Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
136 pages

p. 127 à 128
doi: en cours

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Partie 3 : Jeux d'acteurs

n° 121 2005/1

2005 Informations sociales Partie 3 : Jeux d’acteurs

... en contrepoint - Les réseaux sociaux

Alain Vulbeau

Vincent Lemieux, Mathieu Ouimet, L’analyse structurale des réseaux sociaux, Bruxelles, De Boeck, 2004

Les politiques de décentralisation reconfigurent les relations entre les acteurs et les groupes. Au modèle hiérarchique vertical de la pyramide fait place un modèle plus horizontal caractérisé par l’hétérogénéité des acteurs, que ce soit pour décrire leurs positions, leurs relations, leurs actions ou encore leurs mouvements. Le concept de réseau permet de comprendre les structures et les significations de ces configurations, qu’elles soient stabilisées ou émergentes. Réseau de soutien, réseau de mobilisation, réseau d’entreprise, réseau de territoire... on pourrait décliner sans fin la typologie des réseaux ; aussi est-il important d’évoquer des théories qui ont un objectif de vision synthétique.
La théorie des liens forts et des liens faibles distingue deux niveaux de relations. Il y a des réseaux dont les membres ont des liens forts car ce sont des “proches” (parents, amis, conjoints) : les relations sont marquées par la fréquence, l’intensité émotionnelle, l’inter-connaissance et les services réciproques. Les liens faibles existent entre des “connaissances” (relations professionnelles, fonctionnelles, anciens camarades de classe, de sport, etc.) qui entretiennent des relations distantes.
Les réseaux à liens forts sont constitués de membres qui se connaissent les uns les autres, ce qui peut déboucher sur une relative fermeture. Ce qui n’est pas le cas des réseaux à liens faibles qui offrent une possibilité d’ouverture. Par exemple, en cas de recherche d’emploi, ces réseaux à liens faibles permettent utilement de jeter des ponts entre des mondes sociaux qui ne se connaissent pas entre eux.
L’étude des réseaux insiste en premier lieu sur les liens mais des recherches ont mis en évidence l’importance des “trous structuraux” que l’on peut trouver en interne ou en externe. Ces trous peuvent être comblés par des personnes qui en tirent des avantages si elles maîtrisent les relations avec des partenaires qu’elles connaissent mais qui ne se connaissent pas entre eux. C’est surtout dans le domaine des négociations commerciales que cette théorie se révèle intéressante car elle permet de montrer les conséquences économiques de trous existant entre des clients, des commerces et des fournisseurs.
Les réseaux de politique publique font maintenant partie de plein droit de l’étude des réseaux. L’exemple de la mise en Å“uvre de réformes scolaires dans une ville nord-américaine montre les relations entre les membres d’un réseau local. Avec les outils de l’analyse structurale, des graphiques précisent la répartition des pouvoirs respectifs, tandis qu’un découpage en phases permet de situer les moments décisifs d’intervention de chaque membre du réseau.
Encore peu appliquée en France, cette méthode d’analyse des réseaux peut s’avérer un soutien à l’étude systématique des nouveaux liens sociaux créés dans le contexte de la décentralisation.
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