Le passage à l’acte d’écrire de Violette Leduc.
Être femme et écrire, de la bâtardise à l’autorité
Anaïs Frantz
Être femme et écrire, cela n’est pas toujours allé de
soi. Car comment, dans une société qui l’identifiait à la passivité de sa fonction procréatrice, une femme pouvait-elle légitimement passer à l’acte, prendre la plume ? Soumise à l’autorité d’un homme dont elle porte le nom, faire acte d’autorité? Nombreuses sont celles qui, pour ce faire, mirent leur
identité de femme en retrait : anonymat, pseudonyme, retenue d’une expression féminine... Or, on le dit de la femme,
versatile, la pudeur l’est... Et cet exil de leur féminité servit
de « chambre à soi » où librement énoncer. Une marge aux
interdits et contraintes de la société où, malgré tout, créer. Et
tirer de la retenue dans laquelle elles étaient cantonnées la
force de la pudeur, l’efficacité du retrait.
Mots-clés :
Écrire, Autorité, Pudeur, Identité féminine.
To be a woman and to write has not always been
obvious. When society identified women to the passivity of
the child bearing function, how legitimately could a woman
take a pen and actually write ? Under the authority of a man,
whose family name she bears what of an act of authority ?
Numerous are the ones who, so as to accomplish it, took their
women identity away : anonymity, pseudonym, reserve of the
feminine expression ... Such are women, versatile, so prudishness is... In addition, this femininity exile offered « a room
of one’s own » where to carelessly speak out. A margin to
society interdictions and restrains where, at last, one could
create. Moreover, from the reserve in which she was held, the
strength of decency, the effectiveness of reserve. Violette
Leduc (1907-1972) ‘s acting is especially exemplary : her
actual bastardy as a she-writer actualizing the identity problems of her gender, the decency she used when writing is
twice fold. Her authority breaks through with the paradoxical
intensity of her own reserve.
Keywords :
To write, Authority, Decency, Feminine identity.