2002
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Revues
Le courrier du G.R.A.S.P.H.O, nËš 1
Lettre d’information du Groupe de Réflexion sur l’Accompagnement et les Soins Palliatifs en Hématologie et en Oncologie.
Pour tous renseignements: www. grasph. org (à venir www. graspho. org)
La revue RIVAGE de l’association ALBATROS
(juin-juillet-août 2002)
Groupe de recherche et d’action dans l’esprit palliatif
Informations et abonnements: 33, rue Pasteur
F-69007 LYON
Tél. +33(0)4 78 58 94 35
Fax +33(0)4 37 27 12 90
Internet: http:// perso. wanadoo. fr. albatros69/
E-mail: albatros69@ wanadoo. fr
Livres
Ta mort me donne beaucoup de travail
Réflexions et états d’âme autour d’une mort, d’un deuil et d’une thérapie.
Antoinette Panchaud-Hofer, Les Editions à la Carte, sept. 2000, 234 pp.
(Vous pouvez l’obtenir directement chez son auteur à CH-1349 Premier ou à la Maison d’Accueil, CH-1344 L’Abbaye).
Antoinette Panchaud-Hofer raconte la mort accidentelle de son fils Marc-Antoine, le deuil, la thérapie qui a suivi. Ce qui touche en parcourant ce livre, c’est le ton «juste», «simple», «vrai». Antoinette sait exprimer ses émotions, le parcours de son «âme» et celle de son mari, ses enfants, les habitants du village, les amis de Marc-Antoine. Cette femme est de chez nous. C’est un parcours avec les moyens d’ici. Ce livre nous révèle à nos propres émotions devant la mort, le vide, l’absence. Il nous aide à mettre en mots notre propre vécu. Il est bon, goûtez-le.
Donner naissance à la mort
Amina Gadri, Coédition Rive-Neuve – Ouverture, Diffusion Ouverture, case postale 13, CH-1052 Le Mont-sur-Lausanne.
«Sous ce titre provocateur, une jeune anthropologue, Amina Gadri a effectué un travail remarquable d’écriture, de lecture d’un grand nombre de références et un stage d’observation dans le premier hospice de Suisse, Rive-Neuve à Villeneuve, à accueillir depuis près de 15 ans des grands malades parvenus à l’extrémité de leur vie…Avec ce remarquable travail, elle a aussi reçu le deuxième prix de recherches en soins palliatifs, thanatologie et éthique en fin de vie de l’Institut Universitaire Kurt Bösch du Valais.
Donner naissance à la mort ou l’expérience «du mourir» dans une maison de soins palliatifs en Suisse est aussi un des premiers ouvrages consacrés à la fin de vie dans notre pays. C’est un chant d’amour, une recherche des instants de vie dans une magnifique maison avec une vue splendide sur le Lac Léman, où le respect de l’intimité de la personne rime avec convivialité. C’est aussi une foule de détails que vous découvrirez au fil des pages, une fraîcheur, une spontanéité, une importance redonnée aux petites choses si importantes pour les malades et leurs proches.
Le regard anthropologique de la jeune auteure conduit les professionnels de l’accompagnement et des soins palliatifs à retrouver un regard nouveau sur leurs pratiques quotidiennes.
Merci! Amina pour l’aide que tu nous apportes et pour la rigueur de l’observation qui n’a pas dû être facile pour toi, tous les jours. Devant la souffrance de l’être humain, tu as su retrouver les parcelles d’espoir indispensables à la survie. Les proches aussi ont bénéficié de ton beau regard.
La qualité du travail d’Amina lui a permis aussi d’obtenir le Master en Anthropologie Médicale de la Faculté des Sciences Sociales de l’Université d’Amsterdam en Hollande. Nous venons ici tout particulièrement la féliciter.
Cet ouvrage permettra aussi à l’équipe de Rive-Neuve de faire connaître son action – qui ne s’avère pas tous les jours facile – plus largement à travers notre pays et le monde francophone. Que l’auteure en soit remerciée au nom de cette équipe pionnière en Suisse dans le monde des soins palliatifs et de l’accompagnement des malades en fin de vie.»
Propos d’accueil du Dr Charles-Henri Rapin, médecin-chef à la Policlinique de Gériatrie de Genève.
Cultures en mouvement, février 2002 n° 44. Le deuil après suicide
Dr M. Hanus
L’intensité du drame vécu par les proches d’une personne qui s’est suicidée provoque une anesthésie affective puis une interrogation continue sur la responsabilité. L’auto-accusation et la culpabilité nécessiteront un travail sur soi permettant de reconnaître la réalité de l’acte et l’altérité du suicidé. Une aide au long cours est également nécessaire afin de prévenir les conduites suicidaires.
MEMO de l’Association Alzheimer Suisse, N° 1, mars 2002
Bulletin pour les membres et sympathisants, e-mail: alz@ bluewin. ch
Débat: Euthanasie
Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence ont droit à une protection et un respect tout particuliers en ce qui concerne les questions liées à l’euthanasie.
C’est pourquoi l’association a décidé de prendre part au débat parlementaire sur ce sujet par le biais d’une prise de position élaborée par le groupe de travail «Accompagnement en fin de vie» sur le mandat du comité central de l’ALZ. L’ALZ Suisse rejette en particulier la légalisation de l’euthanasie active directe, car elle risquerait de porter atteinte au respect de la vie humaine.
L’ALZ souligne l’importance pour les malades déments, encore suffisamment lucides, de désigner une personne de confiance pour défendre leurs intérêts. Si celle-ci fait défaut et que le malade n’est plus capable de discernement, la nomination d’un tuteur doit pouvoir se faire rapidement et sans trop d’obstacles administratifs.
Lu dans la presse médicale
Psychoscope 3/2002, actualités FSP. «La mort, ça n’est pas contagieux»
Immigrée en Suisse de fraîche date, Anne Jeger consacre une grande partie de son travail à l’accompagnement d’enfants frappés par un deuil ou par la séparation de leurs parents. Au sein de la fondation As’trame, cette psychologue française de 28 ans anime des groupes de soutien qui sont de plus en plus sollicités.
Bulletin des médecins suisses 2002; 83: n° 9. Euthanasie: le point de vue de l’éthique médicale judaïque
Dr Y. Nordmann
On discute depuis longtemps de la légalisation de l’euthanasie active; ce débat a pris récemment une tournure nouvelle, non dénuée de dangers. En Hollande, les derniers obstacles moraux sont récemment tombés avec la législation de l’euthanasie active. En Suisse, la discussion sur le même sujet, appelé aussi «assistance médicale au suicide», provoque de telles vagues, qu’il faut craindre une réaction analogue. Au moment où l’on apprenait l’acte d’un jeune infirmier, qui a tué «par compassion» de nombreuses personnes dans différentes institutions, une commission du Conseil des Etats, emmenée par Franco Cavalli (conseiller national et oncologue) a fait la proposition de légaliser également l’euthanasie en Suisse. Où cela va-t-il nous conduire? Le texte du Dr Yves Nordmann veut apporter à l’indispensable discussion quelques réflexions provenant de l’éthique médicale judaïque. En outre, il espère introduire le lecteur dans le mode de pesée de cette éthique, qui jusqu’à présent, n’est que peu connue.
Primary Care 2002; 222: 132-135. Suicide d’un patient: le médecin doit-il y participer?
Réflexions sur le «suicide médicalement assisté»
Dr F. Mottu
Chaque semaine, des publications débattent d’euthanasie et de suicide médicalement assisté. Néanmoins, peu d’articles sont publiés sur les sentiments d’un médecin pris dans une telle situation.
A l’occasion du suicide d’une patiente, trois axes de réflexion sont proposés:
- Lors de l’assistance su suicide, les sentiments du médecin sont forts et contradictoires: ils passent de la satisfaction à l’angoisse tenace d’outrepasser des règles déontologiques fondamentales.
- Dans le traitement d’un patient, il arrive que l’on vive un étonnant «chassé-croisé» entre les projections du soignant et la réalité du patient.
- Enfin, une question doit être posée. Quelle doit être la participation du médecin au suicide: un accompagnement au nom d’une continuité thérapeutique, ou simplement la signature d’un certificat de décès? Il paraît difficile d’édicter des consignes contraignantes pour le médecin.