2006
Imaginaire & Inconscient
Intermède
Descartes. Première méditation.
Pléiade, 1953, p. 572
Je supposerai donc qu’il y a un certain malin génie, non moins rusé et
trompeur que puissant, qui a employé son industrie à me tromper. Je penserai
que le ciel, l’air, la terre, les couleurs, les figures, les sons, et toutes les
choses extérieures que nous voyons, ne sont que des illusions et tromperies
dont il se sert pour surprendre ma crédulité. Je me considérerai moi-même
comme n’ayant point de mains, point d’yeux, point de chair, point de sang,
comme n’ayant aucun sens, mais croyant faussement avoir toutes ces choses.