avec ou sans surmoi, répression ou pas, la période de latence et « l’intense activité des refoulements » ne sont que des interprétations abstraites. Le Complexe d’Œdipe est également sujet à caution.
[3]Pour des raisons évidentes d’espace, le nombre et la longueur des rêves ont été largement écourtés.
[4]Je m’exprimerai ailleurs à ce propos.
[5]Les pays pauvres ignorent Le Complexe d’Œdipe, les Stades libidinaux, etc. (Et l’Œdipe Africain publié chez L’Harmattan, 3e éd. en 1984 par M.C. et E. Ortigues). À la page 270, ces auteurs affirment que « les névroses obsessionnelles sont extrêmement rares en milieu traditionnel africain ». Ceci serait dû au fait « que les défenses de type anal sont peu élaborées en Afrique... ». Il s’agit du Sénégal, où les auteurs avouent la quasi inexistence du stade anal. Je ne connais pas de « psychanalyses » effectuées (et publiées) au Sahel et dans d’autres pays du même niveau de vie (où il n’existe même pas de « cellules d’intervention psychologique » !!!) lorsqu’une sécheresse ou des inondations torrentielles dévastent les terres et tuent des milliers d’enfants de faim !
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