2005
Informations sociales
Partie 2 : Les enjeux de la décentralisation
... en contrepoint - La sécurité au niveau local
Paule Paillet
Depuis plusieurs décennies (le rapport Bonnemaison, Face à la délinquance : prévention, répression, solidarité, date de 1982), sécurité rime avec proximité. Les expériences qui ont suivi, Contrats locaux de sécurité (CLS), Groupes locaux du traitement de la délinquance (GLTD) ont mis l’accent sur l’adaptation nécessaire des mesures de prévention à un territoire donné et ont mis en valeur un certain nombre de facteurs, tels que la complexité des acteurs à l’Å“uvre sur un site : la municipalité (les élus), la justice (les procureurs ou substituts), la police (le commissaire de police, la police nationale et les agents municipaux), ainsi que les bailleurs locaux, les gardiens d’immeubles, les commerçants, les associations de locataires, les enseignants ou encore les travailleurs sociaux. Les résultats obtenus peuvent être sujets à débat mais est acquise, au moins dans les principes, la nécessité d’en finir avec le cloisonnement des pratiques, d’aboutir à un véritable échange d’informations avec une délimitation précise des pouvoirs et des obligations de chacun, d’impliquer les habitants dans l’élaboration d’une politique et de sa mise en pratique.
Les difficultés sont aussi mises en évidence. En premier lieu, prévention et répression sont deux approches politiquement connotées, mais la dichotomie entre gauche et droite est-elle vraiment inévitable ? Certaines analyses défendent l’hypothèse selon laquelle la répression pourrait avoir une vertu pédagogique. Les maires sont partagés quant à l’élargissement de leur autorité sur la question sécuritaire. La relation entre police et justice est parfois difficile, et la police elle-même manque d’homogénéité. Les enseignants hésitent à fournir des signalements, et les travailleurs sociaux refusent ce qu’ils considéreraient comme de la délation. Quant à la parole des habitants consultés, elle est difficile à intégrer dans une logique d’action.
Pourtant, la volonté de trouver des solutions grâce au partenariat est présente depuis des années.
On peut consulter : J. Donzelot, C. Mével et A. Wyvekens, Faire société, Le Seuil, 2003 ; J. Donzelot et Anne Wyvekens, La politique judiciaire de la ville, Centre d’études des politiques sociales, décembre 1998 ; ainsi que le dossier de la revue Sciences humaines, “Les défis des politiques de sécurité”, préparé par Gilles Marchand, nËš 146, février 2004.