Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
136 pages

p. 36 à 45
doi: en cours

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Partie 2 : Les enjeux de la décentralisation

n° 121 2005/1

2005 Informations sociales Partie 2 : Les enjeux de la décentralisation

My territory is rich...

Selon quels indicateurs ?

Laurent Davezies Professeur à l’Université Paris-XII, ses travaux et ses publications portent sur le développement régional et local.
Richesse et pauvreté d’un territoire sont difficiles à mesurer. Les indicateurs (PIB ou revenu des ménages) ne prennent en compte qu’une partie des données et la réalité s’avère plus complexe à appréhender. La dimension démographique est également à prendre en considération. La tendance à se déplacer des territoires pauvres vers les plus riches tend à s’inverser. Ce qui amène à réfléchir sur les éléments de choix et les priorités des personnes.
Comment mesurer la richesse d’un territoire ? En référence au PIB ou au revenu des habitants... la réponse varie selon l’un ou l’autre indicateur. Et l’analyse se complique encore par la distinction entre territoires de production et territoires de consommation. Il suffirait peut-être de suivre les flux migratoires pour saisir à travers les régions d’accueil ce qui constitue un territoire riche.
On sait assez bien ce qu’est un ménage riche ou pauvre. Certes, on peut toujours montrer que c’est un petit peu plus compliqué que ce que l’on croit et que la question se pose en termes plus relatifs qu’absolus : tel qui apparaît ploutocrate dans son village sera considéré comme pauvre à Gstaad..., que la réponse dépend de quoi l’on parle : tel qui apparaît pauvre en revenus peut se révéler riche en patrimoine, et vice versa, et de qui l’on parle : qu’un niveau élevé de revenu du ménage peut se traduire par un revenu bien plus modeste par habitant ou par unité de consommation (un ouvrier vivant seul peut avoir un revenu par “unité de consommation” supérieur à celui des membres de la famille nombreuse d’un cadre !), que cela dépend si l’on parle du revenu avant ou après transferts publics [1], ou encore que la fixation d’un “seuil de pauvreté” essayant de tracer de manière conventionnelle une ligne absolue entre les pauvres et ceux qui ne le seraient pas fait l’objet de nombreuses controverses liées justement à son caractère conventionnel. Mais la question de savoir, en gros, qui est riche et qui est pauvre peut quand même faire assez facilement l’objet d’un accord, même entre coupeurs de cheveux en quatre.
Concernant les territoires, il en va tout autrement. Et il n’y a pas besoin d’être une princesse au petit pois conceptuel, on va essayer de le montrer, pour avoir des doutes sur ce qu’est la richesse des territoires. De façon générale, on a tendance à penser que ce que l’on connaît globalement, en termes sociaux, nous permet de comprendre aussi ce qui se passe dans l’espace. Il n’en est rien. Par exemple, en dépit du fait que les premières reflètent les secondes, les inégalités spatiales de revenu n’ont rien à voir ni en niveau ni en dynamique avec les inégalités sociales. À revenu inchangé d’une population, il suffit d’une migration des uns ou des autres pour faire se réduire ou augmenter les inégalités de revenu entre les territoires, pour voir augmenter ou se réduire des poches de pauvreté. Le fait d’accoler la dimension spatiale à un concept social déjà un peu difficile à cerner en démultiplie ainsi la complexité. C’est vrai pour les inégalités, la pauvreté ou l’équité (on fait référence ici au thème émergeant de l’“équité territoriale” qui n’a que peu de contenu commun – pour autant qu’il en ait un – avec l’équité sociale dont nous parlent les théories de la justice) et d’autres notions encore. On se rendrait facilement compte que passer de la notion de sécurité sociale à celle de sécurité spatiale ou de celle de mouvement social à celle de mouvement spatial n’introduit pas une notion d’échelle géographique mais plus généralement un changement, souvent monstrueux, de la nature même de ces notions. C’est vrai aussi pour la plupart des notions que l’on a tellement envie aujourd’hui de “territorialiser”. La question de la pauvreté spatiale est donc assez distincte de celle de la pauvreté sociale [2].
 
Le PIB, un indicateur à manier avec précaution
 
 
De façon générale, à la lecture de la littérature sur le revenu des territoires, on traite de la même façon un pays, une région ou une ville : c’est le niveau de création de richesses qui constitue l’indicateur maître du niveau de développement, c’est-à-dire le PIB (Produit intérieur brut, qui est la somme des valeurs ajoutées créées sur le territoire). C’est cet indicateur de PIB par habitant, calculé pour les régions européennes, qui permet de déterminer quelles sont les régions riches et les régions pauvres de la Communauté. Les différents rapports publiés par la Commission européenne (sur l’état des régions, sur la cohésion...) parlent ainsi de régions à haut ou à bas revenu, de régions riches ou pauvres, à partir de ces données de PIB. Pourtant, cette pratique est plus que discutable et peut fournir une appréciation erronée de la richesse de nos régions.
Quand on vous dit que le PIB par habitant de la Mauritanie est un des plus bas du monde, vous avez le droit de dire que c’est un des pays les plus pauvres du monde. Mais si on vous dit que le Flevoland est la région dont le PIB par habitant est le plus faible des Pays-Bas, vous ne pouvez pas déduire que c’est la région la plus pauvre du pays. Il n’y a là rien de mystérieux : le PIB (ou la valeur ajoutée) renseigne sur la richesse créée dans un territoire. Quand ce territoire est national, le plus gros de cette richesse vient alimenter le revenu de sa population (directement par les rémunérations du travail et du capital et indirectement par les redistributions publiques). Quand ce territoire est sub-national, ce n’est plus vrai, et cela ne l’est même plus du tout lorsque ce territoire appartient à un pays fortement socialisé comme c’est le cas dans la vieille Europe.
En effet, une part importante – voire majeure dans les pays scandinaves – de la valeur ajoutée créée en un lieu ne contribue pas au revenu de ce lieu et est prélevée par les budgets nationaux (budget de l’État et Sécurité sociale) pour être dépensée ailleurs sur le territoire. Quelques ordres de grandeur : on considère que l’ensemble des dépenses publiques représentent, aujourd’hui en France, plus de la moitié du PIB (les prélèvements ponctionnent quant à eux 44 % du PIB en 2003, selon les comptes de la nation). Le PIB français de 2003 s’établissant à 1 600 milliards d’euros et le revenu disponible des ménages à 1 000 milliards (1 250 milliards d’euros si l’on compte les 250 milliards de prestations sociales en nature), on peut donc dire, là encore pour donner un ordre de grandeur, que le montant des dépenses publiques représente de l’ordre des deux tiers du revenu disponible brut des ménages.
 
Revenus des habitants et richesse d’un territoire
 
 
Les traitements et salaires bruts fournissent aux ménages 600 milliards d’euros de revenu, dont 216 milliards proviennent de salaires publics. Ces mêmes ménages perçoivent, de plus, de l’ordre de 300 milliards d’euros de prestations sociales monétaires et, on l’a dit, 250 milliards de prestations en nature. On peut facilement comprendre avec ces quelques chiffres que ce qui fait le revenu des habitants d’une région ou d’une ville est souvent moins la richesse qui y a été créée que des mécanismes complexes de formation du revenu dépendant de la présence ou non de propriétaires du capital et de salariés [3], d’emplois publics ou de retraités ou d’autres prestataires. Il n’est pas étonnant, au vu de ces données, que l’on puisse observer qu’il n’y a pas une seule région française dans laquelle le montant des salaires privés soit supérieur à la somme des salaires publics et des prestations sociales en liquide.
Revenons au Flaveland. Si on regarde son PIB, il est pauvre, et à tel point qu’il a longtemps émargé aux fonds structurels (dont le critère d’éligibilité, sinon d’allocation, dépend du niveau du PIB par habitant des régions). Si l’on regarde son revenu, il est riche, car peuplé de nombreux retraités et actifs employés à Amsterdam et dans la Randstadt.
À la différence des nations, dans lesquelles, en gros, le revenu et le PIB sont proportionnels [4], le niveau de revenu des ménages des territoires sub-nationaux diverge de celui de la richesse qu’ils créent. Et cela est d’autant plus vrai que l’échelle géographique grandit. On l’observe en France, mais aussi dans d’autres pays européens : depuis les années 1980, on a vu la valeur ajoutée tendre à se concentrer dans les espaces les plus productifs, les plus adaptés à la nouvelle concurrence mondiale (la “métropolisation”), alors que le revenu, de son côté, tendait à s’étaler sur le territoire. On a ainsi un effet de ciseaux entre des disparités interrégionales de PIB par habitant allant croissantes et des disparités de revenu par habitant qui se réduisent.
 
Relativité des indicateurs
 
 
De fait, depuis les années 1960, les disparités de revenu par habitant (d’après les comptes régionaux de ménages de l’INSEE) entre les régions françaises n’ont cessé de se réduire. On retrouve ce phénomène à toutes les échelles géographiques : départements, zones d’emploi, aires urbaines... et il s’inverse au sein de beaucoup d’agglomérations, entre les communes et les quartiers, du fait de mécanismes ségrégatifs “de proximité” bien connus.
On voit donc que parler de la richesse des territoires suppose que l’on définisse clairement l’indicateur sur lequel on se fonde. Selon que l’on choisira le PIB ou le revenu, la réponse peut varier considérablement. Ce point est indiscutable sur l’analyse de l’état de richesse des territoires à un instant T. Pour autant, il est vrai que si la nature de la hiérarchie entre les régions, en termes d’écarts, change significativement selon que l’on utilise l’un ou l’autre indicateur (par exemple en Île-de-France, qui représente 28 % du PIB national et 22 % du revenu des ménages), l’ordre, en termes de rang, n’est que faiblement affecté. L’Île-de-France et l’Alsace sont les deux premières régions aussi bien en termes de PIB que de revenu par habitant. Elles sont clairement “riches”. C’est dans le bas du tableau – quand on cherche les régions “pauvres” – que cela se complique : le Languedoc-Roussillon est la région française qui a le plus faible PIB par habitant (compte non tenu de la Corse), mais il y a quatre régions plus pauvres qu’elle en termes de revenu par habitant. Le Nord - Pas-de-Calais est dans une situation inverse : bonne dernière pour le revenu par habitant, il y a six régions plus pauvres qu’elle en termes de PIB. La Bretagne est-elle riche ou pauvre ? Elle est seizième pour le PIB par habitant et cinquième pour le revenu par habitant ! Doit-elle rire ou pleurer ? (Quel régal pour les conseillers en stratégie territoriale qui peuvent, selon les contextes, développer des arguments de plainte ou de vantardise sur les mêmes territoires...).
En revanche, si l’on travaille en tendance, en dynamique, on peut assister à une inversion de la hiérarchie beaucoup plus franche, avec des champions de la croissance du revenu par habitant qui seraient lanternes rouges de la croissance du PIB par habitant... C’est le cas, par exemple, de l’Île-de-France, qui a les meilleures performances de croissance du PIB par habitant sur les années 1980-1990 et les moins bonnes performances de croissance du revenu par habitant des vingt-deux régions françaises... Sept régions voient leur PIB par habitant croître plus vite que la moyenne nationale et il en va de même de treize régions pour leur revenu par habitant. L’Aquitaine, par exemple, est treizième sur vingt-deux pour la croissance de son PIB par habitant et seconde pour celle de son revenu.
Ces quelques éléments rendent compte de la difficulté que l’on a aujourd’hui, dans un pays traversé de flux massifs de revenus indirects, à établir ce qu’est une région riche ou pauvre. En amont, la littérature académique n’est pas d’un grand secours : elle n’offre aucune définition établie de ce qu’est le “développement local” en tant qu’état (malgré pléthore de définition sur le développement local comme processus de mobilisation d’acteurs et de “gouvernance”). Ce qui constitue une dérive de l’application des équations macroéconomiques à des espaces sub-nationaux (avec notamment ce lien richesse créée/richesse distribuée avéré à l’échelle nationale mais qui se délite quand on passe aux échelles régionales et locales) est inscrit profondément dans les esprits d’acteurs régionaux et locaux pétris – et c’est du reste heureux – de l’esprit industrieux du capitalisme : hors de la production, point de salut pour nos territoires. Les économistes qui s’intéressent aujourd’hui à l’espace nous offrent des modèles très intéressants et convaincants concernant l’enjeu du facteur spatial (densité, fluidité, effets de localisation et d’agglomération, coûts de transaction...) pour l’efficacité productive, mais ne nous parlent pas du développement des territoires en tant que tels. Le modèle productif de La Plaine de France, par exemple, est superbe et en fait un des territoires les plus dynamiques de l’Île-de-France en termes d’activités dans un contexte de chômage, de pauvreté et d’exclusion croissant pour ses populations.
 
Territoires de production et territoires de consommation
 
 
De façon générale, on observe que les territoires les moins productifs sont ceux qui s’enrichissent le plus vite et qui voient leur emploi progresser également le plus vite, ce que n’expliquent pas les théories de “l’économie géographique”. Leur modèle est assis sur l’idée que la concentration croissante de la production sur le territoire, par recherche des effets externes, entraîne la concentration des actifs, des revenus et donc de la demande, ce qui nous prédit un déséquilibre structurel et croissant du développement territorial. Pourtant, on observe que par de multiples mécanismes publics mais aussi privés [5] la concentration territoriale de la création de richesse est au contraire accompagnée d’un fort étalement du revenu, de la demande et de la consommation (avec leurs effets multiplicateurs d’emplois de proximité peu qualifiés) qui explique l’étonnant rééquilibrage territorial auquel on assiste actuellement en termes de revenus comme d’emploi. C’est moins au creusement de l’écart entre territoires riches ou pauvres que l’on assiste aujourd’hui qu’à l’émergence d’une différenciation entre territoires de la production – en ajustement socialement cruel – et territoires de la consommation – beaucoup plus protégés de la concurrence mondiale. Et les territoires véritablement pauvres sont peut-être ceux qui n’ont ni l’un ni l’autre statut.
 
Richesse et flux migratoires
 
 
Dernier élément frappant, le rééquilibrage actuel de nos territoires a aussi une forte dimension démographique, avec un véritable retour des populations vers les territoires hier moins développés et qui avaient le plus souffert d’un exode vers les régions industrielles dans le siècle passé. Le Midi et de plus en plus le littoral atlantique, notamment, attirent un nombre croissant de migrants, certes pour beaucoup retraités, mais aussi et de plus en plus jeunes et actifs. L’Île-de-France et, plus généralement, les régions les plus productives ont un solde migratoire négatif et ne se maintiennent que par leur solde naturel. Ce phénomène est une autre invitation à réfléchir à ce qu’est un territoire riche ou pauvre. En effet, tous les modèles migratoires conçus par les démographes et les économistes sont fondés sur le principe que le sens et l’intensité des migrations d’un point A à un point B sont déterminés par l’écart de développement entre ces deux points et par l’importance des obstacles (distances, frontières...) à la migration de l’un vers l’autre. Les migrations de populations ont toujours été des territoires pauvres vers les territoires riches. D’une certaine façon, si vous voulez trouver les territoires les plus développés, suivez les migrants.
Or, ce qui est frappant aujourd’hui, c’est que les flux massifs de migrants entre les territoires français tendent à partir des territoires statistiquement les plus riches (en PIB ou en revenu par habitant) pour aller vers des territoires beaucoup plus pauvres. Si l’on faisait tourner un modèle migratoire “à l’envers”, on pourrait mesurer l’écart de développement entre les régions de départ et les régions d’accueil, connaissant le montant des flux (de populations actives) et le niveau des obstacles... et on en déduirait que les Pays de la Loire, la Bretagne ou le Languedoc-Roussillon sont plus développés que l’Île-de-France ! Est-ce absurde ? Est-ce que nos modèles migratoires sont faux ? Ce n’est pas si sûr.
En effet, le développement territorial, aux yeux d’un agent, a au moins deux dimensions : la première concerne le niveau général de prospérité et d’équipement d’un territoire ; la seconde, plus active dans des motifs de migration qui sont des choix individuels, concerne les opportunités de développement personnel qu’offre un territoire. Ces deux approches peuvent diverger : la première, qui est celle qu’étudient les analystes, nous parle de la richesse globale du territoire, liée à sa structure ; la seconde est celle qui intéresse l’individu. Dans un pays dans lequel, comme l’ont montré récemment plusieurs analyses, notamment à l’INSEE, les inégalités de niveau de salaire entre les territoires ne tiennent plus qu’à la structure des emplois, le même travail est pratiquement payé de la même façon où que l’on soit sur le territoire. Si les Parisiens sont plus riches que les autres, c’est plutôt parce qu’ils ont plus de cadres et pas vraiment parce que ceux-ci sont mieux payés que les cadres de province. Pour un comptable, un directeur d’agence bancaire, un médecin ou une infirmière, être à Paris, à Nantes ou à Montpellier ne fait pas grande différence en termes de revenu. Paris est, dans la première approche, plus développé que Nantes et, a priori, assez semblable à elle dans la seconde [6].
Mais a priori seulement. En effet, si à travail égal, salaire ou traitement sont égaux entre les territoires, il n’en est pas de même pour le pouvoir d’achat. L’Europe utilise systématiquement la notion de parité de pouvoir d’achat pour comparer les PIB par habitant des régions européennes (et pas les revenus !). Ces parités sont calculées sur la base de calculs nationaux, ce qui postule qu’il n’y aurait pas de différence de pouvoir d’achat d’un euro entre Lisbonne et Évora ni entre Paris et Mende... Pourtant, on peut penser, et nos flux migratoires en seraient la trace, que ces indices de prix sont au contraire très contrastés au sein des pays européens et que leur prise en compte modifierait profondément notre représentation de la richesse de nos territoires. L’INSEE a produit, jusqu’au début des années 1990, des indices de prix des grandes unités urbaines françaises. La plus petite traitée était celle de Caen, dans laquelle le pouvoir d’achat d’un franc apparaissait de plus de 10 % supérieur à celui du même franc dans celle de Paris. Et cela compte non tenu des différentiels de coût non monétaires entre ces villes (temps de transport, stress, qualité du système éducatif, des aménités environnementales...). Parallèlement à un double mouvement, en ciseaux, de réduction des inégalités interrégionales de rémunération du travail et d’augmentation probable des écarts d’indice des prix, on a vu les ressources traditionnelles de la grande ville être de plus en plus accessibles aux moyennes et aux petites villes (culture, Internet, qualité et variété des services publics et privés...). Bref, si l’on pense – ce qui est assez établi sur le plan analytique – que l’enjeu de la croissance et de la compétitivité française se trouve dans nos territoires les plus urbains et les plus efficaces sur le plan productif, il est peut-être temps d’ajuster nos représentations du développement territorial à ce qu’est en train de devenir la réalité – voire la crise – de leur développement.
Finalement, peut-être que si nos bons experts, à l’Université ou à la DATAR, ne savent plus très bien quels sont nos territoires riches, les Français qui migrent aujourd’hui en nombre croissant l’ont beaucoup mieux compris... â– 
 
NOTES
 
[1]Par exemple, le minimum vieillesse permet à un grand nombre de personnes âgées de franchir le seuil de pauvreté...
[2]Voir la distinction que nous avons proposée entre territoires pauvres et territoires de pauvres : L. Davezies, “Les instruments de cohésion territoriale”, Informations sociales, nËš 104, 2002, p. 50-60
[3]On estime à 7 % la part de la masse salariale générée et versée en Île-de-France à des employés qui n’y résident pas...
[4]Il faut du reste le dire vite : avec l’internationalisation des économies, de petits pays fortement dotés d’entreprises multinationales, comme l’Irlande, voient les courbes de leur PIB et de leur revenu (PNB) diverger, du fait qu’une part importante de la valeur ajoutée qu’ils créent va rémunérer un capital possédé à l’étranger...
[5]On trouvera des développements dans les deux textes : L. Davezies, “Revenu et territoires”, in Le développement local, Rapport du Conseil d’analyse économique, nËš 31, Paris, La Documentation française, 2000 ; L. Davezies, “Temps de la production et temps de la consommation : les nouveaux aménageurs du territoire?”, Futuribles, nËš 295, mars 2004.
[6]On s’exprime là en termes de moyennes, alors qu’il est possible, même si douteux, qu’à la marge, les actifs quittant l’Île-de-France pour l’Ouest ou le Sud améliorent quand même leur revenu monétaire à l’issue de leur migration. Une vérification est en cours par Sophie Gonnard, dans le cadre d’une thèse de doctorat à l’Université de Paris-Val-de-Marne (Œil-Créteil), au moyen d’une analyse d’une cohorte de 80 000 migrants interrégionaux à la fin des années 1990.
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[1]
Par exemple, le minimum vieillesse permet à un grand nombre...
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Voir la distinction que nous avons proposée entre territoir...
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[3]
On estime à 7 % la part de la masse salariale générée et ve...
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Il faut du reste le dire vite : avec l’internationalisation...
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[5]
On trouvera des développements dans les deux textes : L. Da...
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[6]
On s’exprime là en termes de moyennes, alors qu’il est poss...
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