L’humour (juif), arme des désarmés
Judith Kauffman
Introduire le thème de l’humour dans un recueil
d’études sur la victime, c’est y glisser la discordance d’une
provocation. Certes l’humour figure parmi les tactiques traditionnelles de résistance qu’oppose à la société dominante une
collectivité minoritaire, marginalisée et fragile. Mais connoté
non sérieux, associé à une certaine légèreté irrespectueuse, il
suppose une forme d’anesthésie affective et morale, une incongruité inacceptable dans la représentation des situations
extrêmes. Et pourtant...Mots-clés :
Humour juif, Résistance, Révolte, Romain Gary, La danse de Gengis Cohn, Albert Cohen, Les Valeureux, Witz, Savon, Accent yiddish, Dibbuk, Bergson.
To introduce humor in a collection of studies on
victims is to introduce a provocative discordance. Of course,
humor features amongst the traditional means of resistance that
a fragile and fringe minority has against a dominant society.
But, connoted with a lack of seriousness and associated with
a certain disrespectful light-heartedness, it implies a kind of
affective and moral anesthesia, an unacceptable incongruity in
the representation of extreme situations.Keywords :
Jewish humor, Resistance, Revolt, Romain Gary, Gengis Cohn’s dance, Albert Cohen, The Valorous, Witz, Soap, Yiddish accent, Dibbuk, Bergson.