Imaginaire & Inconscient
L’Esprit du temps

I.S.B.N.9782847951356
192 pages

p. 97 à 98
doi: IMIN.022.0097

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Intermède

n° 22 2008/2

2008 Imaginaire & Inconscient Intermède

Intermède

Jacelyne Fievet Psychologue clinicienne 13, avenue du Général de Gaulle 95230 Soisy sous Montmorrency
 
Présentation :
 
 
Théo est un enfant de dix ans. Il vient consulter en raison d’éléments phobiques. La mère décrira les différentes peurs auxquelles l’enfant a été confronté : nocturnes à l’endormissement jusqu’à l’âge de sept ans, phobies du groupe qui le gêne encore. Lors d’un séjour en classe transplantée, l’enfant s’isolait pendant les temps de loisir et lors des activités scolaires.
L’enseignante notait que Théo ne partageait pas les jeux avec ses pairs mais recherchait la compagnie d’enfants plus jeunes que lui.
Il est l’aîné d’une fratrie de deux enfants, la plus jeune sÅ“ur a pris beaucoup de place en raison d’une pathologie chronique qui a nécessité des temps de consultations, des hospitalisations et a mobilisé toute l’attention parentale. Cette maladie n’a pas été parlée à cette époque.
Théo se présente comme un enfant très adapté, souriant, petit par la taille. Il parle aisément mais il évite d’aborder ce qui le dérange, il mentionne en revanche de façon projective les peurs dont souffre sa sÅ“ur : peurs des agressions, peurs de certains manèges dans les parc d’attraction.
Le dessin est peu investi spontanément. Face à ces résistances, je propose un thème de départ plus contenant : « voudrais-tu raconter l’histoire d’un arbre qui ne veut pas grandir, et de son jardinier ? » D’emblée l’enfant adhère à cette proposition et construit une bande dessinée.
 
Commentaires :
 
 
On observe donc une élaboration aisée du récit qui le renvoie à sa problématique. Théo organise une première scène entre deux images parentales nanties d’attributs : le téléphone et les haltères. Le petit arbre quant à lui n’en possède aucun sinon un trou au sommet du tronc.
La communication est difficile entre le père et l’enfant. L’enfant s’oppose, mais face à l’émergence de la colère de son fils, la mère fait appel à un objet tiers : le jardinier. Ce dernier avec ses blessures, sa morsure évoque l’angoisse de castration avec laquelle l’enfant est au prise, mais qu’il tente de mettre à distance à l’aide de références temporelles. La rosée semble être les bons souvenirs de l’enfance que Théo garde en lui, il ne veut pas renoncer à la période fusionnelle à la mère avant la naissance de la sÅ“ur.
Pour grandir, il est nécessaire d’abandonner les bonnes choses du passé au risque de ne plus les retrouver. C’est ce sentiment de perte qui provoque de la colère. Toutefois ce conflit interne dépassé lui permettra d’accéder à l’état pubère « poil au quiqui ».
Avec la dernière image, le lieu thérapeutique est évoqué. On observe la séparation du couple « thérapeute-patient », le paiement des séances et la résolution quelque peu idéalisée de son problème actuel.
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