2006
Imaginaire & Inconscient
Éditorial
Nicole Fabre
Jean-Marie de SINÉTY
Une récente journée d’études du G.I.R.E.P. a été consacrée à la famille.
Mais pas d’un point de vue sociologique ou éthique, même si ces points de
vue ne sont pas absents de nos préoccupations, mais du point de vue qui
nous est propre, où nous assistons au travail de l’imaginaire. Car l’imaginaire est en travail dans le vécu familial, dans ses mythes, dans les passions
qui y déferlent, dans les rêves – ou les cauchemars – concernant la famille.
Celle dans laquelle on est inscrit, celle que l’on invente ou réinvente.
Ce numéro de notre revue publie les interventions de la Journée d’études
auxquelles s’ajoutent de nouveaux articles, des participations originales.
C’est la mythologie qui constitue le socle de ce travail. Aux mythes venus
de l’Antiquité et à la réflexion qu’ils suscitent, il nous a semblé bon de faire
succéder diverses études mettant en évidence dans nos vies d’aujourd’hui la
construction de mythes auxquels nous participons, la construction du roman
familial avec en écho l’étude du roman familial faisant Å“uvre, que ce soit
chez le romancier ou dans les contes.
D’où la question : comment sommes-nous habités par les imagos dont
nous héritons, que nous en connaissions ou non l’origine ?
La clinique est bien évidemment présente dans ces interrogations. Mais
plus encore, dans quelques situations bien particulières que nous proposent
analystes et thérapeutes d’enfants. Quel imaginaire préside au fonctionnement des familles recomposées ? Comment l’enfant vit-il de n’être pas
l’enfant de ses parents ? Comment se constitue l’image de la famille quand
le non-dit la parcourt ? Comment devenir soi sans reconstituer l’histoire de
la famille et de la place du sujet dans sa famille ? Le travail de l’imaginaire, tel qu’il se pratique notamment dans les cures fondées sur la pratique
du rêve-éveillé, joue ici un rôle important.
Nous conclurons avec la représentation de la maison comme symbole du
vécu familial, comme révélateur à la fois d’une réalité et de ce qui s’en
imagine.
Les quatre analyses de livres qui achèvent ce parcours concernent toutes
certains aspects du vécu familial.
Selon notre habitude, nous offrons au lecteur des « intermèdes ». Cette
fois, il s’agit toujours d’extraits de textes de Claudie Obin
[1], conteuse, qui
participa à la Journée d’études et nous a séduits par sa manière toute personnelle de nous parler des mythes fondateurs de la Grèce antique, mythes dans
lesquels nous assistons à la dramatique de l’amour, de la haine, de la vie et
de la mort, qui sillonnent obscurément nos vécus familiaux.
[1]
Claudie Obin, C.D. édités par
Ouï Dire.
Errata : La photo de couverture du N°17 était de Marianne Simond, les photos intérieures de
Frédéric Hubert.