InfoKara
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
110 pages

p. 93 à 96
doi: en cours

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Echos du terrain

Volume 17 2002/3

2002 INFOKara Echos du terrain

Dans l’attente de la mort

Monique Luisier  [*] Infirmière à domicile
La mort est l’événement commun à tous les êtres vivants. Inéluctable, incontournable, elle est cette inconnue qui met un terme à la vie. Cependant, personne ne connaît la manière dont il va mourir. Se joint à cette incertitude l’imaginaire de la mort: comment meurt-on?
Pour trouver une esquisse de réponse à cette question, le regard se dirige vers l’autre qui meurt. Parfois le mourant prend le temps de mourir et les derniers instants de sa vie apparaissent alors plus fort, plus distinctement. Les personnes qui choisissent de vivre la fin de leur vie à domicile sollicitent particulièrement leur entourage.
A travers les histoires de trois femmes au terme de leur vie à domicile et douze entretiens des proches présents pendant les derniers instants de la vie, l’agonie, ce parent pauvre de la vie, se dévoile. Les proches racontent ce moment de souffrance et de connaissance, ce moment fort, dur, intense, insupportable parfois. Le mourant créateur de l’événement du mourir, demeure au centre de toutes les volontés, celles des proches, celles des soignants. Il devient le maître. Il leur enseigne l’existence de ce temps ignoré, annulé, qui est encore le temps de la vie.Mots-clés : agonie, soins à domicile, proches, langage du corps, passage de vie à trépas.
Death is the common event to all livings. Ineluctable, inevitable, death is the life ending stranger. However, nobody knows the way he will die. Imaginary of death comes together with such uncertainty: how does one die? To outline an answer to that question, the eye rests on the dying. Sometimes, the dying person takes his time to die and the last moments of his life appear more intense. Persons who choose to live the end of their life at home specially need their relatives.
Through the history of three women ending their life at home and through twelve interviews with relatives presents during the very last moments, death’s door, this poor relation of life, is revealed. Relatives speak about this moment of suffering and of knowledge, this strong moment, hard, intense, sometimes intolerable. The dying person, creator of the dying event, remains at the centre of all wills, those of the relatives, those of the carers. He becomes the teacher. He tells them the reality of this ignored time that is still the time of life.Keywords : home care, relatives, body language, death’s door.
 
A domicile, comment les proches vivent-ils les derniers instants de la vie, ce temps de l’agonie?
 
 
Pour répondre à cette question:
  • un terrain d’enquête, celui du service des soins à domicile;
  • une approche socio anthropologique avec les outils méthodologiques suivants: observation participante et entretiens.
 
Quelques définitions
 
 
Littéralement, l’agonie (Dictionnaire, IMBS Paul (dir.), 1973, Trésor de la langue française 1789-1960, p. 176) signifie une «extrême souffrance morale entraînant un très grand abattement spirituel et parfois certaines répercussions physiques, mais non nécessairement la mort immédiate» et dans l’agonie du Christ, ce mot est utilisé pour exprimer l’angoisse qu’il vit dans le jardin des Oliviers et non pour parler des derniers instants de sa vie. La définition de l’agonie, toujours dans ce dictionnaire, qui concerne un être vivant, est la suivante: «état transitoire correspondant aux derniers instants de la vie et qui peut prendre l’apparence d’une lutte contre la mort lorsqu’il s’accompagne d’une agitation convulsive ou de réactions psychologiques telles que peur, refus, etc.».
Toujours dans ce dictionnaire, la définition est très précise en ce qui concerne les signes cliniques: «ralentissement de la circulation entraînant une irrigation cérébrale insuffisante et certaines perturbations de conscience ou même le délire; petitesse et intermittence du pouls; extinction graduelle de la chaleur animale depuis les extrémités jusqu’au tronc; abolition progressive du mouvement; altération profonde de la physionomie; gargouillement des liquides dans l’œsophage; sécheresse et lividité des lèvres, de la langue, aphonie; râle trachéal; affaiblissement et arrête de la respiration, puis du cœur après une ultime amélioration trompeuse de l’état général» (1973: 176)
Une définition plus récente, définit l’agonie ainsi: «Etat de l’être humain dans la période qui précède immédiatement la mort et où l’organisme peut paraître lutter pour demeurer en vie» (Larousse 1995). Et le dictionnaire de la médecine parle d’une «période de transition entre la vie et la mort, caractérisée par un affaiblissement de la circulation entraînant une irrigation cérébrale insuffisante et la diminution ou l’abolition de l’intelligence» (Dictionnaire Médical: Le Garnier Delamare, 1998).
Le début et la durée du moment de l’agonie sont difficiles à préciser. Blandine Beth (1986:139) préfère le terme «d’imminence de la mort» à celui d’agonie. Le docteur Faure (1998:235) parle d’une «accélération du processus» et dit de cette étape qu’elle dure de quelques heures à quelques jours; il décrit également l’accélération manifeste des dégradations physiques et psychiques. Pour Isabelle Marin (1991:27) l’agonie représente «le travail de la mort dans le corps». Elle met en évidence la difficulté de ce moment à vivre pour les personnes présentes: «Devant une agonie, les spectateurs, soignants ou non, sont toujours frappés par ce lent et dur travail, toujours tellement plus long que prévu, où le corps se défait petit à petit, où le «pas encore mort» vit en pure perte, vit pour mourir» (1991:28).
 
Trois situations vécues à domiciles: extraits
 
 
Madame Régina
[….] Les heures s’égrènent lentement, dans le silence troublé seulement par les bruits de sa respiration de plus en plus bruyante au fur et à mesure que l’eau envahit les poumons de Mme Régina. «Chaque fois qu’elle respirait, j’aurais voulu respirer à sa place» dit Isabella, sa fille, qui a la conviction que sa maman est consciente, qu’elle entend tout.
L’attente est longue. Isabella a la certitude que c’est la dernière nuit, elle sait que sa maman va mourir mais, inconsciemment, elle veut la retenir, elle la serre fort dans ses bras. Les heures passent, 2 h, 3 h…
Mme Régina glisse de plus en plus dans l’inconscience. Elle respire très mal, le sang continue à s’échapper par sa bouche, source ténue qui ne tarit pas. Les râles respiratoires s’accentuent. Elle gémit. Isabella n’oubliera jamais la traversée de ce temps particulier: «Je m’assoupissais des moments à côté d’elle, je la prenais dans mes bras, je priais, je pleurais, j’implorais, je demandais à Jésus. Vers 4 h 30, je lui ai dit «Maman tu peux t’en aller». Vers 5 h j’ai senti une présence, comme si papa venait la chercher.» Jusqu’à 5 h 30, Isabella n’appelle personne.
Puis elle sent que les derniers instants approchent. Elle appelle sa famille. Tout le monde est là, autour du lit, pressentant la mort imminente de la maman, l’observe et attend. Chacun la regarde, épie son souffle, guette l’instant définitif, se laisse traverser par ce temps suspendu, escorte la mourante à la limite du possible, s’abandonne à l’inévitable.
«On sentait le souffle qui venait de loin, loin, puis il ne revenait pas… C’était long et en même temps c’était rapide. Ces respirations qui étaient… Quand elle est partie elle a ouvert les yeux, elle nous a regardé, elle a fermé…», dit son fils. Est-ce qu’elle nous voyait? L’œil était voilé, tout blanc, peut-être qu’elle était dans le coma, qu’elle entendait tout. Elle écoutait peut-être, je ne sais pas si le cerveau continuait».
Sa fille est impressionnée par ce corps qui change: «elle avait de l’eau qui montait, les lèvres qui saignaient, elle râlait et, à un moment, elle a ouvert les yeux, elle avait les yeux verts».
Pour sa petite-fille Aline, les dix dernières minutes sont très longues. Elle regarde la nonna, se pose la question de son état de conscience, se demande quel sens a ce long moment avant le passage, se demande si Mme Régina ressent sa difficulté respiratoire. Pour Aline, c’est l’évidence de la mort: «C’était pas possible que ce soit autrement, elle était vraiment……trop en train d’agoniser».
Mme Régina est morte. Il est 6 h. Temps du chagrin, de la réalité de la mort.
Madame Laurie
[…] C’était le week-end de Pâques. Autour de Mme Laurie les quatre femmes ont passé quatre jours difficiles et usants. D’une disponibilité et d’une présence constante, prêtes à répondre au moindre désir, à la moindre demande, petites abeilles autour de la reine. La reine est en train de mourir, mais jamais seule, entourée, soignée, centre d’une ruche en constante activité silencieuse. Les quatre femmes se sont relayées, se donnant quelques espaces personnels pour le repos et la promenade. Sophie et Elisa ont participé aux soins. Première expérience pour elles, ce rapprochement du corps de Laurie. Sophie se souvient qu’elle «l’a trouvée très lourde pour un corps aussi maigre. Je me suis dit que j’étais capable de faire ça». Elisa sent que c’est à ce moment là qu’elle a pleuré Laurie: «En fait, moi je l’ai pleurée avant qu’elle soit morte parce que… un jour ma mère m’a demandé de l’aider à la tourner et je suis restée là… Laurie me regardait avec ses grands yeux. Je lui ai pris les mains, elles étaient tellement froides et puis je voyais son corps, si maigre… je me disais mais comment on devient, ça m’a choquée…Après j’ai pleuré, pleuré…»
Ambiance feutrée et silencieuse autour de Mme Laurie qui s’affaiblit.
Je soigne Laurie, je regarde et j’admire ses proches. Monde de femmes, monde étrange en attente de la mort, monde de l’ailleurs que je perçois dans le regard de Laurie quand elle émerge du sommeil et ouvre de grands yeux angoissés et perdus. Le son de nos voix, ainsi que le toucher, l’aident à rejoindre notre monde et elle s’apaise. Entre Laurie et moi, peu de mots échangés, sinon des prévenances de soignants. Le contact est très physique. Quand je l’aide à se lever et se recoucher, elle passe son bras autour de mon cou et, l’espace d’un instant, c’est l’étreinte. Espace très corporel. Corps à corps qui assure l’équilibre dans le déséquilibre, le mouvement dans la presque immobilité, un reste d’autonomie dans la presque dépendance.
Courageuse, tenace, Laurie se lève toujours, de plus en plus difficilement. Mais c’est un réel soulagement pour elle de pouvoir aller aux toilettes. Son apaisement est visible. Sophie a été étonnée par sa force: «Je me disais, mais comment elle peut, maigre comme ça, jaune comme ça, mal foutue comme ça, comment elle peut encore vivre…ça me fascinait, on a une force de vie extraordinaire.».
Tout son corps est jaune sombre, couleur du corps qui s’intoxique par lui-même, jusqu’à la couleur des humeurs répandues, jusqu’à ses larmes. Tout son corps parle en faveur de la mort. Elle entre en agonie. Si, à l’intérieur d’elle-même il y a eu lutte, maintenant elle est probablement achevée. «Dans la lutte, il y a «lutte contre» et j’avais l’impression qu’elle «luttait pour»…Je crois qu’elle luttait pour rester en vie et pas vraiment contre la mort. C’était très impressionnant de savoir qu’elle était là mais qu’on ne pouvait plus l’atteindre», exprime Sophie. […]
Madame Marie
[…] Les proches oscillent entre l’attente interminable et la rapidité de l’événement. Ils entrent dans la phase du non faire pratique et technique. Tout ce qui reste à faire c’est de l’accompagner là où elle est sur le chemin. Alors, ils entre avec elle dans la lutte, se tiennent tous à son chevet, le touche, la caresse, lui murmurent des paroles réconfortantes et des permissions de départ. Ils la scrutent, l’observent. Ils essayent de saisir les derniers mots prononcés à travers les gémissements et se demandent l’un à l’autre s’il a compris quelque chose. Ils tentent d’amoindrir ses résistances par l’amour. Ils ne la laissent jamais seule. Ils ne pleurent pas à son chevet. Ils puisent les ressources nécessaires à la cuisine où ils se retrouvent par intermittence. Là, ils peuvent se laisser aller, pleurer, évoquer ensemble quelques souvenirs. «C’était triste. On évoquait des souvenirs, oui, mais liés à des moments difficiles. Et on se rappelait des choses qu’elle avait vécu elle. On se serrait les coudes. Le chagrin de mes frères et sœurs me faisait pleurer», se souvient sa fille.
Ce dernier moment est très intense. Tous les souvenirs liés au vécu de la famille reviennent, les images défilent, «c’est un peu le chemin de la famille qui se refait». Et puis, de ce moment ou il n’y a plus rien à faire, son fils dit «en fait c’est pas vrai, il y a beaucoup à faire….c’est l’amour, l’affection, c’est les proches. Les médicaments c’est fini, ils sont nécessaires pour le confort, mais après, ce qui compte le plus, c’est l’entourage.»
Catherine se sent prise dans un sentiment d’urgence, urgence de l’accompagnement par la présence, le toucher: «Il fallait qu’on l’amène là et qu’on l’encourage… Les dernières heures, je dirais que j’ai vécu ça dans l’urgence. C’est inéluctable et c’est là.- On se tient et c’est comme si on la portait là-bas, tout ce temps on ne réfléchit plus…..c’est prendre la main, tenir la tête, parler, chanter…tout ce qu’on a pu faire. C’est dur, c’est dur, j’ai trouvé que c’était une lutte».
Dans ce temps étrange de l’agonie, le temps demeure suspendu, accroché autour de la mourante, temps volé à la mort, temps de l’inutile et de l’essentiel. Plus rien ne compte que ce corps qui meurt, que cette maman qui quitte les lieux. Invraisemblable, inéluctable, incroyable, magnifique. «Je crois qu’on est comme le mourant: dans l’action. Dans l’action de mourir….une sorte de compassion dans le mourir, on meurt avec la personne qui est en train de mourir, on meurt un petit peu, c’est-à-dire que meurent en nous les attaches tissées. Le mourant vit peut-être mieux que ce qu’on imagine, même si c’est dur. On va aider le mourant, on va retrouver les gestes que va inspirer notre cœur. C’est avec notre cœur qu’on agit le mieux. A travers le toucher, les caresses comme un enfant que sa mère console», dit son fils Hervé.
 
Eléments d’analyse: Agonie, le temps des changements
 
 
Les situations décrites et l’exploration des entretiens menés avec les proches ont permis de procéder à une analyse de ce temps de l’agonie et une découverte de certaines similitudes. L’évolution de la maladie, l’agonie puis la mort, mettent en évidence les implications du langage non verbal du mourant qui laissent percevoir des conséquences familiales, sociales et individuelles.
 
L’agonie comme langage du corps
 
 
En quittant le mode de la communication verbale, le mourant parle avec son corps. La disparition des mots va susciter une réponse des proches, laquelle devient plus corporelle que verbale. Une interaction forte s’installe entre le mourant et ses proches dans un mouvement progressif qui suit l’évolution de l’état du malade.
  • Changement d’attitude: du vivre au mourir. Accompagnement de la maladie mais pour la vie. Puis accroissement de la dépendance du malade. Le temps des mots n’est plus. Le corps devient langage, parle en faveur de la mort. Moment de basculement. Certitude de la mort proche. Rupture de l’espoir par rapport à la continuation de la vie. Acceptation de la mort et accompagnement dans le mourir.
  • Actes et gestes d’encouragement. Temps du rien faire médical qui se remplit de la présence des proches. Toucher – parler – étreindre – prodiguer toute l’attention – permettre de mourir «maman, tu peux t’en aller, ne t’inquiète pas, on est là, on t’accompagne» (témoignage) – gestes d’accompagnement «Je crois qu’on est comme le mourant: dans l’action de mourir, on meurt un petit peu avec la personne qui est en train de mourir, meurent en nous les attaches tissées» (témoignage). Les gestes d’intervention deviennent des gestes d’encouragement: aider le mourant à mourir, l’encourager, l’épauler.
  • L’instant de la mort. La fin de l’agonie est déterminée par la mort. Mais le moment du trépas n’est pas vécu de façon identique par les personnes présentes. L’instant de la mort n’est pas si précis et s’autorise quelques hésitations: dernier regard ou dernier souffle? Le regard de l’autre définit le mourant dans la mort. Léger décalage induit par l’impact émotionnel perçu et retenu.
  • L’instant qui suit la mort, encore un langage du corps. A domicile, la famille s’occupe des soins du corps après la mort ou participe activement. La conscience émotionnelle de la mort s’ajoute lentement au savoir rationnel.
 
La vie s’amenuise, l’espace aussi
 
 
Le temps de l’agonie suscite un rétrécissement de l’espace géographique et un resserrement de l’espace social et familial. Le mourant prend de moins en moins de place cependant que l’événement dont il est créateur s’élargit.
  • Rétrécissement de l’espace géographique. L’espace du mourant devient son lit. Pour les proches également, l’espace se resserre. Ils passent de la chambre du mourant à la cuisine des vivants: lieu pour vivre, échanger, discuter, se restaurer. Lieu des retrouvailles, du réconfort, du pleur autorisé. «Mon frère, je l’ai consolé, alors il est allé à la cuisine pour pleurer» – «On se retrouvait à la cuisine, on se réchauffait les uns les autres….»
  • Resserrement de l’espace social. L’événement du mourir prend la place occupée auparavant par la vie sociale habituelle. Le mourant mobilise tous ses proches jusqu’à les faire entrer dans un autre monde, le monde de l’agonie. Rupture avec le quotidien. Les liens familiaux et de l’entourage se resserrent, se précisent, se découvrent ou se réaménagent. «Je considérais ma sœur comme quelqu’un d’égoïste, là, je l’ai trouvée très généreuse» – «je n’étais pas de la famille, juste l’épouse du petit-fils, je ne voulais pas que ma présence gêne la famille».
 
Agonie, quelle implication
 
 
La manière de gérer la souffrance et la mort de l’autre est révélatrice de la personnalité de chacun. L’agonie de l’autre est source de souffrance mais aussi d’enrichissement.
  • Un temps dur et de souffrance. Les proches ignoraient devoir traverser encore ce moment de l’agonie. Alors que tout a été dit, tout à été fait, l’amour et l’affection exprimés, les adieux faits, le mourant est encore là, encore vivant. Plus l’agonie est longue plus elle devient inacceptable. Risque de douter: «Que peut-on faire? Est-il suffisamment calmé? Faut-il ajouter quelque chose? Souffre-t-il? Encore combien de temps?» Pour les proches, regarder l’autre qui meurt ne correspond pas toujours à l’imaginaire d’une mort idéale.
  • …mais également un moment d’exception. Les proches ont le sentiment du devoir accompli, de l’accompagnement jusqu’au bout de la vie – respect d’une promesse faite au mourant – fierté de ne pas avoir cédé aux envies d’hospitalisation. Les proches ont appris la patience, le don du temps et de la tendresse. Ils ont osé la présence, le toucher.
 
Conclusion
 
 
Le temps de l’agonie, le temps des réalités
A domicile, à qui appartiennent les derniers instants de la vie? Au mourant qui est le centre de la planète du mourir. Les proches gravitent autour de lui. Les intervenants, professionnels ou non, sont disposés autour comme des cellules de crise, satellites organisés autour de la planète. Les pratiques professionnelles sont importantes et nécessaires mais comme des mouvements d’aide ponctuels.
L’agonie existe. Les proches, à domicile, ont à dire sur ce moment traversé, sur les implications vécues à différents niveaux, individuel, familial ou social.
 
NOTES
 
[*]Correspondance: Monique Luisier, CH-3972 Miège. Tél. +41 27 455 51 78.
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